Archives pour la catégorie Nutrition et immunité

Je serai à Narbonne le vendredi 27 janvier

Si vous avez envie de me rencontrer ou de bavarder un peu, je serai à l’Hôtel de Ville à partir de 14:00.

Certes le programme concerne la nutrition avant tout mais on pourra parler d’autre chose lors de la séance de questions ; et même après avec un verre à la main mais là il faudra faire attention à mes réponses…

Marins d’eau douce ou vrais marins d’eau salée, à  vendredi !

 

 

 

 

 

 

PREFEREZ LE SEIGLE, COMPLET ET BIO

Nous voici de retour avec des bonnes nouvelles … de nos recherches ! Pour l’actualité, on verra plus tard.

Nous travaillons depuis longtemps sur les effets biologiques des polyphénols de certaines céréales.

Les polyphénols du seigle [une céréale peu consommée en France mais beaucoup par les scandinaves] sont particulièrement intéressants et nous avons soupçonné qu’ils puissent avoir des effets sur la synthèse endogène des oméga-3, ce que nous avons appelé le fish-like effect à propos de anthocyanines (du raisin et du vin) dans des recherches précédentes. La théorie est importante, à l’heure où nous devons trouver des moyens de trouver (ou fabriquer) des oméga-3 sans manger du poisson. Qu’avons-nous trouver ?

Quand vous mangez (beaucoup) du seigle complet, vous absorbez des polyphénols qui sont connus pour protéger des maladies du cœur et des cancers, notamment le cancer du sein.

Vous modifiez votre flore intestinale (votre microbiote) dans un sens antidiabétique, ce qui pourrait contribuer aux effets sus-mentionnés à propos des cancers et des maladies cardiovasculaires, et vous induisez une flore qui « active » les polyphénols.

Et enfin, vous induisez des modifications particulièrement avantageuses du métabolisme des acides gras oméga-3 (qui sont augmentés) et des oméga-6 (diminués) dans le sang et le foie.

Et ces changements des acides gras [probablement dus aux polyphénols (du seigle) qui doivent être au préalable métabolisés par les bactéries intestinales (certaines)] sont aussi anti-cancéreux et protecteurs du coeur.

Bref, avec le seigle, c’est bingo !

La prochaine fois que vous allez chez votre boulanger, exigez du seigle ! Complet évidemment !

Et bio encore plus évidemment ! Sinon, changez de boulanger ! Faut ce qu’il faut !

Une seule limite : si vous êtes gluten-intolérant, désolé, faudra penser à autre chose, le seigle contient du gluten !

Si vous êtes seulement « sensible », vous pouvez essayer, peut-être que le gluten du seigle de votre boulanger est « supportable » pour votre système immunitaire …

Bon, trois tranches d’un bon pain de seigle, 20 grammes de beurre bien gouteux (et bio) avec 6 huitres et un verre (ou deux) de blanc, plutôt un Bourgogne aligoté (à mon goût) et bio, une salade (bio) avec ses noix bio et son huile d’olive, un fruit bio et vous avez un repas de roi (méditerranéen) ; vous pouvez remplacer le beurre par de l’huile d’olive que vous répandrez méticuleusement sur vos tartines après les avoir un peu aillées … le tour est joué.

Merci de donner votre opinion, et surtout vos expériences, afin que tout le monde en profite !

PS : ne cherchez pas ces données dans la littérature scientifique et médicale ; nous n’avons pas encore publié ; c’est notre petit cadeau de rentrée ! Surtout, attention, nos données concernent des expériences conduites sur des rats … Mais ne sommes-nous pas des vilains gros rats ?

LE MYSTERE « GLUTEN »

De plus en plus de consommateurs recherchent et consomment des aliments « sans gluten » …

Bizarre ?

Des prestigieux champions de tennis, des artistes et autres sommités médiatiques attribuent leur succès au régime sans gluten qu’ils se sont imposé.

Mystère ?

Tous se pensent atteints d’une sorte de maladie appelée « intolérance au gluten » !

D’autres évoquent une hypersensibilité au gluten.

Pour les docteurs ordinaires (dont je fais partie), la question du gluten est pourtant, et d’abord, celle d’une maladie infantile [la maladie cœliaque] caractérisée par une diarrhée chronique qui entraîne des formes variées de malnutrition due à l’élimination dans les selles (ou la non-absorption) de nutriments indispensables à la croissance et au développement des enfants.

La maladie cœliaque est désormais assez bien comprise : certains d’entre nous ont une prédisposition génétique à déclencher une réaction auto-immunitaire (notre système immunitaire s’attaque à nos propres cellules plutôt qu’à des « corps étrangers » hostiles) en réponse à la consommation d’une substance appelée « gluten ».

C’est quoi le gluten ?

C’est un ensemble protéique complexe essentiellement présent dans certaines céréales, le blé, l’orge et le seigle.

Les deux principales protéines sont la gliadine et la gluténine. Cette dernière est responsable de la structure du pain quand la pâte lève sous l’effet de la fermentation. Pas de beau pain sans gluténine.

La gliadine est responsable de la maladie cœliaque : c’est elle qui chez les sujets prédisposés provoque la production d’anticorps (les soldats du système immunitaire) anti-gliadine mais aussi d’anticorps dirigés contres d’autres cibles, des protéines ou des enzymes « normaux » de nos organes, notamment du tube digestif, qui sont donc attaqués par ces auto-anticorps.

En conséquence, pour faire simple, certaines parties du tube digestif sont détériorées, d’où la diarrhée chronique ! Chez les sujets atteints de maladie cœliaque, une biopsie du tube digestif permet le diagnostic, qui avait déjà été fortement suspecté, en principe, par l’identification des auto-anticorps dans le sang.

Malheureusement, les auto-anticorps attaquent d’autres cibles que la muqueuse de l’intestin grêle et les sujets atteints de maladie cœliaque ont parfois beaucoup d’autres symptômes que la diarrhée chronique.

Certains ont des douleurs à l’estomac, d’autres des douleurs articulaires, d’autres des signes neurologiques divers, il n’y a pas de limite précise à ces symptômes à part qu’ils disparaissent presque miraculeusement le jour où on adopte un régime sans gluten strict.

Pourquoi ai-je parlé de « mystère » à propos du gluten ?

Parce que la maladie cœliaque a longtemps été considérée comme une maladie rare.

Or, les dernières statistiques nous disent qu’environ 1 personne sur 100 pourraient en souffrir, ce qui est considérable !

Question : pourquoi y a t-il plus de sujets atteints maladie cœliaque depuis 2 ou 3 décennies ? Puisqu’il s’agit d’une maladie génétique, la cause de la maladie (nos gènes) n’ont pas pu changer en moins d’une génération. Qu’est-ce qui a pu changer ?

L’autre partie du mystère, comme indiqué au début de l’article, c’est que de plus en plus de gens prétendent qu’en adoptant un régime sans gluten, leurs symptômes variés (digestifs et articulaires notamment) et leur « mal-être général » se trouvent améliorés alors que leurs médecins leur ont affirmé qu’ils n’avaient pas de maladie cœliaque, c’est-à-dire qu’ils ne réunissaient pas les critères du diagnostic : une biopsie positive et des auto-anticorps.

Cette mode du « non-gluten » est devenue très préoccupante [un marché faramineux des aliments sans gluten est né] et a donné lieu à des controverses et empoignades entre spécialistes avec d’un côté ceux qui refusaient de considérer autre chose que la vraie maladie cœliaque (les autres pseudo-cœliaques étaient des psycho-somatiques à adresser aux psychiatres) et de l’autre côté ceux qui proposaient de décrire une nouvelle maladie qu’ils ont finalement appelée l’intolérance au gluten, sous-entendu non-cœliaque.

Peut-on être relativement intolérant au gluten, avec des symptômes variés, sans être un vrai cœliaque ?

Si on répond positivement, on doit admettre que cette symptomatologie est nouvelle, et il faut y trouver une explication …

C’est là que ça se complique, et à nouveau les experts se disputent : les campagnes de vaccination massive des enfants des années 1950-1960s ont fait des adultes à système immunitaire perturbé ; les pesticides de l’agriculture moderne ?

Plutôt sans doute les nouvelles races de blé (triticum aestivum, celui utilisé pour faire le pain) dont on a manipulé le génome pour les rendre toujours plus productifs sans jamais se poser la question de leur « sécurité alimentaire » !

Autrement dit on exige aujourd’hui des tests de sécurité sanitaire pour mettre sur le marché des OGM dans lesquels on a introduit UN gène !

Mais pendant 5 ou 6 décennies, par des techniques d’hybridation sophistiquées, on a construit de nouveaux blés possédant des centaines de gènes nouveaux sans qu’on se soit posé la question de leur sécurité …

Est-ce que le gluten de ces nouveaux blés est différent de celui des anciens blés ?

Réponse  : oui !

Est-ce que les nouveaux glutens sont moins bien tolérés et donc stimulent notre système immunitaire de telle sorte que chez certains d’entre nous (avec une fréquence de plus en plus élevée de cœliaques) on voit apparaître de nouvelles maladies ?

Mystère !

Mais en attendant, nous voyons de plus en plus de personnes qui se disent améliorées par des régimes sans gluten plus ou moins stricts !

La suite au prochain numéro. Tous les commentaires sont bienvenus !

SYSTEME IMMUNITAIRE, NUTRITION, CHOLESTEROL ET VIRUS A/H1N1

Au moment où quelques médias et personnalités commencent à s’exprimer sur la question de renforcer notre système immunitaire en prévision de la prochaine vague épidémique de grippe A/H1N1, il semble urgent de rappeler quelques évidences scientifiques à propos du système immunitaire et des effets potentiels de la nutrition sur celui-ci. Plutôt que de vouloir « renforcer » le système immunitaire (notion naïve sans support scientifique), il faut rappeler par contre quelques observations cliniques bien connues (en principe) des bons médecins praticiens et en tirer les conséquences suivantes : surtout ne rien faire qui puisse affaiblir le système immunitaire !
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