Quand les professeurs amusent et abusent…

Dans un récent message, je commentais avec humour [ce n’est pas encore interdit par la Loi] le naufrage de prestigieux professeurs parisiens (et d’autres capitales régionales) dans leurs œuvres officielles que certains estiment « scientifiques » ; c’était l’étude TST pour être précis.

Ne pas se faire d’illusions, comme pour les politiciens, ces stewards de l’industrie travaillent pour leurs maîtres ; et ils iront jusqu’au bout de leur loyauté ; ainsi faisons-nous vis-à-vis de nos bienfaiteurs. C’est de l’humour et ce n’est pas encore interdit par la Loi !

Mais pour nous, cela donne un joyeux spectacle que nous aurions tort de ne pas apprécier à sa juste valeur.

Par exemple, pour ceux qui fréquentent les réseaux professionnels de cardiologie en langue anglaise, nous avons eu pendant les fêtes un délicieux dialogue entre un professeur parisien et un autre des bords du Lac de Thonon-les-Bains… La comédie était financée par AMGEN, un sympathique industriel américain qui désespère de générer des profits substantiels avec un nouveau médicament anticholestérol injectable appelé antiPCSK9.
L’amusant de l’histoire c’est que ces deux professeurs parfaitement incompétents sur la question des lipides nous annoncent l’arrivée d’un nouveau « paradigme lipidique » qui soutiendrait leur théorie que plus le cholestérol est bas et mieux ce serait. Ci-dessous. Que ce soit un paradigme et que ce soit nouveau témoigne de leur incompétence ; difficile de se cacher derrière son petit doigt ; on est ce qu’on est ! C’est de l’humour et ce n’est pas encore interdit par la Loi !

Comme les deux prestigieux professeurs se donnent eux-mêmes en spectacle sur la scène d’une Agence de publicité intercontinentale, nous nous autorisons à reproduire des courts extraits de leurs fines déclarations. C’est de l’humour et ce n’est pas encore interdit par la Loi !

Par exemple (ci-dessous), un des professeurs des bords de Seine nous annoncent que des découvertes récentes ont confirmé que la paroi artérielle serait infiltrée par le cholestérol et que ce serait le mécanisme de l’athérogénèse, un concept vaseux ; et je crains que l’impétrant pourrait être bien incapable de définir ce concept avec la précision très souhaitable du fait de ses responsabilités d’enseignant des futurs médecins.

L’autre professeur des bords du Lac en conclue impérativement [aucun doute ne semble vouloir effleurer ses absolues certitudes…] qu’il est impératif que les cibles thérapeutiques des prescriptions de médicaments anticholestérol soient les plus basses possibles.

Et la suite inéluctable nous est servie : les médicaments antiPCSK9 (par exemple, l’alirocumab, un anticholestérol injectable) sont formidables !

Erreur, chers collègues, ce n’est pas ce que les faits, pourtant produits par les industriels eux-mêmes, nous disent.

Par exemple, avec un collègue des bords du Lac encore, nous avons récemment [novembre 2019] publié une analyse indépendante des supposés miracles des antiPCSK9.

Ci-dessous un des tableaux de notre article résumant les effets des antiPCSK9 sur la mortalité cardiovasculaire et la mortalité totale, les seuls paramètres recevables venant des essais cliniques commerciaux. C’est une synthèse de plusieurs essais cliniques (SPIRE, FOURIER, ODYSSEY) qui ont testé des antiPCSK9.

Leurs effets sont dérisoires [-3 et -4%] dans la version commerciale des études, autant dire nuls pour un scientifique indépendant.

Qui pourrait discuter des chiffres aussi évidents ?

Je conclut avec finesse, comme d’habitude, cette éprouvante démonstration : ne croyez rien de ce que vous racontent des individus rémunérés pour faciliter la marchandisation de votre santé !

Le seul fait d’être rémunéré est rédhibitoire.

Toute bonne foi ou sincérité s’efface devant les impérieuses réquisitions du monde de la marchandise. C’est de l’humour et ce n’est pas encore interdit par la Loi !

Exigez des médecins, des scientifiques, des fonctionnaires et des Ministres une totale indépendance.

S’ils étaient compétents, ce serait encore mieux ! Mais peut-être ne faut-il pas trop demander ?

Je conclut ma conclusion en répétant la formule de notre article : il est temps d’entonner le « Requiem de la théorie du cholestérol » ; et seuls des vrais scientifiques vraiment indépendants peuvent essayer de la défendre…