Archives pour la catégorie Cholestérol et Statines

L’essai IMPROVE-IT : un coup pour rien… révélateur de l’époque, quand même !

 

IMPROVE-IT [je résume pour ceux qui ont un peu décroché...] est un énorme essai clinique de l’industriel MERCK visant à tester si l’addition de son anticholestérol l’ézétimibe à sa statine (génériquée depuis plusieurs années) la simvastatine apportait un bénéfice clinique chez des patients qui avaient survécu à un premier infarctus.

J’en ai déjà parlé dans un article précédent qui était excellent à mon avis [voir CHOLESTEROL ET STATINES : DELIQUESCENCE DES ELITES] mais certains m’ont demandé une petite addition ; la voilà !

L’hypothèse alternative [à celle-ci qui était très marketing : ézétimibe+simvastatine est-il mieux que simva toute seule ?] était : est-ce qu’une diminution supplémentaire du cholestérol par rapport à celle obtenue avec une bonne dose de statine est utile ?

Il fallait beaucoup de patients car la simvastatine est en principe [ce n'est pas vrai, mais ils le disent depuis si longtemps...] très efficace ; et l’addition d’un autre médicament ou une diminution additionnelle mineure du cholestérol avaient très peu de chance d’avoir un quelconque effet bénéfique et, dans ce cas, il faut un échantillon important pour « faire parler » la statistique… mais (oups) ces combinaisons sont potentiellement très toxiques…

La réalisation de l’essai va souffrir de plusieurs défauts rédhibitoires :

1) en 2008 (environ une année après le début de l’essai), l’ézétimibe a été accusée de provoquer des cancers sur la base d’un autre essai dit SEAS. Pour l’innocenter (et continuer l’essai), on va désaveugler IMPROVE-IT et clamer haut et fort qu’après une année il n’y avait pas plus de cancers dans le groupe recevant l’ézétimibe. Ce sont les aventures délicieuses de Sir Richard Peto d’Oxford. Tout ça, aussi ridicule soit-il, peut être retrouvé dans la littérature médicale haut-de-gamme qui caractérise notre triste époque. Bref, après seulement une année, IMPROVE-IT est devenu un essai ouvert avec en conséquence une crédibilité fort douteuse.

2) l’essai a été prolongé au-delà de 5 ans [durée de suivi moyen généralement admise comme optimale pour réussir à démontrer une hypothèse sans tomber dans dans l'obscure difficulté de ladite "régression à la moyenne"] jusqu’à 7 ans ; je l’ai déjà raconté ; on connaissait le biais (la triche pour dire les choses vraiment) de l‘arrêt prématuré ; avec IMPROVE-IT, on aura désormais  l’arrêt retardé qui est aussi une façon de tricher ou une violation avérée de ce qu’on appelle l’hypothèse primaire. Bref, on multiple les analyses en prolongeant l’essai avec l’espoir qu’enfin quelque chose arrive. Pauvre science, triste époque !

Je n’ai pas su très bien compter [de toute façon, je ne crois pas un mot de ce qu'ils écrivent] sur ce que les auteurs (ceux qui signent, pas les fantômes qui écrivent…) nous racontent mais j’ai l’impression qu’ils ont procédé à une douzaine d’analyses intérimaires pour finalement arrêter un essai qui depuis 2008 n’était plus conduit en double aveugle. Si je fais abstraction de cet aspect pourtant crucial, je vais exiger une signification statistique (après correction dite de Bonferroni) <0.005 correspondant grosso modo à 0.05 divisé par 12 (le nombre d’analyses intérimaires)… Je ne rentre pas dans les détails…

Les auteurs (et les médias complices) présentent dans un récent article du New England Journal of Medicine (un bréviaire corrompu qui se félicite de l’être…) leurs données comme une confirmation de leurs hypothèses.

En fait, le résultat final et calamiteux est simple : il n’y a pas de différence entre les deux groupes sur la mortalité totale et la mortalité cardiovasculaire, les seuls critères de jugement recevables (et encore…) vu les défauts de l’essai. Pourtant, ils disent que quelques complications pourraient avoir été évitées de façon proportionnelle à la diminution du cholestérol dans un groupe par rapport à l’autre… Si l’on est un peu exigeant sur le plan statistique (voir ci-dessus), il ne se passe rien du tout dans cet essai.

Je ne suis pas le seul à le penser, les commentaires enregistrés ici ou là le montrent sans ambiguïté.

Ce qui n’est pas étonnant puisque le cholestérol est innocent ; et que les médicaments anticholestérol sont inefficaces pour nous protéger des maladies cardiovasculaires. Ce que IMPROVE-IT finalement confirme.

Malgré les évidentes tentatives de tricher… « Ah ! pardon, je n’ai pas fait exprès » diront-ils le jour du jugement !

Plus étonnant, et très inquiétant, c’est l’absence de différence concernant les effets adverses et la toxicité.

Deux médicaments anticholestérol (versus un seul) ; sept ans de suivi, et pas de différence entre les deux groupes ?

Hum ! Vous avez dit « Bizarre », tiens c’est bizarre…

Peut-être que sur cette période, la toxicité de la statine fut telle que l’addition de l’ézétimibe n’y changea rien ?

Hum !

Au vu du reste, je crois urgent d’avoir un accès libre aux données brutes de cet essai !

Pas d’illusion à se faire, c’est un secret industriel !

 

 

 

 

 

 

 

 

JOYEUSE INDISCIPLINE

Des experts rémunérés, mais hollandais, pleurnichaient récemment dans un meeting organisé à Amsterdam par une officine de l’industrie pharmaceutique visant à récompenser les bons praticiens (ceux qui prescrivent les bons médicaments) et à « cadrer » les discours supposés scientifiques qu’il faut servir à des médias « aux ordres »…

Pourquoi ces larmes de crocodile ?

Parce que les hollandais susceptibles de prendre des médicaments anticholestérol, selon les recommandations des savants hollandais, ne les prennent pas.
Seulement deux sur dix selon une grande étude de plus de 70,000 participants en prévention primaire et deux sur trois en prévention secondaire après un infarctus et seulement un sur deux après un AVC.

Selon les savants qui rapportent ces données de consommation désastreuses, on aurait ainsi dénombré plus de 12,000 complications cardiovasculaires qui auraient pu être évitées si ces imbéciles de hollandais avaient suivi les recommandations de ladite officine subventionnée…

Pas de réflexion critique évidemment concernant ce judicieux calcul et pas non plus de question concernant les « mauvaises » raisons qui pourraient expliquer cet état de fait…

Généralement disciplinés les hollandais, pourtant !

Que se passe t-il ?

A mon humble avis, les citoyens hollandais ont déjà compris qu’il ne fallait pas faire confiance à ces prescripteurs acharnés ; il est également possible que de plus en plus de médecins font semblant de prescrire : je vous l’écris sur l’ordonnance [précaution juridique élémentaire], mais vous faites ce que vous pensez le mieux pour vous [ça n'est pas écrit...] et je ne vous en voudrais pas...

Ces résistants clandestins (ou ces maquisards) sont de plus en plus nombreux ; preuve que l’heure de la Libération approche…

 

10 minutes sur France Inter le mercredi 13 mai

Je n’ai pas pu prévenir car j’ai été contacté le matin même pour répondre à un interview à 14:00 sur une émission scientifique de France Inter .

Mais si on aime ma voix mélodieuse, on peut me retrouver via Internet car ces trucs sont enregistrés.

Tout ça pour parler – c’est le vrai sujet – d’un article très récent révélant que l’adoption de la diète méditerranéenne avait un effet significatif (diminution) sur le déclin cognitif lié à l’âge.

Ce déclin cognitif est, semble t-il,  inéluctable avec l’âge : on perd ses neurones (disent certains) et d’autres choses, un peu la mémoire, l’aisance verbale, la capacité au calcul mental, etcétéra.

Pas de quoi faire un drame. Tout commence et tout fini ; mieux vaut que ce soit progressif…

Pépé est gâteux, y passera pas l’hiver ; ça s’appelait un PPH dans le temps.

Le problème en devient un – et médical en plus – quand ce déclin est un peu trop rapide pour l’âge ; autrement dit « être gâteux » à 40 ans comme on ne devrait l’être qu’à 80 ans. Je caricature un peu, tous les cas de figure sont possibles ; je connais des vieillards très brillants et j’en connais même qui à 65 ans sont mieux qu’à 25 ans…

Plus grave, ce déclin accéléré est parfois annonciateur de démence type Alzheimer.

Donc à prendre au sérieux ; surtout si on peut faire quelque chose ; et on peut, mais faut faire vite ou très tôt dans la vie :

1- exercice physique

2- diète méditerranéenne

3- prévention du diabète et des syndromes métaboliques

4- surtout pas de statine ou autre médicament anti-cholestérol

J’ai eu 10 minutes pour en parler un peu, c’était sympa, ce sont de bons interviewers, je les remercie ; faites en autant merci ; les gens biens aiment qu’on le leur dise…

Bon vent, matelots

 

 

 

Que « signifient » les calcifications des artères coronaires ? Et que font les statines sur cette accumulation calcique ?

Autrement dit, que devons nous penser du fait d’avoir des (certaines) artères « calcifiées » ?

Est-ce grave docteur ?

Soyons précis. Le calcium est opaque aux rayons X, c’est le principe de la radiologie médicale moderne ; ce sont les os qu’on voit le mieux sur les clichés. En principe, il n’y a pas de calcium dans la paroi des artères.

Les produits iodés hydrosolubles (et injectables) sont aussi très utilisés en radiologie cardiologique (on dit que ce sont des « produits de contraste ») pour visualiser le contenu des artères (ou la lumière, et pas la paroi) et donc la présence de sténose des artères, c’est-à-dire de plaque d’athérosclérose en général, mais aussi des thrombus, etc…

L’imagerie médicale moderne, notamment le scanner, permet de percevoir la présence de calcium même en très faibles quantités dans la paroi des artères coronaires. Certains ont même élaboré des « scores calciques » supposés devenir des facteurs de diagnostic de maladies des artères coronaires, voire des facteurs prognostiques, selon le principe plus il y a du calcium, plus la maladie est grave

Et évidemment, un joyeux business s’est développé sur ces bases, permettant de participer à l’amortissement de matériels d’imagerie complexes et couteux.

Est-il normal d’avoir du calcium dans la paroi des artères ? Évidemment non, car seules les cellules des os « savent » accumuler du calcium ; mais pour faire de l’os justement, pas de l’artère.

Si les cellules de la paroi artérielle « se prennent » pour des cellules d’os, c’est qu’elles se « trompent de métier » ; c’est anormal ; mais ça se voit effectivement dans les vieilles artères (généralement chez des personnes très âgées, et à l’autopsie), sans qu’on puisse dire si c’est vraiment anormal dans ces cas-là…

Le problème est qu’on voit désormais du calcium dans les artères de gens assez jeunes (ce qui devient plus « anormal ») ; sans qu’il soit possible de dire si ce nouveau type de diagnostic est dû au perfectionnement des appareils d’imagerie (autrement dit, ça aurait toujours existé) ou bien s’il s’agit d’un phénomène nouveau. Difficile à dire !

Certains experts pensent que la présence de calcium dans les artères est de mauvais pronostic surtout si on observe une « progression » de l’accumulation de calcium avec le temps ; c’est là pour ceux qui lisent en anglais : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23500326

C’est assez logique car cette « progression » traduit un processus évolutif donc inquiétant ; mais ça ne dit pas qu’elle peut être la valeur pronostic d’un score calcique ponctuel.

Mais certains prétendent qu’avoir « beaucoup de calcium » peut multiplier par 5, voire 10 (avec un très gros score calcique), le risque de complications cardiaques par rapport à ceux qui ont zéro calcium dans leurs artères.

« Beaucoup » à un moment donné peut effectivement traduire une progression plus ou moins récente, mais réelle, et donc une pathologie évolutive. Pour ceux qui lisent l’anglais, c’est là : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18367736

Nul besoin d’être polytechnicien, ministre, ou professeur de cardiologie dans une université parisienne pour comprendre  qu’il vaut mieux ne pas avoir de calcium dans ses coronaires ; ce qui ne veut certes pas dire qu’en avoir « un peu » soit une catastrophe ; surtout si dès lors on suit attentivement les conseils du gentil Dr de Lorgeril…

Question subsidiaire : faut-il prendre des statines pour se protéger des dépôts calciques ?

Il y a à ce propos une quasi unanimité (l’évidence est si énorme qu’elle est impossible à cacher…)  parmi les experts des statines et ceux de l’imagerie calcique : les statines augmentent les dépôts calciques dans les coronaires et plus les doses de statines sont fortes et plus le score calcique augmente !

C’est là, par exemple : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25835438

Par Belzébuth !

Ajoutons à ça (très inquiétant pour les consommateurs de statines) que les plus prestigieux anatomopathologistes montrent sur des données d’autopsie comment le calcium des artères peut « précipiter » les complications cardiovasculaires. Je n’ai pas lu de contestation à ce sujet.

Nous sommes donc face à une contradiction majeure et indépassable : 1) soit les spécialistes du score calcique sont des imbéciles heureux ; 2) soit les vendeurs et propagandistes des statines nous racontent des foutaises depuis plus de 20 ans !

Si quelqu’un avait une troisième explication possible, on sera heureux de l’apprendre.

On nous épargnera la calamiteuse théorie [du "prestigieux" Dr Nissen de la Cleveland Clinic aux USA, un des plus acharnés défenseurs des statines] disant que le « calcium contribue à stabiliser les plaques d’athérosclérose ». Pas si drôle pour le consommateur et le prescripteur de statines…

Conclusion : l’épidémie d’accumulation calcique coronaire observée depuis quelques années (années 2000s pour faire simple) ne serait peut-être pas due seulement au perfectionnement de l’imagerie cardiaque mais aussi (et peut-être beaucoup) à la folie des statines

 

 

 

 

 

 

Je serai à Marseille le 1er Avril 2015

 

POUR S’INSCRIRE, DEUX POSSIBILITÉS :

- appeler le 04 91 49 69 98 et laisser leurs noms et prénoms.
- envoyer un mail à jndietetique@orange.fr avec leurs noms et prénoms.
L’inscription est gratuite

 

 

 

Ce n’est pas un poisson d’avril !

J’ai été invité à « faire le point sur le cholestérol » aux 56èmes Journées Nationales de Diététique et de Nutrition.

Où ?

Hôpital La Timone Adultes, Amphithéâtre HA1

Mercredi 01 avril 2015 à 14:00 – (Conférence débat ouverte au grand public sur inscription)

 

 

Imagerie des carotides : utile ou néfaste ?

L’imagerie médicale est un business florissant ; pour ceux qui font les images (souvent radiologues mais aussi angiologues et cardiologues, par exemple) et pour ceux qui vendent les machines à faire des images.

On laisse de côté l’imagerie des fœtus dans le ventre de leur maman, c’est trop mignon et sans doute très utile, ce n’est pas le propos d’aujourd’hui.

Il y a bien sûr d’autres images qui peuvent être cliniquement formidables et même salvatrices ; mais on parle ici de faire des images systématiques des artères carotides à la recherche de sténoses qui pourraient s’avérer dangereuses pour le cerveau de celui ou celle chez qui on image une sténose.

Même un opérateur peu entrainé peut faire (vite) de belles images des carotides car elles sont facilement accessibles au niveau du cou ; et ces images sont bien payées par la sécu. Beaucoup d’avantages donc à faire ce genre d’images ! On ne parle donc pas des images obtenues par cathétérisme artérielle ; seulement des techniques non-invasives, les spécialistes me comprennent.

Il y a deux circonstances principales, en simplifiant, où des médecins font – devraient ou ne devraient pas faire – ce genre d’image :

-  soit le patient a (ou a eu) des symptômes neurologiques variés (de la syncope aux pertes de mémoire) et on cherche une explication du côté des artères qui irriguent le cerveau ;

-  soit il est totalement asymptomatique et on examine ses artères pour voir si … ; si dès fois que … ; on ne sait jamais …

Évidemment, la très grande majorité des imageries des carotides sont faites dans le deuxième contexte ; ce qui coûte cher ; à un moment où nous devons trouver des économies, comme on dit à la télé.

Laissons de côté le coût de ces examens [la santé n’a pas de prix !] et demandons-nous si c’est utile de faire ces images pour notre santé ! Je rappelle que nous excluons les cas où il y a eu de vrais symptômes neurologiques.

La réponse est répétitive de la part des Autorités de Santé aux USA et ailleurs, sur la base d’études à peu près sérieuses : il ne faut pas faire ce genre d’imagerie en l’absence de symptômes, ce n’est pas bon pour les patients. Pourquoi ?

Mettons-nous en situation. Mon patient a un cholestérol un peu élevé, ou il a un peu d’hypertension ou une glycémie un peu élevée [tout ça selon des critères fort litigieux …] ; il n’a aucun symptôme neurologique mais il s’inquiète de l’état de ses artères ; son généraliste aussi.

Pour les rassurer, on programme une imagerie des artères … et patatras, on trouve une sténose sur une carotide. Affolement général immédiat !

Continuons la mise en situation.

Soit cette sténose est peu sévère ; et on commence (dans la précipitation) des traitements médicamenteux : aspirine ou autre antiplaquettaire, statine, antihypertenseur si ça n’était pas encore le cas … Et voilà qu’un être bien portant jusque-là devient un malade … chez lequel pourtant on ne soigne qu’une image !

On refait des images tous les 6 mois (voire tous les 3 mois), on augmente les doses de médicaments, les effets secondaires ne tardent pas … qui nécessitent d’autres médicaments ; qui provoquent d’autres effets secondaires …

Bref, le cycle infernal dont on ose rarement sortir, hélas.

Soit la sténose est sévère (on dit « serrée » entre spécialistes) et on programme de la chirurgie [l’opération s’appelle une endartériectomie], ou bien la pose d’un stent pour déboucher l’artère fautive ; et après, on ajoute tous les médicaments suscités ; si on a survécu à la chirurgie et si on est sorti indemne du stenting.

A-t-on démontré que toute cette agitation pour soigner des images sans symptôme était utile au patient ?

Concernant la chirurgie et le stent, le consensus est qu’on ne rend pas service aux patients : plus de complications que de bénéfices !

Bien, si vous voulez vous débarrasser de votre belle-mère …

Avec le traitement médical, même chose, pas de bénéfice de traiter des images ; une fois qu’on a éliminé tous les rapports télécommandés par l’industrie …

Cette absence d’effet bénéfique du traitement des images rappelle l’absence d’effet du traitement des sons. En effet, du temps où l’imagerie ne se faisait pas, les médecins auscultaient encore les carotides de leurs patients et entendaient parfois des souffles qui témoignaient de la présence de sténose dans les carotides. Et déjà le consensus était que la présence d’un souffle ne suffisait pas à motiver des examens complémentaires, donc des images, et encore moins des traitements toxiques ou dangereux !

Leçon du jour : en l’absence de symptôme clinique, on ne doit pas faire des images des artères ; ça nous conduit dans des culs de sacs thérapeutiques ! Voilà où nous conduit la civilisation des images ; et des jeux (vidéos) qui souvent vont avec !

Deuxième leçon : dans tous les cas, il faut adopter un mode de vie protecteur ; mais ça, ce n’est pas du business ; donc on n’y pense même pas ; plus lucratif de faire de images !

LES STATINES FONT GROSSIR … BEAUCOUP ET VITE !

Nous savions que les statines augmentent le risque d’avoir un diabète, nous le disions dans notre 1er livre sur ce sujet en 2006.

Ce ne fut pourtant admis (après de lourdes hésitations) par les experts qu’en 2012 alors que ces médicaments sont commercialisés depuis les années 1990s.

Il aura fallu plus de 20 ans pour que l’évidence soit démasquée … presque par hasard.

Nous disons aussi depuis longtemps que les statines ne peuvent que faire grossir !

Pourquoi a-t-il été impossible de l’affirmer sans détour ou, inversement, le nier catégoriquement ?

Parce qu’aucun des essais (testant une statine) publiés à ce jour n’a rapporté les données concernant le poids des patients pendant et à la fin de l’essai.

Si vous détectez cette information quelque part, merci de me la communiquer.

Comment est-ce possible ?

Comment des éditeurs de journaux prestigieux et des experts (arbitres) relisant les rapports de ces essais ont-ils pu laisser passer un tel manque ?

Les investigateurs nous ont abreuvés de données inutiles mais n’ont rien dit sur l’évolution du poids !

S’ils n’ont rien dit, c’est qu’ils ne voulaient pas le dire, et s’ils ne voulaient pas, c’est que ça n’était pas bon pour le produit testé. Bien sûr, mon Cher Watson !

Et voilà qu’une grande étude américaine sur près de 28,000 adultes de plus de 20 ans d’âge suivis en moyenne sur 10 ans et comparant des personnes sous statines et d’autres sans statines nous annonce que les statines entrainent une prise de poids de 3 à 5 kilos en 5 ans environ. C’est dans JAMA Intern Med et publié le 24 Avril 2014 (online)

Ce sont des moyennes évidemment, ça ne dit rien sur le poids de départ, les doses de statine, la durée réelle du traitement ; bref, c’est à la fois fragile (quoique incontestable) mais peu précis ; laissant toutefois penser que chez certains (fortes doses, longue durée de traitement, prédisposition à l’embonpoint), l’effet des statines sur le poids peut être catastrophique.

Comme pour le diabète, tout avait été fait pour nous le cacher !

Et comme le diabète et le surpoids augmentent considérablement le risque de cancers, inéluctablement …

Et ils le cachent !

Mais les visiteurs de ce Blog le savent depuis longtemps !

Les investigateurs américains qui rapportent cet effet des statines sur le poids ont aussi analysé (grossièrement) les habitudes alimentaires de cette population (sous statine ou non) et constatent que lorsqu’un sujet américain se voit prescrire une statine, il mange plus et plus gras ; ils disent que les statines rendent “goinfres“ ou gloutons …

Peut-être !

Mais les statines sont toxiques pour les muscles, ce qui inéluctablement diminue l’activité physique des victimes, et rendent insulino-résistants ; et tout ça fait grossir !

Pour résumer, quel que soit le mécanisme toxique à l’œuvre, LES STATINES FONT GROSSIR … BEAUCOUP ET VITE !

Allons-nous enfin savoir ce qui s’est vraiment passé dans les 40 essais cliniques testant les effets des statines ?

S’il y avait autre chose que des complices dans les Institutions (ici et ailleurs) chargées de protéger les patients (et les médecins) des méfaits du marketing industriel et de leurs affidés rémunérés dans les plus prestigieux hôpitaux (ici et ailleurs), nous le saurions déjà !

Ça ne risque pas d’arriver !

Hélas !

PREVENTION DE L’ACCIDENT VASCULAIRE CEREBRAL

Différentes corporations professionnelles américaines (notamment les cardiologues et les neurologues) vont publier en Juillet 2014 (les initiés l’ont déjà en mains) une gros document résumant ce qu’il est bon de faire pour se protéger de l’accident vasculaire cérébral (AVC).

Précisions : cela concerne la prévention secondaire des AVC ischémiques (donc pas les AVC hémorragiques) ; et “secondaire“  signifie qu’on a déjà eu un AVC ou une alerte mineure.

Mais comme tout ce qui est bon pour la prévention des récidives est évidemment bon pour empêcher un premier AVC, ce document est fondamental.

Parmi les AVC ischémiques, il y a ceux qui en meurent et ceux qui restent gravement handicapés …

Aux USA, le nombre total d’AVC ischémiques avérés ou d’alertes mineures est d’environ un million par an. Le taux de récidive après un AVC ou une alerte d’environ 5% par an.

Tout ça pour dire que ça fait partie des pires calamités dans nos sociétés et que, contrairement aux traitements des crises cardiaques, des progrès décisifs tardent à voir le jour.

Il s’agit d’un énorme document détaillant les circonstances cliniques variables où un AVC ischémique survient dans nos sociétés ; impossible de résumer ici ; on y trouve de nombreuses informations importantes et intéressantes pour les médecins traitants, y compris des détails concernant des maladies rares ; on ne va pas s’en plaindre ; il n’y a pas d’équivalent en langue française ; qu’on me détrompe si je me trompe.

Concernant les recommandations, on y trouve le meilleur et le pire.

Pour le meilleur, c’est le conseil de privilégier la diète méditerranéenne, quand on donne des conseils diététiques, on n’y croit pas, il aura donc fallu 20 ans [1994 est en effet la date de notre premier rapport sur ce modèle alimentaire qui fit tant rire les notables de l’époque ; et encore leurs descendants d’aujourd’hui …].

Pour le pire, c’est la recommandation de prescrire des statines à fortes doses. Les justifications à ce traitement sont simplement ridicules (je pèse mes mots) puisque les auteurs de ce document énumèrent de façon claire toutes les bonnes raisons de ne pas le faire, sauf une : le seul essai ayant montré un minuscule effet favorable (l’essai SPARCL) n’est pas crédible statistiquement, j’en ai parlé dans mes livres, ce qui fait qu’il n’y a scientifiquement AUCUN argument justifiant la prescription de statines chez ces patients ; et pourtant …

Les médecins ne doivent pas prescrire ces médicaments chez les patients qui ont survécu à un AVC, le code de déontologie le leur interdit, c’est aussi simple que ça !

D’autant plus qu’en ce mois d’avril 2014, les investigateurs de la grande Étude de Rotterdam ont publié les résultats de 13 ans de suivi d’une large cohorte (près de 7000 personnes), parmi lesquelles plus de 1000 ont présenté un AVC, ischémique ou hémorragique, pendant l’étude. Une banque de données fantastique pour évaluer l’importance des facteurs de risque possibles d’AVC.

Que voit-on ?

Confirmation de ce que nous savons déjà : l’hypertension artérielle, le tabac, le diabète et la fibrillation auriculaire (quelle qu’en soit la cause) augmentent le risque d’AVC ischémique ou hémorragique. Le surpoids et le cholestérol ne semblent jouer aucun rôle. Le fait d’être déjà coronarien avéré ou l’épaisseur de la paroi des artères carotides, le fameux IMT, ne semblent pas importants.

Je ne vais pas discuter ici comment on peut analyser ces résultats en détails.

Mais il est évidemment important – c’est un minimum – de séparer les AVC ischémiques et les AVC hémorragiques qui ne répondent pas aux mêmes mécanismes et mêmes causes supposées.

Malheureusement, il est parfois difficile d’être certain qu’un AVC est vraiment ischémique ou vraiment hémorragique. A Rotterdam, ils ont été capables d’identifier avec certitude 600 AVC ischémiques et 100 AVC hémorragiques.

Ces nouvelles analyses confirment que l’hypertension et le tabac sont les deux facteurs de risque majeurs d’AVC ischémiques et hémorragiques ; donc le mode de vie, tout le monde a compris …

On notera surtout que le cholestérol [y compris le supposé “mauvais” LDL] n’est pas associé à une augmentation du risque d’AVC ischémique ; mais qu’il est inversement associé au risque d’AVC hémorragique ; vous avez bien lu INVERSEMENT !

Dit autrement, plus le cholestérol est bas et plus le risque d’AVC hémorragique augmente !

Pour ceux qui avaient le cholestérol le plus haut, le risque d’AVC hémorragique était 70% inférieur par rapport à ceux qui avaient le cholestérol le plus bas.

Dernière précision, ce cholestérol abaissé avait une cause naturelle ou était un effet thérapeutique, l’effet d’une statine évidemment.

Cet effet des statines sur le risque d’AVC hémorragique a été observé dans d’autres études et essais cliniques ; c’est donc une confirmation et ceux qui nous lisent le savent déjà et ne sont pas surpris …

CONCLUSION : dans une perspective de prévention des AVC ischémiques et hémorragiques, il ne ne faut pas diminuer le cholestérol !

Si vous connaissez quelqu’un qui prétend le contraire sur une base scientifique, envoyez-le moi !