POLEMIQUE A PROPOS DES ALIMENTS "BIO"

Les médias, la presse quotidienne et les hebdomadaires ont repris, avec délice, une étude anglaise stipulant que les aliments issus de l’agriculture “bio” n’étaient pas supérieurs à ceux issus de l’agriculture “conventionnelle”.

En cette fin de mois de juillet 2009, deux rapports de scientifiques anglais commandés par la “Food Standards Agency“, un truc qui rappelle notre AFSSA (Agence Française de … bla bla), et un article publié dans un journal américain de nutrition clinique (en fait, un mauvais résumé des deux rapports sus-mentionnés) nous annoncent doctement qu’il n’y a aucun bénéfice pour les consommateurs à se nourrir avec des aliments “bio”.
Divers médias anglosaxons (la BBC en Angleterre, par exemple) et francophones (Figaro, Express, etc) reprennent cette nouvelle avec des titres et des commentaires qui, après vérifications, témoignent d’une déformation systématique des faits conduisant à une surinterprétation des conclusions possibles et donc à une forme de désinformation du public.
Une fois de plus !

J’ai du mal à comprendre pourquoi nos médias contemporains (pas seulement en France, mais particulièrement chez nous) s’acharnent avec une telle ferveur dans une si constante médiocrité !
La crise des médias, c’est sans doute ça, avant tout : le refus de voir les faits et le spectaculaire systématique “pour vendre” plutôt que pour informer !
Trêve de commentaires inutiles, il nous faut examiner les faits, et chacun pourra aller vérifier par lui-même !

Nos collègues anglais ont donc compilé 162 articles décrivant (et comparant avec des aliments issues de l’agriculture conventionnelle) des aliments de l’agriculture biologique.
Bien sûr, en fonction de l’époque (certains articles remontent à 1958), du pays et d’autres facteurs, la définition de l’agriculture “bio” a beaucoup varié, ce qui donne beaucoup de confusion à l’analyse présentée par nos amis anglais.
Ils en ont conscience et ils en ont éliminé un certain nombre d’articles puis, selon des critères assez discutables, ils ont classé les articles restants en qualité “haute” ou “moins haute”.
Ils ont ensuite présenté une analyse incluant tous les articles ayant une qualité minimale et une autre analyse des articles ayant une “haute” qualité, mais là il n’en restait plus que 55 pour l’ensemble des analyses exécutées avec pour certains nutriments, seulement deux articles.
Pas besoin d’être un scientifique pour comprendre que cette procédure affaiblit considérablement la puissance des analyses pour trouver des différences significatives entre les aliments “bio” et les aliments “conventionnels”.

De mon point de vue, étant donné la médiocrité générale du matériel utilisable, il était préférable de garder le maximum de données suivant une règle intangible pour conduire ce type d’analyses : les grands nombres compensent pour la fragilité des données incluses dans l’analyse !

Nos amis anglais vont présenter deux rapports à la “Food Standards Agency” :
Le premier analyse les nutriments analysés dans les aliments “bio” par comparaison avec les aliments issus de l’agriculture conventionnelle ou considérée comme telle ;
tandis que le deuxième analyse quelques articles présentant des données concernant les effets des aliments “bio” sur la santé, humaine et animale, par rapport à des aliments conventionnels.
Ne nous attardons pas sur ce deuxième rapport : il détaille les résultats de seulement 11 articles parmi lesquels 9 analysent des paramètres biologiques sans intérêt pour l’appréciation d’un effet sur la santé et 2 décrivent des aspects cliniques anecdotiques et peu crédibles.
Sur une base aussi fragile, les auteurs concluent avec une évidente mauvaise foi que les aliments “bio” n’ont aucun intérêt pour la santé. Ils soulignent toutefois qu’il y a vraiment très peu de données qui permettent une conclusion. Eux-mêmes et certains médias concluent pourtant !

Que nous disent ces analyses ?

La suite dans un prochain billet, c’est promis !