QU’EST-CE QU’UN PROTOCOLE COMPASSIONNEL ?

 

Par hasard (à 18:00 environ) devant un poste de télévision la semaine dernière, j’ai entendu des intervenants dans une émission d’information apparemment consacrée aux accidents thérapeutiques parler de « protocoles compassionnels » ou quelque chose comme ça avec le mot « humanitaire », mais je ne me souviens plus des mots exacts.

Aucune de ces personnalités ne semblaient vouloir mettre en question ces pratiques bien peu scientifiques ; ce qui m’étonne quelque peu, vu mon métier.

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’administrer à des patients gravement atteints des médicaments qui n’ont pas subi tous les tests habituels d’efficacité et de toxicité.

Je pense qu’on a inventé ça au moment où, totalement dépourvus face aux premiers malades du SIDA, on essayait un peu n’importe quoi…

Le raisonnement était le suivant : « foutu pour foutu, essayons le tout pour le tout… »

C’était une maladie nouvelle, désespérante et tragique, et on avait rien ; et on ne comprenait rien !

Cela s’est reproduit très récemment avec l’épidémie d’Ebola : totalement démunis, des médecins proposaient d’essayer des substances expérimentales. Ils ont obtenu cette permission de l’Autorité Sanitaire US ; mais un rapport récent avouait que plusieurs mois après l’épidémie, on n’avait rien appris de ces « nouveaux » médicaments à la suite de cette utilisation « sauvage » ; ni sur leur efficacité ni sur leur toxicité. Autrement dit, ça n’a apparemment servi à rien…

De grands experts en éthique médicale ou des philosophes ou encore des religieux pourraient sans doute argumenter longuement sur la validité éthique ou médicale de ce genre d’attitude désespérée. Je ne m’y risquerais pas.

Mais, la marchandisation massive de la recherche médicale [le but lucratif est désormais prépondérant en toutes circonstances sur la raison médicale ; je ne m'étends pas sur cette question ; ceux qui ont des doutes peuvent se référer par exemple au livre de la députée Européenne Michelle Rivasi et dont le titre dit tout : "Le racket des laboratoires pharmaceutiques"] donne une image tout-à-fait différente du paysage qui s’offre à nos yeux.

En effet, utiliser des patients en fin de vie dans des protocoles expérimentaux semble devenir une sorte d’habitude dans certains milieux, notamment en oncologie.

Sous le prétexte dit « compassionnel », on demande la permission à une autorité de tester des médicaments très nouveaux [dont les effets sont quasiment inconnus chez les humains] chez des patients en échec thérapeutique.

On obtient même de plus en plus souvent que ces « nouveaux » traitements extrêmement couteux soient payés (remboursés à l’industriel à des coûts faramineux) par l’Assurance-Maladie.

Qu’on me comprenne bien : sur le principe et de façon très exceptionnelle [à condition que le protocole soit particulièrement codifié et que des avis d'experts indépendants de l'industriel aient été obtenus], je ne suis pas obligatoirement contre.

Mais, étant donné l’épouvantable époque dans laquelle nous vivons, je vois bien que le « protocole compassionnel » peut être une extraordinaire opportunité pour échapper aux règlementations et à l’éthique ; et, à faibles coûts, tester de façon accélérée des molécules expérimentales sur lesquelles on ne sait à peu près rien !

Ici, le patient en fin de vie peut devenir un magnifique cobaye humain.

Comme on est en fin de vie (un pied dans la tombe diraient certains mal-élevés), les critères clinique habituels sont de peu d’intérêt et on voit fleurir des publications fascinantes avec des conclusions du genre : « pas de différence entre le groupe traité et le groupe contrôle en termes de survie mais on a observé une régression significative de la taille de la tumeur de 0,5 mm » ou bien « la survie dans le groupe expérimental a été améliorée (de façon hautement significative sur le plan statistique) de 7,6 jours plus ou moins 2,5 jours par rapport aux contrôles » ; ce sont des exemples inventés (pour ne fâcher personne)  mais pas irréalistes…

Question primordiale : apprend-on vraiment quelque chose en médecine scientifique en l’absence de protocoles parfaitement élaborés et respectés ? Je crois bien que non.

Nicole Delépine [médecin oncologue qui connait ce sujet mieux que moi ; elle a écrit un livre dont le titre est encore révélateur : "La face cachée des médicaments"] défend l’idée qu’on ferait mieux d’utiliser ces sommes d’argent déjà très considérables [cadeau à des expérimentateurs qui ne sont pas "au-dessus de tout soupçon"...] en hospitalisant ces patients en échec thérapeutique et fin de vie dans des unité de soin palliatif où s’organise un départ confortable (et humain) vers l’ailleurs.

C’est sans doute plus humain que de leur faire espérer des lendemains qui ne chantent jamais tout en les soumettant à des effets adverses et toxiques qu’ils n’espéraient sans doute pas.

Profiter du désespoir des uns pour favoriser le business des autres… Hum !

On est loin, très loin sans doute, de la Déclaration d’Helsinki !

Nous vivons dans un monde où tout s’oublie si vite, même le sens du mot « compassionnel »…

Et vous en pensez quoi, vous ?

Merci de réagir !

 

 

 

 

 

 

 

60 réflexions au sujet de « QU’EST-CE QU’UN PROTOCOLE COMPASSIONNEL ? »

  1. Reliquet

    Pendant qu’on a des médecins très affairés à rafler les derniers euros des mourants, on a aussi le Docteur Robert Weiss.

    Un jour il a vendu son cabinet médical new yorkais pour s’acheter des terres agricoles dans le Comté d’ Hudson.

    Il faut dire qu’il se chagrinait depuis longtemps à la lecture d’une statistique intangible d’année en année, celle du nombre de morts Américains après utilisation normale de leurs médicaments, donc suicides et surdosages exclus.

    Combien? 100.000.

    Alors il s’est dit qu’il aurait beaucoup de mal à faire pire en se lançant dans la phytothérapie, teinture mères et consort, et dans l’agriculture la plus détachée de tout apport chimique.

    Il a été énormément emmerdé, Robert, évidemment, et par les tenants de la ligne dure des deux métiers en même temps, mais voilà, 25 ans plus tard il va très bien et la population alentour aussi, qui s’épargne une quantité faramineuse de maladies liées au mode de vie en ne s’alimentant que par ses produits (la viande est exclue) et qui utilise encore les plantes de Bob pour soigner une grande parties de maux qu’ils doivent tout de même affronter.

    Il est vraiment dangereux, Ce Bob, je le verrais bien finir dans une Association Internationale de Médecine, dirigée par des Français bienveillants…

    1. oursdesneiges
      En réponse à : Reliquet

      Par chez moi , il y a des terres à vendre , le soleil et la neige en plus ……

      Chiche Vincent !

      1. Reliquet
        En réponse à : oursdesneiges

        Mais t’as perdu la tête de citer mon prénom, Roger, je te rappelle que je ne suis qu’un avatar et que je n’existe pas?

        Tu sais ce qu’on pourrait faire, à la prochaine Présidentielle? Vu que nos votes s’annulent du coup on respecte l’équilibre des forces en votant pas et tu m’emmènes dans tes montagnes pleines de loups et on va chasser la marmotte ( photographiquement s’entend, non mais tu me vois, franchement, tirer dans une marmotte…)

        Après je remonte sur mon âne pour trois jours de voyage de retour en sa compagnie jusqu’au premier chemin carrossable emprunté par les premiers 4×4, et en moins de 15 jours je serai rentré chez moi, alors c’est oui?

  2. Jabeau

    Une journée de formation aura lieu sous le nom ‘Printemps de la Médecine Générale » à la fac de médecine d’Angers le 19 mars 2016. A 14 h une conférence intitulée ‘Smoke Coeur ou No Smoker’ abordera le risque cardio vascculaire sous un angle nouveau avec, sur le dépliant d’inscription la phrase (sic) : ‘Traiter l’hypercholestérolémie : un concept dépassé’.

        1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
          En réponse à : Jabeau

          Ne vous réjouissez pas trop vite…
          Je crois (peut-être) connaitre ce qui se cache derrière ça…
          Ce serait bien qu’un de vos espions…
          Bon vent pirate !

          1. Inoxydable
            En réponse à : Michel de Lorgeril

            Bonjour Docteur et « Jabeau » : Il est quand même curieux que pour la journée du 19 mars 2016, aucun nom de médecin, de conférencier ne soit indiqué, par contre pour la journée du 21 mars, on trouve les noms de 3 médecins et professeurs pour l’ ouverture et l’allocution…
            Rien à voir avec les journées sur la nutrition ( me rappelle plus du titre exact) pour lesquelles vous aviez participé lors d’une conférence débat au CHU de la Timone, journées organisée par le Pr Racah.
            Me semble qu’à Angers, ils ne sont pas « franc du collier ». Peut-être que quelqu’un sur place devrait contacter téléphoniquement l’un des responsable de ce CGEMS pour connaître l’identité du ou des conférenciers.

          2. Jean-Marc REHBY
            En réponse à : Michel de Lorgeril

            Ben oui dépassé puisqu’on ne regarde même plus le chiffre de cholestérol et on donne des statines à tout le monde y compris dans le biberon des bébés !!

    1. Reliquet
      En réponse à : Jabeau

      « Le printemps de la médecine générale », tu dis?

      On aurait pu appeler ça « l’hiver de la cardiologie des années 2000″, en tout cas c’est grandiose!

      On peut savoir qui est ce si fortement couillu Docteur à l’origine d’une telle avancée scientifique, qu’il faudra faire circuler dans toutes les boîtes Mails Ordinales et Universitaires?

  3. londoner

    Vous ne croyez pas si bien dire, Nicole delepine ferait bien de faire un tour a l’hopital pediatrique de Londres, ils viennent de rafler 3 millions de donations suite a un appel d’un journal qui soutient la droite – le patron est un millionaire russe- ils ont ironiquement publie le temoignage d’une mere,elle meme de famille connue: L’Enfant avait une tumeur cerebrale inoperable et les « docteurs » ont propose des produits experimentaux.Non seulement la tumeur n’a pas diminue, elle a augmente et L’Enfant a souffert atrocement de par ce « traitement »supplementaire.
    Mais quand la mere interrogeait le « docteur » sur les chances de reussite il lui a repondu « it could » = « ca pourrait » (etre efficace) ce qui en anglais est une reponse code qui veut en fait dire « aucune chance ».
    Ce n’est que bien plus tard que les parents ont appris que ce cocktail de medocs experimentaux n’avait JAMAIS marche sur les gosses qu’on avait pris en cobayes…Mais les docteurs que personnellement j’appelle des Mengele, se sont bien gardes de le preciser….

    Incroyablement, cette mere recolte des donations pour cet hospital…

    En soins palliatifs de nouveau L’Enfant utilise comme cobaye, bourre de ketamine, totalement inutilement…Alors quand MMe delepine suggere investir la dedans ,oui c’est dans les projets de l’hopital, mais je suspecte une aubaine pour « essayer » des tas de trucs sur les gosses comme vous dite pas besoin de debourser…En attendant on n’investit pas dans des techniques non medicamenteuses comme peut etre l’hypnose ou l’acupuncture…

    Suffit de dire que le ministre de la chancellerie a utilise l’argent des amendes versees au Tresor Public par les banques vereuses l’annee derniere pour faire une grosse « donation » au nom du contribuable (on ne nous a pas demande notre avis non plus) a ce meme hospital, et que de plus la banque JP Morgan a egalement investi, pardon donne un demi million de livres de son cote, pour suspecter que l’argent est bien recycle au profit de toujours les memes…

    Et le plus desolant tout le monde tombe ds le panneau, les celebrites, la populace etc…pressee comme un citron comme d’hab.

    Incidemment cet hospital va utiliser une partie de l’argent pour faire de la recherché sur la FIV alors que depuis des annees le gouvernement restraint les FIV de la SS et est en train de repandre l’idee qu’elle doit etre supprimee totalement des hopitaux publics…Donc ces recherches payes par les sous des gens comme nous au final vont faire beneficier les cliniques de FIV privees.

    Beau tour de passé passé.

  4. Nicole

    « Les gens déjà chargés de leur propre misère sont ceux qui entrent davantage par la compassion dans celle d’autrui. » (Jean de La Bruyère)

    Une citation : il paraît que c’est pour ceux « qui ne savent pas penser par eux-mêmes » ! ;o))))
    Je taquine, là.

  5. pascale

    Bonjour cher Docteur, Cela fait qlqs tps déjà que je n’ai plus participé à votre blog mais vous comprendrez pourquoi.
    Je choisi cette discussion , le compassionnel ayant qlqs similitudes ! peut-être pourriez-vous me répondre sur mon email, à vous de voir… pourriez-vous m’aider ou du moins m’éclairer, j’en ai bien besoin, s’il vous plait. Mon mari a été diagnostiqué après biopsie, scanner, IRM et tout le toutim, d’un adénocarcinome de la prostate score 6, 2mm base droite et 2mm milieu droit. La dernière IRM montre que la prostate a encore pris du volume. Les solutions proposées : biopsies, IRM, donc surveillance avec les risques que vous connaissez. Ou bien chirurgie, ici prostatectomie totale ouverte car impossibilité de le faire par coelioscopie robot-assisté étant donné que le ventre a déjà été ouvert 2 fois. Mon interrogation est sur la réelle fiabilité de la prostatectomie ouverte (technique du docteur Barré) moins mutilante et risquée parait-il concernant l’incontinence. Dans votre monde bienveillant à vous, ce « petit » cancer de la prostate a t’il vraiment de bonnes chances de ne pas évoluer et donc serait-il préférable de surveiller plutôt que d’opérer ? qu’y a t’il derrière, comme réalité ?
    C’est terrible d’en arriver à se méfier à ce point du corps médical, mais j’en suis là…j’ai trop expérimenté l’incompétence et subi les blessures d’un médecin traitant et même si l’urologue de mon mari me semble quelqu’un de bien et de rigoureux, je crois n’avoir confiance qu’en vous. Ce sujet n’est sans doute pas votre tasse de thé mais je suis persuadée que votre regard et vos connaissances peuvent m’être d’un grand secours. Etre guidés dans nos choix et non dirigés, c’est ce que l’on attend de nos maîtres et chacun peut l’être à son tour. Dans la nature je saurai vous guider pour connaître les plantes bénéfiques et se nourrir, dans une ferme je saurai vous apprendre un vêlage, à sauver une brebis de la météorisation, à mettre des noix en jauge pour planter l’arbre plus tard.
    Mais tout cela vous le savez, il suffit d’être bienveillant les uns envers les autres, de donner ce que l’on sait pour recevoir à son tour, faire passer quoi ! tout simplement.
    Je vous remercie si vous pouvez m’apporter un quelconque éclairage à moins que je sois tellement parano, qu’aucune réponse ne puisse être donnée !

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : pascale

      Ceci n’est pas une consultation.

      Voilà un bon exemple de l’impossibilité de faire de la médecine par blog (ou téléphone) interposé.

      Effectivement, je ne suis pas urologue et je suis bien gêné pour répondre à vos questions.
      D’autres visiteurs de ce blog seront peut-être plus prolixes.
      Les premières questions qui me viennent toutefois à l’esprit [ce n'est pas in interrogatoire, vous l'avez compris] mais peuvent aider à réfléchir sont pourtant toutes simples et les réponses apportées peuvent grandement aider pour la suite : 1) quel âge a-t-il ? 2) A t-il des symptômes (ou : de quoi se plaint-il ?) ; 3) pourquoi a-t-on fait une biopsie ? 4) Quel bilan d’extension ? 5) Pourquoi répète-t-on les IRM ? 6) Vers quoi penche l’urologue ?
      7) Qu’en pense votre médecin référant ? 8) Avez-vous pris un second avis ? Voire un troisième ?

      1. pascale
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Oui, c’est bien là le problème dont j’avais conscience en vous posant ces questions, tant de paramètres qui rentrent en ligne de compte !
        Merci beaucoup malgré tout, de recadrer les choses avec la lucidité qui me manque, forcément. Cela remet de l’ordre dans la liste brouillonne des questions à se poser et des priorités.
        Par contre : bilan d’extension ????? je ne comprends pas ce que c’est.
        Je comprends qu’ il faut prendre les choses une par une et en faire les déductions. Nous allons nous y atteler et surtout comme vous le précisez, prendre une second avis.

        1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
          En réponse à : pascale

          Voire un troisième…
          Bilan d’extension ? Cette mini tumeur donne t-elle l’impression de se propager ? Localement ? Régionalement ?

          Ce n’était pas une consultation.
          Parlez avec votre médecin référant !

          1. pascale
            En réponse à : Michel de Lorgeril

            La difficulté justement avec ces cancers, est de ne pas savoir comment il va évoluer, c’est le mystère total pour tout le monde je suppose. C’est pile ou face : il évolue ou il reste tranquille. Une biopsie est à venir en fin de compte, pour vérifier son évolution. La mutilation est un choix irréversible, autant tenter la surveillance étant donné qu’il est petit et local. En fait il peut très bien également se propager entre 2 biopsies…
            c’est le dilemme ! et personne ne peut savoir.
            Je vais vous dire ce que le médecin traitant à répondu : « je ne suis pas qualifiée mais il faut enlever tout de suite, vous serez tranquille. » Et à mon interrogation sur les risques d’incontinence : « oh vous savez il y en a beaucoup qui n’ont eu aucun problème de ce genre, mais c’est un risque à courir. »
            Les MT ici sont totalement débordés, 3 à 4 heures d’attente, voire plus sans rendez-vous et 1 mois et demi avec. Ce qui n’est pas une excuse pour être si peu impliqué, mais ayant eu ces 20 dernières années l’occasion de déménager d’un patelin à un autre, j’ai réellement constaté un appauvrissement de cette implication des MT, souvent jeunes, ne voulant pas « se mouiller » et vous renvoyant systématiquement dans les jupes des spécialistes pour de « plus amples renseignements… ». C’est la réalité, je vous assure, du moins ici et comme je vous l’avais déjà dit sur un autre post, une fois que l’on a fait le tour des médecins du coin (et ils ne sont pas nombreux dans les campagnes) on fait quoi ?
            Encore un constat du détachement de la profession au détriment des patients, que ce détachement soit d’ordre moral, financier ou d’intérêts quels qu’ils soient, c’est du pareil au même.
            Mais je ne suis pas pessimiste, il y a toujours un moyen, un chemin de traverse, s’il faut aller en zig-zag, c’est un peu plus long mais on y arrive quand-même.
            Merci cher Docteur de prendre le temps de me lire.

          2. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
            En réponse à : pascale

            Je ne suis pas cancérologue, certes, et encore moins prophète.
            Et ceci n’est évidemment pas une consultation.

            Mais ce serait inexacte de dire qu’on ne sait pas du tout comment un petit cancer peut évoluer.
            Il y a plusieurs possibilités, vous l’avez compris : 1) qu’il flambe et qu’en peu de temps il diffuse vers d’autres organes ; 2) qu’il dorme, comme anesthésié ; 3) qu’il régresse et disparaisse.

            Pour chacune des ces possibilités, la prédiction n’est pas « ferme », il n’y a pas de certitude ; c’est une affaire de probabilité…
            Pour le 2) et le 3) pour nous médecins et pour les patients, c’est à peu près la même chose : ça ne bouge pas, c’est OK !
            Ce que nous craignons, c’est le 1), que ça « flambe » !
            Nos idées sur les cancers (les petits) sont en train d’évoluer. Il est maintenant accepté par une (petite) fraction des experts dans le domaine que certains cancers du sein par exemple doivent être laissés tranquilles. On les surveille, on n’y touche pas. Certains vont disparaitre, d’autres vont « dormir ; et d’autres malheureusement vont flamber. Faut-il attendre qu’ils flambent pour intervenir ? Difficile de répondre évidemment ; mais bien sûr il faut surveiller ; c’est le travail du médecin traitant.
            Pour un petit cancer de la prostate, on peut surveiller le PSA, votre médecin connait, parlez-en avec lui. On démarre avec un taux de base (quel qu’il soit) et on surveille s’il explose ; tout en faisant très attention de toujours faire la prise de sang dans des conditions identiques ; pas le le lendemain d’une course à vélo, par exemple…
            C’est dur pour des médecins de s’abstenir ; mais certains pensent que c’est préférable.
            Le raisonnement est à peu près le même pour les cancers de la prostate. Nous savons qu’ils sont très fréquents : 60% des hommes de 60 ans ont un petit cancer dans leur prostate et ils ne le savent pas. Tant mieux pour eux.

            Que faire ? Tout faire pour que ce petit cancer reste dormant ou, peut-être, régresse.

            Comment ? En adoptant un mode de vie protecteur [diète méditerranéenne, exercice physique (modéré) et gestion du stress...] et en évitant tout ce qui peut stimuler un cancer dormant, par exemple, les médicaments vasodilatateurs et les anticholestérol. Éviter aussi tout ce qui peut contribuer à diminuer nos défenses immunitaires, etcétéra… Vous pouvez vous inspirer de notre livre « Prévenir l’infarctus et l’AVC » ; c’est assez bien décrit !
            Cela dit, il faut en parler avec votre médecin traitant ; expliquer vos choix « conservateur » ; et être prêts si le temps se gâte à changer de stratégie.
            Et il faut se faire aider de façon différente si votre médecin est trop occupé ; autrefois les curés faisaient ça très bien ; soutenir le moral du petit peuple que nous sommes ; vive les curés !
            Je suis sûr que vous m’avez compris à demi-mot. Bon courage !

          3. phil
            En réponse à : Michel de Lorgeril

            ayant eu des pbs spécifiques de prostate a une époque, j’ai été amené à me spécialiser dans ce domaine (et ai d’ailleurs créé 1 blog dont je me félicite qu’il soit tjrs très fréquenté : http://phil443.unblog.fr/ )

            lors de ces recherches j’ai constaté que le recours aux interventions dîtes « invasives » (DONT les biopsies) étaient parfaitement exagérés. La plupart des biopsies sont dangereuses et inutiles, mais tous ces actes médicaux sont bien rémunérés.

            Alors sans agiter la parano mais aussi sans naïveté, méfiance, et vous pouvez aussi consulter sur le sujet site un site auquel je fais confiance: passeportsante :

            http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=cancer-prostate-pm-traitements-medicaux-du-cancer-de-la-prostate

  6. Inoxydable

    à Pascale : Je vais encore me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais étant un homme d’âge mûr (bientôt 68..;) et ayant vu se faire mutiler autour de moi quelques proches pas des stakhanovistes de la chirurgie de la prostate, je m’ intéresse ( préventivement) à ce cancer qui guette bon nombre d’homme. C’est ainsi que j’ai répertorié quelques méthodes autres que la chirurgie, par ex. la CRYOTHERAPIE voir ces liens :
    CHIRURGIE DU CANCER DE LA PROSTATE : Cryothérapie dans …
    http://www.urofrance.org › … › Science et recherche › Base bibliographique
    ou
    Le traitement du cancer de la prostate par cryothérapie …
    centre-europeen-prostate-paris.com/traitement-cancer-prostate…
    ou encore
    Cryothérapie et robotique opératoire – Doctissimo
    http://www.doctissimo.fr › Santé › Cancer de la prostate
    pour se faire une idée et si c’est possible;
    Sinon il y a aussi celle-ci
    Thermothérapie micro-ondes transuréthrale de l …
    http://www.urofrance.org › … › Science et recherche › Base bibliographique
    ou
    Traitements du cancer de la prostate : des ultrasons à la …
    http://www.allodocteurs.fr/se-soigner/traitements-du-cancer-de-la...
    ou encore celle-là :
    Thermothérapie micro-ondes transuréthrale de l …
    http://www.urofrance.org/fileadmin/documents/data/PU/2002/PU-2002...
    Fichier PDF
    C’est peut-être cette méthode que je privilégierais en cas…
    Suggérés les à votre médecin, voir ce qu’il en pense;
    Sinon, pour se prévenir et même lorsque le « big C » est installé comme disait John Wayne, se supplémenter au jus de grenade, pur et bio comme le prétendent des chercheurs Israéliens .Je n’ai trouvé que ce lien, en appuyant sur traduire ce sera facilement compréhensible :
    Pomegranate polyphenols down-regulate …
    Traduire cette page
    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18479901
    C’est juste pour information, si cela peut vous aider.

    1. pascale
      En réponse à : Inoxydable

      Merci beaucoup, toute aide est la bienvenue, nous allons lire tout cela avec sérieux. Votre « mêlage » de ce qui ne vous regarde pas fait du bien, alors mêlez vous tant que vous voulez ! Merci encore.

        1. pascale
          En réponse à : Michel de Lorgeril

          Si je peux être d’une quelconque utilité, que cela soit pour une cotisation dans la mesure de mes moyens ou autre-chose, je suis disponible avec plaisir et intérêt (sans conflit ‘-) Merci

        2. Martial
          En réponse à : Michel de Lorgeril

          Bonjour,
          Je désirerais avoir vos coordonnées afin de prendre un rendez-vous pour une consultation. Cela sera probablement loin de chez moi, mais cela ne me dérange pas. Je vous en suis très reconnaissant et cela me reconforteras, car j’ai entièrement confiance en vous et vous dites la vérité.

          1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
            En réponse à : Martial

            Je vous remercie de votre confiance.
            Je ne fais pas de consultation privative, désolé.
            Si j’en faisais, je travaillerais 48 heures sur 24 tant la demande est forte.
            D’ici peu nous aurons une Association qui aidera des patients et familles comme vous à trouver « chaussure » à leurs pieds »…

    1. phil
      En réponse à : pascale

      et voila pourquoi on ne veut pas mourir…

      et quand je pense que certains pensent que « Dieu s’est bien payé notre tête » !

      Oui enfin un peu quand même

    2. Reliquet
      En réponse à : pascale

      J’aimerai bien qu’un jour un Statinophile me fasse le coup du singe, mais quelque chose me dit que c’est pas pour demain…

      Très beau, Pascale!
      Hors sujet, certes, mais beau.

  7. pascale

    à Inoxydable
    Bonjour, votre lien ne fonctionne pas, mais pas de souci j’ai déjà consulté ce site associatif très utile et riche d’infos. Il faut faire le tri mais je dirai que sans internet et sans les heures passées dessus à fouiller, je me demande comment le commun des mortels pourrait être un acteur avisé et responsable devant sa maladie. Cela montre bien que sans communication quelle qu’elle soit, rien n’est possible et cela rejoint l’idée qu’être informé est un combat qui peut nous sauver la vie. Sans cela nous restons des patients-pantins.
    Merci cher Inoxydable.

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : pascale

      Ouais, merci Inox et les autres visiteurs « réguliers » et n’oubliez pas de rejoindre la Nouvelle Association le moment venu ; ce pourrait être plus efficace qu’un simple Blog sans publicité…

    2. Inoxydable
      En réponse à : pascale

      Je m’insère entre netre votre réponse Docteur et le commentaire de Pascale. Encore une fois les mystères du Net. Chère Pascale, il faut en fait « bleuir » le lien et l’ouvrir dans un autre onglet, vous y tombez dessus et ça marche…

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