Fibrillation auriculaire et AVC : le paradoxe du cholestérol !

Beaucoup de mauvaises nouvelles !

Primo, la fréquence des AVC (ou accident vasculaire cérébral) ne diminue pas dans nos sociétés, malgré les efforts considérables (plus ou moins validés sur le plan scientifique) consentis pour les prévenir.

Deuxièmement, la fréquence d’une des principales causes des AVC, la fibrillation auriculaire (on dit FA dans les milieux dits « autorisés », selon Coluche), ne cesse d’augmenter, ce qui en partie explique notre primo ci-dessus.

Ceux qui ne sont pas familiers de ces concepts médicaux doivent se reporter au chapitre concernant les AVC et les causes des AVC dans notre livre « Prévenir l’infarctus et l’AVC » car ce billet est un complément à ce chapitre ; et ne peut s’y substituer.

J’avais évité dans le livre de m’appesantir sur la FA (une sorte d’arythmie cardiaque) et ses causes car je considérais que les arguments scientifiques disponibles étaient un peu « faibles » ; et tous les visiteurs habitués de ce Blog le savent, j’évite de parler de quelque chose quand je ne suis pas sûr de mon fait !

Mais depuis la rédaction du livre, et certainement parce que la FA et sa principale complication l’AVC, inquiètent réellement les médecins et les chercheurs, nous avons des données nouvelles que je souhaite faire savoir en complément du livre.

Ce furent d’abord des données japonaises indiquant que le risque de FA est inversement proportionnel au cholestérol ! Autrement dit, si votre cholestérol est bas votre risque de FA, et donc d’AVC, augmente !

En effet, la FA est une arythmie qui favorise les embolies cérébrales !

Ce fut évidemment présenté comme une donnée paradoxale – et ainsi minimisée – puisque nous vivons une époque où le cholestérol ne peut qu’être un ennemi de l’humanité ; et néfaste à notre santé !

Jusqu’à récemment, et faute d’autres études bien conçues, cette association statistique semblait « réservée » à nos amis japonais.

Il y avait certes quelques données anciennes en provenance des USA, mais nous restions nous-aussi « réservés » quand à la solidité de ces données ; tout en restant sur le qui-vive !

Nous ne fûmes pas les seuls à voir notre curiosité se réveiller ; et patatras, voilà que ce qui était paradoxal chez les japonais se voit confirmé aux USA dans une grande étude épidémiologique (près de 14000 sujets suivis pendant environ 19 ans). Ce qui était surprenant, voire paradoxal, ne l’est plus : avoir un cholestérol bas est associé à une augmentation du risque de FA et donc d’AVC, et pas qu’au Japon. c’est donc une donnée probablement universelle.

Question immédiate : s’agit-il d’une association fortuite ou le cholestérol bas serait une cause directe de la FA ?

C’est évidemment beaucoup plus complexe ! Si c’était simple, les médicaments anti-cholestérol provoqueraient une épidémie de FA ! Or, ce n’est pas le cas dans les essais cliniques publiés !

Mais ces derniers – notamment ceux testant les statines – ont deux graves défauts : 1) ils sont trop courts, et en plus, les industriels les arrêtent de façon prématurément, trop peur de voir apparaître des effets secondaires … 2) ce sont des essais commerciaux dont la validité scientifique est proche de zéro. Par exemple, dans l’essai JUPITER notoirement biaisé (du fait de l’interruption de l’essai après moins de deux ans), la diminution du cholestérol entraîne une diminution du risque de FA … Essai unique en son genre !!

Inversement, dans SPARCL (suivi de 5 ans), la diminution du cholestérol entraîne une augmentation du risque de FA d’environ 25% ; pas forcément plus crédible !!

Comment avancer un peu dans notre raisonnement ?

Par des arguments indirects : 1) personne ne conteste que les statines augmentent le risque de diabète et de syndromes métaboliques ; 2) personne ne conteste que le diabète et les syndromes métaboliques augmentent le risque de FA.

Donc, de façon inéluctable, les statines – ou la diminution du cholestérol – sont presque obligatoirement la cause d’un certain nombre de FA !

Autre cause possible de FA en association avec un cholestérol bas : les maladies de la thyroïde.

En effet, certaines pathologies thyroïdiennes sont à la fois associées à un risque élevé de FA et à une diminution du cholestérol.

Question : qu’est-ce qui provoque la FA ? L’hyperthyroïdie ou le cholestérol bas ?

Je n’ai pas de réponse.

Conclusion provisoire : avoir un cholestérol élevé est associé à une diminution du risque de FA (et donc d’AVC). L’abaisser avec des médicaments inutiles et toxiques comme les statines exposent en plus au risque de FA. Ce n’est pas une certitude, mais la probabilité est forte et, principe de précaution oblige, d’abord ne pas se nuire, surtout pas de statine !

TRANSPARENCE, MORALITE, LIENS D’INTERET …

Dans un récent « article-débat » (18 Avril 2013) du journal LE MONDE (que je lis de moins en moins faute de temps pour sélectionner le « bon grain » du reste … Désolé Madame la Nouvelle Rédactrice-en-Chef, c’est pas encore ça …), un certain Yves Charles Zarka écrit que le Docteur Cahuzac (à propos duquel je n’ai rien à dire, vu la transparence des faits) a (je cite) : « brisé un tabou de la classe politique » ! Car il a avoué …

En politique, selon notre auteur, quand on avoue on est un traitre !

Selon cet auteur (Zarka) et nos politiques [je ne pense pas, et j'espère ne pas me tromper, qu'ils soient tous "pourris" !], sa traitrise c’est « moins la faute ou la fraude que l’aveu » ...

C’est une idée intéressante qui renvoie à notre problématique médicale actuelle à propos des médicaments et des fraudes (supposées ou réelles) des industriels et de leurs experts rémunérés pour ça !

De la même façon, je pense que ceux-là aussi sont pris dans les rets de cette loi d’airain : ils n’avoueront rien et jamais !

Seules des circonstances particulières [une ligne téléphonique restée branchée, la vengeance d'un concurrent malheureux ...] peuvent conduire à la transparence des personnes (qui es-tu vraiment ?) et des faits (qu’as-tu fait vraiment?)

Mais, pour nous médecins et/ou chercheurs, est-ce là le cœur du problème ?

Dans tous les cas de figure, certes, la transparence (des liens d’intérêt en particulier mais pas seulement) est une nécessité pour ceux qui prétendent « représenter » l’intérêt général, donc pour les élus, sinon prière de s’abstenir !

Mais dans les sciences médicales, la principale transparence requise ne concerne pas les personnes mais les travaux et les données scientifiques eux-mêmes, y compris la façon dont ils sont produits.

Je me fous (en toute franchise) des liens d’intérêt du Professeur x ou y, mais s’il prétend quelque chose (quoique ce soit), ce doit être motivé sur une base scientifique vérifiable, c’est-à-dire accessible et éventuellement (on peut faire quelques réserves quand il y a un secret industriel à protéger) publique !

On ne peut croire personne sur parole (la moralisation est une lubie !) ; mais on doit pouvoir vérifier la réalité des allégations !

Facile tout ça en principe !

Pourquoi est-ce si long à obtenir ?

Réponse possible : parce que la majorité des allégations seraient des mensonges ?

Facile à vérifier, ouvrons les placards !

Hélas, à chaque fois qu’on a ouvert un placard, on y a trouvé un cadavre !

J’en ai donné des exemple dans mes livres.

Ce sera dur de faire passer la … Justice par ce chemin.

Car ils n’avoueront jamais ! Une Loi d’airain !

PROBLEME D’HONNETETE EN SCIENCES (MEDICALES) ?

Titre de l’éditorial du dernier numéro du European Heart Journal, organe officiel de la Société Européenne de Cardiologie (à laquelle je suis affilié, et donc aussi abonné au journal, car je paie – moi-même personnellement – ma cotisation annuelle) :

« The codex of science: honesty, precision, and truth—and its violations »

Sous la signature du célèbre Pr T. Lüscher, rédacteur en chef hélvétique.

Vraiment un bel exercice de littérature moraliste et moralisante décrivant les grandeurs éternelles de la Science toute puissante, de Newton à Darwin, mais citant aussi quelques exemples de fraudes et tracas divers, remontant jusqu’au siècle dernier où certains osaient « trafiquaient » un peu les photos de leurs encyclopédies pour les rendre un peu plus attractives …

Bon !

Nous avons droit aussi à la description du « fraudeur typique » : « the fraudulent scientist is typically a highly ambitious and talented post-doctoral fellow or assistant professor, charming, sometimes even charismatic, with a brilliant intellect and an impressive publication record. Usually, he or she—based on his or her remarkable achievements—has been highly recommended to a prolific lab at a prestigious institution led by a well-known mentor » … bla bla …

Bon ! Inutile de traduire, je pense, tout le monde comprend !

Pourquoi pourtant reste t-on si « mal à l’aise » après une si belle tirade que même le grand Cyrano en serait jaloux ?

Parce que Lüscher est évidemment « à côté » du problème ! Et pas sûr qu’il ne fasse pas exprès !

Les visiteurs de ce Blog le savent déjà : nous ne sommes pas face à des tragédies individuelles, globalement anecdotiques !

L’auteur (Lüscher) de ce bel éditorial est d’ailleurs lui-même parfaitement « intégré » dans un système qui génère presque automatiquement la fraude ! Pourquoi ?

Je ne parle pas de lui en posant la question [ça ne m'intéresse pas !], mais du système (que chacun peut définir comme il le comprend) et il ne viendrait surtout pas à l’idée de Lüscher qu’il y ait un « système », probablement parce qu’il en est un remarquable rouage …

Parce que le but ultime de toute cette activité médico-scientifique de recherche n’est plus (depuis longtemps) d’acquérir un savoir nouveau ; et pour le bien de l’humanité !

Certes, quelques naïfs persistent dans cette étrange perversion intellectuelle qui voudrait que « réfléchir » et « investiguer » ne soient pas systématiquement liés à la recherche de profits et bénéfices … On n’est pas nombreux !

Mais ce qui est rare est … valeureux ! On se récompense comme on peut !

Parfois même les insultes, quand elles viennent du tas d’ordures d’à-côté, sont plaisantes à entendre ; et je sais de quoi je parle !

Je vais terriblement vous décevoir, mais le but ultime de toute cette activité médico-scientifique de recherche est aujourd’hui de produire de la valeur … commerciale, de la valeur d’échange diraient certains socio-philosophes.

Et d’autres humanistes vous diront, et sans cligner des yeux, que dans ce système-là, pour produire de l’activité et donc lutter contre le chômage, il faut innover et inventer !

Produire une activité valorisable et donc échangeable via le commerce !

Bref, nous avons ce que nous méritons ! Et mieux vaut chercher et inculper des individus plutôt que de questionner le système !

Je laisse chacun à ses profondes réflexions. Paix à tous !

UN INSTANT DE « DISTRACTION » GRACE AU Dr WINCKLER

Pour ceux qui ont des doutes quand à la liberté d’expression dans notre beau pays, un petit tour sur le site de Martin Winckler qui a, semble t-il, eu quelques démêlés avec les brillantissimes journalistes de « Allo Docteurs » sur la 5 en cliquant :

http://martinwinckler.com/spip.php?article176

C’est une « actualisation » d’une histoire un peu ancienne, mais qui en raconte beaucoup !

Bonne lecture !

LA MALADIE INFANTILE DE LA REVUE PRESCRIRE

Les statines, c’est la maladie infantile de la Revue Prescrire !

Mais on peut en guérir !

Certains lecteurs recherchant désespérément une source d’information libre et indépendante se tournent parfois vers la Revue PRESCRIRE.

Ce n’est pas un mauvais réflexe, à mon avis, mais il faudrait que sa rédaction fasse d’urgence quelques mea culpa !
Fondée pour se faire glorieusement le « défenseur » de la médecine par la preuve, cette revue (dont le comité de rédaction ne comporte pas de scientifiques expérimentés ayant eux-mêmes conduits des essais cliniques; disons qu’ en ces temps de pâques, c’est un péché véniel) n’a pas compris le virage des années 2004-2005 et l’implication de la Nouvelle règlementation des Essais Cliniques, tels que décrit dans nos livres, notamment la dernière version de « Cholestérol, mensonges et propagande » (publiée en Mars 2013).
De ce fait, ils ne veulent pas [probablement, ne peuvent pas, autre péché véniel] voir qu’il n’y a pas de différence entre les statines, contrairement à l’évidence et en contradiction (péché mortel !) avec les proclamations de la Haute Autorité (HAS), c’est pas peu dire.

Si les statines les plus efficaces pour baisser le cholestérol sont inefficaces pour sauver des vies, les moins efficaces n’ont aucune chance de sauver la moindre vie. Quelque en soit l’indication et les circonstances !
Pour s’extraire avantageusement de leur contradiction, les rédacteurs de PRESCRIRE écrivaient encore en Février 2013 : « Tous les médicaments hypocholestérolémiants ne se valent pas, toutes les statines ne se valent pas. Quand un médicament est justifié, le mieux est de choisir la pravastatine (Elisor ou autre) ou la simvastatine (Zocor ou autre), les hypocholestérolémiants les mieux évalués en termes de morts et d’accidents cardiovasculaires. »

On n’ose pas imaginer qu’il y ait là quelque publicité dissimulée pour ces deux statines-là …

Mais ayant en leur temps glorifié ces deux statines [sur la base d'une lecture très naïve des articles publiés à l'époque], et se refusant à admettre qu’ils ont été trompés [ce que j'ai reconnu dès 2006 sans en avoir honte ...], ils inventent donc des différences entre les statines … sans aucune base scientifique solide !
Les seules différences probantes entre les statines efficaces et les inefficaces, c’est que les premières ont été investiguées AVANT la Nouvelle Règlementation et les deuxièmes APRÈS la Nouvelle Règlementation !
Les investigateurs des premières ont bénéficié d’un laxisme total des autorités, et les investigateurs des secondes se savaient « sous surveillance » !

C’est une très grosse différence quand on se remémore la tragédie du Vioxx ou quand on observe le déroulement de l’affaire SERVIER-Médiator !

Tant que la rédaction de PRESCRIRE n’aura pas fait son « aggiornamento », elle sera empêtrée dans ses malheureuses contradictions …

C’est dur d’admettre qu’on a été trompé quand, depuis des années, on fait la leçon aux autres …

C’est ce que je crains le plus pour moi-même !

Courage, camarades, il faut le faire ; mais plus vous attendez et moins vous serez pardonnables !

On vous aime bien quand même,  vous n’êtes pas les pires !

COMMENT L’ ATHEROSCLEROSE TUE !

C’est un article un peu morbide, mais après quelques discussions avec des jeunes (très doués) de mon entourage, j’ai eu soudain l’impression que je n’étais pas forcément bien lu …

Je ce que vais dire ici est déjà expliqué, avec plus de détails, dans notre livre « Prévenir l’infarctus et l’AVC » mais je m’en vais rajouter une « petite couche » comme on dit.

Autre façon de poser la question : on meurt comment (ou de quoi) quand on meurt d’une crise cardiaque ?

On meurt toujours d’un « arrêt » du cœur ; comme s’il décidait d’arrêter de travailler, lui qui est normalement infatigable !

Il a deux façons de s’arrêter : soit il cesse de se contracter (de pomper) mais l’activité électrique continue normalement ; soit c’est l’activité électrique qui cesse d’être normale et en conséquence, faute d’une « harmonie contractile » des cellules cardiaques, l’activité de pompe devient inefficace.

Question : pourquoi s’arrête t-il ?

Réponse : parce qu’il manque d’oxygène ! Parce qu’une artère s’est occluse : pas une once d’oxygène ne passe par cette artère. Il est sympa le cœur, même avec presque rien, il continue de travailler, de pomper ! Mais quand il n’y a rien qui passe, on fait un infarctus et dans un nombre de cas non négligeables, le cœur s’arrête.

Parfois, même privé d’oxygène, il continue de travailler presque normalement, on dit qu’il est résistant ou préconditionné ; et un des buts de la cardiologie préventive [celle qui pense à autre chose que le cholestérol] est de préconditionner nos cœurs afin de les rendre résistants au manque d’oxygène, au cas où …

Ceux qui veulent « préconditionner » leur cœur [c'est plus prudent, je le recommande] doivent relire en urgence le chapitre que nous consacrons à cette question dans notre livre « Prévenir ... » ; ça pourrait leur sauver la vie !

Outre  ce « préconditionnement du myocarde », le cardiologue, et nous tous les victimes potentielles, doivent aussi essayer d’empêcher évidemment que nos cœurs manquent d’oxygène, c’est-à-dire empêcher que les artères qui apportent l’oxygène au cœur se bouchent.

Et les artères se bouchent TOUJOURS à cause d’un caillot ; qui généralement se forme au niveau d’une plaque d’athérosclérose, c’est-à-dire une lésion très localisée plus ou moins obstructive dont le développement jusque là bien tranquille (et anodin) ne posait pas problème.

Pourquoi tout soudain une plaque devient « vulnérable » (c’est comme ça qu’on dit) et provoque la formation d’un caillot ?

Deux mécanismes principaux, en simplifiant :

1) la plaque « explose » littéralement parce qu’une hémorragie survient en son sein. J’explique ailleurs pourquoi il y a des hémorragies dans les plaques (ce n’est pas rare), mais il faut surtout comprendre que ce « gonflement » hémorragique aigu provoque la rupture « de l’intérieur » de la plaque, ce qui met en contact le sang avec du tissu non artériel (de l’intérieur de la plaque), donne l’impression d’une rupture de la paroi de l’artère et provoque la formation d’un caillot ;

2) la plaque s’ulcère de façon plus ou moins profonde, en général par affaiblissement de sa partie la plus externe (son écorce) ; et la mise en contact de tissu de l’intérieur avec le sang provoque aussi la formation d’un caillot dans la lumière de l’artère, comme s’il fallait fermer une brèche artérielle. Cette ulcération de la plaque (indépendamment de tout phénomène hémorragique) est souvent assimilée à une sorte d’inflammation avec participation de cellules et de substances venant du sang ou bien de l’intérieur de la plaque.

C’est un peu vraie, cette histoire d’inflammation, sauf que c’est un phénomène inflammatoire très spécial (rien à voir avec une entorse ou une bactérie)  qui survient sur une lésion elle-aussi très spéciale : la tumeur fibrosante bénigne que constitue la « sclérose » de la plaque d’athérosclérose. C’est peu dire pourtant que les médicaments anti-inflammatoires sont dangereux puisqu’ils augmentent la mortalité cardiovasculaire. C’est bien connu aujourd’hui [voir la tragédie du Vioxx] même si certains de nos « experts » continuent de nier cette évidence et prétendent que les statines sont « efficaces » non pas par leur effet anti-cholestérol ; mais par un effet anti-inflammatoire … Il est pourtant facile de comprendre qu’interférer avec l’inflammation (avec un médicament surtout) au moment de la phase réparatrice (cicatricielle) ne peut conduire qu’au désastre et favoriser la rupture … Bon ! Ceux qui ont étudié un peu l’inflammation comprennent ça !

Inversement, nous connaissons des substances naturelles qui diminuent l’activité des enzymes [on les appelle des "métalloprotéinases"] qui affaiblissent la partie externe des plaques ; et ceux qui ont lu attentivement « Prévenir l’infarctus et l’AVC » les connaissent : les acides gras oméga-3 et certains polyphénols, par exemple ! Ce ne sont pas des anti-inflammatoires pourtant.

Bref, il vaut mieux éviter de parler d’inflammation quand on évoque les mécanismes de « vulnérabilité » des plaques d’athérosclérose. Trop de confusion à propos de ce concept !

On comprend aussi pourquoi les médicaments anticoagulants, contrairement aux médicaments antiplaquettaires, augmentent le risque d’infarctus ! Ils favorisent les hémorragies intra-plaques, facile à comprendre !

Pour ceux qui lisent l’anglais et aiment les images, je recommande les articles des deux plus grands pathologistes existants [le Danois E. Falk et l'Américaine R. Virmani], ils constateront par eux-mêmes que d’une part le Dr de Lorgeril n’invente rien ; et que d’autre part le cholestérol (et donc les médicaments anti-cholestérol) n’ont aucun rôle dans toutes ces affaires de plaque vulnérable, de caillot, d’inflammation [c'est le dernière fois, promis, que j'utilise le mot] et d’arrêt cardiaque.

Une fois qu’on a compris ça, on sait que l’arrêt de la prise de statine ne peut pas entraîner de complication cardiovasculaire, contrairement à ce que certains « terroristes » intellectuels essaient de faire croire dans les médias !

Inversement, l’arrêt de la prise de statine ne peut à elle-seule changer le pronostic d’un individu. Il faut autre chose !

Bon entendeur …

Cholestérol, statines et diabète : « Lettre ouverte » au Pr Grimaldi

Voici le texte (repris par quelques médias) de la Lettre ouverte que j’ai adressée au Pr Grimaldi, le diabétologue qui a pris la tête des « défendeurs » de l’utilisation massive des statines chez les diabétiques et aussi beaucoup d’autres personnes dites « à risque ».

L’enjeu est de taille pour l’industrie (et ses experts subventionnés) car le diabète est typiquement une situation à haut risque de complications cardiovasculaires. Si diminuer le cholestérol avec une statine n’est d’aucune utilité chez les diabétiques, il y a peu de chance que ce soit utile chez d’autres patients « à risque élevé ».


LETTRE OUVERTE AU Pr GRIMALDI DIABÉTOLOGUE

Cher ami et collègue,

Dans diverses tribunes, vous vous insurgez ces jours-ci contre les écrits du Pr Even concernant le cholestérol et les statines.

Je vous sais honnête et de bonne foi ; je sais que votre principale préoccupation est la santé et l’avenir de vos patient ; et je vois qu’avec humilité vous ne prétendez pas déborder les limites de votre spécialité, le diabète.

Je m’adresse donc à vous diabétologue pour parler du cholestérol et du diabète avec confiance car je pense que vous saurez écouter avec attention et modestie un autre spécialiste de ces questions qui depuis plus de 10 ans, et avec des collègues de toutes nationalités, donne l’alerte, y compris dans des publications de haut niveau scientifique.

Vous écrivez que les statines sont de bons médicaments pour les diabétiques et qu’il faut baisser le cholestérol de ces patients ; c’est votre droit de le penser mais c’est autre chose de le prouver sur une base scientifique solide.

Comme vous le savez, pour prouver (au sens vulgaire du terme) une théorie médicale et scientifique, il faut faire des essais cliniques avec tirage au sort et double aveugle ; il faut clairement définir une hypothèse a priori pour ne laisser aucune place au hasard, sélectionner une population adaptée à l’hypothèse testée – ici des diabétiques – et décrire à l’avance les procédures de l’essai (date de début et de fin de l’essai par exemple) et les tests statistiques qui permettront de vérifier cette hypothèse.

Telles sont les règles et pratiques de la bonne recherche clinique, vous le savez aussi bien que moi.

Combien d’essais cliniques testant les effets d’un médicament faisant baisser le cholestérol chez des diabétiques, et respectant ces règles basiques, ont été publiés à ce jour ?

Quatre, et pas un de plus : ils s’appellent CARDS, ASPEN, 4D et FIELD.

Comme vous le savez, trois de ces essais sont totalement négatifs : ASPEN, 4D et FIELD.

Le 4ème, le fameux CARDS, souffre d’un grave problème méthodologique puisqu’il a été arrêté prématurément (deux ans avant le terme calculé dans l’hypothèse a priori) en l’absence de toute justification clinique acceptable – malgré les proclamations des auteurs et du sponsor Pfizer – puisqu’au moment de l’arrêt, on comptait exactement 24 décès cardiaques dans le groupe recevant le placebo contre 18 dans le groupe recevant la statine. La mortalité totale – ou l’espérance de vie sur cette courte période de temps – n’était pas non plus différente d’un groupe à l’autre. Il y avait donc grande urgence à ne pas amputer, en l’interrompant (hors protocole), cet essai clinique. Je vous accorde qu’on pourrait, avec une coupable indulgence, créditer ces investigateurs – et l’atorvastatine testée – du bénéfice du doute.

Malheureusement, les deux autres essais testant l’atorvastatine chez des diabétiques sont totalement négatifs, ce qui du moins nous permet de lever le doute concernant CARDS. En plus – et c’est une observation très en défaveur des investigateurs – ceux-ci n’ont pas déclarés leurs multiples liens d’intérêt avec des entreprises commerciales.

Vous pourriez évoquer d’autres essais cliniques où des investigateurs – peu regardants sur les principes et règles – ont analysé a posteriori les effets d’une statine ou d’une autre sur des sous-groupes de diabétiques constitués sans tirage au sort. Ces études ont une très faible valeur scientifique, vous le savez, et ne devraient même pas être évoqués quand il s’agit de la santé, de la sécurité, et de l’avenir de nos patients.

Un dernier point, cher ami, concerne justement l’effet des statines sur la survenue de nouveau diabète chez des patients jusque-là indemnes.

C’est un très grave problème de Santé Publique et la Food and Drug Administration (FDA) des USA a lancé une alerte en 2012 à ce propos. Vous n’êtes pas sans savoir que ce risque a été admis autour de 30% dans les essais commerciaux type JUPITER et jusqu’à 70% dans les études de cohortes indépendantes comme la Women Health Study. Outre l’évidente minimisation du problème par les commerciaux, c’est considérable – des dizaines de milliers de nouveaux diabétiques en France chaque année à cause des statines – et c’est tragique quand on mesure toutes les complications non cardiovasculaires (maladies infectieuses, déclin cognitif, dépression, pathologies rénales et oculaires ; et surtout nouveaux cancers) auxquelles sont exposés les diabétiques.

Le seul argument des tenants des statines chez les diabétiques, c’est de prétendre qu’il n’y a là aucun problème puisque les diabétiques seraient protégés par leurs statines ; ce qui est absolument faux pour les complications cardiovasculaires (comme démontré ci-dessus) et évidemment aussi pour les complications non cardiovasculaires que les statines au contraire aggravent pour la plupart.

Si je comprends que vous ne puissiez du jour au lendemain admettre l’ensemble de cet argumentaire, je pense qu’il est urgent – plutôt que des anathèmes qui ne consolident pas l’idée que le public et les patients se font de notre profession – que vous convoquiez une réunion d’experts libres et indépendants afin que nous puissions discuter sereinement de l’ensemble de ces questions.

Nous ressortirions tous grandis de cette difficile période.

JE SERAI EN DIRECT SUR RADIO FRANCE INTERNATIONALE LE MARDI 12 MARS ENTRE 10:00 et 11:00, HEURES DE LA FRANCE

Suite à la sortie de la nouvelle version de mon livre « Cholestérol, mensonges et propagande » (au moins 100 pages additionnelles d’analyse et d’information couvrant la période 2008-2013), je serais en direct sur RFI ce mardi 12 mars entre 10 et 11 sauf erreur …

Merci de m’y retrouver pour témoigner que ma maman m’a bien éduqué d’une part, mais aussi que mon papa m’a bien appris à ne pas laisser l’outrage sans réponse …

Je serai, outre les journalistes de la chaîne RFI, en compagnie d’un professeur de cardiologie parisien (Xavier Jouven) qui, à ma connaissance, n’a pas travaillé sur le cholestérol !

Mais à Paris, chacun le sait, et pas seulement à Paris d’ailleurs, on peut être savant sans avoir travaillé ; c’est un des miracles de l’époque, chaque époque a les siens, mais nous aujourd’hui faut qu’on ait ça ! Il sera, j’en suis sûr fort aimable !

A plus !


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