Cholestérol, statines et diabète : "Lettre ouverte" au Pr Grimaldi

Voici le texte (repris par quelques médias) de la Lettre ouverte que j’ai adressée au Pr Grimaldi, le diabétologue qui a pris la tête des “défendeurs” de l’utilisation massive des statines chez les diabétiques et aussi beaucoup d’autres personnes dites “à risque”.
L’enjeu est de taille pour l’industrie (et ses experts subventionnés) car le diabète est typiquement une situation à haut risque de complications cardiovasculaires. Si diminuer le cholestérol avec une statine n’est d’aucune utilité chez les diabétiques, il y a peu de chance que ce soit utile chez d’autres patients “à risque élevé”.


LETTRE OUVERTE AU Pr GRIMALDI DIABÉTOLOGUE

Cher ami et collègue,
Dans diverses tribunes, vous vous insurgez ces jours-ci contre les écrits du Pr Even concernant le cholestérol et les statines.
Je vous sais honnête et de bonne foi ; je sais que votre principale préoccupation est la santé et l’avenir de vos patient ; et je vois qu’avec humilité vous ne prétendez pas déborder les limites de votre spécialité, le diabète.
Je m’adresse donc à vous diabétologue pour parler du cholestérol et du diabète avec confiance car je pense que vous saurez écouter avec attention et modestie un autre spécialiste de ces questions qui depuis plus de 10 ans, et avec des collègues de toutes nationalités, donne l’alerte, y compris dans des publications de haut niveau scientifique.
Vous écrivez que les statines sont de bons médicaments pour les diabétiques et qu’il faut baisser le cholestérol de ces patients ; c’est votre droit de le penser mais c’est autre chose de le prouver sur une base scientifique solide.
Comme vous le savez, pour prouver (au sens vulgaire du terme) une théorie médicale et scientifique, il faut faire des essais cliniques avec tirage au sort et double aveugle ; il faut clairement définir une hypothèse a priori pour ne laisser aucune place au hasard, sélectionner une population adaptée à l’hypothèse testée – ici des diabétiques – et décrire à l’avance les procédures de l’essai (date de début et de fin de l’essai par exemple) et les tests statistiques qui permettront de vérifier cette hypothèse.
Telles sont les règles et pratiques de la bonne recherche clinique, vous le savez aussi bien que moi.
Combien d’essais cliniques testant les effets d’un médicament faisant baisser le cholestérol chez des diabétiques, et respectant ces règles basiques, ont été publiés à ce jour ?
Quatre, et pas un de plus : ils s’appellent CARDS, ASPEN, 4D et FIELD.
Comme vous le savez, trois de ces essais sont totalement négatifs : ASPEN, 4D et FIELD.
Le 4ème, le fameux CARDS, souffre d’un grave problème méthodologique puisqu’il a été arrêté prématurément (deux ans avant le terme calculé dans l’hypothèse a priori) en l’absence de toute justification clinique acceptable – malgré les proclamations des auteurs et du sponsor Pfizer – puisqu’au moment de l’arrêt, on comptait exactement 24 décès cardiaques dans le groupe recevant le placebo contre 18 dans le groupe recevant la statine. La mortalité totale – ou l’espérance de vie sur cette courte période de temps – n’était pas non plus différente d’un groupe à l’autre. Il y avait donc grande urgence à ne pas amputer, en l’interrompant (hors protocole), cet essai clinique. Je vous accorde qu’on pourrait, avec une coupable indulgence, créditer ces investigateurs – et l’atorvastatine testée – du bénéfice du doute.
Malheureusement, les deux autres essais testant l’atorvastatine chez des diabétiques sont totalement négatifs, ce qui du moins nous permet de lever le doute concernant CARDS. En plus – et c’est une observation très en défaveur des investigateurs – ceux-ci n’ont pas déclarés leurs multiples liens d’intérêt avec des entreprises commerciales.
Vous pourriez évoquer d’autres essais cliniques où des investigateurs – peu regardants sur les principes et règles – ont analysé a posteriori les effets d’une statine ou d’une autre sur des sous-groupes de diabétiques constitués sans tirage au sort. Ces études ont une très faible valeur scientifique, vous le savez, et ne devraient même pas être évoqués quand il s’agit de la santé, de la sécurité, et de l’avenir de nos patients.
Un dernier point, cher ami, concerne justement l’effet des statines sur la survenue de nouveau diabète chez des patients jusque-là indemnes.
C’est un très grave problème de Santé Publique et la Food and Drug Administration (FDA) des USA a lancé une alerte en 2012 à ce propos. Vous n’êtes pas sans savoir que ce risque a été admis autour de 30% dans les essais commerciaux type JUPITER et jusqu’à 70% dans les études de cohortes indépendantes comme la Women Health Study. Outre l’évidente minimisation du problème par les commerciaux, c’est considérable – des dizaines de milliers de nouveaux diabétiques en France chaque année à cause des statines – et c’est tragique quand on mesure toutes les complications non cardiovasculaires (maladies infectieuses, déclin cognitif, dépression, pathologies rénales et oculaires ; et surtout nouveaux cancers) auxquelles sont exposés les diabétiques.
Le seul argument des tenants des statines chez les diabétiques, c’est de prétendre qu’il n’y a là aucun problème puisque les diabétiques seraient protégés par leurs statines ; ce qui est absolument faux pour les complications cardiovasculaires (comme démontré ci-dessus) et évidemment aussi pour les complications non cardiovasculaires que les statines au contraire aggravent pour la plupart.
Si je comprends que vous ne puissiez du jour au lendemain admettre l’ensemble de cet argumentaire, je pense qu’il est urgent – plutôt que des anathèmes qui ne consolident pas l’idée que le public et les patients se font de notre profession – que vous convoquiez une réunion d’experts libres et indépendants afin que nous puissions discuter sereinement de l’ensemble de ces questions.
Nous ressortirions tous grandis de cette difficile période.

87 Replies to “Cholestérol, statines et diabète : "Lettre ouverte" au Pr Grimaldi”

    1. Merci. Notez qu’Il suffit de copier le lien et le “bleuissant” et d’ouvrir un autre onglet, faire la recherche et saisir “traduction”!C’est en français un peu limite mais compréhensible, pour ceux que cela interesse!

  1. @” Grimaldi expliqe” : Mais c’est quoi cette excuse en bois que vous citez? Je n’ai pas pu aller jusqu’à la fin du reportage à partir de votre lien, je sentais une montée d’adrénaline!!! Continuer à écouter ces hypocrites me hérisse. Alors j’ai lu l’article en regard du reportage: Je passe sur les deux premiers premiers alinéas qui sont un constat, mais le troisième concernant les médecins et leur peur de passer à côté d’une pathologie en ne prescrivant pas assez d’actes sous prétexte de procès de leurs patients ??? Mais c’est le comble de la mauvaise foi! En effet, les “trop grands prescriteurs” le font le plus souvent car ils ont des liens direct avec les Cliniques, voire les hopitaux où ils “consultent”, ou bien vous envoient chez un “Spécialiste” ami, d’autres déguisent un acte chirurgical banal tel une simple verue disgracieuse et/ou gênante derriere un acte (K …) de chirurgie cancéreuse, un nez disgrâcieux opéré déguisé en “fracture” accidentelle ou d’autres encore, urologues, au lieu de chercher un moyen plus moderne de combattre un cancer de la prostate, opèrent à la “chaine” sans grande considération pour le malheureux patient qui sera mutilé à vie, d’autre encore ‘souvent les mêmes” se spécialisent dans l’opération des “fimosys”, acte remboursé par la sécurité sociale, au bénéfice de pratiques religieuses, et j’en passe et des meilleurs…
    Le quatrième alinéa concerne le patient: Ah là,, c’est tout de sa faute, il est “demandeur” de médicaments, de chirurgie, de radios et autres examens souvent invasifs. Certes, en cas de pathologie de prime abord inexplicalble, certains actes peuvent se justifier (sauf pour les hypocondriaques, et il en existe..) mais alors pourquoi en cas de douleurs ou symptômes réels et persistants, le medecin qui a prescrit les tatines et autres “poisons” ne se déjuge t’il pas et ne cherche t’il pas à comprendre ce qui se passe? Pourtant là il n’a pas peur de procès abusifs!!!
    Quand au contrôle par une collégialité, il n’y a qu’à voir dans le cas ou un “incident” médical survient dans un établissement de soins, la partialité du médecin du CRUQ qui est en fait rattaché à l’établissement lui même. Alors les contrôles surtout dans des dossier édulcorés….Pffff….
    Tout ce que nous demandons nous autres patients, c’est qu’on écoute, qu’on nous conseille et qu’on nous soigne en conséquence!!! D’abord ne pas nuire!!! Ou alors, faudra t’il faire comme les anciens Empereurs de Chine qui exécutaient leur Médecins s’il ne parvenaient pas a les garder en bonne santé?
    Je n’en demande pas tant, juste q’un médecin comme MDL, secoue un peu le cocotier pour fair avancer les choses.

  2. Merci de publier la réponse du professeur Grimaldi, car je suppose qu’il n’a pas poussé l’impolitesse jusqu’à ne pas répondre ! Beaucoup de lecteurs de ce blog sont très impatients de la lire !

  3. D’Après Jean de LA FONTAINE   (1621-1695)
    Les humains malades des statines
    Un mal qui répand la terreur,
    Mal que Bigpharma en sa fureur
    Inventa pour punir les cardiaques de la terre,
    Les statines (Crestor,qu’il faut l’appeler par son nom)
    Capable d’enrichir en un jour l’industriel,
    Faisait au cholestérol la guerre.
    Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
    On n’en voyait point d’occupés
    A chercher le soutien d’un Médecin éclairé ;
    Nul conseils de Diète n’éclairait leur envie ;
    Cardiologues, Diabétologues épiaient
    La douce et l’innocente proie.
    Les Amants se fuyaient :
    Plus d’amour, plus de vie, partant plus de joie.
    L’ ANSM tint conseil, et dit : Mes chers amis,
    Je crois que Ploutos a permis * * Dieu de l’argent
    Pour notre profit cette infortune ;
    Que le plus menteur de nous
    Se sacrifie aux traits de la presse aveugle,
    Peut-être il parviendra à museler MDL.
    L’histoire nous apprend qu’en de tels moments
    On fait de pareils dévouements :
    Ne nous déjugeons point ; voyons sans scrupules
    L’état de notre pécule.
    Pour nous, satisfaisant mes appétits gloutons
    J’ai prescrit à force moutons.
    Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
    Même il m’est arrivé quelquefois de tuer
    Le Patient.
    Je me défilerai donc,il le faut ; mais je pense
    Qu’il est bon que chacun en fasse autant que moi :
    Car on doit souhaiter selon notre justice
    Que De Lorgeril périsse.
    Bigpharma, dit le Professeur, vous êtes trop bon Magnat ;
    Vos profits nous font avoir beaucoup de largesses ;
    Et bien, avalez vos médicaments moutons, sotte espèce,
    Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
    En les empoisonnant beaucoup d’honneur.
    Et quant au Patient l’on peut dire
    Qu’il était digne de tous maux,
    Étant de ces assurés sociaux
    Sur qui se fait un immense empire.
    Ainsi dit l’Expert et flatteurs d’applaudir.
    On n’osa trop approfondir
    Les études, les statistiques, ni les autres nuisances,
    Les effets secondaires et toutes carences.
    Tous ces gens querelleurs, jusqu’aux simples pékins,
    Au dire de ces nains, n’étaient que des crétins.
    Cet autre vint à son tour et dit : J’ai souvenance
    Qu’au dires de certains patients,
    Les douleurs, le diabète, la libido, la mémoire je pense
    Au diable aussi s’aliénant,
    Je révisais mes prescriptions en tenant bien ma langue.
    Je n’en avais nul droit, le Protocole est net.
    A ces mots on cria haro sur ce simplet.
    Un Toubib quelque peu clerc prouva par sa harangue
    Qu’il fallait dévouer ce maudit anormal,
    Ce pelé, ce galeux, d’où viendra tout leur mal.
    Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
    Nier le cholestérol ! quel crime abominable !
    Rien que moquer et discréditer n’était capable
    D’expier son forfait : on le lui fera bien voir.
    Selon que vous serez puissant ou misérable,
    Les jugements Presse vous rendront blanc ou noir.

      1. Cher Docteur, c’était juste un exercice d’humour apres avoir lu certains commentaires sur ceux qui ne ressentent pas “encore” les éffets néfastes des Statines”. Ca m’a rappelé quelques vers, les premiers de ce poême de La Fontaine, j’ai bien ri et le modifiant et bien plus en regardant votre réponse. Il y a longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Mais il n’y avait rien contre vous!
        Votre respectueux et dévoué “survivant”.

  4. Et pendant ce temps, dans le même esprit que alltrials.net (obliger les chercheurs et labos à publier TOUS les résultats, donc les négatifs compris) voici que les médecins et étudiants en médecine du Royaume-Uni se rebellent contre les conflits d’intérêts dans leur profession et leurs conséquences néfastes en matière de recommandations officielles : http://badguidelines.org/

  5. Imaginons qu’un citoyen de ce blog soit assez motivé pour porter plainte contre un leader d’opinion, qui désinforme dans cette histoire de cholestérol.
    Voir article LaNutrition : http://www.lanutrition.fr/bien-dans-sa-sante/les-maladies/le-cholesterol/cholesterol-et-statines-comment-le-magazine-de-la-sante-a-traite-la-polemique.html
    C’est le conseil de l’ordre qui est compétent pour instruire ce manquement à l’article L 4113-13 du CSP.
    Voir sur le site du Formindep les multiples textes qui concernent cette loi dont nous avons obtenu les décrets d’application en 2007
    Il est souhaitable que ce soit un non-médecin qui porte plainte pour éviter le risque de représailles vis-à-vis d’un médecin. Il n’y a aucun risque pour un simple citoyen. Il suffit d’une lettre envoyée en RAR.
    Il sera proposé au plaignant une procédure de conciliation, qu’il peut accepter ou décliner.
    Cette procédure se déroule à l’ordre et les parties peuvent être accompagnées ou représentées.
    L’intérêt de cette plainte est multiple :
    – porter plainte contre un leader d’opinion qui se fout ouvertement de la loi.
    – Mettre l’ordre devant ses responsabilités et ses probables incompétences.
    – Médiatiser pour faire avancer la cause de l’indépendance. Le fait qu’un simple citoyen porte plainte serait également symbolique.
    Rien n’empêche que plusieurs personnes s’associent pour porter plainte ensemble. Cela n’aura que plus de poids.
    Exemple de lettre :
    Madame la Présidente,
    Je porte à votre connaissance l’article de presse suivant paru sur le site de …. :
    http://www…..
    Voir article en pièce jointe.
    Le professionnel de santé interviewé, le Dr X, cite nommément des produits de santé SSSS.
    Cet article cite également dans son chapô la firme ABC qui commercialise SSSS.
    Dans cet article il n’est nullement fait mention des éventuels liens d’intérêts que pourrait avoir le Dr X, en application de l’article L4113-13 du code de la santé publique et ses décrets (art R 4113-110 du CSP), dont l’ordre des médecins a en charge l’application.
    Cet article précise en effet que :
    « les membres des professions médicales qui ont des liens avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de les faire connaître au public lorsqu’ils s’expriment lors d’une manifestation publique ou dans la presse écrite ou audiovisuelle sur de tels produits. Les conditions d’application du présent article sont fixées par décret en Conseil d’Etat. Les manquements aux règles mentionnées à l’alinéa ci-dessus sont punis de sanctions prononcées par l’ordre professionnel compétent. »
    En tant que citoyen, usager du système de santé, cette transparence et cette indépendance de l’information médicales me semblent essentielles. Les récents scandales sanitaires ont démontré en effet l’importance d’une information médicale transparente, où les influences commerciales susceptibles de la biaiser seraient clairement exposées.
    En conséquence, je vous demande de bien vouloir vous assurer de l’existence de liens entre le Dr X et des entreprises et des “établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits”. Si tel est le cas, je vous informe de ma décision de porter plainte contre le Dr X auprès de votre instance pour violation de l’article L 4113-13 du code de la santé publique.
    Ne doutant pas de l’importance que vous accorderez à ma démarche, et dans l’attente, je vous prie d’accepter Madame la présidente, l’assurance de mes sentiments respectueux.
    Signé : …

    1. ce que ne pourra pas dire un médecin non plus, c’est que c’est le conseil de l’ordre est complice, ne serait-ce que par son silence… ne connaissez vous pas l’expression “silence complice” ? 🙂

    1. Je ne voudrais évidemment pas “minimiser” ce type de complications révélées par l’analyse de “données non commerciales” [les commerciaux n’avaient pas vu ou n’avaient pas voulu dire, c’est révélateur !], mais ça reste assez anecdotique par rapport à ce que l’on peut redouter concernant les diabètes, les cancers, les dépressions, les pathologies oculaires etc …
      J’ai l’impression qu’on amuse un peu la galerie, et que pendant ce temps, “la croisière s’amuse …

  6. En parlant du diabète, je suis tombé sur un article du MONDE, qui parle de la metformine :
    http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/03/22/prise-en-charge-du-diabete-de-type-2-un-cas-de-conscience-pour-les-experts_1852827_1651302.html
    L’étude UKPDS (United Kingdom Prospective Diabetes Study) était faite en “ouvert”, c’est-à-dire sans masquer la nature des traitements, dans différents sous-groupes randomisés (avec une répartition aléatoire). Son plan d’expérience très compliqué a été adapté en cours d’étude sans motif connu.
    Dans le sous-groupe des diabétiques obèses, la Metformine a réduit les complications du diabète et la mortalité. Mais, dans l’autre sous-groupe traité par Metformine, celui des diabétiques non obèses et dont la glycémie n’est pas contrôlée, l’ajout de la Metformine aux sulfamides a majoré les complications cardiovasculaires et la mortalité totale, de façon significative, en parfait miroir du résultat chez les obèses.
    Or, en lisant le livre de Jeremy GREENE, “Prescribing by numbers”, j’avais déjà lu pas mal de critiques sur le diabète de type 2, que certains refusent d’appeler “diabète” (car l’eau ne traverse pas le corps, avec polyurie et polydipsie), et qui a vu ses seuils toujours revues à la baisse.
    Cette baisse des seuils est concomitante dans la gestion de trois maladies chroniques : hypertension, diabète et dyslipoprotéinémie.
    Jeremy GREENE, “Prescribing by numbers”, John Hopkins University Press, 2007

    1. La question cruciale de la metformine est désormais publiquement ouverte.
      Ce n’est pas nouveau pourtant, et les lecteurs de notre livre “Prévenir l’infarctus et l’AVC” le savaient déjà, depuis 18 mois …
      Si les “sélectionneurs” du journal Le Monde avaient été attentifs, ils auraient alerté leurs lecteurs il y a 18 mois … Bon !
      Voilà donc un médicament qui fait baisser la glycémie mais n’aurait pas d’effet sur les complications cliniques du diabète …
      J’utilise le “conditionnel” car en fait nous n’avons aucun essai clinique [hors UKPDS qui doit être mis à la poubelle] testant scrupuleusement la metformine pour la prévention des complications cardiovasculaires. Aucun !
      Et pourtant …
      Mais que fait la police ?

  7. Bonjour Docteur
    En discutant avec les gens, on se rend compte que les effets néfastes des statines, sont généralement les mêmes, mais certains y échappent, d’autres ne font pas le lien, et enfin certains ont eu des symptômes plus ou moins tardivement, mais ils ont disparus après correction de la dose ou de la marque de statine.
    Le mode de vie, et notamment la DM, abaisse aussi le taux de cholestérol sanguin sans provoquer tous ces effets. Il y aurait donc un autre facteur, ou un ensemble de facteurs qui agissent. (quoique, la levure de riz rouge, statine naturelle sans adjuvants a aussi ses effets….d’autres fonctions du foie seraient en cause?)
    Est-il possible aujourd’hui, par quelqu’un d’indépendant comme vous de dresser un tableau et de dire: entre 1mois et 3 ans = pertes de mémoire pour 40%, entre 1an et 5 ans = douleurs musculaires pour 50% etc., selon la statine utilisée?
    Et enfin, est-il possible que certains échappent vraiment aux effets délétères? (Entendu qu’il vaut mieux souffrir de pertes de mémoires aujourd’hui que d’un cancer dans 10ans).

    1. Impossible d’avoir des chiffres précis. Impossible de dire si ceux qui n’ont pas de douleurs musculaires, par exemple, échappent au diabète ou aux cancers à plus long terme.
      OUI certains échappent à certains effets toxiques !

      1. la majorité des patients ne se plaint pas et/ou n’a pas d’effets toxiques. d’où l’arrogance envers ceux qui se plaignent.
        le chiffre de 10% de personnes souffrant de la toxicité des statines a été avancé, ce chiffre est vraisemblable ( j’ai moi-même plusieurs amis qui ne s’en plaignent pas, mais autant qui s’en plaignent ! ).
        Quant aux 10% qui ne sont pas contents ( et qu’on retrouve sur les “sites contestataires”), l’opinion de la plupart des médecins est faite : ils sont “psy” ( entendre cinglés ), vu et entendu…

        1. PS rectification : ce chiffre de 10% concerne la toxicité musculaire, pour le reste ( autres effets délétères et dégâts sur le long terme ), tout laisse à penser que tous seront atteints, tôt ou tard !

      2. Bonjour docteur,
        Assis devant sa télé ou devant un ordinateur, peu de chances d’avoir des douleurs musculaires!
        Dans la série “expliquez-moi Docteur”, pourquoi aujourd’hui, puisque le rôle du cholestérol dans les maladies CV n’a jamais été prouvé, s’obstiner à étudier des molécules qui le font baisser? Ces études ne diront jamais rien, sauf sur la toxicité éventuelle des molécules en question!
        Amicalement

  8. @ Dr De Lorgeril et Ours des Neiges : En cherchant au nomde Sylvain Duval, je suis tombé suir un Diététicien Stagiaire en 2008 et semble ecrire des articles dans ” la nutrition. fr”. est-ce le même?

      1. Bonsoir Docteur, j’espère pouvoir en profiter aussi et je suis preneur de toute information sérieuse qui touche ma santé et celle de mes proches et qui pourrait l’améliorer! Je n’étais pas comme ça avant mais la lecture de votre livre “Prévenir…” m’a ouvert les yeux. J’améliorerai encore plus “ma bonne hygienne de vie” lorsque j’aurai réussi à le récupérer! A force de le prêter , y compris à mon MDT qui m’a répondu laconiquement à ma question “qu’en pensez-vous” ? “Que des conseils de bon sens!!!” , je n’ai pas pu en discuter d’avantage ave lui. Mais ça viendra, je ne vais pas le “heurter”. Vous êtes sur la bonne voie en insistant et en martelant votre credo. Merci encore.

      2. La nouvelle garde …heureusement que l’ancienne lui a procuré les outils..
        Je suis sidéré qu’on découvre une tricherie sur une étude comme Jupiter et que les vagues provoquées ne soient pas plus hautes que ça, quand on voit que la chute d’un homme politique puissant (Clinton, DSK,ministres Français…) ou bien de certains chefs d’entreprise, est provoquée pour des choses qui ne concernent pas leurs compétences professionnelles et ne mettent en danger la vie de personne. (dans certains cas.(sauf pour la santé, là on fait n’importe quoi (vaccins grippe aviaire,sang contaminé, scandales divers…).Pire encore, on continue à persister dans la droite lignée de travaux bidonnés…Le mensonge est roi…

        1. Moi aussi je reste perplexe face à l’absence totale de réactivité des uns et des autres (Autorités et sommités) en ce qui concerne JUPITER et le Crestor en général …
          Pour ceux qui sont encore “perplexes” face à JUPITER et Crestor (ce n’est pas interdit d’être “sceptiques” à propos de tout), je me permets de les renvoyer aux nouveaux chapitres de notre livre “Cholestérol, mensonges et prop” où nous reprenons l’affaire au début en commençant par la fin …
          Pour le moment, aucune réaction de Ridker, AstraZeneca ou d’une quelconque Autorité … La flèche est plantée en plein milieu de la cible et personne pour venir vérifier !
          Bonne lecture si ça n’est pas encore fait !

    1. J’ai vu cela aussi sur Google …….mais je reste sceptique .
      Je pense que CE Sylvain Duval , qui est membre du Formindep , doit être médecin-chercheur ( pour avoir accumulé autant de savoir sur les études cliniques , il faut aussi de la ” bouteille ” , ce ne doit pas être un perdreau de l’année ! ) .
      S’il nous lit , il pourrait éclairer notre loupiote ……

      1. Bonjour
        Je connais un peu Sylvain Duval .
        Il est en effet membre du Formindep ( moi aussi)
        Il n’est pas médecin mais je crois qu’il est professeur d’université dans le domaine de la physiologie .
        Je peux témoigner , pour avoir discuter ( par internet) avec lui qu’il a une connaissance approfondie du cholestérol.
        Il a aussi une connaissance approfondi des études cliniques qu’il sait analyser en profondeur.
        Donc pour moi quelqu’un de confiance et surtout totalement indépendant

  9. Bonjour,
    Je tenais à vous en faire part M. De Lorgéril : mon mari est allé voir ce matin son médecin. Il lui prescrivait du Crestor 10 mg depuis quelques années et du Coapravel (cholestérol + hypertension). Mon mari a arrêté cela fait 1 an mais il n’a rien dit à son médecin. Il n’a pas de facteur de risques pour moi, pas de problèmes cardiaques, pas de problèmes de poids, pas de tabac, une bonne hygiène de vie. Juste un peu de cholestérol et sans médicament une tension qui oscille entre 12/7 et 14/9 pour un homme de 60 ans. Bref une fois de plus, une prescription de médicaments inutiles ! Ce matin, son médecin lui a parlé sans que mon mari lui en parle sur le scandale des statines et il lui a dit :
    “J’espère que vous n’avez pas arrêté vos médicaments ? Il ne faut pas écouter ces journalistes qui disent n’importe quoi et ces 2 médecins de 80 ans (je suppose qu’il voulait parler d’Even et Debré) qui sont atteints de la maladie d’Alzheimer et disent n’importe quoi !!!!! Le Crestor a plus de bénéfices que de risques, il ne faut pas l’arrêter !”.
    Je suis stupéfaite !!!!! Heureusement que mon mari a tout arrêté et se porte comme un charme !! Je pense que les médecins sentent qu’ils ont le feu aux fesses si je peux m’exprimer vulgairement !

    1. Bien sûr !
      Mais sans doute, est-il (ce médecin) de bonne foi !
      Ce n’est pas lui un des “marchands” qu’il va falloir chasser du temple.
      Ceci dit, attention à votre idée de la “bonne hygiène de vie”, beaucoup croient bien faire, mais ne se protègent pas vraiment, même avec des “bons chiffres de ceci ou cela.
      S’il-vous-plaît, lisez attentivement notre livre “Prévenir l’infarctus” avant de conclure à une “bonne hygiène de vie”, ce n’est pas aussi évident que ça !
      Bon cap, matelot !

      1. J’ai lu vos 3 livres et bien d’autres et je me réfère à la Nutrition.fr et à Santé Nature Innovation ! Quand je dis une bonne hygiène de vie c’est une bonne hygiène de vie ! C’est à dire la diète méditerranéenne pour mon mari et le régime ancestral pour moi comme le préconise le Docteur Jean Seignalet !

    2. il faut se mettre à leurs places ( de ces médecins) , cela fait 30 ans qu’ils prescrivent des statines et tout à coup on vient dire au public ( qui n’est pas sourd ) que ce sont des médicaments “inutiles et dangereux”.
      alors leur colère éclate, c’est même une bourrasque, et nous malheureux patients la prenons en pleine figure !
      bien sûr qu’ils sont de mauvaise foi : ils sont piégés et ont gonflé artificiellement les prescriptions (j’en suis témoin), et je peux dire ici ce que la déontologie m’interdirait de dire si j’étais médecin
      je ne décolère pas face à des témoignages comme le votre, car c’est de la vie des gens qu’il s’agit, de la notre

  10. Bonsoir Docteur et bonsoir “aurent de Picardie”;: Je reviens un peu sur les questions que vous avez posé ‘en page 1) à propos du Diabète, et me mêle de la conversation : au bout de combien de temps il pouvait disparaître. Je vous renvoi à mon commentaire (un peu long) parlant de mon expérience personnelle à propos de la co Q10 ainsi que du Diabète ( page 2 , 19 mars en réponse à “jacques Evrard” votre article “Je serai en direct sur Radio France etc..). Pour résumer, j’ai arrêté les statines début Octobre 2012. J’ai commencé à prendre 2 metformine au lieu de 3 par jours, j’ai vu une petite ammélioration de taux de diabète (prise journaliere …) mais ça ne me suffisait pas. Je voulais me passer entierement du glucophage et malgré un régime plus adapté le taux de glusoce dans le sang restait assez élévé. J’ai pris il y a un mois et demi le taureau par les cornes comme on dit et j’ai appliqué un méthode radicale lu dans un petit article concernant les résultat de chercheurs Australien qui avaient noté que lorsqu'”on avait un diabète depuis moins de 4 ans, il était possible de “réinitialiseré le foie et le pancréas en pratiquant un jeûne thérapeutique total de 48 heures ( en en buvant que de l’eau) . Succès sur 70% des personnes traitées…Mois ça fait au moins cinq ans dont 9 ans et demi se Statines…
    J’ai pratiqué ainsi en me documentant sur les résultats du Pr Valter Longo aux U.S.A à propos du jeûne et du cancer : Mon épouse à tenté de faire pareil mais c’est très dur, j’ai pu le faire m’étant préparé mentalement pendant plusieurs semaines ( après les fêtes de fin d’année…), elle n’a tenu qu’un jour, mais moi j’ai réussi et CA A MARCHE!!! en précisant toutefois qu’outre la diète Mediterranéenne, j’applqiue les principes de l’alimentation recommandée aux Diabétiques ( Féculents, pates complètes, al dente, viande etc…). Ma prise d’hémoglobine glyquée journaliere montre une moyenne entre 1,15 et 1,25, parfois plus bas -1,04, ou 1,30 si je fais une entorse lors d’un bon repas de famille ou de fête. je ne meurs pas faim et je suis persuadé que lors de ma prochaine analyse sanguine pour voir mon Cardiologue et communiquer mes résultats à mon Médecin traitant ( je ne veux même plus voir ma Diabétologue avec laquelle aucun dialogue n’est possible) tout sera O.K.
    Ceci est une expérience personnelle, mais je suis sûr de ne pas me tromper çà marche et ça dure pour mon diabète…Alors…bon courage.

      1. En effet cher Docteur, je me suis un peu mélangé les pinceaux. Toutes mes excuses. Mais en dépit de çà et en ce qui me concerne, ça marche quand même et je suis curieux de savoir si quelqu’un d’autre a fait la même chose et a obtenu des résultats!
        A titre d’information, ce matin j’ai revu et discuté avec une parente par alliance qui avait le diabète très fort après accouchement il y a 6 ans. C’est elle qui m’a inspirée en la rencontrant par hasard avant le fêtes de Noêl : elle avait complètement maîtrisé son diabète , retrouvé la ligne et avait jetté aux orties la Metformine et autres poisons qu’elle ne supportait plus (diarhées, maux de ventre etc…) . je n’ai fait qu’ajouter le jeûne de 48 heures pour accélerer. Voilà. (ceci dit sans vouloir empieter sur les conseils de gens plus avertis…)

        1. Rien de mieux que de se faire sa propre expérience, mais attention de suivre les conseils que nous donnons, c’est 40 ans d’expérience pratique (avec quelques essais cliniques) et des milliers de publications scientifiques étudiées e critiquées …

      1. Je ne sais pas qui est Sylvain Duval , mais il semble connaitre parfaitement son sujet . Sur le site ” ATOUT.ORG ” , dans la file sur le cholestérol , il avait posté cet article ( un peu long , mais très instructif pour nous les néophytes ) :
        ==========================================================================
        ” Bonjour,
        je pense que le problème n’est pas de dire d’emblée si les statines sont efficaces ou pas, si les études sont frauduleuses ou pas.
        Ce qu’il faudrait, c’est déjà comprendre ce qu’est un essai clinique et comment il a été construit. Or, cette compétence là n’est pas vraiment enseignée aux médecins.
        Ils doivent se former pour l’obtenir, en payant de leur poche, s’il en ont l’envie et le temps.
        Autant dire que le nombre de médecins à l’esprit critique, lisant l’anglais et capable d’analyser les essais cliniques doit être plutôt bas.
        Quelques pistes pour comprendre pourquoi même les meilleurs essais (4S, LIPID, CARE) ne sont pas si utiles que ça pour des patients français.
        Déjà, on peut dire en préambule que le critère de Mortalité Toutes Causes (MTC) devrait être le seul critère efficace pour analyser une étude en prévention secondaire. Mais cela nécessiterait des études immenses, longues et chères, et l’industrie ne veut pas payer, personne ne veut se payer le luxe d’attendre une telle étude.
        Choix du critère principal :
        En prévention primaire, le critère composite de “Mortalité CV + Infarctus Non Fatal” me parait pas mal.
        Un problème est que les essais utilisent souvent un critère composite basé sur des critères flous ou subjectifs, voire des décisions d’hospitalisations ou de revascularisations.
        Accès aux données :
        Déjà, un essai multicentrique va se dérouler dans 10 à 100 lieux différents, dans des pays différents. Les investigateurs ne peuvent pas avoir un accès direct aux données. Cela permet au sponsor (les essais sur les statines sont tous sponsorisés, et en grande partie des essais “marketing”, visant l’extension d’un marché juteux) d’avoir un contrôle important sur les données brutes.
        Choix du pays :
        Ensuite, le pays choisi va être un pays à fort risque, à forte Mortalité CardioVasculaire (Finlande, Ecosse, Australie, Nouvelle Zélande, USA, Irlande, …). Or ces pays ne sont pas représentatifs de nos patients français et de leur risque bas.
        Premier biais possible : le biais de consentement.
        Il est probable que la population recrutée par un essai clinique ne soit pas équivalente à la population générale, car le simple fait d’accepter de participer à un essai clinique en dit long sur la personnalité des volontaires. Ils sont peut-être en meilleur santé que les autres malades, ou plus observants, ou avec plus de force morale ou mieux soutenus par leur entourage ou …
        Bias from requiring explicit consent from all participants in observational research
        Biais de sélection :
        Puis, les patients à haut risque de ces pays à haut risque vont être hyper-sélectionnés. Cette phase permet presque à coup sûr d’avoir un essai clinique positif et une AMM pour le médicament.
        Run in periode :
        Mais cela ne suffit pas : les patients retenus pour l’essai, qui déjà ne sont plus représentatifs du tout d’un patient français, vont être re-sélectionnés, lors d’une période de “run in”. Cela permet de trier encore les fragiles, les non-observants, les bons répondeurs au médicament.
        Biais sur les effets secondaires :
        Pour tromper les médecins, le protocole va établir des règles extrêmes : le moindre petit incident sera utilisé pour une sortie de l’essai. Cela permet qu’il y ait presque autant d’effets secondaires dans le groupe “traitement” que dans le groupe “placebo” (ou contrôle).
        Souvent même, comble de l’arnaque, on trouve même plus d’incidents dans le groupe “placebo”.
        Façon de présenter un résultat négatif :
        Si l’essai parait montré un sur-risque (cancers, problèmes cognitifs, rhabdomyolyse, ..), il suffit de faire une fausse méta-analyse pour dire “Oh, cela devrait être dû à la chance car la M-A ne montre rien” (voir essai PROSPER : “incorporation of this finding in a meta-analysis of all pravastatin and all statin trials”).
        Nier ses propres résultats :
        Ou alors les investigateurs peuvent dire “Bon, notre essai est négatif mais on SAIT que les statines sont efficaces, alors notre découverte n’est pas à prendre en compte” (voir essai ASPEN : “…did not confirm the benefit of therapy but do not detract from the imperative that…” )
        Autre magouille dans la présentation :
        On falsifie les “abstracts”, qui sont peut-être la seule partie qu’un médecin pressé a le temps de lire (et auquel un citoyen lambda a accès sans payer).
        Believability of relative risks and odds ratios in abstracts : cross sectional study
        Privilégier la population masculine :
        Autre technique : on n’inclue que des hommes (essai WoSCoP) ou alors très peu de femmes (19% dans 4S, 14% dans CARE, 17% dans LIPID) et après on claironne que le résultat s’applique aux femmes.
        L’emploi des statines chez les femmes
        Why Eve Is Not Adam : Prospective Follow-Up in 149,650 Women and Men of Cholesterol and Other Risk Factors Related to Cardiovascular and All-Cause Mortality
        Fraude de plus : se tromper un peu dans les calculs, de manière à trouver “Significatif” ce qui ne l’est pas en réalité. Et qui refait les calculs quand il lit une étude ? Personne, pas même la FDA ou autre agence gouvernementale.
        Ou présenter un résultat (17% de réduction de machin), sans préciser qu’il est Non Significatif.
        Changer le protocole a posteriori :
        Cela arrive et à part quelques lettres aux éditeurs, publiées bien après le buzz médiatique, la communauté médicale ne réagit pas à cette fraude majeure.
        On peut changer un test statistique, un seuil de significativité ou rajouter des critères qui n’étaient pas prévu. Et tout le monde s’en fout…
        Interrompre un essai clinique :
        Cela permet au sponsor de dépenser moins d’argent et d’avoir un profit maximal sur la durée du brevet. Et à part quelques esprits critiques, nul ne s’insurge sur cette fraude majeure. L’essai JUPITER (Crestor°) est un exemple d’essai décapité, car stoppé net après 1,9 ans (pour un médicament prescrit à vie..).
        Ne pas faire de double aveugle :
        Les essais sans double aveugle sont les plus “positifs” pour le médicament testé.
        Même si le double aveugle n’est pas la garantie parfaite, car il peut être contourné par un tricheur actif, il est la garantie d’un comportement identique dans les 2 groupes.
        Un essai sans double aveugle est intéressant pour une hypothèse, mais n’est pas une démonstration scientifique solide.
        Ne pas expliquer pourquoi les patients arrêtent l’essai :
        C’est le biais des perdus de vue. L’analyse en intention de traiter (ITT) permet de corriger cela mais cela ne nous dit pas pourquoi les gens ont arrêté.
        Trop de douleurs musculaires ? Insomnies ? Perte de libido ? Dépression ? Voilà pourquoi on sous-estime les effets secondaires des statines.
        Voilà, je peux continuer ainsi ad nauseam…
        Mais si le sujet vous intéresse, il existe toute une littérature, étayée et référencée, qui analyse les malfaçons les plus communes.
        Ensuite seulement, on arrive aux vraies fraudes des laboratoires qui dissimulent des données, trompent tout le monde et se font condamner.
        Mais cela, c’est l’exception qui confirme la règle.
        C’est une goutte d’eau dans un océan de “fraude” admise et légale.
        Fin de l’histoire :
        Une fois qu’on a compris tout cela, on sait qu’on ne peut plus appliquer bêtement les résultats de WoSCoP ou de 4S, CARE, LIPID, à un patient français.
        Ce patient est-il en surpoids ou obèse ?
        Diabétique ou non ?
        Hypertendu ? Traité ou non ?
        Fumeur, ancien fumeur ou non fumeur ?
        Quel est son âge ? Son âge correspond il à l’âge moyen de l’essai cité ?
        Quel est son sexe ? Les femmes ont été sous-évaluées dans les essais sur les statines et elles ont un Risque CV inférieur à l’homme.
        Ensuite, de quelle statine parle t-on ?
        Car les statines ne sont pas toutes égales.
        Prenez la cérivastatine ou la simvastatine 80 mg.
        Et de quelle dose parle t-on ?
        De la dose appliquée dans l’essai ou de la dose usuelle ?
        La statine a t-elle une AMM en prévention secondaire ?
        Crestor° et Tahor° n’ont pas d’AMM. Fiche BUM
        Alors que le Crestor° a réussi (avec quelles complicités ?) à obtenir une AMM sur la base de l’étude JUPITER. the Rosuvastatin-JUPITER Controversy
        Ou prenons l’ézétimibe, autre molécule très prescrite et qui n’a jamais fait ses preuves. (voir l’intervention de l’excellent Alain Siary, sur ce sujet).
        Pas d’étude de morbimortalité à ce jour pour l’ézétimibe.
        Alors, avant de parler ” cholestérol”, assurons-nous que nous avons tous les connaissances nécessaires pour aborder de manière satisfaisante cet enjeu de santé publique et cette surmédicalisation à base de “statines” ou d’ézétimibe.
        Je suis membre du FORMINDEP.
        Je n’ai pas de liens d’intérêt avec l’industrie (agro-alimentaire ou pharmaceutique). ”
        ===================================================================
        Il semble aussi qu’il adhère à vos thèses …..une qualité supplémentaire , hein Doc ?…..

        1. Effectivement, si tous les médecins atteignaient ce niveau d’esprit critique (d’un autre siècle … c’est la faute à Voltaire !), on n’en serait pas là !
          Mais si on peut lire de tels textes sur le web, c’est que l’heure du Jugement Dernier approche à grands pas ; si j’étais dans l’autre camp, je commencerais à faire mes bagages …

  11. Bravo pour votre lettre ouverte à ce monsieur, mais je crains que la sclérose ne l’empêche d’ ouvrir les yeux; si l’on évalue les forces potentielles mises en oeuvre de part et d’ autre, le combat est vraiment inégal et semble perdu d’ avance, mais l’ histoire nous montre le contraire, tenez bon, continuez cette lutte, nous sommes nombreux à vous soutenir et à combattre avec vous petitement certes , comme des fourmis, mais la vérité finira par éclater.
    Cordialement.
    Philippe Frossard

    1. Comme dit Pierre Rabhi, à propos du colibri quand la forêt brûle, “chacun doit faire sa part” humblement et courageusement ; et comme dit l’autre, ce n’est pas le “bout du chemin” le plus important, mais le chemin lui-même …
      Merci de vos encouragements ! Pas facile d’être comme le Pierre tous les jours !

      1. En parlant de “pierre”, comme je l’ai dis à la fin d’un de mes commentaires précédents à propos du tailleur de pierres venant à bout de la montagne (inspiré d’un conte chinois, Taoïste… avec une morale différente) avec quelques charges de dynamite et et un bon tractopêle-brise roche, et en s’y mettant à plusieurs, aujourd’hui on peu venir à bout d’une montagne! Alors, courage, on vous soutient, la base s’effrite …

      1. Val veut sans doute dire que les voies du Seigneur sont impénétrables, même avec un doigt !

      2. Simple blague…n’y voyez pas de message particulier.
        Effectivement celà pourrait suggérer quelque chose, mais ce n’est pas le cas; j’ai trop de respect pour vous et votre noble croisade contre une machine de guerre aux moyens illimités.
        La vidéo peu sous entendre un combat inégal perdu d’avance. Mais encore une fois ne vous en offusquez pas, ce n’est qu’une vanne un peu grasse, et je vous assure que je crois en vous et votre combat, sinon j’aurais pris les infos qu’il y a à prendre sans jamais poster de messages.
        Aussi, loin de moi d’avoir voulu heurter les consciences de gens croyants, moi-même je le suis de façon totale.
        N’y voyez tous qu’une simple blague et je présente toutes mes excuses à ceux qui auraient mal interpréter ce post.
        Merci

  12. Bonjour doc,
    Hier soir consultation avec mon cardio pour visite de contrôle apres infarctus et pose de 2 stents en oct 2010… Tout va bien … Il me demande quels medocs je prends , je lui réponds : uniquement le kardegic 75mg …Je lui pose de suite la question : “pensez vous que le plavix soit moins nocif que le kardegic”
    Il me répond : “surtout n’arrêtez pas votre aspirine , il y a des résistances au plavix qui sont mal connues ” …. Moi je pensais tout simplement arrêter l’aspirine aussi … Mais bon il m’a mis le doute …
    ( je suis, par ailleurs la diete medit . ) …..
    Vous en pensez quoi ?

    1. Urgent de lire notre livre “Prévenir l’infarctus et l’AVC” où ces questions sont traitées, ça pourrait vous sauver la vie !
      Vous pourriez l’offrir à ce cardiologue très compétent qui ainsi apprendrait qu’il y a aussi des résistances à l’aspirine … et qui sont très bien connues !
      Bon, je vais encore m’énerver …

  13. Bonjour Docteur, Est-ce que ces diabètes sont réversibles ou régressent au moins en partie à l’arrêt des statines ? Merci.

    1. Faute de données sérieuses [cette redoutable complication nous a été dissimulée par les industriels et leurs experts rémunérés], je ne puis répondre avec certitude.
      Quelques témoignages font penser que certains de ces diabètes ne seraient pas irréversibles.

      1. Ces témoignages montrent une régression dans quel délai ?

        1. Peux pas vous dire des choses précises, en quelques semaines probablement !
          Si vous avez récolté ce problème, merci de nous le dire et d’étudier votre cas afin que nous apprenions.
          Merci d’avance !

  14. Je trouve intéressant que l’un des blog médical les plus lu (atoute.org) se positionne sur le sujet du cholestérol.
    Dans l’émission “La tête au carré”, Dominique Dupagne explique bien qu’il y a deux sujets différents : le cholestérol et les statines.
    Les statines ont forcément un impact pharmacologique, puisqu’elles bloquent la voie du mévalonate. Les conséquences de ce blocage ne sont pour l’instant pas bien connues, car peu étudiées.
    Tous les naïfs focalisent sur la baisse du LDL ou l’augmentation du Reverse Cholesterol Transfert.
    Quant à François Pesty, son article dit clairement que les bénéfices observés dans les études sont indépendants de la baisse du taux de LDL.
    Donc que les LDL ne sont pas la cause du problème, contrairement à ce que tous ces messieurs professent comme un mantra stupide.
    Même si, selon vous ils n’ont rien compris, leurs articles sont lus par des médecins et peuvent amener certains à se poser des questions, donc à lire le livre du Pr EVEN ou vos nombreux livres et articles scientifiques peer reviewed sur ce sujet épineux.
    Et le FORMINDEP insiste sur la problématique des liens d’intérêts : http://www.formindep.org/Les-dernieres-recommandations.html
    La mise en examen de l’ANSM et les soupçons qui pèsent sur la société Cahuzac Conseil montrent que le problème ne se règlera pas que sur le terrain scientifique.

    1. Bonjour Docteur,
      J’ai écouté et vu plusieurs de vos débats sur le cholestérol. Vous serez sans doute amené à en faire d’autres, signe que les temps changent.
      Je me permets une suggestion. Bien sûr vous jugerez de sa pertinence.
      Dans ces débats vous êtes amené à parler des études faites sur les anti cholestérol et le fait qu’elles n’apportent pas la preuve de leur efficacité. C’est le point principal de votre démonstration.
      Pour le renforcer et mieux faire comprendre ce point ne pourriez vous pas citer un médicament connu de tous dont les études qui ont démontré l’efficacité ? Du genre : le médicament X contre la maladie Y a été testé dans 4 études qui ont montré une baisse de 50 % de la mortalité. Alors que pour les anti cholestérol c’est une baisse de 0 %.
      Bon courage.
      Bien cordialement.

      1. Mon raisonnement basique est que les médicaments ne servent pas à grand chose dans les maladies du mode de vie.
        Revenir aux antiplaquettaires ? Pourquoi pas !
        Un autre problème c’est que la plupart des “autres” médicaments utilisés en prévention cardiovasculaire sont également peu ou pas efficaces …
        La diète méditerranéenne, c’est OK !
        Mais c’est moi qui ai conduit le principal essai … Se citer soi-même, c’est pas bon !

    2. Bonjour Docteur,
      Hyperboles, litotes, euphémismes, tout y est. UN CHEF D’OEUVRE que cette lettre. Merci et bravo. Je n’aimerais pas en recevoir une de ce calibre!
      Amicalement

  15. Ce n’est pas évident de se faire une idée à partir des études, lorsqu’on n’a pas de formation. Ainsi, analyser un résultat, son intervalle de confiance, sa P value, etc… cela ne s’invente pas.
    Michel De Lorgeril est un maître en la matière et ses livres donnent une approche facilitée, car il a déjà décrypté pour vous.
    Mais si vous voulez décrypter vous-même (ce qui est le bon réflexe), cela demande un autre niveau de compétence, qui peut s’acquérir autrement.
    Pour conclure : je doute que la lecture des études (publiées en anglais) puisse servir à un lecteur lambda.
    Lire cet article en entier, avec les commentaires : http://www.atoute.org/n/La-saga-du-cholesterol.html

    1. Je ne pense pas que l’historique de la saga du cholestérol présenté par le Dr Dupagne (votre référence ci-dessus) soit de nature à clarifier les choses !
      Je pense même qu’il n’a pas compris le fond du problème.
      Les références qu’il propose (avec un certain Pesty) puis les “libératrices” mises au point par les deux pharmacologues publiées dans le journal Le Monde sous le titre particulièrement prétentieux “Ce que dit la science” et enfin par la Haute Autorité (en citant la méta-analyse de la soit-disant Cochrane) n’apportent à nouveau que confusion et naïveté confondantes …
      Pitié pour la Science !

    2. tjrs très intéressant ce dr Dupagne et jamais vindicatif, il a fait 50% du chemin ce qui est très > à la moyenne de ses confrères, mais il lui reste encore 50% à faire – ce qui gâche toute sa réflexion – lorsqu’il écrit :
      ” Oui, les statines diminuent le risque cardiovasculaire des patients qui ont déjà une obstruction de leurs artères coronaires, ou qui ont déjà fait un accident vasculaire cérébral, et ce, quel que soit leur niveau de cholestérol sanguin. Mais nous ne savons pas très bien, en 2013, comment elles agissent exactement pour protéger le coeur ou le cerveau de ces candidats à la récidive.”
      le distinguo ” inutile avant l’accident et utile après ” semble être le pré carré où se retranchent nos “nouveaux cardiologues”, encerclés par les attaques de la théorie lipidique.
      c’est le dernier mensonge à démolir, et ça ne va pas être da gâteau…

      1. PS : bien entendu ces conclusions ne tiennent jamais compte des effets secondaires catastrophiques des statines, lesquels sont toujours soit niés, soit sous-évalués dans les études
        comment et sur quel ton faudra-t-il expliquer ça aux Dupagne et Cie, lesquels n’ont jamais sans aucun doute souffert dans leur chair de la consommation de ces poisons…

        1. Que savez-vous de Dominique Dupagne, de sa famille, de ses souffrances ???
          Ne partez pas sur ce terrain là, je vous en prie…

          1. de quel terrain voulez-vous parler ? Le dr Dupagne a-t-il eu un infarctus et est-il sous statines ? franchement cela se saurait, il ne s’agit pas d’autre chose
            le dr Dupagne – bien que fort sympathique et modéré sur la question de la thèse lipidique – est dangereux car il n’a pas compris l’essentiel : si les statines ne préviennent pas l’infarctus avant, elles le préviennent encore moins après (l’accident).
            Aussi faire ce distinguo (après et avant) n’est pas innocent, étant donné la gravité des effets secondaires desdits médicaments. Les gens les + exposés aux effets secondaires sont ceux qui ont déjà eu un accident, ce sont donc les derniers à devoir être mis sous statines
            comment expliquer ça à la classe médicale unanime dans son aveuglement ?

  16. Bonsoir Dr,
    Dans votre livre “prévenir l’infarctus et l’avc” vous parlez en bien du plavix ; est-ce que pour vous c’est juste moins pire que de prendre du kardegic (entre deux maux on choisi le moindre) ou pensez vous que c’est réellement un médicament très utile ? Avez vous scruté les études le concernant avec autant de soins que celle qui concernent les statines ? A la fac (de pharma) on ne m’a jamais présenté ça comme étant un médicament hyper efficace à prendre au long cours, mais seulement 12 à 18 mois en association avec le kardegic.
    Merci de votre réponse

    1. Le plavix est “un peu” comme l’aspirine un antiplaquettaire majeur. Sur une brève période ils sont équivalents et en les additionnant on augmente l’effet antiplaquettaire, ce qui peut être très utile dans certaines circonstances notamment après stenting.
      Il a deux énormes avantages sur l’aspirine : 1) pas d’accoutumance car l’effet antiplaquettaire est dénué de tout effet sur l’endothélium contrairement à l’aspirine qui finit toujours par inhiber l’effet antiplaquettaire de ce dernier (anti-prostacycline) ; 2) moindre toxicité (estomac, œil, rein …)
      Il est équivalent à l’aspirine en termes de risque hémorragique, sauf pour l’estomac évidemment, à effets antiplaquettaires équivalents.
      Il a un inconvénient (mineur), certains sujets peuvent être résistants relativement ; d’où les oméga-3 en association …
      Et un inconvénient majeur, il est beaucoup plus couteux que l’aspirine, et je crains que les génériques ne soient pas aussi efficaces (-quelques témoignages, mais pas de preuve !)
      Amicalement

      1. Bonjour Docteur
        Mais sur quels critères veulent-ils nous fourguer à tous les stentés l’aspirine à vie?
        Grand marché de l’aspirine?
        Ou bien pour simplifier on considère qu’on est tous égaux face à la propension à faire des caillots, donc protocole identique pour tous?
        La DM inclut tous les aliments et favorise les végétaux et marins. Les folates, (et d’autres comme ail, certaines épices..) sont déjà des fluidifiants du sang non? des anti-caillots naturels tout comme vos recommandations du mode de vie global.(tabac, activité,DM..)
        Donc passé un délai, selon le diagnostic, il devrait être possible de dire à un patient suivi d’arrêter tout traitement. Ce diagnostic personnalisé, visiblement n’existe pas!
        Et, à moins que vous et vous seul me disiez: faites pas l’con, moi j’ai choisi d’arrêter l’aspirine en même temps que l’efient en juin.
        Pour les autres toubibs, je leur fais pas confiance, soit, ils suivent aveuglément un protocole pour le cardio, soit ils n’ont pas le temps de s’ intéresser à ce que moi je veux!.
        Seul mon MG, lors de l’arrêt des statines m’avait suivi un petit peu en me disant que vu comme j’ai rangé ma vie, mon LDL serait bon et que dès lors il n’y avait pas de raisons de continuer les statines .Pour la suite il m’a prescrit un Doppler des artères, et est convaincu qu’il sera top. Il ne peut se mettre en travers du cardiologue, mais je sens bien qu’elle commence à s’intéresser à ce que vous faites car elle m’encourage en ne me mettant aucune reserve aux raisonnements que je lui tiens.Alors qu’au début elle vous avait confondu avec Pr Debré en me disant: Ah! oui! Mais De Lorgeril c’est un agitateur qui n’y connait rien , en plus il est urologue…
        Sauf erreur, partout on écrit sur vous comme d’un chercheur reconnu dans le monde entier et pas seulement à Dreibifouze les bains non, ? Comme quoi, les toubibs n’ont plus le temps de chercher et sont vraiment formés par les visiteurs médicaux…
        Cordialement

        1. Cher val,
          Concernant le traitement antiplaquettaire après des stents (nus ou “habillés”), il n’y a pas de recommandations précises actuellement, parce qu’ils ne savent pas quoi faire …
          Aussi simple que ça ! Aucun peut dire que la meilleure tactique c’est “celle-là” sur la base d’une étude bien faite !
          Et donc chacun y va de sa petite tendance caractérielle, ou selon des recommandations “locales” mais sans autre justification que la bonne foi d’un leader d’opinion “local” qui, en cas de pépin, viendra défendre l’inculpé au Tribunal en disant qu’il a fait de son “mieux” et qu’il aurait lui-aussi fait de même !
          Certains arrêtent tout au bout de 6 mois, d’autres n’arrêtent jamais !
          Et pourtant, il faut bien arrêter un jour, surtout l’aspirine !
          Moi je laisserais une année puis je me retirerais progressivement en gardant le plavix (avec des oméga-3) et en le diminuant progressivement sur quelques mois (ça dépend du contexte) sachant que j’augmente un peu le risque de récidive mais que je diminue le risque d’hémorragie. Le contexte c’est le mode de vie !
          Mais il faut bien comprendre que ce sont des prothèses, que la pathologie artérielle est certes “neutralisée” mais qu’on est un sujet à risque (puisqu’on a déjà subi un coup de Jarnac) et que donc on reste “vulnérable”, avec ou sans antiplaquettaire.
          Ce que le médecin doit éviter à tout prix ce sont les complications des antiplaquettaires (Règle numéro 1 de la médecine hippocratique : ne pas nuire !)

          1. Bonjour
            Il serait bien sur ce blog une partie forum, où justement certains pourraient donner leurs détails leurs expériences ainsi que leur chiffres. Je pense que certains on déjà tenté ce genre de chose que d’arrêter l’aspirine , de plus on ne lit plus trop de témoignages ces derniers temps sur les effets des statines et autres médications.
            Une partie forum permettrait de ne pas encombrer le blog de répétitions de mêmes questions ou de mêmes conseils.
            Si vous ne pouvez le faire je peux avec quelques bonnes ames qui auraient le temps de faire les modérateurs.
            Cordialement

          2. Vous avez raison, ça peut devenir lassant les répétitions, d’autant que ce Blog n’avait pas vocation à être un “forum” mais à permettre à des gens qui avaient lu nos livres de venir poser des questions “subsidiaires” ou à demander des détails concernant des sujets peu ou mal traités dans les livres …
            Nous n’avions pas d’autre ambition, d’où depuis plus de 4 ans, l’évident amateurisme qui nous caractérise.
            Ceci dit, je vous remercie de votre proposition, mais pour le moment (et vu la “chaleur de ce printemps …), je préfère savoir ce qui se passe au plus près de mes concitoyens qui s’expriment …
            Bon vent, matelot

      2. … et un autre inconvénient : quand on se coupe en se rasant ( ou autrement ), on ne cicatrise pas ! Ce qui n’est pas le cas avec l’aspirine
        d’où ma question naïve sans doute : si on ne cicatrise pas avec le plavix, c’est que l’effet anticoagulant ( donc anti-thrombotique ) est + puissant ?
        j’ai lu 5 études Clopidrogel contre Aspirine publiées par la SFC il y a 10 ans : 2 donnaient un avantage à l’aspirine, 2 au plavix et pour l’autre c’était idem
        depuis je ne sais toujours pas que penser : je retiens quand même que le plavix est nécessaire dans le phase aigue, et je le suppose, en permanence après un infarctus
        merci de ces explications que n’ai pu obtenir nulle part

  17. Bonjour,
    Tout d’abord merci au Dr de Lorgeril de nous ouvrir ce lieu d’échanges et d’informations.
    Une réunion d’experts libres et indépendants, pouvant débattre, études scientifiques à l’appui, de l’intérêt (ou non) des statine et de leurs effets secondaires (ou non) en prévention primaire et/ou secondaire permettrait enfin à Mr Lambda d’y voir un peu plus clair.
    En effet Mr lambda écoute (ou lit)
    – d’un côté des pro-statines (son médecin, son cardiologue, expert (ou pseudo) …)
    – d’un autre côté des anti-statines (Mr Even, Mr De Lorgeril …)
    Comment Mr Lambda peut-il se faire sa propre opinion si ce n’est lors d’une confrontation d’experts libres et indépendants débattant, sans à priori et dans une approche uniquement scientifique !!
    J’adhère donc totalement à l’idée proposée par le Dr De Lorgeril.
    PS :
    Les différentes études évoquées (CARDS, ASPEN, 4D et FIELD) et d’autres (Jupiter…) sont-elles disponibles sur ce site ? Mais peut-être n’est-ce pas abordable par Mr Lambda

    1. Effectivement un débat entre experts libres et indépendants s’avère indispensable … pour peser les arguments des pro- et ceux des anti-statines !
      Gros problème : il n’y a pas de pro- qui soient aussi experts, et encore libres et indépendants !
      Si vous en connaissez, envoyez-les nous, on sera contents de les connaître !
      Pour les études citées, vous les trouverez (gratis) via Pubmed !

  18. bonjour Docteur
    comme je vois, toujours aussi prompt à la réplique!! et comme ça fait du bien !! (pas à tous notez bien !) mais ça commence à bouger partout la preuve :
    extrait du journal “Le Soir” grand quotidien belge
    Cholestérol : utile, la pilule-miracle ?
    Ricardo Gutierrez
    Mardi 19 mars 2013, 06h03
    Belga
    Peut-on se fier aux recommandations de prescription des médicaments anti-cholestérol ? Pas le moins du monde, à en croire l’analyse que publie le Dr François Pesty, fondateur français de l’institut « Pour une Prescription plus efficiente du Médicament ».
    Plus d’un million de patients, en Belgique, se voient prescrire des statines, afin de réduire leur taux de cholestérol dans le sang et le risque induit de maladie coronaire. Ces dernières années, l’augmentation de la consommation de statines s’observe surtout en prévention primaire, c’est-à-dire chez les patients qui présentent un taux de cholestérol trop élevé, mais qui n’ont pas encore subi d’accident cardiovasculaire et qui ne souffrent pas d’une maladie cardiovasculaire.
    Des plus en plus d’experts s’interrogent sur l’usage préventif de ces médicaments. En Belgique, le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) s’est inquiété de cette « médicalisation » de la prévention : trop de patients consomment des statines sans chercher d’abord à modifier leur mode de vie, en adoptant une alimentation plus saine, en arrêtant de fumer ou en pratiquant un exercice physique régulier.
    encore merci pour votre action et portez-vous bien !!
    Bob

  19. Bonjour
    Je ne peux résister à reposter cette vidéo où vous y êtes interviewé de façon respectueuse et ou votre analyse est à la hauteur de votre niveau.
    Ce qui m’a aussi interpellé et qui rejoint ce que vous y dites concernant le grand marché, c’est l’avocat qui dit qu’aux US 3000 plaintes = 1 milliard de dollards et en France 10000 plaintes=0€.
    Celà dû au fait de l’inaction politique qui n’autorise pas les class actions.
    Mais outre, que les gouvernants sont impliqués par des sociétés leur appartenant , en consulting et autres (cf Cahuzac et Pfizer), au grand marché des statines, et, que le désaveu, la honte et l’opprobre leur seraient très préjudiciables s’ils devaient faire la vérité, imaginez des class actions en France: s’ouvriraient des actions sans précédent concernant, l’amiante, le nucléaire,(le fameux nuage qui fait un détour) , sang contaminé, hormones de croissance, et j’en oublie et des meilleures.
    C’est le système qui ne va pas en fait…Et le coup de pied dans la fourmilière ne se fera peut-être jamais ou alors au prix d’un scandale sanitaire majeur.
    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=-z1P8OTiX4I

  20. @ Dr De lorgeril : Ça c’est envoyé!!! Pour paraphraser le Misanthrope “Ah, qu’en termes fleuris ces choses là sont dîtes…” Nonobstant mon ironie, j’espère de tout cœur que le Pr GRIMALDI aura la sagesse d’acquiescer à vos souhaits. Peut-être comprendra t’il que pour un patient comme moi, qui a arrêté les statines pour appliquer autant que possible la diète que vous préconisez, et qui a vue SON DIABETE, apparaître 4 ans après la prise de ce médicament , diminuer et se stabiliser avec ce même régime et quelques conseils d’alimentation pour diabétiques et cela en supprimant également le glucophage, peut-être comprendra t’il dis-je, qu’il en va de la santé et du confort de vie de centaines de milliers de patients rien qu’en france qui attendent une réponse claire à ce sujet et non pas des réponses “criminelles” comme celles de ma diabétologue qui me condamnait à la prise de Metformine jusqu’à la fin de mes jours… au détriment des mes reins qui était le cadet de ses soucis!
    En tous cas c’est bien d’avoir pris cette initiative.

    1. Bonsoir Docteur,
      Je vous félicite pour cette lettre ouverte. Tenez nous au courant de la suite.
      Il est incompréhensible que cette querelle ne soit pas tranchée par une étude indépendante où participeraient les tenants des différents avis ?
      J’ai arrêté les traitements anticholestérol. Du coup mon cholestérol remonte. En visite chez une neurologue pour un test de mémoire, elle m’affirme que le “mauvais cholestérol” favorise l’Alzheimer?
      “C’est sûr, prouvé etc.” “Que je fais une bêtise etc.”
      Qu’en pensez vous ?
      Vivement la un accord scientifique sur ce cholestérol !!!
      Bien cordialement.

      1. Non, le cholestérol ne favorise pas l’Alzheimer, il vous en protège plutôt !
        Il n’y a pas de “bon” et de “mauvais” cholestérol …
        URGENT de lire notre livre “Prévenir l’infarctus et l’AVC”, ça pourrait vous sauver la vie !

      2. @Ron
        “J’ai arrêté les traitements anticholestérol”
        Celà ne suffit pas et ne vous protège de rien. il faut suivre les modes de vie du livre.
        Je suis à 0.83 en LDL mais, aujourd’hui, m’en fous au fond, j’ai fait un contrôle sanguin pour que mon cardio me lâche la grappe. Au passage, même si ça lui a un peu troué le slip que j’ai un taux comme ça sans Statine, il aura quand même essayé de me fourguer un 10mg de Tahor un jour sur deux l’animal.
        Pour l’arrêt des IEC, du Xanax, et du Béta bloquant, il a même pas tiqué… (tension de 11.6 fréquence à 60/66) .bizarre non?
        Ceci dit, du moment que je suis les prescriptions de MDL, je sais aujourd’hui que s’il est à 2 ou 3g/l, ça ne compte pas comme marqueur efficace. De toutes façons, la médecine nous impose 2g/l à tous alors que nous sommes différents…
        Lisez et relisez ce livre, offrez-le, parlez en avec ceux à qui vous l’offrez, et dans 6 mois vous aurez fini de vous prendre la tête avec ce qu’il faut faire ou pas, celà vous semblera naturel à tel point que vous comprendrez que vous avez été dénaturé par la vie actuelle.
        En gros, je vous promets que vous allez vivre, pleinement, sans plus vous poser de questions. Et venir sur ce blog comme un moment de détente, plutôt que de chercher des réponses qui ne font que entretenir vos angoisses, c’est vachement mieux.
        Dans le cas, ou vous appliqueriez les préceptes du livre, relisez le, il faut le lire quelques fois et bien l’assimiler, avant de faire lâcher prise à l’angoisse.
        Pour info, j’ai 2 stents, depuis bientot 1 an, j’ai tout arrêté sauf 2 medocs, et, comme je suis sûr que mon mode de vie est protecteur, soyez sûr que au terme de la 1ère année, lorsque mon cardio en juin va m’arrêter les antiagrégants (Efient), j’arrêterai aussi le Kardegic 75 de moi-même.( prendre ça à vie? ça va pas la tête?)
        Mon cardio m’a promis qu’on se reverra en salle d’op dans les 6 mois.Pourquoi?
        Moi je constate que mes contrôles sont toujours au top dans tous les domaines.
        (tension, fmc, ischémie, segment st..) et ma vie aussi (stress, activité, nutrition, sommeil, polluants…)
        Alors, je lui dit: chiche?

  21. bonsoir,
    il est écrit page 3 de la notice du Tahor 40, rubrique Autres effets indésirables éventuels : augmentation du taux de sucre dans le sang (si vous êtes diabétique, continuez à surveiller attentivement votre glycémie)
    Personnellement après 6 mois de statines, taux de 7, abaissé à 6.4 2 mois plus tard

      1. ce que je voulais dire c’est que sur la notice on parle “d’augmentation de taux de sucre dans le sang” ce qui apparaît certes moins angoissant que le terme diabète mais c’est la même chose
        personnellement l’hémoglobine glyquée était de 7% en juin après 6 mois de tahor, 6.4% un mois plus tard en juillet, c’est à dire le taux d’octobre, avant l’infarctus et les médicaments

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