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Cholesterol and Statins: Sham Science and Bad Medicine

C’est le titre anglais de notre livre « Cholestérol, mensonges et propagande » traduit désormais en anglais …

C’est une version enrichie évidemment [par rapport à nos versions françaises] puisque chaque semaine nous apporte de nouveaux « points de vue » intéressants.

Nous l’avons aussi débarrassée de toutes les références à nos petites et étroites problématiques franchouillardes, sachant que nous sommes sur ces sujets « au ban » des sciences de la vie de niveau international …

Nous essayons donc, légionnaires, de sauver l’honneur du drapeau … quoique nous soyons plutôt « pirates des caraïbes » et certainement pas des croisés en route pour Jérusalem comme le furent nos sacripants d’ancêtres …

Bref, si vous avez des amis qui préfèrent lire en anglais, dites-leur qu’ils trouveront le livre sur Amazone pour moins de 20€, pas cher vraiment quand ça peut sauver sa vie !

La guerre de l’obé$ité aura t-elle lieu ?

L’industrie du médicament traverse une crise gravi$$ime ; et licencie partout !

La perte des brevets, c’est-à-dire le passage des  « bijoux de famille » en génériques, et l’absence de nouveautés tangibles donnent à leurs bilans financiers (surtout à venir) une profitabilité accablée …

Mauvaise gestion ! Depuis longtemps ! Vision térébrante du futur ! Désastreux !

Ils ont ce qu’ils méritent ! Mais nous on a encore  besoin d’eux, hélas …

Il faut donc exploiter ce qui reste, notamment ce qui parle encore un peu aux consommateurs, patients et médecins ; les médicaments anti-cholestérol évidemment ; mais aussi – et là c’est plus curieux pour des français qui sont encore sous le coup du « Médiator » – les médicaments anti-obésité ou visant à faire maigrir.

On laisse de côté les $tatine$ pour le moment, la polémique suit son cours, on y reviendra …

Pourquoi une offensive brutale pour encourager la consommation des médicaments anti-obésité maintenant ; et comment font-ils ?

Maintenant parce que « faute de grive, on se contentera de merle » … En d’autres termes, le marché de l’obésité reste large et dynamique, notamment aux USA, leader en tout … et donc il y a encore du profit à faire de ce côté.

A condition, toutefois, d’avoir quelque chose à proposer, un minimum acceptable, et de faire taire toute critique susceptible de « ralentir » le marché … Ça c’est le « comment font-ils ? »

Ainsi nous assistons depuis quelques semaines à des offensives tout azimut qui, la semaine dernière, ont atteint un niveau de cynisme à rendre jaloux le plus dynamique propagandiste des $tatine$.

Deux titres récents :

1- « New obesity drugs do work » [traduction : Les nouveaux médicaments anti-obésité, ça marche !]

C’est un commentaire dans Medpage today (par Kristina Fiore)  à propos d’une méta-analyse publiée dans le JAMA 2013; DOI:10.1001/jama.2013.281361.

Pour documenter cette grande nouvelle, on nous annonce qu’on peut obtenir sur une année une diminution de 3 à 9% de son poids. Comptez entre les deux par prudence (et encore, on peut douter … population sélectionnée, etc …) ; bref si vous pesiez 100 kilos, vous pouvez espérer en peser 95, au risque d’effets secondaires importants (orlistat, lorcaserin, phentermine [ça ne vous rappelle rien, par hasard ?]) sinon encore mal connus.

Pas si mal diront certains, sauf si ça ne vaut pas la peine et c’est l’objet de la seconde offensive résumée ci-dessous :

2- « Fat but fit!  Is it just a myth? » [traduction : "gras mais en forme" n'est-ce qu'un mythe ?]

C’est un commentaire dans Medpage today (par Salynn Boyles) à propos d’un article dans Ann Intern Med 2013;159:758.

Ici on veut dénigrer toute une école de pensée très « made in America » consistant à dire qu’être en surpoids n’est pas un problème à condition d’être en forme. C’est le fameux slogan : « It is better to be fat and fit rather than unfat and unfit » [traduction : il est préférable d'être gros et en forme plutôt que maigre et pas en forme] ; le concept de « en forme » traduit ici qu’on n’est pas gros parce qu’on est sédentaire, fumeur et apathique sur son canapé et qu’on est capable d’une réelle activité physique; bref « en forme » !

Bon, nous allons suivre les péripéties mais nous donnons notre avis tout de suite ; nous l’avons déjà écrit et expliqué dans notre livre « Prévenir l’infarctus » : ça ne sert à rien de perdre du poids avec un médicament si on ne modifie pas son mode de vie ; et si on change son mode de vie vraiment et qu’on ne perd pas de poids [ça serait étonnant !], ce n’est pas grave car le problème c’est le mode de vie pas le poids ! Au moins pour une échelle de poids qui n’atteint pas les obésités dites « malignes ».

Et maintenant pour distraire ceux qui sont allés jusqu’au bout de cet article, un petit intermède musical avec Waltraud Meier :

Il faut aimer Tristan, certes, sinon …

Si vous êtes triste de ce monde … et du tamiflu*

Il y a des jours de Novembre où l’on désespère de ce monde …

Si les récentes révélations sur le Tamiflu*, cet antiviral si efficace ; à propos duquel pourtant on ne connaissait pas les données brutes des essais commerciaux « perpétrés » par le sponsor et présentés comme si favorables au produit que des gouvernements (doit-on le reprocher ?) en achetèrent des wagons …

Si l’attitude arrogante [mais télé-visualisée] de certains cardio-notables avouant benoitement que leurs liens d’intérêt pouvaient effectivement les influencer …

… alors que le procès du médiator n’a pas encore eu lieu, et sachant qu’aucun de ces cardio-notables n’a jamais donné l’alerte tout au long des années de commercialisation, laissant penser que l’influence que l’on avoue ressemble diablement à de l’anesthésie …

Alors, je vous recommande 10 minutes de méditation avec notre ami Franz (Schubert) qui lui-aussi désespérait de ce monde :

Après ça ira mieux, on pourra passer au petit whisky du soir … Irlandais plutôt ?

Affections pulmonaires, cholestérol et statines

Tout a été fait – et tout est fait – pour nous faire croire que baisser le cholestérol ou prendre une statine nous protégerait des affections pulmonaires, provoquées notamment par des bactéries ou des virus. Des études épidémiologiques et des analyses de sous-groupes extraits d’essais cliniques (après les avoir désaveuglés, quelle honte !) organisés pour de toutes autres hypothèses, puis des méta-analyses supposées dire LA vérité – simplement parce qu’elles sont « méta » ; certes seuls des grands naïfs (il y en a beaucoup …) peuvent se laisser piéger – ont proclamé ces sornettes, évidemment reprises en chœur par des médias compatissants

Et tout ça en l’absence totale d’essai clinique bien fait susceptible de donner quelques consistances à des théories qui vont à l’encontre du simple bon sens ; à condition de posséder un minimum de connaissance de notre physiologie.

Pourquoi aucun industriel n’a organisé un tel essai clinique ?

Parce que, malgré les apparences, il y a quelques cerveaux, dans les états-majors de BigPharma et dans une période où de Nouvelles Règles des Essais Cliniques ont été imposées – et en conséquence biaiser les essais cliniques devient un sport dangereux – ils ont sans doute pensé que le jeu n’en valait pas la peine.

Contrairement à des investigateurs rémunérés par l’État français qui, eux (naïfs ou cyniques) ont trouvé un financement public pour tester cette hypothèse.

Ces investigateurs français publient leurs résultats totalement négatifs début octobre 2013 dans le journal officiel des médecins américains, le très fameux JAMA. Le premier auteur est un certain Papazian Laurent, sans doute un gentil garçon, domicilié à Marseille. On pourrait penser que ces investigateurs rendent service à la science et à la médecine en démontrant que les statines ne protègent pas les patients en détresse respiratoire, mais leur façon de présenter les choses n’est pas correcte.

Pourquoi ?

Ils nous disent en effet qu’ils ont arrêté leur essai après avoir recruté 300 patients pour cause de “futility”. C’est comme ça qu’on dit en Anglais pour justifier l’arrêt d’un essai qui à l’évidence ne vérifie pas l’hypothèse testée, rendant sa continuation inutile, façon de traduire futile.

Curieusement, nos amis éludent le fait qu’ils observent avec la statine (et par rapport au placebo) une augmentation de la mortalité à 28 jours de près de 50%. On est à la limite de la signification statistique, 3 patients de plus et c’était significatif.

Il était donc urgent de stopper cet essai ; mais pour d’autres raisons qu’une quelconque “futility” ; parce que la statine tuait certains patients.

C’était donc pour des raisons éthiques et humanitaires qu’il fallait arrêter prématurément cet essai !

Cette évidente toxicité aurait dû être anticipée. En effet, les lipoprotéines (notamment celles qui sont riches en cholestérol) constituent notre première défense immunitaire, y compris contre les virus. Abaisser leurs concentrations dans le sang ne pouvait qu’aggraver les conditions immunitaires de ces patients – leur risque d’infection maligne – ce qu’on a vu dans cet essai évidemment ; ils ne pourront plus dire qu’ils ne le savaient pas !

Ils auraient dû le savoir ! Il eût suffi de m’avoir lu … moi en français ou d’autres en anglais !

Les médecins doivent savoir que les statines augmentent la sévérité des pneumopathies infectieuses et probablement augmentent aussi le risque de les attraper ! Simple bon sens !

Tous (à Marseille et ailleurs) devraient savoir que les personnes qui naissent avec des capacités faibles de synthétiser le cholestérol (par transmission d’anomalies génétiques) ont un système immunitaire défaillant ; et la première chose que les médecins qui prennent en charge ces patients doivent faire c’est augmenter leur cholestérol pour les protéger des maladies infectieuses. On y arrive un peu par des stratégies nutritionnelles spécifiques, mais seulement pour le cholestérol (ou les lipoprotéines) circulant(es) !

Mon conseil : si vous avez l’impression que vos défenses anti-infectieuses sont un peu faibles, arrêtez votre statine ; si vous avez des problèmes pulmonaires, arrêtez votre statine !

Évidemment, il faut en parler avec votre médecin. Apportez-lui mes livres, ça aidera …

Malheureusement, pour le cholestérol du cerveau – dont la synthèse est également diminuée chez ces patients, avec des conséquences tragiques pour les capacités intellectuelles, et affectives – on est incapable de corriger le défaut (en cholestérol) car les lipoprotéines ne passent pas la barrière hémato-méningée et ne peuvent pas compenser le défaut de synthèse cérébrale …

Par contre, les statines passent la barrière hémato-méningée et, de façon variable (fonction des doses et autres paramètres), perturbent les fonctions neuronales.

La FDA – l’équivalent d’une Autorité du médicament aux USA – a d’ailleurs lancé une alarme en 2012 pour avertir les médecins américains que les statines provoquaient des troubles de la mémoire.

C’est aussi comme ça que commence l’Alzheimer.

Mon conseil aux médecins et aux familles qui suspectent un début d’Alzheimer chez un proche : d’abord stopper la statine, puis supplémenter avec des oméga-3, avant de persister dans ce diagnostic. On a vu des miracles !

Comme pour l’effet des statines sur le diabète, les Autorités Françaises n’ont pas encore, à ma connaissance, alerter les médecins français à propos de la toxicité neurologique des statines.

J’aimerais qu’on m’explique où le système français s’avère défaillant !

Au contraire, certains experts – certains proches des Autorités – persistent à dire que les statines protègent le cerveau, probablement la même engeance qui prétendait que les statines protégeaient nos poumons …

La honte les fera-t-elle disparaître sous terre, ces mécréants ?

Il est minuit docteur Danchin …

Il est minuit docteur Danchin, il se fait tard.

Il est temps d’éteindre les feux. Ce n’est pas une heure pour jouer du pipeau …

La brousse bruisse de bruits menaçants.

Les barbares sont à nos portes …

A cause d’eux, il y aurait des milliers de morts et les soins intensifs de cardiologie seraient envahis par des milliers de victimes de crise cardiaque.

Mais  vous veillez encore, vous  résistez. Avec vous, la science, la vraie, va venir au secours des populations menacées.

Merci de nous gratifier ainsi de vos travaux de très haute qualité et qui resteront dans les mémoires et les annales des siècles et des siècles.

Nous avons notamment apprécié les savants calculs, les « modélisations » et autres « extra-postulations » qui vous ont permis d’aboutir à vos judicieuses conclusions sans qu’aucun doute ne puisse venir les ternir.

Sûrement vous avez été chaudement félicité par vos confrères universitaires, et par le comité de lecture et les éditeurs de la prestigieuse revue qui a accueilli le rapport de cette investigation « hors norme » !

Il est  regrettable qu’aucune grande revue de cardiologie internationale n’ait accepté de publier votre travail, ce qui montre une fois de plus qu’une véritable machination souterraine œuvre à détruire les fondements même de notre civilisation … et peut-être aussi (mais c’est un point secondaire) ceux de l’industrie du médicament.

Cette dernière va bénéficier, avec vos travaux de recherche, d’un soutien considérable pour sauver ses marchés déclinants et surtout ses profits ; de façon qu’elle puisse enfin avoir les moyens des recherches innovantes que les états et les populations attendent d’elle.

Votre travail, n’en doutez point, honore toute la communauté scientifique française et démontre encore une fois que les positions calamiteuses de nos universités dans les classements internationaux sont injustes.

Ce travail de recherche vous permettra d’enfin pouvoir postuler aux titres que vous méritez, l’Académie et, pourquoi pas, un Prix Nobel de Médecine qui viendrait couronner l’ensemble de votre œuvre ; à moins que quelques jaloux viennent perturber votre marche triomphale vers la célébrité.

Mais la qualité de votre dernier opus leur clouera le bec !

Encore merci, Docteur Danchin, et du fond du cœur : grâce à votre dernier travail, chacun peut mesurer l’acuité intellectuelle des « confrères et scientifiques » regroupés dans le camp de ceux qui, avec vous, défendent les médicaments modernes, et évaluer aussi l’extraordinaire qualité scientifique des travaux de recherche qui leur permettent de mener ce dur combat !

Bravo, vous êtes un vrai exemple pour la jeunesse que vous instruisez ; et même (n’ayons pas peur des mots) un phœnix pour notre corporation (médicale) qui grâce à vous dispose maintenant de documents intangibles pour guider sa pratique.

FRAUDE SCIENTIFIQUE ou « Scientific misconduct »

C’est un sujet difficile !

Et les scientifiques n’aiment pas en parler, pour toutes sortes de raisons, la principale étant que quand on appartient à une communauté, on évite de la critiquer, de s’en désolidariser …

Bref, on est une bande de « braves copains« , on a fait des bombes atomiques et des bombes chimiques mais … « c’était pas not’ faute, faut pas confondre c’est pas nous que ... »

En médecine, c’est encore plus grave car, contrairement aux scientifiques qui travaillent sur une levure ou une plante, les conséquences peuvent être « dramatiques » pour tout un chacun à la minute même où on fait une découverte : si on trouve que les statines augmentent le risque de cancers, il n’y a pas une minute à perdre pour le faire savoir, vu le nombre de sujets menacés …

Bon, tout le monde a compris. Et, après quelques secondes de réflexion, la majorité a aussi compris que ce n’était pas aussi simple … que ce n’était pas sûr, que ça dépend si, qu’il faudrait vérifier que, qu’il ne faut pas que  …

Bon, c’est déjà bien d’en parler !

Beaucoup de visiteurs de ce blog me félicitent de mon courage (MERCI encore !] et surtout de prêcher seul dans le désert !

Sur ce dernier point, les apparences sont peut-être contre moi ; mais, en fait, notre société est animé d’un profond mouvement de scepticisme qui, de mon point de vue de médecin, est catastrophique ; mais vu par le prêcheur (que j’ai l’impression d’être) est très sain …

A preuve ce document : http://editorsupdate.elsevier.com/issue-40-september-2013/understanding-and-addressing-research-misconduct/

Ça vient du plus gros éditeur « privé » et « commercial » du monde et lui-même s’alarme des « scientific misconduct » … Tellement y en a que ça pourrait perturber le business de l’édition.

Et ensuite suivez le « guide » ou le fil, et vous allez à partir de ce fil tirer une interminable chaussette de laine !

Le phénomène est en effet considérable, pour ne pas dire « cataclysmique ».

Illustration : tous les jours je lis (parcours) très vite des articles des plus grandes revues scientifiques que dès la deuxième ligne je sais être « bidons » … Plus c’est (apparemment) important et plus la probabilité que ça soit « bidon » est grande …

Comment faire dès lors pour attraper les bons filons, les vrais bons travaux crédibles et bien présentés ?

Je n’ose pas le dire … mais je le dis quand même : comme dans tous les métiers, le travail et l’expérience !

Bonjour chez vous !

LE DEBAT SUR LA TRANSPARENCE DES ESSAIS CLINIQUES FAIT RAGE !

Je l’ai assez dit ici, nous ne pouvons pas croire « sur parole » les rapports de l’industrie pharmaceutique sur ses propres produits.

Je ne suis pas le seul à le dire ; à tel point que l’Agence Européenne du Médicament (EMA) négocie actuellement et durement (un pas en avant, un pas en arrière) une réforme radicale des procédures d’analyse des essais cliniques qu’on peut résumer, pour faire simple, sous le terme « transparence » !

Pour avoir une idée des discussions actuelles concernant la validité des essais cliniques – et donc la possibilité de vérifier le contenu des bases de données, ce que l’on appelle la « transparence des données scientifiques » – sans se perdre dans les labyrinthes de la bureaucratie européenne [qui fait d'ailleurs bien plus en termes de transparence que ses équivalents aux USA ou en Asie], je recommande la lecture (en anglais, désolé) de ça :

http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/special_topics/general/general_content_000555.jsp&mid=WC0b01ac0580607bfa

Mais surtout ça :

http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001202

Nous – c’est-à-dire quelques experts libres et indépendants – devons avoir accès à toutes les données brutes de chaque patient inclus dans un essai clinique de façon que nous puissions, par nous-mêmes, refaire tous les calculs statistiques qui soutiennent les conclusions de l’industriel et de l’Agence Officielle (FDA aux USA, EMA en Europe, par exemple) qui – je ne plaisante pas – valide ces conclusions sur la base des données fournies par l’industriel.

Rien n’oblige un industriel à montrer – laisser voir – l’intégralité du contenu de ses bases de données !

A ma connaissance, il n’y a pas en France  (ailleurs que sur ce Blog) de discussion avérée – c’est-à-dire plus ou moins officielle ou publique – sur ces sujets cruciaux. Silence, on dort ! Ne pas dérangez !

Sauf, évidemment, des tentatives d’enfumage venant des professionnels du secteur [ " touche pas à mon business, petit ! " ]. Par exemple, ça :

http://biopharmanalyses.fr/cro-les-entreprises-de-la-recherche-clinique-garants-de-la-transparence/

Si vous avez vent de quelque chose d’indépendant et concret, merci de me dire !

En bref, les industriels du secteur sont en général contre la transparence quoique certains fassent semblant de s’y soumettre [la Société du Spectacle dans toute sa splendeur ...] pour mieux y échapper : les données brutes bien sûr, mais seulement celles qui ne portent pas [vraiment pas du tout] préjudice à nos sociétés industrielles … et aux profits qu’elles génèrent !

Il est évident qu’avoir « accès aux données brutes » ne suffit pas !

Il faut aussi que nous puissions vérifier la validité de ces données dites « brutes », celles à partir desquelles nous faisons les analyses !

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Beaucoup de choses, mais pour expliquer, je vais donner un exemple simple.

Soit un essai clinique testant un médicament supposé diminuer le risque d’infarctus du myocarde. Dix mille (10,000) patients sont recrutés et répartis à l’aveugle dans un groupe traité et un groupe recevant le placebo. Après x années de suivi, les investigateurs déclarent qu’il y a eu 100 infarctus dans le groupe placebo et 50 dans le groupe traité avec le nouveau médicament : une réduction de 50% du risque ! Magnifique ! Ces chiffres sont donnés à titre d’illustration, ne pas raisonner dessus, bien sûr !

Avoir accès aux données brutes (vu par une Agence du Médicament), c’est avoir accès aux 150 dossiers (anonymisés) des patients qui ont présenté un infarctus, puis aux calculs statistiques présentés par l’industriel.

Ça ne suffit pas évidemment !

Il faut aussi pouvoir vérifier qu’il n’est vraiment rien survenu chez les 9850 patients qui n’ont pas eu, selon l’industriel, un infarctus !

Ça tombe sous le sens !

Soit nous faisons confiance et les 150 dossiers d’infarctus sont de peu d’intérêt. Soit nous ne faisons pas confiance ["chat échaudé ..."] et il faut pouvoir vérifier dans les deux groupes si le ratio infarctus/indemnes est correctement rapporté.

En effet, s’il est impossible d’inventer des infarctus dans le groupe recevant le placebo, il est vraiment trop facile « d’oublier » quelques infarctus dans le groupe traité …

Et il ne faut pas se plaindre qu’on ne soit pas en confiance ; ils ont été prévenus qu’on ne les croyait plus … sauf ceux qui sont payés pour les croire sur parole ! Triste époque !

Honte sur eux !

Tout ceci pour parler des éventuels effets bénéfiques d’un quelconque médicament.

On peut imaginer à quel degré de tartufferie peut donner lieu l’examen des effets toxiques d’un médicament.

Je donne ci-dessous un exemple de rapport de l’Agence Européenne concernant l’effet pro-cancer des certains médicaments antihypertenseurs que j’ai discutés dans des billets précédents :

http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Medicine_QA/2011/10/WC500116862.pdf

J’étouffe ! A l’aide !

Bon, « on n’est pas sorti du sac » … mais (soyons positif !) ça progresse puisque ça discute …

Le chemin parcouru nous donne quand même une petite idée de « d’où l’on vient » !

Il y avait de quoi s’alarmer ! Il était temps ! Je n’ai pas perdu mon temps !

Que penser aujourd’hui de toutes les canailles (dans les médias et les académies, ici ou là) qui, au lieu de mêler leurs voix à la nôtre – pour le progrès de l’humanité, pas moins ! – nous traitaient de parano ou de mal-élevés ?

On discute donc  ces jours-ci des réformes à apporter à un système qui est mort et qu’il faut enterrer …

Admettons maintenant que nous fassions d’ici peu de réels progrès dans la transparence, que ferons-nous de tout ce qui a précédé ces réels progrès ? Quand nous vivions dans l’obscurité …

Que ferons-nous de toutes ces « merveilles » – devant lesquelles se prosternent encore les médias et les académiciens de tout poil aujourd’hui – et qui motivent pourtant (au niveau de l’Agence Européenne du Médicament !) l’impérieuse nécessité de changer les procédures et d’imposer la transparence ?

On repart à zéro avec les statines ?

Bien sûr !

Bonjour chez vous !

TRANSPARENCE, MORALITE, LIENS D’INTERET …

Dans un récent « article-débat » (18 Avril 2013) du journal LE MONDE (que je lis de moins en moins faute de temps pour sélectionner le « bon grain » du reste … Désolé Madame la Nouvelle Rédactrice-en-Chef, c’est pas encore ça …), un certain Yves Charles Zarka écrit que le Docteur Cahuzac (à propos duquel je n’ai rien à dire, vu la transparence des faits) a (je cite) : « brisé un tabou de la classe politique » ! Car il a avoué …

En politique, selon notre auteur, quand on avoue on est un traitre !

Selon cet auteur (Zarka) et nos politiques [je ne pense pas, et j'espère ne pas me tromper, qu'ils soient tous "pourris" !], sa traitrise c’est « moins la faute ou la fraude que l’aveu » ...

C’est une idée intéressante qui renvoie à notre problématique médicale actuelle à propos des médicaments et des fraudes (supposées ou réelles) des industriels et de leurs experts rémunérés pour ça !

De la même façon, je pense que ceux-là aussi sont pris dans les rets de cette loi d’airain : ils n’avoueront rien et jamais !

Seules des circonstances particulières [une ligne téléphonique restée branchée, la vengeance d'un concurrent malheureux ...] peuvent conduire à la transparence des personnes (qui es-tu vraiment ?) et des faits (qu’as-tu fait vraiment?)

Mais, pour nous médecins et/ou chercheurs, est-ce là le cœur du problème ?

Dans tous les cas de figure, certes, la transparence (des liens d’intérêt en particulier mais pas seulement) est une nécessité pour ceux qui prétendent « représenter » l’intérêt général, donc pour les élus, sinon prière de s’abstenir !

Mais dans les sciences médicales, la principale transparence requise ne concerne pas les personnes mais les travaux et les données scientifiques eux-mêmes, y compris la façon dont ils sont produits.

Je me fous (en toute franchise) des liens d’intérêt du Professeur x ou y, mais s’il prétend quelque chose (quoique ce soit), ce doit être motivé sur une base scientifique vérifiable, c’est-à-dire accessible et éventuellement (on peut faire quelques réserves quand il y a un secret industriel à protéger) publique !

On ne peut croire personne sur parole (la moralisation est une lubie !) ; mais on doit pouvoir vérifier la réalité des allégations !

Facile tout ça en principe !

Pourquoi est-ce si long à obtenir ?

Réponse possible : parce que la majorité des allégations seraient des mensonges ?

Facile à vérifier, ouvrons les placards !

Hélas, à chaque fois qu’on a ouvert un placard, on y a trouvé un cadavre !

J’en ai donné des exemple dans mes livres.

Ce sera dur de faire passer la … Justice par ce chemin.

Car ils n’avoueront jamais ! Une Loi d’airain !