Disputes répétées à propos de la vitamine D
Il y a depuis trop longtemps une sorte de business déplaisant à propos de la vitamine D.
Des voix multiples – généralement de compétence modérée voire nulle – se font entendre pour encourager la population (les jeunes, les vieux, les bien-portants et les malades) à se supplémenter en Vitamine D.
Avec le nombre de postulants, et malgré le nombre croissant d’industriels proposant des produits variés contenant de la vitamine D, il y a de quoi faire quelques profits avec des compléments en vitamine D.
Selon certains, la vitamine D (administrée sous forme de compléments) pourrait nous protégeait de toutes les sortes de maladies : cancers, cardiovasculaires, diabète, et même COVID-19.
Nous sommes loin d’avoir des données solides confirmant ces affirmations souvent péremptoires mais on peut au moins dire qu’en général, si ça ne fait pas du bien, ça ne fait pas non plus du mal. Alors pourquoi pas ?
Mais, pour certains autres, se complémenter avec de la vitamine D, c’est simplement « gaspiller » son argent !
Je suis plutôt d’accord avec cette seconde vision, d’autant plus que la vitamine D n’est pas une vraie vitamine (une substance devant obligatoirement être apportée par nos repas) puisque nous sommes capables de la synthétiser à condition de s’exposer suffisamment aux UV, préférentiellement du soleil.
Peu importe, la principale motivation de se supplémenter se trouve ces jours-ci dans le dosage de la vitamine D dans le sang : si c’est bas, on est supposé déficitaire et on doit se supplémenter…
Le dosage de la vitamine D dans le sang n’est pas un bon paramètre physiologique car on mesure la Vitamine D totale alors que seule la vitamine D « libre » est importante.
La Vitamine D est transportée essentiellement par une protéine porteuse, la vitamin D binding protein (ou DBP) – dont la concentration régule les vraies (les utiles) concentrations de vitamine D libre – et qui elle-même dépend de complexes régulations, notamment d’un polymorphisme génétique, sans entrer dans les détails. Dit simplement, nous n’avons pas tous la même DBP !
Et donc, faute d’avoir tous la même DBP, nos concentrations en vitamine D n’ont pas la même valeur, ne nous indiquent pas quelle est notre réel statut en vitamine D, si nous sommes déficitaires ou pas, si nous avons besoin de supplément ou pas.
Bref, les dosages de vitamine D utilisés pour décider d’une supplémentation sont douteux pour le moins et bien des consommateurs de vitamine D sous forme de complément n’en n’ont pas besoin en réalité.
D’ailleurs, la majorité des essais cliniques testant la vitamine D contre placebo échouent à démontrer un bénéfice systématique, quel que soit l’objectif (l’espérance) du supplémenté.
Non seulement la DBP est très variable mais un autre facteur vient compliquer le paysage, c’est le récepteur cellulaire de la vitamine D.
Dit autrement, pour que la vitamine D libre soit utile à nos cellules, elle doit s’attacher à un récepteur cellulaire qui lui-même est aussi très variable et dépendant lui-aussi d’une variation génétique.
Certains d’entre nous ont des récepteurs à la vitamine D qui fonctionne mal et il faudrait des apports – et des concentrations en vitamine D libre – beaucoup plus importants pour que la vitamine D pénètre la cellule et agisse ; éventuellement…
Tout cela est très confus et, faute d’essai clinique bien conduit et démonstratif, la grande majorité de ceux qui se supplémentent en vitamine D le font inutilement. En principe, avec une nutrition méditerranéenne adéquate, nous recevons suffisamment de vitamine D : pas besoin de complément !
Mais c’est plus compliqué !
Une étude récente [D2d study, publiée le 1er Juin dans JAMA Network Open, 1ère autrice Bess Dawson-Hugues] a testé l’hypothèse qu’en fonction de la variabilité génétique du récepteur de la vitamine D (on dit polymorphisme ; je ne rentre pas dans les détails), des personnes prédiabétiques devenaient diabétiques (ou pas) en réponse à une supplémentation (importante) en vitamine D.
C’est intéressant (quoique douteux) et indiquerait qu’une supplémentation systématique avec une dose standard de vitamine D a de fortes chances d’être inutile, au moins pour la prévention du diabète.
Évidemment, l’hypothèse que la vitamine D (à elle-seule) puisse empêcher la survenue d’un diabète (une maladie multifactorielle complexe) est naïve, voire stupide.
C’est le mode de vie, notamment (mais pas seulement) les habitudes alimentaires qui nous protègent du diabète et certainement pas un nutriment particulier dont on devrait se gaver…
Mais ce qui est vrai pour le diabète, l’est aussi pour d’autres pathologies également multifactorielles et complexes comme les cancers, les maladies cardiovasculaires ou les maladies infectieuses, comme la COVID-19.
Sur ce dernier point, faute d’essai clinique de qualité, je recommande un article récent faisant la synthèse des connaissances sur ce point [, et al. Vitamin D supplementation for managing COVID-19 in patients with vitamin D deficiency: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials.
NDLR> article étiqueté ‘essai’ au singulier bien qu’il y ait deux références, la deuxième est discuté dans les commentaires.
Je me rappelle pourtant qu’il y a plus de 6 ans au moment des confinements, un cardio épidémiologiste m’avait appris l’existence de cette référence 🙂
Martineau AR, et al. Vitamin D supplementation to prevent acute respiratory tract infections: systematic review and meta-analysis of individual participant data. BMJ 2017;356:i6583].
Je ne m’en souviens pas mais ce n’est pas impossible car il y a si longtemps je n’avais pas encore à disposition les données (solides) les plus récente sur la vitamine D.
La Covid-19 ne m’avait pas encore ouvert les yeux sur cet aspect particulier de la Vitamine D.
Il m’arrive souvent de changer d’avis : j’ai laissé vacciner mes 3 enfants !!! J’en ai honte aujourd’hui…
Par définition, contrairement aux dogmatiques, un scientifique est toujours prêt à évoluer ; il n’y a pas de texte sacré !
finalement sur le sujet des infections respiratoires, que penses-tu de la supplémentation en vitamine d ? (covid ou pas ?)
Chez quelqu’un très déficitaire en vitamine D (taux sanguins vraiment très bas), tout est possible et la supplémentation ne peut faire que du bien.
Mais une supplémentation systématique chez des personnes qui vivent et mangent « normalement », comme cela a été testé, c’est du gaspillage.
La vitamine D n’est pas un antibiotique ni un antiviral ; mais un effet placebo est possible…
ok, moi je me supplémente juste en hiver lorsque je suis malade 🙂
Si vous avez adhéré à la diète méditerranéenne (préconisée par le Dr Qui-vous-savez), vous n’êtes pas déficient en vitamine D et en vous supplémentant vous gaspillez votre argent…
Et qu’en est-il pour les bébés à qui l’on prescrit et donne de la Vit D3 peu de temps après leur naissance ? Quelle preuve a t-on aujourd’hui de l’efficacité de cela ?
Avant la D3, on donnait de l’huile de foie de morue et apparemment le rachitisme a disparu…
C’est ce qu’on dit !
Et donc ?
Quelle est votre question ?
Est-ce corrélé à la prise d’huile de foie de morue ?
La disparition du rachitisme ?
Réponse positive mais sous réserve de la qualité des études de l’époque…
Que pensez vous de cet article ?
« Le mauvais cholestérol et le piège des centenaires »
https://www.dur-a-avaler.com/le-mauvais-cholesterol-et-le-piege-des-centenaires/?mc_cid=3c4500a5fd&mc_eid=f047733137
Si je comprends bien (c’est assez obscure), le monsieur veut réhabiliter la « noirceur » du « méchant » cholestérol avec des analyses « infantiles »…
Poubelle !
Merci Michel, Serge et Xavier pour cet intéressant débat. Avant d’interpréter les faits, je voudrais être certain que les faits suivants soient réels :
1. on a observé moins de fractures chez les séniors supplémentés en Vit D.
2. on a observé moins de chutes chez les supplémentés mais autant de fractures rapportées au nombre de chutes.
3. Cholecalciferol et cholesterol se ressemblent.
4. Il existe un net gradient Nord-Sud en Europe pour la fréquence des infarctus : 4 fois plus en scandinavie qu’autour de la méditerranée.
5. L’ ensoleillement est bien plus fort en méditerranés qu’en scandinavie.
6. Le manque de soleil favorise le rachitisme par carence en vit D.
À partir de ces faits, que peut-on conclure ?
Désolé, vos 6 affirmations ne sont plus vraies, elles le furent pour certaines mais ne le sont plus.
Un seul exemple : désormais, on meurt moins d’infarctus du myocarde en Norvège et au Danemark qu’en Italie ou en Grèce.
Je vous renvoie aux pages 48 et 51 du livre « La vérité sur le vin » [un chef-d’œuvre qui a fait définitivement taire tant de crétins… Oups !] où je livre (le mot est bien choisi) les données les plus récentes sur la mortalité cardiovasculaire.
Votre raisonnement sur l’ensoleillement ne tient pas, désolé…
Je n’ai pas le temps de discuter vos autres affirmations
C’est fou le nombre d’idées fausses que chacun nous entretenons faute de vérifications…
Merci, Amiral, d’avoir corrigé mon cap, je faisais fausse route.
Et pourtant : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39861407/ Vitamin D: Evidence-Based Health Benefits and Recommendations for Population Guidelines
ou https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38337676/ Vitamin D Supplementation: A Review of the Evidence Arguing for a Daily Dose of 2000 International Units (50 µg) of Vitamin D for Adults in the General Population
mais plus important :https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40732958/ https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40732958/
Des études existent ( il y en a beaucoup d’autres) et ne sont pas forcément négatives.
et pour les Sars cov :https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39940457/ Vitamin D Deficiency Meets Hill’s Criteria for Causation in SARS-CoV-2 Susceptibility, Complications, and Mortality: A Systematic Review ou les maladies cardio vasculaires :https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40647207/
Suffit e suivre le fil et on peut trouver.
Cher ami,
Merci de ces intéressantes références.
Vous aurez noté, je suppose, que les auteurs qui persistent à encourager la supplémentation en Vitamine D sont généralement victimes de conflits d’intérêt rédhibitoires.
L’auteure (Sunil J Wimalawansa) de l’une de vos références semble libre (dit-elle) et écrit : « Conclusions: While many observational studies support vitamin D’s protective role in incidents and deaths from cancer, some recent mega-RCTs have failed to demonstrate this. The latter is primarily due to critical study design flaws... »
J’accepte l’idée que les essais cliniques (à peu près) corrects auraient pu être meilleurs mais cela ne dit rien (faute de bons essais) sur l’efficacité réelle de la vitamine D… et l’utilité des taux sanguins pour déterminer qui doit être (ou pas) supplémenter…
J’insiste un peu, peut-être à tort mais il en reste pas moins que :https://www.mdpi.com/2072-6643/16/5/573?ref=lavieensante.com article que j’ai lu traduit :L’impact de la vitamine D et sa supplémentation alimentaire dans la prévention du cancer du sein: un examen intégratif
Oui, vous insistez un peu ; sans tenir compte de mes réserves concernant la validité physiologique des concentrations sanguines de vitamine D…
“…L’ensoleillement est bien plus fort en méditerrané qu’en scandinavie” oui mais….
Contrairement à ce que la logique géographique laisse penser, les populations d’Europe du Nord ont actuellement des taux sanguins de vitamine D3 globalement plus élevés que celles des pays du Sud de l’Europe.
Sur une immense base de données de santé publique en Catalogne (Espagne), l’étude „Paradoxical suboptimal vitamin D levels in a Mediterranean area: a population-based study“
menée par ,Diana Díaz Rizzolo , chercheuse à la Faculté des sciences de la santé de l’Universitat Oberta de Catalunya, a analysé les taux de 25-hydroxyvitamine D (25(OH)D) de plus de 500 000 personnes âgées de plus de 18 ans et qui avaient été testées entre 2018 et 2021.
Les résultats mettent en lumière plusieurs réalités chiffrées::
-75 % de la population étudiée présentait des taux suboptimaux de vitamine D (≤ 30 ng/ml), malgré l’ensoleillement de la région méditerranéenne
-Environ 80 % des jeunes adultes présentaient une carence ou une insuffisance.
-Paradoxalement, les personnes plus âgées (plus de 45 ans et particulièrement les femmes) affichaient de meilleurs taux sanguins.
Cette inversion s’expliquerait uniquement par les prescriptions médicales. Les plus âgés, bien que s’exposant moins au soleil, reçoivent des suppléments de vitamine D3, tandis que les jeunes ne sont ni testés ni supplémentés.
Díaz Rizzolo, docteur en biomédecine, explique que « Paradoxalement, dans les pays méditerranéens comme l’Espagne, les taux de vitamine D de la population sont inférieurs à ceux des pays d’Europe du Nord comme la Finlande, le Royaume-Uni, l’Islande, la Suède et l’Irlande, qui mènent des campagnes de supplémentation en vitamine D auprès de leur population en enrichissant systématiquement les aliments couramment consommés. Ce facteur, ainsi que d’autres comme l’utilisation de crèmes solaires et la faible consommation d’aliments riches en vitamine D dans les pays méditerranéens, explique les très faibles taux de vitamine D observés dans ces régions. »
https://www.uoc.edu/en/news/2022/309-vitaminD-Spain
Les enquêtes nutritionnelles montrent que dans les années 1960-1970, hors consommation d’huile de foie de morue, l’alimentation scandinave apportait très peu de vitamine D. La mise en place des politiques d’enrichissement obligatoire des aliments dans les années 2000 a provoqué une hausse spectaculaire et mesurable des taux sanguins moyens dans ces pays.
Inversement, dans les années 1950, les populations du Sud de l’Europe (agriculteurs, ouvriers du bâtiment) passaient leur vie à travailler dehors, torse nu ou bras découverts. Aujourd’hui, la majorité de la population travaille dans des bureaux fermés, fuit le soleil l’été à cause de la chaleur et utilise de la crème solaire, ce qui a fait baisser la synthèse naturelle par rapport aux années 1950.
Merci, c’est intéressant.
Je constate que les populations espagnoles seraient « relativement » déficitaires en vitamine D par rapport à d’autres.
Je vous renvoie aux pages 48 et 51 du livre « La vérité sur le vin » où vous constaterez que l’Espagne est le pays méditerranéen qui s’en sort le mieux avec des chiffres de mortalité cardiovasculaire très proches de ceux du Danemark et de la Norvège.
Je reviens ainsi à l’idée de base de mon message : la mesure sanguine des taux de vitamine D ne nous dit pas grand chose d’intéressant.
Bon vent, matelot
Je vois que Serge avait largement montré les défauts de Vital, avec des réponses de Michel.
Mon avis : quand il s’agit de remèdes qui concurrencent Big Pharma, il est dommage de se focaliser sur les hypothèses primaires. C’est certes ce qu’il y a de plus rigoureux, mais on est alors à la merci de ceux, nombreux et influents, qui s’arrangent pour créer des essais « conçus pour échouer ».
On en est donc réduits à devoir regarder un à un chaque essai clinique, les examiner en détail, pour se faire une idée globale. Cela demande plus de travail que d’aller directement à la conclusion sur l’effet primaire, en se contentant du cut-off artificiel p < 0,05. Mais cela en vaut la peine, surtout pour des substances aussi puissantes et peu risquées que la vitamine D, avec la moitié de la population en carence.
Je suis d’accord avec vous, globalement, mais je conteste vos deux idées que : 1) la Vitamine D soit « puissante » comme vous dites ; vous confondez « nutriment » et médicament ; la Vitamine D n’est utile (voire « puissante ») que chez ceux qui sont déficitaires ; 2) la moitié de la population soit carencée…
si on estime qu’un taux acceptable est d’environ 30 ng/ml, alors la moitié de la population est « déficiente ». Ce qui est fou, c’est qu’on laisse même 10 % de la population en franche carence (sous 10 ng/ml). C’est de ce point de vue que la vitamine D est puissante : l’impact sur le long terme d’une résolution d’une carence ou déficience peut être considérable et bien supérieure à la plupart des vitamines et minéraux (et pour cause, c’est une pro-hormone)
Pour dire que tel ou tel pourcentage de la population est carencé en vitamine D (une fois la moitié, maintenant 10%), vous vous appuyez sur les concentrations sanguines.
Je l’ai écrit sur ce blog [merci de relire attentivement mon billet] et je l’explique dans des vidéos [https://secure.tsapublications.com/tsaemdl/order-form/index.html], la concentration en vitamine D telle qu’elle est mesurée n’a pas de valeur physiologique ; quoiqu’en disent quelques pseudo-experts.
Je sais, c’est pénible de constater que nous sommes régulièrement « enfumés » sur toutes les sortes de sujets (cholestérol, pression artérielle, surpoids et obésité et Vitamine D…) car il y a du business sous-jacent !!
le big business de la vitamine D, allons 😉
si la concentration sanguine n’avait pas de valeur, il n’y aurait pas d’innombrables essais cliniques montrant un effet positif (et généralement d’autant plus positif que le taux sanguin initial est faible)
Drôles d’arguments !
1) Chacun son business ; pour certains, ce sont les statines pour d’autres le sérum physiologique, etcétéra…
2) qu’il y ait d’innombrables (selon vos dires) essais cliniques basés sur la concentration sanguine de vitamine D n’est pas un argument ; prenez cholestérol ou pression artérielle à la place de vitamine D et…
Je ne vous en veux pas de me contredire, c’est de « bonne guerre » !
Bon vent, matelot
Les biais méthodologiques de l’essai VITAL limitent la portée de ses conclusions sur le plan cardiovasculaire. L’absence de réduction des événements cardiovasculaires majeurs dans cette étude s’explique par plusieurs facteurs limitants
https://www.europeanreview.org/wp/wp-content/uploads/3142-3147.pdf
Les points clés de l´analyse critique “VITAL study: an incomplete picture?”
Un statut initial déjà optimal:.
Les participants de l’essai présentaient un taux sanguin moyen de 30,8 et seuls 12, 7 % d’entre eux étaient réellement carencés au départ.
La protection cardiovasculaire de la vitamine D3 n’est pas linéaire. Elle s’active principalement lorsque l’on corrige une carence sévère.
La supplémentation chez des patients qui n’en avaient physiologiquement pas besoin dilue l’effet potentiel.
La contamination du groupe placebo par un apport extérieur de vitamine:
La consommation de vitamine D3 au sein du groupe placebo a réduit l’écart biologique entre les bras, masquant ainsi l’effet cardioprotecteur potentiel de la molécule. Cette élévation du taux de base chez les témoins a lissé les différences de risques.
L’utilisation d’une dose fixe unique :
Le protocole imposait une dose quotidienne de2000 unités de vitamine D3, sans adaptation au poids corporel, à l’absorption intestinale ni au taux final obtenu (pas d’escalade de dose pour corriger une carence chez les non-répondeurs)
L’effet de la co-intervention:
L’essai utilisait un design factoriel 2×2 signifiant que les groupes recevaient également des acides gras oméga-3 ou leurs placebos. L’impact cardiovasculaire des oméga-3 a pu interagir ou masquer les résultats.
La durée du suivi :
Bien que l’essai ait duré environ 5 ans, ce délai peut être considéré comme trop court pour observer une modification significative des événements cardiovasculaires majeurs via une simple normalisation nutritionnelle.
La neutralisation par les traitements standards:
Dans l’essai VITAL, une grande partie des participants prenaient déjà des traitements cardiovasculaires qui diminuent le risque d’accident vasculaire. Ajouter une faible dose de vitamine D3 par-dessus un traitement de fond a pu rendre l’effet de la vitamine D3 invisible.
-Une dose fixe trop faible pour modifier le risque vasculaire
La dose fixe de 2000 UI par jour de l’étude VITAL semble insuffisante pour restructurer la santé endothéliale chez les sujets en surpoids ou ayant un métabolisme altéré.
Des études cliniques ciblées*, présentées notamment par l’American Heart Association ** démontrent que lorsque des doses personnalisées et plus élevées (parfois supérieures à 5000 UI/jour) sont administrées pour atteindre un objectif sanguin précis (>40 ng/mL), le risque d’infarctus chez les patients cardiaques est réduit de 52 %.
* https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/circ.148.suppl_1.13308
** https://newsroom.heart.org/news/heart-attack-risk-halved-in-adults-with-heart-disease-taking-tailored-vitamin-d-doses
Cher Serge, Merci de vos intéressantes remarques suggérant que vous êtes un défenseur de la supplémentation en Vitamine D ; ce qui est tout à votre honneur.
Vous prenez beaucoup de temps à expliquer l’échec de l’essai VITAL à démontrer l’hypothèse initiale.
Mais les défauts de l’essai (mal conçu et mal conduit peut-être) ne valide pas pour autant la théorie que la supplémentation en vitamine D est potentiellement utile.
Les essais cliniques sont la pierre angulaire de la médecine scientifique testant des médicaments ; mais à deux conditions : 1) qu’ils soient bien conçus et bien conduits ; 2) que les investigateurs soient indépendant des sponsors (avoués ou dissimulés).
Un essai bien conçu doit avoir défini clairement une hypothèse primaire ; faute de quoi on peut rapporter n’importe quoi…
Je pense que limiter la lecture de l’essai VITAL à sa seule conclusion officielle — « la supplémentation en vitamine D n’a pas entraîné une incidence plus faible de cancer invasif ou d’événements cardiovasculaires que le placebo »— est une lecture incomplète de cet essai et s’avère profondément réductionniste.
En reprenant aveuglément cette formule brute, les médias et les autorités sanitaires ont balayé une réalité clinique pourtant riche en nuances.
Je sais que l’orthodoxie méthodologique interdit d’introduire des résultats secondaires dans la conclusion principale pour se prémunir de toute manipulation de données.
Mais face à la complexité biologique des nutriments, cette rigidité statistique montre ses limites : elle condamne des données médicales cruciales à l’oubli, les laissant prisonnières des annexes de l’étude alors qu’elles devraient éclairer la santé publique.
Vous avez raison… partiellement ; car en restant exclusivement sur les « nuances » à propos de l’essai VITAL, vous persistez à oublier la globalité (physiologique) de la médecine scientifique (ou la plausibilité biologique) qui ne se contente pas d’analyser les « nuances » d’un essai clinique.
Je répète ce que j’ai déjà écrit : …l’hypothèse que la vitamine D (à elle-seule) puisse empêcher la survenue d’un diabète (une maladie multifactorielle complexe) est naïve, voire stupide. C’est le mode de vie, notamment (mais pas seulement) les habitudes alimentaires qui nous protègent du diabète et certainement pas un nutriment particulier dont on devrait se gaver…
Je sais, c’est pénible à entendre, on préfère raisonner à propos des nutriments comme le pharmacologue avec ses molécules médicaments !
Mais, combien de fois l’aurais-je dit et écrit : « Nutrition is not pharmacology »
Nécessité de ré-éduquer d’urgence les savants-nutritionnistes qui s’obstinent à penser comme des pharmaciens…
Je crains que d’ici mes funérailles je n’ai pas le temps d’être entendu ! Oups !
Merci.
Je retiens, la nutrition est une question d’écosystème, pas de molécule isolée.
La vitamine D3 ne fonctionne pas de manière isolée : son efficacité dépend directement de l’alimentation globale, du mode de vie et de l’environnement du participant.
J´ai trouvé cette l´étude brésilienne « Consumption of ultra-processed products is associated with vitamin D deficiency in Brazilian adults and elderly » qui semble en apporter la preuve.
Même sous un soleil tropical ou avec des suppléments, une forte consommation de produits ultra-transformés bloque l’assimilation de la vitamine D3 et double le risque de carence.
Pour qu’un protocole ou une supplémentation fonctionne, il faut impérativement restaurer une alimentation brute et dense en nutriments…
Si vous adoptez pleinement et intelligemment la diète méditerranéenne modernisée telle que je la décris dans divers ouvrages (et vidéos), vous n’avez pas besoin de références brésiliennes…
Je ne parle pas d’écosystème, concept vague et sinueux, je parle directement de modèle alimentaire testé dans diverses études !
Merci, oui je mange +/- selon les propos exposés dans votre livre “le nouveau régime méditerranén” avec “quelques fourchettes” d aliments fermentés et souvent une cuisson à la vapeur.
Peut-être que la consommation des aliments fermentés (histamine) est défavorable vu ma sensibilité au gluten mais bon. Je pense que cette sensibilité va de pair avec mon allergie au graminées. (syndrome de réactivité croisée entre l’allergie aux pollens de graminées et certaines céréales?)
-L’essai VITAL est critiqué pour une forte prévalence de taux de vitamine D suffisants au départ, une contamination du groupe placebo (utilisation hors protocole de la vitamine D) et un suivi initial trop court pour observer une incidence sur le cancer, masquant ainsi de réels bénéfices secondaires.
Bien que l’essai principal n’ait pas montré de baisse d’incidence globale du cancer (sur 5,3 ans), les analyses complémentaires ont révélé une baisse significative des cancers avancés (mortels ou métastatiques).
Une réduction suggestive de 17 % de la mortalité par cancer est observée sur l’ensemble de la période d’étude.
Cette baisse atteint 25 % d’efficacité lorsque les analyses excluent les deux premières années de suivi. Cette exclusion initiale permet donc de laisser au traitement le temps biologique d’agir sur l’évolution de la maladie
https://www.vitalstudy.org/findings.html
https://www.grassrootshealth.net/blog/interpret-vital-results-public-health/
-D´ailleurs une analyse secondaire* des données de l’essai clinique randomisé VITAL par Chandler et al. a été réalisée pour déterminer l’effet d’une supplémentation quotidienne en vitamine D de 2 000 UI sur le développement d’un cancer métastatique avancé et sur les décès par cancer, en incluant l’Indice de Masse Corporelle (IMC) pour voir s’il modifiait les effets de la supplémentation.
C’est ici que réside la nuance importante. Lorsque les chercheurs ont analysé les données en fonction de l’Indice de Masse Corporelle (IMC), les résultats sont devenus très clairs.
L´analyse indique que la supplémentation en vitamine D3 a réduit le risque de cancer avancé de 38 %, en particulier chez les personnes ayant un IMC normal, sans réduction significative observée chez les participants en surpoids ou obèses. Les chercheurs suggèrent que cette différence est due au fait que la vitamine D est liposoluble, ce qui entraîne la séquestration du complément dans le tissu adipeux des personnes ayant un IMC plus élevé
* https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2773074
https://www.grassrootshealth.net/blog/vitamin-d-supplementation-resulted-lower-rates-advanced-cancer-cancer-death/
Merci de ces précisions, intéressantes mais « fragiles » voire douteuses comme toutes les analyses secondaires des essais cliniques qui sortent du cadre de l’hypothèse primaire…
J’espère que vous comprenez ce que signifie la notion d’hypothèse primaire, fondamentale dans les sciences médicales.
J’en reviens donc à la conclusion de mon article que je recopie ci-dessous ; vous pouvez remplacer « diabète » par « cancers », « maladies cardiovasculaires » ou encore « Covid-19 » :
« C’est intéressant (quoique douteux) et indiquerait qu’une supplémentation systématique avec une dose standard de vitamine D a de fortes chances d’être inutile, au moins pour la prévention du diabète. Évidemment, l’hypothèse que la vitamine D (à elle-seule) puisse empêcher la survenue d’un diabète (une maladie multifactorielle complexe) est naïve, voire stupide. C’est le mode de vie, notamment (mais pas seulement) les habitudes alimentaires qui nous protègent du diabète et certainement pas un nutriment particulier dont on devrait se gaver…«
@MdeL : pour ce qui est du commentaire de serge il y a deux § : l’analyse secondaire est dans le second paragraphe (si j’ai bien tout compris 😉
Merci de delayer la notion d’hypothèse primaire …
Dans plusieurs de mes livres sur la prévention cardiovasculaire, j’explique longuement ce qu’est l’hypothèse primaire dans un essai clinique.
Cela nécessite une Introduction, un Développement et une Discussion ; et évidemment je ne vais pas copier des pages entières (d’un des livres) sur ce Blog.
Personne ne les lirait car les visiteurs des blogs sont des gens pressés qui préfèrent un passage rapide (et des messages brefs) plutôt que la lente lecture d’un livre.
Telle est l’époque !
Je vous renvoie à mes livres pour bien comprendre ce qu’est l’hypothèse primaire. Faute de quoi vous pouvez tomber dans tous les pièges et rodomontades de l’industrie et de ses complices académiques !
ahhh à quel livre pensez-vous particulièrement qui aurait
« Introduction, Développement et Discussion » ? ou peut-etre un essai que vous auriez particulièrement présenté dans un de vos livres ?
Je vais réfléchir à la meilleure référence mais, en attendant (et pour vous protéger vous-même), je vous recommande : « Comment échapper à l’infarctus et l’AVC »
merci pour votre réponse. j’ai bien trouvé le livre … c’est le plus facile 😉
Pour le domaine de la cardiologie c’est clair …
« Cette analyse révèle que, comparativement au placebo, la vitamine D n’a réduit ni les événements cardiovasculaires (RR = 0,95, IC à 95 % : 0,88-1,04), ni la mortalité cardiovasculaire (RR = 1,04, IC à 95 % : 0,871-1,242), ni les infarctus du myocarde (RR = 0,96, IC à 95 % : 0,83-1,11), ni la mortalité par infarctus du myocarde (RR = 1,527, IC à 95 % : 0,828-2,816). Les données actuelles ne soutiennent pas l’utilisation de la vitamine D pour la prévention des événements cardiovasculaires majeurs. Numéro d’enregistrement PROSPERO »
Meta-Analysis
Vitamin D supplementation and cardiovascular disease events: a systematic review and pooled meta-analysis of randomized clinical trials
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41183312/
Bien sûr !
Pas vraiment d’accord, une fois n’est pas coutume !
On ne peut pas évaluer sérieusement la vitamine D sans avoir examiné à la loupe tous les essais cliniques. Car on ne compte pas le nombre d’essais avec des doses insuffisantes, des formes inadaptées ou des voies d’administrations problématiques.
En revanche, quand les doses, la forme, la durée (etc.) est correct, bizarrement, ça marche. et ce n’est pas du cherry picking 🙂
Par exemple, VITAL (26 000 patients) montre clairement, chez les non obèses, une protection assez extraordinaire contre le cancer et la mort par cancer avec une simple supplémentation de 2 000 UI par jour. Tous les essais cliniques bien menés vont dans le même sens, mais pas ceux, évidemment, qui administrent des doses mensuelles ou trimestrielles.
Des essais cliniques montre clairement que la vitamine D réduit le risque de diabète et de pré-diabète (à condition de choisir 4 000 UI de supplémentation et de conduire l’essai sur un public à risque, sinon, pas de résultat significatif – effet dilué). L’effet est particulièrement spectaculaire en cas de carence grave en vitamine D.
Sur le Covid, là aussi, les essais où on a donné les bonnes doses au bon moment sont sans ambiguïté. Exemple : 75 % de moins d’infections Covid chez des professionnels de santé qui ont avalé 4 000 UI par jour en prévention. En cas d’hospitalisation (donc forme déjà avancé de la maladie), c’est la forme « rapide », celle qui court-circuite le foi, qui a donné des résultats spectaculaires (essais espagnols).
Et ainsi de suite. Les données vont globalement dans le même sens, si tant est qu’on les regarde d’un peu près. C’est logique d’ailleurs, nos ancêtres s’exposaient beaucoup plus au soleil et avaient un taux de vitamine D bien meilleurs que les nôtres tout au long de l’année. Et ce n’est pas pour rien si toutes nos cellules immunitaires ont des récepteurs à la vitamine D.
En revanche, il est vrai que des supplémentations élevées pourraient avoir des effets problématiques à long terme, notamment parce qu’elles pourraient réduire les réserves de zinc et de magnésium (utilisées par la vitamine D).
Il y a aussi un signal inquiétant (qu’à peu près personne n’a relevé) sur un risque accru de cancer du sein chez les femmes obèses (Vital).
Mais globalement, les effets sont extraordinairement positifs, en particulier chez ceux qui ont un IMC normal.
Je m’étonne que vous citiez l’essai VITAL connu pour avoir rapporté des résultats négatifs. Je recopie la conclusion de l’article publié dans le New Engl J Med le 10 Novembre 2018 : « Supplementation with vitamin D did not result in a lower incidence of invasive cancer or cardiovascular events than placebo. (Funded by the National Institutes of Health and others; VITAL ClinicalTrials.gov number, NCT01169259.) »
Chacun peut aller vérifier par soi-même.
Vous écrivez, curieusement : « VITAL montre clairement, chez les non obèses, une protection assez extraordinaire contre le cancer et la mort par cancer avec une simple supplémentation de 2 000 UI par jour. »
Or, dans l’article, je lis : « In the analyses of secondary end points, the hazard ratios were as follows: for death from cancer (341 deaths), 0.83 (95% CI, 0.67 to 1.02); for breast cancer, 1.02 (95% CI, 0.79 to 1.31); for prostate cancer, 0.88 (95% CI, 0.72 to 1.07); for colorectal cancer, 1.09 (95% CI, 0.73 to 1.62) » ; donc totalement négatif !
C’est vous ou moi qui ne sait pas lire ?
Vous écrivez : « Tous les essais cliniques bien menés vont dans le même sens »
Je ne vois pas où vous trouvez ça…
Sur la Covid aussi, à mon avis, il n’y a pas d’étude sérieuse montrant sans ambiguïté un quelconque bénéfice. Je ne sais pas de quelle étude vous parlez !
Sur Vital, il faut regarder ce papier : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33206192/
Quand on a un POIDS NORMAL, on a près d’une chance sur deux d’éviter de mourir du cancer après 50 ans avec 2 000 UI de vitamine D par jour pendant 5 ans (- 42 %).
Et ces 42 % de réduction sont un strict minimum, car ce résultat ne prend pas en compte d’autres biais défavorables à la vitamine D dans cet essai clinique :
1) Prendre de la vitamine D met du temps à agir contre le cancer – quand on prend en compte ce délai et qu’on exclut les 2 premières années de l’étude, les chiffres sont encore meilleurs (tous IMC confondus, on passe de 17 % à 25 % de réduction de la mortalité par cancer au bout de 2 ans) ;
2) Les participants à l’étude VITAL avaient des taux de vitamine D très supérieurs à la moyenne – or la vitamine D a vraisemblablement davantage d’effet encore quand elle est donnée à des personnes carencées ;
3) Les participants à qui on a donné de la vitamine D ne l’ont pas tous avalée consciencieusement – or d’autres essais cliniques ont montré que les résultats étaient encore meilleurs quand on prenait en compte uniquement ceux qui avaient réellement pris les doses de vitamine D requises ;
4) Enfin, les membres du groupe « placebo » ont été nombreux à prendre de la vitamine D de leur côté, ce qui biaise les résultats en défaveur de la vitamine D.
J’ai fait une série d’articles détaillant tous ces biais. Je détaille aussi les études qui vont dans le même sens, y compris en traitement (voir notamment https://www.xavier-bazin.fr/si-la-vitamine-d-peut-vous-eviter-le-cancer-est-elle-efficace-pour-traiter-un-cancer-deja-apparu/). Les métas récentes : https://www.nature.com/articles/s41416-022-01850-2, https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39178988/
Sur le Covid, quelques exemples d’essais honnêtes, utilisant une dose, une formulation et voie d’administration susceptible d’avoir un effet significatif : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0188440922000455?s=09, https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0960076020302764, https://www.mdpi.com/2072-6643/14/15/3048, https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1003999
De façon générale, il y a une méthode très simple pour faire croire à l’inefficacité des remèdes qui concurrencent Big Pharma, comme la vitamine D : la « dilution statistique ».
C’est manifeste sur le diabète. Dans les essais cliniques, dès qu’on cible les personnes les plus à risque (soit carencées en vitamine D, soit en prédiabète), on observe bien une efficacité significative de la vitamine D contre le diabète. En revanche, cette efficacité est plus difficile à apparaître quand on la teste sur des personnes en bonne santé, parce qu’elle est trop diluée.
Même chose avec d’autres pathologies. Quand on teste la vitamine D sur des participants en bonne santé, on ne parvient pas à détecter un effet significatif sur le risque de tomber en dépression (effet trop dilué). Mais quand on la teste sur des patients déprimés, l’effet thérapeutique de la vitamine D est manifeste et supérieur à celui des antidépresseurs. Même chose pour le risque de fractures.
Cher ami, je comprends que vous défendez « bec et ongles » une théorie que vous avez longuement exposée sur les bienfaits de la vitamine D administrée en suppléments.
Je ne veux pas – je vous aime bien – vous indisposer plus longtemps et je n’ai pas le temps de reprendre chacun de vos arguments.
Je me contente ici de reprendre votre argument sur VITAL et le risque de cancers. Les investigateurs écrivent : « As previously reported, no significant differences for cancer incidence by treatment arm were observed. »
Cela devrait suffire pour « interdire » toute analyse supplémentaire à la recherche désespérée d’un effet bénéfique hors de l’hypothèse initiale.
Ils ajoutent : » However, a significant reduction in advanced cancers (metastatic or fatal) was found for those randomized to vitamin D compared with placebo (226 of 12 927 assigned to vitamin D [1.7%] and 274 of 12 944 assigned to placebo [2.1%]; HR, 0.83 [95% CI, 0.69-0.99″.
C’est évidemment le dernier chiffre (0.99) qui doit nous arrêter car il indique (si proche de 1) que la signification statistique a peu de chance d’avoir une signification clinique…
Permettez-moi d’y voir une perspective plus encourageante:
-J´ignore si je vois juste: Le hazard ratio est de 0,83 (0,69-0,99)avec un intervalle de confiance à 95 %.
Est- ce qu´une borne inférieure de 0,69 ne montre pas qu’il y a aussi une probabilité que la vitamine D3 réduise le risque de cancer avancé de 31 % dans la population générale?
-A l´échelle d´une popluation entiére une baisse relative de 17 %( réduction absolue de 0,4%) me semble cliniquement pertinente.
Il faudrait traiter 250 patients pour prévenir un cancer métastatque ou fatal.
-Même argument pour l´analyse Chandler et al qui constate une baisse relative de 39,6 % de cancers graves, correspondant à une réduction absolue de 0,97%, bénéfice étant principalement observé chez les personnes ayant un IMC normal.
Il faudrait traiter 103 personnes de poids normal pendant un peu plus de 5 ans avec 2 000 UI/j de vitamine D3 par jour pour éviter 1 cas de cancer métastatique ou mortel.
À l’échelle d’une politique de santé publique, ces ratios semblent performants pour une intervention aussi peu coûteuse et sûre.
C’est le raisonnement « vaseux » mais habituel (et peu scientifique) des experts de l’industrie pour justifier une AMM puis des prescriptions.
Comme je l’ai discuté maintes fois, il est illusoire de protéger sa santé avec des bricolages « monofactoriels » de ce type. Pourquoi pas un plat d’épinards ?
On se protège des maladies complexes par des interventions multifactorielles blabla…
Intérêt simultané du dosage de la PTH.
Ah !
Soyez plus précis, merci !