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Réunion inaugurale de l’AIMSIB le 30 mai à Lyon

Il ne suffit pas de créer une Association pour se donner les moyens d’agir ; il faut aussi agir.

Et pour agir, il faut s’en donner les moyens…

Les aimesibiens se réuniront donc le 30 mai à Lyon.

Suivez le lien suivant pour savoir où et comment ça se passe : http://aimsib.org/wordpress/

Cette réunion a pour but de réunir ! De fraterniser, voire de  confraterniser.

Réunir qui ? Toutes celles et ceux qui pensent pouvoir contribuer aux actions de l’aimsib.

ATTENTION, notre salle de réunion ne comporte que 150 places.

Priorité sera donnée aux premiers adhérents et premiers inscrits pour la journée du 30 mai.

Ne venez pas si vous n’êtes pas inscrits pour la journée. Vous ne pourrez pas rentrer, désolé !

Cette journée commencera à 10:00 et se terminera par l’épuisement des participants, probablement au Bar du coin…

Auparavant, et après avoir présenté l’AIMSIB (charte et objectifs), une vingtaine de « grands témoins » viendront nous dire comment ils voient les choses à propos de divers sujets [de Santé mais pas forcément de médecine] qui nous préoccupent tous plus ou moins : Nutrition protectrice, Aliments sains, Agriculture et élevage modernes mais non chimiques, Industrie agroalimentaire et compléments nutritionnels, Phytothérapie et herboristerie, Maladie de Lyme, Cœur et statines, Cancers et métabolisme, Vaccinations, Santé du système de santé, Médecine intégrative, Concepts de « prise en charge » et de « santé durable », Approche juridique et conflits d’intérêt, Science médicale versus médecine bienveillante, Académisme et alternatif, et d’autres choses en fonction d’autres témoins présents.

Parmi nos grands témoins, nous aurons les Professeurs Even, Joyeux et Schwartz, des agrobiologistes (dont Claude Aubert), des cardiologues belges et suisses, des médecins de chez nous (Les docteurs Arer, Cario, Nicot, Mercan, Coudron,…), des industriels de chez nous (Pierre Weill et L. Predal), des écologistes (conventionnels ou pas), des nutritionnistes (T. Souccar, M. Kaplan) et même des psychosociologues (K. Reggad) et des lobbystes (A. de Livois, D. Chardon), et d’autres témoins plus anonymes. Les débats et témoignages seront contrôlés par des fondateurs de l’AIMSIB (Présidente et vice-président, secrétaire, trésorier, …) et enregistrés (images et sons) par des bénévoles de l’AIMSIB.

Je répète : si vous souhaitez participer (et être présent), il faut s’inscrire le plus vite possible car le nombre de places est limité.

Mais sachez que si vous ratez cet épisode, il y en aura d’autres ; mais ce sera moins « historique » car pas « inaugural ».

A bientôt sur le navire amiral de la flotte !

 

 

 

L’infarctus du myocarde : toujours autant de victimes mais plus jeunes, plus de femmes, plus de surpoids…

 

Certains optimistes « impondérés » (et aussi subventionnés en général) proclament que depuis l’arrivée des statines et leur prescription pressante [presque rendues obligatoires dans certaines circonstances, et en dépit du moindre bon sens] et massive (une vingtaine d’années de recul environ), nous aurions vaincu les maladies cardiovasculaires ; ou du moins serions-nous sur le point de les vaincre…

Effectivement, avec environ 7 millions de français, 12 millions de britanniques, et  30 à 35 millions d’américains sous statine, on est en droit d’espérer des effets significatifs ; au coût que ça coûte…

Les statistiques officielles (en retard d’une décade environ par rapport à la réalité vraie) montrent que la mortalité cardiovasculaire diminue dans nos pays de façon régulière depuis les années 1960s (le siècle dernier). Autrement dit, la tendance était présente déjà près de 30 ans avant l’introduction massive des statines ; et un minimum d’honnêteté devrait conduire à émettre des doutes quant à l’effet réel de ces dernières par comparaison avec les fabuleux et véritables progrès réalisés dans le traitement de la phase aigüe de l’infarctus (SAMU, Unité coronarienne, défibrillateur, désobstruction coronaire en urgence, stentings multiples, réhabilitation post-infarctus, etcétéra…) et aussi dans la diminution drastique de certaines causes réelles dans certains groupes d’âge. Emblématique mais pas unique, citons la diminution du tabagisme même si on pourrait encore faire mieux… comme le montre la suite !

Un meilleur marqueur (par rapport à la mortalité) des éventuels progrès réalisés en prévention serait donc l’incidence de l’infarctus et des syndromes coronariens en général, et pas la mortalité qui « marque » autre chose que l’effet de la prévention de l’infarctus lui-même.

N’importe quel praticien qui vit les yeux ouverts a pu constater qu’avec les années, non seulement les unités de soins intensifs coronariens ne désemplissent pas ; mais encore que ces unités se sont multipliées sur le territoire français ; ce qui a certainement encore contribué à réduire la mortalité due à l’infarctus ; mais indique de façon claire (car l’offre répond à la demande) que l’incidence de l’infarctus et des syndromes apparentés est encore très élevée et n’a sans doute (soyons prudents, de nombreux facteurs peuvent obscurcir le paysage) pas diminué du tout.

Avouons-le : globalement, nous avons échoué à vaincre l’infarctus !

Même si nous avons moins de décès dus à l’infarctus ; et ce n’est pas un paradoxe comme expliqué plus haut.

Comme d’habitude, les autorités de notre beau pays vont mettre une décennie à comprendre et ceux qui avaient la charge de ce dur labeur encore plus de temps à reconnaître leur échec… Laissons ça et examinons ce qui nous vient d’ailleurs, les USA, avec toujours un peu d’avance et donc généralement annonciateurs de notre propre destinée.

Par exemple ici : http://www.eurekalert.org/pub_releases/2016-03/acoc-hap031816.php

Ce que les investigateurs de la Cleveland Clinic [un parmi les plus grands et fameux hôpitaux américains] ont observé, c’est que les facteurs associés à la survenue de l’infarctus ont changé de façon significative entre 1995 et 2015. Qu’ont-ils vu ?

Outre un rajeunissement et une féminisation des victimes – ce que l’on voit partout y compris en France – c’est plus de tabagisme, plus de surpoids, plus de diabète et plus d’hypertension artérielle.

Ils n’ont pas étudié d’autres véritables causes de l’infarctus, les habitudes alimentaires, le stress et le manque d’exercice physique ; mais c’est déjà un beau travail !

Tous les lecteurs de ce message ont remarqué, sans que j’ai besoin de le dire, qu’un facteur souvent présenté comme majeur manque à l’appel : c’est le cholestérol ou les dyslipidémies en général.

Cette absence peut s’interpréter de façon variable. Soit le cholestérol est tellement bas désormais aux USA qu’il ne constitue plus un danger ; cette hypothèse est peu probable si on écoute les experts « rémunérés » par l’industrie qui au contraire expliquent que le cholestérol est toujours trop haut… quel que soit son niveau…

Ou bien [et c'est l'hypothèse que tout individu ayant quelque expertise et beaucoup d'indépendance doit privilégier], le cholestérol ne joue aucun rôle dans l’infarctus ; il est innocent !

Bref, si on prend un peu de hauteur, il faut reconnaître que ce sont des mauvaises nouvelles : aux USA comme chez nous, les cardiologues et autres employés des Unités coronariennes sont très occupés et la tendance n’a pas l’air de s’inverser, contrairement aux clameurs des experts et académies « rémunérés » qui doivent bien dire quelque chose pour justifier leurs discours et leurs… rémunérations !

Si vous voulez vraiment vous protéger [ou protéger vos patients], il est urgent de lire « Prévenir l’infarctus et l’AVC »…

Ce n’est pas la première fois que je le dis ; et pas la dernière, hélas !

 

 

 

 

 

 

 

 

Des rapports « négatifs » sur les statines seraient responsables d’une augmentation de la mortalité cardiovasculaire ?

Il n’est pas rare que les pires techniques de propagande soient mises à contribution dans les milieux socio-médicaux pour stimuler le marketing et le business d’une technique médicale ou d’un médicament particulier.

Il est toutefois de plus en plus rare, vu le scepticisme ambiant (en particulier chez les médecins américains) que l’on se permette de publier d’aussi belles pièces de corruption (au sens qu’on donne à des matières biologiques avariées) scientifique que l’article du European Heart Journal du 5 décembre 2015 intitulé « Negative statin-related new stories… ».

On peut trouver ci-dessous un lien vers un site anglophone (medscape) où on lira un commentaire et le pdf de l’article (tapez sur « references ») :

http://www.medscape.com/viewarticle/855657?nlid=93266_1985&src=wnl_edit_medp_card&uac=78143HG&spon=2&impID=918079&faf=1#vp_2

Si on n’est pas pressé d’aller visiter les égouts (comme l’écrit un commentateur américain probablement), on peut attendre une version française du commentaire via un site francophone entretenu par l’industrie pharmaceutique et peut-être un nouveau commentaire en français produit par une de nos sommités nationales dont on vérifiera d’abord les liens d’intérêt avec l’industrie du médicament ; je précise : avant d’entamer la lecture avec sérénité, vérifier les conflits d’intérêt. Il y a quelques fois des prêtes-noms, c’est-à-dire des pauvres bougres qui signent à la place du chef ; autrefois on disait « La voix de son maître »

Concernant l’influence des conflits d’intérêt sur diverses variables sanitaires, on conseillera la lecture d’un texte d’une sociologue du CNRS : Maxim, L. en 2012, « Comment les conflits d’intérêts peuvent influencer la recherche et l’expertise », Hermès, no 64, Paris, CNRS Éditions, p. 48-59, doi : 10.4267/2042/48381. Texte intégral

Un blog n’est pas le moyen de communication idéal pour analyser et critiquer des articles scientifiques. En principe, j’évite de le faire car il faut d’abord présenter l’article (ce qui prend de l’espace), et n’est pas forcément compréhensible pour mes charmants visiteurs…

Mais celui-ci mérite un peu mieux, avant d’être mis à la poubelle.

En deux mots, les auteurs prétendent que donner des nouvelles négatives sur l’utilité et la toxicité des statines [ils ne se posent pas la question de la véracité de ces informations], provoquent des arrêts de traitement (prématurés selon eux) qui eux-mêmes provoqueraient des infarctus et des décès cardiaques.

Cet argumentaire morbide est aujourd’hui la principale contre-attaque de l’industrie et de ses experts rémunérés pour « sauver les meubles » comme on dit chez les pompiers…

J’ai déjà répondu à ce type d’arguments frelatés et indignes de la médecine moderne dans mon dernier livre sur « L’Horrible vérité... ».

Je vais en remettre une petite couche ici en essayant de rester simple. J’ai dit « une petite couche » car je pourrais en mettre plusieurs et des grosses tellement la méthodologie utilisée par les investigateurs de cette étude danoise est naïve et, pour tout dire, irrecevable par des scientifiques moyennement compétents. Ne devrait même pas être publiée. Propagande donc !

Qu’il y ait une relation entre l’arrêt d’un traitement et la survenue d’une complication est une banalité en médecine et en épidémiologie. Que l’arrêt de ce traitement soit la cause, ou bien plutôt la conséquence, de cette complication (de celle-là ou d’une autre d’ailleurs) est le moment crucial de l’analyse.

Facile à comprendre ! Mais je vais donner un exemple.

Très difficile de répondre à cette question, en conséquence, sur la base de banques de données massives (Bigdata) comme dans l’étude danoise car l’information qui permet de réellement clarifier serait : quand et surtout pourquoi le traitement a été arrêté ? Tout est là !

Pour illustrer ce point, je vais rester dans mon domaine de prédilection, la cardiologie.

Et je vais donner un exemple très concret.

Soit Monsieur D qui a survécu à un infarctus. Il a bénéficié d’une désobstruction de son artère coronaire en urgence, avec mise en place d’un stent.  Il a fait heureusement un « petit » infarctus sans complication et il sort de l’hôpital 48 heures plus tard avec un traitement médicamenteux systématique : des antiplaquettaires pour empêcher que le stent se bouche (rien à dire) deux ou trois autres médicaments plus ou moins justifiés (je n’en discute pas ici) dont une statine évidemment ! Je ne discute pas d’autres aspects…

Tout va bien pendant quelques semaines et mois jusqu’au jour où le malheureux développe une pancréatite aigüe [un récent rapport finlandais nous dit que les statines augmentent de 30% le risque de pancréatite] ; que cette pancréatite soit due à la statine ou pas importe peu ici. C’est une maladie grave qui met souvent en jeu le pronostic vital…

Les urgentistes et les gastro-entérologues consultés vont en bonne logique stopper tous les traitements, y compris la statine et les antiplaquettaires ; de crainte (par exemple) que cette pancréatite ne deviennent hémorragique. Je ne discute pas ici s’ils ont raison ou pas ; en fonction du temps passé sous statine et de l’âge du stent et du patient. Toues les options sont discutables et défendables ; la médecine est un art…

Monsieur D survit à sa pancréatite ; mais quelques semaines plus tard il décède d’un infarctus massif dû à l’occlusion de son stent ; elle-même due selon toute probabilité à l’arrêt prématuré des antiplaquettaires.

Comme les cardiologues ne sont pas vraiment d’accord sur le moment idéal pour stopper (ou diminuer) les antiplaquettaires après la pose d’un stent, on ne peut rien reprocher aux gastro-entérologues…

C’est une triste histoire. Je ne donne pas d’autres détails ; évidemment j’ai simplifié. Je ne pense pas qu’on puisse reprocher quoique ce soit à qui que ce soit. Ce fut une mauvaise pioche pour Monsieur D. Fatalité !

Cela dit, sur leur banque de données cliniques quelques années plus tard, nos investigateurs danois vont retrouver [c'est un conditionnel car ce que je raconte ici ne s'est pas passé au Danemark] le décès et sa cause cardiaque et, en mettant en parallèle les prescriptions de statines (à partir d’une autre base de données), ils vont attribuer le décès à l’arrêt de la statine ; car ils n’ont pas identifier (ou essayer d’identifier) la raison de l’arrêt de la statine

Il est évidemment absurde d’attribuer cet infarctus et ce décès à l’arrêt de la statine.

Pas d’autres explications concernant la pitoyable médiocrité de l’étude danoise que certains  universitaires (également pitoyables) vont peut-être utiliser pour essayer d’empêcher la diffusion de « nouvelles négatives « sur les statines.

Et tout ça pour rappeler (une fois encore) qu’on peut faire dire n’importe quoi aux statistiques.

On peut aussi faire dire n’importe quoi à certains médias « rémunérés »… Pauvre de nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mercredi 18 Novembre à 16:30

 

Croyez-moi si vous voulez ; au moment où j’écris ces lignes, 5 (cinq) robots américains pas moins sont branchés sur ce blog et espionnent vos moindres gestes et paroles ; ils savent qui vous êtes et d’où vous venez…

Prudence, des chiens enragés le peuvent aussi ; un robot c’est à la portée de n’importe quel étudiant en robotique ; après les smartphones, les collégiens auront des robots bientôt …

Quel monde ! Oups !

Le front (militaire) bouge… aux USA

 

Il n’est pas certain que la problématique soulevée par les nouveaux médicaments anticholestérol injectables (anti-PCSK9) suive le même parcours en France (ou en Europe) et aux USA.

Le futur immédiat va nous dire comment ça va se passer. Nous sommes tous des historiens ou des sociologues (de la médecine et de la science) et c’est donc en tant que tels que je propose à chacun d’observer ce qui va advenir.

Aux USA, la dernière tentative lamentable à laquelle nous avons assisté concerne les familles qui se sont vues diagnostiquées « Hypercholestérolémie Familiale » (ou HF).

J’en ai parlé déjà dans « L’Horrible vérité » car ces familles supposées HF sont une des cibles préférées de nos apprentis-sorciers et très mauvais médecins.

J’ai écrit « supposée HF » car en l’absence de tests génétiques, le diagnostic de HF est difficile. On a donc développé des algorithmes diagnostiques [ça fait sérieux de dire comme ça...] basés sur des mesures du cholestérol dans le sang et des histoires de famille : y a t-il d’autres membres de la famille  avec des taux « supposés »  élevés de cholestérol ? Accessoirement, mais là ils n’insistent pas trop, car ça devient très vaseux : y a t-il des antécédents de maladies cardiovasculaires dans la famille ?

J’ai écrit « supposés » élevés (pour le cholestérol mesuré dans le sang) car c’est sur ce paramètre qu’ils veulent jouer pour augmenter le nombre de patients qu’il faudra traiter avec les anti-PCSK9.

En modifiant les algorithmes, c’est-à-dire en abaissant le taux de cholestérol à partir duquel on sera décrété HF (en l’absence de test génétique), on peut considérablement augmenter le nombre de patients, voire de familles, qu’il faudra obligatoirement traiter avec des anti-PCSK9.

Je résume :

1) les HF sont la cible majeure des anti-PCSK9 car les HF sont supposées être à risque élevé de maladies cardiovasculaires ; ce qui est loin d’être évident comme je l’explique dans « L’Horrible vérité ».

2) on abaisse le niveau de cholestérol qui autorise le diagnostic d’HF

3) on rend « rentables » (ouf !) les anti-PCSK9 injectables ; ce qui est loin d’être évident aujourd’hui selon les analystes commerciaux et financiers du secteur qui, j’ai l’impression, craignent le bug du siècle (le 21ème) avec ces super médicaments-là ; et les bugs dans le business c’est pas bon !

Cela dit, on peut se demander comment nos « subtiles « Autorités sanitaires aux USA et en Europe vont réagir face à de telles manœuvres.

Côté experts rémunérés (et tout aussi « subtiles »), on connait déjà la réponse : 1) il faut « donner des statines à tout le monde » disent-ils ; ce qui n’est pas très clair mais laisse penser que le chien pourrait aussi en profiter, puisque c’est la sécu qui paie… 2) mais comme certains se plaignent que les statines les font souffrir, donnons-leur des anti-PCSK9 ; rappelant la fameuse exclamation de Marie-Antoinette à propos du pain (qui manquait) et des brioches…

 

 

 

 

 

 

 

 

JE M’EXCUSE TRES OFFICIELLEMENT

 

Mon épouse qui fait partie des « plus belles femmes du monde » (et que j’adore) ; et qui, comme telle, ne rate pas une occasion de rabaisser mon EGO me reproche de (sans cesse selon elle dans mes réponses aux visiteurs du Blog et ailleurs) renvoyer à mes livres ; à l’un ou un autre en fonction des questions.

Comme si je faisais du « merchandising » comme y disent dans les supermarchés…

Je m’en excuse !

Mais lire nos livres (ou nos articles scientifiques en anglais) est la meilleure façon d’obtenir l’information que l’on recherche. Car il est impossible de donner brièvement (sur un blog) une réponse intelligente à une question compliquée.

Et les questions qui me sont posées sont rarement simples, malgré leur apparence simple.

Pour des réponses simples ou niaiseuses, il faut plutôt s’adresser aux « experts » lipidologues et cardiologues dont nous avons eu des échantillons récemment à la télé (sur la 2 et aussi la 5) ; en provenance de la Pitié-Salpêtrière à Paris ou d’ailleurs [aux USA et au Québec aussi, il y en a quelques uns qu'il faudra enregistrer au Musée des Plus Grands Comiques, avec Coluche et les autres] ; alternativement il y a quelques perroquet savants au Zoo de Vincennes…

Donc, je m’excuse ; mais malgré cette contrition, je vais continuer à vous encourager à vous les procurer ces livres ; et si vous ne voulez pas les acheter, volez-les…

S’ils vous paraissent compliqués, acharnez-vous et concentrez-vous car ils ne le sont pas vraiment. Et puis, vous pouvez sauter des paragraphes ou des chapitres du moment que vous obtenez les informations que vous recherchez pour votre cas personnel à un moment précis ; vous y reviendrez plus tard pour comprendre encore mieux.

Sachez-le, si ce Blog existe c’est pour répondre aux questions que soulève la lecture des livres ! Les livres et le Blog sont inséparables.

Sachez-le aussi, aucune erreur importante (sur le fond) ne m’a jamais été indiquée !

Des imprécisions certes, des petites erreurs certes ; mais sur le fond je n’ai rien eu à changer au cours des 12 dernières années. Ce n’est pas de la vanité.

Si je dis cela c’est pour susciter votre confiance et vous inciter à insister dans votre lecture (même si vous n’êtes pas un grand liseur – ou liseuse) car ça pourrait vous sauver la vie.

Bref, je ne peux faire autrement que de vous encourager à consulter nos livres.

Je le répète, ils peuvent vous sauver la vie ; beaucoup plus que de consulter ce Blog ou d’échanger via Tweeter.

 

 

 

 

L’essai IMPROVE-IT : un coup pour rien… révélateur de l’époque, quand même !

 

IMPROVE-IT [je résume pour ceux qui ont un peu décroché...] est un énorme essai clinique de l’industriel MERCK visant à tester si l’addition de son anticholestérol l’ézétimibe à sa statine (génériquée depuis plusieurs années) la simvastatine apportait un bénéfice clinique chez des patients qui avaient survécu à un premier infarctus.

J’en ai déjà parlé dans un article précédent qui était excellent à mon avis [voir CHOLESTEROL ET STATINES : DELIQUESCENCE DES ELITES] mais certains m’ont demandé une petite addition ; la voilà !

L’hypothèse alternative [à celle-ci qui était très marketing : ézétimibe+simvastatine est-il mieux que simva toute seule ?] était : est-ce qu’une diminution supplémentaire du cholestérol par rapport à celle obtenue avec une bonne dose de statine est utile ?

Il fallait beaucoup de patients car la simvastatine est en principe [ce n'est pas vrai, mais ils le disent depuis si longtemps...] très efficace ; et l’addition d’un autre médicament ou une diminution additionnelle mineure du cholestérol avaient très peu de chance d’avoir un quelconque effet bénéfique et, dans ce cas, il faut un échantillon important pour « faire parler » la statistique… mais (oups) ces combinaisons sont potentiellement très toxiques…

La réalisation de l’essai va souffrir de plusieurs défauts rédhibitoires :

1) en 2008 (environ une année après le début de l’essai), l’ézétimibe a été accusée de provoquer des cancers sur la base d’un autre essai dit SEAS. Pour l’innocenter (et continuer l’essai), on va désaveugler IMPROVE-IT et clamer haut et fort qu’après une année il n’y avait pas plus de cancers dans le groupe recevant l’ézétimibe. Ce sont les aventures délicieuses de Sir Richard Peto d’Oxford. Tout ça, aussi ridicule soit-il, peut être retrouvé dans la littérature médicale haut-de-gamme qui caractérise notre triste époque. Bref, après seulement une année, IMPROVE-IT est devenu un essai ouvert avec en conséquence une crédibilité fort douteuse.

2) l’essai a été prolongé au-delà de 5 ans [durée de suivi moyen généralement admise comme optimale pour réussir à démontrer une hypothèse sans tomber dans dans l'obscure difficulté de ladite "régression à la moyenne"] jusqu’à 7 ans ; je l’ai déjà raconté ; on connaissait le biais (la triche pour dire les choses vraiment) de l‘arrêt prématuré ; avec IMPROVE-IT, on aura désormais  l’arrêt retardé qui est aussi une façon de tricher ou une violation avérée de ce qu’on appelle l’hypothèse primaire. Bref, on multiple les analyses en prolongeant l’essai avec l’espoir qu’enfin quelque chose arrive. Pauvre science, triste époque !

Je n’ai pas su très bien compter [de toute façon, je ne crois pas un mot de ce qu'ils écrivent] sur ce que les auteurs (ceux qui signent, pas les fantômes qui écrivent…) nous racontent mais j’ai l’impression qu’ils ont procédé à une douzaine d’analyses intérimaires pour finalement arrêter un essai qui depuis 2008 n’était plus conduit en double aveugle. Si je fais abstraction de cet aspect pourtant crucial, je vais exiger une signification statistique (après correction dite de Bonferroni) <0.005 correspondant grosso modo à 0.05 divisé par 12 (le nombre d’analyses intérimaires)… Je ne rentre pas dans les détails…

Les auteurs (et les médias complices) présentent dans un récent article du New England Journal of Medicine (un bréviaire corrompu qui se félicite de l’être…) leurs données comme une confirmation de leurs hypothèses.

En fait, le résultat final et calamiteux est simple : il n’y a pas de différence entre les deux groupes sur la mortalité totale et la mortalité cardiovasculaire, les seuls critères de jugement recevables (et encore…) vu les défauts de l’essai. Pourtant, ils disent que quelques complications pourraient avoir été évitées de façon proportionnelle à la diminution du cholestérol dans un groupe par rapport à l’autre… Si l’on est un peu exigeant sur le plan statistique (voir ci-dessus), il ne se passe rien du tout dans cet essai.

Je ne suis pas le seul à le penser, les commentaires enregistrés ici ou là le montrent sans ambiguïté.

Ce qui n’est pas étonnant puisque le cholestérol est innocent ; et que les médicaments anticholestérol sont inefficaces pour nous protéger des maladies cardiovasculaires. Ce que IMPROVE-IT finalement confirme.

Malgré les évidentes tentatives de tricher… « Ah ! pardon, je n’ai pas fait exprès » diront-ils le jour du jugement !

Plus étonnant, et très inquiétant, c’est l’absence de différence concernant les effets adverses et la toxicité.

Deux médicaments anticholestérol (versus un seul) ; sept ans de suivi, et pas de différence entre les deux groupes ?

Hum ! Vous avez dit « Bizarre », tiens c’est bizarre…

Peut-être que sur cette période, la toxicité de la statine fut telle que l’addition de l’ézétimibe n’y changea rien ?

Hum !

Au vu du reste, je crois urgent d’avoir un accès libre aux données brutes de cet essai !

Pas d’illusion à se faire, c’est un secret industriel !

 

 

 

 

 

 

 

 

Si vous êtes triste de ce monde … et du tamiflu*

Il y a des jours de Novembre où l’on désespère de ce monde …

Si les récentes révélations sur le Tamiflu*, cet antiviral si efficace ; à propos duquel pourtant on ne connaissait pas les données brutes des essais commerciaux « perpétrés » par le sponsor et présentés comme si favorables au produit que des gouvernements (doit-on le reprocher ?) en achetèrent des wagons …

Si l’attitude arrogante [mais télé-visualisée] de certains cardio-notables avouant benoitement que leurs liens d’intérêt pouvaient effectivement les influencer …

… alors que le procès du médiator n’a pas encore eu lieu, et sachant qu’aucun de ces cardio-notables n’a jamais donné l’alerte tout au long des années de commercialisation, laissant penser que l’influence que l’on avoue ressemble diablement à de l’anesthésie …

Alors, je vous recommande 10 minutes de méditation avec notre ami Franz (Schubert) qui lui-aussi désespérait de ce monde :

Après ça ira mieux, on pourra passer au petit whisky du soir … Irlandais plutôt ?