Archives de l’auteur : Michel de Lorgeril

Réunion inaugurale de l’AIMSIB le 30 mai à Lyon

Il ne suffit pas de créer une Association pour se donner les moyens d’agir ; il faut aussi agir.

Et pour agir, il faut s’en donner les moyens…

Les aimesibiens se réuniront donc le 30 mai à Lyon.

Suivez le lien suivant pour savoir où et comment ça se passe : http://aimsib.org/wordpress/

Cette réunion a pour but de réunir ! De fraterniser, voire de  confraterniser.

Réunir qui ? Toutes celles et ceux qui pensent pouvoir contribuer aux actions de l’aimsib.

ATTENTION, notre salle de réunion ne comporte que 150 places.

Priorité sera donnée aux premiers adhérents et premiers inscrits pour la journée du 30 mai.

Ne venez pas si vous n’êtes pas inscrits pour la journée. Vous ne pourrez pas rentrer, désolé !

Cette journée commencera à 10:00 et se terminera par l’épuisement des participants, probablement au Bar du coin…

Auparavant, et après avoir présenté l’AIMSIB (charte et objectifs), une vingtaine de « grands témoins » viendront nous dire comment ils voient les choses à propos de divers sujets [de Santé mais pas forcément de médecine] qui nous préoccupent tous plus ou moins : Nutrition protectrice, Aliments sains, Agriculture et élevage modernes mais non chimiques, Industrie agroalimentaire et compléments nutritionnels, Phytothérapie et herboristerie, Maladie de Lyme, Cœur et statines, Cancers et métabolisme, Vaccinations, Santé du système de santé, Médecine intégrative, Concepts de « prise en charge » et de « santé durable », Approche juridique et conflits d’intérêt, Science médicale versus médecine bienveillante, Académisme et alternatif, et d’autres choses en fonction d’autres témoins présents.

Parmi nos grands témoins, nous aurons les Professeurs Even, Joyeux et Schwartz, des agrobiologistes (dont Claude Aubert), des cardiologues belges et suisses, des médecins de chez nous (Les docteurs Arer, Cario, Nicot, Mercan, Coudron,…), des industriels de chez nous (Pierre Weill et L. Predal), des écologistes (conventionnels ou pas), des nutritionnistes (T. Souccar, M. Kaplan) et même des psychosociologues (K. Reggad) et des lobbystes (A. de Livois, D. Chardon), et d’autres témoins plus anonymes. Les débats et témoignages seront contrôlés par des fondateurs de l’AIMSIB (Présidente et vice-président, secrétaire, trésorier, …) et enregistrés (images et sons) par des bénévoles de l’AIMSIB.

Je répète : si vous souhaitez participer (et être présent), il faut s’inscrire le plus vite possible car le nombre de places est limité.

Mais sachez que si vous ratez cet épisode, il y en aura d’autres ; mais ce sera moins « historique » car pas « inaugural ».

A bientôt sur le navire amiral de la flotte !

 

 

 

Une Association Internationale pour une Médecine Scientifique, indépendante et Bienveillante (AIMSIB)

L’AIMSIB existe !

Si vous en êtes, vous êtes un aimesibien ; pas beau ça ?

En allant sur le site Internet, vous trouverez tous les renseignements nécessaires, tout ce que vous vous vouliez savoir sur des gens (anonymes, professionnels de santé ou pas) motivés à changer les choses dans le domaine de la santé : comment la conserver et comment la retrouver ! Ce n’est donc pas seulement une question de médecine ; ça concerne la vie de tous les jours, l’air que l’on respire et les aliments que l’on consomme, pour faire simple.

C’est là : http://aimsib.org/wordpress/

De mon côté, sans être un des fondateurs, je ferai mon maximum pour soutenir toutes les actions (et pas seulement de l’information) qu’ils mettront en place pour rétablir (et retrouver confiance dans) un système de santé qui, selon le Conseil national de l’ordre des Médecins, vit aujourd’hui une crise gravissime.

Rosuvastatine (Crestor*) dans HOPE 3

 

Chaque année, le printemps nous ramène avec les hirondelles quelques saveurs et odeurs qu’on avait peut-être oubliées durant ce long hiver. Toutes ne sont pas délicieuses !

Celles que nous percevons avec l’essai HOPE 3 sont d’un mauvais goût hallucinant et témoignent d’un nouveau chapitre dans la lancinante et calamiteuse affaire des statines et de son double, la théorie dite du cholestérol stipulant que le cholestérol bouche les artères.

HOPE 3 est un essai clinique testant la rosuvastatine (la plus puissante des statines à ce jour pour faire baisser le cholestérol dans le sang) contre un placebo ; avec l’espoir insensé ["hope" signifie "espoir" en anglais] qu’on va enfin prouver que ce médicament est bénéfique pour se protéger de maladies cardiovasculaires.

J’écris « espoir insensé » car 4 essais cliniques antérieurs se sont avérés inefficaces ; sauf à accepter de prendre des vessies pour des lanternes. Comme dans l’essai JUPITER, par exemple, où les biais de l’essai (intentionnels ou pas) crèvent les yeux.

Cette terrible inefficacité concernait aussi bien les personnes qui avaient déjà fait un accident cardiovasculaire (prévention secondaire) que celles qui étaient indemnes jusqu’au jour de la prescription (prévention primaire).

Je résume pour ceux qui sont encore un peu naïfs sur le sujet : le plus puissant des médicaments anticholestérol n’a aucun effet sur le risque cardiovasculaire.

Qu’y a t-il de franchement répugnant dans HOPE 3 et qui fait qu’on peut parler d’un nouveau chapitre dans l’histoire des statines ?

« ô rage ! ô désespoir ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? »

Prenons les choses avec humour : les investigateurs de HOPE 3 [et, par la même occasion, tous les commentateurs analphabètes qui en ont vanté les résultats] ont utilisé tous les astuces possibles pour essayer de faire croire que la rosuvastatine a été bénéfique dans HOPE 3.

Quand j’écris « tous les astuces possibles », je veux dire : tout ce qui est encore permis sous couvert des nouvelles règlementations des essais cliniques (problématique longuement expliquée dans mes livres).

Ces nouvelles règlementations s’avèrent donc inefficaces pour protéger les médecins et leurs patients des tromperies organisées par des pseudo-scientifiques rémunérés.

Si je parle d’astuces pour faire croire à l’efficacité de la statine dans HOPE 3, c’est parce qu’une lecture rapide pourrait laisser penser qu’il y a effectivement efficacité.

J’ai rarement vu une telle duplicité dans la façon de conduire un essai clinique et dans la façon de présenter les résultats dans le but évident de tromper les médecins.

Si je dis « tous les astuces possibles », c’est parce qu’en fait il est possible de déterrer les tromperies et mettre à jour ces infamies.

Pourquoi ?

Parce que les nouvelles règlementations ont au moins un avantage : elles obligent les investigateurs (le sponsor et les auteurs de l’article) à dévoiler quelques unes de leurs mauvaises pratiques.

Certes, il faut prendre le temps d’aller consulter les données supplémentaires qui ne sont pas publiées dans l’article princeps, ici dans le New England Journal of Medicine ; dont les éditeurs sont à la fois complices des petites cachoteries mais aussi obligés (pour garder quelque crédibilité) de dévoiler des données qui autrefois étaient cachées.

En quoi y a t-il duplicité ?

Simplement parce que 99.99 % des lecteurs et professionnels de bonne foi n’ont pas le temps (et généralement pas la compétence) pour aller consulter les données supplémentaires qui démasquent la supercherie. Ils se contentent, les pauvres, de lire ce que les investigateurs et les éditeurs du journal veulent bien leur concéder dans l’article publié. Dans HOPE 3, même les conflits d’intérêt des auteurs ne figurent pas dans l’article princeps.

Vous ne me croyez pas ? Vérifiez vous-mêmes !

C’est là ; et c’est gratuit car quelqu’un a payé (devinez qui) pour que vous puissiez vous convertir à cette religion des statines : http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1600176

Cela dit, s’il vous reste un peu d’esprit critique mais que vous manquez de temps et de compétence pour vérifier par vous-mêmes si il y a duplicité ou pas dans HOPE 3, j’ai fait le travail pour vous et je l’ai mis en ligne sur le site web de cette magnifique nouvelle association appelée AIMSIB.

Je l’ai mis en ligne à la fois en français et en anglais.

C’est là : http://aimsib.org/wordpress/blog-du-renard/

C’est du boulot, comme diraient les nains de Blanche-neige, et ça me ferait plaisir que parfois on me dise simplement « merci » !

Au milieu des cris hystériques des analphabètes rémunérés et des attaques incessantes et vicieuses dont je suis l’objet, quelques remerciements ça peut aider !

CONCLUSIONS 

1- contrairement à ce qu’on essaie de faire croire, la statine est inefficace dans HOPE 3

2- il est plus que jamais impératif de pouvoir consulter les données brutes des essais cliniques

3- les experts rémunérés et leurs sponsors n’ont pas perdu tout espoir de s’enrichir avec les traitements anticholestérol. Ils vont s’acharner !

4- le proche avenir risque d’être pire que le passé ; ce qui donne une idée très éclairante de ce que fut le passé ! Pour ceux qui avaient encore des illusions sur l’histoire des statines notamment entre1994 et 2005 !

Amen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La dépression, et la triste désespérance, du Professeur Ioannidis

 

John Ioannidis est professeur à la Faculté de Médecine de Stanford en Californie.

Il est réputé ; et à juste raison ! Mais il m’inquiète…

Je l’aime bien ; c’est un type sympa et il raisonne bien en général ; même s’il n’a pas encore complètement réussi son total affranchissement de l’académisme dogmatique qui pollue les sciences médicales contemporaines.

Par exemple, il semble encore croire que les vaccins sauvent le monde et à peu de frais ; ce que je croyais moi-même aussi il y a encore peu… Chacun doit faire son chemin…

Mais John est jeune (tout juste 50 ans) et, à son âge (en l’an 2000), j’étais moi-même terriblement naïf ; je croyais à tout ce qu’on me disait dans les publications scientifiques ; et je ne prenais pas encore la peine de TOUT lire ; et même entre les lignes. Bref, John va encore progresser, une bonne marge de progression, disent les journalistes sportifs dont j’adooooore la littérature. Mais John m’inquiète…

Il est médecin comme moi et, comme moi au CNRS, sa spécialité en tant que scientifique c’est la méthodologie en recherche médicale, un mélange d’épidémiologie, de statistiques ; et aussi de… « bon sens ».
Nous faisons de notre mieux pour examiner, et éventuellement valider, les études et travaux scientifiques et médicaux qui nous passent devant les yeux. Mais John m’inquiète…

Les « capacités » en statistiques ne sont pas rares dans les sciences médicales de nos jours ; ce qui n’est pas le cas du simple « bon sens » ; et encore moins de l’indépendance, chose qui ne se négocie pas !

John Ioannidis s’est rendu célèbre en 2005 en publiant un article expliquant pourquoi (et comment) la majorité des publications dites scientifiques en médecine ne valent rien, exactement rien, et pour des raisons simplement méthodologiques : manque de respect des règles basiques de la méthode scientifique par les auteurs et investigateurs !

Pas forcément des tricheurs ; surtout des ignorants, un peu naïfs, mais surtout très dépendants du business et du marketing… dans ce monde-là, on ne fait pas de la recherche médicale pour la beauté de ce qu’elle est (et c’est beau !) mais pour faire ou favoriser le business ; et donc entretenir toutes les formes de cupidité ; et généralement, on ne s’en cache pas ; on en est très fier ! « Ouais, monsieur, je travaille avec et pour l’industrie ; j’ai pas honte ; et je veux un retour sur mes investissements personnels ; je veux ce qu’on me doit… »

John et moi avons compris ça en même temps autour de 2005. Mais John m’inquiète…

Pourquoi ?

Il vient de publier dans un grand journal d’épidémiologie clinique [partout les portes sont grandes ouvertes pour John...] un article de confession que je qualifierais de « terrible » tant il détruit les dernières illusions qu’on pourrait avoir sur le mode de fonctionnement actuel de la recherche médicale.

Rien que le titre : « Evidence-based medicine has been hijacked »

Je traduis : « La médecine scientifique a été détournée » ; dans le sens où un avion est « détourné » ; on pourrait dire aussi « kidnappée » ou « piratée » ou encore « confisquée » ; j’espère être compris.

C’est là, c’est gratuit (en pdf) en totalité mais c’est en anglais :

http://www.jclinepi.com/article/S0895-4356%2816%2900147-5/abstract

Je ne vais pas traduire tout l’article qui, à mon sens, traduit surtout un état plutôt dépressif, voire désespéré de mon ami. John m’inquiète…

Que dit-il en résumé ?

1- Les essais cliniques sont construits et conduits dans l’intérêt de l’industrie ;

2- Les analyses de synthèse (les fameuses méta-analyses) sont conduites dans l’intérêt de l’industrie ;

3- Les fonds (les contrats de recherche) nationaux et fédéraux (on est aux USA) sont essentiellement destinés à la recherche expérimentale et pas à la recherche en santé ;

4- Les « meilleurs investigateurs » [là il est très ironique] sécrétés par le système ne sont pas des chercheurs ou des scientifiques doués pour ce travail mais essentiellement des managers chargés de collecter des fonds de recherche pour leurs institutions respectives. Si je mets mon grain de sel ici, ce qu’il veut dire c’est qu’il vaut mieux avoir fait Science-éco ou une des prestigieuse Écoles de Commerce pour prétendre diriger des programmes de recherche prétendument médicale ;

5- Les recherches en thérapie humaine ont été au cours des dernières décennies une suite ininterrompue de miracles avortés ; à quelques exceptions près (c’est mon petit grain de sel) ;

6- L’épidémiologie clinique [mon grain de sel : sur laquelle beaucoup d'avis et recommandations dites officielles sont basés] est un véritable carnaval dont on ne peut tirer généralement aucune conclusion solide ou sérieuse en médecine humaine ;

7- Sous la pression des marchés [mon grain de sel : "la main invisible"], la médecine clinique est devenue une médecine de business ;

8- Dans de multiples circonstances, les politiques de santé et la médecine clinique gaspillent des ressources (financières et humaines) qui seraient beaucoup mieux employées si la priorité était à l’humanisme et pas au business ;

9- Dans de multiples circonstances, la médecine clinique est devenue une menace pour les bien-portants plutôt qu’un secours pour les patients ;

10- Le déni des autorités, des médias et des citoyens face à ces évidences est presque total actuellement ; et tout est fait pour empêcher la prise de conscience.

Je vous l’ai dit, John m’inquiète : est-il au bord du suicide ?

Sa clairvoyance est totale à mon avis. Bien sûr, on peut trouver des motifs de satisfaction et d’espoir. La médecine et la chirurgie d’urgence ont fait des progrès considérables ; et il y a quelques nouveaux médicaments intéressants.

Mais son pessimisme épouvantable vient de la discordance entre l’énormité des moyens [l'industrie de la Santé, de façon générale, représente aujourd'hui presque 18% du PIB des USA, autour de 14% en France] et la maigreur des résultats obtenus.

Certains le discuteront ; et diront que tout va bien ; c’est le point numéro 10 de John…

« Tout va très bien, Madame la marquise… »

C’est là : https://www.youtube.com/watch?v=jGQaz8bfoqE

 

 

 

 

 

L’infarctus du myocarde : toujours autant de victimes mais plus jeunes, plus de femmes, plus de surpoids…

 

Certains optimistes « impondérés » (et aussi subventionnés en général) proclament que depuis l’arrivée des statines et leur prescription pressante [presque rendues obligatoires dans certaines circonstances, et en dépit du moindre bon sens] et massive (une vingtaine d’années de recul environ), nous aurions vaincu les maladies cardiovasculaires ; ou du moins serions-nous sur le point de les vaincre…

Effectivement, avec environ 7 millions de français, 12 millions de britanniques, et  30 à 35 millions d’américains sous statine, on est en droit d’espérer des effets significatifs ; au coût que ça coûte…

Les statistiques officielles (en retard d’une décade environ par rapport à la réalité vraie) montrent que la mortalité cardiovasculaire diminue dans nos pays de façon régulière depuis les années 1960s (le siècle dernier). Autrement dit, la tendance était présente déjà près de 30 ans avant l’introduction massive des statines ; et un minimum d’honnêteté devrait conduire à émettre des doutes quant à l’effet réel de ces dernières par comparaison avec les fabuleux et véritables progrès réalisés dans le traitement de la phase aigüe de l’infarctus (SAMU, Unité coronarienne, défibrillateur, désobstruction coronaire en urgence, stentings multiples, réhabilitation post-infarctus, etcétéra…) et aussi dans la diminution drastique de certaines causes réelles dans certains groupes d’âge. Emblématique mais pas unique, citons la diminution du tabagisme même si on pourrait encore faire mieux… comme le montre la suite !

Un meilleur marqueur (par rapport à la mortalité) des éventuels progrès réalisés en prévention serait donc l’incidence de l’infarctus et des syndromes coronariens en général, et pas la mortalité qui « marque » autre chose que l’effet de la prévention de l’infarctus lui-même.

N’importe quel praticien qui vit les yeux ouverts a pu constater qu’avec les années, non seulement les unités de soins intensifs coronariens ne désemplissent pas ; mais encore que ces unités se sont multipliées sur le territoire français ; ce qui a certainement encore contribué à réduire la mortalité due à l’infarctus ; mais indique de façon claire (car l’offre répond à la demande) que l’incidence de l’infarctus et des syndromes apparentés est encore très élevée et n’a sans doute (soyons prudents, de nombreux facteurs peuvent obscurcir le paysage) pas diminué du tout.

Avouons-le : globalement, nous avons échoué à vaincre l’infarctus !

Même si nous avons moins de décès dus à l’infarctus ; et ce n’est pas un paradoxe comme expliqué plus haut.

Comme d’habitude, les autorités de notre beau pays vont mettre une décennie à comprendre et ceux qui avaient la charge de ce dur labeur encore plus de temps à reconnaître leur échec… Laissons ça et examinons ce qui nous vient d’ailleurs, les USA, avec toujours un peu d’avance et donc généralement annonciateurs de notre propre destinée.

Par exemple ici : http://www.eurekalert.org/pub_releases/2016-03/acoc-hap031816.php

Ce que les investigateurs de la Cleveland Clinic [un parmi les plus grands et fameux hôpitaux américains] ont observé, c’est que les facteurs associés à la survenue de l’infarctus ont changé de façon significative entre 1995 et 2015. Qu’ont-ils vu ?

Outre un rajeunissement et une féminisation des victimes – ce que l’on voit partout y compris en France – c’est plus de tabagisme, plus de surpoids, plus de diabète et plus d’hypertension artérielle.

Ils n’ont pas étudié d’autres véritables causes de l’infarctus, les habitudes alimentaires, le stress et le manque d’exercice physique ; mais c’est déjà un beau travail !

Tous les lecteurs de ce message ont remarqué, sans que j’ai besoin de le dire, qu’un facteur souvent présenté comme majeur manque à l’appel : c’est le cholestérol ou les dyslipidémies en général.

Cette absence peut s’interpréter de façon variable. Soit le cholestérol est tellement bas désormais aux USA qu’il ne constitue plus un danger ; cette hypothèse est peu probable si on écoute les experts « rémunérés » par l’industrie qui au contraire expliquent que le cholestérol est toujours trop haut… quel que soit son niveau…

Ou bien [et c'est l'hypothèse que tout individu ayant quelque expertise et beaucoup d'indépendance doit privilégier], le cholestérol ne joue aucun rôle dans l’infarctus ; il est innocent !

Bref, si on prend un peu de hauteur, il faut reconnaître que ce sont des mauvaises nouvelles : aux USA comme chez nous, les cardiologues et autres employés des Unités coronariennes sont très occupés et la tendance n’a pas l’air de s’inverser, contrairement aux clameurs des experts et académies « rémunérés » qui doivent bien dire quelque chose pour justifier leurs discours et leurs… rémunérations !

Si vous voulez vraiment vous protéger [ou protéger vos patients], il est urgent de lire « Prévenir l’infarctus et l’AVC »…

Ce n’est pas la première fois que je le dis ; et pas la dernière, hélas !

 

 

 

 

 

 

 

 

Protéger son estomac pourrait abîmer le coeur, le rein et le cerveau !

 

Un certain nombre de médicaments sont prescrits pour diminuer l’acidité de l’estomac et, on l’espère, protéger l’estomac ou au moins diminuer les symptômes (brulures, par exemple) liés (supposément) à une hyper acidité gastrique ou à un reflux gastro-oesophagien ; restons simples.

Parmi ces médicaments largement prescrits [notamment par les cardiologues quand ils donnent de l'aspirine à leurs patients car l'aspirine provoquent souvent des brûlures de l'estomac et même des sortes d'ulcères de l'estomac...], il y a la famille des IPP ou PPI (pour proton pump inhibitors en anglais pour les connaisseurs de cette langue).

Je ne rentre pas dans le détail de leurs mécanismes d’action (dits classiques) sur l’estomac ; ils ont remplacé les antihistaminiques H2 [les fameux Tagamet* et Zantac* par exemple] car ils sont considérés par beaucoup comme plus efficaces pour diminuer les symptômes.

Peut-être ; mais tous ces médicaments diminuent ce que certains appellent la barrière gastrique (contre divers agents potentiellement infectieux) et très probablement ont un effet nocif sur la flore intestinale (gut microbiota) ce qui commence à être bien documenté. Voir par exemple:

http://gut.bmj.com/content/early/2015/12/30/gutjnl-2015-310861.full.pdf+html

Parmi les plus célèbres IPP, on se souvient du Mopral* par exemple ; ou du Noxium* ou encore du Pariet* parmi les plus prescrits sans qu’on sache ce que cache vraiment cette étrange multiplicité de molécules à peu près identiques sinon les remplacements successifs des génériqués par des pseudo-nouveaux (non-génériqués)… Ruine de la sécu, connivence des administrations, des politiques et même des académies… Misère… Ne le répétez pas !

Ces médicaments (fort utiles chez certains patients, certes) ont longtemps été présentés comme particulièrement anodins en termes d’effets adverses potentiels.

Et puis certaines complications ont été décrites : par exemple, des entérocolites à Clostridium difficile, une sale petite bête qui porte bien son nom car elle est résistante [c'est une façon de parler, les spécialistes me pardonnent] à la majorité de antibiotiques, et récidivantes ; difficiles à guérir souvent (je n’entre pas dans les détails) ; et puis des déficits en vitamine B12 ; et encore des déficits en magnésium… sans que cela change quoique ce soit au rythme effréné des prescriptions. Les pharmaciens ne disent rien. Évidemment.

Il y a 3 ou 4 ans, certains ont observé que des patients (généralement coronariens) sous IPP devenaient résistants à l’effet antiplaquettaire du Plavix* (ou clopidogrel, le concurrent de l’aspirine); et d’autres ont prétendu que cette résistance inattendue pouvait être surmontée par des capsules d’oméga-3 ; j’en parle dans notre livre sur la « Prévention de l’infarctus et de l’AVC ».

C’est très embêtant ça ; parce que cela signifie que les IPP augmentent le risque de complications cardiovasculaires chez certains patients, des patients à risque élevé puisqu’on leur a prescrit du Plavix*.

La majorité des médecins (et leurs médias spécialisés) ont fait comme s’ils n’entendaient pas…

Patatras, voilà que plusieurs équipes rapportent ces jours-ci des effets adverse multiples de ces médicaments. Je résume :

1- plus d’infarctus chez les patients sous IPP, 15% d’augmentation du risque !

2- une augmentation (doublement) de la mortalité cardiovasculaire ; ça commence à faire beaucoup !

3- 50% d’augmentation du risque de développer une insuffisance rénale chronique !

4- 44% d’augmentation du risque de démence (type Alzheimer) chez les séniors.

5- auxquels on peut ajouter un effet néfaste sur la flore intestinale (cf. la référence citée plus haut).

Conclusion : les IPP sont toxiques et les prescriptions d’IPP sont souvent (pour au moins 70% d’entre elles) irrationnelles donc inutiles, selon des auteurs indépendants de l’industrie.

Un conseil d’ami : essayez de vous en passer ; demandez à votre médecin de trouver des alternatifs, non médicamenteux de préférence ; c’est très possible !

MERCI de vos TÉMOIGNAGES !

 

 

 

 

 

 

 

 

Conférence au Mans le 21 Mars

 

Je vous invite à me rejoindre à la Librairie THUARD, Le Mans Centre ville.

Lundi 21 Mars 2016 à 20:00.

Conférence sur « Le nouveau Régime Bio Méditerranéen ».

On pourra parler d’autres choses évidemment, une fois qu’on aura bu un verre…

Entrée gratuite pour les adhérents d’INFOVIE-BIO, 5€ pour les non-adhérents, tant pis pour eux, z’avez qu’à…

Pas beau ça ?

 

 

 

Statines, grippe saisonnière et vaccin antigrippal

 

Certains visiteurs (habitués ou nouveaux-venus) de ce blog pourraient s’étonner que dans le même billet, j’aborde des questions apparemment aussi disparates que les statines anticholestérol et la grippe ; et aussi les vaccins.

Serais-je en train de « perdre mon latin » ?

Serais-je en train de disperser mon énergie à propos de causes hétérodoxes ou hétéroclites ?

Pas sûr ! Quelques mots d’explication.

D’une part, ne pas oublier que les lipoprotéines qui transportent le cholestérol sont aussi notre première protection immunitaire et antivirale. On le sait depuis longtemps, on est plus sensible aux infections quand on a peu de cholestérol circulant.

D’autre part, les actualités s’entrechoquent et m’amènent à discuter « plein champ » les questions des statines et aussi des vaccins ; et puis les choses s’enchaînent avec toujours le même scénario : idées toutes faites, clameurs stupides de gens incultes ou apparemment « très bien informés » en haut de la pyramide, paralysie de la pensée, désinformation, interprétations hâtives, conclusions erronées …

Vous connaissez la suite…

Je refais l’histoire récente, et en brève.

Des investigateurs observent que les patients sous statines ne sont pas protégés par le vaccin anti-grippal. Bon Dieu !

Un résumé (plutôt niaiseux) de la question se trouve ici (désolé c’est en anglais mais ça m’évite de le faire en intégral) : http://www.medscape.com/viewarticle/858868?nlid=100443_3801&src=WNL_mdplsnews_160219_mscpedit_card&uac=78143HG&spon=2&impID=996468&faf=1

Que dit la dame (pour ceux qui ne lisent que le français) ?

Après un bref historique des idioties publiées ces dernières années par des épidémiologistes proclamant que les statines diminuaient le risque d’avoir (et la sévérité de) la grippe annuelle [ça vaut son pesant vu que la dame se contente de raconter sans aucun esprit critique...], elle dit simplement que sur la base d’études très récentes et un peu plus sérieuses qu’en fait les statines diminuent l’efficacité du vaccin anti-grippal.

Et donc, en théorie, les statines ont peu de chance de diminuer le risque de grippe.

Cela questionne fortement [à condition évidemment de croire que les statines et le vaccin antigrippal sont utiles...] la prescription systématique de statines chez ceux qui craignent les conséquences d’une grippe (notamment chez les séniors) ou l’utilité du vaccin antigrippal chez ceux qui se voient prescrire une statine.

Devons-nous renoncer aux statines, au vaccin antigrippal ou aux deux ?

Cela demande peut-être réflexion !

Mais vivons-nous dans une époque où on réfléchit ? Un peu ?

Première réflexion : les statines sont-elles utiles ?

Réponse : non !

Deuxième réflexion : le vaccin antigrippal est-il utile ?

Réponse : non !

Selon les dernières nouvelles, en effet (à confirmer), le vaccin 2015-2016 ne contient pas les antigènes correspondant à l’épidémie vécue actuellement…

Il existe dans certains pays, notamment aux USA, un profond mouvement proclamant qu’en matière de médecine industrielle (médicaments et vaccins), on en fait trop et que « moins on en fait et mieux c’est » ; sauf quand c’est indispensable évidemment ; et malheureusement ce n’est pas rare…