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Si vous êtes triste de ce monde … et du tamiflu*

Il y a des jours de Novembre où l’on désespère de ce monde …

Si les récentes révélations sur le Tamiflu*, cet antiviral si efficace ; à propos duquel pourtant on ne connaissait pas les données brutes des essais commerciaux « perpétrés » par le sponsor et présentés comme si favorables au produit que des gouvernements (doit-on le reprocher ?) en achetèrent des wagons …

Si l’attitude arrogante [mais télé-visualisée] de certains cardio-notables avouant benoitement que leurs liens d’intérêt pouvaient effectivement les influencer …

… alors que le procès du médiator n’a pas encore eu lieu, et sachant qu’aucun de ces cardio-notables n’a jamais donné l’alerte tout au long des années de commercialisation, laissant penser que l’influence que l’on avoue ressemble diablement à de l’anesthésie …

Alors, je vous recommande 10 minutes de méditation avec notre ami Franz (Schubert) qui lui-aussi désespérait de ce monde :

Après ça ira mieux, on pourra passer au petit whisky du soir … Irlandais plutôt ?

PEUT-ON (FAUT-IL) CONSOMMER LES EDULCORANTS TYPE ASPARTAME ?

Les édulcorants sont des substances chimiques (ou parfois naturelles) utilisées pour remplacer ou diminuer le sucre dans certains produits de consommation courante, par exemple dans les boissons dites light, mais aussi des aliments, des chewing-gums ; et même les tristes sucrettes à dissoudre dans le café pour remplacer le morceau de sucre, et ainsi priver les enfants du fameux « canard » !

Le plus utilisé est l’aspartame (ou E 951). Il y a aussi la saccharine, la Stévia, et encore quelques autres, mais on va se concentrer sur l’aspartame, le raisonnement s’appliquera aux autres.

Ces substances remplacent le sucre car elles ont un pouvoir sucrant [elles donnent l'impression qu'on mange du sucre] mais n’apportent pas de calorie.

Dans un monde où l’on chasse la calorie, de peur de grossir (premier point), mais où on veut quand même satisfaire son goût pour le sucré (deuxième point) et ne pas se priver de café (troisième point), les édulcorants semblent avoir beaucoup d’avantages, ce qui ouvre un marché (des consommateurs potentiels) et donc un business très attractif …

Un autre avantage des édulcorants c’est qu’ils n’entraînent pas de hausse du sucre dans le sang (puisqu’ils n’apportent pas de vrai sucre) et pas de réaction insulinique ; et on sait combien les pics insuliniques inappropriés sont néfastes. Pour ceux qui ne le savent pas encore, nous l’expliquerons en détails dans notre prochain livre, un peu de patience …

Enfin, la plupart des édulcorants n’ont pas d’effet significatif sur les caries dentaires, ce qui n’est pas négligeable encore.

Que des avantages et pourtant des doutes persistants quand à l’innocuité des édulcorants, notamment de l’aspartame. Pourquoi ?

Parce que de multiples études ont décrit des effets secondaires néfastes.

Ce serait long à expliquer en détails car c’est une longue histoire de mauvaise pseudo-science contaminée de conflits d’intérêt répétés.

D’autres courageux l’ont fait (cet historique), par exemple le Dr E Pélissier dans son livre : La vérité sur les sucres et les édulcorants. Si, à mon avis, il est un peu court sur les sucres, son chapitre sur l’aspartame est excellent et m’épargne la lourde tâche de résumer cette question en quelques lignes.

Qu’on ait lu le Dr Pélissier ou pas, on conclura inéluctablement qu’il est judicieux d’avoir des doutes, d’autant que parmi les défenseurs, outre les industriels du secteur [peu enclins à se tirer une balle dans le pied, comme on dit à la télé], on a une Institution dont les relations avec l’industrie ont été maintes fois condamnées, y compris par les députés européens.

Il s’agit de l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire, la succulente EFSA, qui a récemment décrété que l’aspartame ne posait pas de problème de santé. Voir l’avis là : http://www.efsa.europa.eu/fr/faqs/faqaspartame.htm?wtrl=01gclid=CKr75u671boCFVMbtAodNVgAGw

La lecture de son récent communiqué-résumé est délicieuse ; doit-on se moquer de l’auteur ou du traducteur ? Par exemple, on lit ça : L’EFSA réalise actuellement une réévaluation complète de la sécurité de l’aspartame et a conclu, dans un projet d’avis scientifique … publié le 8 janvier 2013, que l’aspartame ne posait pas de problème de sécurité aux niveaux actuels d’exposition.

Je traduis : on réalise actuellement (au présent de l’indicatif) … mais on a déjà conclu que (au passé) … l’aspartame ne posait pas de problème … aux niveaux actuels d’exposition.

Ce qui signifie, en langage clair, qu’on a des doutes, et qu’à certaines doses, c’est toxique, mais que ces doses ne sont sans doute pas atteintes de façon générale, ce qui ne dit rien des cas particuliers, notamment en termes de sensibilité individuelle aux toxines, une évidence bien connue des docteurs : telle dose chez l’un ne fait rien mais est toxique chez l’autre …

Et cette personne qui me pose maintenant la question est-elle l’un ou l’autre ?

Par comparaison, le sucre n’est jamais toxique, dans le sens toxicologique du terme, celui utilisé par l’EFSA.

On peut lire plus loin : Jusqu’à présent, l’Autorité a toujours conclu que les nouvelles données scientifiques disponibles ne justifiaient pas une révision des évaluations précédentes de la sécurité de l’aspartame …  À l’heure actuelle, l’EFSA réalise la première réévaluation complète de la sécurité de l’aspartame menée à ce jour.

Pourquoi une réévaluation complète (à l’heure actuelle, disent-ils) si « jusqu’à présent … » ?

Bizarre !

Et encore ceci : Dans le cadre de cette réévaluation, l’EFSA avait en effet lancé un appel public destiné à recueillir des données scientifiques et elle a ensuite procédé à l’examen complet de la littérature scientifique disponible. À la suite de cet appel, l’EFSA a obtenu l’accès à plus de 600 études et données scientifiques, déjà publiées ou inédites.

Voilà donc ce que l’EFSA appelle une réévaluation : 1) recueillir des données scientifiques ; puis 2) procéder à l’examen complet de … par une commission « ad hoc » comme on dit dans les bureaux.

Fort de ces lumineuses informations, je m’en vais modestement donner mon avis : il est URGENT de ne pas utiliser ces substances de façon chronique !

Plus généralement, je recommande non seulement de ne pas boire de soda light mais pas de soda du tout, sauf à titre vraiment exceptionnel. Pas de sucrette ! Pas d’aliments lights !

Et si vous avez un problème avec le sucre, sachez que vous n’êtes pas le seul, et que la meilleure façon de s’en libérer, c’est de ne jamais rajouter de sucre, ni dans le yaourt ni dans le café ! On appréciera d’autant plus le goût de ces aliments qu’on les consommera pour eux-mêmes et pas pour le sucre ajouté.

Bref, aspartame et autres édulcorants ? Poubelle ! Par simple prudence, ou précaution !

TRANSPARENCE, MORALITE, LIENS D’INTERET …

Dans un récent « article-débat » (18 Avril 2013) du journal LE MONDE (que je lis de moins en moins faute de temps pour sélectionner le « bon grain » du reste … Désolé Madame la Nouvelle Rédactrice-en-Chef, c’est pas encore ça …), un certain Yves Charles Zarka écrit que le Docteur Cahuzac (à propos duquel je n’ai rien à dire, vu la transparence des faits) a (je cite) : « brisé un tabou de la classe politique » ! Car il a avoué …

En politique, selon notre auteur, quand on avoue on est un traitre !

Selon cet auteur (Zarka) et nos politiques [je ne pense pas, et j'espère ne pas me tromper, qu'ils soient tous "pourris" !], sa traitrise c’est « moins la faute ou la fraude que l’aveu » ...

C’est une idée intéressante qui renvoie à notre problématique médicale actuelle à propos des médicaments et des fraudes (supposées ou réelles) des industriels et de leurs experts rémunérés pour ça !

De la même façon, je pense que ceux-là aussi sont pris dans les rets de cette loi d’airain : ils n’avoueront rien et jamais !

Seules des circonstances particulières [une ligne téléphonique restée branchée, la vengeance d'un concurrent malheureux ...] peuvent conduire à la transparence des personnes (qui es-tu vraiment ?) et des faits (qu’as-tu fait vraiment?)

Mais, pour nous médecins et/ou chercheurs, est-ce là le cœur du problème ?

Dans tous les cas de figure, certes, la transparence (des liens d’intérêt en particulier mais pas seulement) est une nécessité pour ceux qui prétendent « représenter » l’intérêt général, donc pour les élus, sinon prière de s’abstenir !

Mais dans les sciences médicales, la principale transparence requise ne concerne pas les personnes mais les travaux et les données scientifiques eux-mêmes, y compris la façon dont ils sont produits.

Je me fous (en toute franchise) des liens d’intérêt du Professeur x ou y, mais s’il prétend quelque chose (quoique ce soit), ce doit être motivé sur une base scientifique vérifiable, c’est-à-dire accessible et éventuellement (on peut faire quelques réserves quand il y a un secret industriel à protéger) publique !

On ne peut croire personne sur parole (la moralisation est une lubie !) ; mais on doit pouvoir vérifier la réalité des allégations !

Facile tout ça en principe !

Pourquoi est-ce si long à obtenir ?

Réponse possible : parce que la majorité des allégations seraient des mensonges ?

Facile à vérifier, ouvrons les placards !

Hélas, à chaque fois qu’on a ouvert un placard, on y a trouvé un cadavre !

J’en ai donné des exemple dans mes livres.

Ce sera dur de faire passer la … Justice par ce chemin.

Car ils n’avoueront jamais ! Une Loi d’airain !

PROBLEME D’HONNETETE EN SCIENCES (MEDICALES) ?

Titre de l’éditorial du dernier numéro du European Heart Journal, organe officiel de la Société Européenne de Cardiologie (à laquelle je suis affilié, et donc aussi abonné au journal, car je paie – moi-même personnellement – ma cotisation annuelle) :

« The codex of science: honesty, precision, and truth—and its violations »

Sous la signature du célèbre Pr T. Lüscher, rédacteur en chef hélvétique.

Vraiment un bel exercice de littérature moraliste et moralisante décrivant les grandeurs éternelles de la Science toute puissante, de Newton à Darwin, mais citant aussi quelques exemples de fraudes et tracas divers, remontant jusqu’au siècle dernier où certains osaient « trafiquaient » un peu les photos de leurs encyclopédies pour les rendre un peu plus attractives …

Bon !

Nous avons droit aussi à la description du « fraudeur typique » : « the fraudulent scientist is typically a highly ambitious and talented post-doctoral fellow or assistant professor, charming, sometimes even charismatic, with a brilliant intellect and an impressive publication record. Usually, he or she—based on his or her remarkable achievements—has been highly recommended to a prolific lab at a prestigious institution led by a well-known mentor » … bla bla …

Bon ! Inutile de traduire, je pense, tout le monde comprend !

Pourquoi pourtant reste t-on si « mal à l’aise » après une si belle tirade que même le grand Cyrano en serait jaloux ?

Parce que Lüscher est évidemment « à côté » du problème ! Et pas sûr qu’il ne fasse pas exprès !

Les visiteurs de ce Blog le savent déjà : nous ne sommes pas face à des tragédies individuelles, globalement anecdotiques !

L’auteur (Lüscher) de ce bel éditorial est d’ailleurs lui-même parfaitement « intégré » dans un système qui génère presque automatiquement la fraude ! Pourquoi ?

Je ne parle pas de lui en posant la question [ça ne m'intéresse pas !], mais du système (que chacun peut définir comme il le comprend) et il ne viendrait surtout pas à l’idée de Lüscher qu’il y ait un « système », probablement parce qu’il en est un remarquable rouage …

Parce que le but ultime de toute cette activité médico-scientifique de recherche n’est plus (depuis longtemps) d’acquérir un savoir nouveau ; et pour le bien de l’humanité !

Certes, quelques naïfs persistent dans cette étrange perversion intellectuelle qui voudrait que « réfléchir » et « investiguer » ne soient pas systématiquement liés à la recherche de profits et bénéfices … On n’est pas nombreux !

Mais ce qui est rare est … valeureux ! On se récompense comme on peut !

Parfois même les insultes, quand elles viennent du tas d’ordures d’à-côté, sont plaisantes à entendre ; et je sais de quoi je parle !

Je vais terriblement vous décevoir, mais le but ultime de toute cette activité médico-scientifique de recherche est aujourd’hui de produire de la valeur … commerciale, de la valeur d’échange diraient certains socio-philosophes.

Et d’autres humanistes vous diront, et sans cligner des yeux, que dans ce système-là, pour produire de l’activité et donc lutter contre le chômage, il faut innover et inventer !

Produire une activité valorisable et donc échangeable via le commerce !

Bref, nous avons ce que nous méritons ! Et mieux vaut chercher et inculper des individus plutôt que de questionner le système !

Je laisse chacun à ses profondes réflexions. Paix à tous !

L’heure du grand nettoyage de printemps ?

TITRE d’un article mis en vedette dans un récent numéro (celui de 24/12/2012) d’un célèbre journal américain The New Yorker :  « Cleaning Up Science », avec comme sous-titre : « Six ways to ».

Pour les amateurs voici le lien vers le document original et pour ceux qui exigeraient une traduction, « clean up » veut dire « nettoyer ».

On pense donc dans ce grand journal « grand public » de New York (capitale du Monde civilisé) qu’il est temps, voire urgent, de procéder à un vrai nettoyage des milieux scientifiques et mettre au rebut un certain nombre de productions honteuses !

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PENSER l’IMPENSABLE EN MEDECINE

Je n’ai évidemment pas de données brutes (propriétés des promoteurs) des essais concernant les médicaments qui diminuent le cholestérol ou augmentent les HDL (le soit-disant « bon » cholestérol).

Seules peut-être des Administrations Sanitaires autoritaires et volontaristes pourraient y avoir accès, quoique le sponsor ne montrera que ce qu’il veut bien montrer …

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GLUCOPHAGE (ou metformine) chez les diabétiques : finalement ça sert à quoi ?

Mauvaise nouvelle pour les diabétiques !

J’en suis terriblement désolé.

Certains diront que je ferais mieux de me taire, mais ce n’est pas dans mes habitudes de renoncer à expliquer les problèmes (surtout les sérieux) sous prétexte que ça pourrait affliger des marchands, des médecins et même des patients.

« Faire l’autruche » n’est pas recommandé quand on fait ce métier dans les sciences médicales …

Bon, je l’avais déjà expliqué dans mon dernier livre [Prévenir l'infarctus] : abaisser drastiquement le niveau de glucose dans le sang des diabétiques…

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