ENCORE UNE PILLULE AMAIGRISSANTE DANGEREUSE POUR LE COEUR

L’Autorité de santé Américaine (la FDA pour les intimes et connaisseurs) vient de lancer une ALERTE en direction des médecins et patients utilisant un médicament amaigrissant appelé Sibutral* en France. Ce médicament (que chacun peut se procurer librement via des sites Internet) augmente de façon significative le risque d’avoir une crise cardiaque.


La sibutramine (ou SIBUTRAL*) est un médicament qui interfère avec le fonctionnement des neurones qui commande les sensations de faim et de satiété.

Les patients, surtout des patientes d’ailleurs quand on visite des sites Internet fréquentés par des personnes qui cherchent désespérément à perdre du poids, courent un risque de crise cardiaque plus élevé que si ils prennent un faux médicament (on appelle ça un placebo). Comme une crise cardiaque (l’infarctus du myocarde) est mortelle dans 50% des cas environ, cette alerte n’est pas anodine !

Les Autorités Américaines de Santé n’étant pas du genre à affoler le peuple pour rien [le business avant tout, c’est bien connu, au pays des cowboys !], voilà une information qui devrait être reprise en urgence par les Autorités Européennes et Nationales, notamment en France.
Pour le moment, ce n’est pas le cas !
Probablement (est-ce une excuse ?) parce que on est très occupé par l’épidémie de grippe A !

Pourtant, vu le nombre potentiel d’utilisateurs du Sibutral* (personne ne le sait vraiment) et le risque cardiovasculaire associé à certaines obésités et certains “surpoids”, on peut penser que ce médicament (malheureusement très souvent mal utilisé) puisse faire beaucoup plus de mal que le virus.

La question impérative qui saute aux yeux est de savoir si l’information diffusée par la FDA est réellement crédible.

Comme cette information est obtenue à partir des données d’une analyse intérimaire d’un grand essai clinique ayant recruté près de 11000 patients (l’essai SCOUT) et que cet essai avait un but commercial, et donc que l’industriel impliqué a évidemment grand intérêt à plutôt minimiser le risque et les effets secondaires, j’aurais tendance à penser que cette information doit être prise très au sérieux.

Je pense même qu’il est prudent (principe de précaution) d’arrêter ce traitement !

Certes, il est préférable d’aller en parler avec son médecin prescripteur avant toute chose, mais j’ai bien peur que celui-ci ne prenne pas très bien le fait que ce soit le patient qui vienne l’informer des résultats préliminaires de l’essai SCOUT. Je recommande donc de faire preuve de beaucoup de diplomatie et de ne pas arriver les mains vides (s’armer d’une copie d’un document prélevé sur un site consulté via Google par exemple) au cabinet du médecin en question.

Sans vouloir caricaturer la situation de nombreux patients qui sont, ou s’estiment, trop pesants, il est tout de même préférable d’être gros et vivant plutôt que amaigri et décédé !

Si j’ai quelques réactions à ce billet, qui est déjà un peu long pour la majorité des visiteurs très pressés des blogs, j’en dirais un peu plus une autre fois sur la question du coeur et de l’obésité !