DIABETE ET HEREDITE, DIABETE ET CONJOINTS

Certains sont résistants à l’idée que notre « mode de vie » soit (en termes de santé à long terme) un paramètre prépondérant.

Pour le diabète, par exemple [le dit Type 2, dit aussi de la maturité ; et qui est le plus fréquent], on tend à penser qu’il nous tombe dessus un peu (beaucoup) par hasard ou, alternativement, qu’il nous viendra inéluctablement du fait de sa fréquence dans notre lignée, comme si c’était « inscrit ».

J’ai beaucoup écrit qu’il n’y avait aucun argument scientifique solide (au moins jusqu’à maintenant) pour défendre ces deux thèses ; probabilité qu’elles soient erronées (indéfendables) très élevée mais l’antithèse est difficile à documenter, surtout à propos de l’hérédité puisqu’on a l’impression que des familles sont atteintes et donc « prédisposées ».

Concernant l’effet du hasard, laissons de côté, cela peut jouer certes (on ne peut exclure) mais l’ampleur de l’épidémie mondiale et l’importance des facteurs multiples et des interactions (en dehors du facteur héréditaire) est telle qu’on ne peut que conclure qu’il (le facteur hasard) ne peut qu’être négligeable.

Concernant le facteur génétique [ou facteur familial], outre l’absence de gène ou de trait génétique clairement identifié et l’importance bien démontrée des facteurs du mode de vie (nutrition et exercice physique, pour faire simple), une étude amusante vient d’apporter une information importante : les conjoints des diabétiques [dans nos sociétés, les conjoints sont rarement consanguins...] ont un risque significatif de devenir eux-mêmes diabétiques.

C’est là : http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1741-7015-12-12.pdf

Désolé, c’est en anglais… Faut s’habituer ; ou pas, car dans 10 ans, ce sera en chinois ! Mieux vaut apprendre le chinois que de se mettre à l’anglais…

La méthodologie utilisée par nos collègues canadiens (+25% d’augmentation du risque chez les conjoints) sous-estime probablement l’ampleur de l’association et ne démontre pas de causalité, certes…

Mais ça nous indique que quand on veut adopter une stratégie préventive, ça doit se faire en couple (hétéro ou homo peu importe, les docteurs s’en foutent) si on a la chance (ou la malchance) de vivre en couple.

Le proverbe le disait : « qui s’assemble, se ressemble » !

C’est comme pour le tabac, si un des deux continue de fumer, celui qui s’abstient ne gagne pas grand chose…

Ça ne veut pas dire que la génétique ne joue aucun rôle, nous expliquons ces choses dans nos livres, mais c’est presque négligeable.

A propos du diabète, les généticiens eux-mêmes reconnaissent que l’hérédité explique moins de 10% du risque de devenir diabétique. C’est là pour les curieux et aussi pour les sceptiques : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3057517/pdf/nihms-248743.pdf

Bref, pour rester en santé, adoptez en urgence le mode de vie (et de se nourrir) du gentil Dr de Lorgeril ; ça pourrait vous sauver la vie !

Sur ce, nous vous disons « à bientôt » et il faudra avoir notre nouveau livre en main pour pouvoir alimenter la discussion à propos de la façon de se nourrir.

72 réflexions au sujet de « DIABETE ET HEREDITE, DIABETE ET CONJOINTS »

  1. savouret

    bonjour merci pour votre réponse cher docteur. j’ai relu votre chapitre consacré à l’hypertension dans le livre prévenir l’infarctus et l’avc, ce qui m’a permis de comprendre en quoi consistaient les symptomes associés à l’hta que vous évoquiez.

    Lorsque vous dites que c ‘est la moyenne qui importe et non la diastolique ou la systolique en elles meme, cela signifie t il par exemple pour schématiser que pour une pression de 13/9 , il faut grosso modo prendre en compte la moyenne (c ‘est à dire 11 dans le cas de figure que j’évoque)?

    Ainsi une pression de 16/10 par exemple doit etre considérée comme plus délétére qu’une pression de 13/10 si j’ai bien assimilé votre raisonnement?

    merci d ‘avance pour vos éclairages tjs précieux

    cordialement
    emmanuel

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : savouret

      Oui mais pour nous la moyenne, en principe, n’est pas calculée, mais mesurée sur au moins 24 heures avec des appareils spéciaux…
      Avoir 16/10 chez le docteur n’est pas cliniquement significatif et ne justifie pas un traitement médicamenteux au long cours.
      Combien de victimes au long cours de ces pratiques douteuses ?

  2. savouret

    bonjour docteur merci pour votre réponse

    En conclusion, si l’on adopte un mode de vie protecteur,pour une tension artérielle qui oscillle entre 13 /9 et 14/10 (chez soi à différents moments de la journée) , pas de traitement nécessaire si il n’y pas de symptômes avérés, y compris en cas de facteurs de risques associés tels une légere homocystéinemie?

    cordialement

  3. Sylvie Lagnous

    Bonjour docteur

    je reçois la lettre du professeur Joyeux depuis quelques jours et lis fréquemment vos contributions et déclarations (Tête au carré etc.), et suis un peu déstabilisée par les mises en garde contre les graves dangers des statines et des médicament hypotenseurs que j’y lis. J’ai 65 ans et souffre d’hypertension depuis l’âge de 28 ans, problèmes d’origine psychosomatique apparemment. Ma tension est depuis longtemps stabilisée après une analyse et psychothérapie, mais je m’inquiète des dégâts causés par les statines que je prends depuis 3 ans pour dépôts dans les grosses artères et les remèdes contre l’hypertension: trandate et candésartan. Mon taux de cholestérol total est maintenant de 1.50 et je pensais me tourner vers des remèdes tels que la levure de riz rouge et Tensioreg dont j’ai entendu parler sur le net. Qu’en pensez-vous? Nous suivons depuis 25 ans le régime méditerranéen et malgré cela, les troubles ne se sont pas notoirement améliorés. J’aimerais connaître un médecin (de notre région, Charente), adepte de votre philosophie, car les cardiologues bordelais que nous connaissons ne jurent que par les bienfaits des statines, tout en en reconnaissant les dangers et sont en guerre contre l’excès de cholestérol. Du coup, nous sommes un peu perdus…
    Merci de bien vouloir éclaire ma lanterne
    S L

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : Sylvie Lagnous

      Votre lanterne sera éclairée si vous allumez sa mèche avec notre livre « Prévenir l’infarctus et l’AVC » ; le plus important c’est d’avoir ou pas de symptômes… Et le cholestérol n’est pas un symptôme.
      Si vous pensez encore (comme les cardiologues bordelais) qu’il y a des dépôts de graisse dans les artères, lisez en toute urgence notre livre « Cholestérol, mensonges et propagande » ; vous n’avez rien à perdre, tout à gagner en comprenant enfin dans quelle société vous vivez…
      Bon vent, matelote

  4. savouret

    je vous remercie tardivement cher docteur d ‘avoir pris le temps de répondre à mes interrogations
    J’ai donc bien intégré le fait qu’une tension artérielle modérément élévée telle que celle que je vous ai évoquée ne doit pas faire l’objet d ‘un traitement médicamenteux en l’absence de symptomes associés ou de retentissement sur les reins, l’oeil etc? si l’on adopte un mode de vie protecteur

    Toutefois, meme dans cette configuration, n’y a t il pas un risque Significativement majoré de maladie cardiovasculaire surtout d ‘avc par rapport à une pression artérielle optimale?

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : savouret

      La pression artérielle « optimale » d’un individu est celle mesurée lorsque cet individu a un mode de vie protecteur, la systolique variant entre 11 et 16 approximativement ; avec dans cet écart de pression des variations très faibles du risque de quoique ce soit; mais toujours inférieur au risque d’effets secondaires toxiques dus aux médicaments….

  5. savouret

    merci pour cette réponse. la fourchette que vous indiquez est elle valable lorsque l’on prend sa tension à domicile en automesure?
    cordialement

  6. savouret

    je vous remercie tardivement pour cette réponse cher docteur. La tension prise chez soi dans le calme ne devrait elle pas cependant etre plus basse qu’au cabinet médical, d ‘ou mon interrogation sur la validité de cette fourchette de « normalité » en automesure?
    Cordialement

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