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Soyons bienveillants avec les médecines complémentaires !

 

Les pathologies rhumatismales ne sont pas rares ; et sont souvent invalidantes.

Les traitements conventionnels anti-douleurs et anti-inflammatoires sont sources de complications cardiovasculaires, parfois sévères, comme la tragédie du Vioxx le démontra…

Chez certains, corticoïdes et anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être catastrophiques.

Les traitements non conventionnels et anodins (quand administrés de façon adéquate) peuvent être utiles. Par exemple, le traitement de viscosupplémentation par l’injection intra-articulaire d’une solution d’acide hyaluronique a toutes les apparences d’une médecine complémentaire qui souvent (pas toujours) amuse les médecins très conventionnels qui ne croient qu’à la chimiothérapie anti-inflammatoire et ensuite à la chirurgie.

Ainsi depuis la fin 2016, les taux de remboursement en France des solutions injectables d’acide hyaluronique intra-articulaire sont de 15 % au lieu des 65 % précédemment. Sous prétexte de faible service médical rendu. Décision prématurée ?

Si j’écris deux mots sur ce sujet c’est pour les complications cardiovasculaires ; et pas pour « faire le beau » avec les pathologies rhumatismales ; à propos desquelles je suis globalement incompétent bien qu’ayant été joyeusement initié pendant une année à l’Hôpital Universitaire de Genève avant de rejoindre le Centre de Cardiologie du même hôpital.

Après des décennies de controverses et hésitations (y compris parmi les non conventionnels), il semble se dégager un puissant consensus pour admettre que les injections intra-articulaires d’acide hyaluronique soient efficaces pour calmer les douleurs du genou et favoriser les fonctions articulaires. Si ça peut diminuer les prescriptions de traitements conventionnels toxiques et retarder la chirurgie, c’est une bonne nouvelle. C’est là-dessous :

http://www.medpagetoday.com/Rheumatology/Arthritis/62916?xid=nl_mpt_DHE_2017-02-06&eun=g362928d0r&pos=3

Désolé c’est en British… Ce n’est donc pas un problème franco-français, on l’a compris.

Trois limites : 1) ça ne concerne que le genou ; 2) les auteurs ne sont pas libres de tout lien d’intérêt commercial ; et ils en ont tellement que j’ai renoncé à vérifier s’ils étaient liés à des marchands d’acide hyaluronique ; 3) étant moi-même imprégné de « bienveillance », je laisse à quelques visiteurs (moins naïfs que moi) le soin de vérifier cet aspect des choses, en faisant preuve de bienveillance à mon égard.

Leçon du jour : ne pas négliger les médecines complémentaires ! Avant de les dérembourser (ce qui provoquera inévitablement plus de complications des chimiothérapies et plus de chirurgie ; et ça c’est très dispendieux !), il faut y réfléchir et en toute bienveillance !

On notera enfin que d’autres auteurs, apparemment très sérieux, ont rapporté que l’injection d’eau salée (aussi simple que ça) avait aussi des effets bénéfiques sur les pathologies douloureuses chroniques du genou. Ils prétendent que c’est un effet placebo…

C’est là : http://www.semarthritisrheumatism.com/article/S0049-0172(16)30009-9/abstract

La totalité de l’article est accessible gratuitement en suivant le lien.

Placebo vraiment ? Pas sûr !

Sont-ils bienveillants ? Sont-ils cultivés ? Connaissent-ils les bienfaits du sérum de Quinton (une sorte d’eau salée d’origine marine) ?

Ici je m’arrête ; car d’autres connaissent ces questions mieux que moi… Humilité et bienveillance !

Je laisse le microphone à ceux qui savent…

 

 

 

 

 

 

 

C’est quoi un essai clinique ?

Un essai clinique, c’est quoi ?

Ceux qui ont lu mes livres le savent déjà ; mais un petit rappel ne fera pas de mal…

Pour les autres, médecins prescripteurs et patients (bénéficiaires et/ou victimes), il est urgent de se « mettre à jour ». Car celui qui comprend ce qu’est un essai clinique comprend toute la médecine moderne, d’un coup d’un seul ; dommage de se priver !

D’autant plus qu’en comprenant la médecine moderne [mieux que ceux qui sont supposés l'enseigner ! Oups ! Je plaisante bien sûr !], on dispose déjà de quelques munitions (les meilleures) pour se défendre en cas d’attaques incongrues, d’où qu’elles viennent…

Ce n’est pas en quelques lignes que je vais faire le tour de cette question apparemment compliquée mais, pour ceux qui veulent vivre les yeux ouverts, je vais essayer d’entre-ouvrir quelques fenêtres.

Pour ceux qui lisent l’anglais, je recommande la lecture d’une bonne référence à propos des essais cliniques (ci-dessous) dans un journal médical anglais (le British Medical Journal) qui est un peu la source de documents indispensables pour les médecins anglais (et anglophones) ; nous n’avons pas d’équivalent en langue française ; ce qui donne une idée d’une part de la décadence accélérée de la culture médicale francophone et d’autre part de l’incapacité où se trouvent les médecins praticiens qui ne parlent pas l’anglais d’avoir accès à des documents de valeur :

http://www.bmj.com.gate2.inist.fr/content/346/bmj.e7586.long

Certes, ça fait 42 pages.

Qu’il y ait 42 pages et que ce soit en anglais n’est pas une excuse. Tout professionnel de santé doit comprendre ça ; sinon il est une marionnette manipulée par toute sortes d’intérêts divergents…

Courage les amis ! Votre indépendance professionnelle (si vous êtes médecin) ou votre sécurité (si vous êtes patient et sceptique) passent par une lecture attentive de ces 42 pages… Oups !

Je plaisante bien sûr ! Je vais essayer d ‘en dire quelques mots quand même.

Pour simplifier, je vais le faire en plusieurs épisodes, comme à la télé !

Donc Épisode 1, c’est maintenant.

L’essai clinique, c’est la façon moderne (et scientifique) d’évaluer l’utilité (les bénéfices attendus), l’innocuité relative (les effets adverses ou les risques de toxicité) et le rapport bénéfice/risque de tout médicament mis sur le marché ; et donc mis à la disposition des médecins pour faire leur métier : soulager et souvent guérir des patients en souffrance.

Attention : si l’essai clinique est indispensable pour évaluer l’utilité d’un médicament, il est peu (voire très peu) efficace pour évaluer son innocuité ou sa toxicité.

Vous pouvez juger de la compétence d’un médecin ou d’un pseudo-scientifique sur cette seule notion : l’efficacité de l’essai clinique pour identifier les effets toxiques d’un médicament.

Si on vous dit que les essais cliniques n’ont pas démontré la toxicité des statines, par exemple, vous pouvez continuer votre chemin, la personne qui vous dit ça n’a rien compris. Ceux qui ont lu mes livres savent pourquoi je dis ça ; s’ils ne le savent pas, il faut les relire !

Inutile de préciser que de nombreux médicaments actuellement (et depuis longtemps) sur le marché (certains fort utiles) ne sont pas passés par ce filtre (l’essai clinique) considéré aujourd’hui comme indispensable. Et, conséquence inéluctable de ce laxisme antérieur, des médicaments largement prescrits pendant des décennies s’avèrent un jour plus toxiques qu’utiles : médiator, depakine et beaucoup d’autres.

Cela dit, si un essai clinique montre des effets toxiques d’un médicament, il faut bien sûr les enregistrer et en tenir compte.

Mais s’il ne rapporte rien dans ses filets, ça ne veut pas dire que le médicament ne soit pas potentiellement toxique ; des études plus longues et plus adaptées à l’identification des effets indésirables sont indispensables. Surtout, il faut que ces études soient conduites indépendamment  du détenteur du brevet.

Parfois, la chance peut aider. Mais il ne faut pas trop compter sur la chance. Par exemple, c’est par inadvertance que des investigateurs (pourtant sponsorisés) ont mis à jour la toxicité des coxibs (Vioxx) ou l’effet diabétogène des statines…

Je résume l’épisode 1 :

1) l’essai clinique sert à [est construit pour] démontrer l’utilité d’un traitement (médicament ou autre) ;

2) l’essai clinique de donne que des arguments partiels sur l’innocuité et la toxicité des médicaments et autres traitements.

La suite dans l’épisode 2…

 

 

 

 

 

 

Cholestérol et statines : le bon, le moins bon et le pire…

 

Le bon est rare et ce qui est rare est cher ; d’où le prix prohibitif de certains médicaments…

Sauf que beaucoup de ces médicaments trop chers ne sont pas bons (ou utiles)… On fait croire qu’ils sont utiles et pour cela, on fait croire que les essais démontrant qu’ils sont utiles sont bons

Si vous n’avez pas encore compris ce qu’est la Société Spectaculaire et Marchande décrite par Tonton Guy, vous avez là un bon exemple. Si on vous dit « blanc », concluez qu’on est dans le « noir »… Presque automatique ces temps-ci.

Le moins bon est moins rare ; ce qui peut s’illustrer par le florilège d’études boiteuses ne permettant pas à un médecin respectueux du code de santé publique (qui exige la meilleure médecine scientifique…) de s’inspirer de ces études pour soigner ses patients. Les docteurs, souvent critiqués, sont donc très démunis (c’est la moins pire des descriptions…) ce qu’ils ne peuvent confesser car dès lors leur potentiel de guérison fantasmée (effet placebo) serait fortement compromis…

Parfois, le moins bon peut aider à décrypter des situations difficiles que le supposé bon aurait dû déchiffrer sans difficulté si les experts du bon étaient indépendants du business ; ce qui est rarissime !

Par exemple, c’était l’objet de mon billet précédent concernant l’étude de Ravnskov et ses copains dans BMJ Open ; quelques lacunes évidentes, c’est une revue systématique d’études publiées de plus ou moins bonne qualité ; ils ne peuvent faire des miracles mais une fois un peu distanciés des auteurs de chaque étude médiocre, l’information qui nous est apportée par Ravnskov est importante mais… limitée. On prend ce qu’on a …

Le pire, hélas, c’est tous les jours.

Dernier avatar dans le dernier numéro (on disait comme ça autrefois) du JAMA Intern Med : http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleID=2528289

Ne perdez pas de temps à lire ça en détails.

C’est un journal américain qui « rue un peu dans les brancards » mais en restant très poli, très conforme et donc très « complice » de la Société Spectaculaire et Marchande.

Il nous publie donc un article visant à démontrer que trop abaisser le cholestérol ne servirait à rien, laissant donc entendre que l’abaisser un peu pouvait être utile, notamment chez des patients qui avaient eu un premier infarctus.

Depuis trois ou 4 décennies au minimum, les autorités sanitaires exigent des essais cliniques randomisés en double aveugle pour faire la preuve de l’utilité d’un médicament !

Les éditeurs du JAMA Intern Med, habituellement chantres de la médecine scientifique sérieuse, publient ici le pire : la description des effets cliniques de médicaments sans randomisation (tirage au sort) et sans double aveugle…

Le pire donc ! Et dans ces cas-là, c’est tous les jours, seul le SILENCE s’impose !

Mettez-moi ça à la poubelle sans scrupule ni hésitation…

NB : on peut toutefois se demander pourquoi des éditeurs « sérieux »  (parfois) se compromettent avec de telles âneries. La réponse est simple à mon avis : face à des insolubles contradictions et des pressions de toute sorte, ils se compromettent dans le compromis !

Et comme disait Jésus : « en vérité je vous le dis, la fin du temps des compromissions et compromis approchent… Amen ! »

 

 

 

 

La dépression, et la triste désespérance, du Professeur Ioannidis

 

John Ioannidis est professeur à la Faculté de Médecine de Stanford en Californie.

Il est réputé ; et à juste raison ! Mais il m’inquiète…

Je l’aime bien ; c’est un type sympa et il raisonne bien en général ; même s’il n’a pas encore complètement réussi son total affranchissement de l’académisme dogmatique qui pollue les sciences médicales contemporaines.

Par exemple, il semble encore croire que les vaccins sauvent le monde et à peu de frais ; ce que je croyais moi-même aussi il y a encore peu… Chacun doit faire son chemin…

Mais John est jeune (tout juste 50 ans) et, à son âge (en l’an 2000), j’étais moi-même terriblement naïf ; je croyais à tout ce qu’on me disait dans les publications scientifiques ; et je ne prenais pas encore la peine de TOUT lire ; et même entre les lignes. Bref, John va encore progresser, une bonne marge de progression, disent les journalistes sportifs dont j’adooooore la littérature. Mais John m’inquiète…

Il est médecin comme moi et, comme moi au CNRS, sa spécialité en tant que scientifique c’est la méthodologie en recherche médicale, un mélange d’épidémiologie, de statistiques ; et aussi de… « bon sens ».
Nous faisons de notre mieux pour examiner, et éventuellement valider, les études et travaux scientifiques et médicaux qui nous passent devant les yeux. Mais John m’inquiète…

Les « capacités » en statistiques ne sont pas rares dans les sciences médicales de nos jours ; ce qui n’est pas le cas du simple « bon sens » ; et encore moins de l’indépendance, chose qui ne se négocie pas !

John Ioannidis s’est rendu célèbre en 2005 en publiant un article expliquant pourquoi (et comment) la majorité des publications dites scientifiques en médecine ne valent rien, exactement rien, et pour des raisons simplement méthodologiques : manque de respect des règles basiques de la méthode scientifique par les auteurs et investigateurs !

Pas forcément des tricheurs ; surtout des ignorants, un peu naïfs, mais surtout très dépendants du business et du marketing… dans ce monde-là, on ne fait pas de la recherche médicale pour la beauté de ce qu’elle est (et c’est beau !) mais pour faire ou favoriser le business ; et donc entretenir toutes les formes de cupidité ; et généralement, on ne s’en cache pas ; on en est très fier ! « Ouais, monsieur, je travaille avec et pour l’industrie ; j’ai pas honte ; et je veux un retour sur mes investissements personnels ; je veux ce qu’on me doit… »

John et moi avons compris ça en même temps autour de 2005. Mais John m’inquiète…

Pourquoi ?

Il vient de publier dans un grand journal d’épidémiologie clinique [partout les portes sont grandes ouvertes pour John...] un article de confession que je qualifierais de « terrible » tant il détruit les dernières illusions qu’on pourrait avoir sur le mode de fonctionnement actuel de la recherche médicale.

Rien que le titre : « Evidence-based medicine has been hijacked »

Je traduis : « La médecine scientifique a été détournée » ; dans le sens où un avion est « détourné » ; on pourrait dire aussi « kidnappée » ou « piratée » ou encore « confisquée » ; j’espère être compris.

C’est là, c’est gratuit (en pdf) en totalité mais c’est en anglais :

http://www.jclinepi.com/article/S0895-4356%2816%2900147-5/abstract

Je ne vais pas traduire tout l’article qui, à mon sens, traduit surtout un état plutôt dépressif, voire désespéré de mon ami. John m’inquiète…

Que dit-il en résumé ?

1- Les essais cliniques sont construits et conduits dans l’intérêt de l’industrie ;

2- Les analyses de synthèse (les fameuses méta-analyses) sont conduites dans l’intérêt de l’industrie ;

3- Les fonds (les contrats de recherche) nationaux et fédéraux (on est aux USA) sont essentiellement destinés à la recherche expérimentale et pas à la recherche en santé ;

4- Les « meilleurs investigateurs » [là il est très ironique] sécrétés par le système ne sont pas des chercheurs ou des scientifiques doués pour ce travail mais essentiellement des managers chargés de collecter des fonds de recherche pour leurs institutions respectives. Si je mets mon grain de sel ici, ce qu’il veut dire c’est qu’il vaut mieux avoir fait Science-éco ou une des prestigieuse Écoles de Commerce pour prétendre diriger des programmes de recherche prétendument médicale ;

5- Les recherches en thérapie humaine ont été au cours des dernières décennies une suite ininterrompue de miracles avortés ; à quelques exceptions près (c’est mon petit grain de sel) ;

6- L’épidémiologie clinique [mon grain de sel : sur laquelle beaucoup d'avis et recommandations dites officielles sont basés] est un véritable carnaval dont on ne peut tirer généralement aucune conclusion solide ou sérieuse en médecine humaine ;

7- Sous la pression des marchés [mon grain de sel : "la main invisible"], la médecine clinique est devenue une médecine de business ;

8- Dans de multiples circonstances, les politiques de santé et la médecine clinique gaspillent des ressources (financières et humaines) qui seraient beaucoup mieux employées si la priorité était à l’humanisme et pas au business ;

9- Dans de multiples circonstances, la médecine clinique est devenue une menace pour les bien-portants plutôt qu’un secours pour les patients ;

10- Le déni des autorités, des médias et des citoyens face à ces évidences est presque total actuellement ; et tout est fait pour empêcher la prise de conscience.

Je vous l’ai dit, John m’inquiète : est-il au bord du suicide ?

Sa clairvoyance est totale à mon avis. Bien sûr, on peut trouver des motifs de satisfaction et d’espoir. La médecine et la chirurgie d’urgence ont fait des progrès considérables ; et il y a quelques nouveaux médicaments intéressants.

Mais son pessimisme épouvantable vient de la discordance entre l’énormité des moyens [l'industrie de la Santé, de façon générale, représente aujourd'hui presque 18% du PIB des USA, autour de 14% en France] et la maigreur des résultats obtenus.

Certains le discuteront ; et diront que tout va bien ; c’est le point numéro 10 de John…

« Tout va très bien, Madame la marquise… »

C’est là : https://www.youtube.com/watch?v=jGQaz8bfoqE

 

 

 

 

 

MERCI A TOUTES ET A TOUS

Voilà c’est fait !

Notre éditeur a pris sa décision ; après avoir pris en compte tous les avis et commentaires obtenus via ce Blog et bien d’autres sources …

Le titre n’a pas été modifié de façon significative, contrairement à nos souhaits d’auteurs ; mais à dire vrai, nous ne sommes pas vraiment compétents en la matière et des considérations commerciales [l'annonce très anticipée du livre sur Internet] sont importantes.

De nos jours, un livre est un travail d’auteurs certes, mais aussi une entreprise très sociale ; on est loin des feuilletons de Balzac ; beaucoup d’intervenants dans la conception et la fabrication de l’objet ; puis dans sa distribution et commercialisation. Il n’est pas absurde de dire que même pour le titre, le libraire de Trifouillés-les-Oies a son mot à dire, via le circuit de distribution : « Pensez-vous qu’un livre traitant de … puisse intéresser vos clients? »

Bon, on aura fait de notre mieux (nous autres et vous tous – encore merci !) comme le colibri de Pierre Rabhi …

On aura au moins compris deux choses grâce aux visiteurs de ce Blog :

1) tout le monde comprend assez bien où on veut en venir, même sans connaître le contenu du livre ;

2) certains pourraient être surpris de son contenu réel ; et il peut sembler urgent que nous fassions comprendre explicitement notre message de scientifiques non-écologistes professionnels

Bref, nous nous réjouissons à l’avance des réactions de nos lecteurs, positives ou négatives, voire violentes [en principe, si nous avons bien travaillé, nous devrions avoir des deux, voire des trois ...] ; et nous sommes prêts à défendre nos positions ; mais aussi à en changer si des arguments solides nous sont présentés.

Il est évident que le problème soulevé suscite beaucoup d’agitation, et même des violences puisque nous comptons déjà quelques victimes innocentes …

Urgent d’en débattre avant de s’entretuer !

Ce ne serait pas la première tentative de suicide de nos sociétés, comme les récentes célébrations de 14-18 et 39-45 nous l’ont rappelé !

Mais, foi (pas foie, quoique …) de flibustier aviné, nous ne laisserons pas les « autres » y aller de leur discours sordide sans entonner notre petit refrain et donner la parole à tous ceux qui, ayant posé leurs verres et la bouteille, sauront exprimer quelque chose de compréhensible !

Tous aux chaloupes, la mer monte !

Cholesterol and Statins: Sham Science and Bad Medicine

C’est le titre anglais de notre livre « Cholestérol, mensonges et propagande » traduit désormais en anglais …

C’est une version enrichie évidemment [par rapport à nos versions françaises] puisque chaque semaine nous apporte de nouveaux « points de vue » intéressants.

Nous l’avons aussi débarrassée de toutes les références à nos petites et étroites problématiques franchouillardes, sachant que nous sommes sur ces sujets « au ban » des sciences de la vie de niveau international …

Nous essayons donc, légionnaires, de sauver l’honneur du drapeau … quoique nous soyons plutôt « pirates des caraïbes » et certainement pas des croisés en route pour Jérusalem comme le furent nos sacripants d’ancêtres …

Bref, si vous avez des amis qui préfèrent lire en anglais, dites-leur qu’ils trouveront le livre sur Amazone pour moins de 20€, pas cher vraiment quand ça peut sauver sa vie !

La guerre de l’obé$ité aura t-elle lieu ?

L’industrie du médicament traverse une crise gravi$$ime ; et licencie partout !

La perte des brevets, c’est-à-dire le passage des  « bijoux de famille » en génériques, et l’absence de nouveautés tangibles donnent à leurs bilans financiers (surtout à venir) une profitabilité accablée …

Mauvaise gestion ! Depuis longtemps ! Vision térébrante du futur ! Désastreux !

Ils ont ce qu’ils méritent ! Mais nous on a encore  besoin d’eux, hélas …

Il faut donc exploiter ce qui reste, notamment ce qui parle encore un peu aux consommateurs, patients et médecins ; les médicaments anti-cholestérol évidemment ; mais aussi – et là c’est plus curieux pour des français qui sont encore sous le coup du « Médiator » – les médicaments anti-obésité ou visant à faire maigrir.

On laisse de côté les $tatine$ pour le moment, la polémique suit son cours, on y reviendra …

Pourquoi une offensive brutale pour encourager la consommation des médicaments anti-obésité maintenant ; et comment font-ils ?

Maintenant parce que « faute de grive, on se contentera de merle » … En d’autres termes, le marché de l’obésité reste large et dynamique, notamment aux USA, leader en tout … et donc il y a encore du profit à faire de ce côté.

A condition, toutefois, d’avoir quelque chose à proposer, un minimum acceptable, et de faire taire toute critique susceptible de « ralentir » le marché … Ça c’est le « comment font-ils ? »

Ainsi nous assistons depuis quelques semaines à des offensives tout azimut qui, la semaine dernière, ont atteint un niveau de cynisme à rendre jaloux le plus dynamique propagandiste des $tatine$.

Deux titres récents :

1- « New obesity drugs do work » [traduction : Les nouveaux médicaments anti-obésité, ça marche !]

C’est un commentaire dans Medpage today (par Kristina Fiore)  à propos d’une méta-analyse publiée dans le JAMA 2013; DOI:10.1001/jama.2013.281361.

Pour documenter cette grande nouvelle, on nous annonce qu’on peut obtenir sur une année une diminution de 3 à 9% de son poids. Comptez entre les deux par prudence (et encore, on peut douter … population sélectionnée, etc …) ; bref si vous pesiez 100 kilos, vous pouvez espérer en peser 95, au risque d’effets secondaires importants (orlistat, lorcaserin, phentermine [ça ne vous rappelle rien, par hasard ?]) sinon encore mal connus.

Pas si mal diront certains, sauf si ça ne vaut pas la peine et c’est l’objet de la seconde offensive résumée ci-dessous :

2- « Fat but fit!  Is it just a myth? » [traduction : "gras mais en forme" n'est-ce qu'un mythe ?]

C’est un commentaire dans Medpage today (par Salynn Boyles) à propos d’un article dans Ann Intern Med 2013;159:758.

Ici on veut dénigrer toute une école de pensée très « made in America » consistant à dire qu’être en surpoids n’est pas un problème à condition d’être en forme. C’est le fameux slogan : « It is better to be fat and fit rather than unfat and unfit » [traduction : il est préférable d'être gros et en forme plutôt que maigre et pas en forme] ; le concept de « en forme » traduit ici qu’on n’est pas gros parce qu’on est sédentaire, fumeur et apathique sur son canapé et qu’on est capable d’une réelle activité physique; bref « en forme » !

Bon, nous allons suivre les péripéties mais nous donnons notre avis tout de suite ; nous l’avons déjà écrit et expliqué dans notre livre « Prévenir l’infarctus » : ça ne sert à rien de perdre du poids avec un médicament si on ne modifie pas son mode de vie ; et si on change son mode de vie vraiment et qu’on ne perd pas de poids [ça serait étonnant !], ce n’est pas grave car le problème c’est le mode de vie pas le poids ! Au moins pour une échelle de poids qui n’atteint pas les obésités dites « malignes ».

Et maintenant pour distraire ceux qui sont allés jusqu’au bout de cet article, un petit intermède musical avec Waltraud Meier :

Il faut aimer Tristan, certes, sinon …

Si vous êtes triste de ce monde … et du tamiflu*

Il y a des jours de Novembre où l’on désespère de ce monde …

Si les récentes révélations sur le Tamiflu*, cet antiviral si efficace ; à propos duquel pourtant on ne connaissait pas les données brutes des essais commerciaux « perpétrés » par le sponsor et présentés comme si favorables au produit que des gouvernements (doit-on le reprocher ?) en achetèrent des wagons …

Si l’attitude arrogante [mais télé-visualisée] de certains cardio-notables avouant benoitement que leurs liens d’intérêt pouvaient effectivement les influencer …

… alors que le procès du médiator n’a pas encore eu lieu, et sachant qu’aucun de ces cardio-notables n’a jamais donné l’alerte tout au long des années de commercialisation, laissant penser que l’influence que l’on avoue ressemble diablement à de l’anesthésie …

Alors, je vous recommande 10 minutes de méditation avec notre ami Franz (Schubert) qui lui-aussi désespérait de ce monde :

Après ça ira mieux, on pourra passer au petit whisky du soir … Irlandais plutôt ?