Archives de l’auteur : Michel de Lorgeril

Effet placebo et … Statines

 

Suite aux discussions générées sur ce Blog par l’article concernant les génériques et l’éventuelle diminution (avec les génériques) de l’éventuel effet placebo lié à la prescription d’un médicament conventionnel (supposé efficace ou non sur une base biologique indépendante de l’effet placebo), certains visiteurs du blog pourraient se demander ce qu’il en est d’un effet placebo lié à la prescription d’un médicament anticholestérol type statine.

Ça devient compliqué, je me sens « petit » mais j’espère clarifier cette question avec l’aide des visiteurs de ce blog … Allons-y courageusement, on rectifiera en cours de route si nécessaire.

Si l’effet placebo de la majorité des médicaments prescrits avec conviction – c’est un point crucial : pas de conviction, pas d’effet placebo – par le médecin est aussi puissant que certains le décrivent, alors la prescription d’une statine devrait obligatoirement entrainer des effets bénéfiques sur la simple base d’un effet placebo ; et indépendamment de tout effet lié à la diminution du cholestérol ou autre propriétés, réelles ou illusoires, des statines.

Il faut aussi admettre que la démonstration tangible de l’efficacité biologique (chute du cholestérol pouvant atteindre 50 à 70% chez certains patients) de la statine par une simple prise de sang (et l’inscription de cette baisse sur le papier à en-tête du biologiste) peut ajouter à l’effet placebo conventionnel de manière significative : « vous voyez comme je suis un bon docteur ! Je vous ai donné le bon médicament ! »

Il ne faut pas négliger enfin l’importance des effets indésirables [douleurs musculo-tendineuses, fatigue, troubles gastro-intestinaux, troubles de la mémoire, du sommeil, des yeux, etcétéra …] dans l’amplification de l’effet placebo. Un bon docteur pourra les utiliser pour confirmer l’efficacité cardioprotectrice : « certes, vous avez mal partout et vous ne dormez pas mais réjouissez-vous, ça veut dire que le médicament est vraiment très actif chez vous et protège vos artères … »

Des collègues m’ont confirmé utiliser cet argumentaire à profusion pour justifier leur prescription de statines malgré leur scepticisme quant à la culpabilité du cholestérol ; c’est de bonne guerre ! A la fin, ce que souhaite un médecin c’est faire du bien à ses patients, quel que soit le mécanisme à l’œuvre.

Il y a deux circonstances possibles où cette magistrale efficacité des statines sous forme d’effet placebo peut être vérifiée : soit les études d’observation (l’épidémiologie classique) où l’efficacité de la statine est analysée a posteriori par comparaison de patients ayant reçu une statine avec ceux n’ayant rien reçu (pas de placebo) ; soit les essais cliniques randomisés (tirage au sort) où via un protocole de double aveugle (placebo contre statine) on évalue les effets de la statine indépendamment de tout effet placebo, au moins  en théorie.

En toute logique, dans les études d’observation, l’effet placebo joue à plein (tel que décrit ci-dessus, et avec ses amplifications) et il ne devrait y avoir aucune ambiguïté : la statine DOIT absolument être efficace dans ce contexte, indépendamment de tout effet dû à la diminution du cholestérol, sous peine d’être accusée d’augmenter le risque de complication en abolissant les effets bénéfiques de l’effet placebo. Terrible dilemme !

C’est pour cette raison très scientifique que les études d’observation ne sont pas retenues par les Autorités (pourtant généralement très compliantes) comme argument scientifique suffisant pour commercialiser des médicaments.

Il est donc plus que curieux que des universitaires et autres pseudo-experts (y compris français) viennent encore régulièrement vanter les effets bénéfiques de statines sur la base de telles études très fragiles (euphémisme) …

Par exemple, récemment : http://heart.bmj.com.gate2.inist.fr/content/100/11/867.full.pdf+html

Tandis que d’autres élaborent de subtiles théories sur ces fragiles données.

Par exemple : http://heart.bmj.com.gate2.inist.fr/content/100/11/825.full.pdf+html

Fichtre ! Inculture, propagande ? Qui sait ?

Quant aux médias qui, à grands bruits, reprennent ces idioties … Tristesse et désolation !

Il n’en est pas de même évidemment des effets indésirables qui eux ne sont pas, a priori (et sauf si le médecin prescripteur joue super-habilement et cyniquement de son effet placebo personnel) diminués par l’effet placebo lié à la prescription.

On peut donc éventuellement bénéficier d’un effet placebo [probablement éphémère car les mécanismes puissants qui conduisent à l’infarctus ou à l’AVC sont toujours à l’œuvre et finiront par gagner] dû à la prescription de statine par un médecin convaincu et, en même temps, récolter tous les effets indésirables attendus, notamment les plus pernicieux car silencieux (diabète, cancers, déclin cognitif, pathologies oculaires …) dans la plus grande inconscience, au mépris des règles basiques de la médecine scientifique (et du code de déontologie) et pour un coût exorbitant pour l’Assurance-Maladie.

Et on échappera à tous les bénéfices gratuits que peut apporter l’adoption d’un mode de vie protecteur, longuement décrit dans nos livres.

Ce qui, toutefois, peut apparaitre particulièrement étrange est que certaines études d’observation ne retrouvent pas (ou vraiment très peu) d’effet protecteur des statines à court terme : comment, et par quoi, l’effet placebo attendu est-il aboli ? Toxicité ? Effet placebo trop faible ou trop transitoire ?

Mais les experts (sérieux) des statines ne s’appuient que sur les essais cliniques pour vanter les bénéfices indiscutables (selon eux) de la diminution du cholestérol (par les statines). En effet, les critiques ne peuvent pas évoquer un quelconque effet placebo dans les essais cliniques pour expliquer les bénéfices de la réduction du cholestérol.

Voire !

La majorité des essais cliniques sont rapidement (généralement après moins de 6 mois) désaveuglés par les investigateurs eux-mêmes [sous prétexte de vérifications variées, notamment la survenue d’effets indésirables sévères …] ou par les patients eux-mêmes (avec ou sans la complicité de leur médecin traitant) puisqu’il suffit d’une prise de sang et d’une mesure du cholestérol pour savoir si on reçoit la statine (et pas le placebo) ; sans parler des multiples effets indésirables qui eux-aussi dénoncent le médicament et … éventuellement réconfortent le patient : « ouf ! Je reçois le médicament protecteur et pas le placebo ! »

On peut s’attendre donc qu’une partie de l’efficacité proclamée des statines dans les premiers essais cliniques des années 1990s ait été due à un effet placebo non avoué. On pourrait alléguer sur cette base [si on est vraiment très naïf] que les industriels et les investigateurs de l’époque se sont trompés eux-mêmes et étaient, dans le fond, possiblement honnêtes … Ceux qui vivent les yeux ouverts [ou qui ont lu nos livres ou nos articles scientifique] savent que ce n’était pas le cas.

Question brûlante maintenant.

Comment expliquer, en présence d’un effet placebo probable et puissant chez un nombre probablement important de patients recevant la statine au cours des essais les plus récents (avec la conviction que les statines sont efficaces sur la base des essais précédents), que certains essais soient totalement (ou relativement) négatifs, par exemple tous les essais testant le Crestor* ?

Par quel phénomène inédit l’effet placebo est-il aboli dans presque tous les essais publiés depuis 2006-2007 ?

RECOMMANDATIONS OFFICIELLES (GENERALEMENT GOUVERNEMENTALES), CONFLITS D’INTERÊT ET ETHIQUE !

 

Un site Internet américain destiné aux médecins (de toutes nationalités) vient de publier le résultat d’un sondage intéressant.

La question – à laquelle il fallait répondre par OUI ou par NON ; il ne faut pas que ce soit trop compliqué pour nos praticiens, très occupés par ailleurs – était : « Les membres des Comités qui publient des Recommandations scientifiques ou médicales pratiques dites OFFICIELLES doivent-ils être libres de tout conflit d’intérêt ? »

Réponses des votants : 86% de OUI !

Impressionnant et sans ambiguïté.

Suivent un certain nombre de commentaires des votants allant plus ou moins tous dans le même sens : « c’est indispensable mais probablement impossible parce que … bla, bla … »

Ce dernier point (l’impossibilité de …) rappelle la fameuse prosopée servie jusqu’à plus soif par les mécréants qui se délectent cyniquement de leurs multiples liens d’intérêt : « si vous n’avez pas de conflit d’intérêt c’est que vous ne présentez aucun intérêt ».

C’est tout-à-fait répugnant comme raisonnement – témoignage de la façon dont on raisonne parmi nos élites – mais comme avec toutes les dérives éthiques, il y a là un peu de vrai. Dans un monde gouverné par la marchandisation, rares sont ceux qui, pour une raison ou une autre, ne sont pas achetables.

Mais on est ici à côté du problème, évidemment. Un peu trop naïf, à mon goût.

Il y a une différence entre « être acheté » et « être rémunéré ». Tout bon chercheur ou expert salarié (modestement) par l’Etat (avec nos impôts) ou une autre Institution doit aider aux progrès économiques, diffuser son savoir, collaborer avec l’industrie (et le commerce) et en retour recevoir quelque rémunération compensatoire.

Ce sont des liens d’intérêt normaux ; mais qui ne doivent pas devenir des conflits d’intérêt. Il suffit simplement de ne pas participer (en aucune manière) aux discussions et négociations qui donnent lieu, via des Comités d’experts, à des recommandations officielles.

Facile à comprendre !

Rien d’humiliant à cela.

Comment est-il possible que ce ne soit pas la REGLE ?

Réponse : ces comités étant précisément constitués pour aider le commerce et l’industrie, tout doit être fait pour que les experts émettent des recommandations qui leur soient favorables. D’où l’impérieuse nécessité de sélectionner des experts compatissants, voire complices.

On fera pourtant semblant de travailler pour l’intérêt général et la Santé Publique. Ici on voit rugir le réacteur de la Société du Spectacle. Si on vous montre le noir, il faut immédiatement en déduire que le vrai est blanc. C’est l’inversion de la réalité typique de notre époque et si bien montrée par Debord et autres situationnistes. Tant qu’on n’a pas compris ça, on dérive, sans boussole et sans cap, dans notre époque.

Tous les experts sont-ils de cette eau-là ? Non, bien sûr !

Il y a les vrais experts (facile à vérifier) ayant réellement produit des travaux de recherche et qu’il serait urgent de consulter ; et les pseudo-experts qui sont considérés comme tels non pas à cause de leurs fulminantes recherches mais parce qu’ils ont été désignés pour faire œuvre d’experts (membres de comités ad hoc et amis de l’industrie) malgré l’absence de tout travail publié ayant une quelconque valeur scientifique.

Mais, et c’est la conclusion, vrais ou pseudo, tout expert ayant des liens d’intérêt avec les industriels impliqués dans la problématique en discussion doit être exclu du Comité décisionnel, du Comité qui émettra les recommandations dites officielles.

Élémentaire, mon cher Watson !

 

 

Some news about the modern concept of « Mediterranean diet »

 

If you are able to read in English, you will find major information on the issue by reading the following article (open access):

http://www.biomedcentral.com/1741-7015/12/112

 

 

 

Génériques, médecine et business

Nul n’ignore (ou ne doit ignorer) la polémique persistante autour des médicaments génériqués.

Polémique justifiée, à notre avis. Pourquoi ?

Ne serait-ce que pour l’effet placebo – systématique avec le médicament « normal » quel qu’il soit -  qui est perdu avec le générique chez le patient qui est dans le doute.

On ne devrait jamais exercer de pression sur les médecins pour les obliger à prescrire un générique.

Au-delà de ce phénomène placebo (d’une importance considérable en médecine), nul ne peut affirmer aujourd’hui sur une base scientifique sérieuse qu’il n’y a pas de différence entre le vrai médicament et un de ses génériques.

Ce serait un peu long à discuter ici.

Un exemple quand même.

Les excipients utilisés dans les génériques variés proposés chez le pharmacien sont généralement différents de celui utilisé dans le médicament original. Ça peut faire une différence significative, ça devrait être testé !

On ne saurait trop conseiller la lecture (rapide) d’une Tribune publiée dans le numéro du mercredi 16 Juillet du journal LE MONDE par un certain Docteur Crozatier.

Si l’argumentaire est léger, certaines informations délivrées dans cette Tribune ont une importance déterminante pour comprendre la problématique des génériques.

On résume : le lobby des génériques, le syndicat des Industries des génériques ou GEMME (pour « Génériques mêmes médicaments ») est présidé par le Président des Laboratoires BIOGARAN, un des plus gros des génériques et, ça n’est pas anecdotique, sous-marque du célèbre groupe Servier, ex-vendeur-promoteur du Médiator.

Nous sommes sur des terres connues, chacun l’aura compris.

Selon Crozatier (je laisse à chaque visiteur le soin de vérifier par lui-même), le GEMME s’opposerait à la demande gouvernementale de baisser les prix des génériques (souvent peu différents du médicament princeps) et, bien au contraire, demanderait (exigerait) que les médecins faibles prescripteurs de génériques soient pénalisés …

Chacun aura compris qu’il est temps que les médecins entrent en résistance, pour s’opposer à cette sorte de prédateurs, et aussi pour d’autres raisons, bien sûr …

Réveillez-moi, s’il-vous-plaît, de ce mauvais rêve !

Anticorps anticholestérol : la propagande bat son plein !

 

Si vous parlez anglais [désolé, les experts s'expriment en cette langue] et si vous avez encore des doutes concernant la façon dont le business prépare les esprits pour vous faire accepter de nouveaux médicaments anticholestérol [des anticorps injectables], voyez ce délicieux et même succulent document :

http://www.medscape.org/viewarticle/827118?src=wnl_cme_revw

Quand les experts deviennent fous !

Mais si drôles, pour qui ne se prend pas au jeu. Il faut retenir ces noms d’experts pour le jour où nous prendrons la Bastille !

Parmi eux, il y a même un « expert » français très célèbre pour avoir célébré pendant 30 ans les bienfaits d’un non moins célèbre médicament (le Lipanthyl*) longtemps et chaudement célébré pour avoir l’ineffable capacité de baisser le mauvais cholestérol et les triglycérides et d’augmenter le bon cholestérol sans avoir aucun effet démontré sur le risque cardiovasculaire.

Par contre, il semble (selon les résultats d’un célèbre essai chez les diabétiques) augmenter le risque de pancréatite, de thrombose veineuse et d’embolie pulmonaire … ce que notre célèbre « expert » n’a jamais pris le temps de … dénoncer et encore moins célébrer … Peuchère !

Les autres experts de ce panel sont également célèbres : l’un pour avoir été pendant 25 ans l’expert international numéro 1 du bon cholestérol [et seuls quelques niais peuvent encore croire à ces sornettes] ; et l’autre pour avoir été le principal investigateur de l’essai ENHANCE [je renvoie les visiteurs de ce blog qui ne comprennent pas ce que fut ENHANCE à mes livres sur le cholestérol] ce qui faillit bien l’envoyer en prison aux USA tant la manœuvre de falsification scientifique, concernant des patients avec Hyperlipidémie Familiale, était grossière et honteuse.

Voilà une bien étrange façon de recruter des experts …

J’ai l’impression que les protagonistes du marketing des médicaments anticholestérol injectables [et qui vendent aussi des vaccins à tout faire] choisissent bien mal leurs experts, cette farce pourrait bien mal tourner, la suite s’annonce passionnante …

 

 

 

Les relations entre les médecins et l’industrie sont-elles une menace pour la qualité des soins ?

Voilà une question très intéressante posée aux médecins sur un site Internet destiné aux professions médicales (site financé par l’industrie) aux USA.

Je vais donner la réponse du sondage tout de suite et au moment où je vote moi-même ce 24 Juin 2014 à 16:30.

Je fais court car la question est elle-même brève.

Elle mériterait toutes sortes de nuances ; et de sous-questions pour « sensibiliser » les réponses ou juger de la pertinence de cette sorte de question.

Inversement, comme les visiteurs du site (généralement très occupés) passent vite (et ne s’arrêtent en principe que sur les informations concernant leur spécialité ou une de leurs préoccupations du moment), ils répondent par oui ou par non de façon quasi réflexe, façon « cerveau reptilien » diraient des mauvaise langues.

C’est donc une information qui nous dit le « fond » de la pensée (végétative) de nos collègues américains, la majorité des consultants du site étant américains.

Au moment où je vote (quelques heures après que la question ait été « déposée » sur le site), il y a eu presque 1600 votants et 88% d’entre eux ont répondu OUI.

Interprétation : près de 90% des médecins américains pensent que l’industrie joue un rôle globalement néfaste (il faudrait nuancer évidemment) sur la pratique de la médecine et la qualité des soins chez eux.

Terrifiant !

GLUTEN News

La question du gluten, et du blé, et des céréales en général est brûlante, on commence enfin à avoir des données scientifiques de qualité ; et de plus en plus de médecins s’ouvrent à cette question.

L’époque du déni total est passé ; ce fut plus court que pour les statines mais de ce côté-là, les nouvelles sont bonnes aussi, un peu de patience encore …

Concernant le gluten et les céréales, on peut donc espérer que les brumes se dispersent et qu’enfin les patients atteints de ces perturbantes dysfonctions aperçoivent l’entrée d’un port pour s’abriter.

En bref, plusieurs types de pathologies (qui n’ont pas que des manifestations gastro-intestinales) se superposent pour donner un tableau clinique difficile à identifier pour ceux qui ne savent pas (ou n’ont pas le temps de) écouter les plaintes de leurs patients.

Je ne suis pas en train d’inventer ma petite histoire personnelle, je raconte l’état de l’art tel que je peux le percevoir dans la littérature médicale internationale. J’ai perdu l’habitude de lire en français, hélas, c’est généralement calamiteux !

Une fois qu’on a éliminé les pathologies dures (cancers, maladies coliques inflammatoires sévères, en faisant simple), et il faut l’avoir fait, le médecin a grosso modo plusieurs diagnostics possibles à analyser.

On appelle ça parfois des colopathies fonctionnelles, mais c’est un mauvais terme car on peut avoir des symptômes non digestifs ou non intestinaux et être un vrai cœliaque (voir ci-dessous). Je connais une patiente cœliaque qui n’avait que des migraines …

Attention, la symptomatologie clinique ne permet pas de faire un diagnostic différentiel sauf par des médecins très habitués et qui voient donc beaucoup de ce type de patients.

Je ne suis pas en train de faire un cours de médecine, j’explique aux patients potentiels comment ça peut se présenter : une fois qu’on a éliminé une maladie cœliaque typique (on a des IgA spécifiques dans le sang et une biopsie intestinale assez typique) et une allergie alimentaire (IgE dans le sang, pas de biopsie typique), il nous reste la sensibilité au gluten non cœliaque (NCGS, pour les anglophones), la sensibilité aux sucres qui fermentent (ou FODMAPS) et le très fameux syndrome dit du colon irritable.

La fréquence réelle de ces différents syndromes et surtout la façon dont ils peuvent s’entremêler (se superposer) chez un même patient restent obscures.

Ce qui est sûr c’est que la fréquence des vrais cœliaques a été multipliée par 10 environ en 30 ou 40 ans, ça dépend des pays [ça donne du 1% de la population dans nos pays, ce qui est considérable] ; et que les NCGS semblent être une nouvelle pathologie dont la fréquence reste à déterminer ; mais probablement supérieure à celle des vrais cœliaques.

Parmi les causes possibles, l’excès d’immunisation via les vaccinations systématiques et multiples ; la multiplication-dispersion de blés hybridés modernes [que notre système immunitaire ne connait pas ; d'où le conflit et les symptômes] et les toxiques environnementaux, à commencer par la diffusion du glyphosate [le Round-up de Monsanto] à grande échelle dans nos sociétés qui désherbent partout, on ne veut que du goudron et du gravier … Bon !

On fait quoi ?

On élimine le gluten de son alimentation [autrement dit toutes les céréales contenant du gluten et tous les aliments contenant des traces de céréales contenant du gluten].

Contrairement aux assertions de certains, ce n’est pas si difficiles, et pour ceux qui sont très symptomatiques, les résultats tiennent du miracle …

On a identifié la cause et le traitement.

Il suffit de quelques jours ou semaines pour en voir les effets si c’est vraiment ça la cause !

Il faut être strict au moins pendant quelques semaines pour que le test soit vraiment significatif ; sinon on perd son temps …

Si ça ne marche pas, il faut chercher autre chose ; mais à mon avis, ça vaut la peine d’essayer !

Bon vent matelots !

 

 

 

Prévention de la fibrillation auriculaire et de l’accident vasculaire cérébral (AVC) embolique

La fibrillation auriculaire (FA) est une arythmie cardiaque parfois très gênante ; mais surtout dangereuse car lorsque l’oreillette fibrille (et ne se contracte pas), des caillots peuvent se former sur ses parois et être ensuite expédiés dans la circulation [ça s’appelle une embolie] notamment lorsqu’elle se contracte à nouveau (cesse de fibriller) car la contraction décroche le caillot.

Cible de choix, le cerveau ; c’est un AVC ; et les dégâts sont proportionnels à la taille de l’artère bouchée, donc à la taille du caillot embolique.

Les sujets plus susceptibles de faire des caillots (de façon inappropriée) et/ou des troubles du rythme de l’oreillette sont les plus à risque, évidemment ; et dans nos sociétés prospères, la FA et l’AVC provoqué par la FA ont pris une allure épidémique.

A ce point du raisonnement, tous ceux qui nous lisent régulièrement ont compris qu’en adoptant un mode de vie protecteur, à la fois anti-arythmique (cardiaque) et anti-caillot, on diminue considérablement le risque de FA emboligène. Les données cliniques et épidémiologiques sont absolument claires !

Mais cette approche mode de vie préventive ne figure pas dans les logiciels de la médecine spécialisée, technologique, marchande et universitaire. Et cela pour une raison simple (qui ne disculpe personne, pas même les victimes), c’est que les médecins sont généralement appelés à la rescousse APRÈS la bataille, une fois que l’AVC a eu lieu ou une fois que la FA s’est manifestée.

Question : est-il trop tard à ce moment-là pour changer de mode de vie ?

La médecine moderne et technologique a donc développé toutes sortes de traitement visant à : 1) traiter la FA une fois qu’elle s’est manifestée [choc électrique (ou cardioversion), médicaments anti-FA et/ou traitements du site d’origine de l’arythmie (ablation dite endocavitaire)] ; 2) diminuer le risque de caillot emboligène avec des médicaments anticoagulants, les classiques (les antivitamines K) et les nouveaux qui prolifèrent, le marché est vaste (épidémique) et les profits potentiels considérables …

Ce type de médecine est évidemment indispensable et salvatrice, nous devons remercier les auteurs de ces progrès technologiques, sans réticence.

Mais, tous les visiteurs de ce site ont compris que la priorité des priorités est de tout faire pour ne jamais avoir à subir ce genre de traitements acrobatiques où le médecin et le patient jonglent [désolé, je décris la réalité des faits] entre des risques variés, notamment celui d’être trop anticoagulé (risque hémorragique) ou celui de ne l’être pas assez (risque persistant d’AVC).

Bon, restons optimistes !

En effet, des publications récentes et sérieuses nous amènent à penser que nous sommes à l’aube d’une nouvelle prise de conscience. Certains chercheurs viennent de découvrir que la FA [c’est quand même elle l’origine des ennuis] n’était pas une fatalité et qu’on pouvait s’en protéger et même en guérir. Il ne serait donc jamais trop tard !

Je parle ici des cas (la très grande majorité des patients qui présentent une FA) où on n’a pas identifié une cause évidente de FA, par exemple une pathologie des valves auriculo-ventriculaires, une pathologie de la glande thyroïde, et autres …

Il y a des causes moins évidentes. Nous avons déjà expliqué à maintes reprises que : 1) baisser son cholestérol avec une statine augmente le risque de FA, toutes choses étant égales par ailleurs ; 2) exposer son cœur à des efforts physiques trop intenses (fonction de l’âge) augmente le risque de FA ; 3) être déficitaire en oméga-3 augmente le risque de FA ; 4) boire trop d’alcool augmente le risque de FA ; 5) l’hypertension artérielle, l’obésité, le diabète augmentent le risque ; 6) diverses autres anomalies  (potassium, sodium, magnésium) peuvent augmenter le risque mais c’est moins bien documenté.

Mais une équipe australienne a récemment montré que chez des patients obèses ou en surpoids présentant une FA symptomatique (donc gênante), l’adoption d’un mode de vie protecteur visant à perdre du poids et à corriger des désordres métaboliques variés avait entrainé une importante amélioration des symptômes dus à la FA et des signes de déstructuration cardiaque possiblement à l’origine de la FA.

C’est dans le JAMA 2013;310:2050 par Abed HS et al.

 Ils ont aussi montré que chez des sujets obèses auxquels on avait déjà essayé une « ablation » de la FA par technique endocavitaire, l’adoption d’un mode de vie protecteur avait réduit de 5 fois le risque de récidive de FA.

Je ne vais pas rentrer dans les détails de ce qu’ils appellent eux un « mode de vie protecteur » ; ça se rapproche un peu de ce que nous proposons mais pas vraiment ; peu importe, ce que ces travaux montrent pour la première fois de façon scientifiquement acceptable c’est que la FA est grandement dépendante du mode de vie ; c’est une information cruciale !

URGENT donc de relire nos recommandations pour faire encore mieux que les australiens.

Il ne faut donc jamais renoncer, on peut toujours essayer de modifier le tissu cardiaque responsable de la FA et ainsi échapper à tous ces traitements dangereux qui empoisonnent la vie presque autant que la FA elle-même.

Les chercheurs australiens ont surtout insisté sur la perte de poids et la correction des syndromes métaboliques (insuline, glucose). Ils ont raison et ils ont obtenu des amaigrissements exceptionnels. Ils ont sélectionné des patients en surpoids important mais beaucoup de FA surviennent chez des sujets qui ne sont pas en surpoids. Ils ne répondent donc pas à toutes les questions, bien sûr.

J’insiste, ce qu’ils ont surtout montré c’est l’importance du mode de vie (pour la première fois) et la réversibilité de la FA, même quand elle a des apparences chroniques, sous l’effet de modifications du mode de vie.

Urgent d’entreprendre de nouvelles recherches non médicamenteuses chez les nombreux patients avec FA. Vite des sponsors !