Anti-PCSK9 : splendeurs et misères des courtisan(e)s

 

A ma grande surprise, nos experts nationaux rémunérés n’ont pas encore réagit aux lugubres festivités qui ont accompagné la publication des derniers essais clinique testant les anti-PCSK9, ces nouveaux médicaments anticholestérol qui annoncent le monde post-statine.

L’explication, hélas, est sans doute très simple. Je résume. Sans procès d’intention…

Mais j’applique une grille de lecture dont j’ai pu maintes fois vérifier l’efficacité.

Pour les anti-PCSK9, ces anticorps humanisés qui font baisser le cholestérol encore mieux que les statines (mais au prix d’injections sous-cutanées hebdomadaires ou bimensuelles), il n’y a pour le moment que deux concurrents en lice : un américain (AMGEN) qui vient de splendidement publié les résultats cliniques de son étude, dite FOURIER (voir billet précédent) et un français (SANOFI) qui est misérablement encalminé dans des essais qui tardent à manifester les effets miraculeux de son anti-PCSK9 maison et surtout ligoté dans un conflit juridique (avec AMGEN) qui en principe lui interdit le marché US.

AMGEN et SANOFI doivent se partager un marché qui s’annonce étroit, même aux USA, du fait du caractère très dispendieux de ces anticorps anti-PCSK9. Le conflit juridique qui les oppose (motus et bouche cousu de mon côté sur cet aspect…) est donc crucial pour les deux qui ne sont pas prêts d’aboutir à un accord amiable ; mais je peux me tromper ; tout dépend des concessions que SANOFI est prêt à « concéder » ; ça sent pas bon tout ça… Oups !

AMGEN et SANOFI ont recruté des cohortes d’experts prêts à descendre sur le champ de bataille pour défendre leurs héros respectifs…

Côté US et AMGEN, ces courtisans (essentiellement américains) font splendidement parade depuis vendredi pour fêter FOURIER. Côté SANOFI, on fait plutôt grise mise et les courtisans (souvent mais pas toujours francophones) longent misérablement les caniveaux en attendant des jours meilleurs.

Ils devraient pourtant (en bons docteurs bienfaiteurs de l’Humanité) se réjouir des bienfaits miraculeux des anti-PCSK9 américains… Ben non ! Pas l’esprit aux réjouissances… C’est curieux.

Boire le champagne pourrait déplaire à leur bienfaiteur qui patine dans la mouise ?

Peut-être au prochain épisode…

Je mettrais un bémol toutefois à la « splendeur des courtisans US » dont l’enthousiasme pourrait être de brève durée.

Un bref coup d’œil sur le cours d’AMGEN à Wallstreet indique que les marchés ne sont pas dupes ; ils font apparemment de FOURIER la même analyse que l’auteur de ces lignes : ça montait avant la publication et puis… flop ! Ça ne s’invente pas !

https://www.google.fr/search?q=amgen+bourse&ie=utf-8&oe=utf-8&client=firefox-b&gfe_rd=cr&ei=j-fPWOm_HIbBbq7Mo4AI

Ça n’est pas un effondrement du cours certes ; mais z’ont compris que…

C’est du Balzac tout ça : « splendeurs et misères des courtisan(e)s »

 

 

 

 

61 réflexions au sujet de « Anti-PCSK9 : splendeurs et misères des courtisan(e)s »

  1. Reliquet

    @-PhilProst/DioatomFranç/MinoqSel/EmilioRage/MTcoeur/MdLBoss

    Donc on est tous d’accord?

    Il ne s’agit en fait que d’un banal effet Pingouin qui s’enclenche plus ou moins vite.

    Tous le monde a déjà assisté au spectacle incroyable de ces couillons d’animaux affamés tous groupés mais transis de peur devant la hauteur d’une banquise qui les sépare d’une mère nourricière. Rester c’est mourir et pourtant sauter, ça fait très peur, alors?

    Alors, toujours, un pingouin viole l’interdit très glacial et plonge, ce qui déstabilise son voisin qui se prend de courage puis son voisin qui lui se gêne de rester, puis etc…

    Le premier qui saute est très valeureux, le second l’est moins mais le pingouin qui ne saute jamais va mourir de faim, c’est juste la biologique vérité de la vie.

    Tu comprends bien l’AIMSIB, chère MT, l’urgence que nous nous imposons? Ton bébé jamais malade est le notre. Je redis que le registre KIGGS Allemand relu par Angelica Kögel-Schanz semble éclairant quant à la santé différente des bébés non, peu ou très vaccinés. Je n’obtiens jamais de certitude à ce sujet même si mon…heu! cousin (1) a déjà tenté d’y voir clair…

    Je voue un profond respect à ton métier « de spécialiste ». Qui ne t’empêchera pourtant jamais de rester profondément toute ta vie… une généraliste, un vaccin pour ton fils, une Statine pour ton grand-père, un Alendronate pour ta mère, une Glitazone pour ta soeur, un anti-PCSK-9 pour ton voisin, etc…

    MT? t’as pris ta cotise?

    Si oui, cesse de me vouvoyer, tu me parles mal!

    (1) http://www.prevention-sante.eu/actus/vaccination-ca-ne-se-discute-pas-

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  2. Emilio

    Je suis d’accord. J’apporte ma pierre à l’édifice aimsibien dès lors que je reçois des instructions claires (pas à la dernière minute si possible …)

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  3. Jev

    Bonjour Dr de Lorgeril ,
    J’aimerais avoir la réponse à deux questions, s’il y a réponse possible! Aussi je viens les poser ici, si vous voulez bien m’éclairer, vous qui savez beaucoup … ?
    La vitamine D semble ne pas être toxique (sauf à de très hautes doses) et avoir des effets bénéfiques sur le cardio-vasculaire, les os et muscles, la prévention (infections, cancer etc), donc elle est maintenant de prescription (ou d’automédication) courante. Les plaques dans les coronaires sont souvent calcifiées: est-ce que prendre de la vitamine D à une dose de 1000-1500 UI/jour a pu /peut participer (induire/aggraver …) à ce processus de calcification ? est-ce alors contre-indiqué ensuite quand on a des stents ? et même si on ne va jamais au soleil ?
    Dans votre livre « Prévenir l’infarctus … », p 209, vous dites au sujet de l’angioplastie: « on fait exploser la plaque qu’on écrase contre les parois de l’artère … » Mais que deviennent les fragments échappés de cette explosion ? vont-ils se dissoudre ? ou boucher ailleurs?
    Merci si vous acceptez de prendre une (ou deux …) minute(s) pour ça!

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    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : Jev

      Les débris écrasés (par le ballonnet) de la plaque sont probablement partiellement recyclés et/ou incorporés dans le stent…
      On ne comprend rien (à mon avis) à la vitamine D qui, par définition, n’est pas une vitamine puisqu’on est capable de la fabriquer.
      A mon humble avis, les taux sanguins ne disent rien de notre statut vitaminique réel… Dans chaque organe, les récepteurs font le travail de régulation ; si la concentration sanguine est haute (et apparemment satisfaisante) ça veut peut-être dire qu’elle n’est pas utilisée à bon escient ; pas fixée par les récepteurs…
      Inversement, si les taux sanguins sont bas, ça veut peut-être dire que…

      Comment savoir que faire ?

      Restez simple : 1) mangez méditerranéen avec des produits de la mer sans excès ; 2) s’exposer au soleil dès que c’est possible (sans excès) surtout les cuisses et le tronc ; 3) laissez le cholestérol (substrat de la synthèse de la vitamine D) tranquille…
      Facile et pas chère la médecine préventive ; restez simple !

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      1. Jev
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Tout à fait d’accord pour les 3 consignes, mais sait-on quelque chose d’une éventuelle implication (ou pas) de la prise régulière de vitamine D, antérieure à la découverte de plaques, sur leurs calcifications ?

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        1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
          En réponse à : Jev

          Il est impossible de répondre à votre question (qui manque de précision) sans écrire 3 pages.
          Je résume quand même : le métabolisme de la vitamine D est très complexe (nombreuses interactions avec d’autres vitamines, notamment les vitamines K et des hormones, PTH par exemple) et ce n’est pas une bonne idée de se supplémenter « à l’aveugle » surtout si en plus on a des apports calciques importants…
          Restez simple !

          Répondre
  4. Francoise

    @ Celles-ceux qui suivent l’expérience en cours sur Medscape :-) …
    J’observe quand même que, dans l’article de Vincent Bargoin, on censure moins (enfin, je crois?).
    http://francais.medscape.com/voirarticle/3603112
    Mon commentaire est resté ; il a répondu,… de façon assez peu satisfaisante, mais quand même… Apparemment, ça censure moins… Lui, ne déclare aucun conflit d’intérêt et apparemment, c’est quand même une vraie différence ! (bien qu’il y aît peut-être d’autres commentaires censurés que je n’ai pas vus…???).

    Répondre
    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : Francoise

      Vous aurez noté qu’il n’a pas compris, le pôvre Vincent, ce qu’est l’hypothèse primaire…
      Il a « copié-collé » l’argument bidon du journal…
      Ce qu’ils disent avoir fait, c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire : observer l’essai et puis, en fonction des circonstances (donc du hasard), continuer ou stopper.
      Le principe de l’hypothèse primaire postule l’exact contraire : on ne fonctionne pas « au petit bonheur la chance » ; on pose l’hypothèse a priori et les conditions du test ; et on ne laisse pas le hasard se mêler de nos affaires…
      Tout dépend ce qu’on veut : ne pas se tromper ? Alors…
      Mais si on veut favoriser subrepticement son hypothèse, on laisse faire le « petit bonheur » au cas où… On peut aussi l’aider un peu…
      Misère !
      Mais le Vincent est payé pour quoi ?

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