La confession du Professeur Sir Rory Collins

 

Le sus-nommé, célèbre Professeur de l’Université d’Oxford (in England) et ennobli par sa Majesté [Noblesse acquise, voire achetée (comme chez nous au Second Empire) et donc sans ascendance et génétique significative et susceptible de garantir un quelconque "respect des codes d'honneur de la Chevalerie", aurait dit mon papa ; et aussi mon pépé...] vient de livrer à la presse british des aveux assez confondants qui ont tous les aspects d’une très chrétienne confession.

Mon très cher ennemi Rory [on a les ennemis qu'on mérite...], célébrissime défenseur des traitements anticholestérol et en particulier des statines [c'est super efficace et absolument sans effet secondaire toxique selon ses multiples articles "scientifiques" relayés par nos plus brillants universitaires français...] sous couvert de contrats fastueux avec l’industrie pharmaceutique (notamment l’Américain Merck, également plus ou moins propriétaire de prestigieux journaux scientifiques comme The Lancet, où Rory a ses aises pour raconter ses exploits académiques) vient d’admettre qu’il avait « sans doute » quelque peu « sous estimé » la toxicité des statines.

Oups !

Pas possible ? Trahison ?

Oui, il avoue tout simplement qu’il n’avait aucune donnée lui permettant d’affirmer que les statines ne donnaient pas d’effets secondaires toxiques significatifs !

Vingt années de mensonges relayés [naïvement ou cyniquement] par les universitaires (notamment cardiologues mais pas seulement) du monde entier et notamment français…

Nous sommes stupéfaits d’une pareille confession mais pas étonnés du tout par son contenu puisque depuis plus de 10 ans nous affirmons que les déclarations et publications des experts travaillant pour l’industrie ne sont pas crédibles.

Pas crédibles statistiquement, biologiquement et médicalement !

Nous n’avions pas la preuve absolue qu’ils étaient des menteurs car pour ce faire il nous aurait fallu disposer des données qu’ils avaient falsifiées ; mais ces données (prétendument scientifiques) sont tenues secrètes.

J’ai bien écrit « secrètes » !

Ce qui veut dire que toutes les Recommandations dites officielles promulguées par les Autorités sanitaires en France (et que les médecins prescripteurs sont censés respecter) sont basées sur des données scientifiques auxquelles personne n’a accès ; sauf Sir Rory et quelques privilégiés travaillant avec l’industrie…

Autrement dit et très concrètement, quand un professeur de cardiologie (ou d’une autre spécialité) ordonne (mot décalé du terme « ordonnance ») qu’on prescrive une statine dans telle catégorie de patients, c’est en l’absence de toutes données vérifiables mais seulement sur la foi des déclarations de Sir Rory et ses amis.

Et Sir Rory vient de nous avouer qu’il était un menteur !

Seulement à propos des effets toxiques des statines certes, dira un éventuel défenseur de la cause des statines ; et non à propos de leur efficacité !

Mais « qui vole un œuf vole un bœuf » dirait ma crémière.

Faut-il être idiot pour encore croire ces gens-là ;  et c’est donc en toute fraternité que je répète une nouvelle fois, et sur la base des données scientifiques (partiellement censurées) disponibles que les statines sont très certainement aussi inefficaces qu’elles sont toxiques.

Et toxiques de façons multiples.

Pour avoir une idée de la confession de Sir Rory via un média un peu grossier et en anglais, c’est là : http://www.express.co.uk/news/uk/558249/statins-expert-heart-drug-rory-collins

 

 

 

 

76 réflexions au sujet de « La confession du Professeur Sir Rory Collins »

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : JM51

      Merci pour l’info.

      Il n’est jamais trop tard pour se réveiller ; je parle de Médiapart; pas de vous bien sûr qui êtes sur le bateau des « résistants » depuis longtemps…

      En l’occurrence, le mot « résistant » s’applique fort bien par rapport aux « collabos » dont bien peu sont cités… Peut mieux faire !

  1. Jean-Marc REHBY

    Vous avez aimé les statines dans les biberon
    Vous allez adorer les statines à la femme enceinte!
    Bateman BT et coll : Statins and congenital malformations: cohort study BMJ2015, 350:h1035
    Grosso modo les statines ne provoquent pas de malformation chez les bébés des femmes enceintes qui en ont pris???? (quelle idée!) mais encore « des études précliniques ont suggéré que les statines pourraient avoir un rôle dans la prévention de la pré-eclampsie (excusez du peu!) par leur effets sur la fonction endothéliale et l’inflammation.
    Il faut bien trouver une deuxième vie aux statines qui commencent à avoir du plomb dans l’aile avec le cholestérol.
    Au fait est-ce que les échelles de risque cardiobvasculaire type Framingham ou SCORE sont évaluées en clinique et pas en statistique?
    Chaque jour réserve sa surprise avec big pharma!!!!!

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : Jean-Marc REHBY

      OK, mais : on peut aussi penser (admettre) que un seul trimestre de statine à faible doses [c’est ça qui est testé dans l’étude du BMJ) pourrait ne pas induire de foudroyantes anomalies congénitales visibles dès la naissance…
      D’accord ?
      On pourrait penser par ailleurs qu’une telle étude (d’une envergure très limitée et donc de peu d’intérêt médical pour un praticien enclin à protéger ses patientes et leurs bébés) puisse retarder l’arrêt de la statine chez une femme souhaitant procréer ; ce qui serait catastrophique car dans le spectre des anomalies provoquées par un cholestérol bas chez les enfants porteurs d’une anomalie de la synthèse du cholestérol, certaines ne se dévoilent que bien après la naissance et sous la forme de maladies du comportement (autisme en particulier) ou des troubles cognitifs…

      Je résume : les statines sont inutiles pour le coeur et toxiques pour le cerveau !

    1. phil
      En réponse à : JM51

      ben non, pas pour les statines, d’après l’article…

      enfin ne soyons pas trop gourmands, c’est un beau cadeau pour Even et ses « 4000 médicaments inutiles et dangereux », et un pavé dans la marre du Pr Grimaldi et son « Livre collectif » encensant les statines…

      L’expression « Livre collectif » m’ayant fait bondir, comme si c’était en soi une preuve de vérité.

      Pour bientôt un « Livre collectif » nous expliquant que 95% de nos médicaments sont inutiles ?

      On peut toujours rêver, c’est qu’il y a des emplois à la clef…

      Cet argument – je l’avoue – me touche, mais à une seule condition : que ces emplois ne soient pas créés au détriment de la santé publique

      1. JM51
        En réponse à : phil

        Je pense que si pour certaines statines.
        Des blockbusters recalés

        Selon ces spécialistes, les médicaments essentiels ne sont pas forcément les plus prescrits. Leur tri s’avère ainsi très sélectif.

        Parmi les statines, ces molécules anti-cholestérol qui figurent sur l’ordonnance de pas moins de 6,4 millions de Français, seules la simvastatine (Zocor ou autres) et la pravastatine (Elisor ou autres), autorisées depuis 1991 et 1989, sont retenues par les médecins. Les deux molécules les plus remboursées, la rosuvastatine (Crestor) ou l’atorvastatine (Tahor ou autres) sont, en revanche, écartées.

        1. phil
          En réponse à : JM51

          6.4 millions !!

          comme je fréquente les forum médicaux depuis longtemps, je connais la mentalité de ce que l’on pourrait appeler la « base majeure » de ces millions concernés.

          Il faut atterrir : ici plus rien à voir avec le niveau de ce blog, où, même si la majorité n’a pas de formation scientifique, on atteint quand même des niveaux stratosphériques p.r. au consommateur – ou patient – lambda. A noter que j’ai bcp de sympathie pour lambda, aucun mépris de ma part dans cette expression, mais avec lui on ne peut pas avancer, faute de base intellectuelle et de sens critique.

          Or ce sont ces 6.4 millions qui « feront l’opinion »

          ça fait froid dans le dos

  2. Jean-Marc REHBY

    Je reçois ça du JIM Cardio
    Aspirine, statines, et antidiabétiques, protègent-ils du cancer de la prostate ?
    Le cancer de la prostate est une cause principale de décès des hommes dans le monde occidental et il est estimé que le coût de sa prise en charge devrait doubler d’ici 2020. Des efforts sont à apporter en terme de dépistage afin de pouvoir diminuer la morbidité liée aux biopsies et le nombre élevé de faux positifs responsables d’une mise sous traitement inutile.
    Des études observationnelles au cours de ces dernières années ont suggéré que les statines, l’aspirine, et la metformine pouvaient être des traitements influençant négativement la
    survenue d’un cancer de la prostate. En 2012, Bosetti et coll. ont mentionné un risque diminué de 10 % de déclarer un cancer de la prostate chez les patients traités de manière régulière par aspirine. Cette information a été soutenue par la méta-analyse de Liu et coll. de 2013, ainsi que dans un essai randomisé comparant l’aspirine et un placebo (Rothwell et coll. 2011). L’équipe suédoise de cette nouvelle étude a donc voulu évaluer l’association entre l’utilisation de ces médicaments, le taux de PSA et le risque de cancer de la prostate (de tout grade et de haut-grade [Gleason supérieur ou égal à 7]).
    Leur analyse a inclus 185 667 hommes ayant eu une première évaluation de leur taux de PSA et 18 574 hommes ayant eu une première biopsie prostatique, sur la période de 2007 à 2012.
    Le taux de PSA à la première évaluation était inférieur parmi les hommes prenant 75 mg d’aspirine par jour (- 3,9 %; intervalle de confiance à 95 % de -5,8 à -2,1 %), parmi ceux prenant une statine (-4,6 % ; intervalle de confiance à 95 % de -6,2 à -2,9 %), parmi ceux sous metformine (-14 % ; IC95 de -17 à -12 %), et parmi ceux sous insuline (-16 % ; IC95 de -18 à -14 %).
    Les hommes sous statine avaient cependant un risque augmenté de présenter un cancer de la prostate, tant de haut-grade (Odds ratio de 1,25 ; IC95 de 1,1-1,42) que de n’importe quel grade (OR 1,16 ; IC95 de 1,04-1,29). Il a été suggéré que leur effet sur le cancer de la prostate serait médié par le taux de lipides sanguin.
    C’est d’ailleurs ce qu’a suggéré l’étude de Morote et coll. en 2014 montrant que le taux de cholestérol était prédictif du cancer de la prostate. Les résultats de l’équipe suédoise tendent donc à soutenir cette idée. Aucun lien statistiquement significatif n’est ressorti quant à l’utilisation d’aspirine et d’antidiabétiques sur le risque de développer un cancer de la prostate.
    Ainsi, dans cette étude de population, l’utilisation de l’aspirine, des statines, de l’insuline et de la metformine est associée à un taux plus faible de PSA, sans pour autant conduire à une diminution de l’incidence du cancer de la prostate. L’utilisation des statines, qu’elles soient hydrophiles ou hydrophobes, semble être associée à un risque accru de présenter un cancer de la prostate de haut-grade.

    RÉFÉRENCE
    Nordström T et coll. : The risk of prostate cancer for men on aspirin, statin or antidiabetic medications. Eur J Cancer, 2015 ; publication avancée en ligne le 23 février. doi: 10.1016/j.ejca.2015.02.003 Copyright © http://www.jim.fr

    Déformation du titre anglais et véritable malhonnêteté intellectuelle ce que j’ai écrit au JIM !!
    Sachant que beaucoup de confrères ne lisent que les titres alors………
    INTOX INTOX

    1. Inoxydable
      En réponse à : Jean-Marc REHBY

      Bonjour J.M Rehby. Je ne suis pas très fort en Maths, mais votre commentaire est suffisamment clair pour j’en apprécie la conclusion. Comment font ils pour faire cette véritable prestidigitation de chiffres et statistiques et comment peuvent ils, moralement affirmer une chose alors que leurs études en démontrent une autre en conclusion ?

      1. Inoxydable
        En réponse à : Inoxydable

        Bonjour JM Rehby. Je suis allé voir aujourd’huis le lien du JIM que vous cité et à cette date un nouvel article intitulé  » Les Statines respectent la parité » . Je n’ai pas accès à l’article complet, mais le premier paragraphe laisse à penser à une grande offensive des Statinophiles, que je résume comme suit : « Le Cholestérol treatment realist’ (CTT) … leurs travaux basés sur 174149 sujets ont confirmé en 2012 une baisse significative de … » La suite se devine tout seul, les Statines ont sauvé ces « sujets » de la mort ou de la maladie en prévention primaire et en secondaire en réduisant le cholestérol et bla bla bla….
        Je ne connais pas la suite de l’article mais encore une fois les laudateurs des Statines ne lâchent pas prise. Triste.

  3. Christine

    Si les théories officielles médico-pharmaceutiques étaient vraies,
    avec le cholesterol avoisinant 4 gr/l , de je devrais etre morte depuis longtemps !!!

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