STATINES ET CHOLESTEROL : ILLUSIONS SCIENTIFIQUES ET MEDICALES

Les statines sont des médicaments qui abaissent le cholestérol du sang. Sont-ils utiles pour empêcher l’infarctus et diminuer la mortalité cardiovasculaire ? Ce texte vise à éclairer les lecteurs pressés sur ces deux points. Rien ne peut remplacer toutefois la lecture attentive de mes deux livres sur « l’innocence du cholestérol » et sur « cholestérol, mensonges et propagande ».

INTRODUCTION

Les statines sont des médicaments qui abaissent le cholestérol du sang.
Ce sont des médicaments très efficaces, très supérieurs à tout ce que l’on a connu auparavant comme régimes ou médicaments anti-cholestérol.
Ils représentent désormais un des plus gros chiffres d’affaire de l’industrie pharmaceutique avec près de 7 millions d’utilisateurs plus ou moins réguliers rien qu’en France. Plus prosaïquement, ils sont responsables à eux seuls d’un déficit d’environ un milliard d’euros par an de l’Assurance Maladie.
Ces médicaments anti-cholestérol soulèvent deux importantes questions:
premièrement, est-ce que leur puissance anti-cholestérol se traduit effectivement par une diminution du risque de mourir d’une crise cardiaque ou de faire un infarctus du myocarde ?
Deuxièmement, y a-t-il un prix à payer sous forme d’effet toxique, en parallèle à cette diminution du cholestérol ?
En d’autres termes, les statines sont-elles bien tolérées ?
Ce texte vise, après quelques généralités, à répondre simplement et brièvement à ces deux questions.

GENERALITES
Les statines agissent sur le cholestérol par un mécanisme biologique clairement identifié : blocage partiel du système enzymatique qui gouverne la synthèse du cholestérol dans nos cellules, notamment au niveau du foie.
Il y a en effet deux sources de cholestérol : le cholestérol de l’alimentation – qui ne joue aucun rôle sur le niveau de cholestérol dans le sang – et le cholestérol que nos cellules fabriquent elles-mêmes en fonction de leurs besoins.
Toutes nos cellules sont capables de synthétiser le cholestérol car elles ont toutes besoin de cholestérol pour structurer leurs membranes, et avoir une fonctionnalité optimale.
Mais certaines cellules ont besoin de plus de cholestérol que leurs besoins propres car, à partir du cholestérol, elles fabriquent des substances très importantes pour notre physiologie générale.
Elles exportent ensuite ces substances vers d’autres cellules. Par exemple, les ovaires et les testicules fabriquent les hormones sexuelles – indispensables à la reproduction, donc à la survie de l’espèce – à partir du cholestérol. Aussi à partir du cholestérol, les glandes surrénales fabriquent les stéroïdes, ou hormones du stress, indispensables, par exemple, pour échapper aux prédateurs ou bien pour chasser le gibier et se nourrir (et encore survivre).
Pour ces raisons, le cholestérol fait l’objet d’un transport permanent dans le sang des organes producteurs de cholestérol – notamment le foie – vers les organes gros utilisateurs du cholestérol, par exemple les glandes sexuelles.

Le cholestérol mesuré lors de la prise de sang ne renseigne donc que sur le transport sanguin du cholestérol, et pas du tout sur son rôle physiologique.

Ce sont des lipoprotéines – des complexes moléculaires – qui assurent ce trafic sanguin du cholestérol. La principale lipoprotéine est appelée LDL, de l’anglais Low Density Lipoprotein.
Le cholestérol est livré aux organes qui en ont besoin via un système de récepteurs appelés LDL-récepteur.
Les statines diminuent la synthèse du cholestérol essentiellement dans le foie, le principal organe producteur.

Information cruciale donc : le cholestérol est une molécule indispensable à la vie de nos cellules et aussi indispensable à notre santé.

Vouloir à tous prix, ou espérer inconsidérément, avoir un cholestérol bas ou très bas – ou le plus bas possible comme disent certains médecins inconscients ou victimes du marketing de l’industrie pharmaceutique – ne relève d’aucune rationalité scientifique.
De plus, comme je l’explique longuement dans mes livres, le cholestérol est innocent de tous les maux qui lui sont attribués – ce qui fait l’objet de la deuxième partie de ce texte.
Manquer de cholestérol, y compris de façon relative, peut avoir de graves conséquences pour notre santé et c’est l’objet de la troisième partie de ce texte.
Auparavant, il faut rappeler ce qu’est un déficit sévère et spontané en cholestérol, c’est-à-dire en l’absence de tout médicament ou régime anti-cholestérol.
Le plus fréquent de ces syndromes héréditaires est le Syndrome de Smith-Lemli-Opitz.
Ce syndrome nous apprend beaucoup et montre, en dehors de toute toxicité médicamenteuse, quelles sont les conséquences d’un cholestérol bas ou très bas. Ce syndrome est relativement fréquent, environ 1 cas pour 5000 naissances, en ne tenant compte que des cas très sévères détectés à la naissance du fait d’anomalies morphologiques. Les cas “bénins” sont probablement beaucoup plus fréquents. Dans ce cas, les manifestations infectieuses (faiblesse du système immunitaire) et psychiatriques – autisme, suicide, délinquance – sont au premier plan.
Ce tableau clinique rappelle les données épidémiologiques concernant la relation entre le cholestérol et l’espérance de vie à l’âge adulte : en bref, les sujets avec un cholestérol bas ont une espérance de vie diminuée par rapport à ceux qui ont un cholestérol dit normal ou modérément élevé (selon les nouvelles normes).
Les causes des décès associés à un cholestérol bas sont essentiellement des morts violentes (accidents et suicides) et des cancers.
Il nous reste certes beaucoup à apprendre sur ce syndrome mais il est urgent que les médecins et le public soient informés de ces notions médicales cruciales afin que l’actuel délire concernant l’absolue nécessité de diminuer le cholestérol cesse rapidement.

ABAISSER SON CHOLESTEROL EST-IL BON POUR LA SANTE ?

Cette question fait l’objet de nombreuses discussions et polémiques parmi les experts depuis environ 50 ans, comme raconté dans deux livres récents (ci-dessous) en français.
Michel de Lorgeril. “Cholestérol, mensonges et propagande” Editions Souccar, 2008.
Michel de Lorgeril. “Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent ” Editions Souccar, 2007.
L’idée qu’il faille avoir un cholestérol bas pour être en bonne santé est basée sur la théorie du cholestérol qui dit de façon schématique : plus on diminue le cholestérol et plus on diminue le risque d’avoir un infarctus.
Et aussi : plus le risque d’avoir un infarctus est élevé et plus la diminution du cholestérol est efficace pour l’empêcher.
Un examen lucide de cette théorie montre qu’elle ne tient pas debout scientifiquement, tout simplement.
En fait, la seule manière de montrer sans ambigüité que diminuer le cholestérol est bon pour notre santé, c’est de faire des essais cliniques avec un tirage au sort et constitution d’un groupe expérimental. Les patients dans ce groupe reçoivent le médicament et sont comparés à un groupe témoin qui reçoit un placebo.
Les autres études – chez l’animal, dans des tubes à essai ou chez l’homme mais sans tirage au sort – ne permettent pas de conclusions.
En particulier, les études épidémiologiques montrant une relation entre cholestérol et risque d’infarctus du myocarde ont une très faible validité scientifique (voir les livres cités ci-dessus).

Cette évidence a été parfaitement comprise par l’industrie pharmaceutique et ses alliés qui depuis quelques années basent l’intégralité de leur marketing sur les essais cliniques.

Malheureusement, il est devenu clair que des essais cliniques conduits par des sponsors souhaitant que – c’est la notion de conflit d’intérêt – les résultats soient favorables au produit n’ont pas de valeur scientifique car ils sont contaminés par des biais méthodologiques.
Ceux-ci sont souvent manifestes pour des investigateurs expérimentés mais difficiles à détecter par les médecins, y compris les universitaires, qui tombent souvent dans ces pièges grossiers du marketing.
Aujourd’hui, de plus en plus de voix se font entendre pour dire que la majorité des essais cliniques testant les statines, notamment ceux présentant des résultats spectaculaires en faveur des statines, sont massivement biaisés.
Comme raconté dans les livres cités ci-dessus, il y a eu environ 25 essais cliniques testant une des statines commercialisées. Quand les essais publiés sont favorables au produit testé, tout observateur impartial ne peut manquer de constater que : 1) ils font l’objet d’un marketing intensif auprès des médecins ; 2) ils présentent très souvent des défauts techniques rendant extrêmement douteux leur validité; 3) ces défauts techniques sont plus ou moins masqués rendant leur identification difficile par des médecins peu experts en statistiques.

Parmi les mises en scènes les plus caricaturales, on notera celles concernant les effets des statines dans :
1) l’insuffisance cardiaque,
2) l’insuffisance rénale,
3) le diabète,
4) la prévention des accidents vasculaires cérébraux,
5) la protection des patients avec une pathologie aortique.

Certains experts remettent également en cause l’efficacité des statines dans diverses autres circonstances, notamment chez les seniors (les plus de 70 ans pour faire simple), les femmes (quelque soit l’âge et la pathologie sous-jacente) et les enfants.
Comme il est impossible de faire un bilan des essais avec des statines dans un court texte, on va décrire, à titre d’illustration, un exemple récent : l’étude JUPITER.
JUPITER est le nom d’un essai testant la rosuvastatine chez des personnes indemnes de toute maladie justifiant un traitement et qui n’avaient même pas un cholestérol élevé dans le sang.
Les investigateurs et le sponsor posaient l’hypothèse que même en l’absence de cholestérol élevé et de maladies artérielles, il pouvait être très utile de prendre cette statine (probablement à vie) pour se protéger de l’infarctus et de l’accident vasculaire cérébral.
Avant JUPITER, aucun essai n’avait montré que la rosuvastatine pouvait sauver des vies ou diminuer le risque d’infarctus.
Au contraire, deux essais conduits chez des patients très malades (insuffisance rénale ou dysfonction cardiaque) – et chez lesquels il était initialement prétendu que, parce qu’ils étaient gravement malades, ils profiteraient d’autant plus d’une diminution sévère de leur cholestérol – s’étaient avérés totalement négatifs.
Autrement dit, des diminutions drastiques du cholestérol n’avaient eu aucun effet bénéfique, en contradiction totale avec la théorie du cholestérol.
Le plan d’analyse initial de JUPITER était que les patients devaient être suivis au moins 4 ans pour espérer voir un effet bénéfique du traitement.
Mais au bout de moins de deux ans, JUPITER a été arrêté par le sponsor et les investigateurs sous prétexte que les effets bénéfiques étaient extraordinaires.

C’était un peu comme si dans une course de chevaux prévus sur 4 tours d’hippodrome, les organisateurs (qui avaient eux-mêmes engagé un cheval et parié très gros sur lui) décident d’arrêter la course après moins de 2 tours sous prétexte que leur favori a une si grande avance qu’il ne peut plus être rattrapé !

Les investigateurs et le sponsor ont prétendu que les sujets recevant la statine bénéficient d’une “diminution importante de la morbidité et de la mortalité cardiaque”.
En fait, un examen attentif des chiffres, et quelques petits calculs, montrent sans ambigüité que le nombre de décès d’origine cardiovasculaire est identique dans les deux groupes.
Pire, si on admet qu’il y a eu réellement moins de complications non mortelles, cela signifierait il y aurait eu dans JUPITER une diminution des infarctus sans diminution de la mortalité par infarctus !
Pour un épidémiologiste, ceci est impossible car la mortalité de l’infarctus est d’environ 50% quelque soit la population étudiée. Un calcul rapide montre que cette mortalité de l’infarctus est inférieure à 10% dans le groupe non traité, ce qui est à nouveau impossible.
Ces incohérences cliniques, observées dans le contexte d’un essai arrêté prématurément sans raison, indiquent que les résultats de JUPITER sont sévèrement biaisés et peu crédibles.

Il faudrait une enquête quasi policière pour déterminer si ces biais ont été construits intentionnellement, ou s’ils ont été involontaires.

Ceci dit, les résultats de JUPITER sont sans intérêt pour les médecins.
Pourtant, ils ont fait l’objet d’un concert médiatique particulièrement bruyant, faisant même la Une de quotidiens d’information générale comme Le Figaro.
Tous les grands médias spécialisés ont repris les résultats de JUPITER sans aucune critique.
Très peu de voix se sont fait entendre pour émettre des doutes.
Mais il y a pire : trois mois plus tard, deux nouveaux articles publiés dans des revues prestigieuses rapportaient à nouveau des résultats de JUPITER, soit disant originaux, mais utilisant la même base de données biaisées. On fait comme si une nouvelle étude JUPITER a été réalisée. Cette répétition de résultats est utilisée systématiquement par le marketing industriel selon les techniques de la propagande.
Si JUPITER était un cas unique, ce pourrait être anecdotique. Mais presque tous les essais des statines présentent les mêmes défauts rédhibitoires.
L’inspection objective des essais testant les statines nous conduit à conclure qu’il n’y a pas de démonstration scientifique convaincante que diminuer le cholestérol avec une statine a des conséquences favorables pour la santé.
Y a-t-il des inconvénients des statines ?

LES EFFETS DELETERES DES STATINES

Beaucoup de médecins ont des doutes concernant les effets protecteurs des statines.
C’est leur pratique qui a suscité ce scepticisme : ils n’ont pas l’impression que les patients traités sont protégés par rapport à ceux qui ne sont pas traités.
Mais ces impressions sont subjectives et par prudence ils continuent de prescrire en espérant que si ces médicaments ne font pas de bien au moins ils ne font pas de mal.
C’est une grave erreur !
Mais nul ne saurait le leur reprocher car tout est fait aujourd’hui pour leur donner l’illusion que les statines sont parfaitement tolérées. En effet, on peut lire sous la plume de scientifiques renommés que les effets secondaires des statines sont rarissimes.
Par exemple, selon ces drôles d’experts, moins d’un patient sur 1000 présenterait des symptômes musculaires ou ligamentaires sous statine.
Cette information est répétée ad nauseam dans les congrès et journaux médicaux.
A l’autre extrême, pour certains experts examinant cette question non pas dans des essais cliniques sponsorisés par l’industrie mais dans des consultations de patients non sélectionnés (bref, dans la vraie vie), près d’un patient sur deux se plaindraient de troubles musculaires sous l’effet des statines.
Le contraste est saisissant !
La question de savoir qui il faut croire ne se pose même pas.
D’un côté, des investigateurs désintéressés qui n’ont aucune raison de noircir le tableau, de l’autre, des employés de l’industrie avec des conflits d’intérêt si énormes qu’il n’est même pas utile de les commenter !
Cette toxicité musculaire a de graves conséquences car elle dissuade de pratiquer un exercice musculaire significatif qui pourrait être crucial voire salvateur dans certains conditions cliniques notamment dans le diabète, l’insuffisance cardiaque et après un infarctus du myocarde.
Outre les symptômes musculaires, ligamentaires, hépatiques ou digestifs qui peuvent empoisonner la vie quotidienne des patients, ou de sujets en très bonne santé par ailleurs s’ils ne consommaient pas ces médicaments, il y a aussi des effets sournois des statines – et des traitements anti-cholestérol en général – qui sont beaucoup plus inquiétants.
En bref, ces effets secondaires restent longtemps silencieux cliniquement.

Ils sont mal documentés car on n’a jamais vu des industriels se faire de la contre-publicité à moins d’y être contraints.
Cette absence de documentation – d’autant plus alarmante que rien n’est fait pour la corriger – doit nous inciter à la plus grande prudence. Un scientifique doit s’abstenir de déclarations intempestives en l’absence de documentation étayée. Inversement, la gravité des soupçons en l’absence de bénéfices de ces traitements, le Principe de Précaution et finalement le devoir d’informer les patients traités nous incitent à ne pas rester silencieux.

De fait, des données convergentes font penser que diminuer le cholestérol – notamment avec des médicaments – augmente le risque de cancers de façon substantielle dans certaines circonstances.

Quoique nous nous refusions à tout alarmisme, il semble que dans certaines catégories d’âge – au-delà de 60 ans– l’augmentation du risque puisse être importante (>50%) et sur une période de traitement brève, moins de 5 ans.
Il serait urgent que des experts indépendants de l’industrie se penchent attentivement sur cette question. Une incitation administrative y contribuerait.
D’autres effets secondaires, également difficiles à diagnostiquer et très mal documentés, concernent la toxicité neurologique des statines. Des données scientifiques solides et des témoignages multiples nous semblent très inquiétants.
Comme pour le cancer, les connaissances actuelles sur les effets des statines sur le déclin cognitif sont décrites et discutés dans le livre “cholestérol, mensonges et propagande”.

CONCLUSIONS

Les statines sont d’excellents médicaments pour diminuer le cholestérol. Les données scientifiques nous indiquent toutefois que diminuer le cholestérol ne sert à rien car il est dans la très grande majorité des cas totalement innocent de tous les vices qu’on lui attribue.
Un cholestérol élevé peut certes être révélateur d’un mode de vie délétère, mais le cholestérol est un témoin innocent.

Diminuer le cholestérol avec un médicament sans modifier le mode de vie ne réduit pas le risque d’infarctus et n’augmente pas l’espérance de vie.

Pire, les traitements anti-cholestérol, y compris les statines, ont des effets secondaires sévères et souvent torpides et un cholestérol bas est associé à une diminution de l’espérance de vie.

349 réflexions au sujet de « STATINES ET CHOLESTEROL : ILLUSIONS SCIENTIFIQUES ET MEDICALES »

  1. Robert

    J ai 48 ans je me suis fait operer d une carotide bouchee a 85%
    tous le sautres axes vasculaires sont parfaits
    Depuis j ai perdu 10 kg j ai arrete de fumer je cours 30 minutes 4 fois par semaine je mange bq de salades legumes et fruits
    J ai ete mis sous plavix et crestor mais avec ce dernier myalgies terribles et mal etre
    Je l ai arrete
    Mais ldl a 2 gr et choesterol total a 2 ,49
    Antecedants familiaux cardiaque tres charges et chez des jeunes
    Que dois faire merci ?

  2. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article

    @Robert : 

    Je comprends votre anxiété mais ne peut répondre en 2 min sur ce Blog …
    Première URGENCE : vous procurer et lite ATTENTIVEMENT mon dernier livre "Prévenir l’infarctus et l’AVC"
    Deuxième URGENCE : mettre en pratique le mode de vie recommandé dans ce livre …
    Et tout ira bien, au moins de façon proportionnelle à votre respect des conseils qui vous sont donnés !

    Bon vent, matelot, vous avez maintenant le bon cap, pas de récif en vue si vous suivez votre compas !

  3. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article

    @Robert : 

    Vous êtes sur la bonne voie, bravo, mais il reste URGENT de lire mon dernier livre "Prévenir l’infarctus" pour la suite des opérations ; je ne vais pas vous en faire une photocopie ici …

    Oubliez votre cholestérol si vous suivez mes conseils de mode de vie, haut ou bas, il est innocent …

    Bon vent, matelot, le port est en vue

  4. Had62000

    Bonjour Docteur,
    Concernant les grandes études de cohorte sur l’intérêt des statines vous vous basez souvent sur les données de mortalité toutes causes et sur celles spécifiquement cardiaques et vous dites qu’il n’y a pas de différence entre les groupes de manière générale (je ne vais reprendre chacune des études).
    Bien que la grande majorité des études soient sponsorisées par les labos, des différences en terme d’évènements cardiovasculaires existent (je prendrai l’exemple de l’étude IDEAL et la ligne "any cardiovascular event")
    Donc on pourrait supposer que l’effet des statines est réellement protecteur mais que les patients qui sont victimes de ces effets cardiovasculaires sont mieux pris en charge que par le passé (exemple du SAMU pour les infarctus, thrombolyse etc) et donc que le critère de mortalité de toutes causes ou uniquement cardiaque n’est pas le meilleur indicateur même s’il est le plus fiable
    Le diagnostic clinique d’infarctus par exemple est réalisé de la même manière entre les 2 groupes, donc les données brutes sont équivalentes, alors seule l’intervention du sponsor pourrait dans ce cas expliquer la différence d’évènements cardiovasculaires …

    Merci par avance.

  5. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article

    @Had62000 : 

    Cher Hadrien,
    Je ne sais si vous êtes médecin ou étudiant mais vous avez quelque vocabulaire qui pourrait le laisser supposer …
    Par contre, je devine que vous n’avez pas bien compris les sciences médicales : par exemple, vous confondez les études de cohortes et les essais cliniques randomisés ce qui évidemment entraîne beaucoup de confusion … à moins que cette impression soit due à la rapidité de votre message …
    Et si je ne peux discuter chacun des points que vous soulevez, je puis vous recommander de lire mon livre "cholestérol, mensonges et propagande" où j’ai essayé d’expliquer un peu les sciences médicales …

    Ceci dit, je puis vous dire que l’essai IDEAL que vous prenez curieusement en exemple (vous n’êtes pas les seul !) est négatif et toute analyse a posteriori doit être prise avec prudence ou pas du tout !

    J’ai également surligné dans votre message votre assertion concernant la fiabilité des complications enregistrées ; et vous n’avez pas peur des "sophismes" : "pas le meilleur quoique le plus fiable" … ça veut dire quoi ça ?

  6. Had62000

    Le critère de mortalité est indiscutable et n’est pas soumis à interprétation à la différence d’un infarctus qui repose sur des critères cliniques plus difficilement vérifiables, en ce sens le critère de mortalité est le plus fiable mais, à mon sens, pas forcément le meilleur puisque la mortalité découle de l’incidence d’événements cardiaques mais aussi de la prise en charge de ces événements. Donc sous réserve que les données n’ont pas été trafiquées, si le traitement par statines réduit le nombre d’événements cardiovasculaires mais pas la mortalité ça ne veut pas forcément dire que le traitement n’est pas efficace mais que l’on peut supposer que la prise en charge derrière a été de qualité et que l’on a pu "rattraper" le coup si je puis dire.

       Je ne pratique pas les sophismes, ni la désinformation, je ne suis pas prisonnier d'un système de pensées, je cherche à développer mon esprit critique et même si je suis ouvert à vos thèses ça ne m’empêche pas d'y réfléchir et d’émettre des critiques. Je reconnais la confusion dans ma première phrase mais je connais un peu, pas autant que vous c'est évident les essais cliniques et leur fonctionnement, les biais de censure, d'inclusions, les conflits d’intérêt etc... A défaut de me recommander de lire votre livre, que je lirai par ailleurs j'aimerais juste une réponse concernant le point soulevé, sans condescendance. Signé un étudiant en pharmacie. 

    Merci à vous.

  7. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article

    @Had62000 : 

    Sans condescendance : en épidémiologie cardiovasculaire, le "case-fatality rate" indique le risque de décéder au moment d’une crise cardiaque, calculé sur 3 semaines en général et en incluant les décès survenant avant l’arrivée à l’hôpital, pendant l’hospitalisation et juste après en être sorti !
    Il tourne autour de 50% en moyenne (ça dépend des pays), la plus grosse part des décès étant les "morts subites" avant l’hôpital, au-delà de toutes possibilités "curatives" donc !

    Dans un essai clinique, les patients sont tirés au sort ; et ni le patient ni l’investigateur ne savent qui a le traitement testé et qui a le placebo : donc égalité parfaite !
    La qualité des soins apportés au moment de la crise cardiaque ne permet donc pas de "rattraper le coup" si il y a une différence dans l’incidence des décès ou des infarctus (dont les critères diagnostics sont très précis) !
    Il ne faut pas confondre "essai clinique" et "étude de cohorte" …
    Bien à vous et sans condescendance !

    NB : J’ai tellement de pseudo-scientifiques et mauvais médecins (mais tous excellents perroquets savants) qui me critiquent en toute ignorance des basiques des sciences médicales que j’ai parfois la réplique un peu allègre ; veuillez m’excuser si je vous ai froissé !

  8. JJ

    Je trouve cet article très intéressant.
    Je me pose actuellement la question sur les nombreux effets des statines sur l’organisme.
    En effet, j’ai 30 ans et je suis suivit depuis mon enfance pr soit disant une hypercholestérolémie familiale.
    D’abord traité par Questran étant jeune j’ai ensuite pas mal navigué avec les statines (elisor, crestor, dernier en date inegy) du fait des effets secondaires dont à chaque fois des myalgies diffuses. Le dernier en date, l’inegy, m’a permis un mois après sur bilan une normalisation au niveau de l’EAL.
    Ce dernier bilan à également montré une TSH augmentée à 6,66 et CPK légèrement augmenté. Pure coïncidence après la prise de ce traitement pendant un mois alors que mon bilan thyroïdien était strictement normal jusqu’à présent ?
    La réponse du médecin traitant à été sans appel : mis sous levothyrox sans 2ème contrôle de TSH à 1mois ni de dosage de T4 et Ac anti TPO.
    Simplement une écho thyroïdienne qui d’ailleur est normale.
    La médecine est elle devenue un symptôme = un traitement ?

  9. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article

    @JJ :  

    Votre question : la médecine est-elle devenue un symptôme = un traitement ?

    Réponse : c’est effectivement le fondement de la médecine occidentale moderne, dite aussi pasteurienne, car elle repose sur le modèle "infectieux" : un micro-organisme, une maladie, un antibiotique !

    c’est un peu "idiot", mais c’est comme ça, et à ‘encontre de toutes les médecines dites traditionnelles … Je vous laisse à vos réfléxions mais vous donne un conseil avant de continuer à vous empoisonner pour votre HF : lisez bien sur ce Blog (ou dans mes livres, c’est plus complet !) ce que je raconte sur cette terrible maladie qui dans 99,9% des cas n’en est pas une … Bon courage !

  10. ghis

    Bjr. quelqu un pourrait il me dire quelque chose sur le fait que j ai en CPK TOTALES 276. Cholesterol 2.26. 44vs 1ereheure.70 vs en 2eme heure. je souffre d une spondy fibromyal
    j ai perdu y a 3 ans 15bons kilos depuis je maintiens
    Jrs etais sportive velo em salle. 30kms

     marhche 2fois semaine 15kms allerretour 4h.merci pour votre reponse. j ai eu aussi une pcr de 136. Bien cordialement 
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