Archives du mot-clef JUPITER

STATINES ET DIABETE : des centaines de milliers de nouveaux cas par an en France !

Alors que les experts stipendiés et les médias dits « spécialisés », c’est-à-dire bien souvent spécialisés en propagande mensongère, continuent sans désemparer de défendre les miracles des statines dans la prévention cardiovasculaire, une nouvelle étude conduite par des épidémiologistes canadiens tout-à-fait « innocents » nous annoncent une fois de plus que les statines augmentent le risque de diabète …

Pour ceux qui ont les yeux ouverts, ça n’a rien d’étonnant, on le sait déjà !

Ce qui est intéressant là, c’est l’ampleur de la population étudiée, et leur façon de faire …

Disons-le tout net, ils voient effectivement, et comptent, les nouveaux diabètes ; mais leur évaluation ne peut être qu’une sous-évaluation grossière, je n’entre pas dans les détails …

Mais si on reste sur leurs chiffres [30 à 35 nouveaux diabètes par an pour 1000 personnes traitées] et que l’on transpose à la population française et au nombre de personnes traitées, on se retrouve avec plus de 200,000 nouveaux diabètes par an … à cause des statines !

Énorme !

Mais la vraie réalité, c’est que c’est probablement au moins le double : autour de 450,000 ! Peut-être 500,000 ! Par an !

Nous avons une épidémie de nouveaux diabètes en France actuellement, on se demande pourquoi, les autorités sanitaires se lamentent ; et les experts et autres autorités accusent alternativement l’abus d’écran et d’Internet ou la consommation de sodas …

Peut-être ! Mais ça n’est pas prouvé !

Pour les statines, c’est parfaitement prouvé !

Et on continue, ici et là, experts et médias, journaux et TV, de répéter ce mensonge torpide que les statines protègent les diabétiques ; et qu’en conséquence, tous ces nouveaux diabètes, c’est pas bien grave. Mensonges ! Ou incompétence tragique !

Non seulement les statines ne diminuent pas le risque cardiovasculaire des diabétiques, mais les diabétiques voient leur risque de cancers, de déclin cognitif et démence, de pathologies oculaires et rénales, et d’autres petits malheurs augmenter de façon très significative ; certains cancers multipliés par 3 !

Honteux et criminel !

A ma connaissance, et contrairement aux USA, aucune agence du médicament ou Haute Autorité n’ encore alerté les médecins français de cette grave complication des statines !

Dites moi si je me trompe ou si ça m’a échappé ! Merci !

Fibrillation auriculaire et AVC : le paradoxe du cholestérol !

Beaucoup de mauvaises nouvelles !

Primo, la fréquence des AVC (ou accident vasculaire cérébral) ne diminue pas dans nos sociétés, malgré les efforts considérables (plus ou moins validés sur le plan scientifique) consentis pour les prévenir.

Deuxièmement, la fréquence d’une des principales causes des AVC, la fibrillation auriculaire (on dit FA dans les milieux dits « autorisés », selon Coluche), ne cesse d’augmenter, ce qui en partie explique notre primo ci-dessus.

Ceux qui ne sont pas familiers de ces concepts médicaux doivent se reporter au chapitre concernant les AVC et les causes des AVC dans notre livre « Prévenir l’infarctus et l’AVC » car ce billet est un complément à ce chapitre ; et ne peut s’y substituer.

J’avais évité dans le livre de m’appesantir sur la FA (une sorte d’arythmie cardiaque) et ses causes car je considérais que les arguments scientifiques disponibles étaient un peu « faibles » ; et tous les visiteurs habitués de ce Blog le savent, j’évite de parler de quelque chose quand je ne suis pas sûr de mon fait !

Mais depuis la rédaction du livre, et certainement parce que la FA et sa principale complication l’AVC, inquiètent réellement les médecins et les chercheurs, nous avons des données nouvelles que je souhaite faire savoir en complément du livre.

Ce furent d’abord des données japonaises indiquant que le risque de FA est inversement proportionnel au cholestérol ! Autrement dit, si votre cholestérol est bas votre risque de FA, et donc d’AVC, augmente !

En effet, la FA est une arythmie qui favorise les embolies cérébrales !

Ce fut évidemment présenté comme une donnée paradoxale – et ainsi minimisée – puisque nous vivons une époque où le cholestérol ne peut qu’être un ennemi de l’humanité ; et néfaste à notre santé !

Jusqu’à récemment, et faute d’autres études bien conçues, cette association statistique semblait « réservée » à nos amis japonais.

Il y avait certes quelques données anciennes en provenance des USA, mais nous restions nous-aussi « réservés » quand à la solidité de ces données ; tout en restant sur le qui-vive !

Nous ne fûmes pas les seuls à voir notre curiosité se réveiller ; et patatras, voilà que ce qui était paradoxal chez les japonais se voit confirmé aux USA dans une grande étude épidémiologique (près de 14000 sujets suivis pendant environ 19 ans). Ce qui était surprenant, voire paradoxal, ne l’est plus : avoir un cholestérol bas est associé à une augmentation du risque de FA et donc d’AVC, et pas qu’au Japon. c’est donc une donnée probablement universelle.

Question immédiate : s’agit-il d’une association fortuite ou le cholestérol bas serait une cause directe de la FA ?

C’est évidemment beaucoup plus complexe ! Si c’était simple, les médicaments anti-cholestérol provoqueraient une épidémie de FA ! Or, ce n’est pas le cas dans les essais cliniques publiés !

Mais ces derniers – notamment ceux testant les statines – ont deux graves défauts : 1) ils sont trop courts, et en plus, les industriels les arrêtent de façon prématurément, trop peur de voir apparaître des effets secondaires … 2) ce sont des essais commerciaux dont la validité scientifique est proche de zéro. Par exemple, dans l’essai JUPITER notoirement biaisé (du fait de l’interruption de l’essai après moins de deux ans), la diminution du cholestérol entraîne une diminution du risque de FA … Essai unique en son genre !!

Inversement, dans SPARCL (suivi de 5 ans), la diminution du cholestérol entraîne une augmentation du risque de FA d’environ 25% ; pas forcément plus crédible !!

Comment avancer un peu dans notre raisonnement ?

Par des arguments indirects : 1) personne ne conteste que les statines augmentent le risque de diabète et de syndromes métaboliques ; 2) personne ne conteste que le diabète et les syndromes métaboliques augmentent le risque de FA.

Donc, de façon inéluctable, les statines – ou la diminution du cholestérol – sont presque obligatoirement la cause d’un certain nombre de FA !

Autre cause possible de FA en association avec un cholestérol bas : les maladies de la thyroïde.

En effet, certaines pathologies thyroïdiennes sont à la fois associées à un risque élevé de FA et à une diminution du cholestérol.

Question : qu’est-ce qui provoque la FA ? L’hyperthyroïdie ou le cholestérol bas ?

Je n’ai pas de réponse.

Conclusion provisoire : avoir un cholestérol élevé est associé à une diminution du risque de FA (et donc d’AVC). L’abaisser avec des médicaments inutiles et toxiques comme les statines exposent en plus au risque de FA. Ce n’est pas une certitude, mais la probabilité est forte et, principe de précaution oblige, d’abord ne pas se nuire, surtout pas de statine !

J’ai reçu une invitation des Docteurs Steg et Ridker !

Vous n’y croyez pas ?

Ridker (l’investigateur de JUPITER, l’essai statine le mieux maquillé parmi tous) et Steg (au premier rang des défenseurs des statines contre Philippe Even) la main dans la main pour relancer la machine …

On croit rêver. Mais si ! Trop drôle !

Dans ma boîte aux lettres électronique, j’ai donc reçu une invitation à participer à un « meeting » enthousiasmant sur le rôle de l‘inflammation dans les maladies cardiovasculaires lors du prochain meeting de l’American College of Cardiology, une sous-dépendance made in America de l’industrie pharmaceutique.

Voilà le site où chacun peut vérifier le contenu, les intervenants, le sponsor et les agences [theheart.org, Medscape) spécialisées dans l'interface industrie/pseudo-science :

http://symposia.theheart.org/conferences/inflammation

Ça vaut son pesant.

J'ai déjà expliqué dans mes livres que l'inflammation est une théorie-béquille (et "bidon") [voir notamment le livre "Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent"] pour essayer de sauver la dite théorie du cholestérol.

Le temps des statines, comme celui des cerises, va bientôt passer, mais  le business doit continuer, sans pour autant s’attaquer aux statines (pas encore), il faut autre chose et on s’y active bougrement.

En tête de l’innovation décoiffante, nos personnalités invitantes (voir le titre de ce billet) sous la houlette d’un mastodonte de l’industrie chimio-thérapeutique en pleine forme actuellement !

Le nouveau concept ? Le risque résiduel !

C’est-à-dire le risque qui reste (résidu) une fois sous statine à la dose maximale tolérée !

On est donc dès le départ dans la fantasmagorie et la désinformation forcenée !

Je sais que beaucoup de « stagiaires et étudiants » en cardiologie sont attirés par la théorie de l’inflammation dans les maladies cardiovasculaires pour la substituer à la théorie du cholestérol.

Faites-moi plaisir. Écoutez-moi encore une fois !

Ce sont des sornettes ! Pourquoi ? Comment puis-je être si sûr ?

Un seul argument et je vous laisse à vos pensées : TOUS les médicaments anti-inflammatoires connus (stéroïdes et non-stéroïdiens) augmentent le risque cardiovasculaire, mortalité et morbidité !

Et nous comprenons très bien pourquoi. Pas de mystère !

Comment peut-on espérer nous (vous) faire croire que de nouveaux médicaments anti-inflammatoires pourraient être protecteurs ?

Là est l’astuce ! Suite au prochain numéro.

RETOUR D’AMERIQUE ET DU CONGRES DE L’AHA A LOS ANGELES

Il n’est pas facile de parler de soi. J’en ai conscience, mais il faut aussi « réinjecter » de l’humanité dans le discours scientifique, au risque d’une subjectivité avouée ; je l’avoue donc, car on a tous nos faiblesses, j’ai les miennes, je les expose.

Pour me faciliter la tâche (je n’ai pas beaucoup de temps), je vais faire un peu de « storytelling » et comme modèle je vais utiliser maintenant le ton d’un écrivain qui fait parler ses héros.
En l’occurrence je vais essayer de mimer l’avocat un peu pourri (mais quand même sympa) du roman de Michael Connelly « La défense Lincoln » … Allez je me lance … C’est lui qui parlerait donc !
Lire la suite

CONGRES ANNUEL DE LA SOCIETE DE CARDIOLOGIE AMERICAINE

Assez curieusement, j’ai été invité à participer à Los Angeles (4 Novembre 2012), lors du congrès annuel de l’American Heart Association (AHA) à un débat sur les statines et leur utilité clinique, voire leur toxicité …

Je serai opposé à un leader américain  des statines, le sieur Robert Ridker, principal investigateur de l’essai JUPITER …

Nous avons d’abord cru à un canular, puis à un guet-apens, et finalement on s’est dit qu’il y avait sans doute aux USA (plus qu’en Europe ou en France) des cardiologues et des scientifiques qui se posaient les mêmes questions que nous et qui étaient curieux de connaître nos avis …

Alors, on y sera ; pour le meilleur ou pour le pire …

Je raconterai les péripéties du débat si on m’en fait la demande !

OMEGA-3 SUMMIT 2012 : DEUX CONFERENCES

Pour ceux qui vivent dans le Nord de l’Europe et parlent anglais, je vous informe que j’ai été invité à donner deux conférences au Meeting scientifique indiqué dans le titre de ce billet : « Global Omega-3 Summit » et qui se tiendra le 23 Avril à Gand en Belgique.

C’est un meeting un peu commercial [promotion des produits de la mer et de la pêche, j'ai l'impression, mais ne suis pas sûr] aussi et (désolé) l’entrée n’est pas gratuite …

Ce sera pour moi l’occasion d’informer des scientifiques (ou du public de tous horizons, mais moi je resterai très scientifique) des récentes évolutions concernant l’ignoble marketing du cholestérol et, plus sérieux, des avancées de la biologie des polyphénols, notamment en relation avec les oméga-3.

Deux conférences donc ! Alors, si vous passez par là …

« JUPITER: STILL IN THE DARK » pour lecteurs francophones exclusifs

« JUPITER still in the dark » peut se traduire par « JUPITER pas d’explication ».

Ce qui signifie que dans son récent et volumineux article publié dans un « médiocre » journal de cardiologie américain, Ridker n’apporte rien de nouveau qui puisse éclairer les incohérences cliniques observées dans JUPITER.

Nous hésitions (voir les précédents billets) à user de notre « droit de réponse » pour commenter les nouvelles incongruités de Paul qui auraient pu échapper à des lecteurs naïfs ou pressés.
Lire la suite