Archives pour la catégorie Alcool et vin

VIN, santé et « paradoxe français »

 

Grâce à notre Ministre de la Santé, la notion de paradoxe français est revenue sur le devant de la scène ; et il s’agit bien de spectacle sur une scène puisque notre ministre anti-alcoolique a été vertement tancée par beaucoup de ceux qui ne disaient rien à propos de sa nouvelle politique vaccinale.

Il y a des oncles Picsou dans le monde des vins comme dans celui des vaccins. Touche pas à mon trésor où je me fâche. Comme les oncles Picsou sont rarement bien affutés en médecine scientifique, il est temps de faire un petit point sur cette question.

Un point rapide : une longitude mais pas de latitude !

L’idée qu’il y ait un paradoxe français concernant les maladies cardiovasculaires date des années 1960′s-1970′s et nous vient du Royaume-Uni où l’on constatait avec jalousie que les français faisaient beaucoup moins de crises cardiaques et d’AVC que les anglais pour les mêmes niveaux de facteurs de risque : tabac, diabète, cholestérol, HTA, beurre à tous les repas, viande de bœuf ou de porc deux fois par jour…

Encore aujourd’hui, si on alignait nos chiffres de décès cardiovasculaire sur ceux des anglais ou des américains, nous aurions 130,000 ou 140,000 victimes au lieu des 100,000 réellement enregistrées. Chiffres approximatifs, je n’ai pas le temps de vérifier ou recalculer.

C’est ça le « French paradox » !

En 1992, nous avons proposé la première explication à cet étrange phénomène : c’était probablement la façon très méditerranéenne des français de boire l’alcool [du vin et surtout pendant les repas] qui les protégeait (ci-dessous).

Près de 25 ans plus tard, notre théorie n’a pas encore été réfutée : droite comme un panneau de sens interdit à l’entrée d’une autoroute, elle résiste aux assauts répétés de quelques vulgaires pisse-froids. Restons scientifiques.

Le vin c’est de l‘eau plus de l’éthanol plus des polyphénols.

L’eau c’est bon pour la santé.

L’éthanol, en quantités modérées, aussi ! Depuis l’Antiquité, les docteurs le savent et ils surent sans servir, comme dans les monastères (nos premiers hôpitaux), et pas que comme vin de messe..

Plus récemment, nous avons compris qu’à faibles doses, l’éthanol réunit 3 propriétés fondamentales que l’on trouve séparément dans deux des principaux médicaments de la cardiologie conventionnelle :

1) L’éthanol est antiplaquettaire comme l’aspirine ;

2) L’éthanol est vasodilatateur comme la nitroglycérine.

En plus, nous avons montré (en 2004 et encore nous) que l’éthanol induit une sorte de vaccination du coeur. Dit autrement, le myocarde du buveur modéré résiste mieux au manque d’oxygène provoqué par l’obstruction de l’artère coronaire. On dit qu’il y a preconditionning (ci-dessous). Et ça peut sauver des vies !

Il est curieux que ceux qui admirent tant la technologie vaccinale soient si opposés à la vaccination du coeur, sachant que les maladies du coeur tuent 100,000 compatriotes chaque année et que la consommation modérée d’éthanol en sauvent sans doute quelques dizaines de milliers.

 

Je ne dirai rien sur les polyphénols car c’est une évidence pour tous qu’ils sont bons pour notre santé sans aucune exception…

Loin de moi l’idée d’encourager la consommation d’alcool. Ce serait une erreur impardonnable et inutile car les français n’ont pas besoin d’être encouragés…

Quelques notions d’épidémiologie quand même pour aider quelques experts et ministères acculturés.

Environ 5 à 7% des français adultes ne consomment aucun alcool, pour des raisons variées. Qu’ils s’abstiennent est très bien ; il ne faut pas se forcer.

Environ 5 à 7% des français adultes ont un problème avec l’alcool : ils en boivent trop ou ils boivent mal ; ils font parfois le malheur de leur couple, de leur famille, de leur immeuble, voire de leur quartier. Ils peuvent être méchants (les parents boivent, les enfants trinquent) ou dangereux… Ce sont des malades, il faut les aider ; c’est le rôle des médecins avec l’aide de leurs familles.

Au total, entre 85 et 90% des adultes tirent un bénéfice évident de leur consommation intelligente d’alcool, bénéfice en termes de santé, mais aussi de socialité, de gastronomie et de plaisir de vivre. Peut-on imaginer une fête de famille, un amour naissant ou renaissant, un contrat social ou industriel sans une pincée d’ouverture neuronale favorisée par une consommation (évidemment) modérée de vin ?

Certaines statistiques concernant l’augmentation du risque de cancer dès la première goutte ou le premier verre de vin témoignent d’une méconnaissance irréversible du b, a, ba de l’épidémiologie !

Cette rubrique exclusivement scientifique et médicale n’a pas pour but d’encourager la consommation d’alcool, on l’a compris.

Je n’ai aucun lien d’intérêt à propos du commerce des boissons alcoolisées ! Merci de ne pas confondre avec des homonymes !

 

 

 

 

SORTIE DE NOTRE NOUVEAU LIVRE sur l’alimentation méditerranéenne

Janvier 2015 : nous publions un nouveau livre aux Éditions Terre Vivante (une maison d’édition pionnière dans la catégorie « livres écolos pratiques« ) avec le titre :

LE NOUVEAU RÉGIME MÉDITERRANÉEN   Pour protéger sa santé et la planète

Livre : Le nouveau régime méditerranéen

Ce ne fut pas facile ; car nous avons essayé de concilier plusieurs approches : celle consistant à expliquer qu’il est essentiel pour protéger sa santé d’adopter un « modèle alimentaire » et celle expliquant que les aliments proposés aujourd’hui à la majorité des consommateurs sont de pauvre qualité nutritionnelle et trop souvent « contaminés »…

En d’autres termes, il ne suffit plus de manger « méditerranéen » et il ne suffit pas de manger « bio »… Il faut les deux !

Et on peut faire encore mieux. C’est-à-dire plus que « bio » plus « méditerranéen » ; car dans ce contexte, 1 + 1 fait plus que 2 !

Sur une bonne base scientifique !

Ainsi donc, en plus de décrire le modèle alimentaire méditerranéen traditionnel, nous avons essayé (par l’analyse des groupes alimentaires, chapitre après chapitre) de montrer comment on pouvait adapter le modèle aux consommateurs et conditions d’existence modernes.

Ce faisant, nous espérons répondre à deux exigences : satisfaire les petits budgets et satisfaire nos légitimes questions environnementales !

Dit plus simplement, en protégeant notre santé, nous contribuons à protéger la planète !

Inutile de dire que nous attendons des réactions ; elles sont toutes les bienvenues, y compris les plus hostiles.

Nous pensons en effet que la crise sociétale que nous traversons [et les derniers évènements "Charlie" n'en sont probablement que les prémisses ; ou de petites escarmouches avant la grande bataille qui se prépare] requiert quelques réponses préliminaires et anticipations. Nos lecteurs constaterons qu’avant même les « évènements Charlie », nous parlions d’une nécessaire Révolution.

Ce dont je parle ici (escarmouches) n’a rien à voir avec les espèces de minables « guerre de religion » qui ne sont que des prétextes pour retarder les moments de verdict.

Et quand je parle de Révolution ce n’est pas de celle du type « Grand soir » évidemment ; mais « autre chose » que nous allons devoir inventer, pour sortir de l’ornière où nous sommes ; et tous ensemble ! Mais ça ne se fera pas tout seul, désolé, va falloir bouger ; et donc secouer (un peu) quelques gougeas et nantis qui se satisfont du statu quo.

Debout, jeunesses, sauvez-nous !

Alcool, vin et cancers : que faut-il croire ?

Il s’agit de la reproduction de l’article publié dans le journal LE MONDE le 21/03/09 avec David Servan-Schreiber et Richard Béliveau. Chaque lecteur trouvera un complément d’information indispensable dans notre livre « Alcool, vin et santé » par M. de Lorgeril et P. Salen (Editions ALPEN). En effet, tout message simple à destination du public (ce qui inclut le corps médical dans son ensemble et les scientifiques ne travaillant pas sur cette problématique spécifique) est inéluctablement simpliste voire caricatural. Cet article avait donc pour but prioritaire de susciter la critique et la réflexion.
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VINS ET POLYPHENOLS

Parmi les boissons alcoolisées, les vins sont vus de façons particulières pour des raisons qui tiennent autant à leur rôle dans l’économie de certaines régions (et pas seulement en France) qu’à leur aura culturelle et gastronomique. Depuis l’Antiquité, les vins et leur consommation ont aussi été mis en relation avec les problèmes de santé, et évidemment les médecines et pharmacopées de chaque époque.
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