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ESSAI CLINIQUE SAISON 3 : le monde du « business en santé »…

 

Il est certainement préférable de relire les deux premiers épisodes pour comprendre l’essentiel du troisième ; car ce serait dommage de ne pas TOUT comprendre…

L’essai clinique est donc l’expérience conduite chez les humains pour vérifier une hypothèse : la rejeter ou la confirmer ; on répond par oui ou par non

J’expliquerai pourquoi dans la saison 4.

L’essai clinique doit être exemplaire sur le plan technique comme éthique, on l’a compris, pour s’autoriser à impliquer des humains dans des expériences sur la santé et la participation à ces expériences doit obligatoirement apporter un bénéfice aux volontaires, ne serait-ce qu’en termes de « savoir utile » à son propre cas. Ceux qui n’ont pas compris doivent relire les épisodes précédents, désolé !

Au point où nous en sommes, il est important de comprendre qu’il y a, de nos jours, deux grandes catégories d’investigateurs :

1) ceux qui travaillent pour tester des théories, qui sont supposées faire progresser les connaissances en dehors de tout business ; ils sont indépendants ; autrement dit, ils sont libres ; personne ne leur dit ce qu’ils doivent faire ; mais ils sont pauvres ; ils sont actuellement souvent désespérés…

2) ceux qui sont payés par un sponsor pour tester un médicament ou un produit de santé susceptibles de donner lieu à une commercialisation ; ils sont liés à ce sponsor ; ils sont riches ; ils sont désormais presque seuls dans les hôpitaux pour recruter des patients et produire des connaissances dites médicales… qui sont toujours avec une perspective de business ; ils sont arrogants et pleins de morgue ; ils règnent sans partage sur un monde médical désemparé…

En principe, ces deux types d’investigateurs sont soumis aux mêmes règles techniques et éthiques… Mais il est évident qu’ils n’ont pas les mêmes objectifs et pas non plus les mêmes obligations vis-à-vis de leurs donneurs d’ordre ; puisque les premiers ne reçoivent pas d’ordre ; en principe, car certaines situations sont complexes et intriquées et, surtout, ça pourrait changer…

En faisant simple, ceux qui testent des nouveaux médicaments sont payés pour réussir :

1) réussir à prouver que ce nouveau médicament est utile et non toxique ;

2) réussir à convaincre les Autorités Sanitaires et les « leaders d’opinion » des Sociétés Savantes qu’ils ont bien travaillé techniquement et éthiquement ; sachant que les « leaders d’opinion » sont, littéralement parlant, les Sociétés Savantes ; et que les Sociétés Savantes « inspirent » les Autorités Sanitaires ; tout le monde a compris que ce n’était pas un détail de l’affaire ;

3) réussir ainsi la commercialisation de ce nouveau médicament qui a souvent requis des investissements importants de la part du sponsor ;

4) réussir à convaincre le donneur d’ordre (le sponsor et/ou propriétaire du brevet) que les « retours sur investissements » sont et seront au rendez-vous ;

5) réussir à convaincre les mêmes qu’il est un bon « employé » qui mérite des grosses primes et autres récompenses… Bon chien, donne la papatte à sa mamie…

C’est une caricature, certes, mais elle est hélas moins vraie que la réalité vécue de nos jours ; voyez le film « La fille de Brest » ; et Irène est sympa…

Car le monde de la « médecine sponsorisée » et commerciale est à l’image de la Société dans laquelle elle baigne ; nous le savons tous : la société spectaculaire et marchande produit (sécrète) une recherche médicale spectaculaire et marchande !

Autrement dit, et de multiples exemples désolants nous le confirment sans cesse, le « monde » du médicament et autres produits de santé n’est pas différent des autres « mondes » industriels et commerciaux, celui des bagnoles ou des brosses à dent : on produit et vend des bagnoles sympas et sûres, pleines d’électronique et de gadgets ; on se heurte à la concurrence ; on essaie d’être les meilleurs pour gagner des parts de marché ; mais, parfois, on triche… Il y a l’exemple récent de Volkswagen bien sûr. Facile, dira-t-on, mais voyons Dr de Lorgeril, il y a des tricheurs partout et de tous les temps et cet exemple-là, c’est finalement l’exception qui confirme la règle ; en général, les industriels de l’automobile, bla, bla… Sauf que…

Sauf que, tout le monde le sait, l’époque bat tous les records de manipulation et triche… Et l’exception est plutôt généralité ; et pas que dans le sport ou la politique.

Comme dit Qiu Xiaolong, notre auteur préféré de polar chinois, citant un passage du Rêve dans le Pavillon Rouge : Hormis les deux lions de pierre accroupis à l’entrée, dans la maison des Jia, rien n’est propre.

Sauf que… un produit de santé n’est pas une brosse à dent ou une bagnole et qu’aucune exception ne devrait être permise.

Que dis-je ? Aucun doute ne devrait être permis !

Et voilà la trame de la crise des systèmes de santé actuels, ici et ailleurs : ils n’inspirent plus confiance ; qu’il s’agisse de vaccins, de médicaments ou autres produits de santé, la majorité de la population est dans le doute ; et c’est souvent avec fatalisme qu’on s’y abandonne, selon le fameux proverbe, chinois encore : le vrai et grand malade n’a plus le loisir de choisir son médecin ou son chirurgien

Et ce sont souvent ceux qui devraient rétablir la confiance qui suscitent le plus de doute, comme on peut le mesurer actuellement à propos de la crise vaccinale en France !

L’heure de faire le bilan approche ; il faudra à coup sûr en passer par là ; plus on attend, plus ce sera douloureux !

Bien. Revenons maintenant aux vraies sciences de la vie, libres et indépendantes, celles qui ont des obligations et des objectifs totalement différents de ceux de la recherche médicale commerciale ; ce sera l’objet de la SAISON 4 !

Bonnes fêtes à tous !

 

 

 

 

 

Comment un risque familial (ou génétique) peut être neutralisé par un mode de vie protecteur

 

Nous savons depuis longtemps que le risque héréditaire de maladies cardiovasculaires [on dit aussi risque familial ou risque génétique] peut être, en partie ou totalement, neutralisé par l’adoption d’un mode de vie protecteur.

Nous le savons parce que, dans certains pays, les maladies cardiovasculaires sont (presque) soudainement apparues au décours de la seconde guerre mondiale, époque d’une extraordinaire modification des modes de vie, et notamment de s’alimenter, en parallèle à une évolution radicale des techniques de l’agriculture et de l’élevage (ladite révolution verte).

Avant, au Japon ou dans les pays méditerranéens, les médecins voyaient très peu ou pas du tout (ça dépend des endroits) d’infarctus du myocarde ; après, la courbe s’envole… pas très haut certes à côté des USA ; mais, partant de zéro, c’est impressionnant !

Facile de comprendre que la génétique des populations ne s’est pas modifiée entre 1940 et 1970 au Japon, en Italie ou en Grèce. Avant, y avait pas ; après, il y a de plus en plus avec les mêmes prédispositions (ou non-prédispositions) génétiques. Curieux !

Facile (à nouveau) de comprendre que ce qui est prépondérant ce n’est donc pas ladite prédisposition génétique puisqu’elle était presque totalement neutralisée avant 1940.

Bon ! On le savait mais on avait oublié !

Pas tous !

L’amnésie n’est pas non plus une fatalité ; merci de relire certains de mes ouvrages [par exemple, Prévenir l'infarctus et l'AVC] où le rôle éventuel de la génétique des maladies cardiovasculaires est très bien expliquée… En toute humilité… Bien sûr !

Pourquoi y revient-on aujourd’hui ?

Parce que des investigateurs américains reprennent cette question avec une approche nouvelle et amusante.

Ça ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà mais c’est amusant ; d’un point de vue technique ; et puis il faut bien occuper toute cette jeunesse entre les repas…

L’époque le veut ainsi : on s’amuse d’un rien avec des objets technologiques ; ce qui permet d’évacuer les vrais problèmes qui ont l’inconvénient majeur de « couper l’appétit » ; ce qui est désobligeant pour les « chefs » qui veulent [qui doivent] occuper leurs ouailles avant de passer à table… en espérant qu’ils dégusteront avec enthousiasme les mets délicieux qu’ils leur ont préparés.

Et voilà comment, Madame la Duchesse, nous voilà tous, un beau matin, « trumpés » ou « brexités » sans avoir vu venir le missile… Telle est l’époque ! Faut s’y faire !

L’objet technologique du jour, c’est un score génétique supposé prédire le risque de complications cardiovasculaires à venir.

C’est là :   http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1605086

Nos collègues américains ont mis en parallèle ce score génétique [je fais comme si c'était de la très bonne science...] calculé chez des dizaines de milliers de patients américains et européens (des deux sexes et d’âge variable) avec un score de mode de vie.

Ils ont défini un (score de) mode de vie plus ou moins protecteur en fonction de 4 critères :

1) tabac ou pas ;

2) différents degrés de surpoids ;

3) différents degrés d’activité physique ;

4) différents degrés de nutrition protectrice.

C’est d’une incroyable naïveté mais d’une grande simplicité pour ensuite faire des calculs statistiques. C’est donc à prendre « avec des pincettes » et le nez bouché, comme tous les objets technologiques inutiles qui parasitent la vie quotidienne des braves gens : la nutrition protectrice dont ils parlent, par exemple, est très loin de la diète méditerranéenne. Pourrait mieux faire donc !

Ce qui étonnant c’est qu’avec des objets technologiques aussi frustres, nos amis parviennent quand même à « retrouver » (faire jaillir selon eux) des évidences connues de longue date. Et pas qu’un peu.

Je résume : si vous avez un mode de vie protecteur, vous annulez en partie les effets délétères liés à vos prédispositions génétiques.

D’environ 50%, selon nos athlètes, ce qui à mon avis est déjà considérable vu la grossièreté des méthodes utilisées.

Autrement dit, si vous avez un mode de vie protecteur, mais un vrai mode de vie protecteur tel que décrit dans notre livre Prévenir l’infarctus et l’AVC, pas un ersatz tel que celui décrit dans l’article suscité, vous pouvez réduire à presque rien le risque de maladies cardiovasculaires ; et cela quel que soit votre risque familial ou héréditaire ; et sans médicament !

Rapport bénéfice/risque de ce traitement imbattable !

Et cela concerne toutes les formes de prédisposition génétique, y compris celles liées aux anomalies génétiques du métabolisme des lipoprotéines [parfois appelées hypercholestérolémies familiales par ceux qui veulent vendre des médicaments anticholestérol] qui sont incluses dans le score génétique utilisé dans cette étude américaine…

Attention, j’ai écrit « presque rien » ; ce qui veut dire qu’il y a évidemment des exceptions [version soft des probabilités] ; dont j’ai parlé dans mon dernier livre « L’Horrible vérité sur…« .

Ces exceptions (par exemple les Hypercholestérolémies Familiales homozygotes) représentent peut-être un sujet pour un million ; et sont évidemment « noyées » dans les analyses rapportées par nos amis américains.

J’espère que tout le monde a compris !

Pas bon pour le business tout ça ! Ne pas répéter ! Ça peut fâcher !

 

 

 

 

 

Maladies du coeur, vie sexuelle, et Viagra ou assimilés

 

La qualité de vie (au sens large) étant un aspect critique de la bonne santé (et de sa préservation) et une activité sexuelle satisfaisante (quelque soit sa forme d’expression) étant généralement considérée comme un aspect important de la qualité de vie, un médecin moderne doit « normalement » s’enquérir, avec délicatesse bien sûr, de la vie sexuelle de ses patients et même les encourager, voire les aider, à développer ou à maintenir une activité sexuelle satisfaisante.

J’ai écrit « délicatesse » mais j’ajouterais même, m’adressant aux jeunes médecins peu expérimentés, qu’il est préférable parfois de ne pas s’aventurer sur ces chemins escarpés ; pour toutes sortes de raisons aisément compréhensibles : par exemple, côté thérapeute, si on est une séduisante jeune diplômée (facile à comprendre) ; même chose d’ailleurs si on est un séduisant diplômé ; ou, côté patients, parce que chez certains la vie sexuelle est de la sphère strictement privée ou nul (y compris la Faculté avec un grand F) n’est habilité à pénétrer ; encore facile à comprendre…

Bien, sautons gaiement au-dessus de ces obstacles subalternes.

A partir d’un certain âge (quelques fois avant), beaucoup d’entre nous (aussi bien les couples que des individus dont la vie sexuelle est plus atypique, peu importe) voient leur vie sexuelle entravée par quelques difficultés qu’on peut qualifier de « mécaniques ».

Quelquefois, des mesures simples permettent de « guérir » le couple ; j’en ai parlé dans mon dernier opus ["L'horrible vérité sur..."] et divers articles ; les visiteurs de ce blog savent déjà que les statines, via différents mécanismes additionnels, perturbent la vie sexuelle. C’est un exemple peu anecdotique puisque près de 7 millions de bons citoyens français sont devenus addicts de ces médicaments inutiles.

J’arrête ma statine ou bien « monsieur et madame arrêtent leur statines respectives » et tout redevient mieux. Parfois le retour à une vie sexuelle normale et satisfaisante doit être un peu « aidé » (je vais y revenir) et c’est là qu’un docteur un peu « inquisiteur » peut rendre de grands services.

Mais en dehors des statines, et outre l’âge, toutes sortes de circonstances peuvent inhiber la vie sexuelle. C’est dommage. Par exemple, certains patients atteints de pathologie cardiaque pensent que l’activité sexuelle peut être dangereuse pour eux.

Ces circonstances (où l’activité sexuelle doit être découragée) sont très rares ; mais il n’est pas inutile de prendre conseil auprès de son médecin.

Évidemment, j’exclus ici les situations extrêmes où les partenaires pourraient se livrer à des comportements dangereux : positions réservées à des athlètes gymnastes ou prises de stimulants illicites type cocaïne.

L’autre question est celle de la dangerosité potentielle des « aides » chimiques à l’activité sexuelle. l’exemple typique est le célèbre Viagra.

Il n’y a pas que le Viagra ; d’autres médicaments assimilés (par exemple le Cialis*) avec une activité biologique similaire [les experts parlent de "phosphodiesterase type 5 inhibitors" ou PDE5i ; peu importe] mais pas identique peuvent être très utiles (délai d’activité et rémanence différentes du Viagra) en fonction de la façon dont les acteurs veulent (ou peuvent) pratiquer leur sport en chambre. Inutile de prendre ces médicaments (car ce sont des médicaments) de façon chronique si l’opportunité d’une activité sexuelle satisfaisante ne se présente qu’une fois par semaine (retour d’un conjoint au bercail après déplacement professionnel obligé) ou une fois par mois ou par trimestre (weekend coquin). Certaines molécules sont plus adaptées que d’autres à certains types de « consommateurs » ou de consommation coquine

Un médecin (ou peut-être un sexologue) peut aider plutôt qu’une collègue de bureau…

Faut-il prendre des précautions avec le Viagra, le Cialis  ou autres molécules quand on a une pathologie cardiaque ?

Pour comprendre, il faut rappeler qu’initialement le Viagra devait être un médicament pour les cardiaques ; je simplifie bien sûr.

En fait, ce fut plutôt un échec et le Viagra fut abandonné comme traitement des cardiopathies ; sauf que les patients mâles rapportaient un effet inattendu : de belles érections !

C’est ainsi que, par hasard, survint une des plus belles découvertes médicales du 20ème siècle !

Piteux médicament pour le coeur, le Viagra permet désormais de sauver quelques animaux supposés détenir quelques aphrodisiaques substances. Avec le Viagra, on sauve quelques (cornes de) rhinocéros et quelques (ailerons de) requins…

Je conclus bravement : si on n’a pas de pathologie cardiaque très sévère et si on a une activité sexuelle « normale » [c'est-à-dire "modérée ; quoique je reconnaisse que ça n'ait pas beaucoup de sens...], il n’y a pas de contre-indication cardiovasculaire au Viagra ou au Cialis à doses modérées… à nouveau !

Mieux vaut quand même en parler à son médecin à condition qu’il ne soit pas pusillanime ou franchement « coincé » ; ça existe !

Bon vent, les amoureux !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les essais cliniques. Saison 2

 

J’invite les visiteurs de ce blog à relire mon précédent billet sur les essais cliniques avant de lire celui-ci. C’est une suite.

Mais on peut comprendre cet épisode sans avoir vu (lu) le précédent. Comme à la télé quoi !

Un essai clinique ne sert pas, en principe, qu’à tester des médicaments. En principe, encore, c’est la meilleure façon de tester une hypothèse biologique ou physiologique (et une éventuelle causalité) chez des humains.

Bref, c’est de l’expérimentation humaine. C’est délicat, compliqué, et très dispendieux.

Ce qui fait qu’aujourd’hui pratiquement seule l’industrie pharmaceutique peut « se payer » des essais cliniques. Et si elle le fait, c’est sous la forme d’un investissement dont elle attend un retour ! Business !

C’est dramatique mais c’est ainsi. La science et la médecine sont des questions subsidiaires quand il s’agit des médicaments (et de la santé) ; business first !

Une « prestigieuse » institution comme l’INSERM en France devrait conduire des essais cliniques, et beaucoup d’essais (cette « prestigieuse » institution est financée pour ça), afin de valider des hypothèses cliniques et démontrer des causalités, notamment pathologiques. Le M de l’INSERM c’est celui de Médical !

Car la démonstration d’une causalité en médecine, c’est le b a ba des sciences de la vie !

Pas de causalité démontrée dans une étude ? Ce qui suit dans l’étude (interprétation et discussion des résultats) n’est au mieux que du bavardage…

Faute de budget suffisant ; et surtout faute d’une volonté suffisante (qui nécessiterait une culture scientifique suffisante), l’INSERM fait (subventionne) très peu d’essais cliniques ; et presque jamais avec des médicaments : portes ouvertes au triomphe de l’industrie pharmaceutique qui règne en maitresse sur ces terres désolées, comme Attila…

J’ai expliqué dans l’épisode 1 que l’essai clinique (quand il sert à évaluer un médicament) apporte des informations indispensables pour tester l’utilité (l’efficacité) d’un médicament mais peu d’informations concernant l’innocuité et la toxicité.

Pourquoi ?

Parce que c’est de l’expérimentation humaine. Or, depuis l’ineffable « aventure nazie » qui utilisait des êtres humains dans des expériences atroces, l’Humanité a édicté des règles éthiques précises pour l’expérimentation humaine à visée médicale.

C’est la Déclaration d’Helsinki  qui est un énoncé de principes éthiques applicables à la recherche médicale impliquant des êtres humains.

Parmi ces principes, repris dans la majorité des pays, la recherche médicale chez des humains n’est possible que si les personnes qui acceptent de participer à ces recherches peuvent y trouver un bénéfice. On peut discuter ce principe de base, certes, mais il signifie qu’une recherche sur les humains est justifiée à condition que les résultats de cette recherche apportent réellement quelque chose de positif à ceux qui participent.

Prenons l’exemple d’une nouvelle chimiothérapie. Si elle s’avère supérieure au placebo ou à une ancienne chimiothérapie, les patients auront tous un bénéfice immédiat : ceux qui ont reçu cette nouvelle chimiothérapie (en ayant pris le risque qu’elle soit inutile) vont mieux ou sont guéris et ceux qui ont reçu le placebo vont immédiatement bénéficier (dès la fin de l’essai) de cette nouvelle chimiothérapie avec cette fois-ci la certitude  qu’ils iront mieux puisque l’étude a prouvé que cette chimiothérapie est utile.

Pour être certain que les volontaires vont réellement tirer un profit médical de leur participation à l’essai clinique, il faut évidemment que l’essai clinique soit conduit de manière parfaite. Ici la qualité scientifique est partie intégrante de l’éthique. Pas de bonne science, pas d’éthique !

On comprend immédiatement que l’intégrité (et la culture scientifique) des investigateurs sont des conditions irréductibles du respect de la Convention d’Helsinki.

Ceux qui ont étudié les essais cliniques testant les statines (par exemple) savent à quel point ces principes ont été bafoués…

Tout investigateur doit être littéralement obsédé par la qualité scientifique de son travail !

Il doit prendre toutes les précautions pour que l’essai clinique qu’il conduit apporte réellement des informations immédiatement utilisables par les personnes qui ont prêté leur concours à cet essai clinique afin qu’en retour ils bénéficient réellement des retombées positives des nouvelles connaissances acquises.

Le principe de base de ces précautions scientifiques c’est l’hypothèse primaire.

C’est quoi ça ? C’est ce qu’on a trouvé de mieux (c’est le top des sciences de la vie !) pour être (presque) sûr qu’on ne va pas se tromper ; c’est-à-dire (ce sont les deux erreurs possibles en simplifiant) : 1) affirmer qu’un traitement est utile alors qu’il ne l’est pas ; 2) affirmer qu’un traitement n’est pas utile alors qu’il l’est.

Je reviendrai dans le prochain épisode sur les principes de base de l‘hypothèse primaire ; mais pour le moment tout le monde a compris qu’un essai clinique ne peut servir qu’à tester l’utilité d’un traitement.

En aucune manière, un essai clinique peut être conçu pour vérifier la toxicité d’un médicament. Ce serait contraire à la Déclaration d’Helsinki.

Pas d’hypothèse primaire possible pour étudier la toxicité d’un médicament ; et donc pas de bonne science possible pour étudier la toxicité ou l’innocuité d’un médicament ; y compris par un essai clinique puisque l’hypothèse primaire n’a pu être formulée (calculée) dans ce but.

J’espère que tout le monde a compris.

Ça ne veut pas dire que nous pourrions négliger les informations (sur la toxicité) éventuellement apportées par un essai clinique ; mais ces informations sont de « seconde main ».

Ça veut dire, inversement, que pour obtenir de bonnes informations fiables sur la toxicité des médicaments, il faut d’autres techniques que l’essai clinique.

Par exemple, l’épidémiologie d’observation ; mais c’est long, trop long avant qu’une alerte ne soit donnée.

La pharmacovigilance, bien sûr ! Mais c’est mal organisé et peu efficace.

Une source fantastique de données sur la toxicité des médicaments pourrait être la base de données de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) à condition que l’analyse de ces bases de données soit réalisée par des analystes intègres et surtout totalement indépendant des pouvoirs politique et commerciaux.

Ceux qui ont vu le film « La fille de Brest », témoignage accablant à propos du Médiator, savent ce qu’il faut penser de l’exploitation possible des bases de données de la CNAM. Chuuuut ! Pas touche !

Cruciaux donc sont les témoignages des patients, surtout s’ils bénéficient du filtrage des médecins traitants ; mais à condition que ceux-ci réapprennent à écouter leurs patients.

Par exemple, rien n’est plus solide que le témoignage de parents qui rapportent les effets secondaires toxiques des vaccins. Rien ne peut se substituer à ces témoignages-là !

Ce pourrait être différent mais dans l’époque actuelle, et particulièrement pour les vaccins administrés aux bébés, ce sont les témoignages des parents qui devraient faire autorité !

Et rien mieux que la CNAM pour évaluer honnêtement la toxicité des vaccins et confirmer ou pas les témoignages des parents !

Il va falloir faire bouger les choses, les amis…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conférence (et plus si affinités…) à Grenoble le jeudi 1er décembre

 

Ce sera à 18:30 au Muséum d’Histoire Naturelle mais le seul fossile (ou squelette d’invertébré) qui sera sur la sellette pour la circonstance, ce sera moi !

J’espère que cet humour-là ne va pas déclencher des passions…

L’entrée du public vers l’Auditorium se fera rue des Dauphins (côté Rectorat).

Le sujet c’est la prévention des maladies chroniques ; je parlerai de « régime méditerranéen » et d’autres choses en fonction de la demande…

Si vous êtes dans le doute, professionnels de santé ou simple citoyen, c’est le moment de venir me jeter des œufs ou des tomates pourries [symboliquement, s'entend, car il faut nettoyer après...] ; à moins que n’ayez conservé quelque pudeur ou quelque aptitude au sens critique…

Moment de se défouler avant les fêtes !

A vous voir… pour échanger !

 

 

 

 

 

C’est quoi un essai clinique ?

Un essai clinique, c’est quoi ?

Ceux qui ont lu mes livres le savent déjà ; mais un petit rappel ne fera pas de mal…

Pour les autres, médecins prescripteurs et patients (bénéficiaires et/ou victimes), il est urgent de se « mettre à jour ». Car celui qui comprend ce qu’est un essai clinique comprend toute la médecine moderne, d’un coup d’un seul ; dommage de se priver !

D’autant plus qu’en comprenant la médecine moderne [mieux que ceux qui sont supposés l'enseigner ! Oups ! Je plaisante bien sûr !], on dispose déjà de quelques munitions (les meilleures) pour se défendre en cas d’attaques incongrues, d’où qu’elles viennent…

Ce n’est pas en quelques lignes que je vais faire le tour de cette question apparemment compliquée mais, pour ceux qui veulent vivre les yeux ouverts, je vais essayer d’entre-ouvrir quelques fenêtres.

Pour ceux qui lisent l’anglais, je recommande la lecture d’une bonne référence à propos des essais cliniques (ci-dessous) dans un journal médical anglais (le British Medical Journal) qui est un peu la source de documents indispensables pour les médecins anglais (et anglophones) ; nous n’avons pas d’équivalent en langue française ; ce qui donne une idée d’une part de la décadence accélérée de la culture médicale francophone et d’autre part de l’incapacité où se trouvent les médecins praticiens qui ne parlent pas l’anglais d’avoir accès à des documents de valeur :

http://www.bmj.com.gate2.inist.fr/content/346/bmj.e7586.long

Certes, ça fait 42 pages.

Qu’il y ait 42 pages et que ce soit en anglais n’est pas une excuse. Tout professionnel de santé doit comprendre ça ; sinon il est une marionnette manipulée par toute sortes d’intérêts divergents…

Courage les amis ! Votre indépendance professionnelle (si vous êtes médecin) ou votre sécurité (si vous êtes patient et sceptique) passent par une lecture attentive de ces 42 pages… Oups !

Je plaisante bien sûr ! Je vais essayer d ‘en dire quelques mots quand même.

Pour simplifier, je vais le faire en plusieurs épisodes, comme à la télé !

Donc Épisode 1, c’est maintenant.

L’essai clinique, c’est la façon moderne (et scientifique) d’évaluer l’utilité (les bénéfices attendus), l’innocuité relative (les effets adverses ou les risques de toxicité) et le rapport bénéfice/risque de tout médicament mis sur le marché ; et donc mis à la disposition des médecins pour faire leur métier : soulager et souvent guérir des patients en souffrance.

Attention : si l’essai clinique est indispensable pour évaluer l’utilité d’un médicament, il est peu (voire très peu) efficace pour évaluer son innocuité ou sa toxicité.

Vous pouvez juger de la compétence d’un médecin ou d’un pseudo-scientifique sur cette seule notion : l’efficacité de l’essai clinique pour identifier les effets toxiques d’un médicament.

Si on vous dit que les essais cliniques n’ont pas démontré la toxicité des statines, par exemple, vous pouvez continuer votre chemin, la personne qui vous dit ça n’a rien compris. Ceux qui ont lu mes livres savent pourquoi je dis ça ; s’ils ne le savent pas, il faut les relire !

Inutile de préciser que de nombreux médicaments actuellement (et depuis longtemps) sur le marché (certains fort utiles) ne sont pas passés par ce filtre (l’essai clinique) considéré aujourd’hui comme indispensable. Et, conséquence inéluctable de ce laxisme antérieur, des médicaments largement prescrits pendant des décennies s’avèrent un jour plus toxiques qu’utiles : médiator, depakine et beaucoup d’autres.

Cela dit, si un essai clinique montre des effets toxiques d’un médicament, il faut bien sûr les enregistrer et en tenir compte.

Mais s’il ne rapporte rien dans ses filets, ça ne veut pas dire que le médicament ne soit pas potentiellement toxique ; des études plus longues et plus adaptées à l’identification des effets indésirables sont indispensables. Surtout, il faut que ces études soient conduites indépendamment  du détenteur du brevet.

Parfois, la chance peut aider. Mais il ne faut pas trop compter sur la chance. Par exemple, c’est par inadvertance que des investigateurs (pourtant sponsorisés) ont mis à jour la toxicité des coxibs (Vioxx) ou l’effet diabétogène des statines…

Je résume l’épisode 1 :

1) l’essai clinique sert à [est construit pour] démontrer l’utilité d’un traitement (médicament ou autre) ;

2) l’essai clinique de donne que des arguments partiels sur l’innocuité et la toxicité des médicaments et autres traitements.

La suite dans l’épisode 2…

 

 

 

 

 

 

Aspirine à faibles doses pour empêcher les complications cardiovasculaires chez les diabétiques ?

 

C’est une question difficile : le diabète est une cause de complications cardiovasculaires.

Au-delà de l’adoption d’un mode de vie protecteur (nutrition, exercice physique, environnement, contrôle du stress, en faisant court), certains médicaments peuvent-ils être utiles ?

Deux types de médicaments « ordinaires » peuvent être discutés aujourd’hui car nous avons un recul et une expérience médicale de terrain qui permettent de répondre, avec plus ou moins de probabilité de ne pas trop se tromper (difficile d’être plus relatif…), sans avoir à se référer aux proclamations de certains experts (ou pseudo-experts) rémunérés dont l’inculture et la bêtise n’égalent que la morgue et l’arrogance qu’ils nous administrent grossièrement via des médias professionnels aux ordres de leurs bienfaiteurs (Oups !) : je veux parler des médicaments anticholestérol et des antiplaquettaires.

Pour les médicaments anticholestérol (statines) , je renvoie à mes livres (notamment « L’horrible vérité sur…« ).

Sur ce sujet (statines et diabète), on peut difficilement faire mieux à la fois en termes de désinformation des médecins et du public et de biais méthodologiques sournois dans les travaux scientifiques. Vite lire « L’horrible vérité sur… » pour bien comprendre !

Conclusion simple avec les statines : non seulement ces médicaments ne protègent pas les diabétiques des maladies cardiovasculaires, mais ils sont gravement toxiques pour eux.

Pire, ils provoquent ou aggravent le diabète ! CQFD comme disent les matheux.

Pour les médicaments antiplaquettaires (par exemple, l’aspirine), c’est plus difficile de décider mais c’est aussi plus facile d’analyser ; car les biais « marketing et business » sont moins prégnants.

Une étude récente [japonaise, dommage, car les japonais ont généralement des habitudes alimentaires protectrices ; ce qui évidemment influence toute étude médica-menteuse] peut nous aider à y voir un peu claire.

Dans cette étude combinant une phase d’intervention (avec tirage au sort) et une phase d’observation, les investigateurs n’ont observé aucun bénéfice chez des diabétiques recevant de l’aspirine sur une période de suivi d’une dizaine d’années.

Ils ont par contre observé plus d’hémorragies digestives , ce qui est loin d’être inattendu.

Quoiqu’il faille rester prudent (vu les limites méthodologiques), je conclurais que les diabétiques n’ont pas intérêt à consommer de l’aspirine (y compris à faibles doses).

Mais cela ne concerne que les diabétiques qui n’ont pas encore fait de complications cardiovasculaires. Pour les autres, c’est autre chose…

Bref, pas de statine et pas d’aspirine en prévention primaire chez le diabétique.

 

 

 

 

 

Sur-diagnostic et sur-traitement

 

Que signifient « sur-diagnostic » et « sur-traitement » ?

C’est la traduction littérale de l’anglais « overdiagnosis » et « overtreatment » quoique notre « sur » ne dise pas vraiment ce que le « over » anglais dit, c’est-à-dire que ce n’est pas « un peu trop » mais « vraiment trop » ; j’espère être compréhensible…

Trop de diagnostic et trop de traitement ?

Qu’est-ce à dire ?

C’est une très mauvaise habitude et très contemporaine de la médecine dite moderne ; de plus en plus souvent dénoncée dans les médias professionnels américains ; et pas vraiment encore en francophonie…

Toujours un train de retard nos amis francophones. Essayons de corriger un peu.

D’autant que, vu le niveau pitoyable des médias professionnels français, il y a peu de chance que nous soyons accompagnés ou approuvés encore moins, dans cette démarche.

Pas de panique, je ne vais pas parler de vaccins, même si ce pourrait être un exemple très intéressant.

Que signifie « sur-diagnostic » ?

Pour éviter toute critique du style [le Dr de Lorgeril discrédite la médecine et les médecins ; ce qui est contraire au code de déontologie...], j’utilise ici une définition que chacun peut trouver en voyageant deux minutes sur Internet :

« Tout diagnostic de maladie qui s’avèrerait par la suite n’être jamais la source de symptôme redouté ou ne jamais causer le raccourcissement de vie attendu par ce type de diagnostic ».

Ça prend des proportions assez considérables ces jours-ci, comme on l’a vu à propos de certains cancers : thyroïde, sein, prostate…

Probablement, l’arbre qui cache une forêt « tropicale » très dense…

Vu des USA, c’est assez épouvantable. Les diagnostics de cancers sont posés de façon exagérée [je ne rentre pas dans le détail de "l'exagéré" à propos des cancers] et, inévitablement, les traitements entrepris sont excessifs : trop de chirurgie, de radiothérapie et de chimiothérapie considérées comme inutiles par beaucoup.

Se voir privé de sa thyroïde (et aussi de ses parathyroïdes au passage) alors qu’elles n’étaient pas vraiment malades et qu’on en a vraiment besoin pour rester en bonne santé, ce n’est pas drôle du tout !

Malheureusement, c’est à peu près la même chose en pathologie cardiovasculaire. Hélas !

Par exemple, pour la majorité des médecins d’aujourd’hui (gravement désinformés), le diagnostic de dyslipidémie équivaut désormais à celui de pathologie cardiovasculaire…

En d’autres termes, cholestérol élevé équivaut à athérosclérose qui équivaut à pompes funèbres et qui indique la prescription urgente de statines…

Bon !

On a compris le « sur-traitement » est l’inévitable escorte-boy du « sur-diagnostic » !

D’où cela vient-il ?

De l’idée (bienveillante a priori) qu’il faille faire le diagnostic des maladies le plus tôt possible dans leur évolution car plus on traite vite (ou tôt) et meilleur est le pronostic.

Dans certains cas, c’est certainement vrai. Évidemment !

Mais la venue d’une médecine hautement technologique a entraîné un phénomène inattendu : on voit, on mesure, on détecte des choses invisibles ou infinitésimales qui sont, on le découvre progressivement, sans rapport avec une éventuelle future maladie.

Dit autrement, on peut détecter (à certains moments de la vie des gens)  des choses qui peuvent paraître anormales mais qui vont en fait se corriger toutes seules. Rien faire dans ces cas-là est la meilleure façon d’agir…

Quoique, parfois, il faille peut-être agir… Comment savoir ?

C’est là que la médecine redevient un art ; ce qu’elle aurait toujours dû être ; et le médecin un artiste…

Ce qui n’est pas si difficile si on applique des règles simples qui sont aussi anciennes que la philosophie hippocratique.  Règle principale : d’abord ne pas nuire !

Autres petits trucs de médecin expérimenté : écouter et soulager les symptômes ; considérer et traiter la personne dans sa globalité

On ne soigne pas des chiffres (cholestérol, acide urique, glucose…) ; on ne soulage pas des images… J’espère être clair !

Sauf qu’on se heurte très vite à des difficultés inattendues, sans rapport avec la partie très humanitaire de la médecine.

En restant dans le domaine de la cardiologie, il faut reconnaître que la médecine moderne et très technologique nous a apporté des moyens diagnostics et thérapeutiques exceptionnels qui, dans certains cas pathologiques avérés, apportent beaucoup en termes d’efficacité et de sûreté. Il serait fou de s’en priver.

Autre exemple en dehors des cas très sévères, les techniques d’imagerie du coeur et des artères permettent de voir des choses (mais est-ce vraiment anormal ?) du vivant du patient qu’habituellement seule l’autopsie (quelques décennies plus tard) permettait de voir. Ce que nous découvrons actuellement (mais certains l’avaient compris depuis longtemps), c’est que certaines caractéristiques histologiques (apparemment anormales) des artères sont en fait transitoires et guérissent toutes seules.

Le mieux est de ne pas y toucher !

Reproduction d’un principe aussi vieux qu’Hippocrate : « dans le doute, abstiens-toi ! »

« Less is better«  [moins c'est mieux] est le nouveau slogan basique d’une nouvelle médecine américaine qu’on peut considérer comme « hyper-moderne » et déjà présente (promue) dans les plus grandes revues de médecine…

Mais ces technologies (dans l’industrie de la santé) ont un coût, et leur développement a nécessité de investissements en recherche et développement. Les investisseurs demandent (exigent) un retour sur leurs investissements. Normal !

Autrement dit, une utilisation importante de ces technologies est nécessaire (il faut multiplier les clients potentiels) pour assurer la couverture des coûts de recherche-développement et d’installation de ces nouvelles technologies.

Bon, vous avez compris : voilà la raison principale de beaucoup des sur-diagnostic et sur-traitement ; il faut rembourser ; et donc utiliser le plus possible ces technologies ; même chez ceux qui n’en n’ont pas besoin…

Qui paie ?

Laissons de côté la problématique aux USA !

Chez nous, c’est le plus souvent l’Assurance-maladie qui paie ; ce qui explique en partie ses déficits !

Dit autrement, l’Assurance-maladie finance (en grande partie et de façon indirecte) les nouvelles technologies et le business dans le domaine de la santé.

Et le déficit est épongé par l’impôt !

Mais il y a une limite du supportable à l’impôt : on demande donc à l’Assurance-maladie de diminuer son déficit. Normal, dira-t-on ! Faut faire des économies. Des choix cruciaux sont à faire, c’est du ressort du politique.

Va-t-on réduire les dépenses liées aux nouvelles technologies ?

Va-t-on aller à l’encontre des intérêts du business des nouvelles technologies ?

Dans ces nouvelles (et moins nouvelles) technologies, il y a bien sûr les nouveaux (et moins nouveaux) médicaments : statines, anti-PCSK9, etc…

Je laisse à chacun le soin de réfléchir à ces questions.

Cela dit, pour tout professionnel de santé qui vit les yeux ouverts, il est clair que les choix actuels pour réduire les déficits du système de santé vise à réduire les coûts de personnel [c'est couteux un salaire d'infirmière ou de médecin, à titre d'exemple...] et donc inéluctablement à :

1) mettre sous pression les personnels qui essaient d’assurer le même travail avec moins d’intervenants ; et qui sont à la fois exténués et privés de compensation salariale décente ;

2) diminuer la qualité des soins ; donc la partie humanitaire et compassionnelle des soins : toujours plus de technologie (trop souvent inutile et parfois dangereuse), toujours moins de compassion !

Telle est l’époque trouble que nous vivons ; qu’en dirait Schopenhauer ?