Prévention primaire et secondaire : késako ?

 

Suite au film sur le cholestérol et les statines diffusé sur ARTE, certains se posent la question de savoir si les statines peuvent être utiles quand même dans certaines circonstances.

Ceux qui ont lu attentivement nos livres savent que non ; mais ce blog sert aussi à préciser des points obscurs ; allons-y !

Certains, donc, persistent à dire (et écrire) que pour des raisons (qu’ils disent inconnues) les statines protègent un peu les patients qui ont déjà fait un premier infarctus ; contrairement à ceux qui n’en ont jamais fait.

C’est la distinction classique entre « prévention primaire » [empêcher un premier infarctus] et la « prévention secondaire » [empêcher un second ou troisième infarctus].

Cela a-t-il du sens ?

Cette distinction n’a aucun intérêt médical ou scientifique.

Un infarctus est un infarctus, c’est-à-dire une obstruction totale d’une artère coronaire par un caillot de sang qui s’est généralement formé sur le site d’une sténose (plaque d’athérosclérose) en cours de transformation ; pour diverses raisons, elle se transforme ; je ne rentre pas dans les détails maintenant.

Si un médicament est relativement actif pour empêcher un infarctus, par exemple l’aspirine en empêchant la formation du thrombus plaquettaire (phase initiale de formation du caillot qui va tout boucher), ce médicament est actif sur TOUS les infarctus : les premiers, les deuxièmes ou les troisièmes !

Le cholestérol ne joue aucun rôle dans ces processus pathologiques ; le faire baisser dans le sang avec une statine (par exemple) n’a aucune chance d’avoir un effet préventif.

D’où vient alors (et à quoi sert) cette notion qu’il y aurait une possible différence d’efficacité des statines en « prévention primaire » et en « prévention secondaire » ?

Ça n’a rien de physiopathologique. C’est un « truc » de la petite cuisine des essais cliniques. Pour comprendre ça, il faut avoir soi-même un peu cuisiné, de préférence avec des grands Chefs ; je vais essayer d’expliquer en deux mots et en simplifiant ; ce qui (la simplification) n’est pas ma spécialité ; mes enfants me le disent tous les jours : « papa, fais plus court… »

Les sales gosses ! Aucun respect !

Si vous voulez démontrer qu’un médicament est efficace (utile) dans une pathologie donnée, il faut tester ce médicament contre un placebo dans un essai clinique.

Vous devez poser une hypothèse dite primaire ; j’expliquerai un autre jour ce qu’est une « hypothèse primaire » ; c’est un point crucial !

Hypothèse : je teste si ce médicament diminue de 50% (par exemple) le risque d’infarctus.

Je recrute mes patients dans une population donnée bien caractérisée :

1) si je m’adresse à une population dans laquelle la fréquence de l’infarctus est faible, par exemple 1 pour 1000 patients par an, je vais devoir recruter beaucoup de patients que je vais devoir suivre longtemps pour démontrer une réduction du risque de 50% ;

2) si je m’adresse à une population avec une fréquence d’infarctus élevée, par exemple 1 pour 10 patients par an, il me faudra beaucoup moins de patients et la durée du suivi sera plus brève. Je fais exprès de caricaturer les chiffres pour expliquer.

Ce sont deux essais cliniques différents sur un plan très pratique, tout le monde a compris :

1) dans le 1er cas, je peux m’adresser à la population générale, en principe indemne d’infarctus au moment du recrutement ; recrutement aisé relativement mais le coût est important ; c’est le contexte de la « prévention primaire » ;

2) dans le 2ème cas, il s’agit généralement de patients qui ont déjà eu un infarctus [contexte de "prévention secondaire"] et ils sont recrutés via un service hospitalier ; il faut donc (pour le laboratoire pharmaceutique détenteur du brevet de la molécule à tester) avoir accès aux services hospitaliers ce qui génèrent des difficultés spécifiques.

Telles sont les différences entre « prévention primaire » et « prévention secondaire« . Rien de scientifique ou médical, juste de la cuisine épidémiologique…

Ça n’a donc rien à voir avec la physiopathologie (le mécanisme causal) de l’infarctus et les effets biologiques des médicaments testés.

Pourquoi certains s’obstinent-ils à croire qu’il y a une différence ?

Je pense que, outre le manque de culture scientifique et médicale, il y a surtout des supposés experts qui ne veulent pas admettre qu’ils ont été (ou qu’ils se sont) trompés. Le cas typique est celui de la Direction de la revue Prescrire.

Ils ne peuvent pas changer un jugement qu’ils ont émis dans les années 1990s au moment où les premiers essais sur les statines ont été publiés, dans le contexte de prévention secondaire essentiellement.

Ils ne comprennent pas que depuis cette époque les règlementations des essais cliniques ont changé et que tous les essais récent sont négatifs, y compris en prévention secondaire.

Il faut faire l’effort de revoir l’historique des essais cliniques testant les statines.

C’est comme une randonnée en montagne : on ne voit pas le même paysage à l’aller et en montant (l’effort physique n’étant pas le même, on n’a pas les mêmes yeux) et au retour en redescendant.

C’est au retour qu’on voit le mieux les paysages traversés, des crêtes sommitales au fond de la vallée en passant par les alpages et les refuges.

Dans le cas des statines, il faut d’urgence revoir le film ; mais en commençant par la fin ; c’est là qu’on comprend tout.

Nous l’avons raconté dans nos livres, notamment « Cholestérol, mensonge et propagande » mais les rédacteurs de Prescrire ne lisent pas les livres de vulgarisation ; ils laissent ça au « petit » peuple et, de fait, ce « petit » peuple peu ou prou méprisé (par rapport aux éminences doctorales)  en sait plus qu’eux !

Et c’est finalement, telle est l’Histoire (avec un grand H), le « petit » peuple qui renverse les dictatures, notamment celles de l’Esprit !

Amen !

 

 

 

 

 

136 réflexions au sujet de « Prévention primaire et secondaire : késako ? »

  1. superwebcrawler

    Bonjour à tous,

    Loin de moi l’idée d’interférer dans la joute Dupagne-Lorgeril… qui sont finalement du même avis à un point près (Unissons nos forces !)… Je ne veux énerver personne ! :-)

    Je veux juste insister sur l’intérêt que porte MdL au chercheur américain John Ioannidis… Je ne suis pas sûr que ce grand chercheur soit si connu que cela… Il gagne pourtant à être connu au vu de scandales à répétition concernant les approximations voire falsifications… de certains travaux de recherche. Je citerai 2 exemples parmi les plus médiatiques dans la période récente :

    * le scandale de l’affaire des cellules STAP au Japon : dernier rebondissement, un des 2 chercheurs (Yoshiki Sasai) à l’origine de cette étude s’est suicidé…
    * L’affaire des recherches menées par le biologiste français Olivier Voinnet…
    * on peut en citer d’autres…

    Je suis persuadé que peu de personnes hors monde de la science connaissent les travaux de Ioannidis…

    Un des rares articles en français décrivant un peu ses travaux :

    http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2014/10/29/un-chercheur-denonce-linutilite-de-nombreux-travaux-scientifiques/

    Quant aux critères prédictifs des accidents cardio-vasculaires, je vais faire de la mauvaise science comme dirait notre bon Dr Lorgeril :

    Oui, une alimentation saine (DM par exemple) diminue les risques,
    Oui, l’activité physique diminue les risques…

    mais, à mon humble avis, on n’insiste jamais trop sur l’environnement de l’individu (ce que Henri Laborit appelait à l’époque la « niche environnementale »… ).

    et pour reprendre les 2 points précédents :

    Ok pour l’alimentation saine mais à condition que cela ne soit pas vécu comme une contrainte insupportable mais comme un plaisir… Et si je me risque à une science de bistrot, mieux vaut 4 verres de vin / jour bus avec de bons amis que 2 verres (préconisés par la Faculté) dans un contexte de déprime !

    OK pour l’activité physique mais librement consentie et source de plaisir… pas sous forme de efforts insurmontables réalisés de manière stakanoviste dans une salle de sport en regrettant le coût mensuel de l’abonnement à chaque séance !!

    Pour résumer… Le plaisir avant tout ! Mais je ne suis pas sûr que l’on puisse mesurer cela…

    Alain
    OK

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : superwebcrawler

      Je peux vous rejoindre globalement sur tout ça ; et la diète méditerranéenne est une approche gastronomique et joyeuse de nos habitudes alimentaires.
      Le problème c’est lorsque nous sommes face à des patients à haut risque (survivants d’un infarctus par exemple) et qui rechignent à comprendre un message simple de modifications du mode de vie…
      Dans notre société, nous avons de tout…
      Et nous médecins, nous devons nous occuper de tout le monde.
      La méthode simple et déculpabilisante (mais totalement inefficace) que vous connaissez, c’est de prescrire des médicaments.
      Certes, certains peuvent être utiles, au moins transitoirement…

      1. oursdesneiges
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Il faut aussi , faire très attention aux  » petits médicaments  » de l’hiver , et une classe en particulier :
        Les décongestionnant par voie nasale , type HUMOXAL , qui sont des vasoconstricteurs , qui m’ont sans doute coûté un infarctus en mars dernier ; vendus en mini flacon , sans notice , ils ont pour effets secondaires reconnus les infarctus du myocarde ;
        Pour avoir utilisé ce produit – très efficace pour sécher le nez – trop longtemps , je me suis retrouvé entre mort et vie .
        Comme quoi , en accord avec Phil , on peut faire du sport , ne pas fumer , etre loin de la pollution , manger avec plaisir des fruits et légumes bios et peu de viandes^, etc … et se faire piéger par un putain de rhume qui dure !

      2. Inoxydable
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Bonsoir Docteur. Permettez moi de répondre sur un point à « Superwebcrawler », et ce à propos de l’exercice physique , je le cite : « OK pour l’activité physique mais librement consentie et source de plaisir… pas sous forme de efforts insurmontables réalisés de manière stakhanoviste dans une salle de sport en regrettant le coût mensuel de l’abonnement à chaque séance !! »
        Tout d’abord entrer dans une salle de musculation et regarder d’un œil suspicieux les pratiquants ( les gros, parfois anabolisés …) en se disant  » je ne veux pas devenir comme çà ni m’entraîner comme ça  » est très contre productif ! Rassurez-vous, personne ne se construit de gros muscles ou améliore son physique et sa forme par accident. C’est un effort de tout le temps….Et il faut auparavant que ça plaise, qu’on aime l’effort.
        Pratiquant la musculation depuis 52 ans ( j’en ai 68) et d’autre sports très physiques, d’abord dans des salles, ensuite chez moi et de temps en temps pour me donner un peu de « peps », dans une salle, ça me sort de la routine et me fait progresser malgré mon âge et ma pathologie et j’ai vu de toute sorte de pratiquants; Parmi ceux-ci, seuls s’améliorent ceux qui aiment l’effort, les autres renoncent ou trichent.
        Le secret est de commencer à sa juste mesure, d’y aller doucement au début et de progresser « aux charges additionnelles ». C’est ainsi qu’au bout d’un certain temps on voit des résultats et comme le disait Marcel Rouet je crois  » le culturisme – c’est ainsi qu’on nommait la musculation avant – est le seul sport qui se voit… Et on sent les résultats.
        Pour ma part, cela m’a sauvé la vie et au moins d’un infarctus car mon cœur était devenu solide comme le dit notre bon docteur MdL.
        Alors regretter l’argent dépensé pour s’entraîner et transpirer, ça peut se comprendre mais il faut bien choisir sa salle : Des salles associatives sont tout à fait abordables, certaines proposées par l’administration ( Police Gendarmerie,) d’autre par des services plus ou moins publics ( Hôpitaux, SNCF, ASPTT etc…) d’autres par des communes ( associations de Gymnastique volontaire, de musculation, club d’ haltérophilie etc…) et si on vit loin de tout, rien ne vaut des exercices en pleine nature, je le pratique en vacances (soulevé de tronc d’arbres, tirages à quelque branche solide- une simple corde et un peu d’astuce suffit -, exercices aux tendeurs élastiques …). Le plaisir de l’effort suffit et la satisfaction de savoir que notre corps en trouvera bénéfice et un but en soit.
        Alors, ne regrettez pas trop votre argent dépensé et cherchez un autre club, moins « moderne » ou sophistiqué, et bon courage, vous n’en retirerez que bénéfice . Amicalement.

        1. Inoxydable
          En réponse à : Inoxydable

          Juste une chose encore : Que tous ceux qui interviennent sur ce blog TEMOIGNENT sur l’ AIMSIB et y ADHERENT. C’est ce qui fera notre force face aux suppôts de Big Pharma !! Il ne faudra pas attendre comme pour le MEDIATOR le dernier moment pour s’impliquer. C’est sur une base solide que s’édifie un bel et sain édifice!!
          En outre les médecins qui ont le courage de s’impliquer ne doivent pas avoir l’impression de se retrouver seuls. Témoignez, témoignez … et faites signer la pétition car en face de nous, nous avons entre autre la FDC ( Fédération Française de Cardiologie) : Il n’y a qu’à voir le commentaire de « Akira » sur ce blog et la liste impressionnante de ses dirigeants et leurs conflits d’intérêts. Affolant.

    1. Akira
      En réponse à : Jean p Cosimi

      Effectivement !
      Et ce graph est parcticulierement eclairant : c’est la comparaison des etudes avant et apres 2004 (date des nouvelles normes). Les fleches indiquent la difference des taux d’accidents CV entre ;es groupes verum (statine) et temoin.
      Avant 2004, toutes les etudes montrent des efficacites nettes. Apres 2004, plus aucune eficacite statistiquement realiste. Ca serait encore mieux avec les barres d erreur (qui doivent etre dans les papiers) mais ca donne deja une bonne idee de l’arnaque.

      Ca reprend les dire de MdL mais je trouve l illustration graphique particulierement frappante !!

        1. Charles
          En réponse à : Akira

          Paru dans un brillant article publié par des japonais, dont celui qui y a traduit MdL, si ma memoire est correcte.

          Ce diagramme est si parlant que j’ai pensé que MdL en était l’auteur original

          1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
            En réponse à : Charles

            Mon ami Harumi s’est inspiré effectivement de schémas que je mets dans mes livres et conférences ; mais il l’a bien (et beaucoup mieux que moi) travaillé…
            C’est ça les bonnes associations…

  2. oursdesneiges

    Cette nuit , pendant que je dormais , mon cerveau a travaillé seul ( en fait , qui suis-je : 85 milliards de neurones sur pattes ?…. sans doute ! ) .
    Les malades sortants de l’ hôpital suite à un infarctus , depuis + de 20 ans , ont une traitement avec minimum 3 / 4 médocs – ( Béta-bloquant + Antiplaquettaire ( 1 ou 2 ) + statine ) .
    Comment réaliser une étude clinique sur ces malades à haut risque , avec un groupe qui prendrait des placebos ? suicidaire !
    Sur le moyen et long terme , seul les antiplaquettaires protègent d ‘ un nouvel infarctus ; dans l’association statine + AAP + BB , c’est l’ AAP qui est essentiel .
    Comment tester une statine seule contre placebo chez des malades à si haut risque ?
    Maestro , mes astrocytes ont-ils bien travailler cette nuit ?

        1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
          En réponse à : oursdesneiges

          tirage au sort et formation de deux groupes très similaires, voire identiques : un groupe reçoit le placebo et l’autre la statine.
          S’il y a une différence entre les deux groupes, c’est à cause de la statine.

          1. oursdesneiges
            En réponse à : Michel de Lorgeril

            Je savais ça , mais dans le cas de la PS , on traite des malades à hauts risques qui avalent aussi d’autres médicaments ( AAP + BB + aspirine + IPP + IEC … .
            + statine ou placebo ?

    1. Jean-Marc REHBY
      En réponse à : oursdesneiges

      Pendant des années et probablement encore aujourd’hui le traitement des coronariens était expliqué aux étudiants et aux médecins (et mea culpa j’en ai pris ma part en expliquant doctement cela aux jeunes externes) expliqué donc de manière simple et limpide « le traitement c’est simple c’est ABCDEF !!  »
      Génial non
      A comme antiagrégant aspirine
      B comme Beta bloquant
      C comme cholestérol statine donc
      D comme Dérivés nitrés
      E comme exercice physique
      F comme facteurs de risque
      Quelques années plus tard on est passé à BASIC
      B Bbloquants
      A aspirine
      S statines
      I IEC i,hibiteur de l’enzyme de conversion (TRIATEC et autres)
      C contrôle des facteurs de risque.
      Avec ces acronymes on fait de la médecine simple, rapide et pas fatigante.

      1. Inoxydable
        En réponse à : Jean-Marc REHBY

        @ Jean-Marc Rehby : C.Q.F.D
        C comme Conneries
        Q comme Questionnement Quotidiens pour les patients
        F comme Foutaises enseignées par des Foutriquets
        D comme Démerdes toi comme tu peux si tu ne veux pas tout avaler …
        ces médicaments BASICS
        avec cet acronyme le patient est toujours perdant.

    1. aminevite
      En réponse à : philbri

      Le Grand débat n’est pas tant ,à l’heure actuelle, pour ou contre les statines mais peut-on encore faire confiance aux médecins farcis de conflits d’intérêt ?
      La réponse est claire car remarquablement illustrée par l’émission d’ARTE et je la dis à mes patients: NON!

  3. Antoine Granier

    Touché de près par l’HF, j’ai été très intéressé par le docu d’Arté, Michel de Lorgeril fait très peur sur la « consommation » de statines, et je pense le rejoindre sur les effets pervers de cette consommation de masse.
    Alors je cherche à en savoir plus, même beaucoup plus.
    Mais jee ne trouve pas de Cardiologue à l’odre des médecins se nommant Michel de Lorgeril, mais un généraliste, et rien au CNRS non plus. Et le LSCPA semble inconnu sur internet.
    Je trouve plein de référence à ses livres, mais moi je suis scientifique, alors je voudrais lire des publications scientifiques et je me demande pourquoi en cherchant des infos sur mes anciens collègues de fac, je trouve facilement leurs affectations et leur publications, et pourquoi avec Michel de Lorgeril je ne trouve rien ou difficilement.
    C’est dommage car mon ami aimerait vraiment en savoir plus sur l’HF qui a tué son grand-père à 40ans, son père à 65ans (avec statines) et qui le ronge à 53ans (statines, triple pontage, diabète type2).

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : Antoine Granier

      Je ne suis pas inscrit au Tableau de l’Ordre des médecins en France comme cardiologue mais comme généraliste ; et je m’en porte très bien.
      Mais étant polydiplômé de cardiologie dans des universités non françaises, je suis membre de la Société Européenne de Cardiologie.
      Je suis chercheur au CNRS (concours en 1990) ; je ne sais comment on fait pour vérifier ça…
      Voyez CNRS à Grenoble peut-être ; je n’ai pas le temps pour vous aider et j’ai passé l’âge de me justifier ; je préfèrerais « cultiver mon jardin » comme disait l’autre…
      Si vous vous prétendez scientifique, vous devez savoir comment se documenter ; si vous ne le savez pas, c’est que vous ne l’êtes pas…
      Pour ceux qui ne le sont pas, on fait comme ça : Google puis PubMed puis « de lorgeril m » c’est pas sorcier, même pour un scientifique…
      Vous trouverez dans les articles cités les références concernant les différents labos où j’ai travaillé.

      Comme je vous vois très anxieux et peut-être mal entouré, dites-moi si vous souhaitez un contact plus direct !
      Courage !
      Bon vent, matelot

      1. Antoine Granier
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Merci pour vos informations.
        Je pense en effet qu’un ami malade prendra contact avec vous plus directement, si c’est possible et sans vouloir vous importuner. Sur votre mail à l’UJF peut être ?

    2. MARCEL
      En réponse à : Antoine Granier

      N’étant pas scientifique je n’ai eu aucun mal à trouver le nom de Michel de Lorgeril dans la l’annuaire des personnels du CNRS Grenoble !!!!!!!

  4. PM

    Pire que le morceau de sparadrap des Dupont – Dupond, les statines !

    Les Dr J. Bowden et S. Sinatra qui publient « le Grand Mythe du Cholestérol » titre sans ambiguïté, préfacé par le Dr Michel de Lorgeril, font malgré tout une petit rechute :

    p.167 : « parfois, seulement parfois, le Dr Sinatra prescrit une statine à ceux de ces patients qui entrent dans une catégorie bien spécifique : hommes d’âge moyen….. »

    Il envisage donc, que les hommes (mais pas les femmes !), ayant déjà fait un infarctus ou qui ont une maladie coronarienne avérée, puissent bénéficier d’un effet favorable des statines, ne passant pas par une diminution du taux de cholestérol, mais par un mécanisme encore inconnu… en prenant bien garde de prendre an même temps deux contre poisons : huile de poissons (omega3) et coenzyme Q10.

    Bien sur Michel, dans la préface tu dis « nous ne sommes pas d’accord sur tout » (p.12). Mais comment après avoir passé en revu les piètres résultats (< 1.5% de diminution d'infarctus du myocarde sans effets sur la mortalité) et les effets indésirables et catastrophiques, peut on encore prescrire ? Avez vous discuté de ce point ?

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : PM

      Bon, le franck (je ne peux pas penser « sinatra » sans penser « franck » ; c’est pathologique) est un brave type mais son problème (typiquement US) c’est de faire du business avec des comprimés de coenzyme Q10…
      Cela dit, tout en bienveillance, j’ai préfacé ce truc car il me paraissait « utile » malgré que… Le « que » est de trop je sais et je fais exprès pour taquiner ma professeur de lettre de 4ème maintenant centenaire…

  5. Emilio

    Ci-joint une chronique sur France Inter :

    https://www.franceinter.fr/emissions/sante-polemique/sante-polemique-20-octobre-2016

    Ce qui est expliqué (et de la manière dont c’est expliqué) est incohérent … et je n’ai pas besoin d’avoir lu les livres du Dr De Lorgeril pour le comprendre.

    Quel est l’intérêt de nous dire « on ne comprend pas bien d’où vient cette protection, par ailleurs modeste.  » pour nous dire ensuite que « l’intérêt modeste, mais réel etc »

    C’est exactement ce qui s’appelle « parler pour ne rien dire ». On ne sait pas d’où viendrait cette protection, ni quelles sont les patients concernés.

    La seule conséquence de cette chronique dans la tête de quelqu’un qui a vu le film de Anne Georget est qu’elle entretient le DOUTE sur l’inutilité des statines …

    Je préfère les livres du Dr de Lorgeril aux chroniques sur France Inter (meme si les drôles d’humeur de Pierre-Emmanuel Barré sont excellentes),

    1. Jean-Marc REHBY
      En réponse à : Emilio

      Certes mais il y a dans toute thérapeutique des effets inconnus et quelque fois surprenants effet placebo effet Hawthorne (effet lié à la relation thérapeutique effet médecin quoi) donc on essaye d’être le plus rigoureux possible pour réduire ces effets au maximum. Dans les études en double aveugle avec les statines vs placebo l’aveugle ne dure pas longtemps, il suffit de doser le cholestérol et on sait très vite quel est le groupe statine et donc biais majeur.
      Ensuite en post infarctus le patient font de la réadaptation. Pour en avoir été le « responsable » pendant 35 ans en cardiologie je connais un peu le sujet, certains font du canapé télé trop fatigués et trop de douleurs musculaires mais d’autres continuent une activité physique régulière bénéfique deuxième biais qui peut expliquer ce qui est attribué peut être à tort aux statines, je reste très prudent.
      « Stangers in the night » je suis aussi un fan de Franck

  6. Emilio

    Tant qu’à parler manipulation…

    Il y a ces dernières heures une nouvelle salve d’article reprenant cette idée qui indiquerait que les français seraient les « champions du monde de la défiance à la vaccination ». Pourquoi nous répète-t-on aussi fortement cette thèse? Ça fait des semaines que ça dure …

    Quelle peut être l’étape suivante logique à cette constatation que les français sont les « champions du monde de la défiance à la vaccination » alors même que la question de la vaccination est actuellement discutée de manière « officielle » ?

    1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
      En réponse à : Emilio

      La notion de « défiance » est la façon idéologique de présenter un bon esprit critique… Voltaire et Condorcet étaient de vilaines victimes de leur défiance. Oups !

      Je suis trèèèèèèèèèèèèèèèèès fier que mes concitoyens soient devenus champions du monde dans cette catégorie ; face à l’obscurantisme de la Société Spectaculaire et Marchande décrite par tonton Guy.

      Nous sommes sur une bonne pente : Vive la France !

      1. Emilio
        En réponse à : Michel de Lorgeril

        Le problème est que je crains vivement que cette caractéristique qui les rendrait les français si exceptionnelle (et qui reste à démontrer) ne serve à Alain Fischer pour justifier que les français reçoivent un « traitement exceptionnel » (vis-a-vis de leur voisin européen) pour relancer la couverture vaccinale …

        La France va peut être terminer (sur la question des vaccins) comme l’Australie ou la Californie… et beaucoup de gens trouveront ça normal.

        1. Michel de LorgerilMichel de Lorgeril Auteur de l’article
          En réponse à : Emilio

          Ouais ; mais un français (vous en êtes la preuve) n’est pas un australien ; faut pas l’emmerder trop longtemps : 1789, 1830, 1848, 1870, 1968 ; à votre tour, jeunesse !

  7. Inoxydable

    On y arrive tout doucement : Vu et entendu aux informations T.v ces jours : Les médicaments contre l’Alzheimer ne seront plus remboursés car inefficace, décision de la HAS, 180 millions d€ économisés. C’est ici :
    Alzheimer : les médicaments bientôt déremboursés
    Alzheimer : les médicaments bientôt déremboursés ?
    news.radins.com › Santé
    Selon un avis publié mercredi 19 octobre par la commission Transparence de la Haute autorité de santé (HAS), les médicaments anti-Alzheimer ne….
    Vous l’aviez it qu’ils étaient inefficaces.
    Je me souviens qu’un docte professeur disait que s’était dommage car malgré tout ça maintenait un lien avec le malade … Avec un Alzheimer ???? ou autre malade prétendu comme tel… Ce professeur dont je ne me souviens plus du nom devait croire à l’effet « Hawthorne », pourquoi pas au Père Noël ?
    Il en sera de même pour l’Olmésartan , je cite :
    « L’Ansm a annoncé que l’Olmésartan ne sera plus remboursé en 2017 – (c) Shutterstock
    L’Olmérsatan sera déremboursé dès le 2 janvier 2017
    Les malades qui souffrent d’hypertension devront changer leur traitement s’ils veulent bénéficier du remboursement de la Sécurité Sociale. L’Ansm (Agence nationale de sécurité du médicament) a communiqué le 22 juin 2016 que l’Olmésartan, molécule de base contenue dans les médicaments comme l’Olmetec, l’Alteis, le CoOlmétec ou encore le Sévikar (liste non exhaustive), ne sera plus considéré comme remboursable. »
    En sera t-il bientôt pour les statines et la anti PCsK 9 ?

    1. Reliquet
      En réponse à : Inoxydable

      Vous rêvez d’un autre monde, Inox.

      L’Olmesartan a obtenu un sursis à exécution, comme si les entéropathies attendraient six mois de plus pour tuer plus tard.

      Pour une fois que la HAS joue pleinement son rôle s’agissant des anticholinesterasiques, que croyez-vous qui se passe?

      Le Ministère de la Santé déjuge immédiatement la HAS, allons, dans quel bananeraie croyez-vous vivre?

      C’est là, signé de Philippe Nicot, Expert HAS qui s’agace énormément de cette façon de procéder et qui me demande d’en faire publicité, je vais me gêner;

      https://theconversation.com/les-medicaments-anti-alzheimer-vont-pouvoir-continuer-a-ruiner-la-sante-des-patients-67570

      Inox, vous savez quoi, pour les statines? Continuez à soulever du lourd, parce que c’est pas fini!

      1. Inoxydable
        En réponse à : Reliquet

        @ Reliquet. très bel article, très pertinent. Mais qui lit ça et qui peut commenter dessus ? C’est du vent si les médecins ne le lisent pas….

  8. Minoque35

    Si vous n’avez pas pu assister au Congrés de l’Ipsn, il n’est pas trop tard pour visionner les vidéos. Voici les liens pour l’ensemble du programme, le bon de commande et obtenir l’accès à toutes les vidéos, séances plénières et conférences-débats.
    Je me régale tous les jours à en visionner au moins une, elles devraient être d’utilité publique ces vidéos !
    Vous y verrez et avec quel bonheur comment notre Michel se décarcasse avec brio et aussi en table ronde avec son acolyte le Professeur Joyeux sur la déprescription ou pas des médicaments, le tout non dénué d’humour, les bienfaits du cholestérol etc…Et ensuite sur les conférences-débats vous aurez une vidéo sur la présentation de l’Aimsib avec la présidente et nos 3 médecins fondateurs. Un régal vous dis-je !
    Vous ne passerez pas à côté de Natasha Campbell qui fait une conférence remarquable sur l’autisme, vous ne louperez pas non plus Christian Vélot sur son combat des OGMs et tant d’autres déjà visionnés qui sont si riches d’enseignement.

    http://clic.institutprotectionsantenaturelle.eu/t/EQ/AANh6A/AAN5HQ/AAdLVw/AAQNqw/AAPhUQ/AQ/r3ta

    http://clic.institutprotectionsantenaturelle.eu/t/EQ/AANh6A/AAN5HQ/AAdLVw/AAQNqw/AAPhUg/AQ/JNRs

    http://clic.institutprotectionsantenaturelle.eu/t/EQ/AANh6A/AAN5HQ/AAdLVw/AAQNqw/AAPhUw/AQ/ASwM

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