Génériques, médecine et business

Nul n’ignore (ou ne doit ignorer) la polémique persistante autour des médicaments génériqués.

Polémique justifiée, à notre avis. Pourquoi ?

Ne serait-ce que pour l’effet placebo – systématique avec le médicament « normal » quel qu’il soit -  qui est perdu avec le générique chez le patient qui est dans le doute.

On ne devrait jamais exercer de pression sur les médecins pour les obliger à prescrire un générique.

Au-delà de ce phénomène placebo (d’une importance considérable en médecine), nul ne peut affirmer aujourd’hui sur une base scientifique sérieuse qu’il n’y a pas de différence entre le vrai médicament et un de ses génériques.

Ce serait un peu long à discuter ici.

Un exemple quand même.

Les excipients utilisés dans les génériques variés proposés chez le pharmacien sont généralement différents de celui utilisé dans le médicament original. Ça peut faire une différence significative, ça devrait être testé !

On ne saurait trop conseiller la lecture (rapide) d’une Tribune publiée dans le numéro du mercredi 16 Juillet du journal LE MONDE par un certain Docteur Crozatier.

Si l’argumentaire est léger, certaines informations délivrées dans cette Tribune ont une importance déterminante pour comprendre la problématique des génériques.

On résume : le lobby des génériques, le syndicat des Industries des génériques ou GEMME (pour « Génériques mêmes médicaments ») est présidé par le Président des Laboratoires BIOGARAN, un des plus gros des génériques et, ça n’est pas anecdotique, sous-marque du célèbre groupe Servier, ex-vendeur-promoteur du Médiator.

Nous sommes sur des terres connues, chacun l’aura compris.

Selon Crozatier (je laisse à chaque visiteur le soin de vérifier par lui-même), le GEMME s’opposerait à la demande gouvernementale de baisser les prix des génériques (souvent peu différents du médicament princeps) et, bien au contraire, demanderait (exigerait) que les médecins faibles prescripteurs de génériques soient pénalisés …

Chacun aura compris qu’il est temps que les médecins entrent en résistance, pour s’opposer à cette sorte de prédateurs, et aussi pour d’autres raisons, bien sûr …

Réveillez-moi, s’il-vous-plaît, de ce mauvais rêve !

Anticorps anticholestérol : la propagande bat son plein !

 

Si vous parlez anglais [désolé, les experts s'expriment en cette langue] et si vous avez encore des doutes concernant la façon dont le business prépare les esprits pour vous faire accepter de nouveaux médicaments anticholestérol [des anticorps injectables], voyez ce délicieux et même succulent document :

http://www.medscape.org/viewarticle/827118?src=wnl_cme_revw

Quand les experts deviennent fous !

Mais si drôles, pour qui ne se prend pas au jeu. Il faut retenir ces noms d’experts pour le jour où nous prendrons la Bastille !

Parmi eux, il y a même un « expert » français très célèbre pour avoir célébré pendant 30 ans les bienfaits d’un non moins célèbre médicament (le Lipanthyl*) longtemps et chaudement célébré pour avoir l’ineffable capacité de baisser le mauvais cholestérol et les triglycérides et d’augmenter le bon cholestérol sans avoir aucun effet démontré sur le risque cardiovasculaire.

Par contre, il semble (selon les résultats d’un célèbre essai chez les diabétiques) augmenter le risque de pancréatite, de thrombose veineuse et d’embolie pulmonaire … ce que notre célèbre « expert » n’a jamais pris le temps de … dénoncer et encore moins célébrer … Peuchère !

Les autres experts de ce panel sont également célèbres : l’un pour avoir été pendant 25 ans l’expert international numéro 1 du bon cholestérol [et seuls quelques niais peuvent encore croire à ces sornettes] ; et l’autre pour avoir été le principal investigateur de l’essai ENHANCE [je renvoie les visiteurs de ce blog qui ne comprennent pas ce que fut ENHANCE à mes livres sur le cholestérol] ce qui faillit bien l’envoyer en prison aux USA tant la manœuvre de falsification scientifique, concernant des patients avec Hyperlipidémie Familiale, était grossière et honteuse.

Voilà une bien étrange façon de recruter des experts …

J’ai l’impression que les protagonistes du marketing des médicaments anticholestérol injectables [et qui vendent aussi des vaccins à tout faire] choisissent bien mal leurs experts, cette farce pourrait bien mal tourner, la suite s’annonce passionnante …

 

 

 

Les relations entre les médecins et l’industrie sont-elles une menace pour la qualité des soins ?

Voilà une question très intéressante posée aux médecins sur un site Internet destiné aux professions médicales (site financé par l’industrie) aux USA.

Je vais donner la réponse du sondage tout de suite et au moment où je vote moi-même ce 24 Juin 2014 à 16:30.

Je fais court car la question est elle-même brève.

Elle mériterait toutes sortes de nuances ; et de sous-questions pour « sensibiliser » les réponses ou juger de la pertinence de cette sorte de question.

Inversement, comme les visiteurs du site (généralement très occupés) passent vite (et ne s’arrêtent en principe que sur les informations concernant leur spécialité ou une de leurs préoccupations du moment), ils répondent par oui ou par non de façon quasi réflexe, façon « cerveau reptilien » diraient des mauvaise langues.

C’est donc une information qui nous dit le « fond » de la pensée (végétative) de nos collègues américains, la majorité des consultants du site étant américains.

Au moment où je vote (quelques heures après que la question ait été « déposée » sur le site), il y a eu presque 1600 votants et 88% d’entre eux ont répondu OUI.

Interprétation : près de 90% des médecins américains pensent que l’industrie joue un rôle globalement néfaste (il faudrait nuancer évidemment) sur la pratique de la médecine et la qualité des soins chez eux.

Terrifiant !

GLUTEN News

La question du gluten, et du blé, et des céréales en général est brûlante, on commence enfin à avoir des données scientifiques de qualité ; et de plus en plus de médecins s’ouvrent à cette question.

L’époque du déni total est passé ; ce fut plus court que pour les statines mais de ce côté-là, les nouvelles sont bonnes aussi, un peu de patience encore …

Concernant le gluten et les céréales, on peut donc espérer que les brumes se dispersent et qu’enfin les patients atteints de ces perturbantes dysfonctions aperçoivent l’entrée d’un port pour s’abriter.

En bref, plusieurs types de pathologies (qui n’ont pas que des manifestations gastro-intestinales) se superposent pour donner un tableau clinique difficile à identifier pour ceux qui ne savent pas (ou n’ont pas le temps de) écouter les plaintes de leurs patients.

Je ne suis pas en train d’inventer ma petite histoire personnelle, je raconte l’état de l’art tel que je peux le percevoir dans la littérature médicale internationale. J’ai perdu l’habitude de lire en français, hélas, c’est généralement calamiteux !

Une fois qu’on a éliminé les pathologies dures (cancers, maladies coliques inflammatoires sévères, en faisant simple), et il faut l’avoir fait, le médecin a grosso modo plusieurs diagnostics possibles à analyser.

On appelle ça parfois des colopathies fonctionnelles, mais c’est un mauvais terme car on peut avoir des symptômes non digestifs ou non intestinaux et être un vrai cœliaque (voir ci-dessous). Je connais une patiente cœliaque qui n’avait que des migraines …

Attention, la symptomatologie clinique ne permet pas de faire un diagnostic différentiel sauf par des médecins très habitués et qui voient donc beaucoup de ce type de patients.

Je ne suis pas en train de faire un cours de médecine, j’explique aux patients potentiels comment ça peut se présenter : une fois qu’on a éliminé une maladie cœliaque typique (on a des IgA spécifiques dans le sang et une biopsie intestinale assez typique) et une allergie alimentaire (IgE dans le sang, pas de biopsie typique), il nous reste la sensibilité au gluten non cœliaque (NCGS, pour les anglophones), la sensibilité aux sucres qui fermentent (ou FODMAPS) et le très fameux syndrome dit du colon irritable.

La fréquence réelle de ces différents syndromes et surtout la façon dont ils peuvent s’entremêler (se superposer) chez un même patient restent obscures.

Ce qui est sûr c’est que la fréquence des vrais cœliaques a été multipliée par 10 environ en 30 ou 40 ans, ça dépend des pays [ça donne du 1% de la population dans nos pays, ce qui est considérable] ; et que les NCGS semblent être une nouvelle pathologie dont la fréquence reste à déterminer ; mais probablement supérieure à celle des vrais cœliaques.

Parmi les causes possibles, l’excès d’immunisation via les vaccinations systématiques et multiples ; la multiplication-dispersion de blés hybridés modernes [que notre système immunitaire ne connait pas ; d'où le conflit et les symptômes] et les toxiques environnementaux, à commencer par la diffusion du glyphosate [le Round-up de Monsanto] à grande échelle dans nos sociétés qui désherbent partout, on ne veut que du goudron et du gravier … Bon !

On fait quoi ?

On élimine le gluten de son alimentation [autrement dit toutes les céréales contenant du gluten et tous les aliments contenant des traces de céréales contenant du gluten].

Contrairement aux assertions de certains, ce n’est pas si difficiles, et pour ceux qui sont très symptomatiques, les résultats tiennent du miracle …

On a identifié la cause et le traitement.

Il suffit de quelques jours ou semaines pour en voir les effets si c’est vraiment ça la cause !

Il faut être strict au moins pendant quelques semaines pour que le test soit vraiment significatif ; sinon on perd son temps …

Si ça ne marche pas, il faut chercher autre chose ; mais à mon avis, ça vaut la peine d’essayer !

Bon vent matelots !

 

 

 

Prévention de la fibrillation auriculaire et de l’accident vasculaire cérébral (AVC) embolique

La fibrillation auriculaire (FA) est une arythmie cardiaque parfois très gênante ; mais surtout dangereuse car lorsque l’oreillette fibrille (et ne se contracte pas), des caillots peuvent se former sur ses parois et être ensuite expédiés dans la circulation [ça s’appelle une embolie] notamment lorsqu’elle se contracte à nouveau (cesse de fibriller) car la contraction décroche le caillot.

Cible de choix, le cerveau ; c’est un AVC ; et les dégâts sont proportionnels à la taille de l’artère bouchée, donc à la taille du caillot embolique.

Les sujets plus susceptibles de faire des caillots (de façon inappropriée) et/ou des troubles du rythme de l’oreillette sont les plus à risque, évidemment ; et dans nos sociétés prospères, la FA et l’AVC provoqué par la FA ont pris une allure épidémique.

A ce point du raisonnement, tous ceux qui nous lisent régulièrement ont compris qu’en adoptant un mode de vie protecteur, à la fois anti-arythmique (cardiaque) et anti-caillot, on diminue considérablement le risque de FA emboligène. Les données cliniques et épidémiologiques sont absolument claires !

Mais cette approche mode de vie préventive ne figure pas dans les logiciels de la médecine spécialisée, technologique, marchande et universitaire. Et cela pour une raison simple (qui ne disculpe personne, pas même les victimes), c’est que les médecins sont généralement appelés à la rescousse APRÈS la bataille, une fois que l’AVC a eu lieu ou une fois que la FA s’est manifestée.

Question : est-il trop tard à ce moment-là pour changer de mode de vie ?

La médecine moderne et technologique a donc développé toutes sortes de traitement visant à : 1) traiter la FA une fois qu’elle s’est manifestée [choc électrique (ou cardioversion), médicaments anti-FA et/ou traitements du site d’origine de l’arythmie (ablation dite endocavitaire)] ; 2) diminuer le risque de caillot emboligène avec des médicaments anticoagulants, les classiques (les antivitamines K) et les nouveaux qui prolifèrent, le marché est vaste (épidémique) et les profits potentiels considérables …

Ce type de médecine est évidemment indispensable et salvatrice, nous devons remercier les auteurs de ces progrès technologiques, sans réticence.

Mais, tous les visiteurs de ce site ont compris que la priorité des priorités est de tout faire pour ne jamais avoir à subir ce genre de traitements acrobatiques où le médecin et le patient jonglent [désolé, je décris la réalité des faits] entre des risques variés, notamment celui d’être trop anticoagulé (risque hémorragique) ou celui de ne l’être pas assez (risque persistant d’AVC).

Bon, restons optimistes !

En effet, des publications récentes et sérieuses nous amènent à penser que nous sommes à l’aube d’une nouvelle prise de conscience. Certains chercheurs viennent de découvrir que la FA [c’est quand même elle l’origine des ennuis] n’était pas une fatalité et qu’on pouvait s’en protéger et même en guérir. Il ne serait donc jamais trop tard !

Je parle ici des cas (la très grande majorité des patients qui présentent une FA) où on n’a pas identifié une cause évidente de FA, par exemple une pathologie des valves auriculo-ventriculaires, une pathologie de la glande thyroïde, et autres …

Il y a des causes moins évidentes. Nous avons déjà expliqué à maintes reprises que : 1) baisser son cholestérol avec une statine augmente le risque de FA, toutes choses étant égales par ailleurs ; 2) exposer son cœur à des efforts physiques trop intenses (fonction de l’âge) augmente le risque de FA ; 3) être déficitaire en oméga-3 augmente le risque de FA ; 4) boire trop d’alcool augmente le risque de FA ; 5) l’hypertension artérielle, l’obésité, le diabète augmentent le risque ; 6) diverses autres anomalies  (potassium, sodium, magnésium) peuvent augmenter le risque mais c’est moins bien documenté.

Mais une équipe australienne a récemment montré que chez des patients obèses ou en surpoids présentant une FA symptomatique (donc gênante), l’adoption d’un mode de vie protecteur visant à perdre du poids et à corriger des désordres métaboliques variés avait entrainé une importante amélioration des symptômes dus à la FA et des signes de déstructuration cardiaque possiblement à l’origine de la FA.

C’est dans le JAMA 2013;310:2050 par Abed HS et al.

 Ils ont aussi montré que chez des sujets obèses auxquels on avait déjà essayé une « ablation » de la FA par technique endocavitaire, l’adoption d’un mode de vie protecteur avait réduit de 5 fois le risque de récidive de FA.

Je ne vais pas rentrer dans les détails de ce qu’ils appellent eux un « mode de vie protecteur » ; ça se rapproche un peu de ce que nous proposons mais pas vraiment ; peu importe, ce que ces travaux montrent pour la première fois de façon scientifiquement acceptable c’est que la FA est grandement dépendante du mode de vie ; c’est une information cruciale !

URGENT donc de relire nos recommandations pour faire encore mieux que les australiens.

Il ne faut donc jamais renoncer, on peut toujours essayer de modifier le tissu cardiaque responsable de la FA et ainsi échapper à tous ces traitements dangereux qui empoisonnent la vie presque autant que la FA elle-même.

Les chercheurs australiens ont surtout insisté sur la perte de poids et la correction des syndromes métaboliques (insuline, glucose). Ils ont raison et ils ont obtenu des amaigrissements exceptionnels. Ils ont sélectionné des patients en surpoids important mais beaucoup de FA surviennent chez des sujets qui ne sont pas en surpoids. Ils ne répondent donc pas à toutes les questions, bien sûr.

J’insiste, ce qu’ils ont surtout montré c’est l’importance du mode de vie (pour la première fois) et la réversibilité de la FA, même quand elle a des apparences chroniques, sous l’effet de modifications du mode de vie.

Urgent d’entreprendre de nouvelles recherches non médicamenteuses chez les nombreux patients avec FA. Vite des sponsors !

LES STATINES FONT GROSSIR … BEAUCOUP ET VITE !

Nous savions que les statines augmentent le risque d’avoir un diabète, nous le disions dans notre 1er livre sur ce sujet en 2006.

Ce ne fut pourtant admis (après de lourdes hésitations) par les experts qu’en 2012 alors que ces médicaments sont commercialisés depuis les années 1990s.

Il aura fallu plus de 20 ans pour que l’évidence soit démasquée … presque par hasard.

Nous disons aussi depuis longtemps que les statines ne peuvent que faire grossir !

Pourquoi a-t-il été impossible de l’affirmer sans détour ou, inversement, le nier catégoriquement ?

Parce qu’aucun des essais (testant une statine) publiés à ce jour n’a rapporté les données concernant le poids des patients pendant et à la fin de l’essai.

Si vous détectez cette information quelque part, merci de me la communiquer.

Comment est-ce possible ?

Comment des éditeurs de journaux prestigieux et des experts (arbitres) relisant les rapports de ces essais ont-ils pu laisser passer un tel manque ?

Les investigateurs nous ont abreuvés de données inutiles mais n’ont rien dit sur l’évolution du poids !

S’ils n’ont rien dit, c’est qu’ils ne voulaient pas le dire, et s’ils ne voulaient pas, c’est que ça n’était pas bon pour le produit testé. Bien sûr, mon Cher Watson !

Et voilà qu’une grande étude américaine sur près de 28,000 adultes de plus de 20 ans d’âge suivis en moyenne sur 10 ans et comparant des personnes sous statines et d’autres sans statines nous annonce que les statines entrainent une prise de poids de 3 à 5 kilos en 5 ans environ. C’est dans JAMA Intern Med et publié le 24 Avril 2014 (online)

Ce sont des moyennes évidemment, ça ne dit rien sur le poids de départ, les doses de statine, la durée réelle du traitement ; bref, c’est à la fois fragile (quoique incontestable) mais peu précis ; laissant toutefois penser que chez certains (fortes doses, longue durée de traitement, prédisposition à l’embonpoint), l’effet des statines sur le poids peut être catastrophique.

Comme pour le diabète, tout avait été fait pour nous le cacher !

Et comme le diabète et le surpoids augmentent considérablement le risque de cancers, inéluctablement …

Et ils le cachent !

Mais les visiteurs de ce Blog le savent depuis longtemps !

Les investigateurs américains qui rapportent cet effet des statines sur le poids ont aussi analysé (grossièrement) les habitudes alimentaires de cette population (sous statine ou non) et constatent que lorsqu’un sujet américain se voit prescrire une statine, il mange plus et plus gras ; ils disent que les statines rendent “goinfres“ ou gloutons …

Peut-être !

Mais les statines sont toxiques pour les muscles, ce qui inéluctablement diminue l’activité physique des victimes, et rendent insulino-résistants ; et tout ça fait grossir !

Pour résumer, quel que soit le mécanisme toxique à l’œuvre, LES STATINES FONT GROSSIR … BEAUCOUP ET VITE !

Allons-nous enfin savoir ce qui s’est vraiment passé dans les 40 essais cliniques testant les effets des statines ?

S’il y avait autre chose que des complices dans les Institutions (ici et ailleurs) chargées de protéger les patients (et les médecins) des méfaits du marketing industriel et de leurs affidés rémunérés dans les plus prestigieux hôpitaux (ici et ailleurs), nous le saurions déjà !

Ça ne risque pas d’arriver !

Hélas !

PREVENTION DE L’ACCIDENT VASCULAIRE CEREBRAL

Différentes corporations professionnelles américaines (notamment les cardiologues et les neurologues) vont publier en Juillet 2014 (les initiés l’ont déjà en mains) une gros document résumant ce qu’il est bon de faire pour se protéger de l’accident vasculaire cérébral (AVC).

Précisions : cela concerne la prévention secondaire des AVC ischémiques (donc pas les AVC hémorragiques) ; et “secondaire“  signifie qu’on a déjà eu un AVC ou une alerte mineure.

Mais comme tout ce qui est bon pour la prévention des récidives est évidemment bon pour empêcher un premier AVC, ce document est fondamental.

Parmi les AVC ischémiques, il y a ceux qui en meurent et ceux qui restent gravement handicapés …

Aux USA, le nombre total d’AVC ischémiques avérés ou d’alertes mineures est d’environ un million par an. Le taux de récidive après un AVC ou une alerte d’environ 5% par an.

Tout ça pour dire que ça fait partie des pires calamités dans nos sociétés et que, contrairement aux traitements des crises cardiaques, des progrès décisifs tardent à voir le jour.

Il s’agit d’un énorme document détaillant les circonstances cliniques variables où un AVC ischémique survient dans nos sociétés ; impossible de résumer ici ; on y trouve de nombreuses informations importantes et intéressantes pour les médecins traitants, y compris des détails concernant des maladies rares ; on ne va pas s’en plaindre ; il n’y a pas d’équivalent en langue française ; qu’on me détrompe si je me trompe.

Concernant les recommandations, on y trouve le meilleur et le pire.

Pour le meilleur, c’est le conseil de privilégier la diète méditerranéenne, quand on donne des conseils diététiques, on n’y croit pas, il aura donc fallu 20 ans [1994 est en effet la date de notre premier rapport sur ce modèle alimentaire qui fit tant rire les notables de l’époque ; et encore leurs descendants d’aujourd’hui …].

Pour le pire, c’est la recommandation de prescrire des statines à fortes doses. Les justifications à ce traitement sont simplement ridicules (je pèse mes mots) puisque les auteurs de ce document énumèrent de façon claire toutes les bonnes raisons de ne pas le faire, sauf une : le seul essai ayant montré un minuscule effet favorable (l’essai SPARCL) n’est pas crédible statistiquement, j’en ai parlé dans mes livres, ce qui fait qu’il n’y a scientifiquement AUCUN argument justifiant la prescription de statines chez ces patients ; et pourtant …

Les médecins ne doivent pas prescrire ces médicaments chez les patients qui ont survécu à un AVC, le code de déontologie le leur interdit, c’est aussi simple que ça !

D’autant plus qu’en ce mois d’avril 2014, les investigateurs de la grande Étude de Rotterdam ont publié les résultats de 13 ans de suivi d’une large cohorte (près de 7000 personnes), parmi lesquelles plus de 1000 ont présenté un AVC, ischémique ou hémorragique, pendant l’étude. Une banque de données fantastique pour évaluer l’importance des facteurs de risque possibles d’AVC.

Que voit-on ?

Confirmation de ce que nous savons déjà : l’hypertension artérielle, le tabac, le diabète et la fibrillation auriculaire (quelle qu’en soit la cause) augmentent le risque d’AVC ischémique ou hémorragique. Le surpoids et le cholestérol ne semblent jouer aucun rôle. Le fait d’être déjà coronarien avéré ou l’épaisseur de la paroi des artères carotides, le fameux IMT, ne semblent pas importants.

Je ne vais pas discuter ici comment on peut analyser ces résultats en détails.

Mais il est évidemment important – c’est un minimum – de séparer les AVC ischémiques et les AVC hémorragiques qui ne répondent pas aux mêmes mécanismes et mêmes causes supposées.

Malheureusement, il est parfois difficile d’être certain qu’un AVC est vraiment ischémique ou vraiment hémorragique. A Rotterdam, ils ont été capables d’identifier avec certitude 600 AVC ischémiques et 100 AVC hémorragiques.

Ces nouvelles analyses confirment que l’hypertension et le tabac sont les deux facteurs de risque majeurs d’AVC ischémiques et hémorragiques ; donc le mode de vie, tout le monde a compris …

On notera surtout que le cholestérol [y compris le supposé “mauvais” LDL] n’est pas associé à une augmentation du risque d’AVC ischémique ; mais qu’il est inversement associé au risque d’AVC hémorragique ; vous avez bien lu INVERSEMENT !

Dit autrement, plus le cholestérol est bas et plus le risque d’AVC hémorragique augmente !

Pour ceux qui avaient le cholestérol le plus haut, le risque d’AVC hémorragique était 70% inférieur par rapport à ceux qui avaient le cholestérol le plus bas.

Dernière précision, ce cholestérol abaissé avait une cause naturelle ou était un effet thérapeutique, l’effet d’une statine évidemment.

Cet effet des statines sur le risque d’AVC hémorragique a été observé dans d’autres études et essais cliniques ; c’est donc une confirmation et ceux qui nous lisent le savent déjà et ne sont pas surpris …

CONCLUSION : dans une perspective de prévention des AVC ischémiques et hémorragiques, il ne ne faut pas diminuer le cholestérol !

Si vous connaissez quelqu’un qui prétend le contraire sur une base scientifique, envoyez-le moi !

Adresse aux médecins de France à propos du cholestérol, de l’hypertension et des médicaments qui les abaissent

Un vent de folie souffle sur le monde de la cardiologie, des lipides et de l’hypertension artérielle. Le feu au lac !

Que se passe-t-il ?

De nouvelles recommandations pour la prévention des maladies cardiovasculaires viennent (décembre 2013) d’être publiées par les grandes corporations Nord-américaines de cardiologie. Elles contredisent les anciennes.

Le “traitement“ des maladies (réelles ou inventées) liées au cholestérol et à l’hypertension artérielle (HTA, pour simplifier encore) représentent un coût astronomique pour la santé publique (3 ou 4 milliards par an en France) et une source de profits non moins considérables pour l’industrie du médicament. Bref, les enjeux économiques sont monstrueux et on a vu des gens s’entretuer pour bien moins que ça.

D’abord le cholestérol. Jusqu’à récemment, il était assez bien établi (!!) que pour protéger son patient il fallait, de gré ou de force, abaisser son cholestérol jusqu’à des niveaux – ou des cibles dans le jargon – précis. Les plus puissantes statines (le Crestor* par exemple) devaient être prescrites à doses optimales pour atteindre les cibles, et étaient éventuellement associées à d’autres médicaments anti-cholestérol (Ezetrol*, par exemple) pour atteindre la cible bien que l’utilité clinique (réduction du risque cardiovasculaire) du Crestor* et de l’Ezetrol* n’ait jamais été démontrée.

Et voilà qu’en ce beau mois de décembre 2013, des nouveaux experts disent qu’atteindre des cibles de cholestérol n’est plus le dogme ; mais qu’il faut prescrire les statines en fonction d’un risque global calculé à l’aide de subtiles équations.

Avant on prescrivait des statines pour diminuer un cholestérol qu’on prétendait pathologique et maintenant on doit prescrire les mêmes médicaments anticholestérol mais sans rapport avec le cholestérol : à titre d’exemple, vous êtes un homme, vous avez 65 ans et vous fumez, vous devez absolument prendre une statine sur la base de votre risque (calculé) d’infarctus dans les 10 années qui viennent. Sur le plan économique, c’est une superbe trouvaille car des dizaines de millions d’américains (et des millions de français) devraient se voir prescrire une statine si les médecins appliquaient ces nouvelles recommandations.

Les anciens experts, très offensés, demandent des explications aux nouveaux experts très sûrs d’eux. La définition des anciennes cibles ne reposait pas, selon les nouveaux, sur des bases scientifiques solides. Ceux qui nous ont lu le savaient déjà ! Mais les experts anciens et offensés (d’ailleurs et d’ici) découvrent stupéfaits cette évidence. Mais alors, rétorquent-ils, quelles sont les preuves scientifiques qui servent de base aux nouvelles recommandations ?

Très bonne question !

Mais de preuves, ils n’en ont pas plus pour les nouvelles que pour les anciennes, disent-ils. Ils ont toutefois fait des calculs et se sont mis d’accord … entre eux !

Évidemment les anciens, toujours très offensés mais toutefois très courtois “comme il plait aux âmes bien nées”, ne sont pas d’accord … Cacophonie !

Pour ceux qui savent vivre avec les yeux ouverts, il est clair qu’au-delà de quelques querelles d’Ego, ces disputes cachent des intérêts commerciaux considérables qu’on peut résumer en une formule : comment récupérer le fabuleux magot des statines qui d’ici peu seront toutes génériquées ?

Chers confrères, si vous respectez le code de déontologie, c’est-à-dire si vous pratiquez une médecine qui s’aligne sur les données scientifiques existantes [et donc offrez à vos patients le meilleur de la médecine contemporaine], vous ne pouvez pas faire confiance à ces gens-là, d’ailleurs ou d’ici !

Maintenant, et plus vite,  l’HTA. De façon très surprenante, la tendance est inverse : les nouvelles recommandations conduisent à ne plus traiter avec des médicaments antihypertenseurs des millions de gens.

Autrement dit, de nouveaux experts ont décidé de nouvelles normes pour la pression artérielle. Un coup de baguette magique : hier vous étiez malade et nécessitiez un (ou deux, voire trois) médicament(s), aujourd’hui vous êtes guéri sans médicament !

Si ça n’était tragique pour des millions de gens qui se sont consciencieusement intoxiqués avec des médicaments pendant des décennies, ce serait amusant car ce bouleversement thérapeutique ne repose que sur un changement de chiffres sans aucune signification clinique.

Selon la nouvelle Bible, les gens de 60 ans et plus ne doivent être traités que si leur pression artérielle atteint 15 et non plus 14 (comme auparavant) qui sont les nouvelles et anciennes cibles à respecter.

Beaucoup de bruit pour rien, 14 ou 15 ?

Si on regarde les relations statistiques entre les chiffres de pression artérielle et le risque de complications cardiovasculaires, ou mieux avec l’espérance de vie, on voit immédiatement en tenant compte des variabilités (des possibilités d’erreur) des chiffres, qu’il est absurde cliniquement de faire la différence entre 14 et 15 !

Pourquoi ces nouvelles recommandations ?

Des millions de patients devraient abandonner leur traitement médicamenteux antihypertenseur, perte nette pour le business de l’HTA. A qui profite le crime ?

Les anciens experts, très offensés, ne sont pas d’accord évidemment : avoir prêché pendant des décennies un évangile et se voir du jour au lendemain traités d’apostat est dur à avaler !

Ils annoncent une catastrophe sanitaire, des millions d’infarctus et d’accidents cérébraux si par malheur les prescripteurs changeaient leurs habitudes et respectaient ces nouvelles  recommandations. Vraiment ?

Nous n’avons pas de réponse ; mais un commentaire : tout ce charivari est infantile et ne repose pas sur de la bonne science …

Pourtant, en mon nom personnel, je vais vous donner mon opinion : il devient de plus en plus visible que les personnes traitées pour une supposée HTA succombent plus souvent de chutes (dues à des pressions trop basses ou à des hypoglycémies, les deux provoquées par les médicaments) qu’à des accidents cardiovasculaires avérés … sans parler des cancers que nos experts n’osent pas encore attribuer à leurs médicaments antihypertenseurs, malgré des données convergentes …

Certains barbares d’ici et d’ailleurs commencent à le dire à voix haute ; il vaut mieux  réduire la voilure, des grains violents s’approchent, il devient difficile de garder le même cap, en plus !

Leçon du jour : on ne doit écouter que des vrais experts libres et indépendants de tout lien d’intérêt avec l’industrie du médicament.

Page 1 sur 271234510Plus anciens »