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Les grandes illusions de la vaccinologie (saison 2)

 

J’ai évoqué dans un précédent message l’illusion pasteurienne de la médecine et des maladies, et pas seulement les infectieuses.

Dans ce nouveau document, je vais essayer d’analyser une autre sympathique illusion des vaccinologues : c’est l’idée qu’on puisse éliminer ou « éradiquer » (c’est le vocabulaire en cours) les maladies infectieuses. Le sujet est compliqué ; je vais essayer d’être simple.

Certains « experts » ["experts" entre guillemets car l'expertise scientifique ici est très limitée : on a affaire à des ingénieurs ou des techniciens du vaccin plus qu'à des vrais scientifiques...] pensent en effet que des vaccinations de masse peuvent nous débarrasser de certains fléaux infectieux. J’ai pris l’exemple de la variole dans mon message précédent ; sans m’interdire de penser que la vaccination ne fut pas la principale cause de la disparition de la variole.

Ce fut aussi l’avis de l’OMS ; donc rien d’original de ma part. Peut-être, ou peut-être pas, ou peut-être un peu ! Pas la peine de se disputer : on ne peut pas le savoir avec nos moyens scientifiques et historiques actuels. Humilité, chers confrères !

En effet, d’autres maladies infectieuses ont disparu sans qu’un vaccin n’ait été utilisé pour les combattre ou les neutraliser. « Vie et mort des maladies infectieuses » ; ça pourrait faire le titre d’un roman anxiogène : je vais donner des exemples plus loin.

Comme je ne suis pas un cerveau ubiquitaire, je me garderais bien d’essayer de paraître exhaustif. Chaque médecin, du fait de son parcours professionnel, dispose d’une expérience clinique spécifique : le mien tourne autour des maladies cardiovasculaires depuis plus de 40 ans ; je me bornerais donc à discuter brièvement de maladies cardiovasculaires de causes infectieuses qui ont disparu (ou presque) et aussi de maladies cardiovasculaires (supposément) infectieuses qui sont apparues. Je ferai bref à nouveau.

Ici toutefois pointe une idée d’importance que nos experts vaccinologues n’ont pas encore apparemment (dans leur majorité) appréhendée : les maladies infectieuses disparaissent et apparaissent donc à un rythme soutenu dans nos sociétés.

Il est illusoire d’espérer un monde sans maladie infectieuse. Pourquoi ?

Parce que ces maladies sont le résultat d’une interaction conflictuelle entre notre environnement et notre système immunitaire.

Et comme notre environnement change sans cesse (en partie à cause des activités humaines, par exemple le changement climatique), ces interactions sont très variables ; d’autant plus que cet environnement est aussi une partie de nous-mêmes. Qu’est-ce que cela veut dire ?

Nous transportons avec nous [et pas seulement au niveau de notre tube digestif : un à 2 kilos de microbiote], dans nos yeux, nos oreilles et chaque pore de notre peau (je limite là ma description) une partie de notre environnement, c’est-à-dire le monde des micro-organismes dans lequel nous baignons.

C’est important à comprendre : nous sommes nous-mêmes une partie de notre propre environnement ! Ce qui signifie que quand je me fais vacciner, c’est aussi contre moi-même que je me vaccine !

Le facteur environnemental ici c’est le monde bactérien, viral et parasite dans lequel nous nageons. Quand nous disons que cet environnement change, nous ne parlons pas que du climat mais aussi de tous ces agents potentiellement pathogènes qui s’adaptent aux changements de leur propre environnement (qui est aussi le notre) beaucoup plus vite et beaucoup mieux que nous. Une espèce bactérienne en danger, quel que soit l’origine du péril, aura tôt fait d’inventer une nouvelle méthode de survie en milieu hostile. Ainsi de nouvelles espèces apparaissent sans cesse, ce qui est la principale explication des résurgences de maladies infectieuses qu’on croyait éteintes sous l’effet supposé (selon certains) des vaccinations de masse. Ça reste à documenter !

Évidemment, cet environnement interagit avec notre système immunitaire qui est, selon la théorie prévalente, le gardien de notre intégrité et donc de notre survie dans notre environnement.

Et notre système immunitaire [au-delà de ses spécificités génétiques] est lui-aussi constamment changeant : non seulement il s’adapte à notre environnement mais il se modifie en fonction de nos conditions existentielles : vieillissement, nutrition, activité physique, stress, pollution, médicaments, etc…

Tout le monde a compris la complexité  du sujet que je discute : une multitude de facteurs interagissent et ce sont ces interactions qui vont donner naissance soit à des maladies individuelles soit à des épidémies. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours car l’irruption d’un déséquilibre dans cette complexité peut entraîner des perturbations sanitaires.

On peut appeler ces perturbations des maladies ou des épidémies ; ce qu’il faut comprendre c’est qu’il faut du temps pour un retour à un certain équilibre (équivalent de la fin de l’épidémie ou de la guérison du patient, ou de son décès ; ce qui est aussi la fin d’une maladie) avant la survenue inéluctable d’une nouvelle perturbation ; ou d’une nouvelle « catastrophe » selon le vocabulaire des disciples du mathématicien René Thom.

Telle est la condition humaine !

Comme pour toute autre question liée à notre condition humaine, plusieurs attitudes sont possibles. Fatalisme, réaction hyperactive, pro-activité anticipatrice… L’objet de ce message n’est pas de discuter ces attitudes ; ce sera pour une prochaine fois.

De ce qui précède, chacun peut comprendre que notre environnement (tout rempli qu’il soit d’agents pathogènes et d’agents protecteurs s’opposant aux précédents par un identique réflexe de survie) n’est pas notre ennemi. Il est ! Rien de plus.

Il est potentiellement notre allié pour préserver notre santé ; à condition de le respecter !

Cette idée rejoint une approche philosophique ancestrale ; et plus récemment Rousseauiste (dudit célèbre Jean-Jacques) qu’on peut résumer par la formule : la Nature ne nous est pas hostile !

Ce qui fait question dès lors, c’est la complexité de la Nature (c’est-à-dire, de notre environnement) et la façon dont nous insérons, comme des sioux (l’image n’est pas prise au hasard), dans cette complexité. Ce n’est pas affaire de « bons » et de « méchants » qui effectivement pullulent dans la Nature, c’est adaptation et respect des équilibres ! Car dans cet environnement, les agents (potentiellement) infectieux cohabitent eux-mêmes dans des équilibres instables : notre microbiote intestinal lui-même est un extraordinaire mélange de bactéries, virus, parasites en constante discussion entre eux et avec avec notre système immunitaire.

Il n’aura pas échappé aux lecteurs que j’essaie de délivrer ici une vision très écologique de la question vaccinale. A mon avis, c’est la seule possible. Ça risque d’avoir échappé à nos ingénieurs vaccinateurs…

Évidemment, j’appelle chacun de mes lecteurs à réagir à mes propos ; si possible avec courtoisie. Si c’est pour se moquer, je prends aussi tant j’ai envie de rire de tout ça ; le ça ici étant quelque chose comme notre destin !

J’entends déjà la critique : « il se prend pour Emmanuel… Kant ! »

Mais cette vision a une implication immédiate : il y aura toujours des maladies infectieuses et les vaccinations de masse ne sont rien de plus que des éléments potentiellement perturbateurs qui induisent (potentiellement encore) des déséquilibres. Sans discuter la possible efficacité protectrice de la vaccination, la vision des maladies infectieuses décrite ci-dessus implique que la disparition (apparente ou réelle) d’une maladie sera suivie inéluctablement de l’apparition d’une autre maladie ou de la résurgence d’une ancienne, en un peu différente ; de multiples exemples ont été décrits.

J’avais promis de donner quelques exemples et illustrations  de « disparitions » et « apparitions » récentes de maladies cardiovasculaires de causes infectieuses, indépendamment de toute vaccination. C’est maintenant.

Dans mes premières années de pratique médicale, une de nos obsessions était le diagnostic des pathologies valvulaires cardiaques dites rhumatismales : sténose mitrale, insuffisance aortique, etc… Elles étaient le résultat (secondaire ou retardé) d’infections streptococciques, le prototype étant l’angine à streptocoque. Selon la théorie prévalente, le conflit entre l’agent infectieux et le système immunitaire provoque des maladies rhumatismales, rénales (glomérulonéphrites) et cardiaques. Ces pathologies des valves cardiaques des sujets jeunes (incluant des enfants) étaient un des principaux chapitres de la cardiologie clinique. Elles ont pratiquement disparu aujourd’hui sous nos climats. Sans vaccin contre le streptocoque !

De même que la scarlatine [la fameuse "angine qui vomit"] : presque disparue, apparemment. Sans vaccin contre le streptocoque encore !

D’autres types d’angine ont aussi pratiquement disparu, alors qu’elles nous faisaient peur : par exemple, l’angine  « fuso-spirillaire », dite angine de Vincent, qui souvent nécessitait l’hospitalisation  ; c’est l’ancien temps, le temps où l’amygdalectomie et l’adénoïdectomie (ablation des végétations) se pratiquaient avec une promptitude inversement proportionnelle à toute rationalité médicale et scientifique supposée les justifier…  Le temps passe, la médecine change !

Une fois ces pathologies valvulaires cardiaques (minimes ou sévères) installées, les patients étaient menacés par d’autres infections beaucoup plus sournoises et non moins dangereuses : l’endocardite infectieuse, aussi appelée « endocardite bactérienne subaiguë » ou encore Maladie d’Osler. C’est encore souvent un streptocoque [un de ceux qui vivent dans notre bouche...] qui est responsable. Si la fréquence de la maladie n’a pas, selon les statistiques US récentes, réellement diminuée, elle se présente de façon très différente de nos jours ; comme si la forme classique avait disparu et qu’une nouvelle maladie était apparue. Comme les pathologies valvulaires « ordinaires » (post-rhumatismales) sont beaucoup plus rares, les streptocoques vont plutôt investir toutes les formes de prothèses installées dans le coeur et que notre système immunitaire a du mal à protéger.

De façon parallèle, nous avons vu apparaitre de vraies nouvelles maladies cardiovasculaires dont la cause infectieuse n’est pas formellement démontrée. Par exemple, la Maladie de Kawasaki qui est devenue la principale cause de maladie cardiaque acquise chez les enfants des pays développés.

Elle a été décrite pour la première fois au Japon seulement dans les années 1960s et a donné lieu récemment (Mars 2017) à une mise au point un peu « affolée » de l’American Heart Association. J’ignore les connaissances qu’en ont les médecins français actuellement.

Il va falloir s’y habituer : nous devons apprendre à diagnostiquer et traiter malgré l’absence d’identification de ce nouvel agent pathogène.

De même qu’il va falloir s’habituer aux manifestations cardiaques de cette nouvelle maladie infectieuse qu’est la Maladie de Lyme. Ici on connait l’agent infectieux causal, c’est la bactérie Borrelia burgdorferi qui nous est transmise par des tiques dont les principaux vecteurs seraient, apparemment, les cervidés de nos forêts. Au moins en Europe.

J’abrège : on n’a plus de rickettsioses (par exemple, le typhus) et ça n’est pas grâce à un vaccin ; mais on a des borrélioses !

Quand j’étais stagiaire à Toulouse dans le service des maladies infectieuses du Pr Armengaud, on nous parlait beaucoup de brucellose et de leptospirose. Je ne peux dire quelle était la fréquence réelle de ces maladies et quelle est la situation actuelle. Je doute que ces maladies représentent de graves problèmes sanitaires aujourd’hui mais je peux dire qu’on a un vrai problème de santé publique avec les borrélioses ; et c’est tellement nouveau qu’il y a encore aujourd’hui des disputes à propos de la validité des tests diagnostic…

Si j’ai fait quelques détours, et discuter les maladies cardiovasculaires d’origine infectieuse, c’est pour illustrer l’idée que nous aurons toujours des victimes des maladies infectieuses. Beaucoup moins qu’avant l’ère des antibiotiques mais le compteur ne sera jamais à zéro.

Les victimes des anciennes, des résurgentes ou des nouvelles maladies infectieuses sont et seront les plus fragiles d’entre nous : les plus jeunes, les plus âgés, les diabétiques et surtout ceux qui à la naissance ou plus tard de façon acquise souffrent de déficience de leur système immunitaire.

Pour ces derniers, même les maladies bénignes chez les autres peuvent constituer un danger. Est-ce que la vaccination de masse permet de protéger ces sujets fragiles ? Y aurait-il d’autres façons de procéder ? Plus efficaces ?

Ceux qui ont toujours réponse à tout répondent positivement. C’est pourtant loin d’être évident, c’est-à-dire scientifiquement démontré.

Face à ces questions sans réponse, la moindre des choses est de rester prudent. Faut-il interrompre l’actuelle politique de vaccination de masse ? Ce ne serait sans doute pas prudent pour des raisons que je discuterai dans un nouveau message.

Faut-il pour autant nous obliger tous à nous vacciner ?

Peut-on, face à ces questions, perpétuer les obligations vaccinales ? Sachant qu’il y a une sous-estimation tragique des effets adverses de la vaccination…

Peut-on prendre le risque de provoquer des tragédies vaccinales sous prétexte de protéger peut-être quelques sujets si fragiles qu’ils seront hélas victimes de leur fragilité d’une façon ou l’autre ?

Pas facile la médecine !

D’où le respect des grands principes, à commencer par celui maintes fois répété :

D’abord ne pas nuire !

Méditons…

 

 

 

 

Les grandes illusions de la vaccinologie (saison 1)

 

Certains prônent la vaccination obligatoire pour tous et avec tous les vaccins existants. D’autres sont plus modérés mais veulent étendre la vaccination obligatoire au-delà des actuelles obligations sur le DTPolio (diphtérie, tétanos et polio). D’autres enfin préconisent le statu quo.

Tous se font des illusions sur le principe vaccinal. Beaucoup d’illusions ; et même trop.

Quelles illusions ?

Restons scientifique et médical, les deux en même temps, pas facile !

Je ne vais pas rentrer dans les détails évidemment mais donner quelques pistes de réflexion.

Première illusion (c’est la saison 1) : à propos de la médecine dite pasteurienne ; du nom de notre icône nationale ; attention, pas toucher sinon « panpan cucul » comme on disait autrefois…

Je ne vais pas entrer dans une polémique séculaire mais rappeler que cette vision de la maladie et de la médecine repose sur l’idée qu’une maladie a une cause (un agent infectieux pour Pasteur ; d’autres pathogènes pour d’autres plus modernes, certains non infectieux) qui nécessite un traitement salvateur. Dans le même ordre d’idée, en se protégeant de la cause, on se protège de la maladie.

Dans le cas des maladies infectieuses, c’est facile : la cause est l’agent infectieux, le traitement est un antibiotique ou un antiviral et la prévention passe avant tout par le vaccin.

C’est une rengaine officielle, à chaque fois qu’un nouvel agent infectieux apparait avec ou sans cortège contagieux épidémique, on promet un vaccin.

L’exemple typique (maintes fois érigé en pavillon) de ce modèle est la variole. Pas de virus, pas de maladie ! Et on est guérit quand il n’y a plus de virus.

La variole est un cas quasi unique dans les pathologies infectieuses pour la raison fondamentale à comprendre qu’il n’y a pas de « porteur sain ». Si vous avez le virus, vous êtes malade ; si vous n’êtes pas malade, c’est que vous n’avez pas le virus. S’il n’y a pas de « porteur sain », il n’y a pas (c’est la théorie actuelle), de réservoir invisible. Le jour où il n’y a plus eu de patient atteint de la variole, la maladie a été proclamée « éradiquée » par l’OMS. Plus besoin de vaccin aussi et on a arrêté de vacciner. Jusqu’à présent, rien n’indique que cette théorie soit fausse ; et la seule crainte des experts c’est que des apprentis sorciers travaillant en laboratoire hyper protégé (ou des terroristes) bricolent volontairement (ou par erreur) un virus proche qui devienne pathogène et soit disséminé… Jusqu’à présent, tout va bien…

Le vaccin contre la variole, ou diverses techniques (c’est une longue histoire) visant à immuniser (organiser l’autodéfense) des sujets avant qu’ils soient exposés au virus, est présenté comme un modèle du genre. Malgré l’absence de donnée scientifiques solides (selon nos normes contemporaines) permettant d’en être sûr, il serait absurde de prétendre que ces techniques d’immunisation préalable étaient inefficaces ou inutiles. Et il serait tout aussi présomptueux de prétendre que le vaccin a éradiqué la variole .

En effet, d’autres maladies infectieuses et contagieuses épouvantables ont aussi été débarrassées de nos territoires ; et je ne connais pas beaucoup de mes contemporains et voisins qui ont été vaccinés contre la peste ou le choléra. La vaccination n’est pas, jusqu’à preuve du contraire, la seule et unique technique connue pour protéger les populations et il est loin d’être évident que la vaccination de masse préalable (c’est-à-dire avant que la population à risque soit exposée à l’agent infectieux) soit la stratégie optimale. Tout dépend évidemment des critères utilisés pour calculer le rapport bénéfice/risque ; et tout dépend encore de nos capacités, voire de notre volonté, à évaluer les supposés risques d’une façon aussi objective et efficace que l’évaluation du supposé bénéfice. Tout le monde a compris qu’en posant le problème de cette façon, nous alimentons de quoi organiser plusieurs meetings (et disputes) de Santé Publique chaque semaine dans nos capitales.

Il serait préférable (et même impératif) que les discutants et « disputants » soient totalement indépendants de tout lien ou intérêt commercial.

Il serait pourtant peu cohérent, sous prétexte d’une « ignorance relative », de rejeter le principe vaccinal sans autre forme de procès comme certains font. L’exemple de l’épidémie de choléra en Haïti est utile à analyser; rapidement certes et je m’excuse à l’avance de ne pas écrire une thèse à ce sujet.

L’épidémie de choléra en Haïti survient au décours d’une catastrophe naturelle (tremblement de terre) le 12 janv. 2015 qui a fait plus de 200 000 morts. Il est généralement admis que ce sont des soldats népalais porteurs sains venus prêté main forte (à une population hyper-stressée et soumise à des conditions d’hygiène catastrophique) qui seraient à l’origine de l’importation du choléra qui avait disparu de Haïti depuis plus d’un siècle. Selon l’OMS, près d’un million de haïtiens ont été exposés à la bactérie Vibrio cholerae et près de 9000 en seraient décédés. La cause du décès est une diarrhée épouvantable qui provoque une déshydratation massive et un collapsus cardiovasculaire terminal en l’absence de mesures de réanimation (réhydratation) appropriées.

L’antibiothérapie préventive est, selon certains experts, peu efficaces du fait de l’émergence de souches bactériennes multirésistantes aux antibiotiques.

Concernant la vaccination préventive, je recopie ci-dessous un paragraphe publié par l’Institut Pasteur ; on ne pourra pas me dire que je sélectionne mes sources.

C’est là : https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/cholera

« L’OMS considère l’utilisation des vaccins anticholériques oraux comme outils de santé publique potentiellement utiles en complément des mesures de prévention classiques. Il est cependant important de souligner qu’il n’existe pas aujourd’hui de vaccin induisant une protection à long terme contre le choléra. Or la menace que représente aujourd’hui le choléra et les difficultés de mise en œuvre des mesures d’hygiène et d’assainissement rencontrées dans de nombreux pays, montrent qu’il est plus que jamais nécessaire de disposer de moyens de lutte efficaces contre le choléra et qu’il reste donc indispensable de poursuivre les recherches sur la vaccination anticholérique. »

Je ne vais pas me lancer dans une polémique stérile quant à l’efficacité (l’utilité) des vaccins anticholériques oraux actuels, le paragraphe ci-dessus dit tout ce qu’il faut comprendre : le vaccin n’est visiblement pas très efficace et n’est pas la bonne façon d’éradiquer le choléra ou de s’en protéger socialement. Dit autrement et sans rentrer dans les détails : le choléra est toute autre chose que la variole ! C’est le niveau de développement économique des populations (directement corrélé aux niveaux d’hygiène publique : accès à l’eau potable et gestion des eaux usées pour dire les choses simplement) qui est la vraie cause des épidémies de choléra.

Cela dit, face à la catastrophe sanitaire provoquée par le tremblement de terre et une fois identifié le début d’épidémie, il eût été absurde (et inhumain) de ne pas mettre en œuvre tous les moyens possibles pour essayer de protéger ces populations terrorisées.

Tout en ayant à l’esprit les « limites » de cette vaccination ; qu’on peut résumer par le constat de l’existence de porteurs sains (et de réservoirs invisibles) ; dit autrement, la vaccination ne peut pas empêcher la transmission d’une part et son efficacité est très relative au niveau de chaque individu (surtout chez l’enfant de moins de 5 ans, hélas) et dans la durée ; selon les experts !

Chacun a compris qu’en choisissant les exemples caricaturaux de la variole et du choléra, j’ai un peu « supplicié » la réalité.

L’idée principale est que même en prenant ces maladies terriblement contagieuses comme exemples, il est difficile de rester figé sur une vision pasteurienne de la médecine. L’agent pathogène fait la maladie, certes, mais d’autres facteurs beaucoup plus importants en font la sévérité et la contagiosité.

Qu’il n’y ait pas aujourd’hui de traitement antibiotique efficace du choléra est stupéfiant. Les explications fournies à cet égard sont de peu d’intérêt scientifique et humanitaire.

Que les vaccins soient également peu efficaces apparemment (et selon les experts) laisse entendre que, malgré des efforts semble-t-il importants, la vaccinologie anticholérique est en échec.

Tous les commentaires bienveillants et intelligents sont bienvenus !

Extrémistes et fatalistes s’abstenir ; nous sommes de bonne compagnie…

 

 

 

Santé, politique et élections

 

Sur l’Agora des grecs, on se rencontrait pour parler de tout, y compris de commerce.

La santé est désormais le plus gros commerce des sociétés capitalistes dites nanties : 18% du PIB des USA ; autour de 14% en France, un pourcentage parmi les plus importants d’Europe.

Les chiffres varient d’un article à l’autre (excusez la variabilité au % près) mais le fait est là : dans les deux pays cités, l’espérance de vie [un marqueur assez solide de l'état de santé de la population] régresse.

C’est le résultat d’un gaspillage astronomique des ressources et des moyens ; et ça n’est qu’un début…

C’est donc une question hautement politique !

Peut-elle être résolue grâce à des élections ?

Probablement pas ; mais les élections [parce que la population électoralement active est "sensibilisée"] sont une occasion d’en parler ; et donc tous les 5 ans il n’est pas absurde [même si on pense que dans le fond : élections = piège à cons]  de saisir cette opportunité pour « mettre la table » et tester les opinions des uns et des autres ; ça aide à préparer l’avenir !

C’est un jeu dangereux, certes, car en matière de politique, les gens les plus bienveillants peuvent devenir méchants et les plus intelligents, assez débiles…

C’est donc jouer avec le feu ; et en principe j’évite au maximum de mettre une question politique sur la table.

Je l’ai fait. Aurais-je dû ne point le faire ?

Je l’ai abordé sous un angle particulier [pour éviter les dérives régressives et sentimentales du genre "mon candidat est meilleur que le tien"], celui de la moralisation de la santé publique

Même comme ça, nous n’avons pas pu nous empêcher de défendre une option plutôt qu’un (ou une) autre… Je suis sûr d’être compris.

Les semaines et jours passant, il s’est avéré que le climat politique, juridique et médiatique s’est mis à puer : puer la corruption et la misère intellectuelle.

Et ça sera comme ça jusqu’au dernier jour parce que, les faits étant ce qu’ils sont, nous sommes au bord d’un précipice ; et peu de solutions [une seule en fait] se présentent pour y échapper…

J’aurais peut-être pas dû ; en fait je le regrette un peu… Car en croyant bien faire je me suis vu insulté de façon…

Mais aussitôt mon autre cerveau me dit qu’il n’était pas absurde de le faire ; que c’était sans doute un devoir à accomplir ! Et que peut-être quelques informations sont passées et seront utiles !

Chacun jugera ! En son temps et à son heure…

Mais au moment où j’écris ces lignes, j’annonce que je ferme les écoutilles et les hublots. Tant pis !

 

 

 

 

 

De la Santé Publique en Amérique

 

Dans la ligne d’un précédent message à propos de la moralisation de la santé publique, au même titre qu’il faille moraliser la vie publique (et donc politique), qu’elle soit de droite, de gauche ou d’extrême droite ou gauche, il n’est pas inutile de faire quelques commentaires sur les aventures de la démocratie en Amérique, comme dirait un autre aristocrate, le sémillant Comte de Tocqueville.

Le nouveau Président américain, élu par le peuple américain [qui a cru que ce "milliardaire" pouvait se préoccuper intelligemment des problèmes du peuple, des pauvres, des malades et de l'égalité des ethnies et des sexes en Amérique], est donc rattrapé par l’HISTOIRE…

Comme indiqué ci-dessous (tout le monde comprend même en anglais), il n’a pas réussi à abroger l’Obamacare [quelque chose qui approche une sorte de sécu pour les pôvres en Amérique] ; il n’a pas trouvé de majorité alors même que son camp Républicain est majoritaire partout !

Car, même cet avatar de sécu, il n’en voulait pas ce Président du peuple (comme il se disait lui-même), sous le prétexte qu’il fallait payer une taxe pour en couvrir les frais et que cette taxe il fallait la faire payer aussi aux riches, ces pôvres riches américains qui trouvent qu’ils paient trop de taxes…

Il y a d’autres raisons (du côté des professions de santé) pour honteusement haïr l’Obamacare mais je ne rentre pas dans les détails car la question est ailleurs.

C’était inéluctable, ce refus, car on peut être Républicain et intelligent [et on peut être Démocrate et stupide ; aucune référence ici aux stupides disputes droite-gauche qui ont trop longtemps caractérisé la vie politique Européenne] et les politiciens ont compris sur le terrain [comme les politiciens anglais à propos du Brexit] que le peuple a compris qu’il avait été trompé…

Ils savent aussi qu’il ne faut pas se moquer du peuple trop longtemps, surtout dans les phases d’appauvrissement des classes moyennes des deux côtés de l’Atlantique.

Ils savent aussi que l’Obamacare c’est le minimum minimorum et que le peuple américain s’y est déjà habitué ; et même que le peuple américain veut plus.

Car le peuple américain sait que son état de santé se dégrade ; l’espérance de vie aux USA diminue depuis quelques années [même chose en France ; même si les statistiques ont un retard attendu sur la réalité] ; alors même que le coût de la santé n’a jamais été aussi énorme : environ 18% du PIB aux USA ; autour de 15% en France !

Il est possible qu’une nouvelle tentative du Président américain pour abroger l’Obamacare réussisse mais ce ne serait qu’un succès « à la Pyrrhus » car le mal est fait : le peuple américain a compris qu’il avait été trompé !

Prenons leçon, nous en France, des mésaventures de la démocratie en Amérique.

Mais la vie démocratique américaine est plus solide que la nôtre, des corrections sont possible, et rapidement comme les subit l’actuel Président US [je ne mets pas d'autres qualificatifs que US pour signifier le fond de ma pensée...] ; ce ne serait pas forcément le cas dans les pays Européens (y compris en France avec la Constitution Monarchiste qui nous oblige) ; ne mettons pas notre sort, nous Européens, entre les mains de quelques écervelées qui essaient, malgré une origine suspecte, de se faire passer pour des amis du peuple, comme le Président US l’a remarquablement réussi…

 

 

 

 

Statines et toxicité musculaire

 

J’ai déjà beaucoup écrit sur les effets musculaires des statines, notamment dans mes livres, avec les conséquences catastrophiques que cela implique dans le processus d’adoption d’un mode de vie protecteur.

Je ne suis pas le seul à penser que c’est catastrophique ; mais beaucoup d’autres (liés à l’industrie) préfèrent nier les faits.

D’autres enfin, profitant de leur supposée autorité académique, prétendent que cette toxicité musculaire n’existe pas ou est négligeable ; et ils usent de la désinformation (articles et analyses supposés scientifiques) pour essayer de convaincre des professionnels de santé plongés dans la confusion : qui croire, pensent ces profesionnels ?

Les académiciens ou les scientifiques indépendants ?

Pour les aider, mes amis de l’AIMSIB m’ont aimablement demandé un article explicatif de cette question.

Explicatif de quoi ? De la façon dont on procède pour tromper !

L’AIMSIB vient de publier cet article sur son site ;

c’est là : https://aimsib.org/2017/03/22/statines-et-douleurs-musculaires-qui-desinforme-qui/#comments

Vos commentaires et questions seront les bienvenus !

 

 

 

 

Moralisation de la vie (et de la santé) publique : appel au peuple !

 

Il n’aura pas échappé à ceux qui ne vivent pas déconnectés ou « débranchés » (comme on dit dans le poste à propos de politiciens plus gênants qu’utiles) qu’on parle beaucoup ces jours de « moralisation » de la vie publique dans notre beau pays.

J’en suis très ému !

Ceux qui profèrent de tels gros mots (ou de telles inepties, Oups !) pensent, j’ai cru comprendre, à la moralité de la vie politique… et donc à la moralité de nos politiciens professionnels.

Le sous-entendu est assez évident [dites-moi si je m'abuse moi-même...] ; ces politiciens seraient un peu contaminés de quelques conflits d’intérêt inavouables ; et c’est très vilain ! Faudrait que ça cesse, non mais !

Il s’agit de conflits d’intérêt financiers ou, pire, non financiers ; dites-moi si vous souhaitez quelques éclaircissements concernant ces obscurs concepts sociologiques !

Bon, dans l’émotion qui m’étreint, je vais me lâcher et faire (comme Robespierre avant d’être raccourci) un véritable Appel au peuple : il ne faudrait pas que nos politiciens très moralisateurs oublient l’aspect qui, à mon avis, importe le plus aujourd’hui aux citoyens, c’est-à-dire la moralisation de la santé publique !

Je fais vite (et les visiteurs de ce blog complèteront avantageusement ces prémisses) : il y a des acteurs multiples et variés de la santé publique qui, pour le meilleur ou pour le pire, agissent dans ce secteur florissant et très profitable de l’économie marchande.

Les protagoniste de l’industrie des médicaments (et des vaccins) en font parti ; il nous en faut ; il faut respecter et même protéger ces acteurs indispensables.

Il n’est toutefois pas acceptable qu’ils soient devenus, tel qu’aujourd’hui, des cogestionnaires de la santé publique, juges et arbitres, décideurs et profiteurs !

Difficile de trouver plus caricatural dans la série des conflits d’intérêt qui accablent nos sociétés marchandes modernes. Qu’ils vivent (plutôt bien) grâce à la santé publique est une chose, qu’ils en profitent de façon outrageuse (aux dépends de TOUS les autres acteurs), l’influencent et se l’accaparent est évidemment du plus haut comique !

Seuls des politiciens eux-mêmes profiteurs ont pu laisser se développer de telles outrances.

STOP !

J’appelle solennellement tous et chacun à faire savoir partout, par tous les temps et en tout lieu, que nous ne pouvons plus accepter ça…

Amen !

 

 

 

 

 

 

Question vaccinale : dialogue impossible, absence d’arbitre, mais passagers clandestins…

 

Pourquoi les protagonistes de la question vaccinale n’arrivent pas à se parler avec sérénité ?

C’est quoi la question vaccinale à ce jour ?

En résumant de façon un peu grossière, on peut dire :

1) les vaccins sont-ils utiles (efficaces) ?

2) on peut décliner la question précédente en deux parties : utiles à l’échelon individuel ? Utiles à l’échelon sociétal ?

3) les vaccins sont-ils toxiques ? Un peu ou beaucoup ? Rarement ou fréquemment ?

4) quel est le vrai rapport bénéfice/risque à l’échelon individuel et à l’échelon sociétal ?

Pourquoi ces questions (apparemment) simples ne peuvent être discutées ?

Le blocage est en France mais aussi, selon des collègues américains et italiens récemment consultés, dans d’autres pays développés.

Le blocage s’explique, à mon avis, parce que deux camps irréductibles s’opposent : les pro et les anti !

Les deux camps ont parfaitement conscience de leurs faiblesses (médicales et scientifiques) respectives ; et en conséquence refusent de participer à une analyse froide et objective de ces questions.

Qui sont ces deux camps ?

A ma droite, le camp académique (médecins et experts en tout genre) et administratif (voire politique) pour lequel : la vaccination ne se discute pas… Ce qui n’est rien d’autre qu’un aveu de faiblesse. Pour un scientifique (surtout en médecine), rien ne doit échapper à l’analyse objectives des faits ; ce qui nécessite des discussions approfondies, qui ne sont pas souhaitées par les protagonistes d’une vaccination obligatoire et élargie !

A ma gauche, le camp des résistants issus de la société civile dans leur grande majorité. Ici on trouve beaucoup de victimes (supposées ou réelles) de la vaccination ; réunies de façon générale en association et qui luttent pour faire reconnaître les dommages qu’ils pensent avoir subis. Faire reconnaître pour eux signifie « faire la lumière » ; ce qui nécessite à nouveau des analyses et interprétation des faits ; et donc des discussions. Forts des témoignages multiples venant des victimes ou des familles des victimes, les résistants sont de façon générale contre la vaccination obligatoire de masse. On peut les comprendre ; on doit les écouter car, les médecins le savent, (c’est un exemple fréquent dans le milieu des résistants), quand une maman pense que la maladie de son bébé est survenue à la suite d’une vaccination, il est impossible de lui dire qu’elle a tort ; il n’y a pas de meilleur témoignage que celui des parents d’une victime !

Mais un témoignage n’est pas une donnée scientifique robuste ; selon la science médicale moderne.

Et ces familles se retrouvent généralement face à un déni académique et administratif ! Ce qui ajoute à leur douleur ; et peut engendrer de la colère, on les comprend.

A l’inverse, l’examen objectif des données épidémiologiques et biologiques présentées comme favorables à la vaccination sont généralement faibles ; selon la science médicale moderne.

Si on appliquait à la vaccination (efficacité et innocuité) les mêmes critères élaborés pour autoriser une autorisation de mise sur le marché (AMM) d’un médicament (essai randomisé en double aveugle avec une hypothèse primaire clairement énoncée), en général les vaccins n’obtiendraient pas d’AMM.

Et voilà pourquoi les deux camps, en opposition, ne se parlent pas. Ils connaissent leurs faiblesses respectives et savent que l’autre camp les connait aussi. Dialogue impossible !

Il faudrait, pour sortir de cette situation (potentiellement explosive), un arbitrage.

Cet arbitrage ne peut être que scientifique et totalement indépendant.

Il faut que les arbitres soient « titulaires » d’une véritable expertise (au moins partielle dans un domaine que la vaccination implique : épidémiologie d’intervention, statistiques, art de l’essai clinique, immunologie, infectiologie, bactériologie, virologie, vaccination, etc…)

Quand on dit « indépendance » de l’expertise, cela signifie qu’il est crucial de débarquer un passager clandestin de la problématique vaccinale : l’industrie du vaccin ; c’est-à-dire l’industrie des médicaments ; ce sont les mêmes et on les connait trop bien !

Certes, on ne peut disposer de vaccins que si des industriels fabriquent des vaccins !

Certes, ces industriels ne peuvent s’impliquer (vis-à-vis de leurs actionnaires) que si des profits substantiels peuvent être espérés de cette implication industrielle…

Tout le monde a compris que nous sommes face à des défis difficiles.

D’où l’importance d’un arbitrage scientifique et médicale totalement indépendants : priorité absolue à l’évaluation scientifique du rapport bénéfice/risque de chaque vaccin !

Sans cette évaluation, la confiance ne sera pas rétablie et la controverse perdurera ; et des comportements (supposés) illégaux se multiplieront du côté des candidats à la vaccination (ou de leurs parents) comme du côté des médecins vaccinants. Ce serait catastrophique.

Merci de remettre la lumière !

Je conclue : à mon avis, cette question vaccinale doit être discutée par les politiques (sur le plan du principe) à la veille des élections présidentielle et législative en France.

Vos opinions sont bienvenues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La question migratoire et la médecine moderne : vivre « portes et fenêtres fermées » améliore-t-il notre santé ?

 

Faire une mayonnaise avec deux questions (migration et médecine) apparemment disparates est-il judicieux ?

Surtout en période électorale alors que les sensibilités (diverses) sont à vif ?

L’expérience vécue (et à vivre) par nos amis et collègues anglo-saxons des deux côtés de l’océan donne à réfléchir… En urgence ! Je propose de réfléchir sereinement ! Ce n’est pas de la politique ici, c’est de la sociologie basique.

Et aussi notre santé ; et celle des générations à venir.

De quoi que je cause ?

De trois articles publiés presque le même jour (ce n’est pas un hasard) dans un grand journal médical américain (le New England Journal of Medicine) et le journal britannique de médecine le plus lu (le British Medical Journal).

Je ne partage pas toujours (et même plutôt rarement) les opinions diffusées par ces médias professionnels ; mais aujourd’hui il s’impose que j’informe les visiteurs de ce blog ; afin que, par eux-mêmes, ils se fassent leurs propres opinions… Oups !

Il n’a échappé à personne que ces deux grands peuples viennent de prendre démocratiquement des décisions importantes (sans rentrer dans les détails) en élisant des politiciens qui prônent la fermeture de leurs frontières selon des dispositifs que je n’ai pas à discuter ici.

Pourquoi pas ?

En termes de médecine, ou de santé des populations [et c'est la seule chose que nous avons à discuter ici ; ce qui n'est pas une mince affaire puisque le budget de la santé aux USA représente désormais 18% du PIB environ], est-il judicieux de vivre portes et fenêtres fermées ?

Plutôt que des bavardages filandreux et autres opinions subjectives, usons de la méthode anglo-saxonne et examinons des faits réels [les gens intelligents disent : restons factuels !] avec comme 1ère question : est-ce que les médecins formés hors des USA et pratiquant aux USA (donc des migrants typiques) rendent service aux patients américains ? Sont-ils moins performants que leurs collègues américains formés aux USA ?

Des investigateurs de Harvard (la plus prestigieuse faculté de médecine aux USA) répondent à cette question de façon très claire avec des données épidémiologiques qu’on peut qualifier de « robustes » puisqu’elles concernent plus d’un million deux cent mille (1 215 490) patients admis dans des hôpitaux US reçus par 44 227 médecins internistes (Bac + 12 au minimum).

C’est là : http://www.bmj.com/content/356/bmj.j273

Un seul message pour simplifier : le risque de décès à 30 jours est significativement plus bas chez les patients reçus par des médecins formés hors des USA ; bien qu’en moyenne (c’est bizarre mais c’est comme ça…) ces patients-là soient plus sévèrement malades que ceux reçus par des médecins formés aux USA.

On peut élaborer toutes sortes d’explications ; mais il suffit de visiter nos propres hôpitaux contemporains (en particulier aux Urgences et pendant les weekends) pour constater l’importance prise, chez nous, par des médecins formés hors de France… Mais je ne crois pas que nous ayons des statistiques comparables à celles de nos amis de Harvard ci-dessus. Pourtant la CNAM disposerait de ce type de données… Ce serait important de savoir. Pas politiquement correct ? Misère !

Deuxième question : est-ce que la fermeture des frontières [ce que je résume par la formule vivre portes et fenêtres fermées] est potentiellement préjudiciable ? Pour ceux qui s’enferment évidemment ; je laisse de côté les autres, ceux qui trouvent portes et fenêtres closes.

Deux articles « made in America » tentent de répondre à cette question:

1) http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp1701251

2) http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp1701339

Outre des raisonnements philosophiques de base qu’on peut certes taquiner avec plus ou moins bonne foi [les échanges d'idées et d'expérience pratique (de terrain) enrichissent tous les protagonistes de ces échanges ; c'est en mettant ensemble les meilleurs idées et talents qu'on résout le mieux les problèmes ; c'est vrai pour la recherche et l'innovation mais aussi pour les soins basiques prodigués aux souffrants], les auteurs donnent des chiffres concrets : 40% des nouveaux professeurs de médecine (3 dernières années) nommés à Harvard sont nés hors des USA [pour donner une idée du talent nécessaire, je n'ai même pas eu l'idée d'essayer...] ; 50% des 7054 résidents (grosso modo des équivalents de nos internes en France, des jeunes gens de 30 ans environ qui assurent des semaines de 70 heures (pure folie en termes de sécurité) en médecine interne dans les hôpitaux américains sont des diplômés étrangers ; en 2015, 24% des médecins pratiquant aux USA (toutes catégorie confondues) ont été diplômés hors des USA ;  etcétéra…

Les auteurs américains de ces articles insistent sur le fait que, vu l’extrême difficulté rencontrée en général par les migrants [c'est vrai pour les professions médicales comme pour beaucoup d'autres professions] et le courage intelligent que nécessitent le décollage du pays d’origine et l’atterrissage au pays d’arrivée, c’est littéralement la crème (ils l’écrivent comme ça) des candidats que l’on retrouve finalement à l’œuvre dans le pays d’accueil.

C’est un peu comme si on nous apportait de l’oxygène !

Tout cela explique que de façon générale les professionnels qui les accueillent sont plus que satisfaits et veulent les garder avec eux ; ils savent, eux qui travaillent chaque jour avec des migrants, mieux que les politiciens bornés et opportunistes (ou que les bureaucrates disciplinés) tous les avantages qu’il y a à vivre portes et fenêtres ouvertes !

Et il ne faudra pas longtemps, à mon avis, aux américains « trumpistes » et aux British « brexistes » pour comprendre qu’ils font fausse route.

Ayant moi-même été plusieurs fois un migrant, dès le plus jeune âge quand mes parents quittèrent l’Algérie, puis à l’âge d’exercer la profession de médecin (en Suisse d’abord puis au Canada), je confirme que ce fut un parcours laborieux…

Et je reste plein d’admiration pour ceux qui entreprennent ce genre de voyage de nos jours.

J’aurais pu rester dans ces pays d’accueil (avec des positions sociales plus qu’honorifiques) mais j’ai préféré rentrer au bercail et revenir dans mon petit jardin [comme le dirait Alphonse Voltaire ou Frédérique de Montaigne, je ne sais plus) au pied de mes montagnes préférées ; et je suis certain que la très grande majorité des migrants (je ne parle pas des réfugiés politiques) ne rêvent que de rentrer chez eux pour aller cultiver le potager familial.

Il est donc totalement absurde de créer des difficultés à (ou d’empêcher) ceux qui veulent (quel que soit la raison) migrer vers des contrées qu’ils pensent plus favorables à leurs destinées individuelles.

C’est tout à l’avantage des accueillants ! Ce n’est pas moi qui le dit ; ce sont les messages forts et documentés des trois articles que je soumets à votre lecture dans ce billet.

Bien lire et réfléchir avant de réagir « tête baissée ». Ce billet n’a pas de contenu politique, contrairement aux apparences, et je demande aux commentateurs éventuels de ne pas faire de politique. Sur ce sujet, les politiciens ne disent que des bêtises ou des mensonges.

Seuls ont droit à la parole les curés, les moines, les rabbins, les imams, les historiens (les vrais pas les crétins qu’on entend à la télé) et les sociologues ; plus les professionnels mais seulement les professionnels de santé puisqu’on ne parle ici que de santé ! Sexistes, racistes et ethnicistes s’abstenir ! Merci d’avance !