Prévention de la bronchiolite à VRS des séniors
Dans les articles précédents, j’ai analysé les stratégies de prévention de la bronchiolite à VRS du nourrisson soit en vaccinant la future maman pendant la grossesse soit en injectant des anticorps monoclonaux aux nourrissons dans les premières semaines de vie.
J’ai expliqué pourquoi je n’y étais pas favorable. Je n’y reviens pas.
Pour les industriels et leurs complices au cœur des sociétés dites savantes et des (supposées) autorités sanitaires, il y a une 3ème cible potentielle, ce sont les séniors.
Parfois les plus de 60 ans, parfois les plus de 65 ans ou les plus de 70 ans…
Chez nos séniors, la stratégie choisie est la vaccination anti-VRS ou plutôt la prévention de la bronchiolite à VRS par la vaccination. Pas d’anticorps pour les séniors !
Problème : la majorité (autour de 80% selon certains experts) des bronchiolites et autres infections respiratoires basses virales des séniors ne sont pas dues aux VRS mais à d’autres virus respiratoires. L’intérêt sociologique (économique) et médical de ce type de vaccins anti-VRS est donc (je me répète) problématique chez les séniors.
Mais comme on a un vaccin (prétendument efficace) pour la femme enceinte, pourquoi ne pas l’essayer chez les séniors ?
Plusieurs industriels en quête de nouveaux marchés ont donc proposé des vaccins anti-VRS destinés aux séniors et ils ont conduit des essais cliniques visant à convaincre les autorités sanitaires que la santé publique allait détenir une nouvelle arme fatale pour protéger nos séniors (accessoirement) mais surtout les hôpitaux qui chaque hiver doivent faire face aux urgences respiratoires saisonnières : grippe, Covid et bronchiolites notamment.
Cette introduction étant faite, la question primordiale pour un scientifique/médecin est la suivante : avons-nous des essais cliniques démontrant l’efficacité médicale et/ou l’utilité sociétale des nouveaux merveilleux vaccins anti-VRS destinés aux séniors ?
A ce jour, 3 vaccins sont disponibles en France : l’Arexvy (de GSK), l’Abrysvo (de Pfizer) et le mRESVIA (de Moderna et qui est un vaccin à ARNm).
Bien que seul l’Abrysvo soit partiellement (65%) pris en charge par l’Assurance-Maladie et que les prix de ces vaccins soient prohibitifs (autour de 200€), je vais analyser rapidement les essais cliniques testant ces 3 vaccins.
Dans les articles précédents, j’ai discuté les limites méthodologiques des essais cliniques conduits par les industriels des produits de santé. Malgré tout un cinéma visant à faire croire que ces essais sont conduits innocemment – indépendamment des intérêts commerciaux des sponsors détenteurs des brevets – ce sont les employés des sponsors qui sont à la manœuvre et contrôlent totalement les procédures. Crédibilité proche de la nullité. Mais derrière le voile pudique du spectacle qui nous est servi nous pouvons « deviner » un peu la réalité des faits en faisant semblant d’y croire.
Commençons par l’essai RENOIR (publié le 20 Avril 2023 dans le NEJM 2023;388:1465) qui testait le vaccin Abrysvo de Pfizer. L’industriel et les autorités sanitaires crient au miracle : il y aurait une diminution d’environ 70% du risque d’infections respiratoires dues au VRS. D’où l’AMM et le remboursement.
Voyons ce que nous racontent ces brillants investigateurs de Pfizer.

Vous lisez bien : 66,7% de réduction du risque (relatif) pour une infection avec au moins deux symptômes (ce qui ne dit rien de la sévérité de cette infection) et 85,7% de réduction du risque (relatif) pour les infections avec trois symptômes
- Taux d’infection (Placebo) : ~0,19 %
- Taux d’infection (Vaccinés) : ~0,06 %
- Diminution du Risque Relatif (DRR) : ~66,7 % (Le vaccin réduit de deux tiers la probabilité d’attraper la maladie par rapport au groupe non vacciné).
- Diminution du Risque Absolu (DRA) : ~0,13 % (La différence brute d’incidence entre les deux groupes, soit 0,19% – 0,06%). »
Et voilà : pas même 1% de réduction du risque absolu.
Abrysvo est donc sans intérêt d’un point de vue médical.
Pourquoi prendrais-je le risque d’un effet indésirable si pour une saison de bronchiolite à VRS le bénéficie espéré à titre personnel est dérisoire ?
Encore faut-il croire à ces chiffres !
On peut encore secouer le robot de l’IA en lui demandant ce qui justifie cette étrange politique vaccinale de l’État français.
Car, l’État français (via la Haute Autorité de Santé et l’Assurance-Maladie qui rembourse à 65% ce vaccin inutile apparemment) nous encourage à vacciner les séniors.
Y a-t-il un intérêt économique ? S’agit-il d’alléger les urgences (et hospitalisations) qui accablent le système de santé en saison VRS ?
Voilà la réponse de l’IA, c’est intéressant : « Le principe de cette stratégie de santé publique, ainsi que le paradoxe éthique et médical qu’elle soulève est ce qu’on appelle en épidémiologie le paradoxe de Rose : une mesure de prévention qui apporte un bénéfice immense à la collectivité (en évitant la saturation des services de réanimation en hiver) n’offre qu’un bénéfice individuel presque imperceptible à la grande majorité des personnes vaccinées. »
Un bénéfice immense pour la collectivité (comme dit l’IA ci-dessus) devrait, à mon avis, se traduire par des bienfaits en termes des coûts générés par le système de soins. Je laisse de côté le peu de crédit que je donne aux chiffres de RENOIR. Je fais « comme si » je croyais à ces chiffres comme l’IA semble y croire
Je demande donc à l’IA : « le coût réel d’Abrysvo est autour de 200€. Si je vaccine des millions de personnes (à l’échelle de la France) combien d’hospitalisations puis-je espérer éviter ? Quelle économie pour le système de soins par rapport aux coûts astronomiques de la large campagne de vaccination ? »
Réponse de l’IA : « Votre raisonnement met en lumière l’équation économique complexe de la médecine préventive. Le calcul de la balance financière d’une campagne de masse montre que le coût de la vaccination dépasse très largement les économies directes d’hospitalisations évitées. La population française des 75 ans et plus (la principale cible recommandée par la HAS) représente environ 6,8 millions de personnes. Si l’on injecte une dose à un tarif d’environ 200 €, le coût initial direct pour l’achat des vaccins s’élève à : 6,8 millions × 200 € = 1,36 milliard d’euros. [Ce calcul exclut les honoraires de prescription et d’injection par les médecins, infirmiers ou pharmaciens, qui augmenteraient encore la facture globale]. »
L’IA continue bravement (on négligera les chiffres…) : « En supposant une campagne de vaccination idéale (couverture vaccinale de 100 % chez les plus fragiles) et sachant que l’efficacité du vaccin contre les formes graves oscille autour de 80 %, on peut espérer éviter un maximum de 20 000 hospitalisations par an en France. En France, le coût moyen d’un séjour hospitalier pour une infection respiratoire aiguë chez un senior (hors réanimation lourde prolongée) se situe autour de 4 000 € à 5 000 € par séjour. Calculons l’économie brute sur les lits d’hôpitaux : 20 000 hospitalisations évitées × 5 000 € = 100 millions d’euros d’économie. »
Le différentiel [c’est le robot de l’IA qui me l’explique) est frappant : Dépense en vaccins : 1,36 milliard d’euros ; Économie sur les soins : 100 millions d’euros ; Déficit financier net : ~1,26 milliard d’euros de surcoût pour l’Assurance Maladie.
A une époque où l’état cherche quelques dizaines de millions d’Euros pour chasser les rats des lycées et mettre du papier toilette dans leurs WC, voilà une source de financement toute trouvée. Quand les experts en santé publique et éventuellement les soignants diront-ils ces évidences aux gouvernants, voire aux candidats à l’élection présidentielle ?
Question suivante : les autres vaccins anti-VRS destinés aux séniors (et non couverts par l’Assurance-Maladie) sont-ils plus intéressants d’un point de vue médical ou économique ?
L’Arexvy est donc sans intérêt d’un point de vue médical.
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