CHOLESTEROL ET STATINES : DELIQUESCENCE DES ELITES

Le spectacle de nos élites expertes en cholestérol et statines en cet automne 2014 – très bruyantes aux USA, très discrètes chez nous – vaut la peine d’être un peu commenté, histoire de se distraire entre deux pastis, à moins que vous ne soyez plus whisky ces jours-ci par temps gris…

C’est à propos d’une étude [dite IMPROVE-IT] dont les résultats sont beaucoup commentés dans les médias professionnels ; mais peu dans ceux destinés au grand public. Tant mieux ; mieux vaut rien dire que débiter des c…

Préambule : fin 2013, des amis des statines, soutenus par les grandes Agences du médicament américaines (je simplifie) annoncent que désormais ce qu’il importe ce n’est pas de diminuer le cholestérol, mais de se prendre sa statine, peu importe laquelle mais à bonnes doses ; j’ai déjà raconté ça dans des billets précédents, faciles à trouver.

Peu importe le cholestérol de départ (élevé ou non) et le cholestérol sous traitement, vous devez prendre votre statine !

Et ils ajoutent que les données scientifiques justifiant d’avoir des cibles de cholestérol à atteindre n’étaient pas solides ; bon !

Ils se basent pour décider des doses de statines sur un calcul du risque cardiovasculaire ; plus le risque calculé est élevé et plus… Bon !

Les amis du cholestérol-le-plus-bas possible, fort mécontents qu’on expédie de façon si cavalière 50 années de leur dogmatisme, réagissent : les scores utilisés pour calculer le risque de pathologie cardiovasculaire ne reposent sur aucune base scientifique solide.

Bien peu de science respectable dans les deux camps, à les entendre les uns et les autres ; et donc, comme diraient les commères de Shakespeare, beaucoup de bruit pour rien ; sauf que des dizaines de millions de pauvres gens se voient prescrire des médicaments toxiques sans aucune garantie (scientifique) qu’ils en tirent un quelconque bénéfice ; et tout ça avec la complicité de bureaucrates de toute obédience dont la principale caractéristique semble le partage d’une totale incompréhension de ce que devrait être un peu de science médicale ; ne serait-ce que pour respecter une éthique médicale basique [avant tout ne pas nuire !] ou simplement le code de santé publique. Bon !

D’où notre titre à propos de “déliquescence” et des “élites” car il n’y a pas une voix [mais peut-être suis-je dur d'oreille ?] pour leur dire de la jouer un ton plus bas, pour dire les choses très poliment.

Ce ne pourrait être qu’un ridicule duel opposant des analphabètes à des illettrés si ça ne cachait une toute autre question : est-ce prendre une statine qui est l’important ou est-ce abaisser son cholestérol le plus bas possible (notion de cible) ? Comme la statine abaisse le cholestérol, on pourrait penser que cette question est secondaire.

L’est-elle vraiment ?

Elle ne l’est évidemment pas si vous souhaitez commercialiser dans les plus brefs délais des nouveaux traitements anticholestérol qui ne sont pas des statines !

Si vous êtes un ami des statines, tout nouveau médicament susceptible de remplacer (ou compléter) les statines doit faire la preuve de son efficacité clinique (moins d’infarctus, d’AVC et surtout de décès cardiaque) par rapport aux statines. Cela nécessite des études supplémentaires, donc du temps et de l’argent. Nul besoin de faire un dessin : si vous avez un nouveau traitement anticholestérol à commercialiser, vous n’êtes pas dans le camp des amis des statines.

Par contre, si vous êtes un des amis du cholestérol-le-plus-bas possible, il suffit de démontrer que votre nouveau traitement lui-aussi diminue le cholestérol et vous pouvez espérer faire prévaloir cette simple propriété biologique pour obtenir sa mise sur le marché sans avoir à démontrer qu’il diminue le risque cardiovasculaire ; donc une importante économie de temps : environ 10 ans ; avec en perspective des profits avoisinant au minimum 10 milliards d’Euros par an.

Et tout ça même si de nombreux traitements (ou régimes) anticholestérol n’ont jamais fait la preuve d’une efficacité clinique, et ce malgré des études habilement biaisées pour essayer de le faire croire.

On comprend immédiatement que les enjeux commerciaux sont  considérables si de nouveaux traitements anticholestérol sont disponibles ; ce qui est le cas avec des nouvelles molécules injectables ; voir le site http://www.pcsk9forum.org/.

On comprend ainsi que les initiatives (fin 2013) des amis des statines sont bien embarrassantes pour le nouveau business pcsk9.

Et nous voilà avec l’étude IMPROVE-IT qui, selon certains experts amis du cholestérol-le-plus-bas possible, renvoie violemment le balancier de l’autre côté : il suffit, selon IMPROVE-IT, de baisser le cholestérol encore plus ou le plus bas possible avec des nouvelles molécules pour obtenir la mise sur le marché sans avoir à prouver que c’est mieux qu’une statine.

IMPROVE-IT compare les effets cliniques d’une statine avec ceux d’une statine+ézétimibe qui permet une diminution supplémentaire du cholestérol par rapport à la statine seule.

C’est une énorme étude (18,000 patients après un infarctus) qui a fait beaucoup parlé d’elle avant d’être publiée car les investigateurs ont retardé la publication des résultats ; ce qui nous rappelle de bien mauvais souvenirs (l’étude ENHANCE pour ceux qui ont lu nos livres ou nos articles sur ce Blog). Comme l’ézétimibe n’a jamais montré d’effet clinique bénéfique malgré un effet significatif sur le cholestérol, beaucoup (surtout les amis des statines) disaient que ce retard s’expliquait à nouveau (c’est-à-dire comme dans ENHANCE) par un manque d’efficacité clinique qu’on ne pourrait « avouer » que le plus tard possible ; le passage en générique est proche… Faut gagner du temps…

Nous n’allons pas rentrer dans les détails car nous ne disposons que de résultats fragmentaires de l’étude via les médias et surtout parce que toutes ces histoires sont franchement lassantes et sans aucun rapport avec une bonne médecine scientifique qui consiste, faut-il le rappeler, à poser une hypothèse a priori [concept fondamental et généralement incompris de nos élites déliquescentes] puis à mettre en place un essai clinique permettant de la tester en respectant scrupuleusement les règles bien connues de l’essai clinique [règles généralement mal connues de nos élites déliquescentes].

À propos d’IMPROVE-IT, on ne peut que constater que les investigateurs et leur sponsor ne sont pas vraiment dans la clarté : ils prétendent avoir démontré qu’une diminution supplémentaire du cholestérol avec l’ézétimibe entraîne des bénéfices cliniques ; mais l’étude a été prolongée plusieurs fois pour atteindre une durée inédite de 7 années (durée très inhabituelle puisque, en général, ce type d’étude ne doit pas dépasser 5 ans pour de solides raisons épidémiologiques qu’on peut résumer par la fameuse “régression à la moyenne”), ponctuée d’analyses intermédiaires multiples (et non justifiées puisqu’à l’arrivée ils crient qu’ils n’ont décelé aucun signal de toxicité) ayant nécessité de désaveugler l’étude très tôt au cours de l’essai (biais majeur dans tout essai clinique) et finalement aucune différence sur le nombre de décès [le seul critère recevable pour se défendre contre des maladies fatales] survenus pendant l’étude comme si les patients mourraient de toute façon tout en étant selon les investigateurs (partiellement) guéris … Mourir guéris est une perspective enthousiasmante, chacun le comprend.

On connaissait le biais dû à l’arrêt prématuré de l’essai, on aura maintenant le biais dû à l’arrêt retardé de l’essai : « Hello, Joe, dès que c’est significatif, tu nous dis et on arrête les frais… »

Et voilà IMPROVE-IT qui tombe vraiment très (trop) bien pour les adorateurs – très intéressés, on se presse au portillon pour faire partie des experts rémunérés, voir le pcsk9forum cité ci-dessus – des nouveaux anticholestérol injectables car ce devrait permettre d’économiser 10 années d’attente fébrile d’une démonstration (assez illusoire) que ces nouveaux médicaments sont supérieurs aux statines. Les bureaucrates d’ici et d’ailleurs, probablement très influencés par les politiciens-défenseurs de leurs industries nationales respectives, sont tout prêts de leur faire ce joli cadeau, les contribuables paieront, comme d’hab….

L’heure est à la résistance ! Indignons-nous, disait un vieux monsieur très sympa…

Faute d’un rapport détaillé de l’étude – et car il est important dans ce monde de brigands de rester prudent, et comme dit l’autre (Offenbach pour les intimes), « les brigadiers arrivent toujours trop tard » – on ne peut rien dire de plus pour le moment.

On pourrait toutefois s’inspirer de la chanson du brigadier mais c’est à réserver aux puristes et moins de 70 ans : http://www.deezer.com/track/77627083

Le prochain épisode pourrait s’avérer assez drôle car, d’un côté, certains amis des statines vont probablement retourner prestement leur veste et aller baver au portillon avec les amis du cholestérol-le-plus-bas possible tandis que d’autres amis des statines pourraient vouloir grossièrement, comme disait Napoléon la veille des grandes batailles, “camper sur leurs positions” (qui restent à notre avis encore assez fortes) et exiger quelques garanties supplémentaires concernant la validité de l’essai, et par exemple demander à avoir accès aux données cliniques brutes de l’essai pour en examiner la teneur, ce serait une première, ne nous faisons pas d’illusion !

Ce serait pourtant la seule façon de vérifier, ce qu’ils ne veulent pas, comme si il y avait quelque chose à cacher…

44 réflexions au sujet de « CHOLESTEROL ET STATINES : DELIQUESCENCE DES ELITES »

  1. MICKT

    Bonjour Mr Delorgeril
    Visiblement vos livres ne sont pas arrivés jusqu’à Tours… En effet suite à un AVC (à priori ischémique) mon beau-père (84ans) se voit administrer du TAHOR… Lorsque j’ en ai demandé la raison le médecin m’a répondu qu’elle appliquait le protocole.. Je lui ai alors demandé s’il était possible de ne pas prendre cette statine, alors là elle a eu immédiatement une attitude très agressive : ‘ Vous êtes médecin ? Seul votre beau-père pourra en décider ! Il ne faut pas croire tout ce qu’on lit sur internet ‘ etc… etc etc… Sauf que mon beau-père ne sait pas ce qu’est une statine et surtout ne savait même pas qu’il en prenait…
    Si j’ai bien compris vos conclusions, le risque de récidive d’AVC sera accru avec la baisse artificielle du taux de cholestérol par statines ? Merci de votre aide car je dois prendre une décision rapide mon beau-père n’en étant pas capable . MT

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : MICKT

      Ceci n’est pas une consultation mais une information.

      Il n’y a aucune raison médicale ou scientifique justifiant la prescription de statine après un AVC ischémique ; ou dans quel qu’autre circonstance… médicament inefficace et toxique, il suffit de décrypter la littérature scientifique ; encore faut-il savoir le faire !

      Ce qui n’est probablement pas le cas du médecin dont vous parlez qui « applique le protocole » ; il ne faut pas lui en vouloir, on applique le protocole, négation du « penser minimal » ; ils ne savent plus…

      1. MICKT
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Merci de votre confirmation. J’aurais toutefois bien voulu savoir (par simple curiosité) si le fait de faire baisser le cholestérol après un AVC pouvait augmenter le risque de récidives ?
        Cordialement

        1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
          En réponse à : MICKT

          Il est difficile de répondre à cette question car ceux qui détiennent les données « intéressantes » ne sont pas « intéressés » à les « délivrer » [chaque mot compte ici ; j'espère que vous appréciez] et elles ne sont pas consultables par des experts indépendants ; ce qui est le plus ignoble scandale de la médecine moderne [rien n'est vérifiable...] ; ce que certains appellent « crime organisé » ou corporate crime
          Ce que nous subodorons toutefois, c’est que les statines (ou la diminution du cholestérol) augmentent le risque d’AVC hémorragique [environ 40 à 50% de tous les AVC selon les statistiques US récentes] et pour les autres diminuent la récupération fonctionnelle…
          « Faut-il vous l’envelopper ? » disait souvent l’un des martyrs de Charlie H

  2. ANTELIN

    Cardiologue de terrain, au sens de laboureur.
    Pas de conflit d’intérêt or celui des patient.
    Je ne reçois pas les Labos. Je suis lecteur émérite de Prescrire.

    Au Professeur LORGERIL
    Sauf erreur de ma part, l’Ezitimibe, est commercialisée de longue date sous l’association Inegy, avec Simvastatine,et seul sous forme d’Ezetrol. L’association était utilisé dans l’étude Courrage dont l’objectif n’était pas de démontré son interêt, mais a démontré que dans l’angor stable, le stent était a la limite un bon anti angineux.
    L’étude IMPROVE-IT qui a été présentée au congrès de l’AHA 2014 dont vous avez surement pu avoir l’ensemble de la présentation. Elle n’a pas n’a pas été publié par le New England Journal Of Medecine (Journal numéro un au classement des journaux médicaux) en même temps que sa présentation ce qui est habituelle maintenant pour les grandes études.
    Vous traitez les auteurs comme n’ayant pas de fond scientifique, pourtant vous affichez la couverture d’un livre dans lequel vous publiez un article, dont la couverture fait référence à un des investigateurs de l’étude, qui commente en effet le delai de publication.
    Eugene Braunwald, one of the principal investigators of IMPROVE-IT and the founding chairman of the TIMI group, called to respond to the concerns raised in this article. Here is Braunwald’s statement:
    « The paper has not been submitted to any journal. and the reason is very simple: it was never our intention to submit it at the same time, even though that is what we usually do, because the time since unblinding was not long enough. We’ve been working on the presentation. »

    http://www.forbes.com/sites/larryhusten/2014/11/13/improve-it-trial-paper-wont-be-published-right-away-in-the-new-england-journal-of-medicine/

    Par ailleurs, toujours le même (la même équipe), avait comme hypothèse qu’il ne servait à rien d’abaisser le LDL cholesterol en dessous d’un gramme, l’étude Prove-IT menée dans ce sens, financé par Squibb dont la Pravastatine n’abaisse pas de cholestérol de plus de 30%, a montré le contraire et a beneficié au laboratoire qui n’a pas financé l’étude.
    http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa040583#t=articleResults
    Dans cette étude Lower is Better. On n’est pas dans un monde de bisounours, mais quand même.
    Imaginer E Braunwald, dire qu’abaisser le LDL cholesterol plus bas ne sert à rien pour pouvoir financer l’étude par Bristol-Myers Squibb et Sankyo qui lui permetrait de montrer le contraire parce que Pfizer ne veux pas la financer.
    Ou peut être que vos propres conflicts d’interêt vous poussent effectivement à le penser.

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : ANTELIN

      Cher cardiologue-laboureur,

      J’ai un peu de mal à vous suivre et à identifier le message que vous nous adressez.

      1) Je crois comprendre que vous auriez un « petit faible » (comme on dit à propos de certaines addictions) pour l’ézétimibe ; désolé, on n’a jamais montré que ce médicament anti-cholestérol (et qui effectivement diminue le cholestérol) diminuait le risque cardiovasculaire ; ne voyant pas l’intérêt de « soigner des chiffres », je pense qu’il faudrait retirer ce médicament du marché…

      2) Il semblerait que l’étude IMPROVE-IT vous ait intéressé. Pourquoi pas ? Mais comme écrit dans mon billet « Nous n’allons pas rentrer dans les détails car nous ne disposons que de résultats fragmentaires de l’étude via les médias …« . Pour juger d’un essai clinique il ne faut surtout pas se contenter d’une simple présentation de 10 minutes en congrès ; ou alors on fait preuve d’une incroyable naïveté, fort inquiétante pour vos patients de « laboureur »…

      3) Je crois, en outre, comprendre que la simple signature du sieur Eugene Braunwald vous suffise pour donner crédit à une étude. Je vous réponds simplement que Braunwald ne conduit pas les essais [ce travail de terrain est TOUJOURS exécuté par les employés du sponsor] qui (Braunwald) se contente de « contrôler » puis de signer, puis de toucher de gros honoraires.
      Comme l’avait montré la pénible affaire John Darsee, Braunwald n’est pas un contrôleur de toute confiance. Voici la réponse que nous avons fait récemment en anglais à un quidam qui nous faisait une remarque identique à la vôtre, j’abrège évidemment : « … briefly, John Darsee committed wide-ranging scientific misconduct fabricating large amounts of false data from experiments. See for instance (and to remember the story): http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJM198306093082311… During many years, his mentor Eugene Braunwald – who co-signed several articles of Darsee – either did not see anything or he did see but closed his eyes. This does not mean that Braunwald is guilty; it means that being an “outstanding personality” does not protect from being naive about “biased” studies… »

      Pour ceux qui ne lisent pas l’anglais, nous expliquons dans ce bref texte que Braunwald (via un de ces assistants) a publié des études inventées ou violemment biaisées ; et qu’il ne dû le sauvetage de sa carrière qu’à faire porter la totale culpabilité à John Darsee son assistant : il n’était ni responsable ni coupable, choupette…

      Je suis désolé de vous dire qu’il est extrêmement naïf de juger d’une étude sur le nom d’un des coauteurs ; j’ai de plus en plus d’inquiétudes pour vos patients…

      Bon, faute de temps, [et en plus vous commencez à m'énerver avec vos références à Forbes ; puis à PROVE-IT qui est une étude parfaitement inconsistante ; je vous donne encore en anglais notre commentaire sur PROVE-IT en Post-scriptum ; ou aux stratégies de Squibb, Pfizer ou BMS ce qui me laisse penser que vous n'êtes pas aussi innocent qu'un laboureur] et pour finir sur mes « propres conflits d’intérêt » qui me pousseraient à penser que… [A penser quoi ?], donnez-nous crédit que nous ne jugeons que les faits et chiffres, nous ne sommes que des minables scientifiques de province…

      Post-scriptum : « In PROVE-IT, the investigators compared 40 mg of pravastatin to 80 mg of atorvastatin in approximately 4,000 patients who were recruited 10 days after a myocardial infarction and followed up for 2 years. Importantly, the trial tested several hypotheses, with a second randomization to allocate patients to groups receiving either an antibiotic or a placebo. Testing two hypotheses in the same patients is not a good procedure as interactions are liable to contaminate each comparison. It is even more questionable here since the short antibiotic treatment (a derivative of erythromycin) was accused of increasing the risk of coronary artery disease. This is typically a situation where presenting the results of all 4 trial groups is essential but, deliberately or not, was not done in PROVE-IT representing a potential source of unverifiable bias. And as we evidently do not have access to the raw trial data, we cannot examine the issue satisfactorily.
      LDL-cholesterol levels were decreased by 49% in the atorvastatin group and 21% in the pravastatin group. All clinical data are only expressed as percentage (with no absolute number) which is quite ludicrous. We can however make some calculations and obtain approximate absolute numbers. For instance, the authors announce a nonsignificant reduction in total mortality of 28 % and of 30 % for cardiac mortality which is quite impressive although nonsignificant. However, the figures in the main article (N Engl J Med 350;15 April 8 2004) reveal that, after 2 years of follow-up, there were only 842 patients left in the atorvastatin group and 810 in the pravastatin group [Figure 2, page 1500]. As shown on Figure 4 indicating the 2-year event rates (page 1501), the mean relative risks of dying were respectively 2.2% and 3.2% and the risk of cardiac death were 1.1% and 1.4%. In other words, if we suppose that the number of subjects during the 2-year follow-up was doubled with respect to the 842 and 810 counted after 2 years, we can calculate that, in fact, there were 9 and 11 cardiac deaths for 800 patients in the atorvastatin and pravastatin group respectively; and so something around 18 and 22 cardiac deaths for 1600 patients. This is how a minute difference in “absolute” figures was disguised as a “nonsignificant 30% reduction in the risk of cardiac-death” in the PROVE-IT article.
      Using the same calculations (based on 810 and 842 patients after 2 years), we found 55 non-fatal MIs in the atorvastatin group and 59 in the pravastatin group. Although there was no significant difference in mortality or nonfatal AMI, the authors triumphantly reported a 16 % significant reduction of an index made up from a number of complications thrown in together. We discuss elewhere why the use of composite outcome is highly questionable. The PROVE-IT trial is definitely poor science; and the only prudent conclusion drawn from the trial – given the lack of significant difference between the two groups for death from any cause, death from CHD, stroke and nonfatal AMI – is that pravastatin was not better than atorvastatin, and vice versa… »

  3. femara

    Bonjour Docteur

    Forte cholesteremie depuis ma jeunesse, arret des statines depuis 3 ans( suite a lecture assidue de votre blog et vos livres)…recidive cancer du sein…mise sous FEMARA medicament censé arreter le developpement de mon cancer…Bon..analyse de sang…explosion de mon taux de cholesterol, triglycerides, etc…comme j’ai aussi une prothese aortique..;le cardio veut baisser ce fichu cholesterol…moi je m’en fiche je suis a la lettre votre livre…mais quand meme…leger doute ….je suis marfan..cancer du sein bien installé et qui ne guerira jamais…cholesterol astronomique….j’ai 54 ans …….votre avis …juste votre avis s’il vous plait…merci infiniment

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : femara

      Ceci n’est pas une consultation.
      En cas de fragilité aortique en rapport avec un Marfan (ou en cas de prothèse) , aucun essai clinique n’a jamais montré qu’il était préférable d’abaisser le cholestérol. Mais de belles études laissent penser qu’il pourrait être préférable d’avoir un cholestérol élevé dans ces cas-là. Dans le doute, au mieux, on s’abstient !
      Diminuer le cholestérol pourrait favoriser les récidives de cancer du sein ; ou les rendre plus agressifs… On n’a pas de preuve absolue, certes, mais les données scientifiques en ce sens sont solides.
      Dans le doute, au mieux, on s’abstient !
      Ceci n’était pas une consultation.

      Ceci est une information libre et indépendante de l’industrie pharmaceutique.

  4. philippe

    Bonjour Professeur,

    Il y a plus d’une année que je suis venu vous exprimer divers points de vue concernant mes doutes concernant la prise des statines en regard du cholestérol.
    Je ne prends donc plus rien comme médicaments anti-cholestérols.
    J’estime que je mange raisonnablement: un petit déjeuner normal, biscuits ou pain beurre et jus de pomme puis seulement un oeuf dur à midi et un yaourt avec un café et un peu plus le soir avec du poisson du riz et de la soupe que je me fais moi même….je grignote un peu devant la T.V
    Je fais 3/4 d’heure de marche 3 fois par semaine.
    Mes toutes dernières analyses font état d’un cholestérol total à 7.48 mmol/L….rapport cholestérol total/HDL 6.50 et calcul du cholestérol LDL 5.44 mmol/L
    Pour info l’année dernière sans médicaments non plus: Cholestérol total à 5.52 mmol/L…rapport cholestérol/HDL 5.36 et calcul cholestérol LDL 4.10 mmo/L
    Je désire continuer sans médicaments, suis je toujours dans une moyenne  » inoffensive »
    Comme je n’ai aucune idée des minimas et maximas je voudrais savoir si d’après votre point de vue qui fonde votre militantisme éclairé c’est toujours du R.A.S en regard de ces seuls chiffres.

    Merci pour vos extraordinaires compétences que vous daignez nous faire partager.
    Reconnaissance.
    Bonne année 2015 à vous et vos proches.

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : philippe

      Nous ne sommes pas de militants !
      Merci !
      Si vous nous aviez lu, vous ne poseriez pas la question ; et ça fait longtemps que vous auriez soigné votre anxiété sans médicament…
      Donc, urgent de nous lire ! Commencez par « Prévenir l’infarctus et l’AVC » ; ça ira plus vite et vous vous sentirez mieux encore plus vite ; et ça pourrait vous sauver la vie !!

      1. philippe
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Anxiété….euh…oui bien vu Professeur….rien à redire…
        Merci pour cette réponse directe….cela donne encore plus confiance….
        euh…c’est vrai que dans « militants » …il y a quelque chose de  » limitants »…

        Merci Professeur.
        Philippe

        1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
          En réponse à : philippe

          Ni croisé, ni militant, ni enseignant, mais encourageant à prendre ses responsabilités après avoir examiné (en toute conscience) le sujet qui vous préoccupe et l’état du monde.
          Je ne peux faire ce travail à votre place et ceci n’est pas une consultation.

  5. MICK T

    Bonjour
    Concernant une des propriétés de certains pollens frais (saule / Châtaignier), j’ai été vraiment très étonné de lire, dans le livre de Percie du Sert p 129 :  »… élimination des plaques d’athérome’ / p 163 ‘Nettoie les graisses des artères’ / p 164 : ‘ Nettoie les plaques d’athérome’ etc…
    En effet, je ne pensais pas qu’une plaque athéromateuse (ancienne) puisse se ‘nettoyer’ et encore moins être ‘éliminée’. En tout cas je n’ai jamais rien lu de tel sur votre site… De plus, si on ‘élimine ou nettoie’ une plaque d’athérome n’y a-t-il pas un risque de migration de certains composants de la plaque ?…

    Voici une info donnée par le labo pollenergie : ‘Pour les plaques d’athérome, c’est le pollen de châtaignier le plus adapté car sa capacité ORAC (capacité antioxydante) est remarquable. Il prévient l’oxydation du ‘mauvais cholestérol’.'De très nombreux travaux indiquent que le cholestérol ne devient réellement dangereux que lorsqu’il est oxydé. Il est très sensible à la présence d’oxygène qui le fait « rancir » comme une plaque de beurre. Il provoque alors des réactions inflammatoires qui abîment les parois des vaisseaux et accélèrent la formation de plaque d’athérome’…

    Idem dans le livre de Robert S. Ford où il est question de ‘nettoyage des artères et élimination progressive des plaques’…

    Ma question : est-il possible, oui ou non, d’éliminer une plaque existante dans une artère ??
    Merci de votre éclairage.

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : MICK T

      Les notions de « nettoyage » et même « d’athérome » [je ne connais, désolé, que l'athérosclérose] sortent du cadre dune analyse scientifique sérieuse ; un peu comme « le bon et le méchant » etc…
      Infantile tout ça…

      1. MICK T
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        ‘Artériosclérose, athérome, athérum, plaques, dépôts artériosclérotiques, matières artérioscléroseuses durcies’ bref…. OK pour ‘athérosclérose’ si vous voulez, je ne vais pas me battre sur la terminologie scientifique, tout le monde avait compris qu’il s’agit d’ artères (et autres) obstruées. Ma question (d’ignorant de base) était : oui ou non une disparition (ou diminution) des dites-’plaques’ est-elle physiologiquement possible ? En d’autres termes, existe-t-il un ‘processus d’ auto-nettoyage’ et donc de guérison de l’artériosclérose ou bien ces ‘plaques’ restent-elles accrochées à vie dans nos artères comme Bernique à son rocher ?
        Certes, infantile tout ça, mais ayant déjà plusieurs amis et membres de ma famille morts (jeunes…)à cause de ces problèmes de ‘tuyauteries’ (la nomenclature scientifique exacte leur a fait une belle jambe !) , j’ai toujours trouvé tout de même curieux qu’à l’heure où l’on est à même d’aller chercher un caillou sur Mars, nos Grands Spécialistes Cardio ne seraient pas encore capables de solutionner ces problèmes de plomberie ?
        Mais que font les chercheurs ???
        Cordialement

        1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
          En réponse à : MICK T

          Justement [vous avez tout dit] ce n’est pas un simple problème de plomberie ; on vous a trompé en vous faisant croire…
          Et [pour prolonger l'idée de la ligne précédente] les mots sont d’importance : athérosclérose n’est pas athéromatose…
          Il est maintenant urgent que vous lisiez certains de nos livres car si nous les écrivons c’est pour qu’ils soient lus ; je ne vais pas les photocopier ici…
          Facile à comprendre !

          En un mot pour vous encourager : les plaques n’ont jamais tué personne ; et donc qu’elles régressent ou pas est de peu d’importance !

          Allez courage et lisez, je ne peux pas le faire à votre place…
          Si vous vous décidez, commencez par « Prévenir l’infarctus et l’AVC »
          Bon vent, matelot

        2. phil
          En réponse à : MICK T

          je me permets d’intervenir

          si vous n’y comprenez rien c’est parce que les principes de base vous ont échappés

          histoire de changer d’auteur (sinon on pourrait croire à une monomanie) on m’a récemment rafraichi la mémoire avec 1 article du Pr Even sur la question

          arrêtez-vous au paragraphe ERREUR DE FOND

          http://www.lanutrition.fr/bien-dans-sa-sante/les-maladies/le-cholesterol/polemique-sur-l-arret-des-statines.-le-commentaire-du-pr-even.html

          et vous verrez, ça vaut le détour

          1. MICK T
            En réponse à : phil

            Bonsoir merci pour le lien, j’ai lu l’article du Pr Even. Je sais que le cho n’est pas impliqué et que les statines etc etc… Mais cela ne répond toujours pas vraiment à mes interrogations…
            Merci toutefois de votre aide

          2. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
            En réponse à : MICK T

            Effectivement.
            Pour votre question sur la plomberie et la régression des plaques, il va falloir lire, ATTENTIVEMENT cette fois, les livres du Dr de Lorgeril.
            Vous n’êtes pas en train de lire le Figaro ou le Canard Enchaîné !
            Bon vent, matelot

  6. MICK T

    ‘athérosclérose , athéromatose’
    Misère ! ‘Prévenir’.. Je l’ai déjà lu (entre autres) mais j’ai sans doute dû sauter des lignes… Je vais donc le reprendre !
    ‘Pas d’importance, pas d’importance… ‘ Je préfèrerais qu’elles régressent… plutôt que le contraire…

    Bon courage pour la suite de vos activités
    Cordialement

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : MICK T

      Chaque ligne compte, chaque mot a été pesé ; et c’est pour vous !
      Un beau cadeau !

      Ne lisez pas ça comme le « Dauphiné Libéré » ou Le Figaro ; ça pourrait vous sauver la vie ; et vous remontez le moral …

      Et enfin vous pourrez instruire vos médecins…

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