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SORTIE DE NOTRE NOUVEAU LIVRE sur l’alimentation méditerranéenne

Janvier 2015 : nous publions un nouveau livre aux Éditions Terre Vivante (une maison d’édition pionnière dans la catégorie « livres écolos pratiques« ) avec le titre :

LE NOUVEAU RÉGIME MÉDITERRANÉEN   Pour protéger sa santé et la planète

Livre : Le nouveau régime méditerranéen

Ce ne fut pas facile ; car nous avons essayé de concilier plusieurs approches : celle consistant à expliquer qu’il est essentiel pour protéger sa santé d’adopter un « modèle alimentaire » et celle expliquant que les aliments proposés aujourd’hui à la majorité des consommateurs sont de pauvre qualité nutritionnelle et trop souvent « contaminés »…

En d’autres termes, il ne suffit plus de manger « méditerranéen » et il ne suffit pas de manger « bio »… Il faut les deux !

Et on peut faire encore mieux. C’est-à-dire plus que « bio » plus « méditerranéen » ; car dans ce contexte, 1 + 1 fait plus que 2 !

Sur une bonne base scientifique !

Ainsi donc, en plus de décrire le modèle alimentaire méditerranéen traditionnel, nous avons essayé (par l’analyse des groupes alimentaires, chapitre après chapitre) de montrer comment on pouvait adapter le modèle aux consommateurs et conditions d’existence modernes.

Ce faisant, nous espérons répondre à deux exigences : satisfaire les petits budgets et satisfaire nos légitimes questions environnementales !

Dit plus simplement, en protégeant notre santé, nous contribuons à protéger la planète !

Inutile de dire que nous attendons des réactions ; elles sont toutes les bienvenues, y compris les plus hostiles.

Nous pensons en effet que la crise sociétale que nous traversons [et les derniers évènements "Charlie" n'en sont probablement que les prémisses ; ou de petites escarmouches avant la grande bataille qui se prépare] requiert quelques réponses préliminaires et anticipations. Nos lecteurs constaterons qu’avant même les « évènements Charlie », nous parlions d’une nécessaire Révolution.

Ce dont je parle ici (escarmouches) n’a rien à voir avec les espèces de minables « guerre de religion » qui ne sont que des prétextes pour retarder les moments de verdict.

Et quand je parle de Révolution ce n’est pas de celle du type « Grand soir » évidemment ; mais « autre chose » que nous allons devoir inventer, pour sortir de l’ornière où nous sommes ; et tous ensemble ! Mais ça ne se fera pas tout seul, désolé, va falloir bouger ; et donc secouer (un peu) quelques gougeas et nantis qui se satisfont du statu quo.

Debout, jeunesses, sauvez-nous !

Imagerie des carotides : utile ou néfaste ?

L’imagerie médicale est un business florissant ; pour ceux qui font les images (souvent radiologues mais aussi angiologues et cardiologues, par exemple) et pour ceux qui vendent les machines à faire des images.

On laisse de côté l’imagerie des fœtus dans le ventre de leur maman, c’est trop mignon et sans doute très utile, ce n’est pas le propos d’aujourd’hui.

Il y a bien sûr d’autres images qui peuvent être cliniquement formidables et même salvatrices ; mais on parle ici de faire des images systématiques des artères carotides à la recherche de sténoses qui pourraient s’avérer dangereuses pour le cerveau de celui ou celle chez qui on image une sténose.

Même un opérateur peu entrainé peut faire (vite) de belles images des carotides car elles sont facilement accessibles au niveau du cou ; et ces images sont bien payées par la sécu. Beaucoup d’avantages donc à faire ce genre d’images ! On ne parle donc pas des images obtenues par cathétérisme artérielle ; seulement des techniques non-invasives, les spécialistes me comprennent.

Il y a deux circonstances principales, en simplifiant, où des médecins font – devraient ou ne devraient pas faire – ce genre d’image :

-  soit le patient a (ou a eu) des symptômes neurologiques variés (de la syncope aux pertes de mémoire) et on cherche une explication du côté des artères qui irriguent le cerveau ;

-  soit il est totalement asymptomatique et on examine ses artères pour voir si … ; si dès fois que … ; on ne sait jamais …

Évidemment, la très grande majorité des imageries des carotides sont faites dans le deuxième contexte ; ce qui coûte cher ; à un moment où nous devons trouver des économies, comme on dit à la télé.

Laissons de côté le coût de ces examens [la santé n’a pas de prix !] et demandons-nous si c’est utile de faire ces images pour notre santé ! Je rappelle que nous excluons les cas où il y a eu de vrais symptômes neurologiques.

La réponse est répétitive de la part des Autorités de Santé aux USA et ailleurs, sur la base d’études à peu près sérieuses : il ne faut pas faire ce genre d’imagerie en l’absence de symptômes, ce n’est pas bon pour les patients. Pourquoi ?

Mettons-nous en situation. Mon patient a un cholestérol un peu élevé, ou il a un peu d’hypertension ou une glycémie un peu élevée [tout ça selon des critères fort litigieux …] ; il n’a aucun symptôme neurologique mais il s’inquiète de l’état de ses artères ; son généraliste aussi.

Pour les rassurer, on programme une imagerie des artères … et patatras, on trouve une sténose sur une carotide. Affolement général immédiat !

Continuons la mise en situation.

Soit cette sténose est peu sévère ; et on commence (dans la précipitation) des traitements médicamenteux : aspirine ou autre antiplaquettaire, statine, antihypertenseur si ça n’était pas encore le cas … Et voilà qu’un être bien portant jusque-là devient un malade … chez lequel pourtant on ne soigne qu’une image !

On refait des images tous les 6 mois (voire tous les 3 mois), on augmente les doses de médicaments, les effets secondaires ne tardent pas … qui nécessitent d’autres médicaments ; qui provoquent d’autres effets secondaires …

Bref, le cycle infernal dont on ose rarement sortir, hélas.

Soit la sténose est sévère (on dit « serrée » entre spécialistes) et on programme de la chirurgie [l’opération s’appelle une endartériectomie], ou bien la pose d’un stent pour déboucher l’artère fautive ; et après, on ajoute tous les médicaments suscités ; si on a survécu à la chirurgie et si on est sorti indemne du stenting.

A-t-on démontré que toute cette agitation pour soigner des images sans symptôme était utile au patient ?

Concernant la chirurgie et le stent, le consensus est qu’on ne rend pas service aux patients : plus de complications que de bénéfices !

Bien, si vous voulez vous débarrasser de votre belle-mère …

Avec le traitement médical, même chose, pas de bénéfice de traiter des images ; une fois qu’on a éliminé tous les rapports télécommandés par l’industrie …

Cette absence d’effet bénéfique du traitement des images rappelle l’absence d’effet du traitement des sons. En effet, du temps où l’imagerie ne se faisait pas, les médecins auscultaient encore les carotides de leurs patients et entendaient parfois des souffles qui témoignaient de la présence de sténose dans les carotides. Et déjà le consensus était que la présence d’un souffle ne suffisait pas à motiver des examens complémentaires, donc des images, et encore moins des traitements toxiques ou dangereux !

Leçon du jour : en l’absence de symptôme clinique, on ne doit pas faire des images des artères ; ça nous conduit dans des culs de sacs thérapeutiques ! Voilà où nous conduit la civilisation des images ; et des jeux (vidéos) qui souvent vont avec !

Deuxième leçon : dans tous les cas, il faut adopter un mode de vie protecteur ; mais ça, ce n’est pas du business ; donc on n’y pense même pas ; plus lucratif de faire de images !

PREVENTION DE L’ACCIDENT VASCULAIRE CEREBRAL

Différentes corporations professionnelles américaines (notamment les cardiologues et les neurologues) vont publier en Juillet 2014 (les initiés l’ont déjà en mains) une gros document résumant ce qu’il est bon de faire pour se protéger de l’accident vasculaire cérébral (AVC).

Précisions : cela concerne la prévention secondaire des AVC ischémiques (donc pas les AVC hémorragiques) ; et “secondaire“  signifie qu’on a déjà eu un AVC ou une alerte mineure.

Mais comme tout ce qui est bon pour la prévention des récidives est évidemment bon pour empêcher un premier AVC, ce document est fondamental.

Parmi les AVC ischémiques, il y a ceux qui en meurent et ceux qui restent gravement handicapés …

Aux USA, le nombre total d’AVC ischémiques avérés ou d’alertes mineures est d’environ un million par an. Le taux de récidive après un AVC ou une alerte d’environ 5% par an.

Tout ça pour dire que ça fait partie des pires calamités dans nos sociétés et que, contrairement aux traitements des crises cardiaques, des progrès décisifs tardent à voir le jour.

Il s’agit d’un énorme document détaillant les circonstances cliniques variables où un AVC ischémique survient dans nos sociétés ; impossible de résumer ici ; on y trouve de nombreuses informations importantes et intéressantes pour les médecins traitants, y compris des détails concernant des maladies rares ; on ne va pas s’en plaindre ; il n’y a pas d’équivalent en langue française ; qu’on me détrompe si je me trompe.

Concernant les recommandations, on y trouve le meilleur et le pire.

Pour le meilleur, c’est le conseil de privilégier la diète méditerranéenne, quand on donne des conseils diététiques, on n’y croit pas, il aura donc fallu 20 ans [1994 est en effet la date de notre premier rapport sur ce modèle alimentaire qui fit tant rire les notables de l’époque ; et encore leurs descendants d’aujourd’hui …].

Pour le pire, c’est la recommandation de prescrire des statines à fortes doses. Les justifications à ce traitement sont simplement ridicules (je pèse mes mots) puisque les auteurs de ce document énumèrent de façon claire toutes les bonnes raisons de ne pas le faire, sauf une : le seul essai ayant montré un minuscule effet favorable (l’essai SPARCL) n’est pas crédible statistiquement, j’en ai parlé dans mes livres, ce qui fait qu’il n’y a scientifiquement AUCUN argument justifiant la prescription de statines chez ces patients ; et pourtant …

Les médecins ne doivent pas prescrire ces médicaments chez les patients qui ont survécu à un AVC, le code de déontologie le leur interdit, c’est aussi simple que ça !

D’autant plus qu’en ce mois d’avril 2014, les investigateurs de la grande Étude de Rotterdam ont publié les résultats de 13 ans de suivi d’une large cohorte (près de 7000 personnes), parmi lesquelles plus de 1000 ont présenté un AVC, ischémique ou hémorragique, pendant l’étude. Une banque de données fantastique pour évaluer l’importance des facteurs de risque possibles d’AVC.

Que voit-on ?

Confirmation de ce que nous savons déjà : l’hypertension artérielle, le tabac, le diabète et la fibrillation auriculaire (quelle qu’en soit la cause) augmentent le risque d’AVC ischémique ou hémorragique. Le surpoids et le cholestérol ne semblent jouer aucun rôle. Le fait d’être déjà coronarien avéré ou l’épaisseur de la paroi des artères carotides, le fameux IMT, ne semblent pas importants.

Je ne vais pas discuter ici comment on peut analyser ces résultats en détails.

Mais il est évidemment important – c’est un minimum – de séparer les AVC ischémiques et les AVC hémorragiques qui ne répondent pas aux mêmes mécanismes et mêmes causes supposées.

Malheureusement, il est parfois difficile d’être certain qu’un AVC est vraiment ischémique ou vraiment hémorragique. A Rotterdam, ils ont été capables d’identifier avec certitude 600 AVC ischémiques et 100 AVC hémorragiques.

Ces nouvelles analyses confirment que l’hypertension et le tabac sont les deux facteurs de risque majeurs d’AVC ischémiques et hémorragiques ; donc le mode de vie, tout le monde a compris …

On notera surtout que le cholestérol [y compris le supposé “mauvais” LDL] n’est pas associé à une augmentation du risque d’AVC ischémique ; mais qu’il est inversement associé au risque d’AVC hémorragique ; vous avez bien lu INVERSEMENT !

Dit autrement, plus le cholestérol est bas et plus le risque d’AVC hémorragique augmente !

Pour ceux qui avaient le cholestérol le plus haut, le risque d’AVC hémorragique était 70% inférieur par rapport à ceux qui avaient le cholestérol le plus bas.

Dernière précision, ce cholestérol abaissé avait une cause naturelle ou était un effet thérapeutique, l’effet d’une statine évidemment.

Cet effet des statines sur le risque d’AVC hémorragique a été observé dans d’autres études et essais cliniques ; c’est donc une confirmation et ceux qui nous lisent le savent déjà et ne sont pas surpris …

CONCLUSION : dans une perspective de prévention des AVC ischémiques et hémorragiques, il ne ne faut pas diminuer le cholestérol !

Si vous connaissez quelqu’un qui prétend le contraire sur une base scientifique, envoyez-le moi !

La cacophonie sévit aussi dans le « petit » monde de l’hypertension artérielle

Pas seulement aux USA !

Pourquoi ?

Que se passe t-il ?

Un expert américain écrivait récemment que « les temps étaient durs pour la cardiologie, car les mauvaises nouvelles s’accumulent … etc ».

On ne saurait mieux dire. Urgent de redresser la barre et prendre un nouveau cap.

On laissera notre ami-expert se lamenter  [pour les curieux, c'est là :http://www.medscape.com/viewarticle/819148?nlid=45444_1985&src=wnl_edit_medn_card&uac=78143HG&spon=2] et raisonner sous forme de 5 leçons à retenir, selon lui,  des mésaventures de l’expertise en hypertension (HTA).

En bref, deux mélodrames récents : le premier concerne un nouveau traitement de l’HTA qui selon ses défenseurs devait révolutionner le traitement de l’HTA : la dénervation rénale ; une technique consistant à brûler (cautériser) les nerfs irriguant les reins, donc une « dénervation » des reins ; inutile de rentrer dans les détails techniques.

Deux tendances s’affrontaient : ceux qui voulaient étendre les indications de ce traitement [à des HTA autres que les HTA sévères et non maîtrisées par un traitement médicamenteux optimal], nouveau business, nouveaux appareils, nouveaux experts, et avançant que c’était toujours mieux que les multiples thérapies médicamenteuses (et leurs multiples effets secondaires) ; et ceux qui qui freinaient des deux pieds effarés par le peu de science (y compris médicale) soutenant cette approche.

Les visiteurs de ce blog et les lecteurs de nos livres [urgent de lire ou relire nos pages sur le traitement de l'HTA] savent que je n’aurais jamais prescrit un pareil traitement pour une maladie du mode de vie ; et pas non plus (ou le moins possible) les thérapies médicamenteuses multiples prescrites abusivement ces jours.

Et patatras, les principaux industriels soutenant ce traitement, déjà embarrassés dans quelques affaires de mœurs médico-éthico-scientifiques, annoncent l’arrêt de ce business ; sur la base d’une seule étude négative dont on ne connait pas encore les détails, sauf que c’est jusqu’à présent la seule étude respectant le minimum exigé pour parler de sciences médicales. Qu’avions-nous donc avant et qui justifiait l’enthousiasme des experts et notamment des Sociétés savantes US, notamment l’American Heart Association ?

Vous connaissez la réponse … C’est pareil au reste !

Ce qui en dit long sur l’expertise réelle de (et la confiance à accorder à) ces Institutions et Associations [voir l'article précédent à propos du cholestérol et des statines] qui nous dictent, à nous médecins, nos conduites à tenir face aux pathologies complexes que nous rencontrons.

Ces mêmes institutions se faisant elles-mêmes dicter leurs conduites par des intérêts essentiellement commerciaux [la société spectaculaire et marchande dans toute sa splendeur, relire Guy Debord, urgent !] et très secondairement par l’intérêt des patients ou de la Santé Publique ; le monde inversé du spectacle !

L’American Heart Association est sur la sellette [et est violemment attaquée] pour une autre raison : les nouvelles recommandations qu’elle vient de promulguer concernant le traitement de l’HTA avec des médicaments. C’est un peu comme avec les traitements anti-cholestérol, mais dans le sens opposé [ça pourrait conduire à moins de prescriptions] : de nouveaux experts donnent de nouvelles recommandations et les anciens experts sont très mécontents d’être ainsi critiqués …

Cacophonie ! Ridicule !

On se croirait revenu aux temps où de sombres religieux se chicanaient pour des histoires d’icônes, d’idoles et autres joyeusetés.

Les Présidents (de ces Institutions) essaient de mettre un peu d’ordre, proposent des médiations, convoquent des réunions de consensus auxquelles certains refusent de participer ; une cour de récré ; ne manquent que les cordes à sauter !

Certains pourraient penser que mon « mauvais esprit » anarcho-quelque chose s’en donne à cœur joie ; c’est bien vrai , mais que faire si nous sommes ainsi alimentés chaque jour de ces idioties pendant que des centaines de millions de gens dans le monde se voient prescrire des médicaments inutiles et toxiques, alors qu’ils devraient …

Un récent article (dont les auteurs travaillent pour le monde économique) ne se plaignait-il pas que 90% (ou quelque chose comme ça) des articles scientifiques publiés rapportaient des données jamais reproduites ?

Et donc non reproductibles, laissant entendre que c’était du bidon …

90% ça parait beaucoup !

Mais il est difficile de savoir, vu que nous regardons rarement dans l’assiette du voisin [le physicien l'assiette du biologiste, l'astronome l'assiette du médecin ...] ; mais si je me réfère à mes domaines de prédilection exclusivement, je crois bien que nous n’en sommes pas loin de ces 90% …

Bon vent, matelots !

Et si vous avez un problème d’HTA, relisez-nous consciencieusement, ça vous aidera ; et ça aidera votre médecin !

Que penser des nouvelles recommandations Européennes concernant l’hypertension artérielle (ou HTA) ?

C’est la concordance de deux publications la même semaine qui m’incite à écrire ce bref billet.

Dans la première, du British Medical Journal, une journaliste new-yorkaise nous explique pourquoi il ne faut pas faire confiance aux recommandations dites officielles.

Elle donne de bons exemples dans son texte : l’un à propos du traitement des traumatismes de la moelle épinière par les corticoïdes et un autre concernant le traitement de l’accident vasculaire cérébral (AVC) en phase aiguë ou subaiguë par des agents fibrinolytiques, des traitements qui détruisent les caillots à l’intérieur des artères qui, dans le cas de l’AVC, sont la cause de l’AVC.

Dans les deux cas, les comités de consensus qui rédigeaient ces recommandations étaient absolument affirmatifs et n’autorisaient aucun scepticisme, les traitements qu’ils préconisaient devaient être appliqués ; ce qui ne laissaient plus aucune liberté de prescription à ceux qui voyaient les choses différemment.

Après quelques années, on a reconnu que ces recommandations « absolues » n’étaient pas valables et on s’est aperçu que les rédacteurs de ces recommandations étaient ligotés par de multiples conflits d’intérêt …

No comment !

C’est là pour ceux qui aiment vérifier : http://www.bmj.com/content/346/bmj.f3830

Désolé, c’est en anglais ; mais mon résumé suffit, je pense … pour susciter le plus grand scepticisme vis-à-vis de recommandations officielles qui ne seraient pas rédigées par des experts totalement libres et indépendants de toute ingérence commerciale ! Bon !

Au même moment (la même semaine), des Sociétés dites savantes Européennes publient leurs nouvelles recommandations pour le traitement (et aussi le diagnostic) de l’hypertension artérielle ; on dit aussi HTA.

Comme nous l’expliquons dans notre livre Prévenir l’infarctus, l’HTA est un facteur de risque de l’infarctus et de l’AVC qu’il faut savoir traiter avec modération ; et ne surtout pas tomber dans la dérive médicamenteuse, source de plus d’ennuis que de bienfaits, avec comme règle principale : on traite les personnes, pas les chiffres !

Avant de considérer le contenu de ces recommandations, l’évident réflexe de tout un chacun est de vérifier le niveau de liberté et d’indépendance de ces pieux et prestigieux rédacteurs.

Pour le Premier et principal d’entre eux, le Pr Mancia, on peut lire : « Mancia reports speaker fees, honoraria, consultancy payments, and advisory board fees from Abbott, AstraZeneca, Boehringer Ingelheim, Novartis, Servier, Sanofi, Menarini, Takeda Pharmaceuticals, Bayer, Recordati, Daiichi Sankyo, and Medtronic.

Même ceux qui ne lisent pas l’anglais ont compris que le Professeur ne laisse pas sa part au chien, au bas mot, ça fait probablement chaque année de l’ordre de la centaine de milliers d’Euros de commission, quoique je ne connaisse pas les tarifs actuels …

Pour le deuxième, c’est là : « Redon reports speaker fees, honoraria, consultancy payments, and advisory board fees from Boehringer Ingelheim, Novartis, Menarini, Merck, AstraZeneca, Bristol-Myers Squibb, and Daiichi-Sankyo. »

Pour le troisième, c’est là : « Fagard reports receiving honorarium from Servier. »

Pour les autres, c’est là : here.

Sans faire preuve d’une coupable tendance à vouloir céder à une quelconque « théorie du complot » [très à la mode de parler ainsi], je me dois d’alerter les visiteurs de ce blog sur la pertinence de ces recommandations …

Et pourtant elles constituent un grand progrès par rapport aux recommandations antérieures et par rapport à ce que, jusqu’à présent, les Sociétés Françaises du secteur nous délivraient !

En effet, ils ne parlent pas que de médicaments !

Fibrillation auriculaire et AVC : le paradoxe du cholestérol !

Beaucoup de mauvaises nouvelles !

Primo, la fréquence des AVC (ou accident vasculaire cérébral) ne diminue pas dans nos sociétés, malgré les efforts considérables (plus ou moins validés sur le plan scientifique) consentis pour les prévenir.

Deuxièmement, la fréquence d’une des principales causes des AVC, la fibrillation auriculaire (on dit FA dans les milieux dits « autorisés », selon Coluche), ne cesse d’augmenter, ce qui en partie explique notre primo ci-dessus.

Ceux qui ne sont pas familiers de ces concepts médicaux doivent se reporter au chapitre concernant les AVC et les causes des AVC dans notre livre « Prévenir l’infarctus et l’AVC » car ce billet est un complément à ce chapitre ; et ne peut s’y substituer.

J’avais évité dans le livre de m’appesantir sur la FA (une sorte d’arythmie cardiaque) et ses causes car je considérais que les arguments scientifiques disponibles étaient un peu « faibles » ; et tous les visiteurs habitués de ce Blog le savent, j’évite de parler de quelque chose quand je ne suis pas sûr de mon fait !

Mais depuis la rédaction du livre, et certainement parce que la FA et sa principale complication l’AVC, inquiètent réellement les médecins et les chercheurs, nous avons des données nouvelles que je souhaite faire savoir en complément du livre.

Ce furent d’abord des données japonaises indiquant que le risque de FA est inversement proportionnel au cholestérol ! Autrement dit, si votre cholestérol est bas votre risque de FA, et donc d’AVC, augmente !

En effet, la FA est une arythmie qui favorise les embolies cérébrales !

Ce fut évidemment présenté comme une donnée paradoxale – et ainsi minimisée – puisque nous vivons une époque où le cholestérol ne peut qu’être un ennemi de l’humanité ; et néfaste à notre santé !

Jusqu’à récemment, et faute d’autres études bien conçues, cette association statistique semblait « réservée » à nos amis japonais.

Il y avait certes quelques données anciennes en provenance des USA, mais nous restions nous-aussi « réservés » quand à la solidité de ces données ; tout en restant sur le qui-vive !

Nous ne fûmes pas les seuls à voir notre curiosité se réveiller ; et patatras, voilà que ce qui était paradoxal chez les japonais se voit confirmé aux USA dans une grande étude épidémiologique (près de 14000 sujets suivis pendant environ 19 ans). Ce qui était surprenant, voire paradoxal, ne l’est plus : avoir un cholestérol bas est associé à une augmentation du risque de FA et donc d’AVC, et pas qu’au Japon. c’est donc une donnée probablement universelle.

Question immédiate : s’agit-il d’une association fortuite ou le cholestérol bas serait une cause directe de la FA ?

C’est évidemment beaucoup plus complexe ! Si c’était simple, les médicaments anti-cholestérol provoqueraient une épidémie de FA ! Or, ce n’est pas le cas dans les essais cliniques publiés !

Mais ces derniers – notamment ceux testant les statines – ont deux graves défauts : 1) ils sont trop courts, et en plus, les industriels les arrêtent de façon prématurément, trop peur de voir apparaître des effets secondaires … 2) ce sont des essais commerciaux dont la validité scientifique est proche de zéro. Par exemple, dans l’essai JUPITER notoirement biaisé (du fait de l’interruption de l’essai après moins de deux ans), la diminution du cholestérol entraîne une diminution du risque de FA … Essai unique en son genre !!

Inversement, dans SPARCL (suivi de 5 ans), la diminution du cholestérol entraîne une augmentation du risque de FA d’environ 25% ; pas forcément plus crédible !!

Comment avancer un peu dans notre raisonnement ?

Par des arguments indirects : 1) personne ne conteste que les statines augmentent le risque de diabète et de syndromes métaboliques ; 2) personne ne conteste que le diabète et les syndromes métaboliques augmentent le risque de FA.

Donc, de façon inéluctable, les statines – ou la diminution du cholestérol – sont presque obligatoirement la cause d’un certain nombre de FA !

Autre cause possible de FA en association avec un cholestérol bas : les maladies de la thyroïde.

En effet, certaines pathologies thyroïdiennes sont à la fois associées à un risque élevé de FA et à une diminution du cholestérol.

Question : qu’est-ce qui provoque la FA ? L’hyperthyroïdie ou le cholestérol bas ?

Je n’ai pas de réponse.

Conclusion provisoire : avoir un cholestérol élevé est associé à une diminution du risque de FA (et donc d’AVC). L’abaisser avec des médicaments inutiles et toxiques comme les statines exposent en plus au risque de FA. Ce n’est pas une certitude, mais la probabilité est forte et, principe de précaution oblige, d’abord ne pas se nuire, surtout pas de statine !

TRANSPARENCE, MORALITE, LIENS D’INTERET …

Dans un récent « article-débat » (18 Avril 2013) du journal LE MONDE (que je lis de moins en moins faute de temps pour sélectionner le « bon grain » du reste … Désolé Madame la Nouvelle Rédactrice-en-Chef, c’est pas encore ça …), un certain Yves Charles Zarka écrit que le Docteur Cahuzac (à propos duquel je n’ai rien à dire, vu la transparence des faits) a (je cite) : « brisé un tabou de la classe politique » ! Car il a avoué …

En politique, selon notre auteur, quand on avoue on est un traitre !

Selon cet auteur (Zarka) et nos politiques [je ne pense pas, et j'espère ne pas me tromper, qu'ils soient tous "pourris" !], sa traitrise c’est « moins la faute ou la fraude que l’aveu » ...

C’est une idée intéressante qui renvoie à notre problématique médicale actuelle à propos des médicaments et des fraudes (supposées ou réelles) des industriels et de leurs experts rémunérés pour ça !

De la même façon, je pense que ceux-là aussi sont pris dans les rets de cette loi d’airain : ils n’avoueront rien et jamais !

Seules des circonstances particulières [une ligne téléphonique restée branchée, la vengeance d'un concurrent malheureux ...] peuvent conduire à la transparence des personnes (qui es-tu vraiment ?) et des faits (qu’as-tu fait vraiment?)

Mais, pour nous médecins et/ou chercheurs, est-ce là le cœur du problème ?

Dans tous les cas de figure, certes, la transparence (des liens d’intérêt en particulier mais pas seulement) est une nécessité pour ceux qui prétendent « représenter » l’intérêt général, donc pour les élus, sinon prière de s’abstenir !

Mais dans les sciences médicales, la principale transparence requise ne concerne pas les personnes mais les travaux et les données scientifiques eux-mêmes, y compris la façon dont ils sont produits.

Je me fous (en toute franchise) des liens d’intérêt du Professeur x ou y, mais s’il prétend quelque chose (quoique ce soit), ce doit être motivé sur une base scientifique vérifiable, c’est-à-dire accessible et éventuellement (on peut faire quelques réserves quand il y a un secret industriel à protéger) publique !

On ne peut croire personne sur parole (la moralisation est une lubie !) ; mais on doit pouvoir vérifier la réalité des allégations !

Facile tout ça en principe !

Pourquoi est-ce si long à obtenir ?

Réponse possible : parce que la majorité des allégations seraient des mensonges ?

Facile à vérifier, ouvrons les placards !

Hélas, à chaque fois qu’on a ouvert un placard, on y a trouvé un cadavre !

J’en ai donné des exemple dans mes livres.

Ce sera dur de faire passer la … Justice par ce chemin.

Car ils n’avoueront jamais ! Une Loi d’airain !