Affections pulmonaires, cholestérol et statines


Tout a été fait – et tout est fait – pour nous faire croire que baisser le cholestérol ou prendre une statine nous protégerait des affections pulmonaires, provoquées notamment par des bactéries ou des virus. Des études épidémiologiques et des analyses de sous-groupes extraits d’essais cliniques (après les avoir désaveuglés, quelle honte !) organisés pour de toutes autres hypothèses, puis des méta-analyses supposées dire LA vérité – simplement parce qu’elles sont « méta » ; certes seuls des grands naïfs (il y en a beaucoup …) peuvent se laisser piéger – ont proclamé ces sornettes, évidemment reprises en chœur par des médias compatissants

Et tout ça en l’absence totale d’essai clinique bien fait susceptible de donner quelques consistances à des théories qui vont à l’encontre du simple bon sens ; à condition de posséder un minimum de connaissance de notre physiologie.

Pourquoi aucun industriel n’a organisé un tel essai clinique ?

Parce que, malgré les apparences, il y a quelques cerveaux, dans les états-majors de BigPharma et dans une période où de Nouvelles Règles des Essais Cliniques ont été imposées – et en conséquence biaiser les essais cliniques devient un sport dangereux – ils ont sans doute pensé que le jeu n’en valait pas la peine.

Contrairement à des investigateurs rémunérés par l’État français qui, eux (naïfs ou cyniques) ont trouvé un financement public pour tester cette hypothèse.

Ces investigateurs français publient leurs résultats totalement négatifs début octobre 2013 dans le journal officiel des médecins américains, le très fameux JAMA. Le premier auteur est un certain Papazian Laurent, sans doute un gentil garçon, domicilié à Marseille. On pourrait penser que ces investigateurs rendent service à la science et à la médecine en démontrant que les statines ne protègent pas les patients en détresse respiratoire, mais leur façon de présenter les choses n’est pas correcte.

Pourquoi ?

Ils nous disent en effet qu’ils ont arrêté leur essai après avoir recruté 300 patients pour cause de “futility”. C’est comme ça qu’on dit en Anglais pour justifier l’arrêt d’un essai qui à l’évidence ne vérifie pas l’hypothèse testée, rendant sa continuation inutile, façon de traduire futile.

Curieusement, nos amis éludent le fait qu’ils observent avec la statine (et par rapport au placebo) une augmentation de la mortalité à 28 jours de près de 50%. On est à la limite de la signification statistique, 3 patients de plus et c’était significatif.

Il était donc urgent de stopper cet essai ; mais pour d’autres raisons qu’une quelconque “futility” ; parce que la statine tuait certains patients.

C’était donc pour des raisons éthiques et humanitaires qu’il fallait arrêter prématurément cet essai !

Cette évidente toxicité aurait dû être anticipée. En effet, les lipoprotéines (notamment celles qui sont riches en cholestérol) constituent notre première défense immunitaire, y compris contre les virus. Abaisser leurs concentrations dans le sang ne pouvait qu’aggraver les conditions immunitaires de ces patients – leur risque d’infection maligne – ce qu’on a vu dans cet essai évidemment ; ils ne pourront plus dire qu’ils ne le savaient pas !

Ils auraient dû le savoir ! Il eût suffi de m’avoir lu … moi en français ou d’autres en anglais !

Les médecins doivent savoir que les statines augmentent la sévérité des pneumopathies infectieuses et probablement augmentent aussi le risque de les attraper ! Simple bon sens !

Tous (à Marseille et ailleurs) devraient savoir que les personnes qui naissent avec des capacités faibles de synthétiser le cholestérol (par transmission d’anomalies génétiques) ont un système immunitaire défaillant ; et la première chose que les médecins qui prennent en charge ces patients doivent faire c’est augmenter leur cholestérol pour les protéger des maladies infectieuses. On y arrive un peu par des stratégies nutritionnelles spécifiques, mais seulement pour le cholestérol (ou les lipoprotéines) circulant(es) !

Mon conseil : si vous avez l’impression que vos défenses anti-infectieuses sont un peu faibles, arrêtez votre statine ; si vous avez des problèmes pulmonaires, arrêtez votre statine !

Évidemment, il faut en parler avec votre médecin. Apportez-lui mes livres, ça aidera …

Malheureusement, pour le cholestérol du cerveau – dont la synthèse est également diminuée chez ces patients, avec des conséquences tragiques pour les capacités intellectuelles, et affectives – on est incapable de corriger le défaut (en cholestérol) car les lipoprotéines ne passent pas la barrière hémato-méningée et ne peuvent pas compenser le défaut de synthèse cérébrale …

Par contre, les statines passent la barrière hémato-méningée et, de façon variable (fonction des doses et autres paramètres), perturbent les fonctions neuronales.

La FDA – l’équivalent d’une Autorité du médicament aux USA – a d’ailleurs lancé une alarme en 2012 pour avertir les médecins américains que les statines provoquaient des troubles de la mémoire.

C’est aussi comme ça que commence l’Alzheimer.

Mon conseil aux médecins et aux familles qui suspectent un début d’Alzheimer chez un proche : d’abord stopper la statine, puis supplémenter avec des oméga-3, avant de persister dans ce diagnostic. On a vu des miracles !

Comme pour l’effet des statines sur le diabète, les Autorités Françaises n’ont pas encore, à ma connaissance, alerter les médecins français à propos de la toxicité neurologique des statines.

J’aimerais qu’on m’explique où le système français s’avère défaillant !

Au contraire, certains experts – certains proches des Autorités – persistent à dire que les statines protègent le cerveau, probablement la même engeance qui prétendait que les statines protégeaient nos poumons …

La honte les fera-t-elle disparaître sous terre, ces mécréants ?

Il est minuit docteur Danchin …

Il est minuit docteur Danchin, il se fait tard.
Il est temps d’éteindre les feux. Ce n’est pas une heure pour jouer du pipeau …
La brousse bruisse de bruits menaçants.
Les barbares sont à nos portes …

A cause d’eux, il y aurait des milliers de morts et les soins intensifs de cardiologie seraient envahis par des milliers de victimes de crise cardiaque.
Mais  vous veillez encore, vous  résistez. Avec vous, la science, la vraie, va venir au secours des populations menacées.
Merci de nous gratifier ainsi de vos travaux de très haute qualité et qui resteront dans les mémoires et les annales des siècles et des siècles.
Nous avons notamment apprécié les savants calculs, les “modélisations” et autres “extra-postulations” qui vous ont permis d’aboutir à vos judicieuses conclusions sans qu’aucun doute ne puisse venir les ternir.
Sûrement vous avez été chaudement félicité par vos confrères universitaires, et par le comité de lecture et les éditeurs de la prestigieuse revue qui a accueilli le rapport de cette investigation “hors norme” !
Il est  regrettable qu’aucune grande revue de cardiologie internationale n’ait accepté de publier votre travail, ce qui montre une fois de plus qu’une véritable machination souterraine œuvre à détruire les fondements même de notre civilisation … et peut-être aussi (mais c’est un point secondaire) ceux de l’industrie du médicament.
Cette dernière va bénéficier, avec vos travaux de recherche, d’un soutien considérable pour sauver ses marchés déclinants et surtout ses profits ; de façon qu’elle puisse enfin avoir les moyens des recherches innovantes que les états et les populations attendent d’elle.
Votre travail, n’en doutez point, honore toute la communauté scientifique française et démontre encore une fois que les positions calamiteuses de nos universités dans les classements internationaux sont injustes.
Ce travail de recherche vous permettra d’enfin pouvoir postuler aux titres que vous méritez, l’Académie et, pourquoi pas, un Prix Nobel de Médecine qui viendrait couronner l’ensemble de votre œuvre ; à moins que quelques jaloux viennent perturber votre marche triomphale vers la célébrité.
Mais la qualité de votre dernier opus leur clouera le bec !
Encore merci, Docteur Danchin, et du fond du cœur : grâce à votre dernier travail, chacun peut mesurer l’acuité intellectuelle des “confrères et scientifiques” regroupés dans le camp de ceux qui, avec vous, défendent les médicaments modernes, et évaluer aussi l’extraordinaire qualité scientifique des travaux de recherche qui leur permettent de mener ce dur combat !
Bravo, vous êtes un vrai exemple pour la jeunesse que vous instruisez ; et même (n’ayons pas peur des mots) un phœnix pour notre corporation (médicale) qui grâce à vous dispose maintenant de documents intangibles pour guider sa pratique.

Trêve de plaisanteries … Rions un peu … avec … Swynghedauw !

Les visiteurs habituels de ce Blog, ou les lecteurs de mes livres, sont désormais bien avertis des procédés de la propagande et du conditionnement des esprits ; ils ne se laissent plus prendre.
On est habitué aux arts et subtilités de ce sport dangereux dont le but ultime, et parfois honorable, est de faire la promotion commerciale de quelque chose “à vendre”.
Actuellement, le lobby du cholestérol, des statines et des chimiothérapies anticholestérol supposées remplacer avantageusement les statines bat son plein, de façon outrancière dans tous les médias aux ordres !
Ça n’aura échappé à personne ; et on se dispute en stupidités pour essayer de faire bonne figure dans ce panorama ; personne ne manque, ils sont tous là un peu comme dans ces films américains où l’on nous montre une fête ou un anniversaire organisé par un parrain de la mafia.
J’ai longtemps espéré que la science et la médecine, et donc les sciences médicales à plus forte raison, devaient échapper à ça pour une simple raison d’éthique minimale.
J’ai longtemps pensé que la majorité des scientifiques, tel celui [Bernard Swynghedauw] qui fait le titre de ce billet, aurait la vanité (ou l’honneur, tout dépend comment on prend la chose) de ne pas s’exposer eux-mêmes ou d’éviter de prendre à parti un confrère (moi par exemple) qui ne serait pas de leur avis.
J’évite au maximum de citer les noms de ceux qui participent à ces jeux malsains, bref je me refuse à régler des comptes de façon infantile ; sauf si une forme de limite (dans l’art de la désinformation) est dépassée.
C’est le cas à propos d’un texte vengeur (à mon propos, Ah bon Dieu !) qu’un visiteur de ce blog a eu la gentillesse de me communiquer. Je vais y consacrer quelques lignes.
Ce texte (sur le grand méchant cholestérol et le vilain docteur, c’est moi, qui ose le trouver plutôt sympa) a été publié sur un site consacré à la pseudo-science.
Pseudo-science dont je me rendrais coupable évidemment, tandis que l’auteur, un ex-prestigieux chercheur d’un non moins prestigieux Institut National, lui n’aurait produit que de la vraie science.
Les éditeurs de ce site de pseudo-science m’ont généreusement accordé quelques lignes de réponse qui figurent désormais en fin du texte de notre prestigieux homme de science.
Pour le visiteur de ce Blog qui m’a alerté, c’est insuffisant, vue la perfidie (sans doute inconsciente) de notre Swynghedauw dans l’art de désinformer
Je ne vais pas revenir sur toutes les banalités reproduites par Swynghedauw, c’est presque mieux écrit dans Science et Avenir ; dans lequel je recommande à notre ami de publier désormais ; ils seront “entre eux”.
Mais un paragraphe particulier chagrine mon “donneur d’alerte” personnel. Je le reproduis ci-dessous. Swynghedauw y parle de mes œuvres évidemment ; je cite :

Pas un mot sur le gigantesque et minutieux travail effectué par des centaines d’équipes et qui a établi progressivement la séquence d’événements depuis la pénétration du cholestérol dans la paroi jusqu’à la formation des stries lipidiques, leur transformation en plaques et leur ulcération, laquelle est à l’origine du caillot qui finalement va obturer l’artère.

Mon “donneur d’alerte” me fait remarquer, à juste raison, comment l’auteur de ces lignes, par l’usage d’expressions et de mots typiques d’une propagande d’une autre époque m’accuse à la fois de manipulation et de légèreté, alors même que je suis l’auteur de centaines d’articles scientifiques en anglais et de milliers de pages en français sur ces sujets :

–  Pas un mot sur

gigantesque et minutieux travail …

– des centaines d’équipes …

a établi progressivement …

C’est vrai que c’est lourd ! Et que des gentils naïfs pourraient se laisser prendre !

Comme me le souligne mon “donneur d’alerte”, voilà qu’en peu de mots, Swynghedauw déclare :

– que je suis moi-même un manipulateur : pas un mot sur …

– que je ne fais pas le poids face à : des centaines d’équipes

– que la théorie du cholestérol aurait été : établie, c’est-à-dire vérifiée et validée …

– grâce au travail : gigantesque et minutieux de centaines d’équipes

Les lecteurs de mes livres et articles savent que j’ai traité toutes ces questions abondamment dans des milliers de pages, mais le visiteur occasionnel de tel ou tel site de médecine ou de “pseudo-médecine” pourrait se laisser abuser.

Je ne vais pas ici photocopier toutes les explications que j’ai données par ailleurs.

Mais je peux toutefois inviter tout un chacun à aller vérifier !

Par ailleurs, je les invite à vérifier aussi si les propos de Swynghedauw repose sur un travail personnel concret [a t-il lui-même publier des articles scientifiques sur ce sujet ? Est-il un expert du cholestérol et/ou des statines ?] ou s’il n’est finalement qu’un vulgaire “perroquet savant” de l’espèce qui publie dans Science et Avenir, se contentant de psalmodier les mêmes inepties !

A la fin, ça fait des milliers d’auteurs qui auront dit la même chose, un travail gigantesque et minutieux …

Terminons, pour rire, sur une vulgaire plaisanterie !

Qu’on me cite une seule étude, sur l’homme, où l’on a démontré :

1) la “pénétration” (hum !) du cholestérol dans la paroi ;

2) que cette “pénétration” est à l’origine de la plaque d’athérosclérose

J’attends la réponse de Swynghedauw …ou d’un autre !

Et pas une citation d’un autre ! Et pas une étude sur la mouche tsé-tsé ! Sur l’homme ! Une belle étude !

 

FRAUDE SCIENTIFIQUE ou "Scientific misconduct"

C’est un sujet difficile !
Et les scientifiques n’aiment pas en parler, pour toutes sortes de raisons, la principale étant que quand on appartient à une communauté, on évite de la critiquer, de s’en désolidariser …
Bref, on est une bande de “braves copains“, on a fait des bombes atomiques et des bombes chimiques mais … “c’était pas not’ faute, faut pas confondre c’est pas nous que ...”
En médecine, c’est encore plus grave car, contrairement aux scientifiques qui travaillent sur une levure ou une plante, les conséquences peuvent être “dramatiques” pour tout un chacun à la minute même où on fait une découverte : si on trouve que les statines augmentent le risque de cancers, il n’y a pas une minute à perdre pour le faire savoir, vu le nombre de sujets menacés …
Bon, tout le monde a compris. Et, après quelques secondes de réflexion, la majorité a aussi compris que ce n’était pas aussi simple … que ce n’était pas sûr, que ça dépend si, qu’il faudrait vérifier que, qu’il ne faut pas que  …
Bon, c’est déjà bien d’en parler !
Beaucoup de visiteurs de ce blog me félicitent de mon courage (MERCI encore !] et surtout de prêcher seul dans le désert !
Sur ce dernier point, les apparences sont peut-être contre moi ; mais, en fait, notre société est animé d’un profond mouvement de scepticisme qui, de mon point de vue de médecin, est catastrophique ; mais vu par le prêcheur (que j’ai l’impression d’être) est très sain …
A preuve ce document : http://editorsupdate.elsevier.com/issue-40-september-2013/understanding-and-addressing-research-misconduct/
Ça vient du plus gros éditeur “privé” et “commercial” du monde et lui-même s’alarme des “scientific misconduct” … Tellement y en a que ça pourrait perturber le business de l’édition.
Et ensuite suivez le “guide” ou le fil, et vous allez à partir de ce fil tirer une interminable chaussette de laine !
Le phénomène est en effet considérable, pour ne pas dire “cataclysmique”.
Illustration : tous les jours je lis (parcours) très vite des articles des plus grandes revues scientifiques que dès la deuxième ligne je sais être “bidons” … Plus c’est (apparemment) important et plus la probabilité que ça soit “bidon” est grande …
Comment faire dès lors pour attraper les bons filons, les vrais bons travaux crédibles et bien présentés ?
Je n’ose pas le dire … mais je le dis quand même : comme dans tous les métiers, le travail et l’expérience !
Bonjour chez vous !

L'AVENIR RADIEUX DE LA CHIMIOTHERAPIE ANTICHOLESTEROL !

C’est à peu près le titre de l’une des prochaines sessions (commanditées par les industriels concernés) du Meeting Européen de la Société Française de Cardiologie en janvier 2014 (sauf erreur).
Voilà, vous êtes prévenus !
C’est aussi l’objet d’un numéro quasi spécial [commandité ?] de la revue “Science & Avenir” …
Mais certains en ont déjà parlé sur ce site !
De quoi s’agit-il ?
Pas des statines évidemment qui vont bientôt toutes être “génériquées” et donc sans avenir pour une industrie aussi profitable (le mot a son sens !) que BigPharma !
L’avenir radieux concerne les nouveaux, ceux qui veulent prendre la place des statines et qui sont essentiellement le produit des biotechnologies, nouveau “fer de lance” de BigPharma.
J’en avais déjà parlé dans un billet précédent en décembre 2012 “Que doit-on penser des nouveaux traitements anticholestérol ? Sommes-nous des cobayes ?” disais-je, en annonçant aussi une campagne forcenée pour d’abord faire savoir qu’ils existent ; puis pour les imposer !
Probablement pour les imposer, à la place des statines !
Il y a plusieurs types de chimiothérapies anticholestérol en préparation (déjà testées chez des patients) dont les principales caractéristiques sont d’être des bricolages biologiques qui doivent être injectés (environ une fois par semaine) plutôt qu’absorbés oralement.
En développement actuellement, en faisant bref et simple :
1) des anticorps monoclonaux dirigés contre PCSK9 qui est une protéine participant au “recyclage” des récepteurs des lipoprotéines riches (plus ou moins) en cholestérol. Moins de  PCSK9 fonctionnels est associé à une diminution des lipoprotéines dans le sang, et donc à moins de cholestérol mesurable dans le sang.
2) des agents “antisense oligonucleotides ou ASOs)” [désolé, c’est comme ça qu’on dit !] qui inhibent la synthèse endogène de protéines impliquées dans la formation des lipoprotéines et donc le transport de nombreuses substances liposolubles ; et donc du cholestérol. Celui que l’on connait pour le moment, déjà testé chez des humains, est le mipomersen qui inhibe la synthèse de l’apoprotéine B100.
Je me refuse, faute de données scientifiques solides et indépendantes, à faire des commentaires concernant l’utilisation de ces nouveaux médicaments dans des cas rarissimes tels que les Hyperlipoprotéinémies Familiales homozygotes !
On ignore tout de la toxicité de ces médicaments et, outre leur effet sur le cholestérol, tout de leur effet sur le risque d’infarctus et d’AVC.
On ne sait donc rien du rapport bénéfice/risque, en principe ; sauf que n’attendant rien d’une diminution du cholestérol chez 99.9% des individus, on ne peut qu’entrevoir un rapport plutôt désobligeant …
Mais il est clair que pour rentabiliser leurs investissements, les industriels vont essayer d’élargir les indications de ces médicaments notamment les anti-PCSK9.
D’abord, on les prescrira à ceux qui ne supportent pas les statines ; c’est-à-dire environ 20% des supposés bénéficiaires mais privés de statine ; ça fait déjà beaucoup de monde, l’aube semble radieuse effectivement !
Comme justification, on se contentera des effets sur le cholestérol, nul besoin de démontrer qu’ils ont un effet sur l’infarctus et l’AVC puisque c’est déjà évident avec les statines, même si ça n’est pas vrai. Même plus besoin de “bricoler” les essais cliniques !
Dans un deuxième temps, on peut prévoir qu’on va comparer les anti-PCSK9 avec les statines sous divers prétextes : praticabilité de l’injection hebdomadaire plutôt que le comprimé quotidien, petite toxicologie comparative, et évidemment effet sur le risque cardiovasculaire !
Nul besoin de démontrer que c’est efficace sur le risque cardiovasculaire ou supérieur aux statines, il suffit de démontrer que ce n’est pas différent des statines.
En effet, désormais les “experts aux ordres” multiplient les études comparatives où l’objectif n’est plus de démontrer la supériorité d’un médicament sur un autre, ou contre un placebo, mais de simplement montrer [je ne ris pas !] l’absence d’infériorité !
Et ainsi, subrepticement et inéluctablement, les nouveaux injectables vont prendre la place des anciens comprimés de statines avec un coût astronomique pour l’Assurance-Maladie et aucun effet démontré de leur utilité clinique …
L’avenir radieux de la chimiothérapie anticholestérol est déjà écrit !
A moins qu’une toxicité aigüe ou rapide (inattendue à ce jour) ne vienne perturber les plans !
C’est là qu’il va falloir “jouer serré” !
A tous les cobayes volontaires, je dis: ne jouez pas à ça ! Regardez passer les trains !

LE DEBAT SUR LA TRANSPARENCE DES ESSAIS CLINIQUES FAIT RAGE !

Je l’ai assez dit ici, nous ne pouvons pas croire “sur parole” les rapports de l’industrie pharmaceutique sur ses propres produits.
Je ne suis pas le seul à le dire ; à tel point que l’Agence Européenne du Médicament (EMA) négocie actuellement et durement (un pas en avant, un pas en arrière) une réforme radicale des procédures d’analyse des essais cliniques qu’on peut résumer, pour faire simple, sous le terme “transparence” !
Pour avoir une idée des discussions actuelles concernant la validité des essais cliniques – et donc la possibilité de vérifier le contenu des bases de données, ce que l’on appelle la “transparence des données scientifiques” – sans se perdre dans les labyrinthes de la bureaucratie européenne [qui fait d’ailleurs bien plus en termes de transparence que ses équivalents aux USA ou en Asie], je recommande la lecture (en anglais, désolé) de ça :
http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/special_topics/general/general_content_000555.jsp&mid=WC0b01ac0580607bfa
Mais surtout ça :
http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001202
Nous – c’est-à-dire quelques experts libres et indépendants – devons avoir accès à toutes les données brutes de chaque patient inclus dans un essai clinique de façon que nous puissions, par nous-mêmes, refaire tous les calculs statistiques qui soutiennent les conclusions de l’industriel et de l’Agence Officielle (FDA aux USA, EMA en Europe, par exemple) qui – je ne plaisante pas – valide ces conclusions sur la base des données fournies par l’industriel.
Rien n’oblige un industriel à montrer – laisser voir – l’intégralité du contenu de ses bases de données !
A ma connaissance, il n’y a pas en France  (ailleurs que sur ce Blog) de discussion avérée – c’est-à-dire plus ou moins officielle ou publique – sur ces sujets cruciaux. Silence, on dort ! Ne pas dérangez !
Sauf, évidemment, des tentatives d’enfumage venant des professionnels du secteur [ ” touche pas à mon business, petit ! ” ]. Par exemple, ça :
http://biopharmanalyses.fr/cro-les-entreprises-de-la-recherche-clinique-garants-de-la-transparence/
Si vous avez vent de quelque chose d’indépendant et concret, merci de me dire !
En bref, les industriels du secteur sont en général contre la transparence quoique certains fassent semblant de s’y soumettre [la Société du Spectacle dans toute sa splendeur …] pour mieux y échapper : les données brutes bien sûr, mais seulement celles qui ne portent pas [vraiment pas du tout] préjudice à nos sociétés industrielles … et aux profits qu’elles génèrent !
Il est évident qu’avoir “accès aux données brutes” ne suffit pas !
Il faut aussi que nous puissions vérifier la validité de ces données dites “brutes”, celles à partir desquelles nous faisons les analyses !
Qu’est-ce que cela veut dire ?
Beaucoup de choses, mais pour expliquer, je vais donner un exemple simple.
Soit un essai clinique testant un médicament supposé diminuer le risque d’infarctus du myocarde. Dix mille (10,000) patients sont recrutés et répartis à l’aveugle dans un groupe traité et un groupe recevant le placebo. Après x années de suivi, les investigateurs déclarent qu’il y a eu 100 infarctus dans le groupe placebo et 50 dans le groupe traité avec le nouveau médicament : une réduction de 50% du risque ! Magnifique ! Ces chiffres sont donnés à titre d’illustration, ne pas raisonner dessus, bien sûr !
Avoir accès aux données brutes (vu par une Agence du Médicament), c’est avoir accès aux 150 dossiers (anonymisés) des patients qui ont présenté un infarctus, puis aux calculs statistiques présentés par l’industriel.
Ça ne suffit pas évidemment !
Il faut aussi pouvoir vérifier qu’il n’est vraiment rien survenu chez les 9850 patients qui n’ont pas eu, selon l’industriel, un infarctus !
Ça tombe sous le sens !
Soit nous faisons confiance et les 150 dossiers d’infarctus sont de peu d’intérêt. Soit nous ne faisons pas confiance [“chat échaudé …“] et il faut pouvoir vérifier dans les deux groupes si le ratio infarctus/indemnes est correctement rapporté.
En effet, s’il est impossible d’inventer des infarctus dans le groupe recevant le placebo, il est vraiment trop facile “d’oublier” quelques infarctus dans le groupe traité …
Et il ne faut pas se plaindre qu’on ne soit pas en confiance ; ils ont été prévenus qu’on ne les croyait plus … sauf ceux qui sont payés pour les croire sur parole ! Triste époque !
Honte sur eux !
Tout ceci pour parler des éventuels effets bénéfiques d’un quelconque médicament.
On peut imaginer à quel degré de tartufferie peut donner lieu l’examen des effets toxiques d’un médicament.
Je donne ci-dessous un exemple de rapport de l’Agence Européenne concernant l’effet pro-cancer des certains médicaments antihypertenseurs que j’ai discutés dans des billets précédents :
http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Medicine_QA/2011/10/WC500116862.pdf
J’étouffe ! A l’aide !
Bon, “on n’est pas sorti du sac” … mais (soyons positif !) ça progresse puisque ça discute …
Le chemin parcouru nous donne quand même une petite idée de “d’où l’on vient” !
Il y avait de quoi s’alarmer ! Il était temps ! Je n’ai pas perdu mon temps !
Que penser aujourd’hui de toutes les canailles (dans les médias et les académies, ici ou là) qui, au lieu de mêler leurs voix à la nôtre – pour le progrès de l’humanité, pas moins ! – nous traitaient de parano ou de mal-élevés ?
On discute donc  ces jours-ci des réformes à apporter à un système qui est mort et qu’il faut enterrer …
Admettons maintenant que nous fassions d’ici peu de réels progrès dans la transparence, que ferons-nous de tout ce qui a précédé ces réels progrès ? Quand nous vivions dans l’obscurité …
Que ferons-nous de toutes ces “merveilles” – devant lesquelles se prosternent encore les médias et les académiciens de tout poil aujourd’hui – et qui motivent pourtant (au niveau de l’Agence Européenne du Médicament !) l’impérieuse nécessité de changer les procédures et d’imposer la transparence ?
On repart à zéro avec les statines ?
Bien sûr !
Bonjour chez vous !

CIGARETTE ELECTRONIQUE : QU'EN PENSER ?

Je n’ai pas personnellement travaillé cette question pour le moment …
Je resterai donc sur mon “quant- à-moi” … Pas de commentaire pour le moment !
Mais un visiteur du blog nous fait passer un remarquable article sur le sujet et je recommande sa lecture attentive ; car il semble qu’il y ait là de quoi alimenter notre façon de voir :
http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/cigarette-electronique-petits-136963
Tout commentaire et/ou critique seront bienvenus !
MERCI à tous !

BIOTECHNOLOGIES APPLIQUEES A L'ALIMENTATION

En plein effort, souffle court, dans la rédaction de notre prochain livre [qui traitera presque exclusivement de nutrition, notre vrai métier], je m’interromps un instant pour livrer à la réflexion des visiteurs de ce blog le premier paragraphe du chapitre 1 [intitulé : La vie, une technologie au service du marché] du livre de Jean Foyer (que je ne connais pas mais qui dit ce que je pense, et ça m’économise …) : “Il était une fois la bio-révolution” aux Éditions Partage du savoir.
Je cite donc : “… comment les biotechnologies circulent entre connaissances scientifiques, applications technologiques, politique de recherche, sécurisation juridique, et stratégies industrielles. Dans ce cheminement, les mécanismes fondamentaux du vivant sont instrumentalisés pour devenir des objets technologiques, dont la fonction ultime semble être de générer des richesses sur le marché. Ce processus de transformation technologique et de marchandisation renvoie à une forme extrême de modernité, où l’espace de la nature et de la société est tout entier soumis à la puissance de la technologie et aux lois du marché.”
Bien sûr !
Mais ce n’est plus un  anarchiste attardé qui le dit, c’est un tout jeune (bien gentil sans doute) qui écrit ça ; et au moment de sa thèse …
Les temps changent peut-être !
Ça fait partie des bonnes nouvelles, y en a pas beaucoup !
Bonjour chez vous !

TRANSPARENCE, MORALITE, LIENS D'INTERET …

Dans un récent “article-débat” (18 Avril 2013) du journal LE MONDE (que je lis de moins en moins faute de temps pour sélectionner le “bon grain” du reste … Désolé Madame la Nouvelle Rédactrice-en-Chef, c’est pas encore ça …), un certain Yves Charles Zarka écrit que le Docteur Cahuzac (à propos duquel je n’ai rien à dire, vu la transparence des faits) a (je cite) : “brisé un tabou de la classe politique” ! Car il a avoué …
En politique, selon notre auteur, quand on avoue on est un traitre !
Selon cet auteur (Zarka) et nos politiques [je ne pense pas, et j’espère ne pas me tromper, qu’ils soient tous “pourris” !], sa traitrise c’est “moins la faute ou la fraude que l’aveu” ...
C’est une idée intéressante qui renvoie à notre problématique médicale actuelle à propos des médicaments et des fraudes (supposées ou réelles) des industriels et de leurs experts rémunérés pour ça !
De la même façon, je pense que ceux-là aussi sont pris dans les rets de cette loi d’airain : ils n’avoueront rien et jamais !
Seules des circonstances particulières [une ligne téléphonique restée branchée, la vengeance d’un concurrent malheureux …] peuvent conduire à la transparence des personnes (qui es-tu vraiment ?) et des faits (qu’as-tu fait vraiment?)
Mais, pour nous médecins et/ou chercheurs, est-ce là le cœur du problème ?
Dans tous les cas de figure, certes, la transparence (des liens d’intérêt en particulier mais pas seulement) est une nécessité pour ceux qui prétendent “représenter” l’intérêt général, donc pour les élus, sinon prière de s’abstenir !
Mais dans les sciences médicales, la principale transparence requise ne concerne pas les personnes mais les travaux et les données scientifiques eux-mêmes, y compris la façon dont ils sont produits.
Je me fous (en toute franchise) des liens d’intérêt du Professeur x ou y, mais s’il prétend quelque chose (quoique ce soit), ce doit être motivé sur une base scientifique vérifiable, c’est-à-dire accessible et éventuellement (on peut faire quelques réserves quand il y a un secret industriel à protéger) publique !
On ne peut croire personne sur parole (la moralisation est une lubie !) ; mais on doit pouvoir vérifier la réalité des allégations !
Facile tout ça en principe !
Pourquoi est-ce si long à obtenir ?
Réponse possible : parce que la majorité des allégations seraient des mensonges ?
Facile à vérifier, ouvrons les placards !
Hélas, à chaque fois qu’on a ouvert un placard, on y a trouvé un cadavre !
J’en ai donné des exemple dans mes livres.
Ce sera dur de faire passer la … Justice par ce chemin.
Car ils n’avoueront jamais ! Une Loi d’airain !