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Prévention de la fibrillation auriculaire et de l’accident vasculaire cérébral (AVC) embolique

La fibrillation auriculaire (FA) est une arythmie cardiaque parfois très gênante ; mais surtout dangereuse car lorsque l’oreillette fibrille (et ne se contracte pas), des caillots peuvent se former sur ses parois et être ensuite expédiés dans la circulation [ça s’appelle une embolie] notamment lorsqu’elle se contracte à nouveau (cesse de fibriller) car la contraction décroche le caillot.

Cible de choix, le cerveau ; c’est un AVC ; et les dégâts sont proportionnels à la taille de l’artère bouchée, donc à la taille du caillot embolique.

Les sujets plus susceptibles de faire des caillots (de façon inappropriée) et/ou des troubles du rythme de l’oreillette sont les plus à risque, évidemment ; et dans nos sociétés prospères, la FA et l’AVC provoqué par la FA ont pris une allure épidémique.

A ce point du raisonnement, tous ceux qui nous lisent régulièrement ont compris qu’en adoptant un mode de vie protecteur, à la fois anti-arythmique (cardiaque) et anti-caillot, on diminue considérablement le risque de FA emboligène. Les données cliniques et épidémiologiques sont absolument claires !

Mais cette approche mode de vie préventive ne figure pas dans les logiciels de la médecine spécialisée, technologique, marchande et universitaire. Et cela pour une raison simple (qui ne disculpe personne, pas même les victimes), c’est que les médecins sont généralement appelés à la rescousse APRÈS la bataille, une fois que l’AVC a eu lieu ou une fois que la FA s’est manifestée.

Question : est-il trop tard à ce moment-là pour changer de mode de vie ?

La médecine moderne et technologique a donc développé toutes sortes de traitement visant à : 1) traiter la FA une fois qu’elle s’est manifestée [choc électrique (ou cardioversion), médicaments anti-FA et/ou traitements du site d’origine de l’arythmie (ablation dite endocavitaire)] ; 2) diminuer le risque de caillot emboligène avec des médicaments anticoagulants, les classiques (les antivitamines K) et les nouveaux qui prolifèrent, le marché est vaste (épidémique) et les profits potentiels considérables …

Ce type de médecine est évidemment indispensable et salvatrice, nous devons remercier les auteurs de ces progrès technologiques, sans réticence.

Mais, tous les visiteurs de ce site ont compris que la priorité des priorités est de tout faire pour ne jamais avoir à subir ce genre de traitements acrobatiques où le médecin et le patient jonglent [désolé, je décris la réalité des faits] entre des risques variés, notamment celui d’être trop anticoagulé (risque hémorragique) ou celui de ne l’être pas assez (risque persistant d’AVC).

Bon, restons optimistes !

En effet, des publications récentes et sérieuses nous amènent à penser que nous sommes à l’aube d’une nouvelle prise de conscience. Certains chercheurs viennent de découvrir que la FA [c’est quand même elle l’origine des ennuis] n’était pas une fatalité et qu’on pouvait s’en protéger et même en guérir. Il ne serait donc jamais trop tard !

Je parle ici des cas (la très grande majorité des patients qui présentent une FA) où on n’a pas identifié une cause évidente de FA, par exemple une pathologie des valves auriculo-ventriculaires, une pathologie de la glande thyroïde, et autres …

Il y a des causes moins évidentes. Nous avons déjà expliqué à maintes reprises que : 1) baisser son cholestérol avec une statine augmente le risque de FA, toutes choses étant égales par ailleurs ; 2) exposer son cœur à des efforts physiques trop intenses (fonction de l’âge) augmente le risque de FA ; 3) être déficitaire en oméga-3 augmente le risque de FA ; 4) boire trop d’alcool augmente le risque de FA ; 5) l’hypertension artérielle, l’obésité, le diabète augmentent le risque ; 6) diverses autres anomalies  (potassium, sodium, magnésium) peuvent augmenter le risque mais c’est moins bien documenté.

Mais une équipe australienne a récemment montré que chez des patients obèses ou en surpoids présentant une FA symptomatique (donc gênante), l’adoption d’un mode de vie protecteur visant à perdre du poids et à corriger des désordres métaboliques variés avait entrainé une importante amélioration des symptômes dus à la FA et des signes de déstructuration cardiaque possiblement à l’origine de la FA.

C’est dans le JAMA 2013;310:2050 par Abed HS et al.

 Ils ont aussi montré que chez des sujets obèses auxquels on avait déjà essayé une « ablation » de la FA par technique endocavitaire, l’adoption d’un mode de vie protecteur avait réduit de 5 fois le risque de récidive de FA.

Je ne vais pas rentrer dans les détails de ce qu’ils appellent eux un « mode de vie protecteur » ; ça se rapproche un peu de ce que nous proposons mais pas vraiment ; peu importe, ce que ces travaux montrent pour la première fois de façon scientifiquement acceptable c’est que la FA est grandement dépendante du mode de vie ; c’est une information cruciale !

URGENT donc de relire nos recommandations pour faire encore mieux que les australiens.

Il ne faut donc jamais renoncer, on peut toujours essayer de modifier le tissu cardiaque responsable de la FA et ainsi échapper à tous ces traitements dangereux qui empoisonnent la vie presque autant que la FA elle-même.

Les chercheurs australiens ont surtout insisté sur la perte de poids et la correction des syndromes métaboliques (insuline, glucose). Ils ont raison et ils ont obtenu des amaigrissements exceptionnels. Ils ont sélectionné des patients en surpoids important mais beaucoup de FA surviennent chez des sujets qui ne sont pas en surpoids. Ils ne répondent donc pas à toutes les questions, bien sûr.

J’insiste, ce qu’ils ont surtout montré c’est l’importance du mode de vie (pour la première fois) et la réversibilité de la FA, même quand elle a des apparences chroniques, sous l’effet de modifications du mode de vie.

Urgent d’entreprendre de nouvelles recherches non médicamenteuses chez les nombreux patients avec FA. Vite des sponsors !

PREVENTION DE L’ACCIDENT VASCULAIRE CEREBRAL

Différentes corporations professionnelles américaines (notamment les cardiologues et les neurologues) vont publier en Juillet 2014 (les initiés l’ont déjà en mains) une gros document résumant ce qu’il est bon de faire pour se protéger de l’accident vasculaire cérébral (AVC).

Précisions : cela concerne la prévention secondaire des AVC ischémiques (donc pas les AVC hémorragiques) ; et “secondaire“  signifie qu’on a déjà eu un AVC ou une alerte mineure.

Mais comme tout ce qui est bon pour la prévention des récidives est évidemment bon pour empêcher un premier AVC, ce document est fondamental.

Parmi les AVC ischémiques, il y a ceux qui en meurent et ceux qui restent gravement handicapés …

Aux USA, le nombre total d’AVC ischémiques avérés ou d’alertes mineures est d’environ un million par an. Le taux de récidive après un AVC ou une alerte d’environ 5% par an.

Tout ça pour dire que ça fait partie des pires calamités dans nos sociétés et que, contrairement aux traitements des crises cardiaques, des progrès décisifs tardent à voir le jour.

Il s’agit d’un énorme document détaillant les circonstances cliniques variables où un AVC ischémique survient dans nos sociétés ; impossible de résumer ici ; on y trouve de nombreuses informations importantes et intéressantes pour les médecins traitants, y compris des détails concernant des maladies rares ; on ne va pas s’en plaindre ; il n’y a pas d’équivalent en langue française ; qu’on me détrompe si je me trompe.

Concernant les recommandations, on y trouve le meilleur et le pire.

Pour le meilleur, c’est le conseil de privilégier la diète méditerranéenne, quand on donne des conseils diététiques, on n’y croit pas, il aura donc fallu 20 ans [1994 est en effet la date de notre premier rapport sur ce modèle alimentaire qui fit tant rire les notables de l’époque ; et encore leurs descendants d’aujourd’hui …].

Pour le pire, c’est la recommandation de prescrire des statines à fortes doses. Les justifications à ce traitement sont simplement ridicules (je pèse mes mots) puisque les auteurs de ce document énumèrent de façon claire toutes les bonnes raisons de ne pas le faire, sauf une : le seul essai ayant montré un minuscule effet favorable (l’essai SPARCL) n’est pas crédible statistiquement, j’en ai parlé dans mes livres, ce qui fait qu’il n’y a scientifiquement AUCUN argument justifiant la prescription de statines chez ces patients ; et pourtant …

Les médecins ne doivent pas prescrire ces médicaments chez les patients qui ont survécu à un AVC, le code de déontologie le leur interdit, c’est aussi simple que ça !

D’autant plus qu’en ce mois d’avril 2014, les investigateurs de la grande Étude de Rotterdam ont publié les résultats de 13 ans de suivi d’une large cohorte (près de 7000 personnes), parmi lesquelles plus de 1000 ont présenté un AVC, ischémique ou hémorragique, pendant l’étude. Une banque de données fantastique pour évaluer l’importance des facteurs de risque possibles d’AVC.

Que voit-on ?

Confirmation de ce que nous savons déjà : l’hypertension artérielle, le tabac, le diabète et la fibrillation auriculaire (quelle qu’en soit la cause) augmentent le risque d’AVC ischémique ou hémorragique. Le surpoids et le cholestérol ne semblent jouer aucun rôle. Le fait d’être déjà coronarien avéré ou l’épaisseur de la paroi des artères carotides, le fameux IMT, ne semblent pas importants.

Je ne vais pas discuter ici comment on peut analyser ces résultats en détails.

Mais il est évidemment important – c’est un minimum – de séparer les AVC ischémiques et les AVC hémorragiques qui ne répondent pas aux mêmes mécanismes et mêmes causes supposées.

Malheureusement, il est parfois difficile d’être certain qu’un AVC est vraiment ischémique ou vraiment hémorragique. A Rotterdam, ils ont été capables d’identifier avec certitude 600 AVC ischémiques et 100 AVC hémorragiques.

Ces nouvelles analyses confirment que l’hypertension et le tabac sont les deux facteurs de risque majeurs d’AVC ischémiques et hémorragiques ; donc le mode de vie, tout le monde a compris …

On notera surtout que le cholestérol [y compris le supposé “mauvais” LDL] n’est pas associé à une augmentation du risque d’AVC ischémique ; mais qu’il est inversement associé au risque d’AVC hémorragique ; vous avez bien lu INVERSEMENT !

Dit autrement, plus le cholestérol est bas et plus le risque d’AVC hémorragique augmente !

Pour ceux qui avaient le cholestérol le plus haut, le risque d’AVC hémorragique était 70% inférieur par rapport à ceux qui avaient le cholestérol le plus bas.

Dernière précision, ce cholestérol abaissé avait une cause naturelle ou était un effet thérapeutique, l’effet d’une statine évidemment.

Cet effet des statines sur le risque d’AVC hémorragique a été observé dans d’autres études et essais cliniques ; c’est donc une confirmation et ceux qui nous lisent le savent déjà et ne sont pas surpris …

CONCLUSION : dans une perspective de prévention des AVC ischémiques et hémorragiques, il ne ne faut pas diminuer le cholestérol !

Si vous connaissez quelqu’un qui prétend le contraire sur une base scientifique, envoyez-le moi !

Adresse aux médecins de France à propos du cholestérol, de l’hypertension et des médicaments qui les abaissent

Un vent de folie souffle sur le monde de la cardiologie, des lipides et de l’hypertension artérielle. Le feu au lac !

Que se passe-t-il ?

De nouvelles recommandations pour la prévention des maladies cardiovasculaires viennent (décembre 2013) d’être publiées par les grandes corporations Nord-américaines de cardiologie. Elles contredisent les anciennes.

Le “traitement“ des maladies (réelles ou inventées) liées au cholestérol et à l’hypertension artérielle (HTA, pour simplifier encore) représentent un coût astronomique pour la santé publique (3 ou 4 milliards par an en France) et une source de profits non moins considérables pour l’industrie du médicament. Bref, les enjeux économiques sont monstrueux et on a vu des gens s’entretuer pour bien moins que ça.

D’abord le cholestérol. Jusqu’à récemment, il était assez bien établi (!!) que pour protéger son patient il fallait, de gré ou de force, abaisser son cholestérol jusqu’à des niveaux – ou des cibles dans le jargon – précis. Les plus puissantes statines (le Crestor* par exemple) devaient être prescrites à doses optimales pour atteindre les cibles, et étaient éventuellement associées à d’autres médicaments anti-cholestérol (Ezetrol*, par exemple) pour atteindre la cible bien que l’utilité clinique (réduction du risque cardiovasculaire) du Crestor* et de l’Ezetrol* n’ait jamais été démontrée.

Et voilà qu’en ce beau mois de décembre 2013, des nouveaux experts disent qu’atteindre des cibles de cholestérol n’est plus le dogme ; mais qu’il faut prescrire les statines en fonction d’un risque global calculé à l’aide de subtiles équations.

Avant on prescrivait des statines pour diminuer un cholestérol qu’on prétendait pathologique et maintenant on doit prescrire les mêmes médicaments anticholestérol mais sans rapport avec le cholestérol : à titre d’exemple, vous êtes un homme, vous avez 65 ans et vous fumez, vous devez absolument prendre une statine sur la base de votre risque (calculé) d’infarctus dans les 10 années qui viennent. Sur le plan économique, c’est une superbe trouvaille car des dizaines de millions d’américains (et des millions de français) devraient se voir prescrire une statine si les médecins appliquaient ces nouvelles recommandations.

Les anciens experts, très offensés, demandent des explications aux nouveaux experts très sûrs d’eux. La définition des anciennes cibles ne reposait pas, selon les nouveaux, sur des bases scientifiques solides. Ceux qui nous ont lu le savaient déjà ! Mais les experts anciens et offensés (d’ailleurs et d’ici) découvrent stupéfaits cette évidence. Mais alors, rétorquent-ils, quelles sont les preuves scientifiques qui servent de base aux nouvelles recommandations ?

Très bonne question !

Mais de preuves, ils n’en ont pas plus pour les nouvelles que pour les anciennes, disent-ils. Ils ont toutefois fait des calculs et se sont mis d’accord … entre eux !

Évidemment les anciens, toujours très offensés mais toutefois très courtois “comme il plait aux âmes bien nées”, ne sont pas d’accord … Cacophonie !

Pour ceux qui savent vivre avec les yeux ouverts, il est clair qu’au-delà de quelques querelles d’Ego, ces disputes cachent des intérêts commerciaux considérables qu’on peut résumer en une formule : comment récupérer le fabuleux magot des statines qui d’ici peu seront toutes génériquées ?

Chers confrères, si vous respectez le code de déontologie, c’est-à-dire si vous pratiquez une médecine qui s’aligne sur les données scientifiques existantes [et donc offrez à vos patients le meilleur de la médecine contemporaine], vous ne pouvez pas faire confiance à ces gens-là, d’ailleurs ou d’ici !

Maintenant, et plus vite,  l’HTA. De façon très surprenante, la tendance est inverse : les nouvelles recommandations conduisent à ne plus traiter avec des médicaments antihypertenseurs des millions de gens.

Autrement dit, de nouveaux experts ont décidé de nouvelles normes pour la pression artérielle. Un coup de baguette magique : hier vous étiez malade et nécessitiez un (ou deux, voire trois) médicament(s), aujourd’hui vous êtes guéri sans médicament !

Si ça n’était tragique pour des millions de gens qui se sont consciencieusement intoxiqués avec des médicaments pendant des décennies, ce serait amusant car ce bouleversement thérapeutique ne repose que sur un changement de chiffres sans aucune signification clinique.

Selon la nouvelle Bible, les gens de 60 ans et plus ne doivent être traités que si leur pression artérielle atteint 15 et non plus 14 (comme auparavant) qui sont les nouvelles et anciennes cibles à respecter.

Beaucoup de bruit pour rien, 14 ou 15 ?

Si on regarde les relations statistiques entre les chiffres de pression artérielle et le risque de complications cardiovasculaires, ou mieux avec l’espérance de vie, on voit immédiatement en tenant compte des variabilités (des possibilités d’erreur) des chiffres, qu’il est absurde cliniquement de faire la différence entre 14 et 15 !

Pourquoi ces nouvelles recommandations ?

Des millions de patients devraient abandonner leur traitement médicamenteux antihypertenseur, perte nette pour le business de l’HTA. A qui profite le crime ?

Les anciens experts, très offensés, ne sont pas d’accord évidemment : avoir prêché pendant des décennies un évangile et se voir du jour au lendemain traités d’apostat est dur à avaler !

Ils annoncent une catastrophe sanitaire, des millions d’infarctus et d’accidents cérébraux si par malheur les prescripteurs changeaient leurs habitudes et respectaient ces nouvelles  recommandations. Vraiment ?

Nous n’avons pas de réponse ; mais un commentaire : tout ce charivari est infantile et ne repose pas sur de la bonne science …

Pourtant, en mon nom personnel, je vais vous donner mon opinion : il devient de plus en plus visible que les personnes traitées pour une supposée HTA succombent plus souvent de chutes (dues à des pressions trop basses ou à des hypoglycémies, les deux provoquées par les médicaments) qu’à des accidents cardiovasculaires avérés … sans parler des cancers que nos experts n’osent pas encore attribuer à leurs médicaments antihypertenseurs, malgré des données convergentes …

Certains barbares d’ici et d’ailleurs commencent à le dire à voix haute ; il vaut mieux  réduire la voilure, des grains violents s’approchent, il devient difficile de garder le même cap, en plus !

Leçon du jour : on ne doit écouter que des vrais experts libres et indépendants de tout lien d’intérêt avec l’industrie du médicament.

La cacophonie sévit aussi dans le « petit » monde de l’hypertension artérielle

Pas seulement aux USA !

Pourquoi ?

Que se passe t-il ?

Un expert américain écrivait récemment que « les temps étaient durs pour la cardiologie, car les mauvaises nouvelles s’accumulent … etc ».

On ne saurait mieux dire. Urgent de redresser la barre et prendre un nouveau cap.

On laissera notre ami-expert se lamenter  [pour les curieux, c'est là :http://www.medscape.com/viewarticle/819148?nlid=45444_1985&src=wnl_edit_medn_card&uac=78143HG&spon=2] et raisonner sous forme de 5 leçons à retenir, selon lui,  des mésaventures de l’expertise en hypertension (HTA).

En bref, deux mélodrames récents : le premier concerne un nouveau traitement de l’HTA qui selon ses défenseurs devait révolutionner le traitement de l’HTA : la dénervation rénale ; une technique consistant à brûler (cautériser) les nerfs irriguant les reins, donc une « dénervation » des reins ; inutile de rentrer dans les détails techniques.

Deux tendances s’affrontaient : ceux qui voulaient étendre les indications de ce traitement [à des HTA autres que les HTA sévères et non maîtrisées par un traitement médicamenteux optimal], nouveau business, nouveaux appareils, nouveaux experts, et avançant que c’était toujours mieux que les multiples thérapies médicamenteuses (et leurs multiples effets secondaires) ; et ceux qui qui freinaient des deux pieds effarés par le peu de science (y compris médicale) soutenant cette approche.

Les visiteurs de ce blog et les lecteurs de nos livres [urgent de lire ou relire nos pages sur le traitement de l'HTA] savent que je n’aurais jamais prescrit un pareil traitement pour une maladie du mode de vie ; et pas non plus (ou le moins possible) les thérapies médicamenteuses multiples prescrites abusivement ces jours.

Et patatras, les principaux industriels soutenant ce traitement, déjà embarrassés dans quelques affaires de mœurs médico-éthico-scientifiques, annoncent l’arrêt de ce business ; sur la base d’une seule étude négative dont on ne connait pas encore les détails, sauf que c’est jusqu’à présent la seule étude respectant le minimum exigé pour parler de sciences médicales. Qu’avions-nous donc avant et qui justifiait l’enthousiasme des experts et notamment des Sociétés savantes US, notamment l’American Heart Association ?

Vous connaissez la réponse … C’est pareil au reste !

Ce qui en dit long sur l’expertise réelle de (et la confiance à accorder à) ces Institutions et Associations [voir l'article précédent à propos du cholestérol et des statines] qui nous dictent, à nous médecins, nos conduites à tenir face aux pathologies complexes que nous rencontrons.

Ces mêmes institutions se faisant elles-mêmes dicter leurs conduites par des intérêts essentiellement commerciaux [la société spectaculaire et marchande dans toute sa splendeur, relire Guy Debord, urgent !] et très secondairement par l’intérêt des patients ou de la Santé Publique ; le monde inversé du spectacle !

L’American Heart Association est sur la sellette [et est violemment attaquée] pour une autre raison : les nouvelles recommandations qu’elle vient de promulguer concernant le traitement de l’HTA avec des médicaments. C’est un peu comme avec les traitements anti-cholestérol, mais dans le sens opposé [ça pourrait conduire à moins de prescriptions] : de nouveaux experts donnent de nouvelles recommandations et les anciens experts sont très mécontents d’être ainsi critiqués …

Cacophonie ! Ridicule !

On se croirait revenu aux temps où de sombres religieux se chicanaient pour des histoires d’icônes, d’idoles et autres joyeusetés.

Les Présidents (de ces Institutions) essaient de mettre un peu d’ordre, proposent des médiations, convoquent des réunions de consensus auxquelles certains refusent de participer ; une cour de récré ; ne manquent que les cordes à sauter !

Certains pourraient penser que mon « mauvais esprit » anarcho-quelque chose s’en donne à cœur joie ; c’est bien vrai , mais que faire si nous sommes ainsi alimentés chaque jour de ces idioties pendant que des centaines de millions de gens dans le monde se voient prescrire des médicaments inutiles et toxiques, alors qu’ils devraient …

Un récent article (dont les auteurs travaillent pour le monde économique) ne se plaignait-il pas que 90% (ou quelque chose comme ça) des articles scientifiques publiés rapportaient des données jamais reproduites ?

Et donc non reproductibles, laissant entendre que c’était du bidon …

90% ça parait beaucoup !

Mais il est difficile de savoir, vu que nous regardons rarement dans l’assiette du voisin [le physicien l'assiette du biologiste, l'astronome l'assiette du médecin ...] ; mais si je me réfère à mes domaines de prédilection exclusivement, je crois bien que nous n’en sommes pas loin de ces 90% …

Bon vent, matelots !

Et si vous avez un problème d’HTA, relisez-nous consciencieusement, ça vous aidera ; et ça aidera votre médecin !

INSUFFISANCE CARDIAQUE ET CANCERS

La fréquence des cancers diagnostiqués a beaucoup augmenté dans nos pays développés.

Deux raisons évidentes à cela :

1) on a fait des progrès techniques [notamment en imagerie] et le diagnostic précoce de cancers est devenu un vrai business.

2) on fait vraiment plus de cancers, pour des raisons variées : je donnerai bientôt ici une explication générale pour les cancers du sein ; et je vais maintenant parler des cancers survenant chez les insuffisants cardiaques.

En parallèle à l’augmentation des cancers, le syndrome d‘insuffisance cardiaque a aussi beaucoup augmenté.

Plusieurs raisons à cela (je ne vais pas rentrer dans les détails), la principale étant que les extraordinaires progrès accomplis dans le traitement de la phase aiguë de l’infarctus du myocarde (je ne pense pas que du mal de la médecine moderne) laisse plus de survivants avec des cœurs abîmés (par la cicatrice d’infarctus) et potentiellement défaillants avec le temps et le vieillissement ; et enfin tous les traitements supposés préventifs de récidive d’infarctus qui sont plus ou moins toxiques … comme chacun sait.

Mais on a fait aussi quelques progrès dans le traitement de l’insuffisance cardiaque, ce qui fait qu’on survit plus longtemps malgré un cœur défaillant (parfois, certes, avec une qualité de vie qui n’est pas toujours excellente, mais c’est une autre question …) ; et donc il y a de plus en plus d’insuffisants cardiaques dans nos consultations ; et dans les registres des épidémiologistes …

Quel rapport avec les cancers ?

J’en parle ici dans le prolongement de mes alertes répétées concernant les médicaments de l’HTA (et leurs effets sur le risque de cancers) simplement parce qu’une étude récente a montré que les insuffisants cardiaques faisaient plus de cancers que des témoins sans insuffisance cardiaque.

Une augmentation de 70% sur une durée de suivi de presque 8 ans. Pas négligeable !

Pour ceux qui aiment aller au fond de choses c’est publié dans le JACC (Hasin T et al; 2013;62:881-6). C’est une analyse d’un registre apparemment bien tenu. Certes, ça ne peut pas répondre à toutes les questions, et notamment les auteurs ne disent pas grand chose des médicaments prescrits à ces patients.

C’est dommage car les autres explications possibles peuvent être rejetées, à mon avis.

Pourquoi est-ce important ?

Parce que les principaux médicaments de l’insuffisance cardiaque sont ceux aussi prescrits dans le traitement (souvent abusif) de l’HTA.

Et voilà ! Les scientifiques, les vrais, aiment bien voir leurs théories confirmées par des argumentaires indirects. C’est le cas ici. C’est comme un puzzle : il manquait une pièce au milieu du paysage et vous en trouvez une qui se loge bien là où ça manque …

Ce n’est jamais définitif mais ça aide à prendre des décisions !

Autrement dit, et en conclusion, ces données épidémiologiques sur l’insuffisance cardiaque corroborent ce que nous suspectons fortement à propos des médicaments de l’HTA et de leurs effets catastrophiques sur le risque de développer un cancer.

Tout faire pour ne pas avoir à prendre les médicaments de l’HTA et, si on doit vraiment, sélectionner ceux qui entrainent le plus faible risque de cancers.

Pour plus de détails, je vous renvoie à notre livre « Prévenir l’infarctus et l’AVC« .

LE DEBAT SUR LA TRANSPARENCE DES ESSAIS CLINIQUES FAIT RAGE !

Je l’ai assez dit ici, nous ne pouvons pas croire « sur parole » les rapports de l’industrie pharmaceutique sur ses propres produits.

Je ne suis pas le seul à le dire ; à tel point que l’Agence Européenne du Médicament (EMA) négocie actuellement et durement (un pas en avant, un pas en arrière) une réforme radicale des procédures d’analyse des essais cliniques qu’on peut résumer, pour faire simple, sous le terme « transparence » !

Pour avoir une idée des discussions actuelles concernant la validité des essais cliniques – et donc la possibilité de vérifier le contenu des bases de données, ce que l’on appelle la « transparence des données scientifiques » – sans se perdre dans les labyrinthes de la bureaucratie européenne [qui fait d'ailleurs bien plus en termes de transparence que ses équivalents aux USA ou en Asie], je recommande la lecture (en anglais, désolé) de ça :

http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/special_topics/general/general_content_000555.jsp&mid=WC0b01ac0580607bfa

Mais surtout ça :

http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001202

Nous – c’est-à-dire quelques experts libres et indépendants – devons avoir accès à toutes les données brutes de chaque patient inclus dans un essai clinique de façon que nous puissions, par nous-mêmes, refaire tous les calculs statistiques qui soutiennent les conclusions de l’industriel et de l’Agence Officielle (FDA aux USA, EMA en Europe, par exemple) qui – je ne plaisante pas – valide ces conclusions sur la base des données fournies par l’industriel.

Rien n’oblige un industriel à montrer – laisser voir – l’intégralité du contenu de ses bases de données !

A ma connaissance, il n’y a pas en France  (ailleurs que sur ce Blog) de discussion avérée – c’est-à-dire plus ou moins officielle ou publique – sur ces sujets cruciaux. Silence, on dort ! Ne pas dérangez !

Sauf, évidemment, des tentatives d’enfumage venant des professionnels du secteur [ " touche pas à mon business, petit ! " ]. Par exemple, ça :

http://biopharmanalyses.fr/cro-les-entreprises-de-la-recherche-clinique-garants-de-la-transparence/

Si vous avez vent de quelque chose d’indépendant et concret, merci de me dire !

En bref, les industriels du secteur sont en général contre la transparence quoique certains fassent semblant de s’y soumettre [la Société du Spectacle dans toute sa splendeur ...] pour mieux y échapper : les données brutes bien sûr, mais seulement celles qui ne portent pas [vraiment pas du tout] préjudice à nos sociétés industrielles … et aux profits qu’elles génèrent !

Il est évident qu’avoir « accès aux données brutes » ne suffit pas !

Il faut aussi que nous puissions vérifier la validité de ces données dites « brutes », celles à partir desquelles nous faisons les analyses !

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Beaucoup de choses, mais pour expliquer, je vais donner un exemple simple.

Soit un essai clinique testant un médicament supposé diminuer le risque d’infarctus du myocarde. Dix mille (10,000) patients sont recrutés et répartis à l’aveugle dans un groupe traité et un groupe recevant le placebo. Après x années de suivi, les investigateurs déclarent qu’il y a eu 100 infarctus dans le groupe placebo et 50 dans le groupe traité avec le nouveau médicament : une réduction de 50% du risque ! Magnifique ! Ces chiffres sont donnés à titre d’illustration, ne pas raisonner dessus, bien sûr !

Avoir accès aux données brutes (vu par une Agence du Médicament), c’est avoir accès aux 150 dossiers (anonymisés) des patients qui ont présenté un infarctus, puis aux calculs statistiques présentés par l’industriel.

Ça ne suffit pas évidemment !

Il faut aussi pouvoir vérifier qu’il n’est vraiment rien survenu chez les 9850 patients qui n’ont pas eu, selon l’industriel, un infarctus !

Ça tombe sous le sens !

Soit nous faisons confiance et les 150 dossiers d’infarctus sont de peu d’intérêt. Soit nous ne faisons pas confiance ["chat échaudé ..."] et il faut pouvoir vérifier dans les deux groupes si le ratio infarctus/indemnes est correctement rapporté.

En effet, s’il est impossible d’inventer des infarctus dans le groupe recevant le placebo, il est vraiment trop facile « d’oublier » quelques infarctus dans le groupe traité …

Et il ne faut pas se plaindre qu’on ne soit pas en confiance ; ils ont été prévenus qu’on ne les croyait plus … sauf ceux qui sont payés pour les croire sur parole ! Triste époque !

Honte sur eux !

Tout ceci pour parler des éventuels effets bénéfiques d’un quelconque médicament.

On peut imaginer à quel degré de tartufferie peut donner lieu l’examen des effets toxiques d’un médicament.

Je donne ci-dessous un exemple de rapport de l’Agence Européenne concernant l’effet pro-cancer des certains médicaments antihypertenseurs que j’ai discutés dans des billets précédents :

http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Medicine_QA/2011/10/WC500116862.pdf

J’étouffe ! A l’aide !

Bon, « on n’est pas sorti du sac » … mais (soyons positif !) ça progresse puisque ça discute …

Le chemin parcouru nous donne quand même une petite idée de « d’où l’on vient » !

Il y avait de quoi s’alarmer ! Il était temps ! Je n’ai pas perdu mon temps !

Que penser aujourd’hui de toutes les canailles (dans les médias et les académies, ici ou là) qui, au lieu de mêler leurs voix à la nôtre – pour le progrès de l’humanité, pas moins ! – nous traitaient de parano ou de mal-élevés ?

On discute donc  ces jours-ci des réformes à apporter à un système qui est mort et qu’il faut enterrer …

Admettons maintenant que nous fassions d’ici peu de réels progrès dans la transparence, que ferons-nous de tout ce qui a précédé ces réels progrès ? Quand nous vivions dans l’obscurité …

Que ferons-nous de toutes ces « merveilles » – devant lesquelles se prosternent encore les médias et les académiciens de tout poil aujourd’hui – et qui motivent pourtant (au niveau de l’Agence Européenne du Médicament !) l’impérieuse nécessité de changer les procédures et d’imposer la transparence ?

On repart à zéro avec les statines ?

Bien sûr !

Bonjour chez vous !

Les traitements de l’hypertension provoquent des cancers

Régulièrement, des auteurs très sérieux (généralement des épidémiologistes, parfois des médecins) travaillant pour un département de Santé Publique d’un gouvernement d’un pays développé) annoncent qu’ils observent plus de cancers chez des patients traités pour hypertension artérielle (HTA pour les intimes) avec un médicament.

J’ai dit « régulièrement » et pas « fréquemment » car ce genre d’études indépendantes de toute pression commerciale est rare ; pour différentes raisons, notamment parce qu’elles sont difficiles, nécessitant le croisement de multiples fichiers et beaucoup de vérifications …

… car de telles alertes provoquent immanquablement de violentes réactions de la part de l’industrie pharmaceutique et de ses affidés, y compris du côté des universités et des académies de ci ou ça …

Bref, seuls des professionnels courageux (dont la carrière dans la fonction publique est bien assise) peuvent se permettre ce genre de petites incartades déplaisantes susceptibles de provoquer du courroux ; et de froides  vengeances !

Préférable d’être en fin de carrière et de n’avoir rien à demander à ses collègues, ou besoin de rien  … On vous coupera même la clim …

Bref, une fois ce sont les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, une autre fois les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA- II ) ou sartans, une autre fois encore les bloqueurs calciques.

Ces rapports sont immédiatement suivis de commentaires « outrés » de la part de nos habituels défenseurs des intérêts de l’industrie pharmaceutique … et puis, et puis, faute de consensus (évidemment !), le débat s’épuise, et on oublie, et les patients continuent de prendre leurs médicaments et les médecins de les prescrire, imperturbables, répondant aux questions de leurs patients par le traditionnel « c’est pas clair, surtout ne changez rien ! »

La dernière livraison concerne les bloqueurs calciques et, ça n’est pas fréquent, une augmentation d’un cancer bien particulier, celui du sein.

L’étude est intéressante à plusieurs titres, je m’arrête sur deux : les investigateurs n’ont examiné que les cancers du sein, et que chez des femmes ménopausées traitées pour hypertension et pour rien d’autre.

Ces précautions permettent de se prémunir contre de nombreux biais qui ne sont pas rares dans les études épidémiologiques d’observation du type cas-contrôle.

Ce n’est pas la première fois que des études indépendantes de l’industrie trouvent une association entre le traitement médicamenteux de l’hypertension et le risque de cancers. L’avantage de ces études est qu’elles permettent d’examiner l’effet d’une longue exposition au facteur cancérigène et dans la vraie vie, et notamment chez des personnes plus âgées que celles recrutées dans les essais cliniques. L’inconvénient est qu’il n’y a pas de groupe témoin constitué par tirage au sort.

Les défenseurs de ces médicaments sont généralement (très) proches de l’industrie et quand ils sont médecins, ce sont de gros prescripteurs ! On comprend leur malaise ; peu de médecins ont envie de s’entendre dire que les médicaments qu’ils prescrivent donnent des cancers.

Leur principal argument est de dire que les essais cliniques (avec vrai groupe témoin)  testant ces médicaments n’ont pas confirmé l’effet pro-cancer. C’est généralement vrai ; mais …

Ils oublient de dire toutefois que ces essais sont généralement courts (une durée d’exposition deux à trois fois plus courte que les études épidémiologiques) et conduits chez des gens plus jeunes et sélectionnés justement pour avoir peu de risque d’effet secondaire nocif, notamment des cancers ! C’est pas la vraie vie quoi !

Mais la principale différence concerne évidemment les investigateurs : ceux des essais cliniques qui détiennent les données brutes qu’ils « laissent passer » ou non dans les rapports et publications sont des employés des industriels !

Ils ne sont pas payés pour autre chose que pour faire la promotion de leurs médicaments  dans le cadre d’un business bien organisé !

Crédibilité proche de zéro !

Pour avoir le courage de les croire, il faut une condition : avoir soi-même été payé pour les croire ! Ce n’est pas rare, hélas !

S’ils veulent être crus sur parole, qu’ils nous laissent avoir accès aux données brutes de chaque patient ! On de demande rien de plus. Mais ils ne veulent pas !

Quelque chose à cacher ?

Quand nos petits enfants sauront le calibre des « couleuvres » qu’on nous aura fait avaler, ils en riront très fort !

Bon, pas de doute : les médicaments qui vasodilatent les petits vaisseaux qui entourent les tumeurs favorisent le développement de ces dernières.

C’est le cas des bloqueurs calciques ! Bien montré dans cette étude !

Mais c’est aussi le cas des autres  !

Bonjour chez vous !

Que penser des nouvelles recommandations Européennes concernant l’hypertension artérielle (ou HTA) ?

C’est la concordance de deux publications la même semaine qui m’incite à écrire ce bref billet.

Dans la première, du British Medical Journal, une journaliste new-yorkaise nous explique pourquoi il ne faut pas faire confiance aux recommandations dites officielles.

Elle donne de bons exemples dans son texte : l’un à propos du traitement des traumatismes de la moelle épinière par les corticoïdes et un autre concernant le traitement de l’accident vasculaire cérébral (AVC) en phase aiguë ou subaiguë par des agents fibrinolytiques, des traitements qui détruisent les caillots à l’intérieur des artères qui, dans le cas de l’AVC, sont la cause de l’AVC.

Dans les deux cas, les comités de consensus qui rédigeaient ces recommandations étaient absolument affirmatifs et n’autorisaient aucun scepticisme, les traitements qu’ils préconisaient devaient être appliqués ; ce qui ne laissaient plus aucune liberté de prescription à ceux qui voyaient les choses différemment.

Après quelques années, on a reconnu que ces recommandations « absolues » n’étaient pas valables et on s’est aperçu que les rédacteurs de ces recommandations étaient ligotés par de multiples conflits d’intérêt …

No comment !

C’est là pour ceux qui aiment vérifier : http://www.bmj.com/content/346/bmj.f3830

Désolé, c’est en anglais ; mais mon résumé suffit, je pense … pour susciter le plus grand scepticisme vis-à-vis de recommandations officielles qui ne seraient pas rédigées par des experts totalement libres et indépendants de toute ingérence commerciale ! Bon !

Au même moment (la même semaine), des Sociétés dites savantes Européennes publient leurs nouvelles recommandations pour le traitement (et aussi le diagnostic) de l’hypertension artérielle ; on dit aussi HTA.

Comme nous l’expliquons dans notre livre Prévenir l’infarctus, l’HTA est un facteur de risque de l’infarctus et de l’AVC qu’il faut savoir traiter avec modération ; et ne surtout pas tomber dans la dérive médicamenteuse, source de plus d’ennuis que de bienfaits, avec comme règle principale : on traite les personnes, pas les chiffres !

Avant de considérer le contenu de ces recommandations, l’évident réflexe de tout un chacun est de vérifier le niveau de liberté et d’indépendance de ces pieux et prestigieux rédacteurs.

Pour le Premier et principal d’entre eux, le Pr Mancia, on peut lire : « Mancia reports speaker fees, honoraria, consultancy payments, and advisory board fees from Abbott, AstraZeneca, Boehringer Ingelheim, Novartis, Servier, Sanofi, Menarini, Takeda Pharmaceuticals, Bayer, Recordati, Daiichi Sankyo, and Medtronic.

Même ceux qui ne lisent pas l’anglais ont compris que le Professeur ne laisse pas sa part au chien, au bas mot, ça fait probablement chaque année de l’ordre de la centaine de milliers d’Euros de commission, quoique je ne connaisse pas les tarifs actuels …

Pour le deuxième, c’est là : « Redon reports speaker fees, honoraria, consultancy payments, and advisory board fees from Boehringer Ingelheim, Novartis, Menarini, Merck, AstraZeneca, Bristol-Myers Squibb, and Daiichi-Sankyo. »

Pour le troisième, c’est là : « Fagard reports receiving honorarium from Servier. »

Pour les autres, c’est là : here.

Sans faire preuve d’une coupable tendance à vouloir céder à une quelconque « théorie du complot » [très à la mode de parler ainsi], je me dois d’alerter les visiteurs de ce blog sur la pertinence de ces recommandations …

Et pourtant elles constituent un grand progrès par rapport aux recommandations antérieures et par rapport à ce que, jusqu’à présent, les Sociétés Françaises du secteur nous délivraient !

En effet, ils ne parlent pas que de médicaments !