De l’usage du doute systématique en médecine, à propos du tabac et des statines

Selon un récent sondage auprès des médecins américains (toutes spécialités confondues), près de 60% d’entre eux se disent plus ou moins « perturbés » par les discussions actuelles [aux USA et au Royaume-Uni, essentiellement ; Ah ! Ces beaux pays où l'on peut encore douter de l'indépendance des Académies et des académiciens !] à propos de la nocivité du cholestérol et surtout de l’utilité des statines.

Suivant qu’on voit le verre à moitié-plein ou à moitié-rempli, on peut se réjouir (c’est mieux qu’avant-hier) ou bien déchanter : Bon Dieu, encore 40% n’ont aucun doute …

Je dirais plutôt – avis très personnel – que les choses vont dans le « bon sens » ; surtout si l’on considère les armes de « scepticisme massif » utilisées par les experts-défenseurs des statines (en général fort bien rémunérés, mais bien peu indépendants) pour ralentir le mouvement.

En effet, si on prend comme exemple et antériorité, la façon dont l’industrie du tabac a retardé la prise de conscience des méfaits du tabac par les médecins et le public entre 1945 et 2005, on peut considérer qu’avec le cholestérol et les statines les choses vont vite, très vite même.

A propos de la sombre « histoire du tabac » et dont nous avons déjà parlé dans nos livres [surtout celui évoquant "l'innocence du cholestérol"], on pourra se reporter à celui de l’américain Robert Proctor : Golden Holocaust : la conspiration des industriels du tabac.

Ou comment détourner une qualité professionnelle en une arme de « destruction massive ».

J’exagère ?

Selon les dernières statistiques américaines, et alors que le nombre d’américains fumeurs s’est effondré au cours de la dernière décennie, le tabac serait responsable ces jours-ci d’environ 500,000 décès chaque année aux USA. Multipliez par le nombre d’années où la population US a été exposée et vous aurez une idée de l’hécatombe. Il s’agit donc bien de destruction massive, selon mon vocabulaire, ou d’un holocauste selon Proctor.

Mais il n’y a pas eu de Tribunal de Nuremberg pour punir ces méchants-là ou pour édulcorer les souffrances des victimes ; car, et c’est là l’astuce, personne n’a jamais forcé personne à s’allumer une clope ; comme d’autres sont montés dans des wagons plombés avec une baïonnette dans le dos …

Et ainsi, il n’y a pas de coupable, il n’y a que des imbéciles qui étaient (et sont encore parfois) assez niais pour aller faire la queue au tabac du coin …

C’est le crime parfait !

Le doute systématique est une qualité primordiale du médecin. Jamais trop sûr, le bon médecin sait qu’il exerce un métier « à risque ».

L’industrie du tabac sût utiliser cette qualité des médecins entre 1945 et 2005 ; simplement en faisant croire que les données scientifiques et médicales à propos du tabac étaient peu concluantes [ils n'ont jamais nié, mais simplement fait parler des experts qui prétendaient être peu convaincus par les arguments des sectaires anti-tabac ; et les médecins détestent les sectaires ; et donc, en cas de doute, rentrent dans leur coquille ; en attendant que ...]

Dans la période historique que nous vivons à propos du cholestérol et des statines – et de quelques autres médicaments inutiles et toxiques – l’industrie utilise maintenant les mêmes armes pour retarder l’échéance : introduire le doute dans l’esprit des médecins !

Et les faire, les médecins et leurs neurones, rentrer dans leurs coquilles.

Tant qu’ils doutent (au fond de leurs coquilles), les médecins ne modifient pas leurs pratiques ; et c’est ça ce que les autres veulent, seulement ça ; que les médecins continuent à prescrire (dans le doute) au moins jusqu’en 2016, fin du brevet de la dernière statine commercialisée ; après ce sera le déluge ; c’est-à dire d’autres avec d’autres poisons …

Amen !

88 réflexions au sujet de « De l’usage du doute systématique en médecine, à propos du tabac et des statines »

  1. José

    Hum, je suis peut être hors sujet ? Mais récemment sur un plateau télé le cancérologue David Khayat venu vendre son livre « Prévenir le cancer » nous a asséné que les omega 3 augmentaient les formes graves de cancer la prostate et ne faisaient pas baisser la mortalité cardiovasculaire ! Je croyais que les omega3 faisaient baisser le niveau d’inflammation nécessaire au développement de maladies chroniques comme le cancer et les maladies cardiovasculaires ? On m’aurait menti ?

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : José

      Vous n’avez pas de bonnes lectures … et vous perdez du temps avec l’ancêtre d’Internet comme dit l’autre …
      Bon, DK est un brave garçon (probablement, connais pas) mais il est un peu faible côté sciences médicales ; je crois bien qu’après une longue carrière dans l’appareil comme on disait du temps du soviet suprême, il ait laissé peu de traces [mêmes les escargots en laissent derrière eux la nuit ou dans la pénombre qui suit les pluies d'automne] ; qu’il passe ces temps de néo-retraité à parcourir enfin la littérature médicale concernant « nutrition et cancers » ne lui fait pas beaucoup gagner en capacité critique ; c’est probablement trop tard !
      Oubliez ces idioties !
      Les siennes (dans ses livres) et les miennes de maintenant !

      1. Inoxidable
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Bonjour Docteur. Ce matin cet éminent cancérologue a sévi une nouvelle foi sur Télé Matin dans la rubrique de la journaliste spécialisée Brigitte Cohen . Il y a affirmé sans rire qu’en éjaculant lors de l’acte d’amour, le sperme permettant d’évacuer des toxines néfastes causes du cancer de la Prostate , c’est en tout cas ce que j’ai retenu et compris des ces élucubrations… On est loin de vos conseils sur une vie sexuelle épanouie faisant partie d’un mode de vie protecteur contenus dans votre livre  » prévenir l’infarctus etc… ».
        Alors de deux choses l’une, ou cet illustre spécialiste accuse un redoutable « retour d’âge » (et manque singulièrement d’Oméga 3…) ou il fait partie de cette cohorte de de serfs de Big Pharma qui n’ont d’autre but que de dénigrer vos travaux et ceux d’autres chercheurs indépendants à défaut de pouvoir démontrer ou produire des résultats scientifiques qui permettraient de penser qu’ils ne se sont pas trompés dans leur manière de traiter ou plus tôt de prévenir ces maladies .
        Et tout cela avec la complicité de média tout acquit à leur cause utilisant la flagornerie qu’il sied quand on interwiewe un « grand sorcier ». Cela m’afflige lorsque j’écoute ce genre de reportage…

        1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
          En réponse à : Inoxidable

          A parler franchement, je n’ai pas entendu parler de « substances néfastes dans le sperme et favorisant le cancer de la prostate » …
          Mais pourquoi pas ?
          Mais si c’était vrai [l'énooooorme problème que je vois c'est comment parvenir à une telle démonstration), nous pourrions envisager quelques stratégies préventives dont je laisse le soin aux "féministes" d'antan [les "sadiques" pas les autres] d’énoncer les termes ; une première idée serait de se « débarrasser du sperme » … Voyons voir, j’ai quelques idées …
          Merci de cette petite distraction matinale, ça aide à commencer la journée … pas bien méchant ce DK …
          Il lui manque un S pour faire sérieux dans la catégorie des « experts en sperme » …
          Bon, d’accord c’est niveau « guignols » …

          1. hutin
            En réponse à : Michel de Lorgeril

            Voilà , j’ai souri de votre « blague » sur l’absence de S chez Kayhat…le pôvre!!je l’ai aussi entendu …il fait sa célébrité comme il peut au milieu de jeunes dames…

        2. Inoxydable
          En réponse à : Inoxidable

          Euh… J’ajoute que selon ce que l’on sait, le sperme contient des éléments vitaux (vitamine c b12 magnésium sucres etc…) pour assurer la survie des spermatozoïdes . Alors s’il contenait tant de toxines ( à ce que je sache les testicules n’ ont pas de fonctions éliminatoires comme les reins par ex ) , nous aurions tous des bébés anormaux des la conception, non ? Bon je di…verge ……

        3. phil
          En réponse à : Inoxidable

          il est toxique de ne pas éjaculer tout court (Freud déjà parlait de l’ « accumulation de libido » comme une intoxication chez le névrosé, donc chez nous tous), mais ayant étudié les travaux d’un des meilleurs spécialistes en la matière, le Dr David Wise, je sais que l’éjaculation ne guérit ni ne prévient les maladies de la prostate telles que prostatites et cancers… Le très excellent et regretté Pr Steg (l’original, surtout pas le rejeton) nous aurait fort bien expliqué ça.

        4. diététicienne80
          En réponse à : Inoxidable

          Ce matin cet éminent cancérologue a sévi une nouvelle foi sur Télé Matin dans la rubrique de la journaliste spécialisée Brigitte Cohen . Il y a affirmé sans rire qu’en éjaculant lors de l’acte d’amour, le sperme permettant d’évacuer des toxines néfastes causes du cancer de la Prostate

          « lors de l’acte d’amour »… mais je ne vois pas pourquoi ça me fonctionnerait pas avec l’onanisme ?

          1. Inoxydable
            En réponse à : diététicienne80

            Il a dit qu’avec la masturbation ça ne marchait pas. Il n’ a pas cité ses sources parlant d’études récentes … Sans doute s’agissait il de  » b…..leurs ». Y en a. On se contentera de Freud grand spécialiste de la libido. Mais bon j’arrête sur ce terrain qui devient glissant. Bonne soirée .

    2. phil
      En réponse à : José

      mon cardio, que j’aime et qui a le sens de l’humour, dit qu’OMACOR c’est de la pisse de vache…

      Comme ce n’est pas la 1ère fois que j’observe cette réaction du corps médical face aux Om3, j’en ai conclu depuis un moment que la plupart des médecins considèrent les « compléments alimentaires » comme de la concurrence déloyale ou l’ennemi à abattre, sans autre forme de procès…

  2. mami

    bonjour, je m’apelle m… z…, je suis enseignante à la faculté des sciences de la biologie de l’université de Tlemcen en Algérie, je vous fait savoir que je travaille sur le seigle et d’autres céréales ça fait des année, j’ai publié plusieurs travaux sur le seigle et je voudrais faire beaucoup de connaissance avec vous puisqu’on partage le meme sujet de recherche .je veux savoir votre mail dans la mesure du possible pour vous écrire souvent.merci pour votre compréhension

  3. Manudk

    Pour revenir sur le problème du tabac et des ses conséquences économiques, une équipe de journalistes d’investigation a pu mettre la main sur des documents internes des grands acteurs industriels mondiaux du tabac qui s’adressent à leurs sociétes de lobbying (U.E., USA, …) et qui suggérent, entre autres:
    - d’abandonner l’approche « négation de la nocivité », qui n’est plus crédible
    - de modérer l’approche « gain économique pour l’Etat via les accises, la TVA, … »
    - de mettre en avant le gain économique pour l’Etat via la sécu grâce aux décès très prématurés des fumeurs.
    Une étude très sérieuse à été commandée à une société tchèque pour quantifier le gain probable pour la sécu si l’Etat « garde » un quota raisonnable de fumeurs qui vont décéder bien plus tôt que la moyenne,
    au lieu d’entraîner d’importantes dépenses pour d’autres pathologies jusqu’à leur 80 ans, en moyenne.
    Il leur a été impossible d’obtenir une copie du résultat de cette étude, mais le patron de la boîte tchèque a confirmé, face caméra, que cette étude avait bien été réalisée.
    Quand des milliards sont en jeu, la vie humaine a un prix: zéro !
    Le jour où le marché des statines atteindra celui du tabac, on peut s’attendre aux mêmes dérives.

      1. Julien
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Bonjour docteur et félicitations pour vos travaux et votre blog!
        J’aurais aimé avoir votre avis sur la question suivante: les preuves scientifiques de la supériorité d’un régime alimentaire très faible en glucides. Vous sembliez dire qu’elles n’étaient pas « sérieuses ». Étant largement plus éduqué que moi sur ces questions je suis bien sûr tout à fait prêt à vous croire… à condition que vous m’expliquiez pourquoi. Selon moi, voici les preuves scientifiques de la supériorité d’un tel regime:
        Étude parue dans le JAMA (randomized controlled trial) par des scientifiques de Stanford. Coût: 2 millions de dollars.

        http://www.math.hope.edu/stats/articles/weight-loss.pdf
        Et pour de plus amples infos:
        http://www.dietdoctor.com/science

        À mon sens le livre le plus important écrit sur ces questions reste celui de Gary Taubes « good calories bad calories » résumé en français par le livre « pourquoi on grossit » du même auteur. Son point de vue sur le régime mediteraneen est le suivant: il est meilleur que les autres car il augmente les graisses et diminue les sucres raffinés. Point barre. Si vous diminuez encore plus les les sucres (cad vous éliminez les féculents, que l’humanité n’a jamais mangé 99,5% de son temps, ils ne sont apparus que très tard dans l’histoire humaine) vous aurez des résultats meilleurs. Si je vous dis ça, c’est que j’ai perdu tous les kilos que je souhaitais avec ce régime (cad 16 kilos) que je n’ai jamais repris, depuis 3 ans maintenant.
        Aussi j’aimerais avoir votre précieux avis sur ces questions.
        Encore bravo pour vos travaux,et votre dévouement, Julien

        1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
          En réponse à : Julien

          Merci de vos encouragements.
          Concernant la « low-carb diet », il y a eu quelques (voire beaucoup) de publications depuis celle (2007) que vous citez, notamment l’une d’entre elle qui portait sur une comparaison avec la diète Méd. Les résultats étaient équivalents en termes de perte de poids mais les paramètres « diabète » bien meilleurs avec la diète Méd.
          En fait, le « manque de sérieux » vient du fait que ces essais sont trop courts et que généralement les patients reprennent du poids à plus ou moins brève échéance, en étant encore plus frustrés …
          Ce qui importe ce n’est pas le poids (trop ou pas trop), c’est le mode de vie (protecteur ou pas) ; certains mode de vie toxiques peuvent entrainer une prise de poids, d’autres non ! Ce qui fait qu’on a des gens en surpoids et quand même en bonne santé ; et d’autres en mauvaise santé avec un poids normal …
          Le poids n’est donc pas LA question importante à moins d’être jockey ou ballerine (vous voyez ce que je veux dire), mais le mode de vie ; en général, avec un mode de vie protecteur, on a son poids optimal, mais on n’est pas forcément maigre !
          Retenez la notion de poids optimal (et aussi de cholestérol optimal) pour un individu donné ; les deux peuvent varier au cours de l’existence … etc … Je n’ai pas le temps d’aller plus loin …
          Urgent de lire notre prochain livre (début 2015) où nous discutons ces questions …
          Bon vent, matelot !
          PS/ J’aime bien Taubes, mais c’est un journaliste d’investigation, pas un médecin, il ne faut lui confier votre santé. Amen !

          1. hutin
            En réponse à : Michel de Lorgeril

            Chouette un nouveau livre!!nous allons continuer à apprendre et à instruire mon cher généraliste. En attendant écoutons Jarousski pour un meilleur sommeil.merci déjà à vous!

      2. JM51
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Pour le moment, l’Etat (via la Sécu) est perdant pour le marché des statines. Je ne pense pas que les statines provoquent autant de morts que le tabac ou alors nous serions mal informés.
        En tous les cas on apprend qu’une étude a été réalisée pour connaitre si gain possible pour l’Etat de conserver un quota de fumeurs.
        Pour quel pays cette étude a été réalisée par cette boite tchèque ? Avez vous un lien Manudk ?

        1. manudk
          En réponse à : JM51

          L’info a été dévoilée par l’équipe de « Cash Investigation » (1ére diffusion TV de cette enquête sur France 2 le 07/10/2014) . La partie traitant d’une étude sur le « gain économique par mortalité précoce des fumeurs » se situe vers la fin. Vu la difficulté de trouver sur le net d’autres liens vers cette enquête, je me questionne un peu: exagération journalistique ou verrouillage systématique de l’info par les puissants lobbies du tabac?

  4. Inoxydable

    Bonsoir Docteur. La cigarette fera toujours « un tabac », que ce soit chez les imbéciles ou les autres soit disant sensés. Il n’y a pas de bon sens en la matière. A mon avis cela est dû au fait qu’on commence à fumer jeune, et comme toute jeunesse, on ne voit pas le danger, on n’y croit pas, c’est pour les autres.
    Pour les statines, ce n’est pas pareils :On en prend ( sur prescription) soit disant améliorer sa santé cardiaque et on le fait quand on commence à être « vieux » … On est malade, et on se passerait bien de la maladie et par voie de conséquence des « médocs ». Alors je pense qu’il sera plus facile, démonstration à l’appui, de faire renoncer un patient qui en a marre à ses statines et autres successeurs si on arrivait à faire mordre la poussière à tous ces experts statinophiles inféodés à Big Pharma. On peut y arriver, la raison et la nécessité de l’äge mûr fera le reste… On arrive bien a arrêter de fumer.

    1. phil
      En réponse à : JM51

      CHOLESTÉROL: ON VOUS MENT – Par Kouchner Annie, publié le 03/12/1992

      Soit déjà 22 ans « pour rien »…

      Le Pr Apfelbaum a été facilement étouffé par la somme de désinformation « arithmétiquement » cent fois supérieure, au moins, à la somme des informations objectives.

      Depuis, Internet a changé la donne, les patients ont un nouvel accès gratuit, instantané et inviolable aux médias, cela change tout !

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : Olivier

      Je préfère ne rien dire !
      Si, quand même,on vient de montrer que les mangeurs de statine prenaient du poids par rapport aux « abstinents » …
      Pas bon pour le business ça ! Pas chanceux, nos amis !
      Trop drôle !

      1. Olive verte
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Merci à Olivier pour ce lien … édifiant !
        Les auteurs y écrivent entres autres  » « l’objectif de ces recherches est d’adapter au développement d’un complément alimentaire la rigueur d’un médicament. Un soutien pharmaconutritionnel qui facilite la perte de poids au début d’un régime est toujours encourageant ».
        Bref, si on décode la réalité de cette manipulation de langage, j’imagine que ces gens de l’INRA pensent à peu près : braves gens que l’on angoisse à longueur de temps sur votre poids, et qui avez encore du pouvoir d’achat, on prend une molécule très active et très décriée, qui est un médicament, on l’estampille compléments alimentaire, en la mélangeant avec une autre molécule dont le nom est joli et sonne « naturel », la méfiance sera moins forte que celle envers les statines prises comme des médicaments, et on compte vous en fourguer tout plein.
        Après, que des études scientifiques montrent le contraire, que les statines font grossir … est ce que ça aura du poids dans la décision des consommateurs ? Pas sûr …

        Ou alors, c’est que je suis crevé du sport que je viens de faire, et que j’interprète tout en noir, et que ce ne sont que d’honnêtes chercheurs face à des patients dans leur ensemble très informés….

          1. Papynou34
            En réponse à : Michel de Lorgeril

            Il me semble avoir lu que la Citrulline a une action sur la paroi des artères et qu’il est fortement déconseillé aux personnes suivant un traitement anti-coagulant.

          2. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
            En réponse à : Papynou34

            Je n’oserais pas faire trop de commentaires audacieux à propos de la citrulline et de sa « compère » l’arginine, toutes deux « précurseures » [je sais, j'invente des mots, ça m'amuse ...] du NO [ou nitric oxide] un médiateur très fondamental de la biologie de l’artère [il fut une époque pas si lointaine où nous conseillions à nos patients de manger des noix qui sont vraiment très riches en arginine] ; mais nous avons été un peu déçus des résultats des études avec l’arginine ; peut-être est-ce mieux avec la citrulline, je ne sais pas et je n’ai pas le temps de vérifier ; merci de le faire si vous avez du temps !
            De là à contre-indiquer si anticoagulation …

        1. olivier
          En réponse à : Olive verte

          Le plus délirant dans cette histoire, c’est que des fonctionnaires de l’INRA puissent déposer des brevets commerciaux, basés sur âneries qui plus est…

  5. Papynou34

    Ce qui est assez amusant dans cette étude de l’Inra, c’est le coté complémentaire de la citrulline et des statines, ces derniers ont un effet délétère, les premiers eux sont plutot bénéfique pour les muscles.

  6. Bernard78

    Bonjour à tous. A propos du « doute » et des statines, je viens de tomber sur un article paru dans Le Généraliste d’aujourd’hui :
    « Statines : une étude préconise de traiter la quasi-totalité des plus de 65 ans »
    « La quasi-totalité des personnes âgées de 66 à 75 ans devraient prendre des statines (même si leur taux de cholestérol est dans les limites permises), si l’on suit une nouvelle étude publiée lundi aux Etats-Unis dans la revue de médecine interne du JAMA (…) un nouveau guide d’utilisation des statines de manière préventive qui « se base sur les recommandations controversées publiées en novembre 2013 par l’American College of Cardiology et l’American Heart Association » (…)

    Personnellement, concernant les statines je ne doute plus… grâce aux livres du Dr de Lorgeril.
    Mais qu’est-ce encore que cette étude ? Comment pourrait-on en arriver là ? que pourrait-on faire contre cela ?
    Et on s’étonne que nos médecins continuent de prescrire « à tout-va » des statines…

    PS : Dans de même numéro du Généraliste, suit un autre article :
    « Les Américains disent non au dosage de routine de la vitamine D » …

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : Bernard78

      Nous sommes effectivement aux USA dans une phase d’hystérie collective à propos du cholestérol et des médicaments anticholestérol.
      Mais, de façon encore invisible pour les profanes, c’est une toute autre bataille qui se prépare celle des nouveaux anticholestérol injectables …
      Quand au journal français dont vous parlez, je m’étonne que vous perdiez du temps à le consulter … Il vit de ses relations avec « BigPharma » ; il survit donc …

  7. Bernard78

    Réponse au Dr de Lorgeril :
    Merci Docteur pour votre réponse.
    C’est d’ailleurs c’est l’Académie pédiatrique américaine qui préconisait des statines aux enfants dès 8 ans…
    Quant au « Généraliste », j’en reçois encore les newsletters par emails, car ma femme -personne n’est parfait- est médecin et est encore abonnée au Quotidien du Médecin !

    En tous cas, Merci pour vos livres, pour vos recherches et pour votre indépendance.

    Personnellement j’ai toujours du mal, dans mon entourage proche, à lutter contre ce dogme du mauvais cholestérol. Difficile de suggérer à ses proches d’interrompre un traitement anticholestérol.
    J’ai moi-même subi quelques pressions de la part de différents spécialistes qui voudraient que je reprenne le Crestor, même en prévention primaire (pas d’HTA, ni fumeur ni diabétique) !…

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