APPEL A MES AMIS VISITEURS !

Notre prochain livre est terminé ; publication prévue en janvier 2015 !

Nous avons du mal à nous décider concernant son titre ; nous avons besoin de vos opinions et avis ; voire critiques …

Merci de nous dire ce que vous comprenez [sachant que ça prend une pleine première page de couverture, avec le nom des auteurs en haut et celui de l’Éditeur en bas] quand le titre est :

Protéger sa Santé et la Planète

Un nouveau Régime Méditerranéen

ou bien :

Un nouveau Régime Méditerranéen

Pour

Protéger sa Santé et la Planète

Toute autre idée sera bienvenue du moment que les mots clés (que chacun aura reconnus) sont présents.

Merci d’avance à tous et à chacun

L’Amiral de la Flotte

 

 

 

 

 

JOUR DE GLOIRE POUR LA DIETE MEDITERRANEENNE

« Jour de gloire » ?

Bon, tout dépend de qui décide ce qui est glorieux ou pas évidemment ; ici ce sont les grandes associations médicales américaines [American Heart Association et American Stroke Association] qui régulièrement font des recommandations (dites « officielles ») aux médecins américains que ceux-ci sont censés respecter.

PS: Stroke veut dire AVC en anglais.

La crédibilité de ces Associations, comme de tout ce qui est « officiel » aux USA, est à peu près équivalente à celle du Département d’État quand il nous disait qu’il était urgent d’envahir l’Irak pour neutraliser les armes de destruction massive qui allaient détruire les USA …

Ceci dit, les médecins américains ont tout intérêt à être très respectueux de ces recommandations car en cas de conflit (juridique, par exemple), leur meilleure défense sera toujours de s’appuyer sur ces mêmes recommandations : « j’ai fait ce que je devais faire, les autres auraient fait comme moi, je suis innocent de ce quoi on m’accuse, je suis un praticien respectable car respectueux, bla bla …  »

La hantise de tout médecin étant de se voir un jour accusé de mauvaise pratique, on peut comprendre que, ne serait-ce que pour être « tranquille », tout médecin responsable (de sa famille au moins, et évidemment de ses revenus) veille donc à respecter les recommandations officielles.

Tout ceux qui font « industrie et commerce » dans le business de la santé savent cela aussi très bien et  font en sorte de voir leurs produits étiquetés « recommandables » par les Associations professionnelles « officielles » …

C’est ça donc la gloire de nos jours, c’est de figurer sur la liste des produits recommandés par l’Épicerie Universitaire made in USA ; et pas d’être un savant innovateur, encore moins un rebelle intellectuel …

Et bien désormais la Diète Méditerranéenne est le régime alimentaire recommandé aux USA pour la prévention de l’AVC ; il y a 6 mois c’était pour la prévention de l’infarctus, succès total donc !

Succès relatif quand même car s’ils ont lâché les mots qui font mal aux opposants [ceux qui aux USA, en France et ailleurs éclatent de rire quand ils entendent parler de Méditerranée "et ses rivages ensoleillés", vous voyez le genre, Tino Rossi dans un grand jour ...], ils les ont noyés dans un fatras d’idioties dont la prise quasi obligatoire de statine ; et cela malgré l’absence de données scientifiques solides …

Nous constaterons simplement que notre première publication  dans un grand journal (Lancet) sur ce sujet date de 1994 ; il aura donc fallu 20 ans … tel est le tempo de l’effet de la recherche indépendante sur les pratiques médicales dans nos pays développés. Transfert de connaissances nouvelles et salvatrices pour le public, les patients …

S’il s’était agit d’un médicament vendu de bons gros $, c’eût été différent.

« Business first! »

Telle est la Loi !

 

 

 

De l’usage du doute systématique en médecine, à propos du tabac et des statines

 

Selon un récent sondage auprès des médecins américains (toutes spécialités confondues), près de 60% d’entre eux se disent plus ou moins « perturbés » par les discussions actuelles [aux USA et au Royaume-Uni, essentiellement ; Ah ! Ces beaux pays où l'on peut encore douter de l'indépendance des Académies et des académiciens !] à propos de la nocivité du cholestérol et surtout de l’utilité des statines.

Suivant qu’on voit le verre à moitié-plein ou à moitié-rempli, on peut se réjouir (c’est mieux qu’avant-hier) ou bien déchanter : Bon Dieu, encore 40% n’ont aucun doute …

Je dirais plutôt – avis très personnel – que les choses vont dans le « bon sens » ; surtout si l’on considère les armes de « scepticisme massif » utilisées par les experts-défenseurs des statines (en général fort bien rémunérés, mais bien peu indépendants) pour ralentir le mouvement.

En effet, si on prend comme exemple et antériorité, la façon dont l’industrie du tabac a retardé la prise de conscience des méfaits du tabac par les médecins et le public entre 1945 et 2005, on peut considérer qu’avec le cholestérol et les statines les choses vont vite, très vite même.

A propos de la sombre « histoire du tabac » et dont nous avons déjà parlé dans nos livres [surtout celui évoquant "l'innocence du cholestérol"], on pourra se reporter à celui de l’américain Robert Proctor : Golden Holocaust : la conspiration des industriels du tabac.

Ou comment détourner une qualité professionnelle en une arme de « destruction massive ».

J’exagère ?

Selon les dernières statistiques américaines, et alors que le nombre d’américains fumeurs s’est effondré au cours de la dernière décennie, le tabac serait responsable ces jours-ci d’environ 500,000 décès chaque année aux USA. Multipliez par le nombre d’années où la population US a été exposée et vous aurez une idée de l’hécatombe. Il s’agit donc bien de destruction massive, selon mon vocabulaire, ou d’un holocauste selon Proctor.

Mais il n’y a pas eu de Tribunal de Nuremberg pour punir ces méchants-là ou pour édulcorer les souffrances des victimes ; car, et c’est là l’astuce, personne n’a jamais forcé personne à s’allumer une clope ; comme d’autres sont montés dans des wagons plombés avec une baïonnette dans le dos …

Et ainsi, il n’y a pas de coupable, il n’y a que des imbéciles qui étaient (et sont encore parfois) assez niais pour aller faire la queue au tabac du coin …

C’est le crime parfait !

Le doute systématique est une qualité primordiale du médecin. Jamais trop sûr, le bon médecin sait qu’il exerce un métier « à risque ».

L’industrie du tabac sût utiliser cette qualité des médecins entre 1945 et 2005 ; simplement en faisant croire que les données scientifiques et médicales à propos du tabac étaient peu concluantes [ils n'ont jamais nié, mais simplement fait parler des experts qui prétendaient être peu convaincus par les arguments des sectaires anti-tabac ; et les médecins détestent les sectaires ; et donc, en cas de doute, rentrent dans leur coquille ; en attendant que ...]

Dans la période historique que nous vivons à propos du cholestérol et des statines – et de quelques autres médicaments inutiles et toxiques – l’industrie utilise maintenant les mêmes armes pour retarder l’échéance : introduire le doute dans l’esprit des médecins !

Et les faire, les médecins et leurs neurones, rentrer dans leurs coquilles.

Tant qu’ils doutent (au fond de leurs coquilles), les médecins ne modifient pas leurs pratiques ; et c’est ça ce que les autres veulent, seulement ça ; que les médecins continuent à prescrire (dans le doute) au moins jusqu’en 2016, fin du brevet de la dernière statine commercialisée ; après ce sera le déluge ; c’est-à dire d’autres avec d’autres poisons …

Amen !

 

 

 

 

 

Cholestérol et statines : la bataille fait rage

 

Ça devait arriver, c’est là, ils s’affrontent bravement !

Quel courage dans l’adversité !

Quelle saine indignation !

Quelle imagination pour se disculper !

De quoi parlons-nous ? Des trois grandes batailles actuelles qui, sans doute, précèdent la prochaine « grande guerre »  où des terribles barbares affronteront d’autres barbares sous nos yeux esbaudis …

Première bataille : celle où le Professeur Collins [en principe, je ne nomme jamais de personne sur ce Blog mais lui, il en fait vraiment trop ...] d’Oxford University [mais en réalité PDG (ou équivalent) d'une très prospère et lucrative Unité d'investigation Clinique qui collecte des fonds de l'industrie pharmaceutique pour conduire des essais de médicaments "à la place" des industriels ; ce qui est très pratique pour tout le monde, l'universitaire se dit "indépendant" et l'industriel se dit "non impliqué" ; ce qui ne peut tromper que les "idiots" dans le sens dostoïevskien du terme ; et tout en ironie ; je sais je ne devrais pas ...] Collins donc défend bec et ongle les statines contre les mauvais drôles qui osent prétendre que ces miraculeux médicaments pourraient avoir des effets secondaires toxiques.

Je ne vais pas refaire les débats [Collins contre le British Medical Journal ; Collins contre Thompson and coll ; etc ...], je ne retiens qu’une chose : pour que Collins garde crédibilité minimale vis-à-vis des industriels – et garde ainsi les contrats avec ces derniers – il est urgentissime (mais je crois que c’est trop tard pour lui, peuchère !) qu’il neutralise toutes critiques visant ses propres travaux et publications (qui firent tant plaisir en leur temps aux industriels …) où il déclarait pompeusement qu’il n’y avait pas plus d’effet délétère sous statine que sous placebo dans les essais en aveugle conduits sous sa responsabilité. Qui peut encore croire telle baliverne ?

Ceci dit, ceux qui le contestent aujourd’hui (y compris le British Medical Journal) sont probablement en phase d’éveil après une longue cure de somnifères … Quel intérêt ces barbares-là servent-ils aujourd’hui ?

Deuxième bataille : celle qui oppose le Professeur Ridker (de Harvard) – et de pleins d’autres (dont le subtile Pr Nissen de la Cleveland) dont il est en fait le porte-parole – aux rédacteurs des toutes nouvelles recommandations dites officielles (au moins aux USA et au Royaume-Uni) visant à prévenir les maladies cardiovasculaires avec des médicaments anti-cholestérol.

Les nouvelles recommandations s’opposent aux précédentes (je l’ai déjà expliqué sur ce blog) et les rédacteurs affirment que ces précédentes-là n’avaient pas de base scientifique solide. Les défenseurs des précédentes (dont Ridker et Nissen) disent eux que les nouvelles n’ont pas de base scientifique solide ; avec comme principal argument que le calculateur (une sorte d’algorithme) utilisé pour évaluer le risque individuel et justifier la prescription de statine (selon les nouvelles recommandations) est biaisé … Certes ce calculateur n’a jamais été testé scientifiquement [un comble !] et quand Ridker l’applique sur une population dont on connait déjà le taux de complications, il confirme effectivement que ce calculateur donne des chiffres faux …

Bon ! Pas de données scientifiques solides justifiant la prescription de statines ni avant ni maintenant, on le savait !

Troisième bataille : celle qui oppose les éditeurs du très sérieux European Heart Journal [je suis abonné, comme membre officiel de la prestigieuse Société Européenne de Cardiologie] à quelques freluquets qui osent dire que le système actuel de publication des travaux scientifiques est désuet ; référence faite également au phénomène de non-reproductibilité discuté dans un précédent billet ; mais ici s’appliquant spécifiquement à la recherche clinique.

Pour quoi ce débat « chauffe » en Europe en ce moment et surtout en cardiologie ?

Parce qu’un des plus bels exemples de « scientific misconduct » dénoncé au cours des dernières années est celui du Pr Poldermans et à propos de cardiologie. Pour d’obscures raisons, on n’a pas réussi à enterrer l’affaire, on a été obligé de republier des recommandations officielles (Européennes) dont Poldermans (aussi un grand statinologue) était en partie responsable et surtout on n’arrive pas à expliquer comment les sommités qui composent les Comités de rédaction (dont faisait partie Poldermans) ont pu ainsi laisser faire … en toute innocence et « idiotie » (retour au concept dostoïevskien) … et être aujourd’hui à la tête de prestigieuses Institutions internationales ou nationales. Plus d’un s’étonnent, à juste raison : « idiot » hier, moins « idiot » aujourd’hui ? Peut-être.

Plus prudents dans tous les cas, et chacun surveille les autres, les barbares ne vont pas tarder à s’entretuer tandis que les élites gouvernent …

En conclusion et comme source de grande satisfaction : la vague du scepticisme monte inexorable et seuls les « idiots » (plutôt sympa l’idiot de Dostoïevski) croient encore aux idioties institutionnelles …

 

 

 

 

Imagerie des carotides : utile ou néfaste ?

 

L’imagerie médicale est un business florissant ; pour ceux qui font les images (souvent radiologues mais aussi angiologues et cardiologues, par exemple) et pour ceux qui vendent les machines à faire des images.

On laisse de côté l’imagerie des fœtus dans le ventre de leur maman, c’est trop mignon et sans doute très utile, ce n’est pas le propos d’aujourd’hui.

Il y a bien sûr d’autres images qui peuvent être cliniquement formidables et même salvatrices ; mais on parle ici de faire des images systématiques des artères carotides à la recherche de sténoses qui pourraient s’avérer dangereuses pour le cerveau de celui ou celle chez qui on image une sténose.

Même un opérateur peu entrainé peut faire (vite) de belles images des carotides car elles sont facilement accessibles au niveau du cou ; et ces images sont bien payées par la sécu. Beaucoup d’avantages donc à faire ce genre d’images ! On ne parle donc pas des images obtenues par cathétérisme artérielle ; seulement des techniques non-invasives, les spécialistes me comprennent.

Il y a deux circonstances principales, en simplifiant, où des médecins font – devraient ou ne devraient pas faire – ce genre d’image :

-  soit le patient a (ou a eu) des symptômes neurologiques variés (de la syncope aux pertes de mémoire) et on cherche une explication du côté des artères qui irriguent le cerveau ;

-  soit il est totalement asymptomatique et on examine ses artères pour voir si … ; si dès fois que … ; on ne sait jamais …

Évidemment, la très grande majorité des imageries des carotides sont faites dans le deuxième contexte ; ce qui coûte cher ; à un moment où nous devons trouver des économies, comme on dit à la télé.

Laissons de côté le coût de ces examens [la santé n’a pas de prix !] et demandons-nous si c’est utile de faire ces images pour notre santé ! Je rappelle que nous excluons les cas où il y a eu de vrais symptômes neurologiques.

La réponse est répétitive de la part des Autorités de Santé aux USA et ailleurs, sur la base d’études à peu près sérieuses : il ne faut pas faire ce genre d’imagerie en l’absence de symptômes, ce n’est pas bon pour les patients. Pourquoi ?

Mettons-nous en situation. Mon patient a un cholestérol un peu élevé, ou il a un peu d’hypertension ou une glycémie un peu élevée [tout ça selon des critères fort litigieux …] ; il n’a aucun symptôme neurologique mais il s’inquiète de l’état de ses artères ; son généraliste aussi.

Pour les rassurer, on programme une imagerie des artères … et patatras, on trouve une sténose sur une carotide. Affolement général immédiat !

Continuons la mise en situation.

Soit cette sténose est peu sévère ; et on commence (dans la précipitation) des traitements médicamenteux : aspirine ou autre antiplaquettaire, statine, antihypertenseur si ça n’était pas encore le cas … Et voilà qu’un être bien portant jusque-là devient un malade … chez lequel pourtant on ne soigne qu’une image !

On refait des images tous les 6 mois (voire tous les 3 mois), on augmente les doses de médicaments, les effets secondaires ne tardent pas … qui nécessitent d’autres médicaments ; qui provoquent d’autres effets secondaires …

Bref, le cycle infernal dont on ose rarement sortir, hélas.

Soit la sténose est sévère (on dit « serrée » entre spécialistes) et on programme de la chirurgie [l’opération s’appelle une endartériectomie], ou bien la pose d’un stent pour déboucher l’artère fautive ; et après, on ajoute tous les médicaments suscités ; si on a survécu à la chirurgie et si on est sorti indemne du stenting.

A-t-on démontré que toute cette agitation pour soigner des images sans symptôme était utile au patient ?

Concernant la chirurgie et le stent, le consensus est qu’on ne rend pas service aux patients : plus de complications que de bénéfices !

Bien, si vous voulez vous débarrasser de votre belle-mère …

Avec le traitement médical, même chose, pas de bénéfice de traiter des images ; une fois qu’on a éliminé tous les rapports télécommandés par l’industrie …

Cette absence d’effet bénéfique du traitement des images rappelle l’absence d’effet du traitement des sons. En effet, du temps où l’imagerie ne se faisait pas, les médecins auscultaient encore les carotides de leurs patients et entendaient parfois des souffles qui témoignaient de la présence de sténose dans les carotides. Et déjà le consensus était que la présence d’un souffle ne suffisait pas à motiver des examens complémentaires, donc des images, et encore moins des traitements toxiques ou dangereux !

Leçon du jour : en l’absence de symptôme clinique, on ne doit pas faire des images des artères ; ça nous conduit dans des culs de sacs thérapeutiques ! Voilà où nous conduit la civilisation des images ; et des jeux (vidéos) qui souvent vont avec !

Deuxième leçon : dans tous les cas, il faut adopter un mode de vie protecteur ; mais ça, ce n’est pas du business ; donc on n’y pense même pas ; plus lucratif de faire de images !

 

 

 

CRISE AIGUE DANS LES SCIENCES MEDICALES

 

C’est pire qu’une crise, c’est une tragédie grecque.

Les visiteurs réguliers de ce blog en ont eu maints exemples, alors pourquoi parler encore des dérives des sciences médicales (pas bon pour le moral et la santé, les pensées négatives !) et par ce beau mois de Septembre 2014 ?

Parce que ce printemps maussade nous a réservé une drôle de surprise.

Ne cherchez pas dans vos médias habituels, ils ont zappé aussi vite que leurs ombres, comme disait le célèbre Lucky Luke, si je ne m’abuse …

C’est en fait en début d’année 2014 que le pot au rose a été découvert (ou révélé, comme on voudra) par les deux plus grandes revues rapportant les exploits des scientifiques, je veux parler de Nature et Science.

Ils ont dit la même chose, nos prestigieux Directeurs et Editeurs en chef : une très forte proportion des découvertes scientifiques [surtout dans les sciences médicales] n’est pas « reproductibles », ce qui veut dire dans leur jargon que les résultats publiés sont faux ou biaisés, ou inventés ou inutilisables et donc ne servent à rien. Gaspillage immonde des fonds publics puisqu’on ne parle là que de recherches académiques (et pas commerciales) financées par les impôts.

Ce n’est pas très étonnant quand on voit œuvrer les « commerciaux » et ceux œuvrant à leurs soldes. Ce qui a étonné nos Directeurs c’est le chiffre derrière l’aimable notion de proportion. Dans certains domaines, par exemple la recherche de médicaments anticancers ou la médecine expérimentale, on s’approche de 90% de non-reproductibilité

Effarant !

Je ne vais pas ici proposer des explications à ce phénomène totalement inédit dans nos sociétés, je vais simplement dire pourquoi ceux qui en sont responsables trouvent ça insupportable.

L’industrie (pour laquelle j’ai le plus grand respect quand elle est industrieuse et rien d’autre) a fait des choix stratégiques cruciaux dans les années 1980s (en simplifiant) : ils ont décidé de stopper toute recherche importante et de participer (mollement) au financement de la recherche académique (ou publique) en se promettant de dénicher les plus belles découvertes (financées essentiellement avec nos impôts) pour en faire un business attrayant pour leurs actionnaires ou propriétaires. Leurs directeurs financiers estimaient que, vu le coût de la recherche, il était plus rentable de racheter les startups et leurs brevets plutôt que d’investir soi-même dans la recherche.

Au coût annuel du chercheur (et des techniciens et ingénieurs qui lui sont alloués pour aider à ses succès) – et de son licenciement inéluctable quand il vieillit ou devient moins discipliné – on les comprend ; autant laisser à l’État le soin de gérer ces questions socio-professionnelles calamiteuses, les gens de l’industrie sont payés pour générer du business pas pour créer du savoir ou rendre service à l’Humanité.

Ils avaient sans doute raison de leur point de vue, c’est-à-dire générer des profits maximaux grâce à des coûts minimaux.

C’est là le problème et ils ont mis du temps à comprendre. Je ne suis pas en train de faire un cours d’économie politique, juste décrire du vécu !

Les chercheurs ont effectivement « inventé » des inventions, générer des brevets et créer des startups qu’ils s’empressaient de revendre au plus offrants ; pour ensuite, enrichis d’un capital significatif, devenir des … traders, par exemple … Ah le beau métier !

Mais les acheteurs (industriels) des startups mirobolantes ont assez vite aperçu – certes ils avaient anticipé des « déchets » mais pas à ce point – que nos inventeurs étaient plus malins qu’eux [l’arroseur arrosé]. Mais il a fallu le prouver ce manque de reproductibilité, cette fantasque inventivité des farceurs de la recherche publique ; ou au moins créer des labos susceptibles de tester la reproductibilité des découvertes publiées. C’est plus facile que de faire de vraies découvertes, mais ça a pris du temps …

Nous y voilà ! Ils ont compris le pourquoi de la non-reproductibilité ! Et vous aussi ! Que vont-ils faire ? C’est la prochaine étape, on va voir … Ils vont au moins devoir vérifier la reproductibilité-véracité de ce qu’ils achètent, avant d’acheter, donc créer des labos chargés d’auditer les académiques par exemple.

L’amusant, si on peut dire, c’est que ce sont les éditeurs des grandes revues médicales qui se sont plaints le plus fort.

Et pas les industriels qui sont pourtant les vraies victimes. Qu’ils aient un peu honte et se sentent responsables, un peu comme un Directeur de banque qui se fait « plumer » par son trader, on préfère être discret si possible …

Du point de vue des éditeurs, c’est sûr qu’apercevoir tout soudain que 90% de ce que l’on présente comme plus ou moins irréfutable [puisqu’on dirige une revue prestigieuse] est de la m…, peut rendre la digestion difficile.

L’étonnant, c’est le silence médiatique ; et encore plus (apparemment) celui des académiciens et autres arbitres (les élites de la nation notamment aux USA, mais pas seulement), les vrais dindons de la farce en apparence puisque les financements qu’ils attribuent chichement (et précautionneusement) sont gaspillés pour 90% …

Pas si dindons les académiciens, on en trouve beaucoup dans les startups …

Mais tout cela vous le saviez déjà plus ou moins à propos de la recherche dite commerciale : là-aussi il faut générer des profits, pas de faux-semblants, 95% de ce qui est publié sous le joug de l’impérieuse nécessité commerciale ne serait pas reproductible en principe.

Et pourtant, voyez pour les statines, il fut une époque où ils reproduisaient allègrement …

La suite vous la connaissez si vous avez lu notre livre « Cholestérol, mensonges et propagande », plus rien ne peut vous étonner sauf qu’il y ait encore des gens pour s’étonner !

Priez pour nous pauvres pêcheurs !

 

 

PREFEREZ LE SEIGLE, COMPLET ET BIO

 

Nous voici de retour avec des bonnes nouvelles … de nos recherches ! Pour l’actualité, on verra plus tard.

Nous travaillons depuis longtemps sur les effets biologiques des polyphénols de certaines céréales.

Les polyphénols du seigle [une céréale peu consommée en France mais beaucoup par les scandinaves] sont particulièrement intéressants et nous avons soupçonné qu’ils puissent avoir des effets sur la synthèse endogène des oméga-3, ce que nous avons appelé le fish-like effect à propos de anthocyanines (du raisin et du vin) dans des recherches précédentes. La théorie est importante, à l’heure où nous devons trouver des moyens de trouver (ou fabriquer) des oméga-3 sans manger du poisson. Qu’avons-nous trouver ?

Quand vous mangez (beaucoup) du seigle complet, vous absorbez des polyphénols qui sont connus pour protéger des maladies du cœur et des cancers, notamment le cancer du sein.

Vous modifiez votre flore intestinale (votre microbiote) dans un sens antidiabétique, ce qui pourrait contribuer aux effets sus-mentionnés à propos des cancers et des maladies cardiovasculaires, et vous induisez une flore qui « active » les polyphénols.

Et enfin, vous induisez des modifications particulièrement avantageuses du métabolisme des acides gras oméga-3 (qui sont augmentés) et des oméga-6 (diminués) dans le sang et le foie.

Et ces changements des acides gras [probablement dus aux polyphénols (du seigle) qui doivent être au préalable métabolisés par les bactéries intestinales (certaines)] sont aussi anti-cancéreux et protecteurs du coeur.

Bref, avec le seigle, c’est bingo !

La prochaine fois que vous allez chez votre boulanger, exigez du seigle ! Complet évidemment !

Et bio encore plus évidemment ! Sinon, changez de boulanger ! Faut ce qu’il faut !

Une seule limite : si vous êtes gluten-intolérant, désolé, faudra penser à autre chose, le seigle contient du gluten !

Si vous êtes seulement « sensible », vous pouvez essayer, peut-être que le gluten du seigle de votre boulanger est « supportable » pour votre système immunitaire …

Bon, trois tranches d’un bon pain de seigle, 20 grammes de beurre bien gouteux (et bio) avec 6 huitres et un verre (ou deux) de blanc, plutôt un Bourgogne aligoté (à mon goût) et bio, une salade (bio) avec ses noix bio et son huile d’olive, un fruit bio et vous avez un repas de roi (méditerranéen) ; vous pouvez remplacer le beurre par de l’huile d’olive que vous répandrez méticuleusement sur vos tartines après les avoir un peu aillées … le tour est joué.

Merci de donner votre opinion, et surtout vos expériences, afin que tout le monde en profite !

PS : ne cherchez pas ces données dans la littérature scientifique et médicale ; nous n’avons pas encore publié ; c’est notre petit cadeau de rentrée ! Surtout, attention, nos données concernent des expériences conduites sur des rats … Mais ne sommes-nous pas des vilains gros rats ?

 

 

 

Effet placebo et … Statines

 

Suite aux discussions générées sur ce Blog par l’article concernant les génériques et l’éventuelle diminution (avec les génériques) de l’éventuel effet placebo lié à la prescription d’un médicament conventionnel (supposé efficace ou non sur une base biologique indépendante de l’effet placebo), certains visiteurs du blog pourraient se demander ce qu’il en est d’un effet placebo lié à la prescription d’un médicament anticholestérol type statine.

Ça devient compliqué, je me sens « petit » mais j’espère clarifier cette question avec l’aide des visiteurs de ce blog … Allons-y courageusement, on rectifiera en cours de route si nécessaire.

Si l’effet placebo de la majorité des médicaments prescrits avec conviction – c’est un point crucial : pas de conviction, pas d’effet placebo – par le médecin est aussi puissant que certains le décrivent, alors la prescription d’une statine devrait obligatoirement entrainer des effets bénéfiques sur la simple base d’un effet placebo ; et indépendamment de tout effet lié à la diminution du cholestérol ou autre propriétés, réelles ou illusoires, des statines.

Il faut aussi admettre que la démonstration tangible de l’efficacité biologique (chute du cholestérol pouvant atteindre 50 à 70% chez certains patients) de la statine par une simple prise de sang (et l’inscription de cette baisse sur le papier à en-tête du biologiste) peut ajouter à l’effet placebo conventionnel de manière significative : « vous voyez comme je suis un bon docteur ! Je vous ai donné le bon médicament ! »

Il ne faut pas négliger enfin l’importance des effets indésirables [douleurs musculo-tendineuses, fatigue, troubles gastro-intestinaux, troubles de la mémoire, du sommeil, des yeux, etcétéra …] dans l’amplification de l’effet placebo. Un bon docteur pourra les utiliser pour confirmer l’efficacité cardioprotectrice : « certes, vous avez mal partout et vous ne dormez pas mais réjouissez-vous, ça veut dire que le médicament est vraiment très actif chez vous et protège vos artères … »

Des collègues m’ont confirmé utiliser cet argumentaire à profusion pour justifier leur prescription de statines malgré leur scepticisme quant à la culpabilité du cholestérol ; c’est de bonne guerre ! A la fin, ce que souhaite un médecin c’est faire du bien à ses patients, quel que soit le mécanisme à l’œuvre.

Il y a deux circonstances possibles où cette magistrale efficacité des statines sous forme d’effet placebo peut être vérifiée : soit les études d’observation (l’épidémiologie classique) où l’efficacité de la statine est analysée a posteriori par comparaison de patients ayant reçu une statine avec ceux n’ayant rien reçu (pas de placebo) ; soit les essais cliniques randomisés (tirage au sort) où via un protocole de double aveugle (placebo contre statine) on évalue les effets de la statine indépendamment de tout effet placebo, au moins  en théorie.

En toute logique, dans les études d’observation, l’effet placebo joue à plein (tel que décrit ci-dessus, et avec ses amplifications) et il ne devrait y avoir aucune ambiguïté : la statine DOIT absolument être efficace dans ce contexte, indépendamment de tout effet dû à la diminution du cholestérol, sous peine d’être accusée d’augmenter le risque de complication en abolissant les effets bénéfiques de l’effet placebo. Terrible dilemme !

C’est pour cette raison très scientifique que les études d’observation ne sont pas retenues par les Autorités (pourtant généralement très compliantes) comme argument scientifique suffisant pour commercialiser des médicaments.

Il est donc plus que curieux que des universitaires et autres pseudo-experts (y compris français) viennent encore régulièrement vanter les effets bénéfiques de statines sur la base de telles études très fragiles (euphémisme) …

Par exemple, récemment : http://heart.bmj.com.gate2.inist.fr/content/100/11/867.full.pdf+html

Tandis que d’autres élaborent de subtiles théories sur ces fragiles données.

Par exemple : http://heart.bmj.com.gate2.inist.fr/content/100/11/825.full.pdf+html

Fichtre ! Inculture, propagande ? Qui sait ?

Quant aux médias qui, à grands bruits, reprennent ces idioties … Tristesse et désolation !

Il n’en est pas de même évidemment des effets indésirables qui eux ne sont pas, a priori (et sauf si le médecin prescripteur joue super-habilement et cyniquement de son effet placebo personnel) diminués par l’effet placebo lié à la prescription.

On peut donc éventuellement bénéficier d’un effet placebo [probablement éphémère car les mécanismes puissants qui conduisent à l’infarctus ou à l’AVC sont toujours à l’œuvre et finiront par gagner] dû à la prescription de statine par un médecin convaincu et, en même temps, récolter tous les effets indésirables attendus, notamment les plus pernicieux car silencieux (diabète, cancers, déclin cognitif, pathologies oculaires …) dans la plus grande inconscience, au mépris des règles basiques de la médecine scientifique (et du code de déontologie) et pour un coût exorbitant pour l’Assurance-Maladie.

Et on échappera à tous les bénéfices gratuits que peut apporter l’adoption d’un mode de vie protecteur, longuement décrit dans nos livres.

Ce qui, toutefois, peut apparaitre particulièrement étrange est que certaines études d’observation ne retrouvent pas (ou vraiment très peu) d’effet protecteur des statines à court terme : comment, et par quoi, l’effet placebo attendu est-il aboli ? Toxicité ? Effet placebo trop faible ou trop transitoire ?

Mais les experts (sérieux) des statines ne s’appuient que sur les essais cliniques pour vanter les bénéfices indiscutables (selon eux) de la diminution du cholestérol (par les statines). En effet, les critiques ne peuvent pas évoquer un quelconque effet placebo dans les essais cliniques pour expliquer les bénéfices de la réduction du cholestérol.

Voire !

La majorité des essais cliniques sont rapidement (généralement après moins de 6 mois) désaveuglés par les investigateurs eux-mêmes [sous prétexte de vérifications variées, notamment la survenue d’effets indésirables sévères …] ou par les patients eux-mêmes (avec ou sans la complicité de leur médecin traitant) puisqu’il suffit d’une prise de sang et d’une mesure du cholestérol pour savoir si on reçoit la statine (et pas le placebo) ; sans parler des multiples effets indésirables qui eux-aussi dénoncent le médicament et … éventuellement réconfortent le patient : « ouf ! Je reçois le médicament protecteur et pas le placebo ! »

On peut s’attendre donc qu’une partie de l’efficacité proclamée des statines dans les premiers essais cliniques des années 1990s ait été due à un effet placebo non avoué. On pourrait alléguer sur cette base [si on est vraiment très naïf] que les industriels et les investigateurs de l’époque se sont trompés eux-mêmes et étaient, dans le fond, possiblement honnêtes … Ceux qui vivent les yeux ouverts [ou qui ont lu nos livres ou nos articles scientifique] savent que ce n’était pas le cas.

Question brûlante maintenant.

Comment expliquer, en présence d’un effet placebo probable et puissant chez un nombre probablement important de patients recevant la statine au cours des essais les plus récents (avec la conviction que les statines sont efficaces sur la base des essais précédents), que certains essais soient totalement (ou relativement) négatifs, par exemple tous les essais testant le Crestor* ?

Par quel phénomène inédit l’effet placebo est-il aboli dans presque tous les essais publiés depuis 2006-2007 ?

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