Ministère, crédibilité, confiance : le niveau zéro est atteint !

 
Les nouvelles se suivent et se ressemblent (statines, Médiator, vaccins, Depakine, traitement hormonal, thyroïde, mammographie…) ; des actrices s’en mêlent ; des pétitions se multiplient ; des médecins réfractaires témoignent ; déni des autorités face aux évidences ; nullité scientifique ; médias complices dans la désinformation ; inhumanité flagrante des supposés responsables ; mascarade autour des conflits d’intérêt au plus haut niveau de l’état ; sondages catastrophiques ; en deux mots et deux seuls : divorce consommé entre les citoyens et les responsables de la santé du pays !
Ça ne va pas s’arranger et c’était prévisible…
Impératif d’agir et vite ; car les dérapages de toutes sortes s’annoncent catastrophiques ; et il ne faudra pas dire que c’est la faute des lanceurs d’alerte ou des réseaux sociaux ! Vous aurez été prévenus ; et depuis longtemps !
On a atteint le niveau zéro : tout le monde descend !
Plus bas, ce sont les sous-sols, les garages et les poubelles…
L’heure de grandes décisions approchent : faire le ménage ici comme on l’a supposément fait ailleurs !
URGENT, Monsieur le Président ! Ici il faut vraiment le faire !
Un impératif : trancher le cordon ombilical qui relie le Ministère de la Santé aux industries des produits de santé ; ça va faire mal, ce sera hémorragique;  mais il faut le faire…
Car il faut des arbitrages et l’actuel Ministère de la Santé et des industries de produits de santé ne peut assurer cette fonction essentielle dans un état démocratique…
Une fois ça fait, il faudra profondément réformer tout le système actuel ; car plus personne n’y croit et ça n’est pas bon pour la Liberté, l’Égalité et la Fraternité.
Et on fera beaucoup d’économies ; très bon pour le budget !
Et la santé du bon Peuple de France sera améliorée !
Attention, faute de pain, il ne faut pas lui donner des brioches !
Alea jacta est !
 
 
 
 

"La fille de Brest" : leçons et commentaires

 
Une fois compris que c’est un film grand public, donc une sorte de film éducatif, et une fois que nous (professionnel de la santé) avons dépassé les aspects un peu irritants du “spectacle”, quels commentaires suscite ce film et quelles leçons peut-on en tirer ?
Affiche frachon
Le mieux évidemment serait d’aller voir le film (les deux heures passent vite) avant de lire ce billet qui n’est évidemment pas une critique style cinématographique, je tiens à le préciser.
Les évènements se passent en 2009 et après, donc environ 5 ans après la tragédie du Vioxx et après que l’auteur de ces lignes aient pris la décision de s’exprimer à propos des statines (autre tragédie) et du cholestérol en général. On avait de l’avance avec les statines mais les deux “affaires” ne se sont jamais croisées ; dommage, on aurait pu s’entraider…
Le scénario de la “fille de Brest” a été écrit (du moins principalement, on s’en doute) par Irène Frachon elle-même ; ce qui donne un personnage vraiment sympa car très humain.
Humble, modeste mais combattive. Un peu vulgaire même, très humaine donc !
Elle (le personnage du film comme la vraie Irène d’après le film) n’est pas scientifique, n’est pas cardiologue, n’est pas experte de santé publique et pas juriste non plus. Juste un petit docteur “de province” (comme disent les parisiens) qui se révolte face au spectacle épouvantable de souffrances injustes (c’est le côté patient) ; face à la veulerie des uns ; et à l’arrogance, voire la morgue, des autres (ce sont les côtés “business bigpharma” et “autorités sanitaires”)…
Ces aspects, médecine de province (on se croirait dans Balzac au 21ème siècle), petit CHU, hiérarchie hospitalo-universitaire contrariée, humbles scientifiques recherchant désespérément une reconnaissance (et quelques subsides) nationale via l’INSERM, sont à mon avis fort bien montrés et sans caricature ; c’est du vécu, je peux vous le certifier !
Cet épidémiologiste du bout du monde qui “rame” pour faire vivre une unité supposée de recherche, du vécu !
Et j’en connais un bout ; je m’y croyais.
Et la lâche passivité des “autorités” scientifiques, médicales et universitaires réunies sous le joug de l’Afssaps ; et la peur des représailles chez les “administratifs” (CNAM) et les prolétaires (je connais aussi) supposés contribuer à la surveillance du système de santé et à la protection des citoyens : tout cela est fort bien montré ; je peux le certifier pour l’avoir vécu et le vivre moi-même encore… C’est du vécu !
Le côté BigPharma est sans surprise : mensonges organisés, cynisme, arrogance. Comment peut-on encore tolérer la persistance des liens (dits d’intérêt) entre les industriels et les professionnels de santé ?
Scénario béton ; bravo et merci Irène !
La fin du film fait peur : aucune condamnation à ce jour ! Système en faillite [je ne parle pas pas de faillite financière bien sûr ; mais de faillite humaine, éthique, médicale et scientifique) mais pas de responsable identifié !
Ah bon !
Ce que le film montre très bien, outre la veulerie de ceux qui auraient pu agir, c’est ce “petit monde” des petits hommes gris cravatés et de ces petites bonnes femmes tailleur gris et chemisier blanc qui, recroquevillés dans leur “petit” monde sanitaire, sont incapables de penser par eux-mêmes et bouger…
Commentaire unique et final : rien n’a changé !
Ceux qui n’ont pas donné l’alerte à propos du Médiator [et qui auraient dû : on cherche des responsables ?] sont toujours là, impavides et prosternés devant l’autel de Bigpharma (qui continue sa généreuse distribution), rien n’a changé !
 
 
 
 
 
 
 

Génériques, médecine et business

Nul n’ignore (ou ne doit ignorer) la polémique persistante autour des médicaments génériqués.
Polémique justifiée, à notre avis. Pourquoi ?
Ne serait-ce que pour l’effet placebo – systématique avec le médicament “normal” quel qu’il soit –  qui est perdu avec le générique chez le patient qui est dans le doute.
On ne devrait jamais exercer de pression sur les médecins pour les obliger à prescrire un générique.
Au-delà de ce phénomène placebo (d’une importance considérable en médecine), nul ne peut affirmer aujourd’hui sur une base scientifique sérieuse qu’il n’y a pas de différence entre le vrai médicament et un de ses génériques.
Ce serait un peu long à discuter ici.
Un exemple quand même.
Les excipients utilisés dans les génériques variés proposés chez le pharmacien sont généralement différents de celui utilisé dans le médicament original. Ça peut faire une différence significative, ça devrait être testé !
On ne saurait trop conseiller la lecture (rapide) d’une Tribune publiée dans le numéro du mercredi 16 Juillet du journal LE MONDE par un certain Docteur Crozatier.
Si l’argumentaire est léger, certaines informations délivrées dans cette Tribune ont une importance déterminante pour comprendre la problématique des génériques.
On résume : le lobby des génériques, le syndicat des Industries des génériques ou GEMME (pour “Génériques mêmes médicaments”) est présidé par le Président des Laboratoires BIOGARAN, un des plus gros des génériques et, ça n’est pas anecdotique, sous-marque du célèbre groupe Servier, ex-vendeur-promoteur du Médiator.
Nous sommes sur des terres connues, chacun l’aura compris.
Selon Crozatier (je laisse à chaque visiteur le soin de vérifier par lui-même), le GEMME s’opposerait à la demande gouvernementale de baisser les prix des génériques (souvent peu différents du médicament princeps) et, bien au contraire, demanderait (exigerait) que les médecins faibles prescripteurs de génériques soient pénalisés …
Chacun aura compris qu’il est temps que les médecins entrent en résistance, pour s’opposer à cette sorte de prédateurs, et aussi pour d’autres raisons, bien sûr …
Réveillez-moi, s’il-vous-plaît, de ce mauvais rêve !