Nouvelles recommandations pour la prévention des maladies cardiovasculaires aux USA : Attention, rigolo !

Comme on pouvait s’y attendre, nous voyons ces jours-ci les derniers-feux (espérons-le) de la propagande en faveur des statines.

Juste avant la prochaine grande bataille, celle qui voudra imposer les anticholestérol injectables … (Voir mon précédent billet).

Quelle que soit la façon dont on le prenne [j'adore les réactions des internautes, y compris médecins, américains], ces nouvelles recommandations font rire plutôt qu’autre chose, et c’est déjà un progrès considérable par rapport à la publication des précédentes recommandations en 2002 qui étaient reçues quasi religieusement  par la corporation.

Bon, les médias français, fidèles à leur indicible médiocrité, continuent à jouer aux grands savants, sur la 5 et ailleurs, mais on aurait tort de se moquer des américains, on a les mêmes chez nous, peut-être en pire ; il faudra que je raconte les dernières mésaventures d’un autre avatar des médicaments visant les lipides [ceux qui veulent bricoler la phospholipase A2] où certains cardiologues parisiens (au Nord) sont très impliqués … et doivent broyer du noir ces jours-ci vu les arrêts prématurés de deux essais testant ces médicaments inutiles ;  et probablement toxiques, comme l’indiquent les arrêts prématurés des essais. Mais, ne nous faisons pas de souci, ils ont d’autres arcs pour leurs flèches  …

Bonne nouvelle quand même : les dernières recommandations ont érigé la diète méditerranéenne comme mesures diététiques de référence pour protéger le système cardiovasculaire.

Je n’y crois pas !

Encore dernièrement, je bataillais durement avec deux experts-arbitres [on dit referees in English] américains pour la publication d’un article paru (à paraître) dans Curr Atheroscler Rep (2013 Dec;15(12):370) sur la diète méditerranéenne qu’ils refusaient de voir supérieure à une diète pauvre en gras (Low fat diet).

C’est la première fois que l’American Heart Association (AHA) admet la supériorité de la diète méditerranéenne ; et nous sommes presque en 2014 ; nous avons publié notre premier rapport sur la Lyon Diet Heart Study (analyse intermédiaire) en 1994.

Comptons ensemble : il aura donc fallu 20 ans pour leur ouvrir les yeux … en l’absence de conflit d’intérêt ou autre effet de compétition.

Il leur faudra sans doute le double pour admettre que le cholestérol est innocent …

75 réflexions au sujet de « Nouvelles recommandations pour la prévention des maladies cardiovasculaires aux USA : Attention, rigolo ! »

  1. Erwannk

    Bonjour,

    Fumeur, bon mangeur, faux calme et supportant le rythme de la vie parisienne, j’ai fait un « syndrome coronarien aigu asymptomatique » à 44 ans.
    Après la pose d’un seul stent (actif), j’ai été mis sous plavix (1 an), bétabloquant (à vie), aspirine (à vie), statine 20 mg (à vie) et fibrate (à vie). J’ai arrêté de fumer d’un coup et me suis mis à courir au moins 20 km par semaine.
    Pendant, 3 ans, sans vraiment me poser de question, j’ai suivi mon traitement en bon élève et j’ai adapté mon régime alimentaire. Mes analyses étaient « satisfaisantes » avec une baisse du LDL et une hausse légère du HDL.
    Pendant 3 ans j’ai néanmoins supporté : douleurs articulaires et musculaires, crampes nocturnes et diurnes, capsulite à l’épaule droite, sautes fréquentes d’humeur, fatigue permanente, déclenchement d’une mycose … et j’en passe.

    Il y a 4 mois et 8 mois après la sortie du livre de Philippe Even, lors d’une visite de contrôle, je demande son avis au cardiologue qui me suit. Je sens un agacement instantané. J’insiste et n’obtient comme réponse qu’une photocopie recto-verso d’un communiqué de la fédération (ou société) de cardiologie qui explique tout le bien qu’elle pense des statines au recto, et, au verso, le témoignage d’un ou deux médecins qui font de même… Le communiqué en question avait dû être publié en réponse à la sortie du livre d’Even. Je me permets d’insister à nouveau et abandonne l’espoir d’avoir une discussion apaisée avec ce cardiologue qui finit par traiter Even et de Lorgeril d’assassins…

    Depuis cette consultation et après avoir parcouru et détaillé ses arguments, j’ai décidé de faire confiance au professeur de Lorgeril. Depuis 4 mois, je ne prends plus les statines (Crestor que j’avais réussi à faire descendre à 5 mg) et les fibrates (Ezetrol). Depuis cet arrêt et progressivement, mes douleurs musculaires et articulaires disparaissent (excepté la capsulite à l’épaule), je suis plus calme, moins stressé, je ne me sens plus fatigué, je dors mieux, n’ai plus de crampes et je cours avec plaisir (sous statines et fibrates je souffrais le martyr en courant).

    Mes dernières analyses de sang n’étaient « pas bonnes » concernant mon cholestérol (2,8), depuis, pour limter les triglycérides, j’ai vraiment baissé les graisses animales, j’ai presque arrêté le fromage, je mange davantage de fruits, légumes (des pommes ! surtout…) et poisson… Je continue de courir au moins 20 km / semaine les samedis et dimanche sauf en période de vacances où j’essaye de courir 10km par jour.

    Je compte, ce mois-ci, demander l’avis de mon médecin généraliste après analyse sanguine. J’ai cessé de consulter mon cardiologue en ville.

    C’est salvateur, parfois, de faire confiance aux assasins !

    Merci à vous.

    Erwann

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : Erwannk

      Vous avez fait un premier pas. Bravo !
      Il faut faire le second, vite, c’est celui-là qui peut vous sauver la vie : lisez en toute urgence « Prévenir l’infarctus et l’AVC » du même auteur que ces lignes …
      Vite !
      Si vous n’avez pas le sou, volez-le (plutôt qu’hari-Kiri !), ou commandez-le par votre bibliothèque municipale …

      1. jean-christophe
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Bonjour docteur et erwannk,

        j’ai lu avec bonheur votre livre; malgré tout, s’agissant du sport, il y a encore quelques questions que je me pose. Je sais que ce n’est pas votre domaine de compétence en tant que tel, mais je tente ma chance en pensant bien qu’il y a une césure entre le monde médical qui s’intéresse à la santé sans forcément connaître bien le sport et le monde sportif qui connait le sport mais ne s’intéresse qu à la « performance » et pas assez à la « santé » et au « plaisir ».
        Voilà, pour ce qui me concerne, cela fait 8 ans que je fais du sport. Je pratique 3 fois par semaines : je fais 12km à mon rythme en 1h05 à chaque fois. Ce rythme de 3 fois par semaines me paraît équilibré pour répartir le bien-être que l’on gagne sur l’ensemble de la semaine en faisant du sport tout les 2-3 jours . Quand j’ai commencé à il y a 8 ans, j’ai commencé avec 25 minutes. Le fait est que régulièrement on a besoin « d’augmenter la dose » (pardon pour le vocable..) pour continuer de se sentir bien. Je dis cela en précisant que cette augmentation se fait « naturellement ». Tous les sportifs comprendrons bien ce que je veux dire. Les questions que je me pose sont liées au fait, comme vous le soulignez dans votre livre, de devoir maintenir une activité physique pendant 20 ou 30 ans. Au stade où j’en suis, il est clair que je ne vais pas pouvoir « augmenter la dose » indéfiniment et me retrouver à 2 heures par séances ou rajouter une 4eme séance par semaine car les questions de planning peuvent finir par se poser. Je précise aussi, et c’est tout le bénéfice de l’opération en termes cardio-vasculaires, en tous cas je l’imagine, que là où avant l’effort me conduisait à avoir un rythme cardiaque de 130 il est maintenant à 115-110 battements par minute et que, d’une manière générale, il faut beaucoup plus d’efforts pour vraiment « tirer sur la corde » et qu’après l’effort le repos se trouve plus rapidement qu’avant. Bref, la machine s’est « musclée ». Seulement, voilà, je’ m’interroge sur la suite du chemin : je vais avoir besoin « naturellement  » d’augmenter la dose mais je ne vais allonger le travail indéfiniment ou rajouter des séances supplémentaires de même intensité à cause d’un planning bien chargé où il a déjà fallu aménager les choses. Donc, voilà, je voulais avoir votre avis, docteur, sur ce que l’on appelle la course en « fractionné » ou « en seuil » qui consiste à courir gentiment voire marcher pendant un laps de temps plus ou moins long puis se mettre à courir avec une certaine intensité pendant un laps de temps plus court. les sportifs disent que ce système (pour les gens déjà bien entrainés, bien sur) conduit à une plus grande résistance physique et à de meilleurs résultats..Que pensez-vous de ce type de course sur le plan cardio-vasculaire? Existe t-il des études sur ce type d’effort fractionné/seuil? Je précise que ma question est exclusivement tournée vers les questions de santé et non de performance. Est-ce que c’est un moyen pour moi d’améliorer encore la résistance du cœur/artères tout en restant dans le laps de temps qui est le mien aujourd’hui sans augmenter la dose ou faut-il que j’en reste pendant 20 ou 30 ans à ce que je fais déjà sachant que le corps s’habitue à un effort trop longtemps identique et que le bénéfice pourrait en être réduit? Merci d’avance si vous avez une idée, docteur, car j’ai toujours été réservé par rapport à ce type de course en termes de santé mais il est vrai que cela pourrait constituer une suite logique pour moi dans le progrès « santé » sans me prendre plus de temps.

        1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
          En réponse à : jean-christophe

          Ceci n’est pas une consultation.
          Je comprends que vous voulez protéger votre système cardiovasculaire (et bien d’autres choses) et vous avez raison.
          Mais l’entrainement du sportif (pas forcément de compétition), c’est autre chose, notamment le fractionné peut être traumatisant, nous ne le conseillons pas …
          Qui veut voyager loin ménage sa monture !
          C’est à prendre à la lettre dans votre cas et dans la grande majorité des cas !

          1. Inoxydable
            En réponse à : Michel de Lorgeril

            Bonsoir Docteur. Bonsoir Jean-Christophe. Encore une foi , Docteur,la justesse de votre conseil m’épate tant elle rejoins ce que je m’apprêtais à dire à notre ami ( s’il me permet de le l’apprécier ainsi dans cette catégorie de commentateurs…). J’allais lui relater ( et je le fais car je pense que c’est exemplaire) l’histoire de ces « Bushmens » d’Afrique du sud, cueilleurs et chasseurs parfois, se nourrissant de larves et de racines mais, comme je l’avais vu dans un documentaire sur « ARTE » je crois, il y quelques temps, se mettent en chasse d’Antilope pour améliorer l’ordinaire et nourrir le clan : A plusieurs et menés par un « vieux » chasseur (la cinquantaine si ma mémoire est bonne) ils repèrent et débusquent leur future proie qui effrayée s’enfuit… Patiemment et pendant plusieurs jours, toujours menés par l’aîné, il courent à petit trop derrière la bête effrayée qui chaque fois qu’elle se tourne, les voit et court comme une  » dératée » pour leur échapper. Enfin, à un moment, exténuée et sans doute désemparée de voir ce petit bonhomme toujours là, avec son petit trot, elle ne peut plus bouger et se laisse abattre par l’homme qui d’ailleurs lui demande pardon de prendre sa vie… La morale de cette histoire :
            1/ Qui veut voyager loin se ménage ( sur tout à pieds nus) et rien ne sert de courir comme un dératé si c’est pour s’épuiser…
            2/ Croyez vous que cet homme, sage parmi les siens, se soit posé la question de savoir si dans vingt ou trente ans il devra courir plus vite. Il fait son temps (« Carpe diem » comme disait les romains).

            Enfin, je crois qu’il est bon de se tester de temps en temps, mais on n’est pas des professionnels des sports d’endurance ou de vitesse, alors si on est capable de s’améliorer raisonnablement sinon de se maintenir lorsqu’on a atteint comme vous un bon niveau tout en ayant comme moi un cœur en vrac….’ mais pas trop) il faut éviter de tenter le diable tout le temps. C’est contre productif comme disent les modernes.
            Quant au fractionné, la seule chose d’intelligente que m’a dit mon ancien cardiologue ( coureur de marathon et qui pratiquait ce système) c’est de ne pas en faire, de me contenter de progresser lentement pour rééduquer mon « palpitant ». ce que j’ai fait avec un bon bénéfice pour ma santé malgré quelques problèmes d’épine calcanéènne…(Mon poids, hélas). Bonne soirée et encore bonne Année.

  2. larrondo

    bonjour,
    j’ai 4 g de cholestérol dit  » de famille ». c’est à dire hypercholestérolémie familiale. Plus de 10 ans de statine et stop le malaise. je me sens beaucoup mieux sans. J’ai 51 ans, je ne fume plus depuis quelques années, je mange méditerranéen, je marche, je me sens bien et en pleine forme… mais tout le monde à peur autour de moi et moi je m’interroge avec quelques inquiétudes.Que faire? j’aimerais voir un cardiologue comme vous pour en parler sérieusement.
    D’avance merci
    mClaude

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : larrondo

      Je ne peux malheureusement donner l’adresse d’un cardiologue qui connaisse vraiment la question du cholestérol dit « familial » (ou HF) … et qui fasse autre chose que vous prescrire une statine en urgence et à fortes doses.
      HF vraiment ? Il faudrait vérifier.
      4 gr ce n’est pas bien méchant. Et 51 années sans problème suggèrent que vous avez une HF bénigne. Ce qu’il faudrait vérifier aussi.
      Pour le moment, il me parait indispensable que vous lisiez nos écrits sur ces questions, d’abord « cholestérol, mensonges et propagande » d’abord puis « Prévenir l’infarctus et l’AVC » et enfin « Dites à votre médecin … ».
      Une fois tout ça bien assimilé, vous me direz si vous avez d’autres questions …
      Bon vent, matelot !

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