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ESSAI CLINIQUE Saison 5 : l’hypothèse primaire

 

C’est le moment, j’ai quelques jours de liberté, de terminer mon subtile discours sur les essais cliniques avec la futile prétention d’être compris par les non-médecins non-scientifiques sans être moqués par les médecins et les scientifiques qui, comme chacun sait, connaissent par coeur leurs bibles respectives.

Je serais reconnaissant aux critiques potentiels de retourner lire les 4 saisons précédentes avant de m’assommer de leur impertinence.

Je rappelle deux points principaux énoncés auparavant :

1- le principe de base des précautions scientifiques qui doivent impérativement « encadrées » toute expérimentation humaine, c’est l’hypothèse primaire de l’essai clinique. Seul l’essai clinique permet de tester l’utilité (l’efficacité) d’un médicament ;

2- un essai clinique ne peut servir qu’à tester l’utilité d’un traitement. Un essai clinique ne peut pas être conçu pour vérifier la toxicité d’un médicament. Ce serait contraire à la Déclaration d’Helsinki. Mais cela explique les controverses sur la toxicité des médicaments (ou des vaccins) ; on ne peut jamais en être sûr à 100%.

Il me reste donc à expliquer l’hypothèse primaire. Je l’ai déjà fait dans plusieurs de mes livres ; mais l’expérience me montre tous les jours qu’il faut sans cesse remettre son ouvrage sur l’établi…

L’hypothèse primaire vise à empêcher l’intrusion du hasard dans mon expérience.

Le principe est assez simple : je vais quantifier a priori l’hypothèse testée de sorte que la réponse finale soit oui ou non.

Oui ou non, ai-je vérifié mon hypothèse ? Si la réponse est négative, je rejette l’hypothèse.

Si l’hypothèse était que le médicament x est utile, je conclue sans hésitation que ce médicament est inutile. Ça peut être injuste certes pour ce médicament (et le détenteur du brevet) car une expérience conduite différemment (autre dose, autre durée d’exposition, autre catégorie de patients) aurait pu être positive.

Dura Lex sed Lex !

Tant pis ! Je suis sûr au moins d’une chose : j’ai testé correctement l’hypothèse formulée a priori. Peu de possibilité que le hasard me trompe.

On comprend immédiatement que pour les industriels et leurs experts rémunérés, ce principe de l’hypothèse primaire est un cauchemar. C’est pourtant, à ce jour, la seule façon de faire de la bonne science médicale, éthiquement acceptable !

Prenons un exemple.

Je pose l’hypothèse que l’aspirine est utile dans les maladies cardiovasculaires. C’est trop générale comme hypothèse. Le principe de l’hypothèse primaire exige que je sois très précis car plus je suis précis (avant de démarrer l’expérience) et moins je laisse de place au hasard.

Précis ?

Je dois préciser :

1) quelle population de patients je vais tester ; et ce faisant je sais quelle est la fréquence des complications cardiovasculaires que je me propose d’empêcher dans cette population spécifique ;

2) quelle(s) complication(s) spécifique(s) je me propose d’empêcher ;

3) dans quelles proportions je me propose d’empêcher ces complications spécifiques.

Je prends un exemple : je  propose de tester si l’aspirine dosée à 100 mg par jour diminue de 50% le risque de récidive d’infarctus chez des patients masculins de 50 à 70 ans qui ont survécu à un infarctus survenu dans les deux semaines précédentes.

J’ai pris 50% mais libre à moi de tester une diminution de 40% ou 30%. C’est moi qui décide a priori ; c’est-à-dire avant de commencer l’expérience et je ne changerai pas une fois l’expérience commencée.

Connaissant la fréquence des récidives d’infarctus dans cette population spécifique, et ayant défini dans quelles proportions je prétends que l’aspirine est efficace, je peux calculer (avec un simple logiciel de statistiques) deux paramètres indissociables : 1) la taille de l’échantillon (le nombre de patients à recruter) ; 2) la durée d’exposition à l’aspirine.

Il va de soi que cette diminution de 50% du risque se définit par comparaison avec un placebo et que la constitution des deux groupes (aspirine et placebo) se fera par tirage au sort (randomisation) et que ni l’investigateur ni le patient ne sauront qui reçoit l’aspirine et qui reçoit le placebo (double aveugle).

Il va de soi encore que tous ces principes devront être scrupuleusement respectés. Par exemple, on ne désaveuglera pas l’essai tant que la base de données n’aura pas été gelée.

De même, on n’arrêtera jamais un essai clinique avant le terme calculé (car c’est un critère majeur de l’hypothèse primaire et une garantie primordiale contre l’effet du hasard) ; sauf si on observe une surmortalité ou un excès d’effets toxiques inattendus. Aucune autre circonstance n’est acceptable.

Un essai arrêté prématurément est un essai foutu ! Poubelle !

Bien. Je pourrais évidemment élucubrer sur toutes sortes d’aspects additionnels. Certains en font des livres. Mais je préfère arrêter ici et tirer la leçon suivante pour les visiteurs de ce blog : quand on vous annonce un miracle médicamenteux, vérifiez avant d’y croire que les investigateurs ont parfaitement respecté ces principes de base de l’hypothèse primaire.

Ça nécessite de lire très soigneusement les paragraphes méthodologiques des articles publiés ; ce que la majorité des commentateurs (y compris universitaires et académiciens) ne fait pas.

Si vous vous avisez, à titre d’exemple, de refaire l’histoire des statines, c’est-à-dire revisiter les articles décrivant les miracles de statines, vous observerez qu’aucun rapport « miraculeux » ne respecte scrupuleusement ces principes basiques. Merci de vérifier par vous-mêmes !

Mais comme nous vivons dans une Société Spectaculaire et Marchande, ils vont user de toutes sortes de ruses pour vous faire croire qu’ils ont respecté ces règles. Merci de vérifier par vous-mêmes !

Mais ce sont des malins et pour faire taire d’éventuelles critiques, ils vont désigner des experts (rémunérés) qui célèbrerons la qualité méthodologique des rapports miraculeux. L’expérience m’a montré que ces experts sont soit des niais soit des menteurs. Merci de vérifier par vous-mêmes !

Il y a aussi quelques feintes pour faire croire que… Ce serait trop long d’entrer dans les détails ici ; mais chacun, arcbouté sur les principes de base, peut désormais faire le travail de vérification concrète. Pas de pitié !

 

 

 

 

Je serai à Aix-les-Bains le 10 mars 2017

Ce sera à 18:00, au Palais des Congrès.

C’est Aix en Savoie, tout le monde a compris !

Le titre de la conférence : « Le cholestérol : ami ou ennemi ? »

Rencontrons-nous et bavardons un peu, si c’est possible dans cette grande arène…

J’essaierai de me rendre disponible.

La conférence est suivie d’un grand spectacle sur…

Je vous laisse aller voir sur le Site Internet de la Riviera des Alpes !

 

 

 

 

 

ALERTE : confirmation de la neurotoxicité des médicaments anticholestérol !

 

Lentement mais sûrement, ils « lâchent le morceau » comme disent les policiers…

Bien sûr, ils « freinent des quatre pattes » ; mais finalement ça sort… Mais, soyons rassurés, il y aura d’autres épisodes !

Pour beaucoup de victimes, ça émerge trop tard ; le mal est fait, hélas ; mais les complices de cette malfaisance n’en ont cure, ils auront fait du business (du petit minable comme du gros) jusqu’au bout de la nuit !

Il faut dire que la stratégie des industriels et de leurs complices est formidablement bien organisée. Faut dire que pour certains (les vendeurs d’anti-PCSK9) c’est une question de vie ou de mort. Si nous devons sombrer, pensent-ils, autant avoir tout essayé, même le pire…

Ça passe ou ça casse, dit-on ; seulement voilà, même si ça passait, par ces temps, ça casserait… CQFD !

Ci-dessous le titre d’un article paru en 2016 dans le journal officiel du Collège Américain de Cardiologie (l’équivalent de notre Société Française de Cardiologie) où les auteurs présentent un « state-of-art » (l’état des connaissances) de la supposée toxicité des statines, incluant de façon anecdotique (selon eux) leur neurotoxicité.

Ils nous disent simplement que les données publiées suggérant une neurotoxicité des médicaments anticholestérol (seules les statines sont d’intérêt pour eux dans cet article) sont soit de faible valeur scientifique soit négatives ; et, d’un revers de main ample et capricieux, ils rejettent cette idée absurde (selon eux) que les statines soient toxiques de façon significative.

Cela dit, seuls les naïfs peuvent être trompés. Il suffit de lire la liste des liens d’intérêt de nos auteurs (ci-dessous). Cette sorte d’experts factices ne devraient pas pouvoir s’exprimer dans des revues supposées rapporter les avis et recommandations officielles de Sociétés Savantes nationales ou internationales, au-dessus de tout soupçon en principe. Ça nous donne une bonne idée de la valeur (éthique et scientifique) des discours émis par lesdites Sociétés Savantes et autres académies ; là-bas et ici ; complotisme inclus ou pas…

Reste que nous (experts indépendants) devons informer sans relâche ; et contre vents et marées, comme disent les navigateurs.

Il faut le répéter encore : ces médicaments sont très toxiques pour le système nerveux et ne servent à rien pour protéger le système cardiovasculaire !

Pourquoi j’insiste aujourd’hui ? Quelque chose de nouveau ?

Effectivement, il y a du nouveau. je résume !

Un article de Février 2017 (ci-dessous), publié par des scientifiques américains se prétendant libres de tout lien commercial, rapporte de très mauvaises nouvelles concernant la neurotoxicité de la nouvelle classe de médicament anticholestérol injectables, les anti-PCSK9.

Ils n’ont pas eu accès aux données brutes des essais cliniques qu’ils décrivent et qui sont généralement inaccessibles du fait de « secret industriel ». Autrement dit, ils analysent sagement des données que les industriels ont bien voulu libérer. A prendre avec prudence ; c’est probablement la pointe de l’iceberg.

Malgré ces restrictions, la neurotoxicité des ces nouveaux médicaments anticholestérol saute aux yeux.

Pourtant les 11 études analysées sont de brève durée (entre 6 mois et 2 ans) et le groupe témoin (9 fois sur 11) reçoit déjà un traitement anticholestérol. Les anti-PCSK9 ne sont pas comparés à un placebo ; leur neurotoxicité est comparée à d’autres traitements neurotoxiques ; ce qui affaiblit la signification statistique et clinique. Enfin, la plupart des études ont un faible recrutement puisqu’il s’agissait plutôt d’études pilotes visant justement à vérifier la toxicité des ces médicaments ; et donc recrutant soigneusement des sujets ou des patients qui n’étaient pas « à risque » d’effets adverses. Ce point est important car, une fois ces médicaments sur le marché, les prescripteurs ne prendront pas les mêmes précautions que les recruteurs des études pilotes de l’industriel.

Malgré ces limites, et sans entrer dans les détails, les auteurs nous disent que le risque de neurotoxicité est multiplié par 3 environ !

Ce qui est considérable et justifie effectivement le titre assez alarmiste de l’article. D’autant que la durée d’exposition a été brève, que les témoins étaient eux-mêmes exposés à des traitements neurotoxiques et surtout que seules des complications neurologiques sévères ont été enregistrées dans cette base de données « commerciales » ; laissant penser que d’autres évènements moins sévères n’ont probablement pas été rapportés ou pas analysés dans cette étude …

En l’occurrence, les sévères complications rapportées (quoique mal décrites dans l’article) sont des delirium, des états confusionnels, des désordres (je traduis de l’anglais) cognitifs, des états démentiels, des amnésies, des troubles de la pensée et de la perception, et autres troubles mentaux sans autres précisions ; on mesure la gravité potentielle de ce qui est rapporté ; laissant présumer qu’il y avait probablement d’autres manifestations moins graves de neurotoxicité… et qu’avec une durée d’exposition prolongée…

Conclusions provisoires :

1) baisser le cholestérol (quel que soit le moyen utilisé) est neurotoxique, à plus ou moins long terme ;

2) ce qui confirme totalement les données antérieures avec les statines ;

3) et démontre qu’il ne faut pas croire les experts rémunérés qui prétendent le contraire ;

4) et laisse penser que des patients non sélectionnés (une fois les anti-PCSK9 commercialisés et utilisables par tous les médecins) pourraient être beaucoup plus sensibles et donc beaucoup plus souvent victimes de ces médicaments anticholestérol ;

5) comme on le voit déjà avec les statines (voir le livre « L’horrible vérité sur…« ), malgré le déni des experts rémunérés ;

6) les anticorps anti-PCSK9 passent donc réellement dans le cerveau (franchissent la barrière hémato-méningée), c’est une confirmation, comme le font les statines ;

7) les anticorps anti-PCSK9 ne semblent pas (selon cette étude) amplifier les effets toxiques musculaires des statines ; ce qui suggère que les statines auraient un effet toxique spécifique (indépendant de la diminution du cholestérol) probablement dû à leurs effets sur les mitochondries.

Petite addition anecdotique, pour avoir une idée du degré de désinformation actuelle à propos des médicaments anticholestérol. En ce début d’année 2017, une autre équipe d’experts (mais rémunérés cette fois) publie l’exact contraire de l’article que je viens de commenter. Pour eux, il n’y a pas de neurotoxicité des anti-PCSK9 !

Je me contente de rajouter la conclusion de cet article (ci-dessous) et la liste des liens d’intérêt des auteurs, une brochette d’individus peu « recommandables » !

Comment faire la part des choses ? Qui croire ?

Ce n’est pas si difficile.

Avec plus de 40 années d’activité professionnelle dans ce milieu, je peux (en toute modestie et hors de tout complotisme paranoïde) donner la formule magique : en cas de discordance frontale dans des données scientifiques, plutôt que d’essayer une impossible synthèse, contentez vous de vérifier le degré de dépendance ou d’indépendance des investigateurs…

Ne pas croire les experts rémunérés ! C’est une précaution minimale.

L’absence de conflit d’intérêt ne garantit pas la qualité et la présence de conflit d’intérêts n’est pas automatiquement associée à de la corruption, certes, mais il s’agit souvent de « vie ou de mort » pour des équipes de recherche ou des petites sociétés commerciales. Ils sont prêts à tout et l’éthique médicale et scientifique est le dernier de leurs soucis.

De façon générale, il faut désormais exiger une totale indépendance des comités scientifiques en charge de faire des recommandations aux médecins.

Et évidemment, il faut exiger, quel que soit le médicament étudié, un accès libre aux données cliniques brutes de l’étude.

Pas de commercialisation sans une vérification des données brutes par de vrais experts vraiment indépendants !

C’est vrai pour les statines, et les anti-PCSK9 et même aussi pour les vaccins !

On ne devrait même pas avoir à le demander… Quelle époque !

Et pas un seul politicien pour le dire.

Des branquignoles, je vous dis !

Amen !

 

 

 

 

 

 

 

 

Aparté d’entre deux saisons

 

Je ne peux résister au moment des vœux et entre deux « saisons » sur les essais cliniques (ou les expérimentations humaines) à faire part du Score médical et scientifique de l’année 2016 selon quelques Autorités très « commerciales » et américaines.

Quelles sont, selon les médias professionnels et scientifiques versés dans la recherche médicale, les grandes avancées de l’année 2016 en cardiologie ?

Ils en ont trouvé 5 formidables ; peu importe l’ordre des 5, car ce qui est révélateur et tragique ce sont les « thèmes » qui ont enthousiasmé les scoristes :

1- l’étude HOPE-3 comparant la rosuvastatine à un placebo en prévention primaire ; j’en ai parlé ici et sur le site de l’AIMSIB (avec même une version anglaise) ; c’est très mauvais sur le plan méthodologique, pour ne pas dire plus… Encore une fois, comment peut-on publier dans des grandes revues médicales des essais aussi biaisés ? Le plus extraordinaire, c’est que tout le monde le sait puisque, malgré l’apparente originalité de l’essai (si on croit ces gens-là), aucune des agences sanitaires, même parmi les plus laxistes, n’a fait comme si cette étude existait et n’a modifié le classement de la rosuvastatine en termes de « Service Médical Rendu » au moins à ma connaissance. « Coup d’épée dans l’eau » dirait D’Artagnan… Ça n’a servi à rien sauf peut-être à entretenir l’idée qu’il faille avoir un cholestérol bas et ainsi préparer la suite prochaine avec les anti-PCSK9 (section suivante).

2- l’arrivée des Anti-PCSK9 sur le marché, ces nouveaux médicaments anticholestérol injectables dont on nous promet monts et merveilles, évidemment, malgré l’absence totale de résultats fiables à ce jour pour avoir une idée du « miracle à venir ». Il est probable qu’on nous prépare, dans la discrétion des cabinets [je ne parle pas des WC bien sûr, ni des ministères...] et avec la complicité des grands experts que tout le monde connait et que personne ne respecte plus (un proverbe Africain dit justement que « quand quelqu’un a de la merde sur soi, tout le monde renifle cette merde » ; c’est beau l’Afrique ; j’y suis né !) des essais cliniques miraculeux testant les anti-PCSK9 ; c’est pour 2017 ; il faut se saisir des « parts de marché » vite ! J’en ai assez parlé dans différents billets, je n’y reviens pas : ça m’étonnerait qu’il y ait là de quoi enrichir nos connaissances médicales sauf à propos de l’art de l’illusionnisme en recherche médicale.

3- les nouveaux médicaments antidiabétiques qui, parait-il, font des miracles de prévention cardiovasculaire. J’en ai aussi parlé dans des billets récents mais sans me prononcer car des experts « prestigieux » se disputent à leur propos ; pas besoin d’en rajouter ; la qualité des études dit tout et explique ces honteuses controverses entre les « pour » et les « contre »…

4- le nouveau médicament de l’insuffisance cardiaque dit Entresto* [une association de sacubitril et de valsartan, c'est-à-dire un inhibiteur de l’endopeptidase neutre plus un antagoniste de l’angiotensine II] ; autrement dit, un médicament de la classe des sartans pour lesquels j’ai les plus grandes réserves (une des molécules de cette classe n’est plus remboursée depuis Juillet 2016) comme je l’ai expliqué dans notre livre « Prévenir l’infarctus et l’AVC », et d’une molécule non encore commercialisée (faute de données solides le justifiant), le sacubitril. Il se trouve en effet que dans un unique essai clinique (l’étude PARADIGM-HF), les investigateurs (très liés au sponsor) rapportent des effets très bénéfiques. C’est étonnant, ça m’étonne mais ça « ne mord pas » (les médecins prescrivent peu) au grand dam de l’industriel (Novartis) qui n’a pas encore compris que plus personne ne croit plus personne… Quelle époque ! Un essai unique et commercial, pas de retour d’expérience des médecins praticiens pour le moment (ils ne sont pas pressés de prescrire et moi non plus) ; mieux vaut ne rien dire de plus que rien…

5- l’élargissement (ou la popularité croissante) des implantations de prothèse de valve aortique sans chirurgie thoracique. C’est la TAVR ou transcatheter aortic valve replacement… Petite industrie en développement ; pas de scandale manifeste pour le moment. N’étant pas un expert de cette procédure, je n’en dirais rien d’autre que si elle est utilisée de façon appropriée par des opérateurs habiles et expérimentés, ça ne peut que rendre service. Juteux business en perspective.

Quel est le message du jour ?

C’est tout vu à simplement regarder les 5 merveilles de l’année : que des nouveautés produites par l’industrie ; pas une seule découverte indépendante digne d’être citée. Les chercheurs libres ne travaillent-ils plus ? Y en a-t-il encore ? Végètent-ils au fond de quelques obscures bâtiments universitaires en attendant des jours meilleurs ?

De mon point de vue, l’époque a réussi ce tour de force de stériliser toute recherche libre et indépendante en cardiologie. Certes quelques uns travaillent, ou essaient, ou font semblant ; mais à ma connaissance, au moins en France, il n’y a plus rien ! Aucun espoir d’innovation ou de découverte médicale avec le « petit » personnel qui aujourd’hui règne sur ces ruines.

La situation est simple : la recherche médicale d’aujourd’hui est conduite presque exclusivement par des industriels ayant des moyens financiers importants et qui parient sur des retours d’investissement significatifs.

La recherche médicale indépendante et libre de toute ingérence commerciale n’existe plus aujourd’hui que sous forme de sinistres balbutiements dans des laboratoires désertés par nos meilleurs cerveaux.

Les états (y compris les USA et la Chine) n’ont pas les moyens d’entretenir et financer des labos de recherche libres et performants. Seul compte le business ! Le goût pour la connaissance et l’art de penser ont disparu de ces sombres territoires.

On forme pourtant des cohortes de techniciens et ingénieurs (pas des chercheurs hélas!) qui iront soit « se livrer » à l’esclavage industriel (souvent contre de bons salaires ; aussi longtemps qu’ils rendront le service attendu) soit s’inscrire à Pôle Emploi.

Désolé ! C’est l’époque de maintenant. Nous avons probablement ce que nous méritons ; mais on peut encore dire non et aider les nouvelles générations à inventer autre chose. Le nez sur leurs écrans, nous écoutent-ils ? Pas sûr !

Essayons encore !

 

ESSAI CLINIQUE Saison 4

Après les indispensables préparations des trois premières saisons sur les essais cliniques [pas inutile de les relire !], abordons maintenant le coeur du sujet, la fiabilité de l’investigation clinique.

C’est une question brulante ces jours-ci (et pas seulement à cause de la question des statines ou celle des vaccins ; et pas seulement chez nous en France) car le niveau général de conscience s’élevant, de plus en plus de médecins et de scientifiques vivent avec un scepticisme chronique et profond  tout ce qu’on leur raconte dans les médias professionnels, y compris les plus spécialisés, ceux qui en principe devraient être au-dessus de tout soupçon.

Quand aux médias non professionnels (journaux, magazines, radios, télés, site web), c’est calamiteux !

Pour le business et le monde de la marchandise, le manque de confiance est catastrophique.

En effet, quand le consommateur niaiseux (en hypothèse), qu’il soit médecin ou patient, n’a plus confiance, il stoppe de consommer, il est comme paralysé ; et aussi imperméable à de nouveaux mensonges ; et donc il est inutile de mentir à nouveau ; jusqu’au prochain épisode…

Car, comme dirait tonton Guy, la société spectaculaire et marchande triomphale ne sait pas fonctionner sans mentir ; au point de mentir même et surtout quand elle jure qu’elle ne ment pas !

J’exagère ? Voyez ci-dessous un célèbre éditorialiste américain (supposé très expert en statistiques médicales) expliquer avec beaucoup de délicatesse les mensonges qui pullulent  dans les études dites scientifiques que le site web commercial (MedPage Today) qui l’emploie diffuse à longueur d’années sans le moindre début d’esprit critique : « les statines protègent de l’Alzheimer » , « les statines diminuent le risque de complications chirurgicales » pour ne citer que deux exemples récent particulièrement stupides.

« Lies » en anglais (ci-dessous) veut dire « mensonges » et la notion de « P values » renvoie aux (pseudo) statistiques utilisées par les marchands (ceux de MedPage Today) pour faire « avaler » des idioties à des consommateurs de moins en moins naïfs.

Il est mignon, ce jeune homme, « à croquer » même, et vous pouvez le retrouver in vivo sur Google en tapant :  http://www.medpagetoday.com/PrimaryCare/GeneralPrimaryCare/62291?xid=nl_mpt_DHE_2016-12-30&eun=g362928d0r&pos=0

Comment peut-on sur le même site web (ici  MedPage Today) raconter chaque jour des bêtises et dans le même temps dire que ce sont des bêtises ?

J’avoue que ça m’échappe !

Peut-être que le consommateur (un peu trop sûr de lui) se dit que dans ce fatras auquel il ne croit pas, il va savoir reconnaître quelques trucs intéressants…

Peut-être !

Si c’était vrai, il n’y aurait pas des centaines de millions de gens dans le monde qui chaque jour consomment religieusement leur statine…

 

 

 

 

Comment un risque familial (ou génétique) peut être neutralisé par un mode de vie protecteur

 

Nous savons depuis longtemps que le risque héréditaire de maladies cardiovasculaires [on dit aussi risque familial ou risque génétique] peut être, en partie ou totalement, neutralisé par l’adoption d’un mode de vie protecteur.

Nous le savons parce que, dans certains pays, les maladies cardiovasculaires sont (presque) soudainement apparues au décours de la seconde guerre mondiale, époque d’une extraordinaire modification des modes de vie, et notamment de s’alimenter, en parallèle à une évolution radicale des techniques de l’agriculture et de l’élevage (ladite révolution verte).

Avant, au Japon ou dans les pays méditerranéens, les médecins voyaient très peu ou pas du tout (ça dépend des endroits) d’infarctus du myocarde ; après, la courbe s’envole… pas très haut certes à côté des USA ; mais, partant de zéro, c’est impressionnant !

Facile de comprendre que la génétique des populations ne s’est pas modifiée entre 1940 et 1970 au Japon, en Italie ou en Grèce. Avant, y avait pas ; après, il y a de plus en plus avec les mêmes prédispositions (ou non-prédispositions) génétiques. Curieux !

Facile (à nouveau) de comprendre que ce qui est prépondérant ce n’est donc pas ladite prédisposition génétique puisqu’elle était presque totalement neutralisée avant 1940.

Bon ! On le savait mais on avait oublié !

Pas tous !

L’amnésie n’est pas non plus une fatalité ; merci de relire certains de mes ouvrages [par exemple, Prévenir l'infarctus et l'AVC] où le rôle éventuel de la génétique des maladies cardiovasculaires est très bien expliquée… En toute humilité… Bien sûr !

Pourquoi y revient-on aujourd’hui ?

Parce que des investigateurs américains reprennent cette question avec une approche nouvelle et amusante.

Ça ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà mais c’est amusant ; d’un point de vue technique ; et puis il faut bien occuper toute cette jeunesse entre les repas…

L’époque le veut ainsi : on s’amuse d’un rien avec des objets technologiques ; ce qui permet d’évacuer les vrais problèmes qui ont l’inconvénient majeur de « couper l’appétit » ; ce qui est désobligeant pour les « chefs » qui veulent [qui doivent] occuper leurs ouailles avant de passer à table… en espérant qu’ils dégusteront avec enthousiasme les mets délicieux qu’ils leur ont préparés.

Et voilà comment, Madame la Duchesse, nous voilà tous, un beau matin, « trumpés » ou « brexités » sans avoir vu venir le missile… Telle est l’époque ! Faut s’y faire !

L’objet technologique du jour, c’est un score génétique supposé prédire le risque de complications cardiovasculaires à venir.

C’est là :   http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1605086

Nos collègues américains ont mis en parallèle ce score génétique [je fais comme si c'était de la très bonne science...] calculé chez des dizaines de milliers de patients américains et européens (des deux sexes et d’âge variable) avec un score de mode de vie.

Ils ont défini un (score de) mode de vie plus ou moins protecteur en fonction de 4 critères :

1) tabac ou pas ;

2) différents degrés de surpoids ;

3) différents degrés d’activité physique ;

4) différents degrés de nutrition protectrice.

C’est d’une incroyable naïveté mais d’une grande simplicité pour ensuite faire des calculs statistiques. C’est donc à prendre « avec des pincettes » et le nez bouché, comme tous les objets technologiques inutiles qui parasitent la vie quotidienne des braves gens : la nutrition protectrice dont ils parlent, par exemple, est très loin de la diète méditerranéenne. Pourrait mieux faire donc !

Ce qui étonnant c’est qu’avec des objets technologiques aussi frustres, nos amis parviennent quand même à « retrouver » (faire jaillir selon eux) des évidences connues de longue date. Et pas qu’un peu.

Je résume : si vous avez un mode de vie protecteur, vous annulez en partie les effets délétères liés à vos prédispositions génétiques.

D’environ 50%, selon nos athlètes, ce qui à mon avis est déjà considérable vu la grossièreté des méthodes utilisées.

Autrement dit, si vous avez un mode de vie protecteur, mais un vrai mode de vie protecteur tel que décrit dans notre livre Prévenir l’infarctus et l’AVC, pas un ersatz tel que celui décrit dans l’article suscité, vous pouvez réduire à presque rien le risque de maladies cardiovasculaires ; et cela quel que soit votre risque familial ou héréditaire ; et sans médicament !

Rapport bénéfice/risque de ce traitement imbattable !

Et cela concerne toutes les formes de prédisposition génétique, y compris celles liées aux anomalies génétiques du métabolisme des lipoprotéines [parfois appelées hypercholestérolémies familiales par ceux qui veulent vendre des médicaments anticholestérol] qui sont incluses dans le score génétique utilisé dans cette étude américaine…

Attention, j’ai écrit « presque rien » ; ce qui veut dire qu’il y a évidemment des exceptions [version soft des probabilités] ; dont j’ai parlé dans mon dernier livre « L’Horrible vérité sur…« .

Ces exceptions (par exemple les Hypercholestérolémies Familiales homozygotes) représentent peut-être un sujet pour un million ; et sont évidemment « noyées » dans les analyses rapportées par nos amis américains.

J’espère que tout le monde a compris !

Pas bon pour le business tout ça ! Ne pas répéter ! Ça peut fâcher !

 

 

 

 

 

Maladies du coeur, vie sexuelle, et Viagra ou assimilés

 

La qualité de vie (au sens large) étant un aspect critique de la bonne santé (et de sa préservation) et une activité sexuelle satisfaisante (quelque soit sa forme d’expression) étant généralement considérée comme un aspect important de la qualité de vie, un médecin moderne doit « normalement » s’enquérir, avec délicatesse bien sûr, de la vie sexuelle de ses patients et même les encourager, voire les aider, à développer ou à maintenir une activité sexuelle satisfaisante.

J’ai écrit « délicatesse » mais j’ajouterais même, m’adressant aux jeunes médecins peu expérimentés, qu’il est préférable parfois de ne pas s’aventurer sur ces chemins escarpés ; pour toutes sortes de raisons aisément compréhensibles : par exemple, côté thérapeute, si on est une séduisante jeune diplômée (facile à comprendre) ; même chose d’ailleurs si on est un séduisant diplômé ; ou, côté patients, parce que chez certains la vie sexuelle est de la sphère strictement privée ou nul (y compris la Faculté avec un grand F) n’est habilité à pénétrer ; encore facile à comprendre…

Bien, sautons gaiement au-dessus de ces obstacles subalternes.

A partir d’un certain âge (quelques fois avant), beaucoup d’entre nous (aussi bien les couples que des individus dont la vie sexuelle est plus atypique, peu importe) voient leur vie sexuelle entravée par quelques difficultés qu’on peut qualifier de « mécaniques ».

Quelquefois, des mesures simples permettent de « guérir » le couple ; j’en ai parlé dans mon dernier opus ["L'horrible vérité sur..."] et divers articles ; les visiteurs de ce blog savent déjà que les statines, via différents mécanismes additionnels, perturbent la vie sexuelle. C’est un exemple peu anecdotique puisque près de 7 millions de bons citoyens français sont devenus addicts de ces médicaments inutiles.

J’arrête ma statine ou bien « monsieur et madame arrêtent leur statines respectives » et tout redevient mieux. Parfois le retour à une vie sexuelle normale et satisfaisante doit être un peu « aidé » (je vais y revenir) et c’est là qu’un docteur un peu « inquisiteur » peut rendre de grands services.

Mais en dehors des statines, et outre l’âge, toutes sortes de circonstances peuvent inhiber la vie sexuelle. C’est dommage. Par exemple, certains patients atteints de pathologie cardiaque pensent que l’activité sexuelle peut être dangereuse pour eux.

Ces circonstances (où l’activité sexuelle doit être découragée) sont très rares ; mais il n’est pas inutile de prendre conseil auprès de son médecin.

Évidemment, j’exclus ici les situations extrêmes où les partenaires pourraient se livrer à des comportements dangereux : positions réservées à des athlètes gymnastes ou prises de stimulants illicites type cocaïne.

L’autre question est celle de la dangerosité potentielle des « aides » chimiques à l’activité sexuelle. l’exemple typique est le célèbre Viagra.

Il n’y a pas que le Viagra ; d’autres médicaments assimilés (par exemple le Cialis*) avec une activité biologique similaire [les experts parlent de "phosphodiesterase type 5 inhibitors" ou PDE5i ; peu importe] mais pas identique peuvent être très utiles (délai d’activité et rémanence différentes du Viagra) en fonction de la façon dont les acteurs veulent (ou peuvent) pratiquer leur sport en chambre. Inutile de prendre ces médicaments (car ce sont des médicaments) de façon chronique si l’opportunité d’une activité sexuelle satisfaisante ne se présente qu’une fois par semaine (retour d’un conjoint au bercail après déplacement professionnel obligé) ou une fois par mois ou par trimestre (weekend coquin). Certaines molécules sont plus adaptées que d’autres à certains types de « consommateurs » ou de consommation coquine

Un médecin (ou peut-être un sexologue) peut aider plutôt qu’une collègue de bureau…

Faut-il prendre des précautions avec le Viagra, le Cialis  ou autres molécules quand on a une pathologie cardiaque ?

Pour comprendre, il faut rappeler qu’initialement le Viagra devait être un médicament pour les cardiaques ; je simplifie bien sûr.

En fait, ce fut plutôt un échec et le Viagra fut abandonné comme traitement des cardiopathies ; sauf que les patients mâles rapportaient un effet inattendu : de belles érections !

C’est ainsi que, par hasard, survint une des plus belles découvertes médicales du 20ème siècle !

Piteux médicament pour le coeur, le Viagra permet désormais de sauver quelques animaux supposés détenir quelques aphrodisiaques substances. Avec le Viagra, on sauve quelques (cornes de) rhinocéros et quelques (ailerons de) requins…

Je conclus bravement : si on n’a pas de pathologie cardiaque très sévère et si on a une activité sexuelle « normale » [c'est-à-dire "modérée ; quoique je reconnaisse que ça n'ait pas beaucoup de sens...], il n’y a pas de contre-indication cardiovasculaire au Viagra ou au Cialis à doses modérées… à nouveau !

Mieux vaut quand même en parler à son médecin à condition qu’il ne soit pas pusillanime ou franchement « coincé » ; ça existe !

Bon vent, les amoureux !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les essais cliniques. Saison 2

 

J’invite les visiteurs de ce blog à relire mon précédent billet sur les essais cliniques avant de lire celui-ci. C’est une suite.

Mais on peut comprendre cet épisode sans avoir vu (lu) le précédent. Comme à la télé quoi !

Un essai clinique ne sert pas, en principe, qu’à tester des médicaments. En principe, encore, c’est la meilleure façon de tester une hypothèse biologique ou physiologique (et une éventuelle causalité) chez des humains.

Bref, c’est de l’expérimentation humaine. C’est délicat, compliqué, et très dispendieux.

Ce qui fait qu’aujourd’hui pratiquement seule l’industrie pharmaceutique peut « se payer » des essais cliniques. Et si elle le fait, c’est sous la forme d’un investissement dont elle attend un retour ! Business !

C’est dramatique mais c’est ainsi. La science et la médecine sont des questions subsidiaires quand il s’agit des médicaments (et de la santé) ; business first !

Une « prestigieuse » institution comme l’INSERM en France devrait conduire des essais cliniques, et beaucoup d’essais (cette « prestigieuse » institution est financée pour ça), afin de valider des hypothèses cliniques et démontrer des causalités, notamment pathologiques. Le M de l’INSERM c’est celui de Médical !

Car la démonstration d’une causalité en médecine, c’est le b a ba des sciences de la vie !

Pas de causalité démontrée dans une étude ? Ce qui suit dans l’étude (interprétation et discussion des résultats) n’est au mieux que du bavardage…

Faute de budget suffisant ; et surtout faute d’une volonté suffisante (qui nécessiterait une culture scientifique suffisante), l’INSERM fait (subventionne) très peu d’essais cliniques ; et presque jamais avec des médicaments : portes ouvertes au triomphe de l’industrie pharmaceutique qui règne en maitresse sur ces terres désolées, comme Attila…

J’ai expliqué dans l’épisode 1 que l’essai clinique (quand il sert à évaluer un médicament) apporte des informations indispensables pour tester l’utilité (l’efficacité) d’un médicament mais peu d’informations concernant l’innocuité et la toxicité.

Pourquoi ?

Parce que c’est de l’expérimentation humaine. Or, depuis l’ineffable « aventure nazie » qui utilisait des êtres humains dans des expériences atroces, l’Humanité a édicté des règles éthiques précises pour l’expérimentation humaine à visée médicale.

C’est la Déclaration d’Helsinki  qui est un énoncé de principes éthiques applicables à la recherche médicale impliquant des êtres humains.

Parmi ces principes, repris dans la majorité des pays, la recherche médicale chez des humains n’est possible que si les personnes qui acceptent de participer à ces recherches peuvent y trouver un bénéfice. On peut discuter ce principe de base, certes, mais il signifie qu’une recherche sur les humains est justifiée à condition que les résultats de cette recherche apportent réellement quelque chose de positif à ceux qui participent.

Prenons l’exemple d’une nouvelle chimiothérapie. Si elle s’avère supérieure au placebo ou à une ancienne chimiothérapie, les patients auront tous un bénéfice immédiat : ceux qui ont reçu cette nouvelle chimiothérapie (en ayant pris le risque qu’elle soit inutile) vont mieux ou sont guéris et ceux qui ont reçu le placebo vont immédiatement bénéficier (dès la fin de l’essai) de cette nouvelle chimiothérapie avec cette fois-ci la certitude  qu’ils iront mieux puisque l’étude a prouvé que cette chimiothérapie est utile.

Pour être certain que les volontaires vont réellement tirer un profit médical de leur participation à l’essai clinique, il faut évidemment que l’essai clinique soit conduit de manière parfaite. Ici la qualité scientifique est partie intégrante de l’éthique. Pas de bonne science, pas d’éthique !

On comprend immédiatement que l’intégrité (et la culture scientifique) des investigateurs sont des conditions irréductibles du respect de la Convention d’Helsinki.

Ceux qui ont étudié les essais cliniques testant les statines (par exemple) savent à quel point ces principes ont été bafoués…

Tout investigateur doit être littéralement obsédé par la qualité scientifique de son travail !

Il doit prendre toutes les précautions pour que l’essai clinique qu’il conduit apporte réellement des informations immédiatement utilisables par les personnes qui ont prêté leur concours à cet essai clinique afin qu’en retour ils bénéficient réellement des retombées positives des nouvelles connaissances acquises.

Le principe de base de ces précautions scientifiques c’est l’hypothèse primaire.

C’est quoi ça ? C’est ce qu’on a trouvé de mieux (c’est le top des sciences de la vie !) pour être (presque) sûr qu’on ne va pas se tromper ; c’est-à-dire (ce sont les deux erreurs possibles en simplifiant) : 1) affirmer qu’un traitement est utile alors qu’il ne l’est pas ; 2) affirmer qu’un traitement n’est pas utile alors qu’il l’est.

Je reviendrai dans le prochain épisode sur les principes de base de l‘hypothèse primaire ; mais pour le moment tout le monde a compris qu’un essai clinique ne peut servir qu’à tester l’utilité d’un traitement.

En aucune manière, un essai clinique peut être conçu pour vérifier la toxicité d’un médicament. Ce serait contraire à la Déclaration d’Helsinki.

Pas d’hypothèse primaire possible pour étudier la toxicité d’un médicament ; et donc pas de bonne science possible pour étudier la toxicité ou l’innocuité d’un médicament ; y compris par un essai clinique puisque l’hypothèse primaire n’a pu être formulée (calculée) dans ce but.

J’espère que tout le monde a compris.

Ça ne veut pas dire que nous pourrions négliger les informations (sur la toxicité) éventuellement apportées par un essai clinique ; mais ces informations sont de « seconde main ».

Ça veut dire, inversement, que pour obtenir de bonnes informations fiables sur la toxicité des médicaments, il faut d’autres techniques que l’essai clinique.

Par exemple, l’épidémiologie d’observation ; mais c’est long, trop long avant qu’une alerte ne soit donnée.

La pharmacovigilance, bien sûr ! Mais c’est mal organisé et peu efficace.

Une source fantastique de données sur la toxicité des médicaments pourrait être la base de données de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) à condition que l’analyse de ces bases de données soit réalisée par des analystes intègres et surtout totalement indépendant des pouvoirs politique et commerciaux.

Ceux qui ont vu le film « La fille de Brest », témoignage accablant à propos du Médiator, savent ce qu’il faut penser de l’exploitation possible des bases de données de la CNAM. Chuuuut ! Pas touche !

Cruciaux donc sont les témoignages des patients, surtout s’ils bénéficient du filtrage des médecins traitants ; mais à condition que ceux-ci réapprennent à écouter leurs patients.

Par exemple, rien n’est plus solide que le témoignage de parents qui rapportent les effets secondaires toxiques des vaccins. Rien ne peut se substituer à ces témoignages-là !

Ce pourrait être différent mais dans l’époque actuelle, et particulièrement pour les vaccins administrés aux bébés, ce sont les témoignages des parents qui devraient faire autorité !

Et rien mieux que la CNAM pour évaluer honnêtement la toxicité des vaccins et confirmer ou pas les témoignages des parents !

Il va falloir faire bouger les choses, les amis…