Statines et cancers du sein

Ça tombe sous le sens, ça ne peut être autrement, biologiquement et médicalement, mais c’est encore mieux si de grandes études épidémiologiques conduites par des experts indépendants de tout intérêt commercial (bref des gens libres), le démontrent de façon assez solide …

Et si on n’est pas « libres et indépendants », on est plus ou moins « corrompus » !

Dur à lire, mais c’est ainsi : pour les scientifiques et les médecins, et contrairement aux politiciens, aucun compromis n’est envisageable !

Malgré la résistance de cohortes d’imbéciles et de petits voyous, les faits sont là, insistants et résistants : les statines augmentent le risque de cancers !

La dernière livraison, comme on dit à Rungis, concerne les cancers du sein !

Contrairement à de nombreuses études antérieures où les investigateurs étudiaient TOUS les cancers possible, les auteurs de cette étude se sont focalisés sur les cancers du sein et sur des traitements avérés et durables. C’est un point fort de l’étude !

Pour les minutieux voilà la référence : http://cebp.aacrjournals.org.gate2.inist.fr/content/early/2013/07/04/1055-9965.EPI-13-0414.long

Mais l’intérêt primordial de cette étude est, à mon humble avis, que les auteurs étaient partis avec l’hypothèse de démontrer que les statines diminuent le risque de cancer du sein ; et ils ont trouvé le contraire ! Obligés d’admettre mais un peu perdus !

Patatras !

L’amusant (si on peut dire) vient de la conclusion des auteurs : ils recommandent de ne pas utiliser les statines pour la prévention du cancer du sein !

Ça laisse rêveur !

La seule conclusion intelligente est : ne prenez pas de statine, ce sont des médicaments inutiles pour le cœur et qui en plus provoquent des cancers !

Pour ceux qui (anglophones) liront nos « amis » dans le texte, je leur recommande de laisser de côté les hypothèses biologiques explicatives ; ils n’ont pas compris !

Si vous voulez vraiment une explication biologique, je vous laisse vous informer dans les chapitres de notre livre Cholestérol, mensonges et propagande.

Bref, on observe une augmentation très significative des cancers du sein (risque multiplié par 2 environ) quelque soit la statine prescrite et le risque augmente avec la durée d’exposition.

Très cohérent donc et très crédible !

Les semaines qui viennent seront intéressantes à suivre : les médias professionnels et les autres vont-ils donner quelque écho à cette information majeure ?

Vous pourrez ainsi juger de la qualité de votre média préféré !

Si vous avez été traité avec une statine et que vous avez eu un cancer du sein, demandez à votre médecin de faire une déclaration de pharmacovigilance !

S’il renâcle, probable, apportez-lui une copie de cet article, le mien !

S’il s’agit d’un autre cancer, faites la même démarche de pharmacovigilance !

Ça ne vous guérira pas, certes, mais vous contribuerez aux progrès de la médecine et à protéger les nouvelles générations …

Peut-être que ça ne se voit pas à travers ces lignes, mais j’enrage !

Bonjour chez vous !

18 réflexions au sujet de « Statines et cancers du sein »

  1. Nicole

    Votre article a particulièrement retenu mon attention. J’ai lu vos livres et vos déclarations sur ce site. Depuis plus d’un an j’ai arrêté les statines à l’encontre des remarques de mon médecin qui a compris ma détermination et ne m’en propose plus… J’ai aussi adopté une alimentation « presque » méditerranéenne (quelques petits écarts). Mon état général s’est grandement amélioré (douleurs), j’ai 68 ans, un moral d’enfer et une activité débordante malgré mes antécédents articulaires.
    Votre article sur le cancer du sein m’interpelle ; ma mère, mes deux sœurs et moi-même avons eu un cancer du sein. Toutes quatre étions sous statines. Des tests génétiques BRCA1 et BRCA2 sont négatifs. Les statines pourraient donc être mises en cause !

  2. EVEY

    pas facile de faire une déclaration de pharmacovigilance quand on est mort, c’est le cas de mon amie décédée au printemps d’une récidive d’un cancer du sein , et traitée par statines puisqu’elle avait eu un infarctus quelques années auparavant .

      1. Nicole
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Non… à ma connaissance pas de pharmacovigilance. Mère décédée, plus de contacts avec une sœur, à l’époque j’habitais moi-même à l’étranger.

  3. yeam

    Comment les médias vont traiter l’information que vous citez sur la relation statines -cancers du sein?
    J’ai été voir sur le site du « Monde », bien sur il n’y a rien (du moins je n’ai rien trouvé).

    Mais curieusement il y a un article sur le risque de cancer du sein en relation avec la prise d’un antihypertenseur daté du 06/08/2013.
    Je me demande si ces résultats viennent aussi de l’ étude que vous citez concernant statines et cancer du sein.
    Merci pour votre ténacité.

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : yeam

      Mon article sur les antihypertenseurs est prêt, j’attends quelques réactions à propos des statines …
      La méthodologie est la même dans les deux articles, ce sont les mêmes auteurs : d’un côté (avec les antihypertenseurs) elles aiment et les éditrices du JAMA aussi, on a droit à un commentaire … de l’autre côté (avec les statines) elles n’aiment pas ; ça ne conforte pas leur hypothèse ; elles sont toutes « déglinguées » !
      Peuchère, elles pensaient pouvoir dire que les statines protègent des cancers ; Patatras !
      Incultes, les copines !
      Mais sympas, elles n’ont pas « enterrées » leurs trucs, d’autres l’ont fait !

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : Alberto Pedrinha

      Effectivement, je l’ai eu via notre « portail de recherche » …
      Je ne sais pas faire dans ce cas, va falloir attendre l’aide du webmaster, qu’est-ce qu’il fait en ce moment ?

  4. yeam

    Docteur,
    Je ne me souviens pas avoir lu sur ce blog ou dans vos livres des propos en rapport avec les éventuelles complications pulmonaires des statines à type de pneumopathies intersticielles réversibles ou non après arrêt des statines .
    Certains patients avaient été traités par corticoides avec succès ou non, même avec arrêt des statines.
    Avez-vous un avis sur ce sujet?
    Merci encore.

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : yeam

      Pneumopathies interstitielles, dites-vous ?
      On peut voir décrites toutes sortes d’associations entre une classe de médicaments et des pathologies variées !
      C’est le cas des statines. Et on trouve quelques cas dans la littérature d’association entre statines et pneumopathies interstitielles.
      Toutefois je n’en ferais pas (mais pour les victimes c’est autre chose) un aspect crucial de la toxicité des statines !
      Bon vent, matelot !

  5. GOURDON

    Bonjour. C’est toujours surprenant « l’information ». Des chercheurs Danois (ou Suédois), c’est pareil) nous montrent que les statines protègent du cancer. J’aimerais bien un commentaire sur cet article. http://www.topsante.com/medecine/cancers/cancer/soigner/cancer-des-medicaments-anti-cholesterol-augmenteraient-les-chances-de-survie-23564.
    J’ai 54 ans et voilà plus de 20 ans que je refuse traitements anti HTA et anti Cholestérol (notre médecine étant décidément anti tout et probablement anti vie).
    J’ai vu 4 cardiologues en 20 ans et certains diagnostiquent une légère hypertrophie ventriculaire gauche, d’autres une récupération un peu lente, d’autres, rien du tout. Mais sinon, tout va bien, electro, échographie etc.., mais il faudrait quand même prendre Bétats blocquants et statines, ce serait bien et si je le fais pas, adieu mon certificat médical m’autorisant à la pratique du tennis. Merci les maîtres chanteurs s’assurant sur l’assurance de ne prendre aucun risque non officiel. Voilà, c’était mon petit coup de gueule. (je fais quand même ce que je veux, mais pas en compétition)
    Merci de votre présence.

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : GOURDON

      L’article que vous citez et qui fit les « choux gras » de la presse médicale subventionnée par l’industrie est effectivement intéressant ; il montre qu’il faut avoir les yeux bien ouverts quand on analyse les données dites scientifiques.
      Ici le biais de recrutement est assez évident ; quelque fois c’est plus dur !
      Quelle différence peut-on supposer entre une population sous statine et une population qui n’en reçoit pas ?
      J’ai écrit « supposer » car c’est difficile d’être sûr.
      Ceux qui sont sous statines ont (ou avaient), on l’espère, un cholestérol plus élevé que les autres !
      Or, les données épidémiologiques sont claires, le risque d’avoir un cancer ou de mourir d’un cancer est inversement proportionnel au cholestérol sanguin.
      J’ai discuté de cette évidence dans mes livres et dans des messages sur ce blog, c’est incontestable !
      On peut donc penser que les sujets sous statine ont spontanément un risque de mourir d’un cancer plus bas que ceux qui n’ont pas besoin d’une statine.
      Vous comprenez le biais, j’espère !
      Dans cette étude, les statines (qui augmentent le risque de cancer) n’ont pas totalement aboli l’effet protecteur du cholestérol … mais tant de facteurs sont en jeu que je n’aurais même pas (comme éditeur du journal) permis cette publication … à moins d’en faire une remarquable illustration de biais statistique !
      Bonjour chez vous !

  6. yeam

    Va-t-on en arriver un jour à faire doser son cholestérol pour savoir s’il n’est pas trop bas et si c’est le cas, comment pourra-t-on l’augmenter ?

    Une autre question: en dehors de certains médicaments (statines, certains antihypertenseurs et d’autres? ) , connaissez vous des études sur d’autres substances susceptibles de provoquer une dilatation des vaisseaux sanguins et par là-même un « réveil » de tumeurs dormantes.

    Merci à vous.

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : yeam

      OUI !
      Certains syndromes peuvent s’expliquer par un cholestérol trop bas !
      Soit à cause d’un traitement (ça c’est évident) soit pour des raisons génétiques (SLO syndrome, par exemple …)
      L’augmentation de calibre des vaisseaux nourrissant des tumeurs dormantes n’est pas le seul mécanisme pro-cancer « déclenché » par des médicaments ou une nutrition inappropriée (l’exemple désormais parfaitement démontré des oméga-6 et du cancer du sein est emblématique) ; mais je préfère pour le moment (faute de temps) rester dans le cdre de ma spécialité !
      Bon vent !


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