En prévention secondaire, échec des médicaments mais succès de la diète méditerranéenne

Comme souvent précisé sur ce blog, les conventionnels font la différence entre prévention primaire et secondaire.

En bref, la primaire concerne des victimes qui subissent une première complication cardiovasculaire (infarctus ou AVC en simplifiant) tandis que la secondaire s’intéresse aux récidives après une première complication.

Cette distinction est possiblement utile en pratique médicale quotidienne – le médecin sera beaucoup plus dynamique, voire agressif, pour empêcher une récidive – mais est sans intérêt pour un scientifique car les mêmes mécanismes biologiques sont à l’œuvre dans les deux circonstances ; et donc doivent provoquer des approches semblables ; mais je ne rentre pas dans les détails.

Dans un précédent article, j’ai à nouveau souligné que les médicaments anti-cholestérol ne permettent pas d’empêcher les complications cardiovasculaires. Les études testant les médicaments se succèdent, généralement contradictoires, et pour finir rien de réellement solide émerge ; sans tenir compte que la majorité des essais cliniques sont sous le contrôle des industriels et donc sans intérêt !

Corruption à tous les étages, hélas !

Inversement, les études testant la diète méditerranéenne se succèdent – pas toujours de grande qualité – mais avec, de façon étrangement systématique, toujours la même conclusion : l’adoption des habitudes alimentaires méditerranéennes protège.

Bien que je ne surveille pas (méthodiquement) la littérature, je n’ai pas connaissance d’études négatives. Cette unanimité est un signe qui ne trompe pas !

Cela dit, j’ai été étonné par une récente publication confirmant les bienfaits de la diète méditerranéenne ; cette fois-ci dans une population qui est plutôt réticente au mode de vie méditerranéen, les britanniques. Pas des amoureux de l’huile d’olive et de l’ail, pour simplifier. Le titre et la référence ci-dessous.

Certes c’est une étude épidémiologique et pas un essai clinique randomisé. Mais cette étude est particulière puisqu’elle est basée sur la base de données de UK biobank, c’est-à-dire plus de 500 000 dossiers d’individus très détaillés et des individus suivis pendant environ 10 à 12 ans.

Grand échantillon, long suivi, pas de conflit d’intérêt et contexte de prévention secondaire : les investigateurs ont identifié environ 6000 victimes d’un 1er épisode de maladies cardiovasculaires, puis parmi ceux-là, 2400 qui ont été victime d’une récidive. On est donc en prévention secondaire. Les récidivistes ont été comparé à ceux qui n’ont pas récidivé. Ce n’est pas un tirage au sort mais c’est une méthode de comparaison judicieuse.

Concernant le mode de vie méditerranéen (2ème intérêt de l’étude), ils ont investigué (et conçu un Mediterranean Lifestyle Index) d’autres aspects que les habitudes alimentaires, notamment la convivialité, l’activité physique et la pratique de la sieste après le repas. Je n’entre pas dans les détails mais évidemment ce qui est prépondérant dans cet index ce sont les habitudes alimentaires bien que ces britanniques, apparemment assez traditionnels, ne soient pas des admirateurs inconditionnels de la diète méditerranéenne.

Les résultats sont spectaculaires. Plus le Mediterranean Lifestyle Index est favorable et plus il y a protection.

Je donne un résumé ci-dessous.

Je résume (et simplifie) pour les paresseux : la comparaison de ceux qui ont le meilleur index avec ceux qui ont le plus mauvais index indique une diminution de 50% du risque de décès de causes cardiovasculaires.

Ci-dessous un graphique exemplaire avec la régression et les intervalles de confiance en pointillés.

On a la même tendance avec la mortalité toute cause et avec les complications cardiovasculaires non fatales.

Dit autrement, nous observons un parallélisme entre les différents critères d’efficacité du mode de vie méditerranéen ; ce qui est bien rare avec les essais cliniques testant les médicaments où en général les auteurs utilisent des index « composites » pour noyer le fait qu’il n’y ait pas d’effet sur la mortalité.

Astuce dérisoire !

Leçon à retenir : outre les médicaments anti-thrombotiques, priorité absolue aux habitudes alimentaires méditerranéennes dans la prévention primaire et secondaire) des complications cardiovasculaires.

Et pour finir dans la sérénité (et dans les Alpes), la conclusion (Quiet Settles) de la Symphonie Alpine de Richard Strauss :