Diminuer le cholestérol après un infarctus. Utile ?
De longue date, nous savons qu’il ne sert à rien de diminuer le cholestérol en prévention primaire, c’est-à-dire avant d’être victime d’un problème cardiovasculaire.
Inversement, les défenseurs de la stupide théorie du cholestérol (qui boucherait les artères) prétendent qu’en prévention secondaire (après un premier infarctus ou un premier AVC), le doute n’est pas possible et les recommandations des sociétés savantes – de concert avec l’industrie – sont impératives : plus le cholestérol est bas et mieux c’est !
Ce que je conteste fermement depuis 25 ans. C’est documenté dans plusieurs livres en français et dans de nombreux articles scientifiques en anglais (un exemple, ci-dessous qui traite notamment des anti-PCSK9 dont je vais reparler).

Pour ceux qui voudraient vérifier notre argumentaire : https://dx.doi.org/10.36255/jcbmr.2019.35
J’aime bien ce titre [à propos d’un requiem) ; et d’ailleurs personne n’est venu contester les chiffres imparables que nous reproduisions dans cet article.
Mais dans le business – celui des voitures et des machines à laver comme celui des médicaments – on ne se décourage jamais.
Et 10 ou 12 ans plus tard, on remet la table en espérant que les vieux troublions (comme moi) seront partis et que la nouvelle génération sera plus sensible à leurs arguments ; parmi lesquels le plus ridicule est sans doute : « plus le cholestérol est bas et mieux c’est ! »
Certes, on fait semblant d’être innovant ; par exemple en testant un de leurs médicaments (par exemple l’Evolocumab, un anti-PCSK9 dont nous analysons les effets dans l’article cité ci-dessus) dans une circonstance particulière, par exemple quand il est administré à la phase aiguë de l’infarctus.
C’est l’étude conduite par des investigateurs français – à propos des quels je ne ferai aucun commentaire – et appelé AMUNDSEN (ci-dessous). C’est publié dans un grand journal américain (à la solde de l’industrie pharmaceutique, bien sûr, question de survie) le 29 Août 2026.

Nous sommes donc typiquement en prévention secondaire et, sans l’ombre d’un doute pour les investigateurs et conformément aux théories qu’ils défendent, une réduction drastique du cholestérol devrait faire des miracles.
A tel point que leur but est surtout de montrer qu’avec le médicament Evolocumab (un anti-PCSK9 dont j’ai déjà discuté maintes fois l’inutilité malgré ses remarquables effets sur le cholestérol et que je n’injecterais pas même à mon pire ennemi) qu’il est possible de diminuer le cholestérol en post-infarctus beaucoup plus que ce que l’on obtient actuellement avec les statines.
Ils ont réussi (pour l’hypothèse cholestérol) mais patatras, l’essai est un échec total pour la prévention des complications cardiovasculaires : aucun effet malgré la diminution du cholestérol. Cela confirme le titre de notre article : « Time for a Requiem! »
Est-ce étonnant ?
Pas vraiment puisque 7 années avant, d’autres investigateurs ont observé exactement la même chose : un remarquable effet de l’Evolocumab sur le cholestérol mais aucun effet sur les complications cardiovasculaires. C’était l’étude EVOPACS ; je n’entre pas dans les détails mais je donne la source pour ceux qui voudraient à juste raison vérifier : https://doi.org/10.1016/j.jacc.2019.08.010
A la suite de la publication de AMUNDSEN, des éditorialistes américains qui veulent rester en pool position (ridicule vocabulaire de la course automobile) pour ramasser les subventions de l’industrie pharmaceutique ont voulu trouver des explications à ces échecs répétés. Je vous laisse apprécier : selon eux, concernant les effets espérés sur le risque cardiovasculaire, la diminution du cholestérol est un marathon et pas un sprint (ci-dessous) !

Il me semble difficile d’être plus ridicule mais on doit l’admettre, le fond n’est jamais atteint… Encore et encore, contre toute évidence, le cholestérol doit être le plus bas possible !
Et pour finir, Persée et Andromède : https://www.youtube.com/watch?v=Gj7LZW0vp1c

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