STATINES ET POLYARTHRITE RHUMATOIDE

Mauvaise, très mauvaise nouvelle, et j’en suis réellement désolé !

Une grande étude épidémiologique néerlandaise, conduites par des pharmacologues peu suspects d’être hostiles à l’industrie pharmaceutique sous une forme quelconque, décrivent une forte association statistique entre l’utilisation de statines et la fréquence de la polyarthrite rhumatoïde (PR), la plus fréquente des maladies dues à une réaction auto-immunitaire.

Le risque de voir se développer une PR quand vous prenez une statine est augmenté de 70%.

Beaucoup pour qu’il ne s’agisse que d’un effet du hasard …

L’étude est, foi de chercheurs, bien conduite. La seule limite “technique” que je vois est qu’il s’agit d’une étude cas-contrôle ! C’est le type d’étude la plus faible pour démontrer une relation de cause à effet, mais les investigateurs ont pris la précaution de sélectionner 5 contrôles pour un chaque cas de PR … 5 pour 1, du bon travail !
C’est prudent, c’est bien, d’autant qu’ils ont été capables de recruter plus de 500 patients avec PR !

Ainsi s’expliquent sans doute ces nombreux cas de patients qui, à la suite d’une exposition même brève à une statine, ne guérissent plus jamais de leurs douleurs … jusqu’au jour où leurs médecins se décident à les prendre au sérieux … et finalement diagnostiquent une PR … ce qui les autorisent à innocenter l’origine statines des douleurs …

Désolé, Docteur, c’est vous qui, avec cette prescription inutile et toxique de médicament visant à combattre un innocent (le cholestérol) avez provoqué ce malheur !

Car, une fois déclenchée, la PR ne reculera plus, au mieux peut-on espérer des phases de quiescence relative …

D’autant plus dramatique que la PR augmente le risque d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral, de même que les médicaments anti-inflammatoire (l’affaire du Vioxx !) mais ceux qui ont lu mes livres le savent déjà …

Ainsi se vérifie la règle désormais quasi systématique avec les statines : étape 1 : des “idiots” rémunérés par l’industrie prétendent que le médicament diminue le risque d’une maladie x ; étape 2 : des “moins idiots” disent que finalement le médicament n’est pas protecteur, mais n’augmente pas non plus le risque de maladie x ; et étape 3 : des innocents remarquent “distraitement” qu’il semblerait bien qu’effectivement le médicament augmente le risque … Dormez tranquilles, citoyens, l’Assurance-Maladie paiera …

On a vu ça pour les démences (Alzheimer), les cancers, les maladies des yeux et maintenant la PR, et je fais court !

AMEN

NB: La référence pour les intello qui veulent vérifier que je ne dis pas des bêtises : de Jong HJI, et al. Ann Rheum Dis, 2011 (cf PubMed pour les détails)