CADEAU DE NOEL DE LA PART DE L’AMIRAUTE

 

Anecdote : lors d’un récent interview pour une chaîne de TV française où j’expliquais les turpitudes des sciences médicales contemporaines, nous avons été interrompus par un spectateur (présent par inadvertance) qui s’étonnât que je puisse dire de telles choses avec le sourire…

Ma seule (et mauvaise) réponse fut de lui dire que j’essayais de rester dans la « pensée positive » plutôt que d’aller me faire harakiri devant quelques palais républicains…

D’autres le firent, mais j’agis non par devoir mais car j’aime le vie…

Je veux m’excuser.

D’autre part, si certains, par mauvais hasard ou peut-être comme pensionné de la gendarmerie, n’avaient pas apprécié l’air des brigadiers du précédent billet, voici pour se rattraper de quoi satisfaire tout le monde pour les fêtes, ceux qui aiment les beaux airs comme ceux qui aiment les belles femmes chantant en duo…

https://www.youtube.com/watch?v=Hdc2zNgJIpY

A partir de là (pas de sexisme), l’Amirauté ouvre un concours : qui pourvoira ce blog avec un duo de « beaux hommes » chantant un bel air ?

Chacun a une idée de ce que sera la récompense de la gagnante !

Ce billet aura pour « mots-clés » : « prévention » et « vie sexuelle » ; écoutez-les chanter et vous comprendrez pourquoi…

 

 

CHOLESTEROL ET STATINES : DELIQUESCENCE DES ELITES

 

Le spectacle de nos élites expertes en cholestérol et statines en cet automne 2014 – très bruyantes aux USA, très discrètes chez nous – vaut la peine d’être un peu commenté, histoire de se distraire entre deux pastis, à moins que vous ne soyez plus whisky ces jours-ci par temps gris…

C’est à propos d’une étude [dite IMPROVE-IT] dont les résultats sont beaucoup commentés dans les médias professionnels ; mais peu dans ceux destinés au grand public. Tant mieux ; mieux vaut rien dire que débiter des c…

Préambule : fin 2013, des amis des statines, soutenus par les grandes Agences du médicament américaines (je simplifie) annoncent que désormais ce qu’il importe ce n’est pas de diminuer le cholestérol, mais de se prendre sa statine, peu importe laquelle mais à bonnes doses ; j’ai déjà raconté ça dans des billets précédents, faciles à trouver.

Peu importe le cholestérol de départ (élevé ou non) et le cholestérol sous traitement, vous devez prendre votre statine !

Et ils ajoutent que les données scientifiques justifiant d’avoir des cibles de cholestérol à atteindre n’étaient pas solides ; bon !

Ils se basent pour décider des doses de statines sur un calcul du risque cardiovasculaire ; plus le risque calculé est élevé et plus… Bon !

Les amis du cholestérol-le-plus-bas possible, fort mécontents qu’on expédie de façon si cavalière 50 années de leur dogmatisme, réagissent : les scores utilisés pour calculer le risque de pathologie cardiovasculaire ne reposent sur aucune base scientifique solide.

Bien peu de science respectable dans les deux camps, à les entendre les uns et les autres ; et donc, comme diraient les commères de Shakespeare, beaucoup de bruit pour rien ; sauf que des dizaines de millions de pauvres gens se voient prescrire des médicaments toxiques sans aucune garantie (scientifique) qu’ils en tirent un quelconque bénéfice ; et tout ça avec la complicité de bureaucrates de toute obédience dont la principale caractéristique semble le partage d’une totale incompréhension de ce que devrait être un peu de science médicale ; ne serait-ce que pour respecter une éthique médicale basique [avant tout ne pas nuire !] ou simplement le code de santé publique. Bon !

D’où notre titre à propos de “déliquescence” et des “élites” car il n’y a pas une voix [mais peut-être suis-je dur d'oreille ?] pour leur dire de la jouer un ton plus bas, pour dire les choses très poliment.

Ce ne pourrait être qu’un ridicule duel opposant des analphabètes à des illettrés si ça ne cachait une toute autre question : est-ce prendre une statine qui est l’important ou est-ce abaisser son cholestérol le plus bas possible (notion de cible) ? Comme la statine abaisse le cholestérol, on pourrait penser que cette question est secondaire.

L’est-elle vraiment ?

Elle ne l’est évidemment pas si vous souhaitez commercialiser dans les plus brefs délais des nouveaux traitements anticholestérol qui ne sont pas des statines !

Si vous êtes un ami des statines, tout nouveau médicament susceptible de remplacer (ou compléter) les statines doit faire la preuve de son efficacité clinique (moins d’infarctus, d’AVC et surtout de décès cardiaque) par rapport aux statines. Cela nécessite des études supplémentaires, donc du temps et de l’argent. Nul besoin de faire un dessin : si vous avez un nouveau traitement anticholestérol à commercialiser, vous n’êtes pas dans le camp des amis des statines.

Par contre, si vous êtes un des amis du cholestérol-le-plus-bas possible, il suffit de démontrer que votre nouveau traitement lui-aussi diminue le cholestérol et vous pouvez espérer faire prévaloir cette simple propriété biologique pour obtenir sa mise sur le marché sans avoir à démontrer qu’il diminue le risque cardiovasculaire ; donc une importante économie de temps : environ 10 ans ; avec en perspective des profits avoisinant au minimum 10 milliards d’Euros par an.

Et tout ça même si de nombreux traitements (ou régimes) anticholestérol n’ont jamais fait la preuve d’une efficacité clinique, et ce malgré des études habilement biaisées pour essayer de le faire croire.

On comprend immédiatement que les enjeux commerciaux sont  considérables si de nouveaux traitements anticholestérol sont disponibles ; ce qui est le cas avec des nouvelles molécules injectables ; voir le site http://www.pcsk9forum.org/.

On comprend ainsi que les initiatives (fin 2013) des amis des statines sont bien embarrassantes pour le nouveau business pcsk9.

Et nous voilà avec l’étude IMPROVE-IT qui, selon certains experts amis du cholestérol-le-plus-bas possible, renvoie violemment le balancier de l’autre côté : il suffit, selon IMPROVE-IT, de baisser le cholestérol encore plus ou le plus bas possible avec des nouvelles molécules pour obtenir la mise sur le marché sans avoir à prouver que c’est mieux qu’une statine.

IMPROVE-IT compare les effets cliniques d’une statine avec ceux d’une statine+ézétimibe qui permet une diminution supplémentaire du cholestérol par rapport à la statine seule.

C’est une énorme étude (18,000 patients après un infarctus) qui a fait beaucoup parlé d’elle avant d’être publiée car les investigateurs ont retardé la publication des résultats ; ce qui nous rappelle de bien mauvais souvenirs (l’étude ENHANCE pour ceux qui ont lu nos livres ou nos articles sur ce Blog). Comme l’ézétimibe n’a jamais montré d’effet clinique bénéfique malgré un effet significatif sur le cholestérol, beaucoup (surtout les amis des statines) disaient que ce retard s’expliquait à nouveau (c’est-à-dire comme dans ENHANCE) par un manque d’efficacité clinique qu’on ne pourrait « avouer » que le plus tard possible ; le passage en générique est proche… Faut gagner du temps…

Nous n’allons pas rentrer dans les détails car nous ne disposons que de résultats fragmentaires de l’étude via les médias et surtout parce que toutes ces histoires sont franchement lassantes et sans aucun rapport avec une bonne médecine scientifique qui consiste, faut-il le rappeler, à poser une hypothèse a priori [concept fondamental et généralement incompris de nos élites déliquescentes] puis à mettre en place un essai clinique permettant de la tester en respectant scrupuleusement les règles bien connues de l’essai clinique [règles généralement mal connues de nos élites déliquescentes].

À propos d’IMPROVE-IT, on ne peut que constater que les investigateurs et leur sponsor ne sont pas vraiment dans la clarté : ils prétendent avoir démontré qu’une diminution supplémentaire du cholestérol avec l’ézétimibe entraîne des bénéfices cliniques ; mais l’étude a été prolongée plusieurs fois pour atteindre une durée inédite de 7 années (durée très inhabituelle puisque, en général, ce type d’étude ne doit pas dépasser 5 ans pour de solides raisons épidémiologiques qu’on peut résumer par la fameuse “régression à la moyenne”), ponctuée d’analyses intermédiaires multiples (et non justifiées puisqu’à l’arrivée ils crient qu’ils n’ont décelé aucun signal de toxicité) ayant nécessité de désaveugler l’étude très tôt au cours de l’essai (biais majeur dans tout essai clinique) et finalement aucune différence sur le nombre de décès [le seul critère recevable pour se défendre contre des maladies fatales] survenus pendant l’étude comme si les patients mourraient de toute façon tout en étant selon les investigateurs (partiellement) guéris … Mourir guéris est une perspective enthousiasmante, chacun le comprend.

On connaissait le biais dû à l’arrêt prématuré de l’essai, on aura maintenant le biais dû à l’arrêt retardé de l’essai : « Hello, Joe, dès que c’est significatif, tu nous dis et on arrête les frais… »

Et voilà IMPROVE-IT qui tombe vraiment très (trop) bien pour les adorateurs – très intéressés, on se presse au portillon pour faire partie des experts rémunérés, voir le pcsk9forum cité ci-dessus – des nouveaux anticholestérol injectables car ce devrait permettre d’économiser 10 années d’attente fébrile d’une démonstration (assez illusoire) que ces nouveaux médicaments sont supérieurs aux statines. Les bureaucrates d’ici et d’ailleurs, probablement très influencés par les politiciens-défenseurs de leurs industries nationales respectives, sont tout prêts de leur faire ce joli cadeau, les contribuables paieront, comme d’hab….

L’heure est à la résistance ! Indignons-nous, disait un vieux monsieur très sympa…

Faute d’un rapport détaillé de l’étude – et car il est important dans ce monde de brigands de rester prudent, et comme dit l’autre (Offenbach pour les intimes), « les brigadiers arrivent toujours trop tard » – on ne peut rien dire de plus pour le moment.

On pourrait toutefois s’inspirer de la chanson du brigadier mais c’est à réserver aux puristes et moins de 70 ans : http://www.deezer.com/track/77627083

Le prochain épisode pourrait s’avérer assez drôle car, d’un côté, certains amis des statines vont probablement retourner prestement leur veste et aller baver au portillon avec les amis du cholestérol-le-plus-bas possible tandis que d’autres amis des statines pourraient vouloir grossièrement, comme disait Napoléon la veille des grandes batailles, “camper sur leurs positions” (qui restent à notre avis encore assez fortes) et exiger quelques garanties supplémentaires concernant la validité de l’essai, et par exemple demander à avoir accès aux données cliniques brutes de l’essai pour en examiner la teneur, ce serait une première, ne nous faisons pas d’illusion !

Ce serait pourtant la seule façon de vérifier, ce qu’ils ne veulent pas, comme si il y avait quelque chose à cacher…

 

 

 

 

MERCI A TOUTES ET A TOUS

 

Voilà c’est fait !

Notre éditeur a pris sa décision ; après avoir pris en compte tous les avis et commentaires obtenus via ce Blog et bien d’autres sources …

Le titre n’a pas été modifié de façon significative, contrairement à nos souhaits d’auteurs ; mais à dire vrai, nous ne sommes pas vraiment compétents en la matière et des considérations commerciales [l'annonce très anticipée du livre sur Internet] sont importantes.

De nos jours, un livre est un travail d’auteurs certes, mais aussi une entreprise très sociale ; on est loin des feuilletons de Balzac ; beaucoup d’intervenants dans la conception et la fabrication de l’objet ; puis dans sa distribution et commercialisation. Il n’est pas absurde de dire que même pour le titre, le libraire de Trifouillés-les-Oies a son mot à dire, via le circuit de distribution : « Pensez-vous qu’un livre traitant de … puisse intéresser vos clients? »

Bon, on aura fait de notre mieux (nous autres et vous tous – encore merci !) comme le colibri de Pierre Rabhi …

On aura au moins compris deux choses grâce aux visiteurs de ce Blog :

1) tout le monde comprend assez bien où on veut en venir, même sans connaître le contenu du livre ;

2) certains pourraient être surpris de son contenu réel ; et il peut sembler urgent que nous fassions comprendre explicitement notre message de scientifiques non-écologistes professionnels

Bref, nous nous réjouissons à l’avance des réactions de nos lecteurs, positives ou négatives, voire violentes [en principe, si nous avons bien travaillé, nous devrions avoir des deux, voire des trois ...] ; et nous sommes prêts à défendre nos positions ; mais aussi à en changer si des arguments solides nous sont présentés.

Il est évident que le problème soulevé suscite beaucoup d’agitation, et même des violences puisque nous comptons déjà quelques victimes innocentes …

Urgent d’en débattre avant de s’entretuer !

Ce ne serait pas la première tentative de suicide de nos sociétés, comme les récentes célébrations de 14-18 et 39-45 nous l’ont rappelé !

Mais, foi (pas foie, quoique …) de flibustier aviné, nous ne laisserons pas les « autres » y aller de leur discours sordide sans entonner notre petit refrain et donner la parole à tous ceux qui, ayant posé leurs verres et la bouteille, sauront exprimer quelque chose de compréhensible !

Tous aux chaloupes, la mer monte !

 

 

 

 

APPEL A MES AMIS VISITEURS !

Notre prochain livre est terminé ; publication prévue en janvier 2015 !

Nous avons du mal à nous décider concernant son titre ; nous avons besoin de vos opinions et avis ; voire critiques …

Merci de nous dire ce que vous comprenez [sachant que ça prend une pleine première page de couverture, avec le nom des auteurs en haut et celui de l’Éditeur en bas] quand le titre est :

Protéger sa Santé et la Planète

Un nouveau Régime Méditerranéen

ou bien :

Un nouveau Régime Méditerranéen

Pour

Protéger sa Santé et la Planète

Toute autre idée sera bienvenue du moment que les mots clés (que chacun aura reconnus) sont présents.

Merci d’avance à tous et à chacun

L’Amiral de la Flotte

 

 

 

 

 

JOUR DE GLOIRE POUR LA DIETE MEDITERRANEENNE

« Jour de gloire » ?

Bon, tout dépend de qui décide ce qui est glorieux ou pas évidemment ; ici ce sont les grandes associations médicales américaines [American Heart Association et American Stroke Association] qui régulièrement font des recommandations (dites « officielles ») aux médecins américains que ceux-ci sont censés respecter.

PS: Stroke veut dire AVC en anglais.

La crédibilité de ces Associations, comme de tout ce qui est « officiel » aux USA, est à peu près équivalente à celle du Département d’État quand il nous disait qu’il était urgent d’envahir l’Irak pour neutraliser les armes de destruction massive qui allaient détruire les USA …

Ceci dit, les médecins américains ont tout intérêt à être très respectueux de ces recommandations car en cas de conflit (juridique, par exemple), leur meilleure défense sera toujours de s’appuyer sur ces mêmes recommandations : « j’ai fait ce que je devais faire, les autres auraient fait comme moi, je suis innocent de ce quoi on m’accuse, je suis un praticien respectable car respectueux, bla bla …  »

La hantise de tout médecin étant de se voir un jour accusé de mauvaise pratique, on peut comprendre que, ne serait-ce que pour être « tranquille », tout médecin responsable (de sa famille au moins, et évidemment de ses revenus) veille donc à respecter les recommandations officielles.

Tout ceux qui font « industrie et commerce » dans le business de la santé savent cela aussi très bien et  font en sorte de voir leurs produits étiquetés « recommandables » par les Associations professionnelles « officielles » …

C’est ça donc la gloire de nos jours, c’est de figurer sur la liste des produits recommandés par l’Épicerie Universitaire made in USA ; et pas d’être un savant innovateur, encore moins un rebelle intellectuel …

Et bien désormais la Diète Méditerranéenne est le régime alimentaire recommandé aux USA pour la prévention de l’AVC ; il y a 6 mois c’était pour la prévention de l’infarctus, succès total donc !

Succès relatif quand même car s’ils ont lâché les mots qui font mal aux opposants [ceux qui aux USA, en France et ailleurs éclatent de rire quand ils entendent parler de Méditerranée "et ses rivages ensoleillés", vous voyez le genre, Tino Rossi dans un grand jour ...], ils les ont noyés dans un fatras d’idioties dont la prise quasi obligatoire de statine ; et cela malgré l’absence de données scientifiques solides …

Nous constaterons simplement que notre première publication  dans un grand journal (Lancet) sur ce sujet date de 1994 ; il aura donc fallu 20 ans … tel est le tempo de l’effet de la recherche indépendante sur les pratiques médicales dans nos pays développés. Transfert de connaissances nouvelles et salvatrices pour le public, les patients …

S’il s’était agit d’un médicament vendu de bons gros $, c’eût été différent.

« Business first! »

Telle est la Loi !

 

 

 

De l’usage du doute systématique en médecine, à propos du tabac et des statines

 

Selon un récent sondage auprès des médecins américains (toutes spécialités confondues), près de 60% d’entre eux se disent plus ou moins « perturbés » par les discussions actuelles [aux USA et au Royaume-Uni, essentiellement ; Ah ! Ces beaux pays où l'on peut encore douter de l'indépendance des Académies et des académiciens !] à propos de la nocivité du cholestérol et surtout de l’utilité des statines.

Suivant qu’on voit le verre à moitié-plein ou à moitié-rempli, on peut se réjouir (c’est mieux qu’avant-hier) ou bien déchanter : Bon Dieu, encore 40% n’ont aucun doute …

Je dirais plutôt – avis très personnel – que les choses vont dans le « bon sens » ; surtout si l’on considère les armes de « scepticisme massif » utilisées par les experts-défenseurs des statines (en général fort bien rémunérés, mais bien peu indépendants) pour ralentir le mouvement.

En effet, si on prend comme exemple et antériorité, la façon dont l’industrie du tabac a retardé la prise de conscience des méfaits du tabac par les médecins et le public entre 1945 et 2005, on peut considérer qu’avec le cholestérol et les statines les choses vont vite, très vite même.

A propos de la sombre « histoire du tabac » et dont nous avons déjà parlé dans nos livres [surtout celui évoquant "l'innocence du cholestérol"], on pourra se reporter à celui de l’américain Robert Proctor : Golden Holocaust : la conspiration des industriels du tabac.

Ou comment détourner une qualité professionnelle en une arme de « destruction massive ».

J’exagère ?

Selon les dernières statistiques américaines, et alors que le nombre d’américains fumeurs s’est effondré au cours de la dernière décennie, le tabac serait responsable ces jours-ci d’environ 500,000 décès chaque année aux USA. Multipliez par le nombre d’années où la population US a été exposée et vous aurez une idée de l’hécatombe. Il s’agit donc bien de destruction massive, selon mon vocabulaire, ou d’un holocauste selon Proctor.

Mais il n’y a pas eu de Tribunal de Nuremberg pour punir ces méchants-là ou pour édulcorer les souffrances des victimes ; car, et c’est là l’astuce, personne n’a jamais forcé personne à s’allumer une clope ; comme d’autres sont montés dans des wagons plombés avec une baïonnette dans le dos …

Et ainsi, il n’y a pas de coupable, il n’y a que des imbéciles qui étaient (et sont encore parfois) assez niais pour aller faire la queue au tabac du coin …

C’est le crime parfait !

Le doute systématique est une qualité primordiale du médecin. Jamais trop sûr, le bon médecin sait qu’il exerce un métier « à risque ».

L’industrie du tabac sût utiliser cette qualité des médecins entre 1945 et 2005 ; simplement en faisant croire que les données scientifiques et médicales à propos du tabac étaient peu concluantes [ils n'ont jamais nié, mais simplement fait parler des experts qui prétendaient être peu convaincus par les arguments des sectaires anti-tabac ; et les médecins détestent les sectaires ; et donc, en cas de doute, rentrent dans leur coquille ; en attendant que ...]

Dans la période historique que nous vivons à propos du cholestérol et des statines – et de quelques autres médicaments inutiles et toxiques – l’industrie utilise maintenant les mêmes armes pour retarder l’échéance : introduire le doute dans l’esprit des médecins !

Et les faire, les médecins et leurs neurones, rentrer dans leurs coquilles.

Tant qu’ils doutent (au fond de leurs coquilles), les médecins ne modifient pas leurs pratiques ; et c’est ça ce que les autres veulent, seulement ça ; que les médecins continuent à prescrire (dans le doute) au moins jusqu’en 2016, fin du brevet de la dernière statine commercialisée ; après ce sera le déluge ; c’est-à dire d’autres avec d’autres poisons …

Amen !

 

 

 

 

 

Cholestérol et statines : la bataille fait rage

 

Ça devait arriver, c’est là, ils s’affrontent bravement !

Quel courage dans l’adversité !

Quelle saine indignation !

Quelle imagination pour se disculper !

De quoi parlons-nous ? Des trois grandes batailles actuelles qui, sans doute, précèdent la prochaine « grande guerre »  où des terribles barbares affronteront d’autres barbares sous nos yeux esbaudis …

Première bataille : celle où le Professeur Collins [en principe, je ne nomme jamais de personne sur ce Blog mais lui, il en fait vraiment trop ...] d’Oxford University [mais en réalité PDG (ou équivalent) d'une très prospère et lucrative Unité d'investigation Clinique qui collecte des fonds de l'industrie pharmaceutique pour conduire des essais de médicaments "à la place" des industriels ; ce qui est très pratique pour tout le monde, l'universitaire se dit "indépendant" et l'industriel se dit "non impliqué" ; ce qui ne peut tromper que les "idiots" dans le sens dostoïevskien du terme ; et tout en ironie ; je sais je ne devrais pas ...] Collins donc défend bec et ongle les statines contre les mauvais drôles qui osent prétendre que ces miraculeux médicaments pourraient avoir des effets secondaires toxiques.

Je ne vais pas refaire les débats [Collins contre le British Medical Journal ; Collins contre Thompson and coll ; etc ...], je ne retiens qu’une chose : pour que Collins garde crédibilité minimale vis-à-vis des industriels – et garde ainsi les contrats avec ces derniers – il est urgentissime (mais je crois que c’est trop tard pour lui, peuchère !) qu’il neutralise toutes critiques visant ses propres travaux et publications (qui firent tant plaisir en leur temps aux industriels …) où il déclarait pompeusement qu’il n’y avait pas plus d’effet délétère sous statine que sous placebo dans les essais en aveugle conduits sous sa responsabilité. Qui peut encore croire telle baliverne ?

Ceci dit, ceux qui le contestent aujourd’hui (y compris le British Medical Journal) sont probablement en phase d’éveil après une longue cure de somnifères … Quel intérêt ces barbares-là servent-ils aujourd’hui ?

Deuxième bataille : celle qui oppose le Professeur Ridker (de Harvard) – et de pleins d’autres (dont le subtile Pr Nissen de la Cleveland) dont il est en fait le porte-parole – aux rédacteurs des toutes nouvelles recommandations dites officielles (au moins aux USA et au Royaume-Uni) visant à prévenir les maladies cardiovasculaires avec des médicaments anti-cholestérol.

Les nouvelles recommandations s’opposent aux précédentes (je l’ai déjà expliqué sur ce blog) et les rédacteurs affirment que ces précédentes-là n’avaient pas de base scientifique solide. Les défenseurs des précédentes (dont Ridker et Nissen) disent eux que les nouvelles n’ont pas de base scientifique solide ; avec comme principal argument que le calculateur (une sorte d’algorithme) utilisé pour évaluer le risque individuel et justifier la prescription de statine (selon les nouvelles recommandations) est biaisé … Certes ce calculateur n’a jamais été testé scientifiquement [un comble !] et quand Ridker l’applique sur une population dont on connait déjà le taux de complications, il confirme effectivement que ce calculateur donne des chiffres faux …

Bon ! Pas de données scientifiques solides justifiant la prescription de statines ni avant ni maintenant, on le savait !

Troisième bataille : celle qui oppose les éditeurs du très sérieux European Heart Journal [je suis abonné, comme membre officiel de la prestigieuse Société Européenne de Cardiologie] à quelques freluquets qui osent dire que le système actuel de publication des travaux scientifiques est désuet ; référence faite également au phénomène de non-reproductibilité discuté dans un précédent billet ; mais ici s’appliquant spécifiquement à la recherche clinique.

Pour quoi ce débat « chauffe » en Europe en ce moment et surtout en cardiologie ?

Parce qu’un des plus bels exemples de « scientific misconduct » dénoncé au cours des dernières années est celui du Pr Poldermans et à propos de cardiologie. Pour d’obscures raisons, on n’a pas réussi à enterrer l’affaire, on a été obligé de republier des recommandations officielles (Européennes) dont Poldermans (aussi un grand statinologue) était en partie responsable et surtout on n’arrive pas à expliquer comment les sommités qui composent les Comités de rédaction (dont faisait partie Poldermans) ont pu ainsi laisser faire … en toute innocence et « idiotie » (retour au concept dostoïevskien) … et être aujourd’hui à la tête de prestigieuses Institutions internationales ou nationales. Plus d’un s’étonnent, à juste raison : « idiot » hier, moins « idiot » aujourd’hui ? Peut-être.

Plus prudents dans tous les cas, et chacun surveille les autres, les barbares ne vont pas tarder à s’entretuer tandis que les élites gouvernent …

En conclusion et comme source de grande satisfaction : la vague du scepticisme monte inexorable et seuls les « idiots » (plutôt sympa l’idiot de Dostoïevski) croient encore aux idioties institutionnelles …

 

 

 

 

Imagerie des carotides : utile ou néfaste ?

 

L’imagerie médicale est un business florissant ; pour ceux qui font les images (souvent radiologues mais aussi angiologues et cardiologues, par exemple) et pour ceux qui vendent les machines à faire des images.

On laisse de côté l’imagerie des fœtus dans le ventre de leur maman, c’est trop mignon et sans doute très utile, ce n’est pas le propos d’aujourd’hui.

Il y a bien sûr d’autres images qui peuvent être cliniquement formidables et même salvatrices ; mais on parle ici de faire des images systématiques des artères carotides à la recherche de sténoses qui pourraient s’avérer dangereuses pour le cerveau de celui ou celle chez qui on image une sténose.

Même un opérateur peu entrainé peut faire (vite) de belles images des carotides car elles sont facilement accessibles au niveau du cou ; et ces images sont bien payées par la sécu. Beaucoup d’avantages donc à faire ce genre d’images ! On ne parle donc pas des images obtenues par cathétérisme artérielle ; seulement des techniques non-invasives, les spécialistes me comprennent.

Il y a deux circonstances principales, en simplifiant, où des médecins font – devraient ou ne devraient pas faire – ce genre d’image :

-  soit le patient a (ou a eu) des symptômes neurologiques variés (de la syncope aux pertes de mémoire) et on cherche une explication du côté des artères qui irriguent le cerveau ;

-  soit il est totalement asymptomatique et on examine ses artères pour voir si … ; si dès fois que … ; on ne sait jamais …

Évidemment, la très grande majorité des imageries des carotides sont faites dans le deuxième contexte ; ce qui coûte cher ; à un moment où nous devons trouver des économies, comme on dit à la télé.

Laissons de côté le coût de ces examens [la santé n’a pas de prix !] et demandons-nous si c’est utile de faire ces images pour notre santé ! Je rappelle que nous excluons les cas où il y a eu de vrais symptômes neurologiques.

La réponse est répétitive de la part des Autorités de Santé aux USA et ailleurs, sur la base d’études à peu près sérieuses : il ne faut pas faire ce genre d’imagerie en l’absence de symptômes, ce n’est pas bon pour les patients. Pourquoi ?

Mettons-nous en situation. Mon patient a un cholestérol un peu élevé, ou il a un peu d’hypertension ou une glycémie un peu élevée [tout ça selon des critères fort litigieux …] ; il n’a aucun symptôme neurologique mais il s’inquiète de l’état de ses artères ; son généraliste aussi.

Pour les rassurer, on programme une imagerie des artères … et patatras, on trouve une sténose sur une carotide. Affolement général immédiat !

Continuons la mise en situation.

Soit cette sténose est peu sévère ; et on commence (dans la précipitation) des traitements médicamenteux : aspirine ou autre antiplaquettaire, statine, antihypertenseur si ça n’était pas encore le cas … Et voilà qu’un être bien portant jusque-là devient un malade … chez lequel pourtant on ne soigne qu’une image !

On refait des images tous les 6 mois (voire tous les 3 mois), on augmente les doses de médicaments, les effets secondaires ne tardent pas … qui nécessitent d’autres médicaments ; qui provoquent d’autres effets secondaires …

Bref, le cycle infernal dont on ose rarement sortir, hélas.

Soit la sténose est sévère (on dit « serrée » entre spécialistes) et on programme de la chirurgie [l’opération s’appelle une endartériectomie], ou bien la pose d’un stent pour déboucher l’artère fautive ; et après, on ajoute tous les médicaments suscités ; si on a survécu à la chirurgie et si on est sorti indemne du stenting.

A-t-on démontré que toute cette agitation pour soigner des images sans symptôme était utile au patient ?

Concernant la chirurgie et le stent, le consensus est qu’on ne rend pas service aux patients : plus de complications que de bénéfices !

Bien, si vous voulez vous débarrasser de votre belle-mère …

Avec le traitement médical, même chose, pas de bénéfice de traiter des images ; une fois qu’on a éliminé tous les rapports télécommandés par l’industrie …

Cette absence d’effet bénéfique du traitement des images rappelle l’absence d’effet du traitement des sons. En effet, du temps où l’imagerie ne se faisait pas, les médecins auscultaient encore les carotides de leurs patients et entendaient parfois des souffles qui témoignaient de la présence de sténose dans les carotides. Et déjà le consensus était que la présence d’un souffle ne suffisait pas à motiver des examens complémentaires, donc des images, et encore moins des traitements toxiques ou dangereux !

Leçon du jour : en l’absence de symptôme clinique, on ne doit pas faire des images des artères ; ça nous conduit dans des culs de sacs thérapeutiques ! Voilà où nous conduit la civilisation des images ; et des jeux (vidéos) qui souvent vont avec !

Deuxième leçon : dans tous les cas, il faut adopter un mode de vie protecteur ; mais ça, ce n’est pas du business ; donc on n’y pense même pas ; plus lucratif de faire de images !

 

 

 

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