Protocole compassionnel (suite) et conflits d’intérêt

 

Le sujet compassionnel reste l’objet de discussion, notamment en oncologie et en particulier pour l’évaluation (rapport bénéfice/risque) des nouvelles chimiothérapies présentées parfois comme miraculeuses…

C’est pourquoi j’en rajoute une petite couche, comme disent les jeunes.

La dernière livraison d’un grand journal américain (JAMA Internal Medicine) revient sur les conflits d’intérêt chez les experts autorisant  l’évaluation (et/ou la commercialisation) de nouveaux médicaments anticancer. On voit que la question agite quelques neurones dans divers milieux…

Bon, qu’y lit-on ?

C’est là (désolé, c’est en anglais, faut vous y mettre, bientôt tout sera en Chinois) :

http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2484904

D’autre part, un site web américain (sponsorisé par l’industrie), appelé MEDPAGE TODAY reprend l’information et, curieusement, fait quelques commentaires disgracieux.

Encore en anglais : http://www.medpagetoday.com/PublicHealthPolicy/FDAGeneral/55951?xid=nl_mpt_DHE_2016-02-02&eun=g362928d0r

Je résume, pour ceux qui ne parlent ni l’anglais, ni le chinois.

Les conflits d’intérêts sont omniprésents [ce n'est pas 100% des votants, certes ; mais l'impression laissée c'est que ceux qui seraient indépendants (vraiment ?) servent uniquement de "caution" aux autres...] dans les comités d’expert pour introduire de nouveaux traitements anticancéreux sans respecter les règles basiques de l’évaluation (efficacité et toxicité). Sans parler du rapport coût/utilité.

Le sous-titre du deuxième article (sans entrer dans les détails) est éclairant : l’industrie se serait appropriée le micro… Oups !

Bref, on est loin de l’indépendance et de l’objectivité indispensables pour prendre des décisions difficiles et courageuses face à des pathologies et des souffrances majeures.

Ce ne serait pas un problème insoluble cette question des conflits d’intérêt si les données scientifiques produites dans ces conditions étaient de qualité.

Malheureusement, c’est le contraire : les sacrifices consentis en termes de rigueur scientifique ne sont pas payés en retour ; les patients n’en profitent apparemment pas beaucoup et généralement on n’apprend rien !

Pour ceux qui souhaiteraient mieux comprendre pourquoi les conflits d’intérêt sont finalement un problème secondaire dans les sciences médicales, je recommande de m’écouter attentivement lors d’une récente audition (en français) au Sénat où j’avais été (curieusement) convoqué au mois de Janvier. Erreur de casting (comme y disent au cinéma) ?

C’est là ; ça s’écoute, ça ne se lit pas, mais faut garder les yeux ouverts, ça vaut la peine, et pas pour ma belle chemise :

http://www.senat.fr/les_actus_en_detail/article/conflits-dinterets-en-expertise-sanitaire.html

Une fois qu’on a bien écouté et réfléchi, on me dit gentiment ce qu’on en pense !

Merci d’avance pour votre indulgence !

 

 

 

 

 

Fibrillation auriculaire, accident vasculaire cérébral et traitement anticoagulant

Cette question – le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) – chez les personnes présentant une fibrillation auriculaire (FA) chronique ou intermittente [on dit "paroxystique" dans le langage des docteurs] et la réponse préventive sous forme de traitement anticoagulant font l’objet d’une couverture médiatique intense depuis quelques semestres ; avec un point de départ autour de 2013.

Un professeur de médecine américain du nom de Nortin Hadler [dont le quotient intellectuel semble nettement au-dessus de la moyenne "nationale"] pense que cet engouement assez soudain pour ces questions n’est probablement pas indépendant de la commercialisation de nouveaux médicaments anticoagulants supposés se substituer aux anciens, les anti-vitamines K (ou AVK).

Nouveaux médicaments ? Nouveaux business et nouveaux candidats pour « se servir » au passage… Histoire classique, éternel recommencement…

Il a publié un article tout-à-fait remarquable (à mon avis) pour analyser ces questions mais malheureusement en anglais. Désolé.

C’est là : http://thehealthcareblog.com/blog/2014/02/01/why-your-a-fib-diagnosis-may-not-be-as-bad-as-you-think-it-is/

Je ne peux évidemment pas le traduire intégralement mais j’en recommande la lecture à ceux qui peuvent comprendre l’anglais au moins a minima.

Le titre à lui-seul est éloquent : « Pourquoi votre FA n’est peut-être pas aussi inquiétante que vous le pensez » [traduction libre de l'auteur de ce billet].

Je pense que tout le monde va comprendre les contenus essentiels de son message. Je résume :

1- le risque d’AVC chez les personnes souffrant de FA a sans doute été exagéré,

2- les avantages du traitement avec les AVK (par rapport à une thérapie plus douce avec un antiplaquettaire type aspirine) ont été exagérés,

3- les inconvénients des AVK (et des nouveaux anticoagulants) sont sous-estimés.

Je suis globalement d’accord avec lui ; et beaucoup de médecins référants dans notre pays le sont aussi. Instruits des complications hémorragiques des patients sous AVK (c’est eux qui les voient généralement et dans des situations désastreuses), ils cherchent souvent à ruser avec les diktats officiels.

Je vois toutefois une ou deux limites à son raisonnement.

D’une part, il discute plutôt de personnes relativement âgées (plus de 70 ans en simplifiant) alors que nous sommes confrontés aussi à des FA (certes beaucoup plus rarement) survenant chez des patients plus jeunes ; et là, il devient plus difficile de savoir quoi faire…

D’autre part, il ne discute que la prescription d’aspirine (à faible dose) dont on connait les effets secondaires adverses alors que certains patients seraient mieux avec d’autres antiplaquettaires type plavix ; c’est au cas par cas, certes, mais je penche pour le plavix.

Enfin, il ne discute pas [et je ne vais pas le faire non plus] toutes sortes d’aspects latéraux qui varient d’un patient à l’autre et que certains résument dans des scores de risque type CHADS2 Score for Atrial Fibrillation Stroke Risk.

Plus le score est élevé et plus le risque d’AVC augmente. Je ne suis pas satisfait de ce type de score qui ne tient pas compte d’une multitude de facteurs biologiques (qui favorisent les caillots de sang) et de mode de vie qui sont cruciaux à long terme non seulement pour se protéger de l’AVC ; mais aussi pour empêcher les récidives de FA chez ceux qui ont des FA intermittentes ou chez ceux qui ont bénéficié d’un traitement (électrique) curatif de la FA. Bref, ces scores ne prennent pas en compte la globalité des patients que seuls, bien sûr, des médecins référants qui suivent leurs patients au long cours peuvent considérer ; et à condition, bien sûr encore, qu’ils aient acquis de l’expérience (médicale) et du savoir (supposé scientifique) sur ces questions.

Voilà un domaine évident où le médecin de proximité est le plus approprié pour prendre les bonnes décisions en fonction d’une évaluation adéquate du rapport bénéfice/risque des AVK. Et des nouveaux anticoagulants, mais ceux-là malheureusement on les connait encore très mal, autrement dit, on ne les connait qu’à travers les rapports de l’industrie, même s’ils sont présentés par des auteurs-investigateurs qui ne sont pas des employés de l’industrie ; c’est la question des liens d’intérêt !

Il faut évidemment se libérer de toute contingence commerciale (à propos des nouveaux anticoagulants) pour faire correctement notre métier de médecin.

Toutes vos réactions sont les bienvenues pour ouvrir une discussion sereine sur un problème complexe ; auquel nous sommes tous (de près ou de loin) assez souvent confronté…

 

 

 

 

QU’EST-CE QU’UN PROTOCOLE COMPASSIONNEL ?

 

Par hasard (à 18:00 environ) devant un poste de télévision la semaine dernière, j’ai entendu des intervenants dans une émission d’information apparemment consacrée aux accidents thérapeutiques parler de « protocoles compassionnels » ou quelque chose comme ça avec le mot « humanitaire », mais je ne me souviens plus des mots exacts.

Aucune de ces personnalités ne semblaient vouloir mettre en question ces pratiques bien peu scientifiques ; ce qui m’étonne quelque peu, vu mon métier.

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’administrer à des patients gravement atteints des médicaments qui n’ont pas subi tous les tests habituels d’efficacité et de toxicité.

Je pense qu’on a inventé ça au moment où, totalement dépourvus face aux premiers malades du SIDA, on essayait un peu n’importe quoi…

Le raisonnement était le suivant : « foutu pour foutu, essayons le tout pour le tout… »

C’était une maladie nouvelle, désespérante et tragique, et on avait rien ; et on ne comprenait rien !

Cela s’est reproduit très récemment avec l’épidémie d’Ebola : totalement démunis, des médecins proposaient d’essayer des substances expérimentales. Ils ont obtenu cette permission de l’Autorité Sanitaire US ; mais un rapport récent avouait que plusieurs mois après l’épidémie, on n’avait rien appris de ces « nouveaux » médicaments à la suite de cette utilisation « sauvage » ; ni sur leur efficacité ni sur leur toxicité. Autrement dit, ça n’a apparemment servi à rien…

De grands experts en éthique médicale ou des philosophes ou encore des religieux pourraient sans doute argumenter longuement sur la validité éthique ou médicale de ce genre d’attitude désespérée. Je ne m’y risquerais pas.

Mais, la marchandisation massive de la recherche médicale [le but lucratif est désormais prépondérant en toutes circonstances sur la raison médicale ; je ne m'étends pas sur cette question ; ceux qui ont des doutes peuvent se référer par exemple au livre de la députée Européenne Michelle Rivasi et dont le titre dit tout : "Le racket des laboratoires pharmaceutiques"] donne une image tout-à-fait différente du paysage qui s’offre à nos yeux.

En effet, utiliser des patients en fin de vie dans des protocoles expérimentaux semble devenir une sorte d’habitude dans certains milieux, notamment en oncologie.

Sous le prétexte dit « compassionnel », on demande la permission à une autorité de tester des médicaments très nouveaux [dont les effets sont quasiment inconnus chez les humains] chez des patients en échec thérapeutique.

On obtient même de plus en plus souvent que ces « nouveaux » traitements extrêmement couteux soient payés (remboursés à l’industriel à des coûts faramineux) par l’Assurance-Maladie.

Qu’on me comprenne bien : sur le principe et de façon très exceptionnelle [à condition que le protocole soit particulièrement codifié et que des avis d'experts indépendants de l'industriel aient été obtenus], je ne suis pas obligatoirement contre.

Mais, étant donné l’épouvantable époque dans laquelle nous vivons, je vois bien que le « protocole compassionnel » peut être une extraordinaire opportunité pour échapper aux règlementations et à l’éthique ; et, à faibles coûts, tester de façon accélérée des molécules expérimentales sur lesquelles on ne sait à peu près rien !

Ici, le patient en fin de vie peut devenir un magnifique cobaye humain.

Comme on est en fin de vie (un pied dans la tombe diraient certains mal-élevés), les critères clinique habituels sont de peu d’intérêt et on voit fleurir des publications fascinantes avec des conclusions du genre : « pas de différence entre le groupe traité et le groupe contrôle en termes de survie mais on a observé une régression significative de la taille de la tumeur de 0,5 mm » ou bien « la survie dans le groupe expérimental a été améliorée (de façon hautement significative sur le plan statistique) de 7,6 jours plus ou moins 2,5 jours par rapport aux contrôles » ; ce sont des exemples inventés (pour ne fâcher personne)  mais pas irréalistes…

Question primordiale : apprend-on vraiment quelque chose en médecine scientifique en l’absence de protocoles parfaitement élaborés et respectés ? Je crois bien que non.

Nicole Delépine [médecin oncologue qui connait ce sujet mieux que moi ; elle a écrit un livre dont le titre est encore révélateur : "La face cachée des médicaments"] défend l’idée qu’on ferait mieux d’utiliser ces sommes d’argent déjà très considérables [cadeau à des expérimentateurs qui ne sont pas "au-dessus de tout soupçon"...] en hospitalisant ces patients en échec thérapeutique et fin de vie dans des unité de soin palliatif où s’organise un départ confortable (et humain) vers l’ailleurs.

C’est sans doute plus humain que de leur faire espérer des lendemains qui ne chantent jamais tout en les soumettant à des effets adverses et toxiques qu’ils n’espéraient sans doute pas.

Profiter du désespoir des uns pour favoriser le business des autres… Hum !

On est loin, très loin sans doute, de la Déclaration d’Helsinki !

Nous vivons dans un monde où tout s’oublie si vite, même le sens du mot « compassionnel »…

Et vous en pensez quoi, vous ?

Merci de réagir !

 

 

 

 

 

 

 

Petite bibliographie récente sur les statines à l’usage des résistants et récalcitrants

N’ayons plus peur !

C’est désormais eux [les autres, les dominants...] qui ont peur et, j’ai pu le vérifier récemment lors d’un meeting informel avec des universitaires rémunérés, ils ne savent plus quoi dire pour nous impressionner ou nous décourager.

Pourtant, il suffirait que des experts (ou des juges) indépendants et libres auscultent les documents que je joins à ce message. Tout pourrait changer en un clin d’œil…

Les autres eux ne savent même plus lire… Et même s’ils le savaient, ils ne liraient pas… Trop peur ! De la vérité !

Donc, pour faire bref, il vous suffit à vous, résistants et récalcitrants, professionnels de santé ou victimes avérées ou potentielles, de lire ces documents qui résument la problématique des statines. Il n’y a pas tout, évidemment ; mais il y a beaucoup et aussi des importantes listes de références !

Le fond du raisonnement est là, net et clair ; les autres ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. Ils ne pourront pas dire non plus que je suis SEUL ; nous sommes de plus en plus nombreux même s’il s’avère presque impossible de se faire entendre via les médias professionnels « ordinaires » et donc anglophones.

C’est l’inconvénient principal de cette « petite bibliographie » ; elle est en anglais !

Mais si vous ne lisez pas l’anglais, ne vous inquiétez pas, l’essentiel de ces articles scientifiques se trouve déjà dans mes livres écrits en français.

Le contenu de mon dernier concernant les effets toxiques des statines [L'Horrible Vérité...] est même en avance sur tout ce que vous pouvez trouver en anglais.

Je les aligne les uns après les autres ; ça vous occupera un moment ; ils se complètent ; ce sont des auteurs différents de culture et d’origine différentes ; ça vaut son pesant comme on disait autrefois.
http://www.wjgnet.com/1949-8462/full/v7/i7/404.htm

http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1586/17512433.2015.1011125

http://jcbmr.com/index.php/jcbmr/article/view/11

http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1586/17512433.2015.1012494

http://www.nybooks.com/articles/2009/01/15/drug-companies-doctorsa-story-of-corruption/

Et une fois que vous aurez fait ce petit travail, allez donc signer la pétition si vous ne l’avez pas encore fait !

Il suffit d’aller sur Google et taper : cholestérol puis pétition

Un petit geste pour une grande cause ; l’avenir proche vous montrera combien vous aurez été pré-voyant en nous accompagnant…

 

 

 

 

 

 

 

Rendez-vous du mois de Janvier 2016 dans ma région

 

Si vous avez envie de bavarder ; et à condition que vous apportiez un bon vin récréatif, on peut se retrouver :

- le 26 Janvier à la Bibliothèque Grand Pré de Meylan (c’est en France, près de la Mairie et du Collège des Buclos) à 20:00.

Sujet : La nouvelle diète méditerranéenne pour protéger sa santé ET la planète.

- le 28 Janvier à Die (au Sud de Grenoble) au Salon de l’Écologie au Quotidien à 17:00. Pas de panique. Certes, c’est plein d’écologistes vêtus de fourrures de bisons ; mais il y a une buvette où on devrait servir quelques breuvages revigorants. Attention : ébriété interdite ! Chez ces gens-là disait le grand Jacques, on boit modérément.

Sujet : La nouvelle diète méditerranéenne pour protéger sa santé ET la planète.

- le 30 Janvier à Claix (Sud de Grenoble) à la Mairie (je crois) vers 10:00 (attention c’est bien le matin, donc on est à jeun !). Je serai accompagné de Claude Aubert (un expert en agroécologie, un vrai ; ça ne rigole pas à Claix…) et ensemble nous parlerons des légumineuses ; les aspects nutritionnels et agricoles ; et ça c’est rigolo …

A bientôt

 

 

 

 

Dernières nouvelles (un peu tristes) avant de sauter dans l’année 2016 !

 

Au moment des vœux de fin d’année, on préfèrerait se congratuler autour du sapin…

Désolé, mais pour 2015-2016, ce ne sera pas le cas, et comme disent mes voisins savoyards, ça sent plutôt le sapin…

Trois mauvaises nouvelles, prenons-les du bon côté, un peu comme des confirmations de l’ampleur du désastre plutôt que comme des catastrophes inattendues.

1- des mauvais bruits courent sur le net (surtout US apparemment) concernant un effet adverse très malheureux chez des patients recevant un anti-PCSK9 [vous savez, les nouveaux anticholestérol injectables qui sont supposés faire la révolution contre les maladies cardiovasculaires...] : des anonymes font savoir que certains de ces patients-cobayes présenteraient ce qui ressemble à des abcès cérébraux ; maladies infectieuses rares et gravissimes… On ne sait pas combien de patients vraiment ; pas plus que nous n’avons une description réaliste des faits.

La rumeur est assez insistante toutefois (quoique non signée) pour que les industriels concernés, les Autorités sanitaires (US, la FDA), et des agences d’informations médicales prennent la peine de dire qu’ils ne sont pas « au courant » et que cette rumeur est donc infondée… Hum…

Cette sorte (très spécifique) de complication en réponse à ces médicaments (très spécifiques), ça ne s’invente pas… Désolé, c’est fort possible ; et que les bruits qui courent soient anonymes n’est pas étonnant car il pourrait s’agir d’une divulgation (interdite) d’un secret industriel… Ceux qui sont au courant veulent le faire savoir sans pour autant risquer trop gros. Compréhensible !

Connaissant (un peu) le mécanisme d’action de ces médicaments et le contenu infectieux des lipoprotéines, on peut effectivement s’attendre à ce type de complications.

Il est aussi « attendu » que les industriels temporisent [ peut-être ne serait-ce qu'un simple effet du hasard ? Effectivement !] et que la FDA fasse semblant de ne rien savoir car (effectivement) les industriels n’ont encore rien communiqué, temporisons… On peut toutefois espérer que la FDA ait entrepris une enquête de transparence et que ce soit ça que les acteurs anonymes de la rumeur espéraient. Pour éviter que cette complication ne soit « enterrée »…

On peut imaginer l’ambiance chez les industriels actuellement ; qui sont les traitres ? Comment empêcher les prochaines fuites ?

Leçon à retenir : encore aujourd’hui (en 2015-2016), le processus de recherche médicale reste secret ; et tant que le secret persistera, nous n’en croirons pas les résultats…

2- d’autres bruits, mais officielles cette fois-ci (mais pas si inattendus, vu la rumeur sus-décrite), annoncent que l’un des importants essais cliniques testant les anti-PCSK9 pourrait être arrêté prématurément ; et pas à cause de complications. Ah bon !

A cause de quoi alors ? L’explication donnée (soyons prudents, les agences de presse racontent souvent n’importe quoi, propagande !) est que le nombre total d’évènements cardiovasculaires indispensable pour tester l’hypothèse primaire [donc la somme des évènements survenus dans le groupe expérimental (recevant l'anti-PCSK9) et dans le groupe témoin] serait atteint beaucoup plus tôt (plusieurs années) avant la date calculée selon les meilleures prévisions des statisticiens qui ont élaboré l’hypothèse primaire.

Ah bon ! Plus d’évènements que prévu ? Bizarre ! En général, on en a moins (dans les deux groupes) surtout dans le groupe expérimental puisqu’il s’agit obligatoirement d’un médicament miraculeux…

Pas bon ça, en apparence.

Pourtant, les airs entonnés par les agences de presse sont déjà triomphalistes. Très suspect !

Leçon à retenir : encore aujourd’hui (en 2015-2016), le processus de recherche médicale reste secret ; et tant que le secret persistera, nous n’en croirons pas les résultats…

3- Une grande étude épidémiologique (la méthode de référence pour identifier les effets adverses d’un médicament) vient d’annoncer quelle est la survenue de l’insuffisance rénale [aiguë ou chronique, je simplifie] en réponse (supposée) aux statines après une durée d’exposition réaliste pour notre époque ; c’est-à-dire plus de 8 ans (le double de la durée d’un essai clinique).

Entre 30 et 50% d’augmentation du risque relatif. Je n’entre pas dans les détails mais comme je l’écris dans mon dernier livre sur « L’Horrible vérité », si vous prenez une statine depuis longtemps et que vous présentez une insuffisance rénale sans explication, maintenant vous saurez pourquoi…

Dernier point et non des moindres : l’insuffisance rénale est une maladie grave ; pourtant les experts (rémunérés) des statines ont répété (et certains perroquets savants répètent encore) que les statines n’entrainaient pas plus de complications qu’un placebo… Cherchez l’erreur !

Leçon à retenir : encore aujourd’hui (en 2015-2016), le processus de recherche médicale reste secret ; et tant que le secret persistera, nous n’en croirons pas les résultats…

 

 

 

 

 

 

Des rapports « négatifs » sur les statines seraient responsables d’une augmentation de la mortalité cardiovasculaire ?

Il n’est pas rare que les pires techniques de propagande soient mises à contribution dans les milieux socio-médicaux pour stimuler le marketing et le business d’une technique médicale ou d’un médicament particulier.

Il est toutefois de plus en plus rare, vu le scepticisme ambiant (en particulier chez les médecins américains) que l’on se permette de publier d’aussi belles pièces de corruption (au sens qu’on donne à des matières biologiques avariées) scientifique que l’article du European Heart Journal du 5 décembre 2015 intitulé « Negative statin-related new stories… ».

On peut trouver ci-dessous un lien vers un site anglophone (medscape) où on lira un commentaire et le pdf de l’article (tapez sur « references ») :

http://www.medscape.com/viewarticle/855657?nlid=93266_1985&src=wnl_edit_medp_card&uac=78143HG&spon=2&impID=918079&faf=1#vp_2

Si on n’est pas pressé d’aller visiter les égouts (comme l’écrit un commentateur américain probablement), on peut attendre une version française du commentaire via un site francophone entretenu par l’industrie pharmaceutique et peut-être un nouveau commentaire en français produit par une de nos sommités nationales dont on vérifiera d’abord les liens d’intérêt avec l’industrie du médicament ; je précise : avant d’entamer la lecture avec sérénité, vérifier les conflits d’intérêt. Il y a quelques fois des prêtes-noms, c’est-à-dire des pauvres bougres qui signent à la place du chef ; autrefois on disait « La voix de son maître »

Concernant l’influence des conflits d’intérêt sur diverses variables sanitaires, on conseillera la lecture d’un texte d’une sociologue du CNRS : Maxim, L. en 2012, « Comment les conflits d’intérêts peuvent influencer la recherche et l’expertise », Hermès, no 64, Paris, CNRS Éditions, p. 48-59, doi : 10.4267/2042/48381. Texte intégral

Un blog n’est pas le moyen de communication idéal pour analyser et critiquer des articles scientifiques. En principe, j’évite de le faire car il faut d’abord présenter l’article (ce qui prend de l’espace), et n’est pas forcément compréhensible pour mes charmants visiteurs…

Mais celui-ci mérite un peu mieux, avant d’être mis à la poubelle.

En deux mots, les auteurs prétendent que donner des nouvelles négatives sur l’utilité et la toxicité des statines [ils ne se posent pas la question de la véracité de ces informations], provoquent des arrêts de traitement (prématurés selon eux) qui eux-mêmes provoqueraient des infarctus et des décès cardiaques.

Cet argumentaire morbide est aujourd’hui la principale contre-attaque de l’industrie et de ses experts rémunérés pour « sauver les meubles » comme on dit chez les pompiers…

J’ai déjà répondu à ce type d’arguments frelatés et indignes de la médecine moderne dans mon dernier livre sur « L’Horrible vérité... ».

Je vais en remettre une petite couche ici en essayant de rester simple. J’ai dit « une petite couche » car je pourrais en mettre plusieurs et des grosses tellement la méthodologie utilisée par les investigateurs de cette étude danoise est naïve et, pour tout dire, irrecevable par des scientifiques moyennement compétents. Ne devrait même pas être publiée. Propagande donc !

Qu’il y ait une relation entre l’arrêt d’un traitement et la survenue d’une complication est une banalité en médecine et en épidémiologie. Que l’arrêt de ce traitement soit la cause, ou bien plutôt la conséquence, de cette complication (de celle-là ou d’une autre d’ailleurs) est le moment crucial de l’analyse.

Facile à comprendre ! Mais je vais donner un exemple.

Très difficile de répondre à cette question, en conséquence, sur la base de banques de données massives (Bigdata) comme dans l’étude danoise car l’information qui permet de réellement clarifier serait : quand et surtout pourquoi le traitement a été arrêté ? Tout est là !

Pour illustrer ce point, je vais rester dans mon domaine de prédilection, la cardiologie.

Et je vais donner un exemple très concret.

Soit Monsieur D qui a survécu à un infarctus. Il a bénéficié d’une désobstruction de son artère coronaire en urgence, avec mise en place d’un stent.  Il a fait heureusement un « petit » infarctus sans complication et il sort de l’hôpital 48 heures plus tard avec un traitement médicamenteux systématique : des antiplaquettaires pour empêcher que le stent se bouche (rien à dire) deux ou trois autres médicaments plus ou moins justifiés (je n’en discute pas ici) dont une statine évidemment ! Je ne discute pas d’autres aspects…

Tout va bien pendant quelques semaines et mois jusqu’au jour où le malheureux développe une pancréatite aigüe [un récent rapport finlandais nous dit que les statines augmentent de 30% le risque de pancréatite] ; que cette pancréatite soit due à la statine ou pas importe peu ici. C’est une maladie grave qui met souvent en jeu le pronostic vital…

Les urgentistes et les gastro-entérologues consultés vont en bonne logique stopper tous les traitements, y compris la statine et les antiplaquettaires ; de crainte (par exemple) que cette pancréatite ne deviennent hémorragique. Je ne discute pas ici s’ils ont raison ou pas ; en fonction du temps passé sous statine et de l’âge du stent et du patient. Toues les options sont discutables et défendables ; la médecine est un art…

Monsieur D survit à sa pancréatite ; mais quelques semaines plus tard il décède d’un infarctus massif dû à l’occlusion de son stent ; elle-même due selon toute probabilité à l’arrêt prématuré des antiplaquettaires.

Comme les cardiologues ne sont pas vraiment d’accord sur le moment idéal pour stopper (ou diminuer) les antiplaquettaires après la pose d’un stent, on ne peut rien reprocher aux gastro-entérologues…

C’est une triste histoire. Je ne donne pas d’autres détails ; évidemment j’ai simplifié. Je ne pense pas qu’on puisse reprocher quoique ce soit à qui que ce soit. Ce fut une mauvaise pioche pour Monsieur D. Fatalité !

Cela dit, sur leur banque de données cliniques quelques années plus tard, nos investigateurs danois vont retrouver [c'est un conditionnel car ce que je raconte ici ne s'est pas passé au Danemark] le décès et sa cause cardiaque et, en mettant en parallèle les prescriptions de statines (à partir d’une autre base de données), ils vont attribuer le décès à l’arrêt de la statine ; car ils n’ont pas identifier (ou essayer d’identifier) la raison de l’arrêt de la statine

Il est évidemment absurde d’attribuer cet infarctus et ce décès à l’arrêt de la statine.

Pas d’autres explications concernant la pitoyable médiocrité de l’étude danoise que certains  universitaires (également pitoyables) vont peut-être utiliser pour essayer d’empêcher la diffusion de « nouvelles négatives « sur les statines.

Et tout ça pour rappeler (une fois encore) qu’on peut faire dire n’importe quoi aux statistiques.

On peut aussi faire dire n’importe quoi à certains médias « rémunérés »… Pauvre de nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Est-ce que la principale Agence Sanitaire US (la FDA) s’est vendue à l’industrie ?

 

C’est la question posée par un sondage mis sur Internet par une énorme agence de diffusion publicitaire américaine dévouée au business de la santé et appelée MEDPAGE TODAY.

Le vrai titre est différent : Is the FDA in bed with industry ?

C’est là pour les curieux : http://www.medpagetoday.com/PublicHealthPolicy/FDAGeneral/55255?xid=nl_mpt_DHE_2015-12-16&eun=g362928d0r

La grossièreté de la question m’ayant horrifiée [et risquant d'horrifier d'autres esprits timorés que je ne nommerai point ici mais qui se reconnaitront...], j’ai donc changé le titre.

Vous noterez que pour souligner l’aspect prostitutif de cette question [prostitutif est de mon invention, wellbeck  appréciera...], j’ai traduit par « s’est vendue » et non « est vendue ».

Au moment où j’ai consulté le résultat des votes, 75% avaient voté OUI (YES plutôt) ; ce qui donne une idée de l’idée que les médecins américains ont de leurs institutions fédérales.

Il n’est pas impossible que, voyant ce résultat désolant, MEDPAGE TODAY s’arrange pour arranger un peu les choses. On va surveiller la tendance…

FDA signifie « Food and Drug Agency » ; cette agence est en charge de l’évaluation de la qualité et de l’utilité (ça c’est surtout pour les médicaments) des médicaments et aliments commercialisés aux USA. Inutile de dire qu’elle est importante pour le business.

Avec le temps (au bas mot 40 ans), j’ai constaté que cette agence a essentiellement pour buts (officieux) de stimuler toutes les formes de business et de limiter les dérives du système en donnant l’impression d’une grande sévérité. Trop de corruption tue le business, il faut réguler un peu mais pas trop pour ne pas décourager… Donc, la dérive fait partie du spectacle, on considère que c’est inéluctable et beaucoup de businessmen (and women) considèrent même que c’est UTILE car stimulant…

La question des statines en est un bon exemple. C’est totalement corrompu ; mais c’est un juteux business…

Et voilà !

Et les médecins américains, pour environ 75% d’entre eux à l’heure où j’écris ça, le savent pertinemment…

Mais ça continue ; car ils en profitent eux-mêmes…

 

 

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