Cholestérol, Statines, anti-PCSK9 : “Waterloo, Waterloo, morne plaine…”

Après le Congrès annuel de la Société Européenne de Cardiologie (début Septembre 2018) où le “sujet lipidique” fut totalement oublié par les experts rémunérés [certains de ceux travaillant en France avec la Haute Autorité de Santé (HAS) semblent avoir quelques ennuis juridiques à propos de leurs rémunérations justement], nous observons (avec notre délicatesse coutumière) que les préparatifs du Congrès annuel de l’American Heart Association (l’équivalent de l’Européen sus-cité mais où plus personne ne va…) ne se concentrent pas beaucoup sur le cholestérol ; sauf un vendeur de produits injectables anti-PCSK9 qui désespérément cherchent des médecins prescripteurs.
A ce propos (les anti-PCSK9), le fiasco commercial est tel que l’industriel de la version US vient de réduire son tarif de 60%. Une telle remise laisse rêveur. Veut-on vider les stocks d’inutilisés avant de les jeter à la poubelle ?

On se rallie désormais (à nouveau) aux nouvelles “anciennes” théories qui refont surface (régulièrement) avec de nouveaux produits supposés anti-inflammatoires et aux commandes du porte-avion le célèbre expert Paul Ridker qui fit beaucoup rire autrefois avec la fameuse étude JUPITER.

Les industriels semblent ainsi vouloir, surtout en Europe, se désintéresser d’un sujet qui pourrait leur apporter plus d’ennuis que de bénéfices. A cet égard, une étude récente cosignée par une palanquée de scientifiques et médecins indépendants leur donne raison.
Quelle étude ? Ci-dessous ; c’est en anglais mais je vais traduire et simplifier.

Ça dit (le titre de l’article dit) que le Cholestérol, notamment celui que quelques simplets continuent de dire “mauvais”, n’est pas en cause dans les complications cardiovasculaires et l’athérosclérose.

En fait, cette étude démontre un haut degré de tromperie et falsification dans les articles de synthèse publiés par les sommités académiques. Je copie un résumé en anglais (ci-dessous) et je traduis en simplifiant.

Ce qui est dit : “Pendant un demi-siècle, on a fait croire que le cholestérol était coupable et qu’il fallait le diminuer le plus possible avec des médicaments type statines (et d’autres, type anti-PCSK9). Les auteurs de l’article (dont je suis coauteur) analysent trois des dernières synthèses académiques et identifient ce que nous appelons des “erreurs sérieuses” [sympathique euphémisme]. La correction de ces “erreurs”, notamment l’inclusion dans l’analyse d’études que les académiciens avaient “oubliées”, et des “idioties” statistiques amène à l’inéluctable conclusion que le cholestérol ne peut être qu’innocent et que les traitements par statines et autres sont inutiles.”

A titre d’illustration, je copie ci-dessous un des graphiques représentant ces “erreurs” statistiques. J’explique ensuite.

En ordonnées (axe vertical) l’effet des traitements anticholestérol sur le risque de décès. On utilise le paramètre ARR (pour “Absolute Risk Reduction” car c’est la seule façon honnête et intelligente de présenter des données cliniques. Si quelqu’un veut une explication, qu’il demande…
En abscisses (axe horizontal) l’effet du traitement sur le cholestérol, la différence entre le groupe traité par statine et le groupe contrôle. Chaque point représente un essai clinique : les carrés noirs sont les essais retenus par les académiciens et les triangles blancs sont les essais malencontreusement “oubliés” par les mêmes académiciens. La ligne horizontale au niveau du zéro indique l’absence d’effet clinique (en termes de mortalité). On voit immédiatement une légère tendance des carrés noirs à se trouver en-dessous de la ligne du zéro, et un peu plus pour les différences de LDL-C plus importantes (vers la gauche). Avec les triangles blancs, cette tendance disparait et l’analyse statistique montre même une tendance inverse : moins on diminue le cholestérol (vers la droite) et mieux c’est en termes de mortalité. On comprend pourquoi les triangles blancs ont été “oubliés”. Si on cumule les carrés noirs et les triangles blancs, il n’y a aucun effet de la diminution du cholestérol LDL-C sur la mortalité.

Il s’agit sur ce graphique de la mortalité totale ; les données sont comparables (et présentées dans l’article) pour la mortalité cardiovasculaire.

La théorie du cholestérol coupable doit donc être rejetée !

D’autant plus que tous les essais inclus dans cette analyse multiple ont été conduits par des industriels qui avaient tendance à voir (et faire voir) les choses de façon très favorable à leur business. Dit autrement, les choses sont peut-être beaucoup plus négatives que ce qui nous est présenté. Nous ne le saurons jamais car nous n’aurons jamais accès aux données brute de ces essais “industriels”.

Ainsi donc, nous vivons la fin d’une histoire, ou d’un paradigme comme disent les philosophes.

Ne nous méprenons pas toutefois : les prescriptions ne vont pas cesser du jour au lendemain.
Pour beaucoup de médecins et leurs patients, il est impossible d’admettre ces évidences : “j’ai pris des médicaments inutiles si longtemps et c’est probablement eux qui m’ont provoqué un certain nombre de troubles d’origine inconnue ou improbable”. Trop dur à admettre !
Et les administrations, comme les industriels, ne diront rien : “c’est pas nous, nous n’y sommes pour rien”. Comme d’habitude : ni coupables, ni responsables !

Ainsi va la vie de nos sociétés.
Il ne faut pas s’étonner qu’à ces violences faites aux corps et aux esprits, certains répondent violemment, comme on peut le voir dans les actualités quotidiennes.

Avoir un cholestérol très bas est de mauvais pronostic…

 
Jusqu’à récemment, avoir un “cholestérol haut” était présenté comme dangereux par quelques subtils propagandistes.
Tout dépend évidemment de ce que nous appelons un “cholestérol haut”.
Par rapport à quoi ?
Par rapport à une moyenne mesurée chez des bien-portants et supposée normale ?
Certes non. En effet, par rapport à cette moyenne, la majorité des victimes d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral (AVC) ont un cholestérol normal ou bas.
En conséquence, et avec les années, on a diminué la “moyenne” supposée normale afin de faire rentrer de force la réalité dans les théories fumeuses du “cholestérol qui bouche les artères”…
C’est-à-dire faire en sorte que, de force, tous les infarctus et les AVC aient quand même un “cholestérol haut”…
TOUTE la cardiologie internationale et nationale a participé à cette honteuse mascarade !
Mais ça n’était jamais trop bas ; jusqu’au point de décider, hors de toute rationalité, que le cholestérol normal était celui qui était le plus bas possible.
En anglais, on dit : the lower the better.
Traduction française : plus con tu meurs !
Et finalement ce qui devait arriver est arrivé, puisque le cholestérol est innocent.
Quoi ? Réponse : même ceux qui ont un cholestérol très très bas [indiqué ci-dessous par l’expression “ultra-low LDL-C”] sont à risque de faire un infarctus ou un AVC !
C’est officiel ; la Cardiologie Internationale et Nationale découvre, subjuguée, cette évidence que le risque d’infarctus ou d’AVC ne dépend pas du cholestérol.
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Bon, on ne va pas faire d’autres commentaires. La nouvelle est “tombée” un 18 décembre !
C’est un peu dur à digérer avant les fêtes ; d’autant qu’à la même époque sur une radio nationale (France Q pour ne pas la nommer), un olibrius alpin à 2 pattes expliquaient en bonne compagnie aux auditeurs et à un brillant professeur de la Pitié Salpêtrière (Hôpital parisien), pourquoi le cholestérol était innocent et pourquoi les médicaments anticholestérol, notamment les statines (mais aussi les autres), étaient inutiles et toxiques.
Pour ré-écouter l’émission de France Culture : https://www.franceculture.fr/recherche/articles-et-diffusions?q=Lorgeril
Depuis, silence radio ! Même l’INSERM n’a encore rien dit ; c’est pas peu dire…
Patience !
Nous allons nous régaler avec les contre-attaques qui ne sauraient tarder…
Par quelles voies passeront-ils pour sauver leur réputation, voire leur autorité fortement compromise ?
A tous les délicieux visiteurs de ce blog : Bonne année 2018 !
 
 
 
 
 
 
 
 

Debriefing après l'émission de France Culture sur le cholestérol

 
Pour ré-écouter l’émission de France Culture : https://www.franceculture.fr/recherche/articles-et-diffusions?q=Lorgeril
Certes le présentateur est un peu “horrifié” de ce qu’il entend et j’ai dû le freiner sous peine de me voir à nouveau accusé d’horrifier les populations.
Quelle est la limite entre “information objective et douloureuse” et “ne pas horrifier la population” ?
Le présentateur m’a reproché d’avoir décliné son invitation d’échanger avec un représentant de la Société Française de Cardiologie.
C’est inexact.
J’ai seulement demandé que mon interlocuteur soit un vrai expert du sujet “cholestérol” et que cet expert soit vraiment indépendant, c’est-à-dire libre de tout grossier conflit d’intérêt.
Ce n’était pas une exigence irrationnelle si on veut délivrer un message scientifique !
France Culture n’en a pas trouvé ! D’où l’absence de représentant de cette honorable corporation.
Ce n’est pas ma faute si…
Mais c’est une information majeure !