Archives pour la catégorie Diabète

Pour les diabétiques aussi, le pronostic dépend beaucoup du mode de vie

 

Dans un article publié le 26 Juin 2018 dans le JOURNAL OF THE AMERICAN COLLEGE OF CARDIOLOGY, des épidémiologistes américains (Université Harvard) rapportent les résultats d’une grande étude visant à évaluer les relations entre mode de vie et mortalité cardiovasculaire spécifiquement chez les diabétiques.

lifestyle & diabetes 1

 

 

 

 

 

C’est une très belle étude :  plus de 11500 diabétiques (type 2) suivis pendant plus de 13 ans. Il y a eu 2311 accidents cardiovasculaires (infarctus et AVC) et 858 décès de cause cardiaque.

Je passe les détails et j’insiste sur l’évaluation du mode de vie. Quatre facteurs de mode de vie (lifestyle en anglais) étaient soigneusement quantifiés :

1- les habitudes alimentaires : plus on est proche du modèle méditerranéen et mieux c’est, en simplifiant…

2- le tabac : moins on fume et mieux c’est, en simplifiant…

3- l’activité physique : plus on en a et mieux c’est, en simplifiant…

4- la consommation d’alcool : si elle est modérée, c’est OK…

Ils ont construit un score (de zéro à 4) avec les zéros ayant le plus mauvais score de mode de vie : régime alimentaire médiocre + tabac + sédentarité + trop d’alcool (ou pas du tout). Puis ils ont analysé les associations entre le score de mode de vie et les accidents ou la mortalité cardiovasculaires.

Je représente leurs résultats sous forme de graphique, c’est plus joli et plus parlant à mon avis.

lifestyle 2

Je pense que tout le monde comprend « incidence » et « mortality » ; « CVD » veut dire « cardiovascular disease » ou maladie cardiovasculaire.

Le groupe zéro facteur protecteur (low-risk lifestyle factors, en horizontal) sert de groupe de référence avec un HR (Hazard Ratio en anglais) de 1 en vertical.

Plus on a des facteurs protecteurs et plus le HR diminue que ce soit pour l’incidence ou pour la mortalité. La relation est presque linéaire : le 0.32 pour plus de 3 facteurs  protecteurs dans le cadran mortalité à droite signifie que le risque de décès de cause cardiaque est réduit de 70%.

Si vous êtes diabétique [et aussi si vous ne l'êtes pas] et que les choses ne sont pas assez claires, je vous recommande la lecture urgente de notre livre « Prévenir l’infarctus et l’AVC » ; ça pourrait vous sauver la vie… même pendant les vacances !

Faut-il préciser qu’aucun médicament ne peut produire le dixième de cet effet protecteur !

Toute affaire cessante, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

 

 

 

 

 

 

Je serai à Lancrans (près de Genève et de Bellegarde sur Valserine dans l’Ain) le 18 Mai 2018

 

Ce sera à l’invitation de l’association Grain de Sel à 20:30 à Lancrans dans l’Ain.

Titre de la conférence : Cholestérol ami ou ennemi ?

Je commenterai notamment les dernières études sur les médicaments anticholestérol

On aura deux heures.

On pourra parler d’autres choses, de nutrition, de vaccins, etcétéra

N’hésitez pas à venir me dire ce que vous pensez de tout ça.

Ça m’intéresse !

 

 

 

 

 

L'horrible vérité sur les médicaments anticholestérol

Debriefing après l’émission de France Culture sur le cholestérol

 

Pour ré-écouter l’émission de France Culture : https://www.franceculture.fr/recherche/articles-et-diffusions?q=Lorgeril

Certes le présentateur est un peu « horrifié » de ce qu’il entend et j’ai dû le freiner sous peine de me voir à nouveau accusé d’horrifier les populations.

Quelle est la limite entre « information objective et douloureuse » et « ne pas horrifier la population » ?

Le présentateur m’a reproché d’avoir décliné son invitation d’échanger avec un représentant de la Société Française de Cardiologie.

C’est inexact.

J’ai seulement demandé que mon interlocuteur soit un vrai expert du sujet « cholestérol » et que cet expert soit vraiment indépendant, c’est-à-dire libre de tout grossier conflit d’intérêt.

Ce n’était pas une exigence irrationnelle si on veut délivrer un message scientifique !

France Culture n’en a pas trouvé ! D’où l’absence de représentant de cette honorable corporation.

Ce n’est pas ma faute si…

Mais c’est une information majeure !

 

 

 

 

 

Statines et toxicité musculaire

 

J’ai déjà beaucoup écrit sur les effets musculaires des statines, notamment dans mes livres, avec les conséquences catastrophiques que cela implique dans le processus d’adoption d’un mode de vie protecteur.

Je ne suis pas le seul à penser que c’est catastrophique ; mais beaucoup d’autres (liés à l’industrie) préfèrent nier les faits.

D’autres enfin, profitant de leur supposée autorité académique, prétendent que cette toxicité musculaire n’existe pas ou est négligeable ; et ils usent de la désinformation (articles et analyses supposés scientifiques) pour essayer de convaincre des professionnels de santé plongés dans la confusion : qui croire, pensent ces profesionnels ?

Les académiciens ou les scientifiques indépendants ?

Pour les aider, mes amis de l’AIMSIB m’ont aimablement demandé un article explicatif de cette question.

Explicatif de quoi ? De la façon dont on procède pour tromper !

L’AIMSIB vient de publier cet article sur son site ;

c’est là : https://aimsib.org/2017/03/22/statines-et-douleurs-musculaires-qui-desinforme-qui/#comments

Vos commentaires et questions seront les bienvenus !

 

 

 

 

Conférence (et plus si affinités…) à Grenoble le jeudi 1er décembre

 

Ce sera à 18:30 au Muséum d’Histoire Naturelle mais le seul fossile (ou squelette d’invertébré) qui sera sur la sellette pour la circonstance, ce sera moi !

J’espère que cet humour-là ne va pas déclencher des passions…

L’entrée du public vers l’Auditorium se fera rue des Dauphins (côté Rectorat).

Le sujet c’est la prévention des maladies chroniques ; je parlerai de « régime méditerranéen » et d’autres choses en fonction de la demande…

Si vous êtes dans le doute, professionnels de santé ou simple citoyen, c’est le moment de venir me jeter des œufs ou des tomates pourries [symboliquement, s'entend, car il faut nettoyer après...] ; à moins que n’ayez conservé quelque pudeur ou quelque aptitude au sens critique…

Moment de se défouler avant les fêtes !

A vous voir… pour échanger !

 

 

 

 

 

C’est quoi un essai clinique ?

Un essai clinique, c’est quoi ?

Ceux qui ont lu mes livres le savent déjà ; mais un petit rappel ne fera pas de mal…

Pour les autres, médecins prescripteurs et patients (bénéficiaires et/ou victimes), il est urgent de se « mettre à jour ». Car celui qui comprend ce qu’est un essai clinique comprend toute la médecine moderne, d’un coup d’un seul ; dommage de se priver !

D’autant plus qu’en comprenant la médecine moderne [mieux que ceux qui sont supposés l'enseigner ! Oups ! Je plaisante bien sûr !], on dispose déjà de quelques munitions (les meilleures) pour se défendre en cas d’attaques incongrues, d’où qu’elles viennent…

Ce n’est pas en quelques lignes que je vais faire le tour de cette question apparemment compliquée mais, pour ceux qui veulent vivre les yeux ouverts, je vais essayer d’entre-ouvrir quelques fenêtres.

Pour ceux qui lisent l’anglais, je recommande la lecture d’une bonne référence à propos des essais cliniques (ci-dessous) dans un journal médical anglais (le British Medical Journal) qui est un peu la source de documents indispensables pour les médecins anglais (et anglophones) ; nous n’avons pas d’équivalent en langue française ; ce qui donne une idée d’une part de la décadence accélérée de la culture médicale francophone et d’autre part de l’incapacité où se trouvent les médecins praticiens qui ne parlent pas l’anglais d’avoir accès à des documents de valeur :

http://www.bmj.com.gate2.inist.fr/content/346/bmj.e7586.long

Certes, ça fait 42 pages.

Qu’il y ait 42 pages et que ce soit en anglais n’est pas une excuse. Tout professionnel de santé doit comprendre ça ; sinon il est une marionnette manipulée par toute sortes d’intérêts divergents…

Courage les amis ! Votre indépendance professionnelle (si vous êtes médecin) ou votre sécurité (si vous êtes patient et sceptique) passent par une lecture attentive de ces 42 pages… Oups !

Je plaisante bien sûr ! Je vais essayer d ‘en dire quelques mots quand même.

Pour simplifier, je vais le faire en plusieurs épisodes, comme à la télé !

Donc Épisode 1, c’est maintenant.

L’essai clinique, c’est la façon moderne (et scientifique) d’évaluer l’utilité (les bénéfices attendus), l’innocuité relative (les effets adverses ou les risques de toxicité) et le rapport bénéfice/risque de tout médicament mis sur le marché ; et donc mis à la disposition des médecins pour faire leur métier : soulager et souvent guérir des patients en souffrance.

Attention : si l’essai clinique est indispensable pour évaluer l’utilité d’un médicament, il est peu (voire très peu) efficace pour évaluer son innocuité ou sa toxicité.

Vous pouvez juger de la compétence d’un médecin ou d’un pseudo-scientifique sur cette seule notion : l’efficacité de l’essai clinique pour identifier les effets toxiques d’un médicament.

Si on vous dit que les essais cliniques n’ont pas démontré la toxicité des statines, par exemple, vous pouvez continuer votre chemin, la personne qui vous dit ça n’a rien compris. Ceux qui ont lu mes livres savent pourquoi je dis ça ; s’ils ne le savent pas, il faut les relire !

Inutile de préciser que de nombreux médicaments actuellement (et depuis longtemps) sur le marché (certains fort utiles) ne sont pas passés par ce filtre (l’essai clinique) considéré aujourd’hui comme indispensable. Et, conséquence inéluctable de ce laxisme antérieur, des médicaments largement prescrits pendant des décennies s’avèrent un jour plus toxiques qu’utiles : médiator, depakine et beaucoup d’autres.

Cela dit, si un essai clinique montre des effets toxiques d’un médicament, il faut bien sûr les enregistrer et en tenir compte.

Mais s’il ne rapporte rien dans ses filets, ça ne veut pas dire que le médicament ne soit pas potentiellement toxique ; des études plus longues et plus adaptées à l’identification des effets indésirables sont indispensables. Surtout, il faut que ces études soient conduites indépendamment  du détenteur du brevet.

Parfois, la chance peut aider. Mais il ne faut pas trop compter sur la chance. Par exemple, c’est par inadvertance que des investigateurs (pourtant sponsorisés) ont mis à jour la toxicité des coxibs (Vioxx) ou l’effet diabétogène des statines…

Je résume l’épisode 1 :

1) l’essai clinique sert à [est construit pour] démontrer l’utilité d’un traitement (médicament ou autre) ;

2) l’essai clinique de donne que des arguments partiels sur l’innocuité et la toxicité des médicaments et autres traitements.

La suite dans l’épisode 2…

 

 

 

 

 

 

Aspirine à faibles doses pour empêcher les complications cardiovasculaires chez les diabétiques ?

 

C’est une question difficile : le diabète est une cause de complications cardiovasculaires.

Au-delà de l’adoption d’un mode de vie protecteur (nutrition, exercice physique, environnement, contrôle du stress, en faisant court), certains médicaments peuvent-ils être utiles ?

Deux types de médicaments « ordinaires » peuvent être discutés aujourd’hui car nous avons un recul et une expérience médicale de terrain qui permettent de répondre, avec plus ou moins de probabilité de ne pas trop se tromper (difficile d’être plus relatif…), sans avoir à se référer aux proclamations de certains experts (ou pseudo-experts) rémunérés dont l’inculture et la bêtise n’égalent que la morgue et l’arrogance qu’ils nous administrent grossièrement via des médias professionnels aux ordres de leurs bienfaiteurs (Oups !) : je veux parler des médicaments anticholestérol et des antiplaquettaires.

Pour les médicaments anticholestérol (statines) , je renvoie à mes livres (notamment « L’horrible vérité sur…« ).

Sur ce sujet (statines et diabète), on peut difficilement faire mieux à la fois en termes de désinformation des médecins et du public et de biais méthodologiques sournois dans les travaux scientifiques. Vite lire « L’horrible vérité sur… » pour bien comprendre !

Conclusion simple avec les statines : non seulement ces médicaments ne protègent pas les diabétiques des maladies cardiovasculaires, mais ils sont gravement toxiques pour eux.

Pire, ils provoquent ou aggravent le diabète ! CQFD comme disent les matheux.

Pour les médicaments antiplaquettaires (par exemple, l’aspirine), c’est plus difficile de décider mais c’est aussi plus facile d’analyser ; car les biais « marketing et business » sont moins prégnants.

Une étude récente [japonaise, dommage, car les japonais ont généralement des habitudes alimentaires protectrices ; ce qui évidemment influence toute étude médica-menteuse] peut nous aider à y voir un peu claire.

Dans cette étude combinant une phase d’intervention (avec tirage au sort) et une phase d’observation, les investigateurs n’ont observé aucun bénéfice chez des diabétiques recevant de l’aspirine sur une période de suivi d’une dizaine d’années.

Ils ont par contre observé plus d’hémorragies digestives , ce qui est loin d’être inattendu.

Quoiqu’il faille rester prudent (vu les limites méthodologiques), je conclurais que les diabétiques n’ont pas intérêt à consommer de l’aspirine (y compris à faibles doses).

Mais cela ne concerne que les diabétiques qui n’ont pas encore fait de complications cardiovasculaires. Pour les autres, c’est autre chose…

Bref, pas de statine et pas d’aspirine en prévention primaire chez le diabétique.

 

 

 

 

 

Nouveaux médicaments antidiabétiques : profonde confusion et inéluctables controverses

 

Les « petits mondes » de la diabétologie et de la cardiologie sont très agités ces jours-ci.

Et ça n’est pas pour rien, à mon humble avis. Gros business en jeu !

Et ça pourrait durer ; on ne va pas s’ennuyer, à considérer le « début des débats » ; et le niveau des débatteurs… Oups !

Pourquoi ?

Parce qu’après des décennies de médiocre stagnation du traitement du diabète, plusieurs nouvelles classes de médicaments antidiabétiques viennent de bruyamment faire leur entrée sur la scène des « petits mondes » sus-cités.

Mais de façon très paradoxale. C’est assez complexe.

Je résume et simplifie.

Sur la base de la théorie actuelle, il a été longtemps postulé que le diabète est dangereux pour notre santé (et avant un état diabétique avéré et installé, les états dits pré-diabétiques, syndromes métaboliques, résistance à l’insuline, et autres syndromes proches) via ses effets sur le glucose sanguin et l’insuline.

De même et je simplifie encore : plus un traitement (un médicament, surtout) diminue le glucose et l’insuline et mieux ce sera pour notre santé avec notamment des effets bénéfiques supposés sur le risque cardiovasculaire et l’espérance de vie. Bon ! C’est une théorie qu’on peut qualifier de « résistante » à ce jour. Ce n’est pas vraiment mon avis mais cette question mériterait une très longue discussion, donc ce n’est pas pour maintenant…

Depuis quelques années (je simplifie), nous avons vu apparaître plusieurs nouvelles classes de médicaments antidiabétiques. Je simplifie encore.

Les thiazolidinediones (ou glitazones ou activateurs des PPAR gamma), les dipeptidyl peptidase-4 (DPP-4) inhibitors, les GLP-1 receptor agonists, les SGLT-2 inhibitors  et même des α-Glucosidase inhibitors ont été testés dans différents essais cliniques avec des résultats ambivalents sur différents paramètres biologiques et (pour certains) sur le risque de complications cardiovasculaires.

Impossible à résumer ici tant les circonstances de ces essais et les méthodes utilisées dans ces essais sont équivoques ou critiquables pour un scientifique et un médecin acharné (oui, ça existe) à faire émerger des données utiles aux patients et, de façon générale, à la santé publique.

On attendra donc pour s’enthousiasmer !

Car c’est un festival de biais et erreurs méthodologiques. L’étonnant est que beaucoup le disent déjà (donc ambiance très différente de celle qui vit naître les statines) et que ça discute et se dispute ferme notamment sur les réseaux américains ; un festival d’idioties et de controverses naïves certes ; mais enfin, ne nous plaignons pas, cette fois-ci, ça conteste ; pas besoin de s’en mêler pour le moment… Laissons retomber la poussière !

L’idéal serait, on ne saurait trop le répéter, que nous ayons enfin accès aux données brutes de chaque essai important, même ceux qui rapportent des résultats négatifs…

Le plaisant, voire l’amusant, est ailleurs : les bénéfices cliniques supposés ne sont pas parallèles aux effets biologiques de ces nouveaux médicaments miraculeux.

Autrement dit, et en simplifiant toujours, ce ne sont pas ceux qui sont les plus efficaces sur le glucose sanguin et l’insuline qui sont les plus bénéfiques sur le plan cardiovasculaire.

Ce qui remet en cause, on l’a compris, la belle théorie énoncée au début de cet article…

Pas si résistante que ça la théorie officielle, semble t-il !

D’où la « grosse » controverse entre les tenants de cette belle théorie et ceux qui veulent la renverser, histoire de renouveler les hiérarchies !

Normal, la Terre tourne, les organigrammes aussi !

Beau spectacle à dire vrai, mais peu rationnel puisque les résultats des essais cliniques (en termes cardiovasculaires) sont contestables ; et contestés.

Les « contestataires » sont évidemment ceux qui (progressistes pour une fois) remettent en question ces médiocres essais cliniques ; ce qu’ils font non point à cause de cette évidente médiocrité (qu’ils ne voient pas en général) ; mais pour sauver leur théorie favorite !

Pour avoir une idée de l’ambiance (désolé c’est en anglais ; il faudra du temps pour avoir un équivalent en français car c’est assez compliqué tout ça…), je vous propose ce site :

http://www.medpagetoday.com/Endocrinology/Diabetes/59182?xid=nl_mpt_DHE_2016-07-20&eun=g362928d0r&pos=0

On reste calmes et patients et, en attendant du nouveau, on ne change rien, c’est préférable.

Autrement dit, on lit attentivement « Prévenir l’infarctus et l’AVC »… pour se protéger des complications cardiovasculaires !