Cholestérol et statines : le bon, le moins bon et le pire…

 
Le bon est rare et ce qui est rare est cher ; d’où le prix prohibitif de certains médicaments…
Sauf que beaucoup de ces médicaments trop chers ne sont pas bons (ou utiles)… On fait croire qu’ils sont utiles et pour cela, on fait croire que les essais démontrant qu’ils sont utiles sont bons
Si vous n’avez pas encore compris ce qu’est la Société Spectaculaire et Marchande décrite par Tonton Guy, vous avez là un bon exemple. Si on vous dit “blanc”, concluez qu’on est dans le “noir”… Presque automatique ces temps-ci.
Le moins bon est moins rare ; ce qui peut s’illustrer par le florilège d’études boiteuses ne permettant pas à un médecin respectueux du code de santé publique (qui exige la meilleure médecine scientifique…) de s’inspirer de ces études pour soigner ses patients. Les docteurs, souvent critiqués, sont donc très démunis (c’est la moins pire des descriptions…) ce qu’ils ne peuvent confesser car dès lors leur potentiel de guérison fantasmée (effet placebo) serait fortement compromis…
Parfois, le moins bon peut aider à décrypter des situations difficiles que le supposé bon aurait dû déchiffrer sans difficulté si les experts du bon étaient indépendants du business ; ce qui est rarissime !
Par exemple, c’était l’objet de mon billet précédent concernant l’étude de Ravnskov et ses copains dans BMJ Open ; quelques lacunes évidentes, c’est une revue systématique d’études publiées de plus ou moins bonne qualité ; ils ne peuvent faire des miracles mais une fois un peu distanciés des auteurs de chaque étude médiocre, l’information qui nous est apportée par Ravnskov est importante mais… limitée. On prend ce qu’on a …
Le pire, hélas, c’est tous les jours.
Dernier avatar dans le dernier numéro (on disait comme ça autrefois) du JAMA Intern Med : http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleID=2528289
Ne perdez pas de temps à lire ça en détails.
C’est un journal américain qui “rue un peu dans les brancards” mais en restant très poli, très conforme et donc très “complice” de la Société Spectaculaire et Marchande.
Il nous publie donc un article visant à démontrer que trop abaisser le cholestérol ne servirait à rien, laissant donc entendre que l’abaisser un peu pouvait être utile, notamment chez des patients qui avaient eu un premier infarctus.
Depuis trois ou 4 décennies au minimum, les autorités sanitaires exigent des essais cliniques randomisés en double aveugle pour faire la preuve de l’utilité d’un médicament !
Les éditeurs du JAMA Intern Med, habituellement chantres de la médecine scientifique sérieuse, publient ici le pire : la description des effets cliniques de médicaments sans randomisation (tirage au sort) et sans double aveugle…
Le pire donc ! Et dans ces cas-là, c’est tous les jours, seul le SILENCE s’impose !
Mettez-moi ça à la poubelle sans scrupule ni hésitation…
NB : on peut toutefois se demander pourquoi des éditeurs “sérieux”  (parfois) se compromettent avec de telles âneries. La réponse est simple à mon avis : face à des insolubles contradictions et des pressions de toute sorte, ils se compromettent dans le compromis !
Et comme disait Jésus : “en vérité je vous le dis, la fin du temps des compromissions et compromis approchent… Amen !