Que penser des nouvelles recommandations Européennes concernant l'hypertension artérielle (ou HTA) ?

C’est la concordance de deux publications la même semaine qui m’incite à écrire ce bref billet.
Dans la première, du British Medical Journal, une journaliste new-yorkaise nous explique pourquoi il ne faut pas faire confiance aux recommandations dites officielles.
Elle donne de bons exemples dans son texte : l’un à propos du traitement des traumatismes de la moelle épinière par les corticoïdes et un autre concernant le traitement de l’accident vasculaire cérébral (AVC) en phase aiguë ou subaiguë par des agents fibrinolytiques, des traitements qui détruisent les caillots à l’intérieur des artères qui, dans le cas de l’AVC, sont la cause de l’AVC.
Dans les deux cas, les comités de consensus qui rédigeaient ces recommandations étaient absolument affirmatifs et n’autorisaient aucun scepticisme, les traitements qu’ils préconisaient devaient être appliqués ; ce qui ne laissaient plus aucune liberté de prescription à ceux qui voyaient les choses différemment.
Après quelques années, on a reconnu que ces recommandations “absolues” n’étaient pas valables et on s’est aperçu que les rédacteurs de ces recommandations étaient ligotés par de multiples conflits d’intérêt …
No comment !
C’est là pour ceux qui aiment vérifier : http://www.bmj.com/content/346/bmj.f3830
Désolé, c’est en anglais ; mais mon résumé suffit, je pense … pour susciter le plus grand scepticisme vis-à-vis de recommandations officielles qui ne seraient pas rédigées par des experts totalement libres et indépendants de toute ingérence commerciale ! Bon !
Au même moment (la même semaine), des Sociétés dites savantes Européennes publient leurs nouvelles recommandations pour le traitement (et aussi le diagnostic) de l’hypertension artérielle ; on dit aussi HTA.
Comme nous l’expliquons dans notre livre Prévenir l’infarctus, l’HTA est un facteur de risque de l’infarctus et de l’AVC qu’il faut savoir traiter avec modération ; et ne surtout pas tomber dans la dérive médicamenteuse, source de plus d’ennuis que de bienfaits, avec comme règle principale : on traite les personnes, pas les chiffres !
Avant de considérer le contenu de ces recommandations, l’évident réflexe de tout un chacun est de vérifier le niveau de liberté et d’indépendance de ces pieux et prestigieux rédacteurs.
Pour le Premier et principal d’entre eux, le Pr Mancia, on peut lire : “Mancia reports speaker fees, honoraria, consultancy payments, and advisory board fees from Abbott, AstraZeneca, Boehringer Ingelheim, Novartis, Servier, Sanofi, Menarini, Takeda Pharmaceuticals, Bayer, Recordati, Daiichi Sankyo, and Medtronic.
Même ceux qui ne lisent pas l’anglais ont compris que le Professeur ne laisse pas sa part au chien, au bas mot, ça fait probablement chaque année de l’ordre de la centaine de milliers d’Euros de commission, quoique je ne connaisse pas les tarifs actuels …
Pour le deuxième, c’est là : “Redon reports speaker fees, honoraria, consultancy payments, and advisory board fees from Boehringer Ingelheim, Novartis, Menarini, Merck, AstraZeneca, Bristol-Myers Squibb, and Daiichi-Sankyo.”
Pour le troisième, c’est là : “Fagard reports receiving honorarium from Servier.”
Pour les autres, c’est là : here.
Sans faire preuve d’une coupable tendance à vouloir céder à une quelconque “théorie du complot” [très à la mode de parler ainsi], je me dois d’alerter les visiteurs de ce blog sur la pertinence de ces recommandations …
Et pourtant elles constituent un grand progrès par rapport aux recommandations antérieures et par rapport à ce que, jusqu’à présent, les Sociétés Françaises du secteur nous délivraient !
En effet, ils ne parlent pas que de médicaments !

CIGARETTE ELECTRONIQUE : QU'EN PENSER ?

Je n’ai pas personnellement travaillé cette question pour le moment …
Je resterai donc sur mon “quant- à-moi” … Pas de commentaire pour le moment !
Mais un visiteur du blog nous fait passer un remarquable article sur le sujet et je recommande sa lecture attentive ; car il semble qu’il y ait là de quoi alimenter notre façon de voir :
http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/cigarette-electronique-petits-136963
Tout commentaire et/ou critique seront bienvenus !
MERCI à tous !

STATINES ET DIABETE : des centaines de milliers de nouveaux cas par an en France !

Alors que les experts stipendiés et les médias dits “spécialisés”, c’est-à-dire bien souvent spécialisés en propagande mensongère, continuent sans désemparer de défendre les miracles des statines dans la prévention cardiovasculaire, une nouvelle étude conduite par des épidémiologistes canadiens tout-à-fait “innocents” nous annoncent une fois de plus que les statines augmentent le risque de diabète …
Pour ceux qui ont les yeux ouverts, ça n’a rien d’étonnant, on le sait déjà !
Ce qui est intéressant là, c’est l’ampleur de la population étudiée, et leur façon de faire …
Disons-le tout net, ils voient effectivement, et comptent, les nouveaux diabètes ; mais leur évaluation ne peut être qu’une sous-évaluation grossière, je n’entre pas dans les détails …
Mais si on reste sur leurs chiffres [30 à 35 nouveaux diabètes par an pour 1000 personnes traitées] et que l’on transpose à la population française et au nombre de personnes traitées, on se retrouve avec plus de 200,000 nouveaux diabètes par an … à cause des statines !
Énorme !
Mais la vraie réalité, c’est que c’est probablement au moins le double : autour de 450,000 ! Peut-être 500,000 ! Par an !
Nous avons une épidémie de nouveaux diabètes en France actuellement, on se demande pourquoi, les autorités sanitaires se lamentent ; et les experts et autres autorités accusent alternativement l’abus d’écran et d’Internet ou la consommation de sodas …
Peut-être ! Mais ça n’est pas prouvé !
Pour les statines, c’est parfaitement prouvé !
Et on continue, ici et là, experts et médias, journaux et TV, de répéter ce mensonge torpide que les statines protègent les diabétiques ; et qu’en conséquence, tous ces nouveaux diabètes, c’est pas bien grave. Mensonges ! Ou incompétence tragique !
Non seulement les statines ne diminuent pas le risque cardiovasculaire des diabétiques, mais les diabétiques voient leur risque de cancers, de déclin cognitif et démence, de pathologies oculaires et rénales, et d’autres petits malheurs augmenter de façon très significative ; certains cancers multipliés par 3 !
Honteux et criminel !
A ma connaissance, et contrairement aux USA, aucune agence du médicament ou Haute Autorité n’ encore alerté les médecins français de cette grave complication des statines !
Dites moi si je me trompe ou si ça m’a échappé ! Merci !

Fibrillation auriculaire et AVC : le paradoxe du cholestérol !

Beaucoup de mauvaises nouvelles !
Primo, la fréquence des AVC (ou accident vasculaire cérébral) ne diminue pas dans nos sociétés, malgré les efforts considérables (plus ou moins validés sur le plan scientifique) consentis pour les prévenir.
Deuxièmement, la fréquence d’une des principales causes des AVC, la fibrillation auriculaire (on dit FA dans les milieux dits “autorisés”, selon Coluche), ne cesse d’augmenter, ce qui en partie explique notre primo ci-dessus.
Ceux qui ne sont pas familiers de ces concepts médicaux doivent se reporter au chapitre concernant les AVC et les causes des AVC dans notre livre “Prévenir l’infarctus et l’AVC” car ce billet est un complément à ce chapitre ; et ne peut s’y substituer.
J’avais évité dans le livre de m’appesantir sur la FA (une sorte d’arythmie cardiaque) et ses causes car je considérais que les arguments scientifiques disponibles étaient un peu “faibles” ; et tous les visiteurs habitués de ce Blog le savent, j’évite de parler de quelque chose quand je ne suis pas sûr de mon fait !
Mais depuis la rédaction du livre, et certainement parce que la FA et sa principale complication l’AVC, inquiètent réellement les médecins et les chercheurs, nous avons des données nouvelles que je souhaite faire savoir en complément du livre.
Ce furent d’abord des données japonaises indiquant que le risque de FA est inversement proportionnel au cholestérol ! Autrement dit, si votre cholestérol est bas votre risque de FA, et donc d’AVC, augmente !
En effet, la FA est une arythmie qui favorise les embolies cérébrales !
Ce fut évidemment présenté comme une donnée paradoxale – et ainsi minimisée – puisque nous vivons une époque où le cholestérol ne peut qu’être un ennemi de l’humanité ; et néfaste à notre santé !
Jusqu’à récemment, et faute d’autres études bien conçues, cette association statistique semblait “réservée” à nos amis japonais.
Il y avait certes quelques données anciennes en provenance des USA, mais nous restions nous-aussi “réservés” quand à la solidité de ces données ; tout en restant sur le qui-vive !
Nous ne fûmes pas les seuls à voir notre curiosité se réveiller ; et patatras, voilà que ce qui était paradoxal chez les japonais se voit confirmé aux USA dans une grande étude épidémiologique (près de 14000 sujets suivis pendant environ 19 ans). Ce qui était surprenant, voire paradoxal, ne l’est plus : avoir un cholestérol bas est associé à une augmentation du risque de FA et donc d’AVC, et pas qu’au Japon. c’est donc une donnée probablement universelle.
Question immédiate : s’agit-il d’une association fortuite ou le cholestérol bas serait une cause directe de la FA ?
C’est évidemment beaucoup plus complexe ! Si c’était simple, les médicaments anti-cholestérol provoqueraient une épidémie de FA ! Or, ce n’est pas le cas dans les essais cliniques publiés !
Mais ces derniers – notamment ceux testant les statines – ont deux graves défauts : 1) ils sont trop courts, et en plus, les industriels les arrêtent de façon prématurément, trop peur de voir apparaître des effets secondaires … 2) ce sont des essais commerciaux dont la validité scientifique est proche de zéro. Par exemple, dans l’essai JUPITER notoirement biaisé (du fait de l’interruption de l’essai après moins de deux ans), la diminution du cholestérol entraîne une diminution du risque de FA … Essai unique en son genre !!
Inversement, dans SPARCL (suivi de 5 ans), la diminution du cholestérol entraîne une augmentation du risque de FA d’environ 25% ; pas forcément plus crédible !!
Comment avancer un peu dans notre raisonnement ?
Par des arguments indirects : 1) personne ne conteste que les statines augmentent le risque de diabète et de syndromes métaboliques ; 2) personne ne conteste que le diabète et les syndromes métaboliques augmentent le risque de FA.
Donc, de façon inéluctable, les statines – ou la diminution du cholestérol – sont presque obligatoirement la cause d’un certain nombre de FA !
Autre cause possible de FA en association avec un cholestérol bas : les maladies de la thyroïde.
En effet, certaines pathologies thyroïdiennes sont à la fois associées à un risque élevé de FA et à une diminution du cholestérol.
Question : qu’est-ce qui provoque la FA ? L’hyperthyroïdie ou le cholestérol bas ?
Je n’ai pas de réponse.
Conclusion provisoire : avoir un cholestérol élevé est associé à une diminution du risque de FA (et donc d’AVC). L’abaisser avec des médicaments inutiles et toxiques comme les statines exposent en plus au risque de FA. Ce n’est pas une certitude, mais la probabilité est forte et, principe de précaution oblige, d’abord ne pas se nuire, surtout pas de statine !

TRANSPARENCE, MORALITE, LIENS D'INTERET …

Dans un récent “article-débat” (18 Avril 2013) du journal LE MONDE (que je lis de moins en moins faute de temps pour sélectionner le “bon grain” du reste … Désolé Madame la Nouvelle Rédactrice-en-Chef, c’est pas encore ça …), un certain Yves Charles Zarka écrit que le Docteur Cahuzac (à propos duquel je n’ai rien à dire, vu la transparence des faits) a (je cite) : “brisé un tabou de la classe politique” ! Car il a avoué …
En politique, selon notre auteur, quand on avoue on est un traitre !
Selon cet auteur (Zarka) et nos politiques [je ne pense pas, et j’espère ne pas me tromper, qu’ils soient tous “pourris” !], sa traitrise c’est “moins la faute ou la fraude que l’aveu” ...
C’est une idée intéressante qui renvoie à notre problématique médicale actuelle à propos des médicaments et des fraudes (supposées ou réelles) des industriels et de leurs experts rémunérés pour ça !
De la même façon, je pense que ceux-là aussi sont pris dans les rets de cette loi d’airain : ils n’avoueront rien et jamais !
Seules des circonstances particulières [une ligne téléphonique restée branchée, la vengeance d’un concurrent malheureux …] peuvent conduire à la transparence des personnes (qui es-tu vraiment ?) et des faits (qu’as-tu fait vraiment?)
Mais, pour nous médecins et/ou chercheurs, est-ce là le cœur du problème ?
Dans tous les cas de figure, certes, la transparence (des liens d’intérêt en particulier mais pas seulement) est une nécessité pour ceux qui prétendent “représenter” l’intérêt général, donc pour les élus, sinon prière de s’abstenir !
Mais dans les sciences médicales, la principale transparence requise ne concerne pas les personnes mais les travaux et les données scientifiques eux-mêmes, y compris la façon dont ils sont produits.
Je me fous (en toute franchise) des liens d’intérêt du Professeur x ou y, mais s’il prétend quelque chose (quoique ce soit), ce doit être motivé sur une base scientifique vérifiable, c’est-à-dire accessible et éventuellement (on peut faire quelques réserves quand il y a un secret industriel à protéger) publique !
On ne peut croire personne sur parole (la moralisation est une lubie !) ; mais on doit pouvoir vérifier la réalité des allégations !
Facile tout ça en principe !
Pourquoi est-ce si long à obtenir ?
Réponse possible : parce que la majorité des allégations seraient des mensonges ?
Facile à vérifier, ouvrons les placards !
Hélas, à chaque fois qu’on a ouvert un placard, on y a trouvé un cadavre !
J’en ai donné des exemple dans mes livres.
Ce sera dur de faire passer la … Justice par ce chemin.
Car ils n’avoueront jamais ! Une Loi d’airain !

LA MALADIE INFANTILE DE LA REVUE PRESCRIRE

Les statines, c’est la maladie infantile de la Revue Prescrire !
Mais on peut en guérir !
Certains lecteurs recherchant désespérément une source d’information libre et indépendante se tournent parfois vers la Revue PRESCRIRE.
Ce n’est pas un mauvais réflexe, à mon avis, mais il faudrait que sa rédaction fasse d’urgence quelques mea culpa !
Fondée pour se faire glorieusement le « défenseur » de la médecine par la preuve, cette revue (dont le comité de rédaction ne comporte pas de scientifiques expérimentés ayant eux-mêmes conduits des essais cliniques; disons qu’ en ces temps de pâques, c’est un péché véniel) n’a pas compris le virage des années 2004-2005 et l’implication de la Nouvelle règlementation des Essais Cliniques, tels que décrit dans nos livres, notamment la dernière version de “Cholestérol, mensonges et propagande” (publiée en Mars 2013).
De ce fait, ils ne veulent pas [probablement, ne peuvent pas, autre péché véniel] voir qu’il n’y a pas de différence entre les statines, contrairement à l’évidence et en contradiction (péché mortel !) avec les proclamations de la Haute Autorité (HAS), c’est pas peu dire.
Si les statines les plus efficaces pour baisser le cholestérol sont inefficaces pour sauver des vies, les moins efficaces n’ont aucune chance de sauver la moindre vie. Quelque en soit l’indication et les circonstances !
Pour s’extraire avantageusement de leur contradiction, les rédacteurs de PRESCRIRE écrivaient encore en Février 2013 : « Tous les médicaments hypocholestérolémiants ne se valent pas, toutes les statines ne se valent pas. Quand un médicament est justifié, le mieux est de choisir la pravastatine (Elisor ou autre) ou la simvastatine (Zocor ou autre), les hypocholestérolémiants les mieux évalués en termes de morts et d’accidents cardiovasculaires. »
On n’ose pas imaginer qu’il y ait là quelque publicité dissimulée pour ces deux statines-là …
Mais ayant en leur temps glorifié ces deux statines [sur la base d’une lecture très naïve des articles publiés à l’époque], et se refusant à admettre qu’ils ont été trompés [ce que j’ai reconnu dès 2006 sans en avoir honte …], ils inventent donc des différences entre les statines … sans aucune base scientifique solide !
Les seules différences probantes entre les statines efficaces et les inefficaces, c’est que les premières ont été investiguées AVANT la Nouvelle Règlementation et les deuxièmes APRÈS la Nouvelle Règlementation !
Les investigateurs des premières ont bénéficié d’un laxisme total des autorités, et les investigateurs des secondes se savaient « sous surveillance » !
C’est une très grosse différence quand on se remémore la tragédie du Vioxx ou quand on observe le déroulement de l’affaire SERVIER-Médiator !
Tant que la rédaction de PRESCRIRE n’aura pas fait son « aggiornamento », elle sera empêtrée dans ses malheureuses contradictions …
C’est dur d’admettre qu’on a été trompé quand, depuis des années, on fait la leçon aux autres …
C’est ce que je crains le plus pour moi-même !
Courage, camarades, il faut le faire ; mais plus vous attendez et moins vous serez pardonnables !
On vous aime bien quand même,  vous n’êtes pas les pires !

COMMENT L' ATHEROSCLEROSE TUE !

C’est un article un peu morbide, mais après quelques discussions avec des jeunes (très doués) de mon entourage, j’ai eu soudain l’impression que je n’étais pas forcément bien lu …
Je ce que vais dire ici est déjà expliqué, avec plus de détails, dans notre livre “Prévenir l’infarctus et l’AVC” mais je m’en vais rajouter une “petite couche” comme on dit.
Autre façon de poser la question : on meurt comment (ou de quoi) quand on meurt d’une crise cardiaque ?
On meurt toujours d’un “arrêt” du cœur ; comme s’il décidait d’arrêter de travailler, lui qui est normalement infatigable !
Il a deux façons de s’arrêter : soit il cesse de se contracter (de pomper) mais l’activité électrique continue normalement ; soit c’est l’activité électrique qui cesse d’être normale et en conséquence, faute d’une “harmonie contractile” des cellules cardiaques, l’activité de pompe devient inefficace.
Question : pourquoi s’arrête t-il ?
Réponse : parce qu’il manque d’oxygène ! Parce qu’une artère s’est occluse : pas une once d’oxygène ne passe par cette artère. Il est sympa le cœur, même avec presque rien, il continue de travailler, de pomper ! Mais quand il n’y a rien qui passe, on fait un infarctus et dans un nombre de cas non négligeables, le cœur s’arrête.
Parfois, même privé d’oxygène, il continue de travailler presque normalement, on dit qu’il est résistant ou préconditionné ; et un des buts de la cardiologie préventive [celle qui pense à autre chose que le cholestérol] est de préconditionner nos cœurs afin de les rendre résistants au manque d’oxygène, au cas où …
Ceux qui veulent “préconditionner” leur cœur [c’est plus prudent, je le recommande] doivent relire en urgence le chapitre que nous consacrons à cette question dans notre livre “Prévenir ...” ; ça pourrait leur sauver la vie !
Outre  ce “préconditionnement du myocarde”, le cardiologue, et nous tous les victimes potentielles, doivent aussi essayer d’empêcher évidemment que nos cœurs manquent d’oxygène, c’est-à-dire empêcher que les artères qui apportent l’oxygène au cœur se bouchent.
Et les artères se bouchent TOUJOURS à cause d’un caillot ; qui généralement se forme au niveau d’une plaque d’athérosclérose, c’est-à-dire une lésion très localisée plus ou moins obstructive dont le développement jusque là bien tranquille (et anodin) ne posait pas problème.
Pourquoi tout soudain une plaque devient “vulnérable” (c’est comme ça qu’on dit) et provoque la formation d’un caillot ?
Deux mécanismes principaux, en simplifiant :
1) la plaque “explose” littéralement parce qu’une hémorragie survient en son sein. J’explique ailleurs pourquoi il y a des hémorragies dans les plaques (ce n’est pas rare), mais il faut surtout comprendre que ce “gonflement” hémorragique aigu provoque la rupture “de l’intérieur” de la plaque, ce qui met en contact le sang avec du tissu non artériel (de l’intérieur de la plaque), donne l’impression d’une rupture de la paroi de l’artère et provoque la formation d’un caillot ;
2) la plaque s’ulcère de façon plus ou moins profonde, en général par affaiblissement de sa partie la plus externe (son écorce) ; et la mise en contact de tissu de l’intérieur avec le sang provoque aussi la formation d’un caillot dans la lumière de l’artère, comme s’il fallait fermer une brèche artérielle. Cette ulcération de la plaque (indépendamment de tout phénomène hémorragique) est souvent assimilée à une sorte d’inflammation avec participation de cellules et de substances venant du sang ou bien de l’intérieur de la plaque.
C’est un peu vraie, cette histoire d’inflammation, sauf que c’est un phénomène inflammatoire très spécial (rien à voir avec une entorse ou une bactérie)  qui survient sur une lésion elle-aussi très spéciale : la tumeur fibrosante bénigne que constitue la “sclérose” de la plaque d’athérosclérose. C’est peu dire pourtant que les médicaments anti-inflammatoires sont dangereux puisqu’ils augmentent la mortalité cardiovasculaire. C’est bien connu aujourd’hui [voir la tragédie du Vioxx] même si certains de nos “experts” continuent de nier cette évidence et prétendent que les statines sont “efficaces” non pas par leur effet anti-cholestérol ; mais par un effet anti-inflammatoire … Il est pourtant facile de comprendre qu’interférer avec l’inflammation (avec un médicament surtout) au moment de la phase réparatrice (cicatricielle) ne peut conduire qu’au désastre et favoriser la rupture … Bon ! Ceux qui ont étudié un peu l’inflammation comprennent ça !
Inversement, nous connaissons des substances naturelles qui diminuent l’activité des enzymes [on les appelle des “métalloprotéinases”] qui affaiblissent la partie externe des plaques ; et ceux qui ont lu attentivement “Prévenir l’infarctus et l’AVC” les connaissent : les acides gras oméga-3 et certains polyphénols, par exemple ! Ce ne sont pas des anti-inflammatoires pourtant.
Bref, il vaut mieux éviter de parler d’inflammation quand on évoque les mécanismes de “vulnérabilité” des plaques d’athérosclérose. Trop de confusion à propos de ce concept !
On comprend aussi pourquoi les médicaments anticoagulants, contrairement aux médicaments antiplaquettaires, augmentent le risque d’infarctus ! Ils favorisent les hémorragies intra-plaques, facile à comprendre !
Pour ceux qui lisent l’anglais et aiment les images, je recommande les articles des deux plus grands pathologistes existants [le Danois E. Falk et l’Américaine R. Virmani], ils constateront par eux-mêmes que d’une part le Dr de Lorgeril n’invente rien ; et que d’autre part le cholestérol (et donc les médicaments anti-cholestérol) n’ont aucun rôle dans toutes ces affaires de plaque vulnérable, de caillot, d’inflammation [c’est le dernière fois, promis, que j’utilise le mot] et d’arrêt cardiaque.
Une fois qu’on a compris ça, on sait que l’arrêt de la prise de statine ne peut pas entraîner de complication cardiovasculaire, contrairement à ce que certains “terroristes” intellectuels essaient de faire croire dans les médias !
Inversement, l’arrêt de la prise de statine ne peut à elle-seule changer le pronostic d’un individu. Il faut autre chose !
Bon entendeur …

J'ai reçu une invitation des Docteurs Steg et Ridker !

Vous n’y croyez pas ?
Ridker (l’investigateur de JUPITER, l’essai statine le mieux maquillé parmi tous) et Steg (au premier rang des défenseurs des statines contre Philippe Even) la main dans la main pour relancer la machine …
On croit rêver. Mais si ! Trop drôle !
Dans ma boîte aux lettres électronique, j’ai donc reçu une invitation à participer à un “meeting” enthousiasmant sur le rôle de l‘inflammation dans les maladies cardiovasculaires lors du prochain meeting de l’American College of Cardiology, une sous-dépendance made in America de l’industrie pharmaceutique.
Voilà le site où chacun peut vérifier le contenu, les intervenants, le sponsor et les agences [theheart.org, Medscape) spécialisées dans l’interface industrie/pseudo-science :
http://symposia.theheart.org/conferences/inflammation
Ça vaut son pesant.
J’ai déjà expliqué dans mes livres que l’inflammation est une théorie-béquille (et “bidon”) [voir notamment le livre “Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent“] pour essayer de sauver la dite théorie du cholestérol.
Le temps des statines, comme celui des cerises, va bientôt passer, mais  le business doit continuer, sans pour autant s’attaquer aux statines (pas encore), il faut autre chose et on s’y active bougrement.
En tête de l’innovation décoiffante, nos personnalités invitantes (voir le titre de ce billet) sous la houlette d’un mastodonte de l’industrie chimio-thérapeutique en pleine forme actuellement !
Le nouveau concept ? Le risque résiduel !
C’est-à-dire le risque qui reste (résidu) une fois sous statine à la dose maximale tolérée !
On est donc dès le départ dans la fantasmagorie et la désinformation forcenée !
Je sais que beaucoup de “stagiaires et étudiants” en cardiologie sont attirés par la théorie de l’inflammation dans les maladies cardiovasculaires pour la substituer à la théorie du cholestérol.
Faites-moi plaisir. Écoutez-moi encore une fois !
Ce sont des sornettes ! Pourquoi ? Comment puis-je être si sûr ?
Un seul argument et je vous laisse à vos pensées : TOUS les médicaments anti-inflammatoires connus (stéroïdes et non-stéroïdiens) augmentent le risque cardiovasculaire, mortalité et morbidité !
Et nous comprenons très bien pourquoi. Pas de mystère !
Comment peut-on espérer nous (vous) faire croire que de nouveaux médicaments anti-inflammatoires pourraient être protecteurs ?
Là est l’astuce ! Suite au prochain numéro.

Le risque cardiovasculaire et sa correction en quelques images

Merci aux amis de BioticTV d’avoir réalisé ce document, bénévolement !
Je recommande à tous les visiteurs de passer un moment en ma compagnie, le son est bon et les images aussi :

Certains des encarts [plutôt ironiques …] ont été introduits par les réalisateurs, ils sont responsables de leur “ironie”, pas de censure ici !