Obésité et risque de cancers
Parmi les alertes sanitaires fréquentes – mais pas toujours fondées sur du rationnel ; pour ne pas parler de science médicale, un vilain mot désormais – élaborées par les autorités sanitaires ici et ailleurs, il y a l’idée que l’obésité augmente le risque de cancers.
Nous savons que le surpoids et l’obésité (un surpoids vraiment excessif ; inutile d’imposer des chiffres précis) sont associés à une augmentation du risque de diabète, d’hypertension artérielle, de maladies cardiovasculaires et de certains cancers.
Personne (à part moi, apparemment ; je vais y revenir) ne semble en douter quoique les mécanismes biologiques (et donc la plausibilité d’une relation de cause à effet) semblent obscurs à ce jour.
En conséquence, les experts discutent pour savoir si c’est le surpoids lui-même (en kilogrammes rapportés à la taille) ou bien la répartition extérieure de la masse grasse accumulée (obésité abdominale) ou intérieure (obésité viscérale) qui sont en cause.
Pour aujourd’hui, restons sur les risques de cancers.
Comme dit précédemment, les experts (au plus haut niveau) se disputent. Un exemple ci-dessous d’une analyse récente.

Cette étude prétend démontrer que la façon dont le surpoids (l’adiposité) se répartit dans notre organisme joue un rôle prépondérant sur le risque de certains cancers. Plus que le degré de surpoids !
Je dis « prétend » car je n’ai pas une grande estime pour les analyses mendéliennes, je le confesse.
Ils analysent la relation entre plusieurs formes de distribution et le risque de cancers mais finalement seules les formes abdominale et glutéofémorale (en simplifiant) semblent vraiment influencer le risque de cancers.
je vais (encore) simplifier ces deux formes de surpoids (et de distribution de l’adiposité) avec le graphique ci-dessous : à droite, la forme glutéofémorale (qui concerne les fesses et les cuisses ; certains disent forme « gynoïde ») et, à gauche, la forme abdominale (qui concerne surtout le tour de taille ou forme « androïde »).

Selon ces auteurs (qui sont des bureaucrates travaillant sur des bases de données et n’ont jamais vu un patient) la forme androïde serait associée à une augmentation du risque de cancers de l’endomètre, du foie et de l’œsophage tandis que la forme gynoïde serait associée à une diminution du risque de cancers du sein et des méninges (méningiomes).
Je ne suis pas convaincu et pas seulement à cause de la méthodologie utilisée ; aussi à cause des discordances dans les associations observées (décrites très schématiquement ci-dessus).
Certes, le tissu adipeux est une sorte de glande endocrine qui produit des substances variées qui peuvent contribuer à la formation d’hormones (insuline et insuline growth factor et hormone de croissance, par exemple) qui elles-mêmes stimulent la croissance des tumeurs, notamment de certains cancers. De même, les adipocytes sécrètent de nombreuses substances potentiellement impliquées dans la croissance de certains cancers, notamment (en simplifiant) des hormones sexuelles dont on connait l’importance dans certains cancers hormonaux-dépendants.
Cela dit, l’important n’est pas dans le surpoids lui-même ou la répartition du tissus adipeux (sur la taille ou les hanches) elle-même mais les facteurs de mode de vie qui contribuent au surpoids et à la répartition du tissu adipeux.
Selon le principe que quand vous montrez (avec votre doigt) la lune à un idiot, il regarde le doigt et pas la lune…
Quels facteurs de mode de vie ?
Bien sûr, chacun le sait, les habitudes alimentaires et l’activité physique sont les causes profondes du surpoids et de l’obésité [aussi et surtout de cancers variés] quelles que soient les formes de répartition de ce surpoids. Répétons-le, une femme n’est pas un homme et les profils hormonaux sont en principe très différents.
Très importantes aussi les conditions d’existence et tous les facteurs exogènes (pollution environnementale) qui ont des propriétés hormonales. Les conditions d’existence (profession, niveau de vie, etc…) influencent aussi le mode de vie, notamment les habitudes alimentaires.
Bref, pour essayer de se protéger de la majorité des cancers, la priorité n’est pas le chiffre du poids (ou du surpoids) ou la répartition du tissus adipeux mais les facteurs de mode de vie qui contribuent au surpoids.
On peut perdre du poids avec des médicaments, de la chirurgie ou un régime alimentaire anti-obésité, et avoir peu ou pas d’effets sur le risque de cancers si on n’adopte pas [priorité absolue] un mode de vie anti-cancer en même temps.
Si on doit prendre des décisions pour se protéger des cancers, il faut avant toute chose analyser son mode de vie et agir pour le modifier si nécessaire, quel que soit un éventuel surpoids ou la répartition du tissus adipeux
Si ces modifications intelligentes du mode de vie font perdre du poids en plus, tant mieux ; mais le guide à suivre n’est pas le poids mesuré sur la balance mais son mode de vie !
Amen !
je mets ça ici à défaut de trouver le billet adéquat : https://www.20minutes.fr/tempo/food/4204592-20260305-bienfaits-pignon-pin et le lien d’article qui va avec : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6417933/Nut Consumption in Relation to Cardiovascular Disease Incidence and Mortality among Patients with Diabetes Mellitus mais si je ne me trompes pas le pignon de Pin est dune GRAINE pas un fruit à coque comme la noix de Grenoble ou les noisettes ou encore les amandes. Cet artilce est sympa et confirme vos écrits par ailleurs mais je n’ai pas trouvé d’études spécifiques au Pignons de Pin que l’article glorifie à part cet article qui en décrit la composition : https://www.vivonsbien.com/valeur-nutritive/pignon-de-pin.html (riche en vit E mais trop riche en Oméga 6 …)
Quoi qu’il en soit j’aime bien de temps en temps grignoter ces graines…
Et pour les oeufs cet autre article : https://www.nationalgeographic.fr/sante/sante-coeur-ce-que-on-vous-a-appris-au-sujet-des-oeufs-et-du-cholesterol-est-faux qui vous donne raison.
W> vos liens 2° cassé laissé et 1° incorrect sur le 3EME/4!liens (c’est trop) ! il y a ‘,(‘ en trop : NEPAS copiercoller sans se relire ! ce n’est pas terrible votre commentaire…
Hum…
Combien de pignons peut-on consommer pour avoir un effet biologique ? Vue la taille (et le poids) de l’aliment…
Quant aux œufs, l’article que vous citez est d’un faible intérêt : remplissage niaiseux d’un côté et de l’autre côté citation de références « conventionnelles » : il ne faut plus lire ou écouter les recommandations officielles ; c’est du temps perdu !
En plus, on a une nouvelle définition de l’obésité.
Tout le monde en parle. Je tire au hasard Science et Vie (journal plein de vie mais pas toujours plein de science) :
https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/cette-nouvelle-definition-de-lobesite-vous-classe-peut-etre-dans-les-personnes-a-risque-222691.html
Grâce à cette nouvelle définition, de nombreux obèses qui s’ignoraient vont découvrir qu’ils sont obèses.
Je pressens qu’après le cholestérol et la tension artérielle, un nouvel Eldorado va s’ouvrir aux industriels.
Cet « Eldorado » existe déjà : de nouvelles usines se construisent (y compris en France) pour fabriquer ces nouveaux comprimés miraculeux !
Avec toutes les sortes d’argumentaires (supposés) scientifiques qui donnent la nausée…
Il y quelque chose de bizarre avec cette étude. On en trouve de nombreuses versions qui vont du preprint à « accepté » dans plusieurs revues scientifiques.
La première version n’est pas des mêmes auteurs: « Adiposity and cancer: a Mendelian randomization analysis in the UK biobank » (Muktar Ahmed), publié le 27.8.21 dans Nature/International Journal of obesity.
Mais elle ne semble pas avoir attiré l’attention à l’époque. Puis les versions suivantes sont restées en préprint sans revue par les pairs durant presque 2 ans.
Par contre, une fois publiée dans le Journal of the National Cancer Institute en septembre 2025, le papier est immédiatement repris et cité dans dans des dizaines de magazines scientifiques qui reprennent les conclusions telles quelles sans aucune critique. ça sent donc soudain un peu la propagande sur un sujet assez juteux en terme de profits potentiels… car de nombreuses molécules pour maigrir sont désormais disponibles.
Je n’ai pas trouvé beaucoup d’info sur les données mais c’est publié par Bristol sur la base de données du Royaume Uni.
Si ça se confirme, vu les spécificités de l’alimentation anglaise (bien loin de la diète méditéranéenne: ils bouffent une quantité de junk food plein d’additifs – je le sais j’y ai vécu), cette étude est fortement biaisée et, comme vous l’indiquez, donne des indices sur la toxicité de l’alimentation plutôt que celles de l’obésité qui n’est qu’une conséquence.
Ce qui serait intéressant, c’est d’analyser si on trouve la même corrélation dans d’autres pays qui mangent plus sainement sans toutefois éviter qu’une partie de la population souffre d’obésité.
Excellente analyse.
Merci !
Bonjour Docteur, je viens de voir un article du National Géographic (cliquer) qui m’a fait très plaisir, même s’il y a du déchet. Mais cela fait du bien. Dommage de ne pas pouvoir leur écrire pour leur dire qu’il ne fallait pas aller chercher si loin, nous avons en France un scientifique digne de ce nom, qui depuis bien longtemps nous a instruit avec son formidable livre « Le régime méditerranéen ! Et ce régime participe grandement à éviter ces cancers.
Bien sûr.
Les bienfaits du régime méditerranéen sont très bien documentés ; et pas que par moi.
Dans les pays anglo-saxons (surtout aux USA) et germaniques (notamment en Suisse), beaucoup souffrent d’une allergie anti-Méditerranéenne que je ne comprends pas ; y compris parmi des scientifiques et des médecins.
Comme s’ils refusaient, béatement, ne serait-ce que de commencer à analyser cette question.
Ils se condamnent à l’autocensure ; très étrange phénomène.
Il y a toutefois une difficulté qu’il faut savoir ne pas éluder : un des premiers (supposés) scientifiques à avoir popularisé la diète méditerranéenne (le fallacieux Ancel Keys) était un menteur…
C’est l’article que je vous ai montré ( après une petite erreur de Coup de foudre) dans votre billet La théorie oxydative de l’athérosclérose est-elle aussi creuse que la théorie inflammatoire ? dans lequel je pointais Ancel Keys.
Ancel Keys a beaucoup de défauts, en particulier d’être un mythomane et surtout de ne pas être un scientifique au sens moderne du terme ; nous ne sommes pas nombreux en médecine…
Ancel Keys a donc dit beaucoup de bêtises ; mais il aussi beaucoup travaillé et, de cet énorme travail collectif (une fois écartées les interprétations et analyses douteuses), nous trouvons beaucoup de choses intéressantes !
Le propre du scientifique (comme moi) est de savoir faire la part du crédible et du stupide…
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Bonjour,
Bien sûr que le surpoids n’est oas pas la cause du cancer. Bien sûr que l’étiquette « obésité » regroupe des situations très différentes : j’avais plusieurs patients dont le diamètre des bras était trop important pour enfiler le tensiomètre, ils étaient normotendus, leur glycémie étaient inférieure à 0,9 g/l et ils n’ont présenté aucune pathologie cardiovascualre ni cancéreuse en 30 années de suivi.
L’incidence des cancers du sein serait corrélée a un consommation de pain supérieure à la moyenne nationale, ai-je lu il y a 20 ans, personne ne va prétendre que le pain est une cause de cancer du sein !