ET LES "AUTRES" MEDICAMENTS ANTI-CHOLESTEROL ? UTILES OU NUISIBLES ? EFFICACES OU TOXIQUES ?

 
Les médicaments anticholestérol appelés statines [simvastatine (Zocor*), atorvastatine (Tahor*), rosuvastatine (Crestor*) pour les intimes] dominent le marché depuis 20 ans environ laissant peu de place aux autres.

J’ai expliqué dans mes livres la fabuleuse “arnaque” que cette conquête représente, je n’y reviens pas puisque je veux parler un peu des autres.

Qui sont ces autres ?

En faisant bref, il y a deux grandes catégories : 1) ceux qui inhibent l’absorption du cholestérol dans l’intestin ; 2) ceux qui interfèrent avec le fonctionnement de certains organites cellulaires qu’on appelle des peroxisomes (certains auteurs mettent un y en français…) qui eux-mêmes “s’amusent” avec le métabolisme des lipides dans les cellules ; on les appelle des PPAR agonists in English.

Dans la première catégorie, on a l’Ezétrol* (ou ézétimibe) qu’on peut prescrire seul ou en association avec une statine (et ça devient l’Inégy*). L’Inegy* est resté très fameux depuis le scandale de l’essai ENHANCE, je n’y reviens pas ici, voyez mon livre “jaune” si vous êtes curieux ou un peu amnésique … Dans ce dernier cas, urgent d’arrêter votre statine !

Dans la deuxième catégorie, on a la famille des fibrates généralement prescrit pour diminuer le cholestérol ou les triglycérides [le plus célèbre en France est le Lipanthyl*, prescrit depuis des décennies sans la moindre évidence scientifique que ce soit utile à la santé] ; et la famille des glitazones [parmi lesquels on trouvait l’Actos* et l’Avandia*] plutôt réservés aux diabétiques … et qui baissent effectivement le glucose dans le sang mais qui, en termes de santé, ne servent à rien sinon à empoisonner nos patients. Et ceux qui ont arrêté leur statine depuis longtemps se souviennent du scandale de l’AVANDIA …

On me demande souvent ce que j’en pense. Je viens de le faire.

Vous voulez un peu plus ?

Plutôt que de donner une opinion personnelle, certains pouvant à juste raison penser que je sombre dans la subjectivité, je vais recopier la dernière phrase d’un long article qui leur est consacré dans la prestigieuse revue American Journal of Medicine (numéro de Février 2012) : “la question cruciale de savoir pourquoi ces médicaments ont des effets bénéfiques sur les marqueurs biologiques du risque mais aucun effet sur la santé elle-même nécessite de nouvelles investigations”.

J’ai très envie de leur dire d’aller acheter mon dernier livre “Prévenir l’infarctus“, ça leur évitera de faire de “nouvelles investigations” inutiles, car ils trouveront réponse, et nous économiserons quelques sous pour faire des recherches plus intéressantes …

L’amusant de l’affaire, c’est que nos amis canadiens (notamment québécois) qui ont écrit cette belle phrase (et ce bel article de synthèse) ont par ailleurs et auparavant “commis” de magnifiques recherches disant au contraire que ces médicaments étaient formidables … Bons “buveurs” nos amis, mais de honte pas de vin !

Faut-il vous l’emballer ?” comme on lisait autrefois dans certain journal satirique !

Ah la belle époque, quand les chercheurs étaient sérieux et utiles, chez nous et même au Québec !