Un scientifique qui n’a pas de conflit d’intérêt est un scientifique sans intérêt !

Cette magnifique, et très cynique, formule est de celles que se racontent « en boucle » (comme y disent à la télé) les experts (scientifiques ou pas) de l’industrie pharmaceutique qui, tout fiers de l’intérêt qu’on leur porte et aussi de leurs multiples liens d’intérêt, se pavanent sur les estrades à répéter sans relâche leurs discours experts.

Il vaut mieux se penser intéressants du fait de ses intérêts « sonnants et trébuchants » (comme disaient les vieux), plutôt que d’imaginer qu’on ne pourrait être qu’une marionnette, voire un perroquet savant, manipulé par de judicieux représentants de ce petit commerce très lucratif et intéressant, les vrais acteurs de la farce étant parfaitement invisibles.

Très récemment, un journaliste du magazine « La Recherche » me demandait mes liens d’intérêt (exigés par un de ses lecteurs, à juste raison) à la suite de la publication dans son magasine d’un interview sans intérêt d’un moi-même sans intérêt, confronté à propos du cholestérol et des statines à un prestigieux et très intéressant académicien du tout Paris qui évidemment disait (ou plutôt déballait, comme un camelot sur son trottoir) les très inintéressantes preuves scientifiques qu’il avait patiemment accumulées à ce sujet.

A première vue, on pourrait désespérer …

Pourtant, à y regarder de plus près, on s’aperçoit qu’une année environ après avoir dit beaucoup de mal de Philippe Even et de ses thèses [et aussi de moi, mais rarement en me citant, évitant à ma famille d'être éclaboussée sous les injures ...], les médias spécialisés ont cru nécessaire de faire une mise au point en traitant d’égal à égal l’avis totalement inintéressant d’un scientifique sans intérêt (moi-même) et d’un académicien très intéressant que je soupçonne de quelques liens d‘intérêt, mais sans les avoir vérifiés ; car ça me fatigue un peu de fouiller dans les poubelles ; pas forcément utile de chercher d’ailleurs, rien qu’à l’odeur parfois … Guère intéressé non plus par une quelconque chasse à l’homme comme on voit chez les politiciens, choupinette, qu’il est malheureux ….

Pour conclure en deux mots, je ne suis pas sûr que ce soit mes intéressants travaux de scientifique sans intérêt [j’en ai un ou deux « sous presse » qui risquent de déplaire beaucoup à nos très intéressées Académies …) qui aient pesé dans la nécessité de cette mise au point contradictoire, je crois plutôt que ce sont les réactions écrites des citoyens, arrivées dans les rédactions via Internet qui ont troublé ces médias, ils sentent le vent tourner ceux-là plus vite que les académiciens, pôvres de nous, et il faut bien quelques lecteurs intéressants !

Alors, bravo à tous, il faut continuer sans désemparer, on tient le bon bout, courage ! On a tous besoin de tous, personne est inutile et sans intérêt dans le parti des résistants et des « indignés » contrairement à celui des gens très intéressants !

37 réflexions au sujet de « Un scientifique qui n’a pas de conflit d’intérêt est un scientifique sans intérêt ! »

  1. JM51

    Ce que je retiens de l’intervention d’Aminevite c’est : hypercholestérolémie – artères coronaires lisses – statines.
    Ce qui prouve qu’avec une hypercholestérolémie on peut avoir des artères lisses, c’est ce que vous dites dans vos livres Docteur Delorgeril , ce n’est pas le cholestérol qui est responsable de nos ennuis cardiaques.
    Quand les médecins prescrivent des statines en prévention primaire sans connaissance de l’état des artères, simplement à la vue du bilan EAL, il y a des patients qui sont traités pour rien et pour qui des effets secondaires de ce traitement peuvent leur compliquer leur santé.
    Tout cela est grave et pourtant les Hautes Autorités laissent faire .

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : JM51

      Je ne vous le fais pas dire !
      Ce type de patients, nous en avons tant vu …
      Idéologie, technologie et inculture primaire voilà les mamelles de la catastrophe du système de santé actuel ; et pendant ce temps, des patients lourds et dépendants sont abandonnés à des familles épuisées …
      Un milliard d’Euros au bas mot pour les statines chaque année … pour remplir les caisses de Pfizer et AstraZeneca ; j’enrage !

      1. phil
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        en fait les médicaments « inutiles et dangereux » c’est comme les ronds-points aux intersections : ça coûte une fortune et ça aggrave le trafic mais personne ne dit rien, ou quand on se plaint au maire il fait la sourde oreille, mais pourquoi ?

        si vous avez la réponse, vous avez gagné un porte-clef (payé avec mes impôts locaux)

        1. JM51
          En réponse à : phil

          Parce que tout cela, vos ronds points compris, crée de l’activité, des emplois et de plus, enrichi quelques uns. Pour que les labos soient rentables et pour faire fonctionner le système, il leur faut inventer des maladies qu’ils traiteront, disent ils avec leurs traitements chimiques. Par contre, pourquoi le nombre de personnes décédées d’un cancer augmente sans arrêt alors qu’il y a davantage de dépistages ? Les dépistages sont ils bénéfiques pour les patients ou font ils partie du système, pourquoi il ne faut pas que les chercheurs trouvent LES médicaments qui soigneront le cancer ?
          Cette maladie fait vivre l’économie de la cancérologie et emplois un nombre important de personnels et surtout fait gagner 7 ans de prestations de retraite.
          On s’attaque à des montagnes il faut reconnaitre le courage de quelques uns comme le Docteur De Lorgeril pour faire ce travail.

  2. Johanne

    Un autre livre sur le cholestérol, cette fois écrit par le président du Comité d’éthique de la recherche du CHU Sainte-Justine (CHUS) à Montréal.

    UNE HISTOIRE INVENTÉE : ESSAI SUR LE CHOLESTÉROL
    Le Dr Jean-Marie Therrien a passé les trente dernières années à lire tout – ou presque ! – ce qui s’est écrit sur le cholestérol. Il avait dès le départ une intuition qui, au fil de ses milliers d’heures d’étude, s’est muée en une certitude : le cholestérol n’est pas le dangereux tueur que l’on prétend. Sa diabolisation est une histoire inventée qui a permis à un lucratif marché de médicaments de voir le jour. Une vaste supercherie véhiculée par des médias en mal de sensations et par des médecins trop débordés pour remettre en question la conformité des études commandées par les compagnies pharmaceutiques… Un livre extrêmement bien documenté, qui donne l’heure juste et sonne l’alarme.

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : Johanne

      Merci pour l’info !
      Je suis passé sur les télés Montréalaises en 2007 (sauf erreur) pour dire exactement ça ; et peu de la Belle Province m’ont entendu et encore moins approuvé … sinon félicité … Oups !
      Il aura donc fallu 7 ans à Therrien [probablement "trop débordé pour remettre en question la conformité des études commandées par les compagnies pharmaceutiques …" comme vous dites] pour s’exprimer …
      Épais, diriez-vous, ce terrien-là quoique ce soit mieux que les martiens qui soignent le cholestérol des québécois …

      Une question quand même : ce terrien s’inspire t-il (un peu) de la prose du « maudit » petit français [qui sur la plaine d'Abraham vînt, tel le prophète, ...] ?

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