Les aliments sont-ils parfois des médicaments ?

J’ai coutume de dire, lors de conférences ou en consultation, que certains aliments sont des cadeaux du Bon Dieu.
C’est une formule que j’aime bien car elle reste gravée dans l’esprit de mes interlocuteurs. Mais ça n’est qu’une formule…

Quels aliments peuvent répondre à cette sorte de description ?

Si je me limite, évidemment, au modèle alimentaire méditerranéen, certains aliments peuvent être effectivement considérés comme des cadeaux du Bon Dieu.

Je fais vite et sans trop réfléchir : par exemple, les noix (celles de Grenoble, selon la définition contemporaine), mais partout les noyers donnent à peu près les mêmes noix, les anglais les appellent les “British nuts“…

Pourquoi les noix ?
Parce qu’elles contiennent en quantités des nutriments (acides gras essentiels, fibres, vitamines, acides aminés…) qui sont indispensables à la préservation de notre santé. Ces nutriments sont-ils des médicaments ?
Non évidemment !
Pourquoi ?
Parce que les médicaments répondent à une définition précise : ils servent à rapidement soigner ou ralentir des maladies et à diminuer des symptômes.

Si vous mangez des noix à votre dîner de ce soir, vous ne calmerez aucun de vos symptômes !
Pourquoi sont-elles un cadeau du Bon Dieu ?
Parce qu’en apportant des nutriments essentiels aux cellules, elles permettent d’empêcher la survenue des maladies et des symptômes.
Et si les noix et leurs nutriments agissent favorablement, ce n’est pas en annihilant les effets pervers d’autre chose, c’est en protégeant des équilibres instables, en empêchant des déficiences.

Dit autrement, les noix ne guérissent pas et ne soulagent pas, comme font les médicaments !

Les noix, isolées dans un contexte alimentaire nocif, ne préserveront pas les fonctions cellulaires car leurs apports en nutriments utiles ou indispensables sont minimaux.

Pour être des cadeaux du Bon Dieu, les noix doivent être consommées dans le contexte d’une diète méditerranéenne, modernisée si possible.

Nous pouvons raisonner de façon similaire avec d’autres aliments. Par exemple, l’huile d’olive, les poissons gras de la Méditerranée, un bon vin bio, des céréales traditionnelles bio, certains agrumes, etcétéra…

Un bon point à qui en citera d’autres et des originaux…

Cette façon de voir les choses est cruciale pour la médecine scientifique [selon une formule qui eût un certain succès en son temps au moment de la publication d’un des mes articles dans un grand journal américain : “Nutrition is not pharmacology“] ! Tout le monde comprend, j’espère.

Mais aussi pour la médecine de tous les jours [donner des conseils nutritionnels ne peut pas se résumer à prescrire des compléments nutritionnels] !

Et encore plus pour notre vie quotidienne : quelques bons aliments ne suffisent pas, il faut adopter des habitudes alimentaires (Méditerranéennes) et ça va avec une certaine philosophie de l’existence.

Les épicuriens, les stoïciens, et même Socrate, tous étaient des méditerranéens…
Faut s’en souvenir !