Cholestérol et statines: Ils pètent les plombs les Helvètes !

Au secours, Guillaume Tell, ils sont devenus fous !

Même nos cousins Helvètes ne savent plus où ils habitent !

Suite au passage du film d’Anne Georget ["Cholestérol, le grand bluff"] ce lundi 26 Septembre sur la radio télévision Suisse, on se questionne outre Jura…

On peut aller voir ça, c’est amusant : http://www.rts.ch/info/sciences-tech/8044639-cholesterol-la-controverse-ou-chacun-defend-son-bout-de-gras.html

Le film passera sur ARTE en Octobre, un peu de patience !

J’apparais sur le film plusieurs fois, et notamment pour expliquer de quoi est faite une plaque d’athérosclérose ; j’explique notamment que les quantités de cholestérol y sont infinitésimales ; par opposition aux dépôts de calcium qui peuvent être importants ; ces dépôts calciques dans les artères sont :

1- prédictifs du risque de complications cardiovasculaires ;

2- augmentés par la prise de statines. CQFD disaient les intellos, autrefois, quand cet espèce en voie de disparition  s’exprimait encore un peu, parfois…

C’est moi (sur la photo ci-dessus) que j’explique  (oups !) tout ça gentiment ; et la réaction très scientifique des autorités (médicales) locales, c’est ça :

Sympas ! Dialogue utile entre gens bien élevés, donc…

D’autres, certes, sont plus modérés ; et l’ambiance générale semble être qu’il soit urgent de se questionner… Grand progrès chez les Helvètes !

C’est déjà beaucoup. La conclusion de la journaliste, citant le grand professeur genevois, est intéressante :

Deux informations importantes dans ce court extrait :

1- les patients du professeur sont des « vilains » ; ils n’ont pas confiance en lui ; ils ont raison, à mon humble avis, puisque…

2- … selon lui (ci-dessus), « les statines ne font de mal à personne »

Là, il risque, le subtile professeur, quelques réactions violentes de quelques victimes !

La suite au prochain numéro. On ne va pas s’ennuyer !

 

 

 

 

 

 

Début de guerre civile au Royaume-Uni à cause des statines

 

Les britanniques sont des gens raisonnables et pragmatiques, dit-on.

Aurait-on tort ?

Je ne parle pas du Brexit ; mais des statines ; vous savez, ces médicaments qui sauvent des vies et n’ont aucun effet secondaire digne d’être « retenu » par des médecins intelligents…

Nos amis britanniques semblent vouloir s’entretuer à la suite de la publication dans le Lancet [la revue internationale et très "british" qui dit tout ce que l'industrie aime entendre sauf ce qu'elle ne veut pas entendre dire...].

J’en ai parlé dans un billet précédent de cette revue de 30 pages et tous les imbéciles de service s’en sont emparés comme d’une nouvelle Bible qui enfin disait toute la vérité…

Ça a rendu fou furieux les éditeurs du British Medical Journal [BMJ pour les intimes], une revue aussi très British mais indépendante [plutôt plus que moins] de l’industrie ; on les comprend : les thèses « réchauffées » et les auteurs du Lancet sont à la fois très arrogants [c'est nous qu'on dit vrai, les autres sont des incapables ce qui inclut nombre d'auteurs et les éditeurs du BMJ] et fort suspects…

Je renvoie les visiteurs de ce Blog à mes ouvrages pour « visualiser » soit en anglais pour les aspects scientifiques ; soit en français pour une interprétation « rigide » des faits connus !

Quel spectacle !

Partout où on peut s’exprimer, y compris sur les ondes de la très glorieuse et respectable BBC, les deux camps s’étripent…

La controverse sur les statines n’a donc pas fini de provoquer des tempêtes médiatiques… inaudibles chez nous jusqu’au prochain épisode… que j’entends venir…

Mon point de vue de chercheur et médecin un peu psychorigide, c’est que tout cela frise étrangement le ridicule !

Les anglais sont-ils devenus fous ?

Il suffirait, ce que demande d’ailleurs les éditeurs du BMJ, de réunir un Comité d’experts, des vrais experts vraiment indépendants évidemment, pas des porte-manteaux de l’industrie des statines, et le point serait vite fait : que savons-nous ? qu’ignorons-nous ?

Bon, faut pas rêver !

Cela dit, chacun peut contribuer en signant (et en faisant signer) la pétition ci-dessous : http://petition.ipsn.eu/petition-danger-statines-cholesterol/index.php

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rendez-vous les 1er et 2 Octobre au Congrès de l’IPSN à Paris

Ça se passe au Parc Floral à Vincennes.

Informations ici : http://www.ipsn.eu/actualites/cisn2016/

Nous nous y retrouverons, avec aussi nos amis de l’AIMSIB :

http://aimsib.org/presentation-de-laimsib/

On parlera de beaucoup de choses, le programme est vaste, et j’en profiterai pour donner les dernières nouvelles du front des statines ; ça bouge ; ça s’agite ; c’est assez drôle et ça confirme ce que nous disons en général depuis plus de 10 ans ; il faut se préparer à de nouvelles batailles ; aux armes citoyens !

 

 

 

 

Vive agitation dans le monde des statines … qu’ils doivent désormais défendre…

 

C’est le monde à l’envers en ce mois de Septembre 2016 !

Les défenseurs (parfois fanatisés) des statines doivent maintenant défendre ces médicaments plutôt que de simplement et sereinement décrire leurs effets : avons-nous besoin de grands discours pour justifier la pénicilline ?

Pas moins de 30 pages dans la dernière livraison de la revue médicale anglaise le Lancet pour affirmer encore que les statines sauvent des vies et que leur toxicité est très faible.

Serait-ce que certains douteraient ; et qu’il faille un tel armada pour convaincre les sceptiques ?

Certes le Lancet est une sorte d’organe « officieux » de l’industrie pharmaceutique, comme on disait du temps de la « guerre froide » ; et il faut prendre ce qu’on y lit avec beaucoup de prudence…

Et ne pas avoir l’illusion que le le Lancet pourrait proposer 30 pages à quiconque présenterait un argumentaire plus équilibré ou contradictoire ; dans le petit monde des statines, on ne parle que d’une voix… L’exact opposé de la démarche scientifique !

Et cette voix est celle de notre ami Sir Rory Collins dont nous avions un peu parlé en Mars 2015 [relisez le billet publié sur ce blog à cette époque, s'il-vous-plait ; c'est facile à retrouver] lorsqu’il confessa ses odieux mensonges à propos des statines. Le revoilà, notre Rory, frais et dispos comme si de rien n’était ; nous savons que c’est la spécialité des faux « spécialistes » de notre triste époque et dans toutes les disciplines : avoir généralement tort mais toujours renaître nouveau « expert et spécialiste »…

Pour plus d’information sur notre ami Sir Rory Collins, je renvoie les visiteurs de ce blog au 1er chapitre de mon livre L’horrible vérité sur les médicaments anticholestérol.

Impossible d’enterrer Sir Rory qui nous revient donc en Septembre 2016 pour ressasser ce qu’il a déjà écrit tant de fois ; seuls les naïfs et les incultes pourront découvrir quelque chose d’original dans ces 30 pages péremptoires ; sauf un rapide détour vers la dernière étude publiée sur les statines et appelée HOPE 3.

Je la cite car en Avril 2016, j’avais écrit un billet pour expliquer pourquoi l’étude HOPE 3 (testant la rosuvastatine contre un placebo) est  risible. Le titre du billet : Rosuvastatine (Crestor*) dans HOPE 3. Je vous laisse le relire tranquillement.

Que Sir Rory puisse s’inspirer de cette étude pour vanter les statines laisse penser que : soit il n’a pas vu les biais majeurs dont elle est coupable ; soit (plus probable) il est commissionné pour en dire du bien… Pas de commentaire supplémentaire !

Les auteurs (pas seulement Sir Rory, leur leader) de ce dithyrambique article de 30 pages [visant à nous expliquer - c'est un comble quand même - comment nous devrions (ou aurions dû) interpréter les données dites scientifiques qu'ils ont eux-mêmes produites au cours des 20 dernières années] ont TOUS un autre problème de crédibilité : ils sont liés de façon étroite, voire intime, avec l’industrie des statines.

Dit autrement, pour nous scientifiques, médecins et patients, ces auteurs sont les dernières personnes que nous devons écouter pour essayer d’éclairer la question des statines.

Seuls des vrais experts vraiment indépendants sont habilités à aider d’autres à « interpréter », c’est-à-dire à comprendre au-delà de ce que les faits disent par eux-mêmes, ce qui en principe devrait suffire.

Dit encore autrement, « interpréter », nous savons faire, merci, et peut-être mieux que ces experts rémunérés.

Comme les billets d’un blog doivent être brefs, je vais m’interrompre ici ; en finissant par une dernière petite remarque : Sir Rory et ses amis se moquent de ceux qui soupçonnent (très fortement) les statines de provoquer ou favoriser les cancers. Son argumentaire est simple : dans les essais cliniques qu’ils ont conduit, et dont la durée variait en moyenne de 3 à 5 ans, ils n’ont pas mis en évidence de franches augmentations des cancers dans les groupes sous statine…

J’encourage les visiteurs de ce blog à lire en urgence le chapitre que j’ai consacré aux cancers dans mon livre sur les médicaments anticholestérol [L'horrible vérité sur...] ; ils pourront mesurer l’inénarrable naïveté (ou bêtise) de Sir Rory et ses collègues.

Vite, les cancers sont des maladies pénibles ; et les éviter pourrait vous sauver la vie !

 

 

 

 

 

Le cholestérol des enfants, objet d’une nouvelle controverse…

Il ne leur suffisait pas de « harceler » nos vieux et très vieux.

Ils ne peuvent même pas laisser les « petits » tranquilles !

Cela dit, comme désormais plus rien de ce qu’ils disent n’est crédible, à chaque fois qu’ils disent quelque chose, il y a une voix (ou plusieurs) pour dire que ce qui est dit ne devrait pas être dit ; et être fait encore moins.

Quel est l’objet de ce nouveau grief interdisciplinaire ?

Je l’expose sous forme de question : faut-il mesurer le cholestérol des enfants, des adolescents et celui des moins de 35-40 ans ?

Pourquoi se poser la question ?

Parce que, en toute logique, si on le mesure, c’est pour ensuite agir !

Pour quoi faire ?

Pour faire baisser le cholestérol évidemment, sinon pourquoi le mesurer.

Comment le faire baisser ? Avec des médicaments bien sûr !

Pourquoi ? Parce que, selon ces grands théoriciens, le cholestérol élevé des enfants a une origine essentiellement génétique (transmission familiale) et que dans ces cas-là, seuls les médicaments sont efficaces. Et efficaces, il faut l’être ; au vu le l’ampleur du risque encouru, selon ces mêmes grands théoriciens…

Problème : qui peut dire quel est un cholestérol normal ou bas chez ces populations jeunes ?

On a définit, historiquement, un cholestérol trop haut chez les adultes d’âge moyen ou âgés en corrélant les niveaux de cholestérol avec le risque de maladies cardiovasculaires.

Outre que dans ces populations âgées « à risque », on nous a effrontément menti sur le niveau de risque associé à chaque niveau de cholestérol, il est clair que nous n’avons aujourd’hui aucune étude sérieuse montrant une corrélation entre le cholestérol mesuré chez l’enfant et son risque ultérieur, 10 ans, 20 ans ou 50 ans plus tard…

Ce que nous avons encore moins ce sont des études montrant qu’en diminuant le cholestérol supposé trop élevé de certains enfants, on diminue leur risque ultérieur ; qui nous est d’ailleurs inconnu…

On voit tout de suite que la bataille risque de durer ; car la faiblesse des combattants et leur manque de munitions sont affligeants !

Conseil d’ami : laissez causer et passez votre chemin…

Je vois une exception : l’Hyperlipoprotéinémie Familiale (HF) de type homozygote dont la fréquence est estimée (grossière estimation certes) à une naissance pour 1,000,000.

J’en parle assez longuement dans mes livres mais le résumé le plus simple est dans « L’Horrible vérité sur les médicaments anticholestérol » ; vous y trouverez un exposé objectif de la problématique ; j’en reste là ici.

Question : faut-il mesurer le cholestérol d’un million d’enfants pour identifier (et traiter par plasmaphérèse) un cas d’HF homozygote ?

Quand aux HF hétérozygotes, faute de documents solides, on appliquera les règles hippocratiques habituelles : 1) surtout ne pas nuire ; 2) dans le doute, abstiens-toi !

Bons vents à tous les matelots estivaux !

 

 

 

 

Astucieux calculs à propos des effets de l’arrêt des statines : effet boomerang typique !

Que nous sert-on en ce mois de juillet 2016 sous le titre « Impact d’un évènement médiatique public sur l’utilisation des statines dans la population française » ?

C’est publié dans un médiocre journal (Archives of Cardiovascular Disease) que personne ne lit ; sauf quelques journalistes encore plus médiocres et sans doute alertés par les auteurs afin d’en faire la promotion ; citons un Vincent Richeux [pour une Agence de Presse Médicale]  et un Damien Mascret pour le Figaro, connus (le journaliste et le journal) pour leurs positions très « indépendantes et super-expertes » sur la question des statines. On ne rit pas, c’est du sérieux ; prenons 5 minutes ; plus, ce serait perdre son temps…

Ce titre ne dit pas le vrai message que veulent transmettre les auteurs de cette analyse et que les médias complices (suscités) vont, eux, diffuser avec force : l’arrêt des statines en France suite au livre de Philippe Even publié en Janvier 2013 aurait provoqué une dizaine de milliers de décès.

Ils veulent affoler la population ; et ainsi dissuader tout individu qui s’est vu prescrire une statine de stopper son traitement.

En fait, c’est curieux mais c’est ainsi, leur analyse montre exactement le contraire de ce qu’ils veulent prétendre.

Je ne vais pas reprendre leur calamiteuse analyse évidemment mais retenir simplement que si leurs calculs étaient exacts, il y aurait eu environ 10,000 décès supplémentaires (dus à l’arrêt des statines) entre février 2013 et octobre 2013 en France. C’est eux qui le disent, ou le laissent déduire sur la base leurs calculs et observations.

Les statines ayant avant tout (et en théorie) un effet sur le risque cardiovasculaire, cette surmortalité cardiovasculaire aurait dû être identifiée par les unités de cardiologie. En effet, les statines n’ayant pas d’effet sur les arythmies malignes fatales et pas non plus sur la mortalité due à l’insuffisance cardiaque, cette catastrophique surmortalité cardiovasculaire n’aurait pu être due (si elle était survenue) qu’à des infarctus et des AVC mortels

Sachant comment la moindre oscillation de la mortalité mensuelle sur les routes (pour un total annuel d’environ 2500) est rapidement identifiée et commentée par les Autorités sanitaires, il est clair qu’une augmentation de 10,000 décès en moins d’une année aurait été assez immédiatement identifiée sinon par les Autorités sanitaires – surtout après un délai de 3 ans, nous sommes quand même en Juillet 2016 ; ça donne du temps pour s’adapter – au moins par les Pompes Funèbres…

On peut suggérer (sans grand risque de se tromper) que ces 10,000 décès supplémentaires n’ont pas été détectés ; et ne sont probablement pas survenus… laissant penser que l’ensemble de cette analyse est probablement erronée.

D’où peut venir l’erreur ?

Quoique nous ayons une confiance limitée dans ces valeureux investigateurs (voir plus bas la liste des conflits d’intérêt), nous pouvons admettre que leurs chiffres concernant les arrêts des statines pendant ces 9 mois de suivi sont à peu près exacts. Ce sont donc probablement les chiffres de mortalité qui sont erronés.

Effectivement, nous avons hélas sous les yeux un festival d’idioties (je pèse mes mots) et d’inculture médicale et scientifique. Je vais prendre un ou deux exemples comme illustrations.

Comment nos amis définissent l’arrêt de la prise de statines ? Par un défaut d’exposition à une statine – qu’ils expriment par un manque de possession d’une statine par le patient selon leur base de données – d’au moins deux mois ; mais sans préciser si ce défaut d’exposition observé au cours des 9 mois de suivi est survenu lors du premier mois (en février 2013) ou lors de la dernière période du suivi (entre septembre et octobre 2013) ; et donc sans préciser si le défaut d’exposition a duré 9 mois ou 2 mois. Cet aspect est important quand on veut corréler ce défaut d’exposition – qui, selon ces brillants auteurs et leurs interprètes médiatiques, serait un défaut de protection – avec un évènement clinique aussi important qu’un décès.

Est-il raisonnable de penser qu’avec un défaut d’exposition (ou de protection) de 2 à 9 mois on puisse enregistrer un effet sur la mortalité ?

Examinons la courbe des effets d’une statine – extraite de l’étude LIPID publiée en 1998, présentée comme référence princeps par les auteurs eux-mêmes – sur la mortalité.