PENSER l’IMPENSABLE EN MEDECINE

Je n’ai évidemment pas de données brutes (propriétés des promoteurs) des essais concernant les médicaments qui diminuent le cholestérol ou augmentent les HDL (le soit-disant « bon » cholestérol).

Seules peut-être des Administrations Sanitaires autoritaires et volontaristes pourraient y avoir accès, quoique le sponsor ne montrera que ce qu’il veut bien montrer …

De toute façon, les administrations (notamment européennes) sont plutôt « complices » et peu « entreprenantes »  pour faire triompher … la simple vérité ! Business d’abord, sous divers prétextes …

Seule la Police ou des juges pourraient connaître (exiger de connaître) réellement les données sources !

Tout ça pour dire qu’il ne faut se faire aucune illusion sur le contenu réel de ce qui nous est présenté « spontanément » dans les publications des essais cliniques …
On (investigateurs et sponsors) trie d’abord et il faut vraiment une erreur (parfois volontaire, on le saura un jour) pour qu’un industriel se fasse prendre … Vioxx par exemple !

Avec le Mediator, c’est autre chose … J’en ai déjà parlé dans un billet précédent.

Que pouvons-nous faire pour savoir une part de vérité et comment faire la part du bon et du mauvais dans cette mauvaise science qui nous est servie quotidiennement ?

Il faut d’abord comprendre que les essais cliniques produits par l’industrie contemporaine n’ont en général rien de scientifique, c’est du pur marketing !

La SCIENCE est ailleurs ! Et inaccessible à la majorité des médecins (y compris universitaires), aux médias (donc silence !) et évidemment aux patients qui donc ne comprennent rien …

La priorité c’est d’avoir en repère (toile de fond) une théorie scientifique explicative
: si votre théorie ne peut pas intégrer la notion de « bon » cholestérol, par exemple, les élucubrations de l’industrie à propos des HDL sont sans intérêt et ne peuvent conduire qu’à des échecs répétés, et c’est ce que l’on voit à propos des HDL, après des décennies de divagation, il suffit d’attendre, parfois longtemps.

il a fallu du temps pour admettre que les fibrates (médicaments formidables qui diminuent les LDL et les trigly et aussi augmentent les HDL) n’ont aucun bénéfice clinique ; ils sont toujours prescrits pourtant.
Compréhensible ?
Il faut (faudra) du temps pour admettre que les statines aussi ne servent à rien, mais ça avance (le doute est installé dans toutes têtes déjà) pourtant, au moins aux yeux de qui veut bien voir …

Dès lors se pose une autre question : pourquoi clamer d’un côté qu’on doit exiger des preuves de … ; et de l’autre laisser les fibrates et le médiator sur le marché pendant des décennies …

Qu’est-ce qui ne tourne pas rond ?

Et cela rejoint une autre observation troublante : pourquoi les pires scandales sanitaires (amiante, sang contaminé, hormone de croissance pour les plus connus) n’ont jamais donné lieu à des jugements équitables et réparateurs ?

RÉPONSES : la Justice et la Médecine modernes ne parviennent pas à penser l’impensable.

L’impensable, c’est quoi dans ce contexte ?

La santé (et les sciences médicales avec) de façon générale sont devenues de simples marchandises dans nos sociétés et, en tant que telles, répondent aux Lois de la Marchandise toute puissantes. Avant toute chose !

Référence ? Les lessives et les bagnoles, ça dépend du contexte !

Votre garagiste (ou votre médecin) est-il pour autant un bandit ?

A méditer sur la plage ! Ou en randonnée !

Dur à penser l’impensable !

36 réflexions au sujet de « PENSER l’IMPENSABLE EN MEDECINE »

  1. Jacques Evrard

    Bien d’accord avec vous, mais …

    Mon garagiste n’affiche pas le serment d’Hippocrate dans sa salle d’attente!
    Il ne l’a d’ailleurs pas prononcé.

    Marchandisation …
    Quelle différence avec l’industrie du tabac ou les trafiquants d’héroïne?

    Les médecins ne s’occupent donc pas de santé …
    On comprend qu’ils préfèrent des patients malades à des personnes en bonne santé.
    A relire Knock et Le Médecin Malgré Lui, le problème semble ancien!

    Jacques Evrard.

  2. med10

    Bonjour docteur ,
    Est ce que un taux elevé de tryglycerides dans le sang pose problème ?
    je sais que hdl ldl c’est que du cinema qu’en est t’il des tryglycerides ?
    merci

  3. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article

    @med10 :

    Ce qui pose problème ce n’est pas les triglycérides (ou le cholestérol, d’ailleurs), c’est la (ou les) raison(s) qui provoquent leur augmentation, donc le mode de vie, dans 98% des cas …

    En diminuant les trigly avec un médicament sans rien changer au mode de vie délétère qui occasionne cette augmentation des trigly, on ne change rien au pronostic et on récolte les effets toxiques des médicaments … On a tout gagné !

    Pour un mode de vie protecteur, je vous renvoie à mon dernier livre "Prévenir l’infarctus" !
    URGENT de le diffuser !

  4. pascal jobez

    Merci pour cet excellent article sur l’impensable !
    Qd j’étais en 2nde année de médecine, en 1986, (Fac de Dijon) notre professeur d’Histologie nous clamait en cours que le fenofibrate (produit par le labo dijonnais Fournier…) "détruisait le foie du rat"
    il avait observé cela sous ses lames de microscope…
    2 années plus tard, alors que j’effectuais un stage en service de médecine, je découvrais la rhabdomyolyse aiguë d’un patient qu’on avait mis sous simvastatine (Zocor) alors 1ère statine commercialisée; il a failli y passer; s’il avait su que ce traitement ne servait à rien !
    mais à l’époque notre cardiologue préféré n’avait pas encore haussé le ton…
    PS : heureusement à Dijon on avale les gélules de Lipanthyl avec du bon vin, ça vous dit quelque chose ??…

  5. emilio

    Comme illustration de votre article, je trouve ce document pdf très intéressant :

    http://www.oncorea.com/Livres/Clini…

    L’auteur nous explique comment est calculé le NST (nombre de sujet à traiter pour éviter un accident) et le compare au RRR, qui s’exprime en pourcentage, et qui donne toujours l’impression que le médicament est très efficace ! Alors que le NST lui, prend en compte la taille des échantillons "groupe témoin" et "groupe traité" et s’exprime toujours sous la forme "IL FAUT TRAITER X PERSONNES PENDANT Y ANNEES POUR EVITER UN EVENEMENT".

    Quand on exprime le résultat sous forme de RRR, le médicament paraît très efficace. Dès que l’on parle du NST, on se rend compte que les médicaments (hypertension, cholestérol, ostéoporose, efficacité du dépistage d’une catégorie de cancer… etc) sont complètement inefficaces !!! Et c’est aussi ce que l’on retrouve sur d’autres site internet dès que l’on cherche les NST de différentes pathologies, notamment sur Wikipédia concernant l’hypertension et où l’auteur cite comme référence la revue indépendante Prescrire de Mars 2008 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hypert…

    Sauf peut-être concernant la fibrillation auriculaire, où par contre la prise d’un anti-vitamine K évite efficacement un AVC cardio-embolique ?

    Extrait :

    Le bénéfice du médicament
    commentaire méthodologique

    • Le nombre le plus grand peut tromper le médecin
    sur l’efficacité réelle d’un traitement (se méfier du
    « p »!)

    • Il faudra distinguer :

    – réduction du risque absolu : RRA
    = risque absolu groupe contrôle (%) – risque absolu
    groupe traité (%)

    – réduction du risque relatif : RRR
    = RRA/risque absolu groupe contrôle (%)

    – nombre de sujets à traiter nécessaire pour avoir un
    effet thérapeutique : NST
    = 1/RRA

    Ma mère est atteinte d’ostéoporose et prend des capsules de calcium, je voudrais savoir ce que vous pensez de ceci : http://blogs.theheart.org/le-billet…–le-paradoxe-feminin

    Est-ce que réellement les comprimés de calcium augmente le risque d’infarctus du myocarde ?

    Cordialement,
    Emilio

  6. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article

    @emilio : 

    L’analyse que vous faites (que vous citez) concernant les risques relatifs et absolus n’est pas, scientifiquement parlant, exacte ; et témoigne de la part de son auteur d’une certaine naïveté scientifique
    Mais témoigne aussi d’un grand scepticisme ce qui est déjà beaucoup ! On est sur la bonne voie !

    De même, les écrits du Dr Usdin (personne probablement sympathique mais que je ne connais pas !) témoignent d’un réveil tardif ; à son âge, il aurait décidé de lire la presse médicale de façon critique, il n’est jamais trop tard …

    A mon humble avis, il gagnerait beaucoup de temps (et en ferait beaucoup gagner à ses patients) en lisant mes livres notamment le dernier "Prévenir l’infarctus" ; bon, c’est lui qui voit, mais si vous voulez lui rendre service (ainsi qu’à ses patients), vous devriez le lui suggérer !

    Concernant les comprimés de calcium et le risque cardiovasculaire, effectivement les nouvelles ne sont pas bonnes, désolé ! Vaudrait mieux s’abstenir "Primum non nocere" !

    Mais, avons-nous par ailleurs de bons arguments scientifiques pour prescrire ces comprimés dans l’espoir de traiter (diminuer) l’ostéoporose et/ou ses complications ? La réponses est également négative, désolé ! Pas de bonne raison de continuer !

    Est-ce clair ?
    Dure la médecine scientifique !

  7. philefevre

    cher docteur,

    intrigué par le titre (Dîtes à votre docteur … ) puis étonné par le contenu de votre livre, j’ai voulu, je me souviens, un peu maladroitement, c’est vrai, vous rencontrer pour savoir en fait à qui j’aurais peut-être à faire et si tout simplement vous n’étiez un peu cinglé (pardonnez-moi).

    J’ai eu de la chance : très gentiment vous m’avez reçu et même présenté à madame patricia Salen souvenez-vous.

    Je suis médecin généraliste. J’ai commencé mes études en 1981. J’avais tant travaillé et si mal que je suis tombé malade …

    … je vais mieux.

    Dans vos livres notamment, vous proposez, en autre, de donner un sens à sa vie. Je sais garder toute proportion et modérer mon propos : et je dis que vous avez emporté ma conviction.

    Je pense être un homme (et un médecin) honnête, tout du moins sincère et (qu’un tout petit doute me soit encore et toujours permis) j’ai rencontré un homme sincère et honnête.

    Je ne suis pas avare de travail. J’ai lu et relu comme tout curieux et bien modestement mais comme vous, j’arrive maintenant facilement à penser l’impensable.

    Conscience, confiance perdues ?

    Pourtant sur le socle de l’honnêteté partagée je consens à vos idées.

    Je parle en tant que médecin et pour moi : l’honnêteté ne m’est pas donnée. Je dois la chercher, la travailler. C’est long et difficile je trouve ; mais, un peu maîtrisée elle m’est une force. Force de convaincre. Force à guérir.

    Un de mes amis et patients, jeune, a fait un infarctus. Il me connais. Il se connaît. Ensemble, nous avons entrepris le suivi du post-infarctus, SANS statine, sous l’œil d’un cardiologue et les conditions d’une réforme santé nutritionnelle (coup de bol, c’est un méditerrannéen !) : il dévore littéralement votre dernier ouvrage.

    Et il revit.

    Mes hommages, docteur de Lorgeril.

    … mais il est tard, monsieur, il faut que je rentre chez moi.

  8. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article

    @philefevre :   Par votre message, c’est un peu comme m’avoir "apporté des bonbons" … car les "fleurs c’est périssable" …

  9. guylaine

    Bonjour,

    Mais le constat de votre article admis que faire?
    Comment faire pour échapper au protocole médical ?

    Mon compagnon vient d’être hospitalisé après des angors répétés la semaine dernière.

    Il y a une quinzaine d’année, suite à un bilan de santé, il est apparu que son taux de cholestérol était au dessus de la norme… comme celui de ses frères et sœurs et de sa mère.
    Bien qu’en bonne santé, sportif avec une alimentation équilibrée (en tout cas sans produits transformés, riche en fruits et légumes, en huile végétale, clairement sans excès de matière grasse animale voire peut-être en carence) … on l’a immédiatement mis sous traitement anti cholestérol.
    Et sous hypotenseur vu que le jour du diagnostic le médecin a trouvé sa tension élevée (faut pas que je m’énerve pour rester claire).

    Depuis quelques mois, finalement influencé par mes mises en garde vis à vis de son traitement, il avait interrompu celui-ci. Et semblait s’en trouver mieux (je peux témoigner que c’était le cas sexuellement!).

    Hospitalisé depuis lundi, sa coronographie (faite ce matin) montre deux lésions importantes sur 2 artères et 2 lésions moindres sur 2 autres. Après dilatations, il rentrera bardé d’un régime plus restrictif (je ne vois pas ce qu’il va pouvoir retirer à son alimentation : le gruyère râpé parfois mis sur les pâtes, la tartine beurrée du dimanche matin, les 2 carrés de chocolat noir) et de l’injonction d’un suivi régulier de ses traitements additionnés des nouveaux pour "réparer les lésions".
    À la question de comprendre comment expliquer ces lésions, la seule réponse des cardiologues est toujours l’hérédité familiale qui expliquerait, d’après eux que mon compagnon, malgré son hygiène de vie "fabrique du mauvais cholestérol".

    Que faire pour sortir de ce qui m’apparaît, avec angoisse, comme un piège médical ?

    Pourriez-vous me recommander un cardiologue sur Paris (nous habitons en province mais la capitale reste assez proche) qui partagerais votre approche. Qui pourrait lui proposer un traitement alternatif (car les lésions et l’angor sont bien réels) ?

    En vous remerciant de votre attention,

    guylaine

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