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Les vaccins miraculeux du professeur Sansonetti

 

Dans toute contestation ou controverse scientifique, il y a (à mon avis) au moins trois prérequis que j’oserais qualifier de sacrés :

1- rester bienveillant avec ses opposants, car c’est peut-être eux qui ont raison,

2- écouter attentivement leurs arguments, car c’est peut-être eux qui ont raison,

3- et respecter religieusement les personnes elles-mêmes indépendamment de leurs supposées qualifications expertes et/ou professionnelles.

Ce n’est pas parce que j’ai été moi-même traîné dans la boue, jusqu’à être traité de criminel, que je vais adopter de telles attitudes contraires à l’éthique scientifique.

Ces jours-ci, un expert en microbiologie, le bon professeur Sansonetti fait campagne sur les écrans et les ondes avec comme message principal que « le vaccin reste le pilier de la santé publique ».

C’est un peu outrancier certes quand on examine vraiment et attentivement les causes de mortalité dans nos pays développés ; mais pourquoi pas ?

Je me suis évidemment abstenu d’enquêter sur les éventuels liens d’intérêt (en particulier avec l’industrie des vaccins) de notre expert ; partant du principe fondateur bienveillant que l’éloge enthousiaste de ce type de traitement était obligatoirement associé à une totale indépendance vis-à-vis du commerce des vaccins. Respect donc !

Maintenant que j’ai assumé (oups !) pour la bienveillance et le respect, je me dois d’être à l’écoute.

Et me voici lisant attentivement la belle prose du respectable professeur ; c’est-à-dire son livre « Vaccins » avec le sous-titre provocateur pour les quelques rares sceptiques dont je fais partie : « Pourquoi ils sont indispensables ».

Ce sont 12 chapitres intéressants que je ne peux pas résumer en quelques lignes ; ce serait offensant. Je vais donc procéder en plusieurs étapes, à moins que je ne sois assassiné avant d’avoir terminé.

Pour commencer, lisons attentivement les 5 premiers chapitres.

C’est une effroyable description des terribles maladies infectieuses du « monde d’hier » selon les termes du professeur. C’est bien écrit et émouvant ; c’est ponctué d’anecdotes historiques (Apollinaire, Mahler, etc…) avec des témoignages personnels qui démontrent la bonne foi de notre expert. Il croit à ce qu’il écrit !

Et il nous décrit en plus les non moins horribles maladies infectieuses du « monde d’aujourd’hui » : HIV, Ebola, etc… En nous rappelant qu’il y aura toujours des maladies infectieuses. Ah !

Et quand il écrit Arrêtons ces vaccins contre ces maladies infectieuses du monde d’hier et tout repartira, venant s’ajouter aux maladies du monde d’aujourd’hui, nous voilà terrorisés et coupables : comment peut-on oser mettre en jeu la vie et la santé de nos enfants et petits enfants en contestant les bienfaits de la vaccination ?

Toutefois si on examine attentivement les terribles maladies du monde d’hier décrites par le professeur et qui ont été en grande partie, sinon éradiquées, au moins neutralisées, qu’observe-t-on ?

En toute objectivité et bienveillance, bien sûr !

Certaines ont disparues (ou presque disparues) de nos régions.

Pour certaines de ces disparitions, on peut supposer (mais sans aucune donnée scientifique solide) que la vaccination a joué un rôle ; si on accepte évidemment que ces vaccins sont réellement efficaces cliniquement (et pas seulement sur la base de détection d’anticorps supposés protecteurs) et qu’avec beaucoup de bienveillance on s’abstient d’exiger des essais cliniques en double aveugle. Exemples ?

La variole, la diphtérie et la poliomyélite ! Peut-être ; pas sûr ! D’autres facteurs que la vaccination ont joué un rôle protecteur c’est certain. Que se serait-il passé en l’absence de vaccin ? Nul ne le sait ; faute de science !

Mais d’autres ont aussi disparues alors que nous ne disposons d’aucun vaccin. Exemples ?

La peste et le choléra !

D’autres sont endiguées (en le disant vite) également en l’absence de vaccin : syphilis, streptococcies malignes.

D’autres, certes, sont plus ou moins neutralisées (en le disant vite) et on pourrait accepter l’idée que les vaccins existants [quoique reconnus peu ou pas efficaces ; ça dépend des zones et des périodes...] puissent jouer un rôle : tuberculose, grippe maligne. Que se passerait-il en l’absence totale de vaccin ? Nul ne le sait ; faute de science !

Première conclusion évidente, émise sur la base des données et descriptions produites par notre aimable professeur, et sans entrer dans le détail des données biologiques : l’efficacité des vaccins pour lutter contre les maladies infectieuses est loin d’être évidente.

Surtout, à mon humble avis de médiocre scientifique de province peu expert en maladies infectieuses (mais bon connaisseur de l’épidémiologie), il n’est pas possible (au moins pour nos pays) de prédire quoique ce soit d’intelligent si la couverture vaccinale venait à diminuer comme conséquence de l’abolition de l’obligation vaccinale actuelle.

Écrire bravement que « Arrêtons ces vaccins contre ces maladies infectieuses du monde d’hier et tout repartira, venant s’ajouter aux maladies du monde d’aujourd’hui » est de l’ordre de la prophétie religieuse… et donc de peu d’intérêt scientifique. Désolé !

Les critiques et commentaires argumentés et bienveillants sont bienvenus !

 

 

 

 

 

Je serai à Narbonne le vendredi 27 janvier

Si vous avez envie de me rencontrer ou de bavarder un peu, je serai à l’Hôtel de Ville à partir de 14:00.

Certes le programme concerne la nutrition avant tout mais on pourra parler d’autre chose lors de la séance de questions ; et même après avec un verre à la main mais là il faudra faire attention à mes réponses…

Marins d’eau douce ou vrais marins d’eau salée, à  vendredi !

 

 

 

 

 

 

Influenza… « Lascia ch’io pianga… e che sospiri la libertà. »

 

Je traduis ce mélange d’anglais [influenza en anglais signifie grippe] et d’italien ["Lascia ch'io pianga... e che sospiri la libertà" signifie : Laisse-moi pleurer... et regretter la liberté.]

C’est du langage codé que même les hackers de la SNA (agence américaine de renseignements] ne comprendront pas… Ne déchiffrez pas à haute voix, Grand Méchant Loup vous écoute…

Pour les noyer un peu plus, je vous propose la « fausse piste » suivante :

https://www.youtube.com/watch?v=Z5WUO7hsgCA

Dès fois qu’il y en ait un dernier qui insiste, une autre fausse piste :

https://www.youtube.com/watch?v=_WN2A–Sr58

Si vous êtes encore là, c’est bon signe ; c’est que vous avez le sens de l’humour.

Bon, je résume l’idée générale. Nous assistons ces jours-ci à un forcing forcené de la part des Autorités sanitaires et gouvernementales pour nous pousser à nous (faire) vacciner contre la grippe.

Plus les données scientifiques (et objectives) sont faibles, plus l’hystérie médiatique et politique se déploie sans limite et sans nuance.

Soyons clairs : les données existantes et consultables par un ou une non-analphabète nous disent clairement deux choses :

1- jusqu’à preuve du contraire, les vaccins anti-grippe ne sont pas efficaces ;

2- pour justifier les campagnes promotionnelles de cette vaccination, il faudrait plus de données scientifiques.

C’est vrai pour les adultes sains, les plus de 65 ans, les enfants et même certains patients, par exemple ceux atteints de mucoviscidose. Je pourrais rallonger la liste ; mais surtout répéter : donnez-nous plus de science s’il-vous-plaît !

On pourrait certes dire que la vaccination serait une précaution et que si ça ne fait pas vraiment du bien, au moins ça ne fait pas de mal…

Erreur ! Vacciner n’est pas un geste anodin, pas du tout !

Même si tout est fait pour essayer de le faire croire. Ce billet n’ayant pas l’ambition de « couvrir » le sujet en une fois, je me contente ici de recopier un graphe simpliste publié en 2011 et dont les données n’ont jamais été démenties, malheureusement.

On trouve ça dans : Hum Exp Toxicol. 2011 Sep;30(9):1420-8.

Qu’est-ce que ça dit ?

La mortalité infantile par pays est directement corrélée aux nombres de doses vaccinales administrées. La corrélation est linéaire et très forte suggérant une relation de causalité !

D’autant que les facteurs de confusion possibles sont répartis aux deux extrêmes de la droite : en bas à gauche la Suède et en haut à droite les USA !

Ci-dessous deux extraits  des IMR (Infant Mortality Rate) en 2009 : d’abord les 5 meilleurs puis les 5 pires.

Et maintenant, les doses vaccinales, d’abord les plus basses puis les plus hautes.

Bon, je laisse chacun conclure, après avoir évidemment consulté l’article très simple et vérifié toutes les tables et raisonnements…

 

 

 

 

 

 

 

ESSAI CLINIQUE Saison 4

Après les indispensables préparations des trois premières saisons sur les essais cliniques [pas inutile de les relire !], abordons maintenant le coeur du sujet, la fiabilité de l’investigation clinique.

C’est une question brulante ces jours-ci (et pas seulement à cause de la question des statines ou celle des vaccins ; et pas seulement chez nous en France) car le niveau général de conscience s’élevant, de plus en plus de médecins et de scientifiques vivent avec un scepticisme chronique et profond  tout ce qu’on leur raconte dans les médias professionnels, y compris les plus spécialisés, ceux qui en principe devraient être au-dessus de tout soupçon.

Quand aux médias non professionnels (journaux, magazines, radios, télés, site web), c’est calamiteux !

Pour le business et le monde de la marchandise, le manque de confiance est catastrophique.

En effet, quand le consommateur niaiseux (en hypothèse), qu’il soit médecin ou patient, n’a plus confiance, il stoppe de consommer, il est comme paralysé ; et aussi imperméable à de nouveaux mensonges ; et donc il est inutile de mentir à nouveau ; jusqu’au prochain épisode…

Car, comme dirait tonton Guy, la société spectaculaire et marchande triomphale ne sait pas fonctionner sans mentir ; au point de mentir même et surtout quand elle jure qu’elle ne ment pas !

J’exagère ? Voyez ci-dessous un célèbre éditorialiste américain (supposé très expert en statistiques médicales) expliquer avec beaucoup de délicatesse les mensonges qui pullulent  dans les études dites scientifiques que le site web commercial (MedPage Today) qui l’emploie diffuse à longueur d’années sans le moindre début d’esprit critique : « les statines protègent de l’Alzheimer » , « les statines diminuent le risque de complications chirurgicales » pour ne citer que deux exemples récent particulièrement stupides.

« Lies » en anglais (ci-dessous) veut dire « mensonges » et la notion de « P values » renvoie aux (pseudo) statistiques utilisées par les marchands (ceux de MedPage Today) pour faire « avaler » des idioties à des consommateurs de moins en moins naïfs.

Il est mignon, ce jeune homme, « à croquer » même, et vous pouvez le retrouver in vivo sur Google en tapant :  http://www.medpagetoday.com/PrimaryCare/GeneralPrimaryCare/62291?xid=nl_mpt_DHE_2016-12-30&eun=g362928d0r&pos=0

Comment peut-on sur le même site web (ici  MedPage Today) raconter chaque jour des bêtises et dans le même temps dire que ce sont des bêtises ?

J’avoue que ça m’échappe !

Peut-être que le consommateur (un peu trop sûr de lui) se dit que dans ce fatras auquel il ne croit pas, il va savoir reconnaître quelques trucs intéressants…

Peut-être !

Si c’était vrai, il n’y aurait pas des centaines de millions de gens dans le monde qui chaque jour consomment religieusement leur statine…

 

 

 

 

ESSAI CLINIQUE SAISON 3 : le monde du « business en santé »…

 

Il est certainement préférable de relire les deux premiers épisodes pour comprendre l’essentiel du troisième ; car ce serait dommage de ne pas TOUT comprendre…

L’essai clinique est donc l’expérience conduite chez les humains pour vérifier une hypothèse : la rejeter ou la confirmer ; on répond par oui ou par non

J’expliquerai pourquoi dans la saison 4.

L’essai clinique doit être exemplaire sur le plan technique comme éthique, on l’a compris, pour s’autoriser à impliquer des humains dans des expériences sur la santé et la participation à ces expériences doit obligatoirement apporter un bénéfice aux volontaires, ne serait-ce qu’en termes de « savoir utile » à son propre cas. Ceux qui n’ont pas compris doivent relire les épisodes précédents, désolé !

Au point où nous en sommes, il est important de comprendre qu’il y a, de nos jours, deux grandes catégories d’investigateurs :

1) ceux qui travaillent pour tester des théories, qui sont supposées faire progresser les connaissances en dehors de tout business ; ils sont indépendants ; autrement dit, ils sont libres ; personne ne leur dit ce qu’ils doivent faire ; mais ils sont pauvres ; ils sont actuellement souvent désespérés…

2) ceux qui sont payés par un sponsor pour tester un médicament ou un produit de santé susceptibles de donner lieu à une commercialisation ; ils sont liés à ce sponsor ; ils sont riches ; ils sont désormais presque seuls dans les hôpitaux pour recruter des patients et produire des connaissances dites médicales… qui sont toujours avec une perspective de business ; ils sont arrogants et pleins de morgue ; ils règnent sans partage sur un monde médical désemparé…

En principe, ces deux types d’investigateurs sont soumis aux mêmes règles techniques et éthiques… Mais il est évident qu’ils n’ont pas les mêmes objectifs et pas non plus les mêmes obligations vis-à-vis de leurs donneurs d’ordre ; puisque les premiers ne reçoivent pas d’ordre ; en principe, car certaines situations sont complexes et intriquées et, surtout, ça pourrait changer…

En faisant simple, ceux qui testent des nouveaux médicaments sont payés pour réussir :

1) réussir à prouver que ce nouveau médicament est utile et non toxique ;

2) réussir à convaincre les Autorités Sanitaires et les « leaders d’opinion » des Sociétés Savantes qu’ils ont bien travaillé techniquement et éthiquement ; sachant que les « leaders d’opinion » sont, littéralement parlant, les Sociétés Savantes ; et que les Sociétés Savantes « inspirent » les Autorités Sanitaires ; tout le monde a compris que ce n’était pas un détail de l’affaire ;

3) réussir ainsi la commercialisation de ce nouveau médicament qui a souvent requis des investissements importants de la part du sponsor ;

4) réussir à convaincre le donneur d’ordre (le sponsor et/ou propriétaire du brevet) que les « retours sur investissements » sont et seront au rendez-vous ;

5) réussir à convaincre les mêmes qu’il est un bon « employé » qui mérite des grosses primes et autres récompenses… Bon chien, donne la papatte à sa mamie…

C’est une caricature, certes, mais elle est hélas moins vraie que la réalité vécue de nos jours ; voyez le film « La fille de Brest » ; et Irène est sympa…

Car le monde de la « médecine sponsorisée » et commerciale est à l’image de la Société dans laquelle elle baigne ; nous le savons tous : la société spectaculaire et marchande produit (sécrète) une recherche médicale spectaculaire et marchande !

Autrement dit, et de multiples exemples désolants nous le confirment sans cesse, le « monde » du médicament et autres produits de santé n’est pas différent des autres « mondes » industriels et commerciaux, celui des bagnoles ou des brosses à dent : on produit et vend des bagnoles sympas et sûres, pleines d’électronique et de gadgets ; on se heurte à la concurrence ; on essaie d’être les meilleurs pour gagner des parts de marché ; mais, parfois, on triche… Il y a l’exemple récent de Volkswagen bien sûr. Facile, dira-t-on, mais voyons Dr de Lorgeril, il y a des tricheurs partout et de tous les temps et cet exemple-là, c’est finalement l’exception qui confirme la règle ; en général, les industriels de l’automobile, bla, bla… Sauf que…

Sauf que, tout le monde le sait, l’époque bat tous les records de manipulation et triche… Et l’exception est plutôt généralité ; et pas que dans le sport ou la politique.

Comme dit Qiu Xiaolong, notre auteur préféré de polar chinois, citant un passage du Rêve dans le Pavillon Rouge : Hormis les deux lions de pierre accroupis à l’entrée, dans la maison des Jia, rien n’est propre.

Sauf que… un produit de santé n’est pas une brosse à dent ou une bagnole et qu’aucune exception ne devrait être permise.

Que dis-je ? Aucun doute ne devrait être permis !

Et voilà la trame de la crise des systèmes de santé actuels, ici et ailleurs : ils n’inspirent plus confiance ; qu’il s’agisse de vaccins, de médicaments ou autres produits de santé, la majorité de la population est dans le doute ; et c’est souvent avec fatalisme qu’on s’y abandonne, selon le fameux proverbe, chinois encore : le vrai et grand malade n’a plus le loisir de choisir son médecin ou son chirurgien

Et ce sont souvent ceux qui devraient rétablir la confiance qui suscitent le plus de doute, comme on peut le mesurer actuellement à propos de la crise vaccinale en France !

L’heure de faire le bilan approche ; il faudra à coup sûr en passer par là ; plus on attend, plus ce sera douloureux !

Bien. Revenons maintenant aux vraies sciences de la vie, libres et indépendantes, celles qui ont des obligations et des objectifs totalement différents de ceux de la recherche médicale commerciale ; ce sera l’objet de la SAISON 4 !

Bonnes fêtes à tous !

 

 

 

 

 

Les essais cliniques. Saison 2

 

J’invite les visiteurs de ce blog à relire mon précédent billet sur les essais cliniques avant de lire celui-ci. C’est une suite.

Mais on peut comprendre cet épisode sans avoir vu (lu) le précédent. Comme à la télé quoi !

Un essai clinique ne sert pas, en principe, qu’à tester des médicaments. En principe, encore, c’est la meilleure façon de tester une hypothèse biologique ou physiologique (et une éventuelle causalité) chez des humains.

Bref, c’est de l’expérimentation humaine. C’est délicat, compliqué, et très dispendieux.

Ce qui fait qu’aujourd’hui pratiquement seule l’industrie pharmaceutique peut « se payer » des essais cliniques. Et si elle le fait, c’est sous la forme d’un investissement dont elle attend un retour ! Business !

C’est dramatique mais c’est ainsi. La science et la médecine sont des questions subsidiaires quand il s’agit des médicaments (et de la santé) ; business first !

Une « prestigieuse » institution comme l’INSERM en France devrait conduire des essais cliniques, et beaucoup d’essais (cette « prestigieuse » institution est financée pour ça), afin de valider des hypothèses cliniques et démontrer des causalités, notamment pathologiques. Le M de l’INSERM c’est celui de Médical !

Car la démonstration d’une causalité en médecine, c’est le b a ba des sciences de la vie !

Pas de causalité démontrée dans une étude ? Ce qui suit dans l’étude (interprétation et discussion des résultats) n’est au mieux que du bavardage…

Faute de budget suffisant ; et surtout faute d’une volonté suffisante (qui nécessiterait une culture scientifique suffisante), l’INSERM fait (subventionne) très peu d’essais cliniques ; et presque jamais avec des médicaments : portes ouvertes au triomphe de l’industrie pharmaceutique qui règne en maitresse sur ces terres désolées, comme Attila…

J’ai expliqué dans l’épisode 1 que l’essai clinique (quand il sert à évaluer un médicament) apporte des informations indispensables pour tester l’utilité (l’efficacité) d’un médicament mais peu d’informations concernant l’innocuité et la toxicité.

Pourquoi ?

Parce que c’est de l’expérimentation humaine. Or, depuis l’ineffable « aventure nazie » qui utilisait des êtres humains dans des expériences atroces, l’Humanité a édicté des règles éthiques précises pour l’expérimentation humaine à visée médicale.

C’est la Déclaration d’Helsinki  qui est un énoncé de principes éthiques applicables à la recherche médicale impliquant des êtres humains.

Parmi ces principes, repris dans la majorité des pays, la recherche médicale chez des humains n’est possible que si les personnes qui acceptent de participer à ces recherches peuvent y trouver un bénéfice. On peut discuter ce principe de base, certes, mais il signifie qu’une recherche sur les humains est justifiée à condition que les résultats de cette recherche apportent réellement quelque chose de positif à ceux qui participent.

Prenons l’exemple d’une nouvelle chimiothérapie. Si elle s’avère supérieure au placebo ou à une ancienne chimiothérapie, les patients auront tous un bénéfice immédiat : ceux qui ont reçu cette nouvelle chimiothérapie (en ayant pris le risque qu’elle soit inutile) vont mieux ou sont guéris et ceux qui ont reçu le placebo vont immédiatement bénéficier (dès la fin de l’essai) de cette nouvelle chimiothérapie avec cette fois-ci la certitude  qu’ils iront mieux puisque l’étude a prouvé que cette chimiothérapie est utile.

Pour être certain que les volontaires vont réellement tirer un profit médical de leur participation à l’essai clinique, il faut évidemment que l’essai clinique soit conduit de manière parfaite. Ici la qualité scientifique est partie intégrante de l’éthique. Pas de bonne science, pas d’éthique !

On comprend immédiatement que l’intégrité (et la culture scientifique) des investigateurs sont des conditions irréductibles du respect de la Convention d’Helsinki.

Ceux qui ont étudié les essais cliniques testant les statines (par exemple) savent à quel point ces principes ont été bafoués…

Tout investigateur doit être littéralement obsédé par la qualité scientifique de son travail !

Il doit prendre toutes les précautions pour que l’essai clinique qu’il conduit apporte réellement des informations immédiatement utilisables par les personnes qui ont prêté leur concours à cet essai clinique afin qu’en retour ils bénéficient réellement des retombées positives des nouvelles connaissances acquises.

Le principe de base de ces précautions scientifiques c’est l’hypothèse primaire.

C’est quoi ça ? C’est ce qu’on a trouvé de mieux (c’est le top des sciences de la vie !) pour être (presque) sûr qu’on ne va pas se tromper ; c’est-à-dire (ce sont les deux erreurs possibles en simplifiant) : 1) affirmer qu’un traitement est utile alors qu’il ne l’est pas ; 2) affirmer qu’un traitement n’est pas utile alors qu’il l’est.

Je reviendrai dans le prochain épisode sur les principes de base de l‘hypothèse primaire ; mais pour le moment tout le monde a compris qu’un essai clinique ne peut servir qu’à tester l’utilité d’un traitement.

En aucune manière, un essai clinique peut être conçu pour vérifier la toxicité d’un médicament. Ce serait contraire à la Déclaration d’Helsinki.

Pas d’hypothèse primaire possible pour étudier la toxicité d’un médicament ; et donc pas de bonne science possible pour étudier la toxicité ou l’innocuité d’un médicament ; y compris par un essai clinique puisque l’hypothèse primaire n’a pu être formulée (calculée) dans ce but.

J’espère que tout le monde a compris.

Ça ne veut pas dire que nous pourrions négliger les informations (sur la toxicité) éventuellement apportées par un essai clinique ; mais ces informations sont de « seconde main ».

Ça veut dire, inversement, que pour obtenir de bonnes informations fiables sur la toxicité des médicaments, il faut d’autres techniques que l’essai clinique.

Par exemple, l’épidémiologie d’observation ; mais c’est long, trop long avant qu’une alerte ne soit donnée.

La pharmacovigilance, bien sûr ! Mais c’est mal organisé et peu efficace.

Une source fantastique de données sur la toxicité des médicaments pourrait être la base de données de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) à condition que l’analyse de ces bases de données soit réalisée par des analystes intègres et surtout totalement indépendant des pouvoirs politique et commerciaux.

Ceux qui ont vu le film « La fille de Brest », témoignage accablant à propos du Médiator, savent ce qu’il faut penser de l’exploitation possible des bases de données de la CNAM. Chuuuut ! Pas touche !

Cruciaux donc sont les témoignages des patients, surtout s’ils bénéficient du filtrage des médecins traitants ; mais à condition que ceux-ci réapprennent à écouter leurs patients.

Par exemple, rien n’est plus solide que le témoignage de parents qui rapportent les effets secondaires toxiques des vaccins. Rien ne peut se substituer à ces témoignages-là !

Ce pourrait être différent mais dans l’époque actuelle, et particulièrement pour les vaccins administrés aux bébés, ce sont les témoignages des parents qui devraient faire autorité !

Et rien mieux que la CNAM pour évaluer honnêtement la toxicité des vaccins et confirmer ou pas les témoignages des parents !

Il va falloir faire bouger les choses, les amis…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« La fille de Brest » : leçons et commentaires

 

Une fois compris que c’est un film grand public, donc une sorte de film éducatif, et une fois que nous (professionnel de la santé) avons dépassé les aspects un peu irritants du « spectacle », quels commentaires suscite ce film et quelles leçons peut-on en tirer ?

Affiche frachon

Le mieux évidemment serait d’aller voir le film (les deux heures passent vite) avant de lire ce billet qui n’est évidemment pas une critique style cinématographique, je tiens à le préciser.

Les évènements se passent en 2009 et après, donc environ 5 ans après la tragédie du Vioxx et après que l’auteur de ces lignes aient pris la décision de s’exprimer à propos des statines (autre tragédie) et du cholestérol en général. On avait de l’avance avec les statines mais les deux « affaires » ne se sont jamais croisées ; dommage, on aurait pu s’entraider…

Le scénario de la « fille de Brest » a été écrit (du moins principalement, on s’en doute) par Irène Frachon elle-même ; ce qui donne un personnage vraiment sympa car très humain.

Humble, modeste mais combattive. Un peu vulgaire même, très humaine donc !

Elle (le personnage du film comme la vraie Irène d’après le film) n’est pas scientifique, n’est pas cardiologue, n’est pas experte de santé publique et pas juriste non plus. Juste un petit docteur « de province » (comme disent les parisiens) qui se révolte face au spectacle épouvantable de souffrances injustes (c’est le côté patient) ; face à la veulerie des uns ; et à l’arrogance, voire la morgue, des autres (ce sont les côtés « business bigpharma » et « autorités sanitaires »)…

Ces aspects, médecine de province (on se croirait dans Balzac au 21ème siècle), petit CHU, hiérarchie hospitalo-universitaire contrariée, humbles scientifiques recherchant désespérément une reconnaissance (et quelques subsides) nationale via l’INSERM, sont à mon avis fort bien montrés et sans caricature ; c’est du vécu, je peux vous le certifier !

Cet épidémiologiste du bout du monde qui « rame » pour faire vivre une unité supposée de recherche, du vécu !

Et j’en connais un bout ; je m’y croyais.

Et la lâche passivité des « autorités » scientifiques, médicales et universitaires réunies sous le joug de l’Afssaps ; et la peur des représailles chez les « administratifs » (CNAM) et les prolétaires (je connais aussi) supposés contribuer à la surveillance du système de santé et à la protection des citoyens : tout cela est fort bien montré ; je peux le certifier pour l’avoir vécu et le vivre moi-même encore… C’est du vécu !

Le côté BigPharma est sans surprise : mensonges organisés, cynisme, arrogance. Comment peut-on encore tolérer la persistance des liens (dits d’intérêt) entre les industriels et les professionnels de santé ?

Scénario béton ; bravo et merci Irène !

La fin du film fait peur : aucune condamnation à ce jour ! Système en faillite [je ne parle pas pas de faillite financière bien sûr ; mais de faillite humaine, éthique, médicale et scientifique) mais pas de responsable identifié !

Ah bon !

Ce que le film montre très bien, outre la veulerie de ceux qui auraient pu agir, c'est ce "petit monde" des petits hommes gris cravatés et de ces petites bonnes femmes tailleur gris et chemisier blanc qui, recroquevillés dans leur "petit" monde sanitaire, sont incapables de penser par eux-mêmes et bouger...

Commentaire unique et final : rien n'a changé !

Ceux qui n'ont pas donné l'alerte à propos du Médiator [et qui auraient dû : on cherche des responsables ?] sont toujours là, impavides et prosternés devant l’autel de Bigpharma (qui continue sa généreuse distribution), rien n’a changé !

 

 

 

 

 

 

 

Conférence (et plus si affinités…) à Grenoble le jeudi 1er décembre

 

Ce sera à 18:30 au Muséum d’Histoire Naturelle mais le seul fossile (ou squelette d’invertébré) qui sera sur la sellette pour la circonstance, ce sera moi !

J’espère que cet humour-là ne va pas déclencher des passions…

L’entrée du public vers l’Auditorium se fera rue des Dauphins (côté Rectorat).

Le sujet c’est la prévention des maladies chroniques ; je parlerai de « régime méditerranéen » et d’autres choses en fonction de la demande…

Si vous êtes dans le doute, professionnels de santé ou simple citoyen, c’est le moment de venir me jeter des œufs ou des tomates pourries [symboliquement, s'entend, car il faut nettoyer après...] ; à moins que n’ayez conservé quelque pudeur ou quelque aptitude au sens critique…

Moment de se défouler avant les fêtes !

A vous voir… pour échanger !