PENSER l'IMPENSABLE EN MEDECINE

Je n’ai évidemment pas de données brutes (propriétés des promoteurs) des essais concernant les médicaments qui diminuent le cholestérol ou augmentent les HDL (le soit-disant “bon” cholestérol).

Seules peut-être des Administrations Sanitaires autoritaires et volontaristes pourraient y avoir accès, quoique le sponsor ne montrera que ce qu’il veut bien montrer …

De toute façon, les administrations (notamment européennes) sont plutôt “complices” et peu “entreprenantes”  pour faire triompher … la simple vérité ! Business d’abord, sous divers prétextes …

Seule la Police ou des juges pourraient connaître (exiger de connaître) réellement les données sources !

Tout ça pour dire qu’il ne faut se faire aucune illusion sur le contenu réel de ce qui nous est présenté “spontanément” dans les publications des essais cliniques …
On (investigateurs et sponsors) trie d’abord et il faut vraiment une erreur (parfois volontaire, on le saura un jour) pour qu’un industriel se fasse prendre … Vioxx par exemple !

Avec le Mediator, c’est autre chose … J’en ai déjà parlé dans un billet précédent.

Que pouvons-nous faire pour savoir une part de vérité et comment faire la part du bon et du mauvais dans cette mauvaise science qui nous est servie quotidiennement ?

Il faut d’abord comprendre que les essais cliniques produits par l’industrie contemporaine n’ont en général rien de scientifique, c’est du pur marketing !

La SCIENCE est ailleurs ! Et inaccessible à la majorité des médecins (y compris universitaires), aux médias (donc silence !) et évidemment aux patients qui donc ne comprennent rien …

La priorité c’est d’avoir en repère (toile de fond) une théorie scientifique explicative
: si votre théorie ne peut pas intégrer la notion de “bon” cholestérol, par exemple, les élucubrations de l’industrie à propos des HDL sont sans intérêt et ne peuvent conduire qu’à des échecs répétés, et c’est ce que l’on voit à propos des HDL, après des décennies de divagation, il suffit d’attendre, parfois longtemps.

il a fallu du temps pour admettre que les fibrates (médicaments formidables qui diminuent les LDL et les trigly et aussi augmentent les HDL) n’ont aucun bénéfice clinique ; ils sont toujours prescrits pourtant.
Compréhensible ?
Il faut (faudra) du temps pour admettre que les statines aussi ne servent à rien, mais ça avance (le doute est installé dans toutes têtes déjà) pourtant, au moins aux yeux de qui veut bien voir …

Dès lors se pose une autre question : pourquoi clamer d’un côté qu’on doit exiger des preuves de … ; et de l’autre laisser les fibrates et le médiator sur le marché pendant des décennies …

Qu’est-ce qui ne tourne pas rond ?

Et cela rejoint une autre observation troublante : pourquoi les pires scandales sanitaires (amiante, sang contaminé, hormone de croissance pour les plus connus) n’ont jamais donné lieu à des jugements équitables et réparateurs ?

RÉPONSES : la Justice et la Médecine modernes ne parviennent pas à penser l’impensable.

L’impensable, c’est quoi dans ce contexte ?

La santé (et les sciences médicales avec) de façon générale sont devenues de simples marchandises dans nos sociétés et, en tant que telles, répondent aux Lois de la Marchandise toute puissantes. Avant toute chose !

Référence ? Les lessives et les bagnoles, ça dépend du contexte !

Votre garagiste (ou votre médecin) est-il pour autant un bandit ?

A méditer sur la plage ! Ou en randonnée !

Dur à penser l’impensable !

36 Replies to “PENSER l'IMPENSABLE EN MEDECINE”

  1. @Alain Puichaffret :

    Ceci n’est pas une consultation !

    Votre cas est compliqué, et je ne saurais me substituer à vos médecins traitants.

    Deux informations : 1) artère et veine, ce n’est pas du tout le même mécanisme de thrombose ; 2) des facteurs favorisant semblables peuvent toutefois agir dans les deux types de vaisseaux.

    Deux précautions : 1) prendre des médicaments anti-thrombose veineuse (anticoagulants) selon les conseils de vos médecins ; 2) adopter un "mode de vie anticoagulant" tel que décrit dans mon livre "Prévenir l’infarctus" ça aidera certainement !

    Bonne route et bon vent !

  2. Bonjour Docteur,
    J’ai un mode de vie et une alimentation proches de vos recommandations (je suis Thierry Souccar depuis des années). J’ai 67 ans et je suis sportif. J’ai eu une greffe de moelle osseuse en 2010 et j’ai une GVH chronique.
    On m’a diagnostiqué une sévère thrombose veineuse au printemps ; je n’ai pas compris pourquoi j’ai eu ça.
    Quels sont les risques de caillots dans les artères pour ceux qui en ont dans les veines ?
    Merci de votre réponse et bravo pour votre action.
    Alain P

  3. Vous combattez les conflits d’intérêts concernant les laboratoires pharmaceutiques dans vos livres…

    A côté des conflits d’intérêts que vous évoquez, qui concernent notamment les statines. Je suis convaincu d’en avoir identifié un autre, absolument majeur. Notamment un qui fait la une des médias de manière régulière.

    – Dans le domaine de l’alcoolisme (120 morts par jour je crois), un vieux médicament (relaxant musculaire) donne des résultats stupéfiants : Le baclofène. Seul problème, il est générique, connu depuis 40 ans pour le traitement de la sclérose en plaque, et non rentable pour aucun laboratoire. Le découvreur de cet "effet du baclofène" (le cardiologue Olivier Ameisen) demande depuis de nombreuses années que des essais cliniques soient menés sur cette molécule, il ne reçoit que des réponses négatives en prétextant que de hautes doses doivent être utilisés pour les essais et que c’est dangereux parce que l’on ne connait pas l’effet de ces hautes doses. Ce qui est faux puisque les neurologues US utilisent depuis 40 ans ce médicament pour les spasticités sévères, y compris à haute dose, y compris en intra-thécale et qu’aucun décès n’a jamais été rapporté). Il n’y a aucun médicament efficace vendu par un laboratoire dans cette indication (Naltrexone, Acamprosate, Espéral…) qui est efficace contre l’alcoolisme. Pour info, l’Espéral et son effet antabuse est un médicament qui présente un risque pour le patient absolument incroyable. Les cures de désintoxications et autre "psychotérapie" ne sont pas davantage efficaces. Beaucoup de monde travaille dans le secteur de l’alcoologie et il est bien évident que si un médicament efficace existait dans ce domaine, ça poserait quelques problèmes économiques.

    Alors, finalement, un essai va avoir lieu… mais comme il est mené placebo contre baclofène, le double aveugle sera rapidement rompu à cause de l’absence d’effets secondaires du groupe témoin, donc il risque d’être critiqué fortement…

    Par ailleurs, on constate que certains responsables de l’alcoologie en France cherchent à promouvoir le Nalméfène, un médicament proche de l’inefficace naltrexone, qui sera rentable une fois qu’il aura reçu son AMM…

    Concernant la crédibilité du baclofène, celle-ci est forte y compris scientifiquement. Ce médicament bloque les addictions en supprimant le "craving" à (très) haute dose(le craving est l’envie irrépressible de boire ou de consommer une substance, aliment, drogue, benzodiazépine, codéine… etc) et il a cette action parce qu’il est agoniste GABA-B (comme le GHB)

    Baclofène efficace, vrai ou faux ? Le fait que personne ne veuille mettre en oeuvre sérieusement les moyens d’apporter le réponse à cette question est un aveu. Car le problème, c’est que nos spécialistes refusent que l’on teste sérieusement ce médicament, c’est à dire à haute dose, et en écoutant les conseils de son promoteur, le cardiologue Olivier Ameisen.

    Dès que l’on pose la question sur les plateaux télé, ils répondent en disant qu’après une affaire comme le médiator, il est hors de question de faire n’importe quoi… alors qu’il est impossible de se suicider au baclofène (y en a qui ont essayés avec des doses hallucinantes… ils sont sortis sans séquelles de l’hôpital) et qu’il est possible de le faire avec de l’aspirine en vente partout.

    je trouve cette histoire fascinante… ou alors j’ai tout faux.

    Je souhaitait apporter cette "histoire pharmaceutique majeure" à votre connaissance.

    Cordialement,
    Emilio

  4. @emilio : 

    Les défibrillateurs dans les lieux publics, c’est peut-être bien, au moins en théorie, mais personnellement et du fond des Alpes, je n’ai pas encore rencontré quelqu’un qui ait été "récupéré" par un de ces appareils …

    Je serais heureux d’avoir des témoignages …

    Il faudra à un moment faire un bilan …

    J’espère que tout cet argent n’a pas été dépensé pour rien …

  5. Bonjour Docteur,

    Pour information, j’ai acheté et lu 3 de vos livres : "Cholestérol et propagande", "le pouvoir des omega-3" et "Prévenir l’infarctus et accident vasculaire cérébral". Je ne me suis pas intéressé à vos livre parce que j’ai été victime d’un infarctus ou AVC, mais simplement parce que j’étais insatisfait de l’information que j’avais eu jusqu’à présent et que mon médecin m’avait incité à prendre davantage ma santé en main, et m’a prédit quelques risques cardio-vasculaire (sans me prescrire encore de médicament jusqu’à présent). Par contre, la plupart des "anciens" de ma famille prend des statines, de manière irrégulière. J’essaie de militer pour qu’ils se renseignent davantage sur ces médicaments (notamment en souhaitant leur prêter mes livres écrits par le Dr De Lorgeril), ça ne fonctionne pas ! Tous (sauf peut-être un oncle ?) préfèrent faire confiance à leur médecin et suivre ses prescriptions… je ne pourrais pas insister trop non plus, malheureusement. Je suis vraiment déçu de cet état de fait. Mais vos livre m’ont convaincu de me mettre à suivre une diète méditerranéenne (enfin pas parfaite pour l’instant…) et je tenais à vous remercier de l’enrichissement que vos livres m’avaient apporté !

    J’aurais souhaité savoir ce que vous pensez des efforts faits par les pouvoirs publics pour tenter d’accroître les chances de survie des individus atteints par un infarctus dans la sphère publique ?
    Je pense aux défibrillateurs que l’on a implanté dans les lieux publics (gare, carrefour fortement fréquenté … etc) ainsi qu’à la mise en place de formation concernant les premiers secours au sein des entreprises. Le travail des pouvoirs publics dans ce domaine vous semble-t-il sérieux et ces efforts sont-ils efficaces ?
    Ou encore une fois vous semble-t-il que l’on met en place des choses surtout pour simplement faire travailler des gens sans se préoccuper du résultat ?

  6. @phil443 : 

    Une partie de l’explication se trouve dans mon billet "les statines inhibent les oméga-3"
    Nous avons un gros article en cours de "review" dans une grande revue médicale … Ils semblent avoir du mal à digérer … on va voir la suite …

  7. @pascal jobez :

    Je tente de suivre la polémique au sujet des Omega3 depuis quelque temps: oui il ne faut pas prendre les compléments alimentaires pour des médicaments, ce qui signifie que leurs bienfaits se rapprochent + d’un rééquilibrage de l’alimentation que d’une démarche thérapeutique à proprement parler.

    Normal que, dans ces circonstances, les Om3 déçoivent. Cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas un effet considérable sur la santé – étant donné notre carence dans ce domaine – mais sans doute + sur la "santé générale" que spécifiquement sur la santé CV.

    Je tiens néanmoins à apporter mon témoignage sur les bienfaits durables d’une (dble) supplémentation en ALA et EPA/DHA: j’étais sujet depuis + de 30 ans à des rhumes carabinés qui me clouaient au lit 2 fois/an et qui duraient 5 semaines. Or, depuis 5 ans que je me supplémente, je n’ai PLUS JAMAIS EU DE RHUMES.

    Pour moi ceci est une démonstration flagrante du renforcement de mes défenses immunitaires, ou d’un autre phénomène qui m’a renforcé. Aussi je continue de me supplémenter en permanence, je suis certain que le bénéfice est majeur, et si ce bénéfice existe pour la "santé générale", il ne peut qu’être utile à la santé CV…

    phil

  8. @Olive verte : 

    Tout cela ressemble à de la cardiologie que je qualifierais de "ménagère", travail ordinaire d’un cardiologue, digoxine ou pas dans l’insuffisance cardiaque, quel diurétique (?), surveillance des paramètres biologiques, elle doit poser des questions et se faire tout expliquer, elle y a droit, ne faisons pas de parano (consultation de contrôle à chaque épisode), pas de conflit d’intérêt, espérons que ce cardio-là est au moins dans la moyenne …
    Cette personne en insuffisance cardiaque (et appareillée si je comprends bien, et donc suivi par des cardios de bon niveau) devrait toutefois demander un bilan nutritionnel complet, même si elle suit une diète méditerranéenne car sa pathologie peut provoquer (et être aggravée par des déficiences nutritionnelles multiples) : toutes les vitamines B, la vit D, sélénium, zinc, cuivre, iode ; et en attendant les résultats du bilan, elle devrait prendre des suppléments nutritionnels à doses modérées de tous ceux que j’ai énumérés ci-dessus plus des oméga-3 (un mix de végétaux et marins type mixalpha*) …

    Et continuer l’exercice physique, même si ça la fatigue ; mais on a dû lui dire …

    Larguez les amarres et bon vent, capitaine !

  9. L’impensable, c’est aussi pour tous les spécialistes, en médecine ou dans d’autres disciplines, l’idée qu’un individu non formé comme lui (ou elle) puisse émettre un avis contraire, ou parfois juste que cet individu ose poser des questions.
    C’est vrai que c’est parfois très embêtant, inapproprié dans la pratique professionnelle courante, mais l’éloignement entre spécialistes et réalité est parfois tellement frappant !

    Je profite de ce blog pour vous poser une question médicale : pas une consultation, mais pour savoir s’il faudrait que la personne concernée sollicite un second avis de cardiologue.

    Avec une insuffisance cardiaque depuis longtemps (pacemaker implanté), elle a un traitement : atacand, aldactone, digoxine. Le dernier a été stoppé suite à une analyse sanguine. je n’y connais trop rien, mais il me semble que l’antihypertenseur et le diurétique devaient, entres autres, contrebalancer les risques d’hypokaliémie du dernier.
    La digoxine étant supprimée, je me demande s’il n’y a pas un risque d’augmentation trop forte du potassium.
    Et je vous demande si cela peut faire partie d’une prescription normale, ou s’il vaut mieux qu’elle sollicite un second avis, ou plus simplement insiste auprès du cardiologue pour en savoir plus sur cette association (ce qui devrait être fait à chaque fois à mon avis, mais pour elle, il faudrait que j’ai des arguments suffisants pour qu’elle questionne de cette façon).
    Par ailleurs, cette personne suit réellement un régime méditerranéen, de l’activité physique (très souvent mais modérée, l’essoufflement est rapide), y compris avec un peu de vin rouge pendant les repas et ne fume pas.

    Merci pour votre attention et votre travail, je mets en pratique, … bientôt sieste avant diverses activités nautiques !

  10. @Guylaine : 

    MERCI de votre témoignage, j’espère qu’il servira à d’autres … J’apprécie vos commentaires et je vous approuve dans votre démarche active ; tout cela a du bon, vous êtes tiré d’affaire maintenant ; suivez scrupuleusement TOUS mes conseils et tout ira bien …

    Bon vent, matelots et une rasade de rhum à l’équipage pour fêter ça !

  11. Merci pour vos réponses.
    Vivement l’arrivée de vos livres au courrier pour avancer dans la compréhension.

    Non, non nous ne sommes pas du tout terrorisés par les médecins dont nous ne doutons ni de la sincérité, ni du dévouement. Simplement nous n’avons plus confiance dans leurs prescriptions.

    Le cardiologue a très gentiment écouté mon ami leur dire fermement qu’il ne voulait plus prendre de statine… et lui a prescrit du Tahor.
    Vous comprendrez que partant de là nous avons trouvé inutile d’analyser avec lui le reste de l’ordonnance pendant les 5 minutes précédant la sortie de la clinique.

    J’irais même plus loin : non seulement nous ne sommes pas terrorisés mais je trouve qu’il faut un certain courage, lorsque l’on est en position de malade, pour contester la prescription conventionnelle.

    Pour discuter plus avant avec ces "braves gens", il nous aurait fallu un minimum de connaissance… Que nous n’aurons qu’après la lecture de vos livres (je n’avais jamais réalisé à quel point le système médical ne fournit jamais d’informations sur ce qui affecte les malades. Mais bon, l’info c’est le pouvoir).

    Encore merci pour votre travail et la possibilité que vous donnez de raisonner sur notre état de santé !

  12. @Guylaine : 

    "Kardegic, Inexium, Triatec, Efient, Amlodipine ?" vous dites ?

    Kardegic et Efient sont indispensables au moins un an: prévention de la thrombose aigüe dans les stents actifs ; on pourrait envisager d’autres associations mais bon, ne compliquons pas ! Vous comprendrez en me lisant !

    Triatec est généralement donné, soyons conventionnel, après un infarctus …

    Inexium est donné presque systématiquement pour neutraliser les effets toxiques du Kardegic sur l’estomac …   Vous comprendrez en me lisant !

    Amlodipine ? faudrait voir le dossier médical pour décider s’il s’agit d’une prescription systématique ou pas, utile ou pas ?

    De loin, je ne peux pas faire plus pour vous rendre service !
    Ce qui est déplorable (quelle époque !) c’est que vous ayez besoin de moi pour avoir ces renseignements …
    Les médecins n’ont pas répondu à vos questions ?
    Êtes-vous terrorisés par ces braves gens ?

  13. Bonjour

    Tout d’abord un grand merci pour vos conseils… et pour votre patience à mon égard !!!

    j’ai découvert votre blog et son contenu à l’occasion de l’hospitalisation de mon ami. Ai adhéré immédiatement à vos propos. Et complètement paniqué en lisant certains des articles et tous ces témoignages !

    le calme revenu (notamment grâce à l’attitude de mon compagnon, qui, même hospitalisé, a entendu ce que je lui rapportais de mes lectures et m’a assuré n’être pas prêt à suivre aveuglément la prescription médicale), j’ai commandé vos livre. En attendant leur arrivée (vive la pleine campagne !) et de les lire, nous allons noter ce que nous mangeons. Histoire d’avoir une base un tantinet objective sur notre mode de vie.

    Cela m’ennuie d’occuper votre blog avec une question personnelle mais je ne sais pas vers qui me tourner pour la poser. Mon ami est donc sorti hier de la clinique avec deux stents actifs tous neufs… et une ordonnance de 6 médicaments. Suite à la lecture de vos articles, il a décidé de ne pas prendre le Tahor, de continuer le Kardegic. Et trouve la quantité de médicaments de toute façon excessive. Mais il est soucieux de se soigner (ses lésions sont bien réelles et ne jetons pas tous les médicaments avec bébé et l’eau du bain). Du coup comment savoir quelle est l’efficacité, et surtout la potentielle nocivité de ces produits, ou de leur association : Inexium, Triatec, Efient, Amlodipine ?

  14. @Luc Babot :

    Vous avez entièrement raison, il n’y a pas que les statines, et tout récemment encore nous avons assisté à des "défaites" retentissantes, et en rase campagne, du "business de la santé" : PSA, médicaments anti-obésité et anti-diabète (sans parler du médiator) etc …

    Mais nous avons choisi d’aller sur le terrain même de la pseudo science immonde qui soutient ce business, d’aller les prendre à leur propre piège !
    Deux inconvénients :
    1) ça prend du temps et nous progressons lentement ;
    2) nous devons être irréprochables (scientifiquement) de façon que chaque pas en avant (vers la vérité) ne soit pas suivi d’un pas en arrière ; et pour cela, nous devons rester humbles et ne pas nous disperser ! Chaque chose en son temps, lentement mais sûrement !
    Facile à comprendre !

    Merci de votre soutien, ça fait du bien !

  15. Enfin!
    C’est grâce à l’un de mes patients (que j’ai remercié!) que j’ai découvert vos travaux. Enfin la preuve qu’un homme – à condition de posséder bon sens et intelligence – peut remettre à leur place les dizaines de gouvernements et les milliers de scientifiques qui ne font que servir la soupe aux mêmes lobbies depuis des années (siècles?).
    Mais pourquoi se limiter aux statines ? Et tous ces patients morts d’hémorragies sous anticoagulants, ces chimiothérapies qui tuent plus sûrement et rapidement que le cancer qu’elles sont censées traiter, ces "dépistages" qui nous inondent de rayons X…. il reste encore du travail!
    Bravo et bon courage!
    Luc

  16. @pascal jobez : 

    Vous avez raison, il y a un problème avec les oméga-3 vus comme des médicaments, ce que je ne cesse de dire (y compris dans des articles publiés dans des grands journaux américains) mais ça "tombe à l’eau" car on est là encore dans le domaine de l’impensable en médecine surtout française et qu’on peut résumer par : "nutrition is not pharmacology!

    Mais il y a aussi du business derrière les oméga-3, faut pas croire qu’on dépeuple les océans pour rien …

    Il y a un deuxième problème que j’ai discuté dans un billet précédent (en avril je crois) : les statines inhibent les oméga-3 !
    Désolé, c’est un gros problème ! J’y reviendrai dans un prochain billet car les arguments s’accumulent et il va être urgent de faire le point, ce qu’un grand journal m’a demandé de faire (article en cours de reviewing) … 

    Le pauvre Dr Boris Hansel ne comprend pas, c’est clair, mais lui il est totalement dans l’impensable …  A bientôt et bon vent, matelot !

  17. Pour info, un article du "JIM" en copier/coller …
    Un commentaire du maître ? ds cette étude, on n’a pas donné de conseils alimentaires comme ds l’étude de Lyon…

    Les oméga 3, ça déçoit !

    Publié le 01/08/2012

    La réputation cardioprotectrice des acides gras oméga 3, y compris à longues chaînes contenus dans les poissons gras, a été entachée ces derniers mois par les résultats de plusieurs essais cliniques et méta-analyses. Ces derniers n’ont pas retrouvé les bénéfices cardiovasculaires (CV) escomptés d’une supplémentation en oméga 3, que ce soit en prévention primaire ou secondaire.

    Une nouvelle étude prospective et randomisée confirme ces résultats négatifs. Il s’agit de l’essai clinique ORIGIN dont le modèle est un plan factoriel 2×2. Son objectif était d’étudier, chez des patients diabétiques peu traités (prise d’un médicament antidiabétique oral au maximum, HbA1c< 9 % à l’inclusion) ou pré-diabétiques (intolérance au glucose objectivée), l’intérêt de l’insuline glargine et d’une supplémentation en oméga 3 (capsule d’omacor, apportant au moins 900 mg d’EPA+DHA*) pour réduire l’incidence des maladies CV. Aucune recommandation diététique particulière n’était fournie concernant la consommation de poisson; l’utilisation d’oméga 3 sous forme de compléments alimentaires était découragée. Plus de la moitié (59 %) des sujets inclus (n=12 536, âge moyen : 64 ans, un tiers de femmes) avaient présenté un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral et/ou avaient subi une procédure de revascularisation avant l’étude. Les autres patients (en prévention primaire)présentaient un haut risque CV compte tenu des critères d’inclusion.

    Plus de 99 % des sujets ont pu être suivis pendant au moins six ans (6,2 ans en moyenne) et l’adhésion au traitement prescrit (omacor ou placebo) était de 96 % à un an, 92 % à quatre ans et 88 % à la fin de l’étude. Le taux de décès d’origine CV, critère principal de jugement, n’a pas été significativement réduit dans le groupe omacor par rapport au groupe placebo (9,1 % vs 9,3 %,; p=0,72). L’étude de sous-groupes n’a pas non plus mis en évidence de bénéfice dans les situations particulières suivantes : taux de triglycérides élevé, consommation initiale faible d’oméga 3, présence d’un diabète à l’inclusion, traitement concomitant (ou non) par l’insuline glargine au cours de l’étude. En outre, l’incidence des évènement CV majeurs (incluant les évènements non fatals) n’a pas été réduite par la prise d’oméga 3 (16,5 % de sujets "touchés" sous omacor, 16,3 % sous placebo). En ce qui concerne les lipides plasmatiques, seul le taux de triglycérides s’est significativement abaissé sous oméga 3 : -14,5 mg/dl par rapport au groupe placebo.

    Les auteurs rappellent que les études précédemment positives avaient inclus des sujets malades, peu de temps après un évènement coronaire (étude ouverte GISSI) ou ayant une insuffisance cardiaque (étude en aveugle GISSI-HF). Les oméga 3 pourraient donc n’être efficaces qu’en situation de cardiopathie à fort risque arythmogène. En outre, ils émettent l’hypothèse d’une moindre efficacité des oméga 3 chez les patients ayant un trouble de la glycorégulation, comme cela a déjà été proposé par des résultats de travaux antérieurs.

    Malgré les arguments épidémiologiques et les multiples mécanismes mis en avant pour rendre compte d’un effet cardioprotecteur de la supplémentation oméga 3 (effet anti-thrombotique, anti-inflammatoire, hypotriglycéridémiant, action sur la fonction endothéliale…), on doit bien avouer que les preuves de l’intérêt clinique de cette supplémentation se font attendre, et n’arrivent toujours pas…

    Dr Boris Hansel

    Bosch J et coll. ORIGIN Trial Investigators : n-3 Fatty Acids and Cardiovascular Outcomes in Patients with Dysglycemia. N Engl J Med., 2012; 367(4):309-18.

  18. @Anne 62 : 

    La diète méditerranéenne c’est plutôt bien pour une "colopathie fonctionnelle" comme vous dites, mais qui selon certains fait partie des "maladies qui n’existent pas" …
    Ceci dit, la nutrition fait beaucoup mais n’est pas tout !
    Puis-je me permettre de vous suggérer de lire attentivement mon dernier livre "Prévenir l’infarctus" où nous décrivons les trois autres facteurs de mode de vie qui vous la rendront plus agréable et plus longue …

    Dernier conseil, mais ça vous avez déjà compris : pas de statine avec une LLC; ça vous la ferait "flamber" ; c’est pas encore dans les livres de votre docteur !

    Bonne lecture et Bon vent, matelote !

  19. Docteur,
    Une prise de sang, un taux de cholestérol élevé et me voilà prise dans le même engrenage que bon nombre de mes amies : électrocardiogramme, épreuve d’effort, coronographie (que je n’ai pas encore passée) et certainement statines à la clé et pourquoi pas de stents…
    Cherchant des explications, je tombe sur votre livre et dès le chapitre 2, je trouve des réponse à mes questions avec le cas de Georges : j’ai 63 ans, une LLC stade A (pas de traitement), mais pas d’infarctus ni d’AVC, essoufflée après un effort prolongé mais je fais encore de la randonnée chaque semaine.
    Voir ce cas m’a bien sûr frappée personnellement et j’ai décidé d’arrêter ce processus dans lequel j’étais engagée et qui m’apparaît maintenant comme un itinéraire obligé avant la délivrance des fameuses statines.
    Par contre,je vais me mettre à la diète méditerranéenne, mais je souffre également d’une colopathie fonctionnelle.
    Comment concilier cela avec un régime qui comporte autant de fibres ?

  20. @guylaine : 

    Chère Guylaine,
    Je voudrais, si c’est possible, vous aider à diminuer votre anxiété.
    N’exagérons pas la nocivité de la médecine moderne ; elle a aussi du bon si je puis dire ! Et rien n’est irréversible … Lisez bien mes livres et reparlons-en !

  21. Merci de votre réponse. Je persiste à penser que les 15 ans de traitement anti-cholestérol pris par mon compagnon sont responsables des lésions qu’on vient de lui détecter et pour lesquelles il va être "soigné". Mais bien sur que je vais lire vos ouvrages.

    Mais mon urgence la plus pressante est que mon compagnon ne soit pas enfermé dans un protocole médical uniquement centré sur la lutte contre le cholestérol et triglycérides. Et vu qu’il est hospitalisé, il y est forcément soumis.

    Je suis vraiment désespérée : je sens que le piège se referme sur lui.

    Mon seul espoir est qu’il puisse consulter très rapidement un médecin ayant la même approche que vous ou du moins une approche un peu plus ouverte que celle qui domine.
    Pourriez-vous me conseiller des collègues sur Paris ?
    A défaut, et même si Grenoble est bien loin de chez nous, j’aimerais prendre rendez-vous avec vous.

    Au-delà de mon cas personnel, la question que mon post pose est : la médecine ne peut pas penser l’impensable. Et donc ne repense pas, ne remet pas en question ces méthodes et médications. Ok mais au-delà de ce constat, quand on est impliquée que faire ?
    Quand une personne prise en charge médicalement par le système … peut-elle s’en échapper ?
    Au-delà du constat que faire ?

    Merci de votre attention

  22. @Josseline : 

    Restez folle, Josseline !
    C’est un message personnel pour votre médecin !

    Si toutes les folles raisonnaient aussi bien que vous, le monde serait meilleur !

    Quand aux essais négatifs concernant les oméga-3, je vous renvoie au billet que j’ai mis sur ce Blog il y a quelques semaines, le 30 Avril !

  23. @chris : 

    Non, Chris, vous n’avez pas suivi mes conseils, car je ne donne jamais de conseils visant à diminuer le cholestérol !
    Si vous m’aviez lu correctement, vous auriez appris que le cholestérol est innocent et que ça ne sert à rien de le diminuer, xanthélasma ou pas, même et surtout avec des médicaments !
    Vous récoltez les effets toxiques sans aucun bénéfice démontré !

    Reste à vous protéger vraiment de l’infarctus et de l’AVC (si c’est ça que vous craignez) sans pour autant augmenter vos risques d’autres maladies (notamment de cancers et démences précoces) et en ayant une vie confortable, voire agréable …

    Comme je ne peux pas vous photocopier mon dernier livre "Prévenir l’infarctus", vous savez ce qu’il vous reste à faire ; si vous ne voulez pas l’acheter, volez-le, comme on disait autrefois dans Hara-Kiri …
    Ce message n’est pas une consultation ; et je ne peux répondre précisément à votre question concernant votre stéatose hépatique qui est apparemment selon vous non alcoolique [on dit SHNA entre nous] … ce qui m’indique à nouveau que vous en suivez pas mes conseils …

    Trêve de plaisanteries : nous ignorons les causes réelles de l’épidémie actuelle de SHNA ; mais, à mon humble avis, il est urgent de lire mon livre (ci-dessus) car les méditerranéens "traditionnels" ne connaissent pas ce genre de pathologie !

    Bon vent, matelot !

  24. Bonjour Docteur,
    Infirmière belge depuis plus de 30 ans et atteinte d’HTA et d’hypercholestérolémie, je suis avec intérêt votre blog et vos publications.
    Notamment, mon médecin me prend pour une folle parce que je refuse ses capsules de levure de riz rouge alors que mon cholestérol approche 300mg/dl.
    Mais ce n’est pas pour ceci que je vous écris.
    J’ai reçu la lettre du JIM rapportant les résultats décevants d’études sur les omegas 3, notamment l’étude ORIGIN. Voici le lien : http://www.jim.fr/e-docs/00/02/09/1… .
    Si cette étude est avérée, nous voici bien démunis pour faire face aux maladies cardio-vasculaires !
    Que pensez-vous de ces études ?
    Personnellement, j’y vois un biais important : il s’agit de supplémenter une alimentation lambda avec des omega 3 et il me parait évident que cela n’a rien à voir avec une diète naturellement riche en toutes sortes de nutriments dont les oméga3.
    Une fois de plus, l’industrie pharmaceutique veut trouver une réponse unique et universelle à un problème individuel et complexe.
    Qu’en pensez-vous ?

  25. Bonjour Docteur,
    46 ans, cela fait 10 ans que l’on le m’a détecté une hypercholestérolémie (signes : xanthélasmas) que j’ai essayé de juguler avec vos conseils…mais cela été de plus difficile ; depuis 2 ans je prends de la pravastatine 10 mg, bon résultat 2 g CT, 1,4 LDL, HDL 0,45 malgré TG 2 g ; au détour d’une écho du foie on m’a annoncé une stéatose hépatique homogène non pathologique (je ne bois pas…) ; existe t-il un rapport entre la stéatose et mon hypercholestérolémie ? or j’envisage d’arrêter la statine avec accord de mon médecin car je ressens des effets que je crois secondaire : fatigue, moral, libido… qu’en pensez vous ?
    merci pour votre travail

  26. @guylaine : 

    Je comprends votre anxiété et votre énervement, notamment vis-à-vis des médecins … quoiqu’il n’y ait pas que les médecins qui fassent n’importe quoi : regardez dans quel état nous allons laisser à nos petits enfants les rivières, lacs, mers et océans que le Bon Dieu nous avait confié …
    Bon, on fait quoi ?
     Avant d’accuser les autres et de se penser innocents, il faut aussi essayer de voir si on a fait tout ce qu’il fallait.
    Je vous recommande, en URGENCE, la lecture de mon dernier livre "Prévenir l’infarctus", je pense que vous y apprendrez beaucoup de choses pour préserver l’avenir !
    URGENT !
    Bonne lecture !

  27. Bonjour,

    Mais le constat de votre article admis que faire?
    Comment faire pour échapper au protocole médical ?

    Mon compagnon vient d’être hospitalisé après des angors répétés la semaine dernière.

    Il y a une quinzaine d’année, suite à un bilan de santé, il est apparu que son taux de cholestérol était au dessus de la norme… comme celui de ses frères et sœurs et de sa mère.
    Bien qu’en bonne santé, sportif avec une alimentation équilibrée (en tout cas sans produits transformés, riche en fruits et légumes, en huile végétale, clairement sans excès de matière grasse animale voire peut-être en carence) … on l’a immédiatement mis sous traitement anti cholestérol.
    Et sous hypotenseur vu que le jour du diagnostic le médecin a trouvé sa tension élevée (faut pas que je m’énerve pour rester claire).

    Depuis quelques mois, finalement influencé par mes mises en garde vis à vis de son traitement, il avait interrompu celui-ci. Et semblait s’en trouver mieux (je peux témoigner que c’était le cas sexuellement!).

    Hospitalisé depuis lundi, sa coronographie (faite ce matin) montre deux lésions importantes sur 2 artères et 2 lésions moindres sur 2 autres. Après dilatations, il rentrera bardé d’un régime plus restrictif (je ne vois pas ce qu’il va pouvoir retirer à son alimentation : le gruyère râpé parfois mis sur les pâtes, la tartine beurrée du dimanche matin, les 2 carrés de chocolat noir) et de l’injonction d’un suivi régulier de ses traitements additionnés des nouveaux pour "réparer les lésions".
    À la question de comprendre comment expliquer ces lésions, la seule réponse des cardiologues est toujours l’hérédité familiale qui expliquerait, d’après eux que mon compagnon, malgré son hygiène de vie "fabrique du mauvais cholestérol".

    Que faire pour sortir de ce qui m’apparaît, avec angoisse, comme un piège médical ?

    Pourriez-vous me recommander un cardiologue sur Paris (nous habitons en province mais la capitale reste assez proche) qui partagerais votre approche. Qui pourrait lui proposer un traitement alternatif (car les lésions et l’angor sont bien réels) ?

    En vous remerciant de votre attention,

    guylaine

  28. @philefevre :   Par votre message, c’est un peu comme m’avoir "apporté des bonbons" … car les "fleurs c’est périssable" …

  29. cher docteur,

    intrigué par le titre (Dîtes à votre docteur … ) puis étonné par le contenu de votre livre, j’ai voulu, je me souviens, un peu maladroitement, c’est vrai, vous rencontrer pour savoir en fait à qui j’aurais peut-être à faire et si tout simplement vous n’étiez un peu cinglé (pardonnez-moi).

    J’ai eu de la chance : très gentiment vous m’avez reçu et même présenté à madame patricia Salen souvenez-vous.

    Je suis médecin généraliste. J’ai commencé mes études en 1981. J’avais tant travaillé et si mal que je suis tombé malade …

    … je vais mieux.

    Dans vos livres notamment, vous proposez, en autre, de donner un sens à sa vie. Je sais garder toute proportion et modérer mon propos : et je dis que vous avez emporté ma conviction.

    Je pense être un homme (et un médecin) honnête, tout du moins sincère et (qu’un tout petit doute me soit encore et toujours permis) j’ai rencontré un homme sincère et honnête.

    Je ne suis pas avare de travail. J’ai lu et relu comme tout curieux et bien modestement mais comme vous, j’arrive maintenant facilement à penser l’impensable.

    Conscience, confiance perdues ?

    Pourtant sur le socle de l’honnêteté partagée je consens à vos idées.

    Je parle en tant que médecin et pour moi : l’honnêteté ne m’est pas donnée. Je dois la chercher, la travailler. C’est long et difficile je trouve ; mais, un peu maîtrisée elle m’est une force. Force de convaincre. Force à guérir.

    Un de mes amis et patients, jeune, a fait un infarctus. Il me connais. Il se connaît. Ensemble, nous avons entrepris le suivi du post-infarctus, SANS statine, sous l’œil d’un cardiologue et les conditions d’une réforme santé nutritionnelle (coup de bol, c’est un méditerrannéen !) : il dévore littéralement votre dernier ouvrage.

    Et il revit.

    Mes hommages, docteur de Lorgeril.

    … mais il est tard, monsieur, il faut que je rentre chez moi.

  30. @emilio : 

    L’analyse que vous faites (que vous citez) concernant les risques relatifs et absolus n’est pas, scientifiquement parlant, exacte ; et témoigne de la part de son auteur d’une certaine naïveté scientifique
    Mais témoigne aussi d’un grand scepticisme ce qui est déjà beaucoup ! On est sur la bonne voie !

    De même, les écrits du Dr Usdin (personne probablement sympathique mais que je ne connais pas !) témoignent d’un réveil tardif ; à son âge, il aurait décidé de lire la presse médicale de façon critique, il n’est jamais trop tard …

    A mon humble avis, il gagnerait beaucoup de temps (et en ferait beaucoup gagner à ses patients) en lisant mes livres notamment le dernier "Prévenir l’infarctus" ; bon, c’est lui qui voit, mais si vous voulez lui rendre service (ainsi qu’à ses patients), vous devriez le lui suggérer !

    Concernant les comprimés de calcium et le risque cardiovasculaire, effectivement les nouvelles ne sont pas bonnes, désolé ! Vaudrait mieux s’abstenir "Primum non nocere" !

    Mais, avons-nous par ailleurs de bons arguments scientifiques pour prescrire ces comprimés dans l’espoir de traiter (diminuer) l’ostéoporose et/ou ses complications ? La réponses est également négative, désolé ! Pas de bonne raison de continuer !

    Est-ce clair ?
    Dure la médecine scientifique !

  31. Comme illustration de votre article, je trouve ce document pdf très intéressant :

    http://www.oncorea.com/Livres/Clini

    L’auteur nous explique comment est calculé le NST (nombre de sujet à traiter pour éviter un accident) et le compare au RRR, qui s’exprime en pourcentage, et qui donne toujours l’impression que le médicament est très efficace ! Alors que le NST lui, prend en compte la taille des échantillons "groupe témoin" et "groupe traité" et s’exprime toujours sous la forme "IL FAUT TRAITER X PERSONNES PENDANT Y ANNEES POUR EVITER UN EVENEMENT".

    Quand on exprime le résultat sous forme de RRR, le médicament paraît très efficace. Dès que l’on parle du NST, on se rend compte que les médicaments (hypertension, cholestérol, ostéoporose, efficacité du dépistage d’une catégorie de cancer… etc) sont complètement inefficaces !!! Et c’est aussi ce que l’on retrouve sur d’autres site internet dès que l’on cherche les NST de différentes pathologies, notamment sur Wikipédia concernant l’hypertension et où l’auteur cite comme référence la revue indépendante Prescrire de Mars 2008 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hypert

    Sauf peut-être concernant la fibrillation auriculaire, où par contre la prise d’un anti-vitamine K évite efficacement un AVC cardio-embolique ?

    Extrait :

    Le bénéfice du médicament
    commentaire méthodologique

    • Le nombre le plus grand peut tromper le médecin
    sur l’efficacité réelle d’un traitement (se méfier du
    « p »!)

    • Il faudra distinguer :

    – réduction du risque absolu : RRA
    = risque absolu groupe contrôle (%) – risque absolu
    groupe traité (%)

    – réduction du risque relatif : RRR
    = RRA/risque absolu groupe contrôle (%)

    – nombre de sujets à traiter nécessaire pour avoir un
    effet thérapeutique : NST
    = 1/RRA

    Ma mère est atteinte d’ostéoporose et prend des capsules de calcium, je voudrais savoir ce que vous pensez de ceci : http://blogs.theheart.org/le-billet…–le-paradoxe-feminin

    Est-ce que réellement les comprimés de calcium augmente le risque d’infarctus du myocarde ?

    Cordialement,
    Emilio

  32. Merci pour cet excellent article sur l’impensable !
    Qd j’étais en 2nde année de médecine, en 1986, (Fac de Dijon) notre professeur d’Histologie nous clamait en cours que le fenofibrate (produit par le labo dijonnais Fournier…) "détruisait le foie du rat"
    il avait observé cela sous ses lames de microscope…
    2 années plus tard, alors que j’effectuais un stage en service de médecine, je découvrais la rhabdomyolyse aiguë d’un patient qu’on avait mis sous simvastatine (Zocor) alors 1ère statine commercialisée; il a failli y passer; s’il avait su que ce traitement ne servait à rien !
    mais à l’époque notre cardiologue préféré n’avait pas encore haussé le ton…
    PS : heureusement à Dijon on avale les gélules de Lipanthyl avec du bon vin, ça vous dit quelque chose ??…

  33. @med10 :

    Ce qui pose problème ce n’est pas les triglycérides (ou le cholestérol, d’ailleurs), c’est la (ou les) raison(s) qui provoquent leur augmentation, donc le mode de vie, dans 98% des cas …

    En diminuant les trigly avec un médicament sans rien changer au mode de vie délétère qui occasionne cette augmentation des trigly, on ne change rien au pronostic et on récolte les effets toxiques des médicaments … On a tout gagné !

    Pour un mode de vie protecteur, je vous renvoie à mon dernier livre "Prévenir l’infarctus" !
    URGENT de le diffuser !

  34. Bonjour docteur ,
    Est ce que un taux elevé de tryglycerides dans le sang pose problème ?
    je sais que hdl ldl c’est que du cinema qu’en est t’il des tryglycerides ?
    merci

  35. Bien d’accord avec vous, mais …

    Mon garagiste n’affiche pas le serment d’Hippocrate dans sa salle d’attente!
    Il ne l’a d’ailleurs pas prononcé.

    Marchandisation …
    Quelle différence avec l’industrie du tabac ou les trafiquants d’héroïne?

    Les médecins ne s’occupent donc pas de santé …
    On comprend qu’ils préfèrent des patients malades à des personnes en bonne santé.
    A relire Knock et Le Médecin Malgré Lui, le problème semble ancien!

    Jacques Evrard.

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